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Catégorie

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Éducation
Transcription
00:11Bienvenue dans Jeunes Entrepreneurs, nous sommes au restaurant Le Comptoir et aujourd'hui nous
00:15recevons IBN Cheikh, artiste peintre autodidacte ivoiraux français dont les
00:21œuvres mélangent héritage dogon, spiritualité et création contemporaine. En seulement 7 ans,
00:27son travail a franchi les frontières avec des expositions et des présentations artistiques
00:32de Paris à Tokyo en passant par IAD. Merci beaucoup IBN Cheikh, bienvenue.
00:37Merci, merci Laurence de me recevoir.
00:39Avec grand plaisir. Alors vous vous êtes lancé dans la peinture il y a 7 ans pendant le Covid.
00:45À ce moment-là, est-ce que vous imaginez déjà que la peinture deviendrait votre métier
00:49et que votre travail rencontrerait un tel succès ?
00:52Ah non, pas du tout. Pour être honnête, je n'aurais jamais pensé que mon art allait dépasser
00:58autant les frontières et les limites surtout. Parce que je viens du monde de la finance.
01:05Donc rien à voir.
01:06Rien à voir, mais par contre j'ai baigné dans l'art depuis la naissance.
01:09D'accord.
01:09Parce que ma mère a fondé la première école de couture en Côte d'Ivoire. Donc j'ai baigné dans
01:14les fils,
01:14les aiguilles, les patrons, les croquis, les l'art plastique.
01:18Ouais.
01:18Et j'ai toujours eu cette fibre artistique depuis mon enfance. J'aurais peut-être misé sur designer
01:25plus tard, mais pas sur artiste-peintre. Et donc du coup, oui. Donc ouais, je n'imaginais pas
01:31devenir peintre. Et mon art démarre quand le Covid arrive.
01:37Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
01:39Bah confiné. Je reprends le dessin. Je reprends le dessin, les croquis, etc. Et après, je me mets
01:46à peindre. Je me mets à peindre et je commence à publier mes peintures sur les réseaux.
01:50Et là ?
01:50Et je suis contacté par une galerie qui me...
01:53Ah oui, donc très rapidement alors.
01:54Ouais, très rapidement. La galerie me pensait que c'était un artiste confirmé depuis longtemps.
01:58Alors que vous débutez tout juste.
02:00J'étais vraiment pas débutez parce que pour moi, c'était juste des dessins que
02:04je publiais sur les réseaux parce que j'étais confiné. Et on me propose tout de suite
02:10une expo au carousel du Louvre sur un shopping.
02:12Incroyable.
02:13Et bah oui, naturellement, j'ai dit que j'étais un peintre depuis et je peignais
02:18dans mon étrangement. Et donc, je fais une expo et je fais un sold out. Et après, ça
02:23s'est enchaîné tout de suite.
02:24C'est incroyable. Alors justement, vous êtes autodidacte, donc vous n'avez pas forcément
02:28suivi d'écoles d'art. Comment est-ce que vous avez appris à peindre et développer
02:31votre propre langage artistique?
02:33Je pense que c'est quelque chose d'héréditaire. Je pense qu'au-delà de ma mère, je suis
02:41originaire des Dogon du Mali. Donc, c'est un peuple connu par ces artistes. Et je pense
02:46que c'est un héritage héréditaire que je perpétue. Et j'ai commencé à développer
02:50des techniques naturellement. Et je pense que c'est quelque chose de divin et spirituel
02:54à la fois parce que je n'ai pas pris de cours pour ça. Mais je fais beaucoup de recherches.
03:01J'expérimente. J'essaie de dépasser mes limites dans mes recherches et apprendre aussi
03:09au quotidien. Donc, à travers les matériaux, les pigments, les couleurs. Et donc, à chaque
03:16fois, je découvre des choses. Je découvre des choses et je pense que c'est ce qui me permet
03:20d'être là où je suis aujourd'hui. Alors, vous disiez justement, vous êtes
03:25née à Bijan. Vous avez vos racines Dogon qui inspirent un peu tout ça. Comment est-ce
03:29que cette pluralité se retrouve-t-elle dans votre travail et aussi dans la manière dont
03:33les œuvres sont perçues, mais à travers le monde? Parce que, en tant qu'artiste
03:37contemporain, j'essaie de réinventer ce que mes ancêtres ont déjà commencé, avec
03:42des techniques modernes, des pigments naturels. Donc, naturellement, mon art vient avec
03:47une touche contemporaine et je touche à quelque chose d'ancestral et derrière, je rajoute
03:53une touche contemporaine. Donc, avec ce mix, on vient à quelque chose de nouveau, une autre
03:58approche de l'art qui est complètement différente.
04:02Alors, vous disiez que votre première inspiration, vous veniez de votre mère. Donc, vous étiez
04:05à ses côtés déjà quand elle était en atelier. Qu'est-ce que cet environnement
04:08créatif vous a transmis dans votre manière de créer aujourd'hui?
04:12Je pense que c'est un langage visuel qu'on ne peut pas expliquer parce que... Enfant,
04:17j'étais gamin, j'étais tout naïf. Donc, du coup, je me rappelle des couleurs qu'elle
04:23utilisait. Elle aimait un bleu roi que je développe en ce moment de ma peinture, les vêtements
04:29qu'elle cousait elle-même et comment elle s'habillait. Et du coup, c'est ce qui revient aujourd'hui.
04:34Beaucoup de couleurs, on retrouve aussi dans vos peintures, justement.
04:37Totalement. Et quand on parle à l'époque des nanas Mercedes, etc., comment elle s'habillait
04:46avec les lunettes, etc. Et donc, du coup, en fait, ça naît dans le style déjà. Et
04:52donc, du coup, j'avais cette approche avec la mode qui était complètement différente.
04:56Je pouvais mettre 10 couleurs en même temps et ça fonctionnait bien. Moi, je ne partais
05:00pas du principe qu'on ne devait pas mettre plus de 3 couleurs, ce genre de truc. Et à l
05:04'époque,
05:05déjà, j'avais ce rapport avec les couleurs qui étaient très fluides. Et je pense que
05:10c'est ce que je développe en ce moment dans mon art. Parce que je fonctionne dans ma peinture
05:15comme je fonctionnais à l'époque dans la mode. Avec les couleurs, en fait. Parce que
05:19je parle du principe que toutes les couleurs se marient. C'est pour ça qu'il n'y a pas
05:21l'aide de couleurs. Et donc, naturellement, j'utilise toutes les couleurs pour travailler.
05:25Je n'ai pas de couleur préférée, moi.
05:27Alors, il y a justement de nombreuses techniques de peinture et de style qu'on arrive à
05:32avoir. Vous peignez principalement avec le doigt, ce qui est assez étonnant. Et vous
05:36utilisez des matériaux naturels comme le kaolin, l'argile ou encore les écorces d'arbres.
05:41Racontez-nous le message derrière et comment est-ce que vous définiriez votre art ?
05:45Alors, moi, mon art, déjà, c'est de l'art spirituel. Je travaille autour de la mémoire,
05:51des liens, du rapport entre l'homme et la terre. Et donc, à partir de ce moment-là,
05:56j'interpreuve la terre d'argile dans mon travail pour créer ce lien entre l'homme
06:00et la terre. Les écorces d'arbres viennent pour la protection de l'environnement. C'est
06:06un message que je porte. Donc, je suis ambassadeur de la COP, des COP avec le ministère de l'Environnement.
06:13Cette année, j'expose à Antalya sur la COP 31. Et donc, dans ce message de la préservation
06:21de la nature, de l'environnement, du changement climatique, etc., en tant qu'artiste, j'essaie
06:29de porter haut ce flambeau pour pouvoir préserver notre nature. Donc, à travers mon art, j'essaie
06:37d'intégrer des matériaux naturels, des pigments naturels, communément appelés chez nous le kaolin,
06:42qui est la terre d'argile et d'autres matériaux pour montrer mon engagement sur ces thématiques
06:48qui sont, pour moi, très importantes.
06:52Alors, vos œuvres ont rapidement été présentées sur des scènes internationales, notamment
06:56à Paris, à Tokyo et à Riyad. Comment est-ce que vous avez réussi à faire connaître votre
07:00travail au-delà de nos frontières ?
07:02Je pense que ce sont des gens qui sont venus vers mon travail parce que je n'ai fait que
07:10peindre.
07:11Avec les réseaux sociaux ?
07:12Avec les réseaux sociaux. Et donc, du coup, naturellement, les gens viennent me contactent
07:16tout de suite parce qu'ils ont été touchés par une œuvre et ils me proposent des
07:22expos ou des projets internationaux qui sont intéressants.
07:27Et ils arrivent à comprendre ce que vous essayez ?
07:30Écoutez les couleurs.
07:32Malgré la différence culturelle ?
07:34Justement, je pense qu'il n'y a pas de différence culturelle.
07:36Parce que l'art n'a pas de limites, l'art n'a pas de frontières.
07:40Et donc, à partir de ce moment-là, quand on parle de couleurs, ce sont des couleurs qui
07:45émeut les gens. On n'est plus dans des formes africaines ou des masques. On parle de couleurs,
07:51on parle d'émotions que l'œuvre transmet. Et donc, mon art a été collectionné au Japon,
07:58à Séoul, au Mexique, en France, à Riyad, en Arabie Saoudite, à Dubaï, en Côte d'Ivoire.
08:05Il n'y a pas de limites, il n'y a pas de frontières.
08:09Alors, être artiste, c'est aussi avoir une passion, une vision, mais c'est aussi réussir
08:14à en vivre. Comment concilier la liberté de créer avec les réalités entrepreneuriales ?
08:18Il faut aussi forcément des moyens pour concilier tout ça, exposer, développer son activité
08:23et son art.
08:24C'est vrai que le monde de l'art est un monde très élitiste. Peu d'artistes arrivent à vivre
08:28de leur art. Mais moi, j'ai eu la chance. Je remercie Dieu pour ça. Parce que j'arrive en
08:33en visent depuis sept ans. J'arrive à bien vendre.
08:37Dès vos débuts, directement ?
08:39Dès le début, j'ai commencé à vendre. Jusqu'aujourd'hui, je vends toujours. Peut-être
08:43que mon approche à l'art est complètement différente. Parce que moi aussi, je viens
08:47avec une approche qui est totalement différente. Je suis anticonformiste un peu, protagoniste
08:54de certaines techniques ou de certaines façons de fonctionner. Et aussi, je viens, je casse
09:01les codes. Je casse les codes parce qu'autodidacte et je viens avec ma façon de fonctionner
09:06et je crée une nouvelle cible de collectionneurs qui viennent collectionner, qui n'ont jamais
09:12collectionné, qui collectionnent mon art. Je ne viens pas chercher à séduire les anciens
09:16collectionneurs. Moi, je suis underground dans mon travail. Je ne suis pas à la recherche
09:21de validation. Je ne suis pas à la recherche de validation. Je m'en fous un peu des galeries,
09:27de ce qu'ils vont penser à mon travail. Clairement, je le dis encore. Mais ça ne m'empêche
09:31pas de travailler avec des galeries qui comprennent mon art. Et donc, je ne peins pas pour vivre
09:37de l'art parce que j'avais déjà financièrement une sécurité financière qui me permet de
09:46peindre en toute liberté. Et donc, derrière, ça fait que je n'ai pas la même approche avec
09:51d'autres artistes qui ont besoin de se cantonner dans quelque chose ou suivre un processus
09:59qu'ils n'ont pas envie de suivre. Et donc, voilà. Donc, ça fait que moi, personnellement,
10:05tout se passe très bien. Et puis, derrière, j'essaie de développer aussi d'autres façons
10:12de faire véhiculer mon travail qui génèrent aussi des revenus. Et puis, c'est intéressant
10:20pour ma carrière.
10:22Peut-être que votre ancien parcours dans la finance peut aussi impacter un petit peu
10:27comment vous vendez vos œuvres.
10:29Ça impacte beaucoup. Ça impacte beaucoup parce que je fais huit ans dans les gestions
10:33de fortune. C'est dans les créations de fonds structurés, des fonds communs de placement.
10:38C'est dans la gestion, donc, de patrimoine. Et donc, je sais un peu comment le monde
10:43de la finance fonctionne. Et j'ai un petit côté aussi commercial de plus petit. J'ai
10:49toujours eu cette fibre commerciale. Donc, je pense que… Et puis, il y a un truc qui
10:55me dérange dans le monde de l'art. C'est que l'artiste ne doit pas parler d'argent.
10:58L'artiste ne doit pas chercher à vendre. Écoute, si je n'ai pas de galerie pour me vendre,
11:03je me vends. Simplement. C'est ça. Et je ne vends pas quelque chose de… Je vends
11:08quelque chose de potable. Et je vends quelque chose avec une émotion. Et ça plaît à
11:15certains collectionneurs. En tout cas, peut-être avoir 80 collectionneurs déjà en Côte d'Ivoire,
11:19c'est énorme. 80 collectionneurs, sans doute, ça veut dire 80 toiles vendues. Mais pas de
11:26collectionneurs qui m'ont 24, 5 toiles. Je vends déjà près de 200 tableaux. C'est énorme.
11:30Donc, je veux dire, à un moment, je ne vais pas chercher à attendre que quelqu'un
11:34vienne faire ça pour moi. Et oui, je suis plein de gratitude d'être un artiste.
11:45Et je pense qu'au final, tout ça s'emboîte parfaitement bien. Alors, vous collaborez
11:49également avec des marques et des institutions. Vous en parliez justement tout à l'heure
11:53avec le ministère de l'Environnement de Côte d'Ivoire ou encore avec une marque de
11:56Champagne. Qu'est-ce que ces rencontres créatives racontent-elles ?
12:00Alors, c'est une autre façon de faire véhiculer son travail, faire voyager l'art au-delà
12:05des frontières. Parce que pour moi, il est important que les gens sachent que les artistes
12:10comprennent qu'une œuvre d'art ne doit pas seulement être figée sur un mur. L'art
12:15doit pouvoir circuler dans l'espace, circuler au quotidien des gens. L'art doit être à
12:23portée de main. Et je pars du principe que l'art doit être vulgarisé aussi quelque
12:28part. L'art doit être sur des t-shirts, l'art doit être sur des murs, l'art doit
12:32être sur des bouteilles de champagne, sur des produits dérivés, des tables. L'art doit
12:37être partout. Et à partir de ce moment-là, si on peut décliner sur des marques de champagne,
12:42des bouteilles, etc., et ça génère aussi des revenus fixes de collaboration et aussi
12:49des royalties. Et donc derrière, pour l'artiste, c'est important de faire des collaborations
12:53avec des institutions ou avec des marques qui permettent de faire voyager son travail.
12:58Alors, des coffrets de champagne avec les jeunes bourgeois, c'était sur une cuvée
13:02parcellaire Blanc de Blanc, bouteilles collector de 1 à 500, un humoroté. Ces bouteilles se sont
13:08autour au Japon, dans des collections privées. À Séoul, des gens qui ne me connaissent même pas,
13:15ils ont vu mon art sur des bouteilles. Et là, tu comprends la vision. Et ça, c'est
13:21ma vision et la portée de l'art dans des collaborations.
13:25Et comment ça fonctionne derrière ? C'est-à-dire que ces deux mondes un peu qui se rencontrent,
13:30c'est quoi les coulisses de collaboration ?
13:32C'est deux univers qui partagent une même vision, celle du partage de la transmission et
13:37celle de la limite, la limitation des frontières. Et donc au-delà des frontières, qu'à partir
13:45de ce moment, on a cette vision-là. On n'a pas peur de transmettre, de partager, de collaborer.
13:51Et là, c'est deux cibles différentes. Une cible qui s'intéresse au champagne, qui ne s'intéresse pas forcément
13:58à l'art.
13:59Et l'autre, dans l'autre sens aussi.
14:02En fait, ça permet d'attirer des clientèles différentes.
14:04Et puis élargir sa cible également. Et puis sensibiliser aussi dans les deux sens.
14:12Merci IBN Check. On va marquer une courte pause. On revient juste après.
14:17Nous sommes de retour dans Jeune entrepreneur avec IBN Check à mes côtés.
14:20Nous parlions justement de tout cet art. Alors, si on repart il y a sept ans, quels ont été les
14:27apprentissages les plus importants de votre parcours, aussi bien sur le plan artistique qu'entrepreneurial ?
14:32Alors, si on repart il y a sept ans, d'abord il y a la résilience, il y a le
14:37travail acharné, il y a la prière et puis la confiance en soi.
14:42La foi aussi, la foi.
14:44La foi qui joue un rôle important.
14:46Oui.
14:47Selon vous, quels sont aujourd'hui les principaux défis auxquels un artiste est confronté pour se faire une place, construire
14:55sa carrière et réussir à vivre de son art ?
14:58Notamment pour les tout jeunes artistes comme vous l'étiez il y a sept ans.
15:01Alors, moi j'ai compris qu'un artiste doit se considérer comme une marque.
15:04Ok.
15:04Alors, à partir du moment où tu commences à te considérer comme une marque, ton mindset change, ta façon de
15:10te comporter change.
15:11Et tu attires des marques.
15:13Et ton nom doit être une marque, ton écriture est une marque et ta signature est une marque.
15:17Donc apprendre à se vendre au-delà de son art.
15:19Voilà.
15:20Apprendre à se vendre au-delà de son art et puis apprendre à se comporter aussi au-delà de son
15:24art.
15:25Les jeunes d'aujourd'hui, les jeunes artistes que je rencontre, pour moi, ne sont pas constants.
15:30Ils finissent une expo et ils ne produisent plus.
15:32Ils vont te dire un manque de moyens, etc.
15:35Donc la constance.
15:36Mais l'artiste peut prendre des papiers de carton et travailler dessus.
15:39Et à partir du moment où tu travailles sur un papier de carton, tu peux l'encadrer dans un cadre.
15:43Tu peux vendre un papier de carton.
15:45C'est une œuvre d'art.
15:46Tu peux utiliser des portes abandonnées.
15:48Tu peux utiliser des matériaux recyclés.
15:50Et ils ne sont pas constants.
15:52Et ils ne se considèrent pas comme des produits.
15:54Moi, je suis un produit, moi, dans ma tête.
15:56Moi, je suis une marque.
15:57Donc tous les jours, je fonctionne comme une marque.
15:59Et je veux être une star.
16:00Et donc je fonctionne comme une star.
16:02C'est tout.
16:04Et donc, oui, c'est une question de mindset.
16:08Comment est-ce que vous imaginez l'évolution de votre art et de votre carrière au cours des 5 à
16:1310 prochaines années ?
16:14Je veux être l'un des artistes africains les plus reconnus de tous les temps.
16:18Je veux que mon art soit un cas d'école.
16:20Que mon art soit une thérapie.
16:22Que mon art sensibilise les gens.
16:24Que mon art éveille les consciences.
16:26Je veux dépasser les plus grands maîtres qui ont pu exister dans le monde de l'art.
16:32Et je vais me donner les moyens.
16:35Je vais y arriver.
16:36Mais j'en suis sûr.
16:38Alors, la protection des œuvres.
16:39Donc ça aussi, c'est un sujet que lorsqu'on est artiste, avec tout ce qui est droit d'auteur,
16:44c'est important.
16:45Comment est-ce que vous abordez cette question ?
16:47Et comment est-ce qu'on fait pour protéger son travail, notamment lorsqu'on le met sur les réseaux sociaux
16:51?
16:52Moi, concernant les réseaux sociaux, je ne sais pas comment protéger.
16:55Mais par contre, je suis entouré d'un conseil juridique et d'un avocat.
16:59Il s'occupe de la propriété intellectuelle de mes œuvres.
17:01Et mes œuvres sont délivrées avec des certificats d'authenticité.
17:05Et un humorauté pour être sûr de l'authenticité de la personne qui ressemble à mon travail.
17:16Selon vous, comment est-ce qu'on fait pour encourager les jeunes talents à se former,
17:21à développer leur créativité et à envisager l'art comme un véritable métier, notamment en Afrique ?
17:28Moi, je ne les encourage plus.
17:30Je leur demande de me regarder évoluer.
17:33De prendre exemple.
17:33De prendre exemple, c'est tout.
17:35Celui qui a envie d'évoluer, il va évoluer.
17:37Parce qu'il n'y a pas deux manières de fonctionner.
17:39Soit tu travailles, soit tu ne travailles pas.
17:42Tu te donnes les moyens et tu fonces.
17:44T'es baissé.
17:45Et un jour, ça va payer.
17:46Et moi, c'est ce que je fais.
17:48Après, j'ai mes difficultés.
17:50Quand je pars en voyage, ça coûte 20 000 euros.
17:53Il faut les sortir d'abord avant de vendre.
17:55Souvent, tu finis les expos, tu ne vends pas tout de suite.
17:57Tu prends sur toi.
17:58Mais je ne pleure pas, moi.
17:59Je n'ai pas envie de pleurer pour ça.
18:00Mais justement, c'est quoi les défis qu'on peut rencontrer ?
18:04C'est ça.
18:04C'est aller sur une expo et ne pas vendre à la fin.
18:07Mais on vend peut-être deux semaines plus tard.
18:08Mais il faut prendre le risque d'exposer.
18:10À ce moment-là, les frais d'expo, voyage, etc., hôtel, lifestyle, tout ça.
18:14Ce n'est pas une galerie qui va financer ton lifestyle.
18:18Donc derrière, tu prends le risque, tu voyages.
18:20Tu vas faire voyager ton travail.
18:22Tu vas exposer à l'international.
18:24Tu vas dans une galerie.
18:25Tu es sur des belles scènes, ok ?
18:26C'est très beau.
18:27Mais ça ne vend pas forcément derrière.
18:28Ça ne vend pas forcément.
18:29Ou alors plus tard.
18:30Plus tard, ça vend.
18:32Mais ça crédibilise ton travail.
18:33Parce que ça reste des scènes internationales.
18:35Ça reste des beaux lieux.
18:36Ça reste des belles galeries, etc.
18:38Et ça permet de faire voyager son travail.
18:41Clairement, moi, perso, j'aime mon art.
18:44Et je pense que j'aime mon art que moi.
18:47Moi, plus que vous.
18:48Je pense, mais vraiment.
18:50Parce que j'ai pris des risques des fois.
18:52Ouais.
18:53Même moi.
18:54Avec du recul, vous te dites...
18:56Je suis complètement taré.
19:00Ben oui.
19:01Et même mes sœurs, des fois, à chaque fois que je prends un risque,
19:05et je leur dis que j'ai envie de prendre un risque,
19:07elles me disent...
19:09Et que je dis que je n'ai plus envie de prendre le risque,
19:11elles me disent, arrête, reprends le risque.
19:13Parce que tu as l'habitude de le faire.
19:15Vous voyez ?
19:16Et c'est devenu une habitude.
19:17Donc, maintenant, je ne prends que les risques.
19:18Donc, maintenant, c'est ça.
19:18La prise de risque est l'élément central, quoi.
19:20Totalement.
19:22Alors, pour terminer,
19:24quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui souhaite se lancer,
19:27que ce soit dans l'art ou dans l'entrepreneuriat ?
19:29L'art, ce n'est pas pour la maison.
19:31L'art, c'est pour les autres.
19:33Qu'est-ce que ça veut dire ?
19:34C'est-à-dire que même si vous peignez juste pour vous,
19:37à la maison, pour s'amuser,
19:39publiez vos peintures.
19:40On ne sait jamais.
19:41Ça peut guérir quelqu'un.
19:42Ça peut sensibiliser quelqu'un.
19:44Ça peut créer une émotion chez quelqu'un.
19:47Et donc, à partir du moment où vous créez,
19:50montrez aux gens.
19:51Même si vous ne voulez pas en faire une carrière,
19:53publiez vos peintures.
19:55Ce n'est pas caché chez vous.
19:57Il n'y a pas d'erreur dans la peinture.
19:59Justement, c'est pour ça qu'il y a tous ces courants artistiques,
20:02tous ces mouvements artistiques,
20:03les impressionnistes, l'art naïf, l'art duratif,
20:09tous ces mouvements.
20:10Et donc, pour moi, l'art abstrait,
20:15écoutez, même si vous pensez que ce que vous avez écrit
20:18n'est pas beau à voir,
20:20mettez-vous dans la tête que c'est abstrait.
20:23Et puis, je pense que c'est important de montrer son travail.
20:27Et est-ce que vous diriez quelque chose
20:28pour pouvoir sensibiliser un peu plus
20:31les jeunes Africains sur l'art,
20:32de façon générale ?
20:33Pas plus en Côte d'Ivoire ?
20:35Oui, bien sûr.
20:36J'ai un message à apporter aux jeunes Africains.
20:38Allez puiser dans votre culture.
20:42Puisez.
20:42Il y a beaucoup à prendre.
20:44Il y a beaucoup à chercher.
20:48On a beaucoup de matière.
20:50On a beaucoup de...
20:51Dans notre histoire, notre histoire est très riche.
20:53Oui.
20:54Elle est très, très riche en termes d'esthétique.
20:57Déjà, on avait déjà ce...
21:00Ce souci-là, déjà à l'époque.
21:02Oui.
21:02Et au-delà de ça, même, on avait cette culture du beau à l'époque.
21:07Nos masques, la santé, ils étaient très beaux.
21:10C'est vrai.
21:10Et donc, du coup, à partir du moment où vous avez une culture,
21:14ne cherchez pas ailleurs.
21:15Cherchez dans votre culture, dans vos ethnies, dans vos origines.
21:19Et je pense que vous allez trouver quelque chose d'authentique et d'unique.
21:23C'est un message que je peux envoyer à ces jeunes artistes africains
21:28qui recherchent de l'inspiration.
21:30Et je suis sûre qu'ils seront très inspirés.
21:32Merci beaucoup, Yves Belchek.
21:33Merci.
21:34Merci à vous également qui nous avez suivis.
21:36On revient très bientôt pour une prochaine émission.
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