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  • il y a 13 minutes
Le père et une des sœurs de Pengo Bossio Wangi, tué à 26 ans, dans l'attentat raciste de Trappes, s'expriment lors d'une conférence de presse à Paris, lundi 2 novembre, avec leur avocate Me Zineb Alami.

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Transcription
00:00Alors bonjour à tous et à toutes. Merci d'être venu à cette conférence de presse.
00:06Je suis maître Ziné Malami, je suis donc le conseil de Boléma Bossuwangi,
00:12qui est le père de Pengo Bossuwangi, qui est mort à l'attentat de Trappes il y a quelques jours.
00:19Alors nous avons organisé cette conférence de presse afin que mon client puisse s'exprimer,
00:25puisse dire quelques mots par rapport à cette tragédie qui le touche, lui et sa famille.
00:32Ça va se passer d'une manière à ce que moi je vais prendre la parole, je vais dire un
00:35petit peu quelques mots,
00:36et puis je le laisserai ensuite avec sa fille dire un petit peu les mots qu'il a pu écrire.
00:43Et à la fin, on pourra poser quelques questions un petit peu rapidement.
00:49En tout cas, si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour parler de Pengo avant toute chose.
00:58Pengo Bossuwangi, c'était un jeune homme, un jeune homme de 26 ans.
01:02C'était un fils, un fils très proche de son papa, qu'il avait d'ailleurs tout le temps au
01:10téléphone, avec qui il échangeait.
01:11C'était un frère qui était très protecteur, qui était drôle et taquin, d'après ses proches.
01:18C'est aussi quelqu'un qui était très sportif, discipliné.
01:23Sa famille me disait encore il y a quelques heures à quel point il ne le voyait jamais aussi heureux
01:28que quand il était sur un ring et qu'il était en train de pratiquer son sport.
01:35Je laisserai bien évidemment sa famille vous parler un petit peu plus de lui.
01:39Ils sont plus à même de le faire.
01:42Moi, ce que je peux vous dire, c'est que le 23 octobre dernier, il est parti à sa formation
01:48comme des millions de Français qui quittent leur domicile le matin et qui rentrent le soir.
01:54Sauf que Pengo n'est pas rentré ce soir-là.
01:57Il n'est jamais rentré tout simplement parce qu'il a été pris pour cible.
02:03Il a été pris pour cible pour raison de sa couleur de peau et il a été assassiné parce qu
02:08'une personne s'est sentie, comme se disait, envahie par des Noirs.
02:14Or, parce que cet homme s'est senti légitime à un moment donné, d'une manière ou d'une autre,
02:19d'ôter la vie d'une personne et de bousiller la vie de toute une famille.
02:25Comme ça a été précisé d'ailleurs par le procureur de la République antiterroriste, le mis en cause a préparé
02:32son acte.
02:33Son acte a été bien évidemment préparé pendant un certain temps.
02:37La ville de Trappes n'a pas été choisie au hasard.
02:40Ces victimes représentent quelque chose qu'ils détestent et c'est pour ça que l'un d'entre eux sont
02:46morts et plusieurs d'autres sont blessés.
02:49Ce qui doit d'ailleurs aussi nous alerter et nous laisser se poser certaines questions, c'est que quelques jours
02:56avant, il me semble trois jours avant,
02:58il y a déjà eu une agression sur une personne noire.
03:02Donc il a déjà commencé à passer à l'acte d'une certaine façon.
03:06Et il devait, paraît-il, ce 23 octobre, se rendre au commissariat pour faire un point, pour être auditionné.
03:15Sauf qu'au lieu d'être au commissariat, il s'est rendu à Trappes là où il a commis son
03:20attentat.
03:21D'ailleurs, ça nous laisse nous poser certaines questions sur si les mêmes signaux avaient fait penser à un terrorisme
03:29islamiste.
03:29Est-ce qu'on aurait procédé de la même manière ? Est-ce que finalement ce terrorisme de l'ultra
03:33-droite n'est pas souvent traité d'une manière comme si c'était des actes complètement isolés ?
03:44Alors, mis à part bien évidemment sa responsabilité, la question que se posent mon client et sa famille, c'est
03:52comment est-ce qu'on en est arrivé là ?
03:55Comment est-ce qu'en France, en 2026, une personne a pu se sentir légitime de pouvoir mettre en place
04:03à ce point sa haine jusqu'au point de pouvoir ôter la vie à quelqu'un ?
04:09En tout cas, ce que l'on sait, c'est que ce drame de Trappes n'est pas né dans
04:14un vide.
04:15Il est littéralement né d'un climat qui est un climat de haine raciste qui s'est installé progressivement, petit
04:25à petit, qui ronge notre pays.
04:27Et cela fait des années d'ailleurs, parce que c'est les mêmes mots qui reviennent. Invasion, territoire occupé, république
04:37islamiste de Trappes, tous ces mots-là, tous ces mots, ce sont ceux qu'on entend tous les jours.
04:42Et ce qu'on sait, ce qu'en tout cas la famille vaut aujourd'hui aussi dire, c'est qu
04:46'on ne peut pas en France aujourd'hui haïr des Français parce que leur peau est noire.
04:52On ne peut pas haïr aujourd'hui un Français parce que son nom sonne différemment ou parce qu'on leur
04:59prête une religion.
05:01Et ce qui se passe dernièrement justement, c'est qu'on veut oublier que ces propos racistes ne sont pas
05:06simplement une opinion, c'est un délit en France.
05:11On punit tout propos qui incite à la haine, qui incite à la violence.
05:16Aujourd'hui, on a une responsabilité qui est la responsabilité de cette personne qui a été mise en examen.
05:24Donc il y a une instruction qui est ouverte au niveau judiciaire.
05:27Donc pour être plus clair, c'est-à-dire qu'on a des juges d'instruction qui, eux, chapotent d
05:34'une certaine façon cette enquête.
05:35Donc il y a toute une enquête qui est en cours et qui ne fait que commencer.
05:38Mon client, bien évidemment, se constitue partie civile. On sera parti à cette enquête.
05:46Il pourra bien évidemment faire les demandes d'actes qui sont nécessaires pour suivre tout le process,
05:51pour mettre aussi la lumière sur ce qui s'est passé, sur cette idéologie de cette personne extrême qui l
05:59'a poussée à commettre cet acte-là.
06:03Pour dire un dernier mot, c'est que ces discours qui sont nourris par cet extrême, certes,
06:10mais aussi par tous les médias également, qui leur offrent une tribune permanente dernièrement,
06:16vu que matin, midi et soir, on entend les mêmes obsessions qui sont répétées sur les plateaux.
06:21Et lorsque les esprits sont contaminés par ces mots-là, parce que je suppose que cette personne était postrée devant
06:26son poste de télé
06:28et qu'il a dû entendre ces mots, parce qu'on le dit, vos confrères l'ont mis dans plusieurs
06:34articles justement,
06:35où il répète des mots, où il dit « je l'entends à la télé, des noirs tues, etc., il
06:40y a des coups de couteau ».
06:41Donc quand on entend tout ça, on se pose la question de la responsabilité de chacun.
06:47Et finalement, il existe une responsabilité à mon sens qui nous appartient à tout un chacun,
06:53cette responsabilité de ce que nous disons, de ce que nous répétons et de ce que nous laissons sans contradictoire.
07:02Le racisme n'est pas une opinion, comme je l'ai dit.
07:05Le racisme déshumanise et le racisme, lorsqu'il s'arme, il tue.
07:12Je vais maintenant laisser la parole au père de Pengo, à sa famille,
07:17et je vous remercie de l'écouter avec respect pour son deuil et sa douleur.
07:25Alors, je vais parler au nom de mon père, parce qu'il n'est pas en état de le faire.
07:30Alors, mesdames et messieurs, je vous remercie d'avoir pris la peine de vous déplacer.
07:35En tant que père endeuillé, il m'est particulièrement difficile d'échanger avec les médias.
07:40En ce moment, c'est pourquoi j'ai fait le choix de vous lire ce court texte.
07:45Tout d'abord, la maire de Pengo et moi tenons à remercier tous ceux qui nous ont apporté leur soutien,
07:52aussi bien dans le cadre familial et amical que les anonymes qui se sont manifestés sur les réseaux sociaux.
08:02Nous souhaitons également remercier les institutions, les maires de Trappes, d'Aubervilliers, Saint-Denis,
08:09Garges-les-Gonesse et Sergy, ainsi que l'ensemble des mairies qui ont rendu hommage à mon fils,
08:15et toutes les personnalités qui ont pris position à travers des tribunes.
08:21Nous sommes infiniment reconnaissants à toutes les personnes qui se sont mobilisées pour porter secours à notre fils,
08:28ainsi que d'autres victimes de l'attentat terroriste à caractère raciste du vendredi 23 octobre.
08:34Bien que notre fils soit devenu malheureusement le visage de cet attentat terroriste raciste,
08:40nous avons une pensée pour les survivantes de ces attentats,
08:44notamment pour Ramatou,
08:47cette fillette de 12 ans qui a failli perdre la vie
08:50simplement parce qu'un homme s'est donné le droit au nom d'une idéologie raciste dotée la vie d
08:57'innocents.
09:00Issue de l'immigration africaine, j'ai grandi en France dans les années 80-90,
09:06une période où les ratonnades contre les maghrébins ou les noirs étant malheureusement courantes,
09:14et je n'ai pas cru que plusieurs décennies plus tard,
09:18mon fils Pengo, Bossio Yangi, succomberait de la main d'un individu animé de la même haine.
09:24Aujourd'hui, dans une France en proie de fortes tensions identitaires,
09:34j'ai peur en tant que père d'enfants noirs pour leur avenir, leur sécurité,
09:38et pour la place qu'ils pourront occuper dans la société française.
09:42Mais malgré notre colère et notre douleur, la mère de Pengo et moi faisons le choix de faire confiance à
09:49la justice de ce pays
09:50et rendre la justice à notre fils.
09:52La France est le pays dans lequel nous avons grandi, construit nos vies,
09:56et dans lequel nos enfants doivent pouvoir envisager leur avenir,
10:00un pays auquel nous resterons profondément attachés malgré notre douleur et notre inquiétude.
10:06Si la mort de notre fils doit servir à quelque chose, c'est de sensibiliser sur le racisme
10:13qui grandgaine la société française depuis des décennies,
10:17un racisme alimenté par certains médias et partis politiques.
10:22Nous aimons ce pays pour la valeur qu'il porte et auquel nous croyons profondément,
10:29telle que la fraternité.
10:31Pour nous, la France doit toujours rester fidèle à ses valeurs,
10:35qu'elle soit l'origine de la couleur, de peau et de ses habitants.
10:42Enfin, au président de la République,
10:45qui envisage de rendre un hommage national aux victimes de cet attentat raciste,
10:53nous souhaitons rappeler qu'un tel hommage ne doit pas être uniquement un moment de recueillement,
10:58il doit également être à l'occasion d'une véritable prise de conscience
11:03et d'un engagement contre le racisme et toutes les formes de haine qui mènent notre société,
11:10en effet, pour rendre les mots des mécénaires.
11:18Pour reprendre les mots des mécésaires,
11:25une civilisation qui sévère, incapable de résoudre les problèmes que sous...
11:35C'est pas facile pour elle, là.
11:38En effet, pour reprendre les mots des mécésaires,
11:41une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes
11:45qui suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.
11:50Merci à vous.
11:52Merci à tous.
11:55Alors, je pense qu'on peut faire un petit moment pour quelques questions
11:59si vous souhaitez, si vous voulez répondre à certaines de vos questions.
12:03Je dirais une autre chose.
12:06S'il vous plaît.
12:10On n'est pas en colère.
12:12On veut simplement la justice.
12:14Et la paix.
12:15Et la paix.
12:16Merci.
12:20Juste une question parmi vous.
12:22Vous disiez que vous souhaitiez parler de Pernod, M. Tanguy.
12:26Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?
12:28Vous disiez qu'il était heureux quand il était sur un ring, etc.
12:31Est-ce que vous pouvez nous dire de lui ?
12:34Il était très gentil.
12:36Et franchement, il ferait même pas de mal à une mouche.
12:39Et il méritait pas ça.
12:40Vraiment pas.
12:41Il était très famille.
12:43Et voilà.
12:52Si vous n'avez pas de questions,
12:56je pense qu'on peut arrêter là.
12:59C'est bon pour tout le monde ?
13:01En tout cas, merci à vous tous.
13:04Merci à vous.
13:04Merci à vous.
13:05Merci à vous.
13:07Merci.

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