- il y a 39 minutes
Après les vacances scolaires, les lycéens et étudiants vont-ils retourner en cours ?
Les annonces du gouvernement sur le nombre de professeurs ou encore la fin de parcoursup vont-elles suffire à calmer la grogne ?
Faut-il en finir avec la sélection à l'entrée de l'université ?
Invité cette semaine, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, pour réagir à l'actualité et donner sa vision des études supérieures
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
Les annonces du gouvernement sur le nombre de professeurs ou encore la fin de parcoursup vont-elles suffire à calmer la grogne ?
Faut-il en finir avec la sélection à l'entrée de l'université ?
Invité cette semaine, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, pour réagir à l'actualité et donner sa vision des études supérieures
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
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00:00:00C'est reparti pour un tour, déblocage dès ce matin, manifestation à venir, les lycéens et les étudiants semblent déterminés
00:00:06à poursuivre leurs actions.
00:00:07La semaine dernière, le gouvernement a promis de revoir Parcoursup, de rendre les critères de sélection plus transparents,
00:00:11mais les syndicats de lycéens et d'étudiants appellent à poursuivre le mouvement avec des manifestations demain et surtout jeudi
00:00:17prochain,
00:00:17la date du 5 novembre, cochée par la CGT et la CFDT, en tête pour une grande journée de mobilisation
00:00:22autour des services publics et du pouvoir d'achat.
00:00:24Les appels à la reprise des cours n'ont donc pas été totalement entendus. Comment et quand le gouvernement envisage
00:00:30-t-il une sortie de crise ?
00:00:31Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, est l'invité de LCP, l'Indicé politique.
00:00:53Bonsoir Philippe Baptiste.
00:00:55Bonsoir.
00:00:55Et bienvenue sur le plateau de LCP, l'indicé politique face à vous ce soir et à mes côtés.
00:00:59Hervé Gatteignot de Radio Classique. Bonsoir Hervé.
00:01:01Bonsoir Stéphanie. Stéphanie Despierres de LCP.
00:01:03Bonsoir.
00:01:04Bonsoir Emmanuel.
00:01:05Bonsoir.
00:01:06Et Hugo.
00:01:06Hugo Couturier.
00:01:07Hugo Aupère-Choir sur la chaîne Twitch LCP Assemblée Nationale.
00:01:11Et vous allez nous faire vivre tout ce qui passe sur le fil de votre chaîne.
00:01:15Hugo, bonsoir.
00:01:16Tout à fait.
00:01:17Des lycées bloqués aujourd'hui, moins qu'avant les vacances, mais nous ne sommes que lundi.
00:01:21Les jours qui viennent diront si le mouvement continue, s'il reprend de l'ampleur.
00:01:25Parmi les revendications, la rénovation des établissements scolaires et universitaires,
00:01:28une réforme des rythmes scolaires et plus de personnel d'orientation, par exemple.
00:01:32Ce qui renvoie au sujet central, Parcoursup.
00:01:35Alors vous allez nous dire, Philippe Baptiste, qu'il en est cette fois des universités.
00:01:39Est-ce qu'il y a des blocages dans les universités ?
00:01:41On a des perturbations aujourd'hui.
00:01:43Où ça ?
00:01:44Alors une quinzaine de pourcents d'universités qui ont été touchées par des perturbations.
00:01:49Ça veut dire quoi ?
00:01:50C'est très variable.
00:01:51Ça peut être un bâtiment qui, à un moment, a été bloqué pendant la journée.
00:01:55Ça peut être simplement peut-être un ou deux labos qui n'ont pas pu fonctionner correctement, etc.
00:02:01Mais on est sur une journée qui est plutôt une journée assez basse par rapport à ce qu'on a
00:02:05connu ces 15 derniers jours.
00:02:07Mais il y a des appels au blocage, par exemple, demain de l'UNEF.
00:02:09Donc est-ce que le plus dur ne commence pas demain ?
00:02:11Je vais vous dire la vérité.
00:02:14Je pense qu'il faut être très modeste sur ces questions-là.
00:02:16Je ne sais pas.
00:02:17On va voir.
00:02:18On va voir ce qui va se passer demain.
00:02:19Il y avait des assemblées générales aujourd'hui dans de nombreuses universités où des questions ont été débattues.
00:02:24Il y a eu des endroits où le déblocage a été aussi voté dans un certain nombre de sites.
00:02:28C'est ça ?
00:02:29À l'école normale, par exemple.
00:02:31Voilà.
00:02:31Donc c'est des exemples.
00:02:33Donc c'est très hétérogène encore aujourd'hui.
00:02:35Donc c'est difficile de vous donner une tendance.
00:02:37Je suis vraiment prudent.
00:02:37Alors oui, sans tendance.
00:02:39Sur les lieux bloqués, quelles sont les universités où c'est plus mobiliser, j'allais dire ?
00:02:44Je pense qu'on retrouve un petit peu les universités habituelles qui sont souvent très en pointe dans ces mouvements.
00:02:50C'est-à-dire beaucoup les universités qui sont les grandes universités de sciences humaines et sociales
00:02:53qui souvent sont en pointe dans ces mouvements-là.
00:02:55Mais vous savez, je pense qu'aujourd'hui, la porte, elle est ouverte.
00:03:00Et le fait que le mouvement, qui est toujours de la contestation et toujours des revendications,
00:03:05moi, c'est quelque chose que je ne conteste pas.
00:03:06Ce qui me semble important, c'est que, d'abord, un, les discussions continuent à se dérouler dans de bonnes
00:03:12conditions.
00:03:12Je pense qu'elles se déroulent aujourd'hui.
00:03:14Voilà, on va y revenir probablement.
00:03:16Et puis surtout, que le travail reprenne.
00:03:18C'est-à-dire que moi, le blocage, le problème du blocage, fondamentalement,
00:03:22au-delà du fait que ce n'est pas un droit, évidemment, de bloquer un...
00:03:25C'est qu'on est en train de mettre en l'air une partie significative de l'année universitaire.
00:03:32Alors, justement...
00:03:32Et en particulier, pour les premières années, les premières années de licence qui arrivent,
00:03:37ils ont eu quatre semaines de cours, ils ont passé le baccalauréat,
00:03:39ils ont eu quatre semaines de cours, ça s'est arrêté.
00:03:43Et on sait très bien que c'est un public très, très, très fragile.
00:03:46Et donc, il faut reprendre.
00:03:48Il faut reprendre les cours.
00:03:48Et si ça continue, est-ce que ça veut dire même que les examens universitaires qui approchent
00:03:53pourraient être hypothéqués ?
00:03:55Alors, je ne sais pas.
00:03:56Je ne me suis pas posé la question du tout précisément sur le sujet.
00:04:00De toute façon, il y a des exigences, effectivement, pour valider les semestres.
00:04:04Ces exigences, elles sont là.
00:04:05Donc, s'il n'y a pas de cours, il n'y a pas d'examen.
00:04:06Tout ça va être possiblement très compliqué.
00:04:09Alors, je voudrais quand même juste un tout petit peu relativiser,
00:04:11c'est-à-dire même au plus fort du blocage,
00:04:13où on avait, je ne sais pas, entre 25 et 35 % d'établissements qui étaient touchés.
00:04:19Et ça veut dire aussi qu'il y a quand même une grande majorité d'établissements qui ne l'étaient
00:04:22pas.
00:04:23Et quand bien même ils l'étaient, c'était souvent un bâtiment ou quelques...
00:04:26Donc, en termes de nombre d'étudiants, ce n'est pas un mouvement qui est gigantesque.
00:04:31Il est très visible, il est très fort, je ne m'ignore pas du tout.
00:04:33Mais il y a aussi des cours qui se déroulent bien.
00:04:35Donc, voilà, je suis juste un tout petit peu...
00:04:36Ce n'est pas toutes les universités qui sont à la répartie.
00:04:39Pour être sur votre ligne, ce matin encore, votre collègue,
00:04:41Edouard Geffrey, ministre de l'Éducation nationale,
00:04:43a mis en garde, justement, contre le risque de voir l'année scolaire désorganisée.
00:04:46Ah oui, bien sûr.
00:04:47Il y a des personnes qui appellent à la manifestation,
00:04:49ça, c'est leur droit le plus strict.
00:04:51En revanche, la priorité absolue, c'est que les élèves puissent aller en cours.
00:04:56Moi, j'ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l'année,
00:04:59qui, pour certains, pour plusieurs centaines de milliers d'entre eux,
00:05:02n'ont pas eu cours depuis 4 ou 5 semaines,
00:05:05si on cumule les vacances plus les 3 semaines qui précèdent,
00:05:08et pour lesquels, par conséquent, l'année scolaire est maintenant en risque.
00:05:12Et ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas se permettre.
00:05:13Voilà, très clairement.
00:05:14– Hervé.
00:05:15– Vous aviez rencontré les représentants des syndicats de lycéens
00:05:19et d'étudiants le 7 octobre.
00:05:21Il a fallu attendre jusqu'au 26 pour qu'il y ait un plan du gouvernement
00:05:25pour répondre à leurs revendications.
00:05:26Maintenant, le Premier ministre dit qu'il va les recevoir la semaine prochaine.
00:05:30Pourquoi est-ce qu'il faut toujours attendre ?
00:05:31Pourquoi il ne les reçoit pas maintenant ?
00:05:32– Non, non, parce que d'abord, il y a un certain nombre de propositions
00:05:35qui ont été construites pendant ces différents jours qui se sont écoulés.
00:05:41Des discussions avec les organisations syndicales et les organisations étudiantes
00:05:45qui ont eu lieu pendant toute la durée de ces tensions.
00:05:48Après, on a vu, effectivement, on a reçu les deux organisations,
00:05:52les organisations étudiantes d'un côté et les organisations lycéennes de l'autre
00:05:55avec le Premier ministre.
00:05:56Des propositions ont été posées sur la table en expliquant bien
00:05:59que c'était quelque part des propositions de départ, des bases de discussion.
00:06:03Différents sujets ont été donc identifiés.
00:06:05On continue à discuter avec les organisations
00:06:07et on fait un bilan justement de ces discussions, entre guillemets,
00:06:10intermédiaires la semaine prochaine avec le Premier ministre.
00:06:12– Donc c'est des problèmes d'agenda ou c'est une stratégie qui vise à ralentir le rythme ?
00:06:18– Non, vous savez, c'est des sujets qui sont des sujets…
00:06:20Enfin, on peut soit faire des annonces et puis se dire que des annonces
00:06:23qui sont en l'air suffiront.
00:06:24Mais si vous prenez l'exemple, je suis sûr qu'on va en parler,
00:06:26par exemple de la suite de l'affectation Parcoursup,
00:06:30c'est des sujets qui sont quand même très, très complexes.
00:06:33Et donc, avant de faire des propositions et de mettre des choses sur la table,
00:06:36il faut être sûr qu'on est capable de les faire et de faire qu'on dit.
00:06:39Donc je pense que c'est normal qu'on ait eu un peu de temps,
00:06:41de réflexion et de discussion.
00:06:43– Alors le gouvernement a lancé une plateforme de consultation.
00:06:46On dit qu'il y a eu plus de 100 000 réponses…
00:06:49– Pour les lycéens.
00:06:50– …et de contributions pour les lycéens.
00:06:52Qu'est-ce que ça vous a appris globalement sur leurs sentiments,
00:06:56leurs états d'âme, leurs revendications ?
00:06:58– S'agissant de l'enseignement supérieur, c'était assez instructif.
00:07:01– Les lycéens sont vos futurs clients ?
00:07:03– Bien sûr, absolument.
00:07:04– Les étudiants, il y a eu beaucoup de contributions ?
00:07:05– Non, c'était vraiment une contribution lycéenne.
00:07:08– Oui, d'accord. Alors qu'est-ce que ça vous a appris ?
00:07:10– Beaucoup de choses sur les questions de l'orientation,
00:07:13sur les questions que pouvaient se poser les jeunes aujourd'hui
00:07:15sur l'orientation.
00:07:16Une quinzaine de pourcents de contributions
00:07:18concernaient directement Parcoursu, la plateforme elle-même.
00:07:22Donc finalement, assez peu par rapport à l'ensemble des questions
00:07:25qui étaient posées aujourd'hui.
00:07:27Et puis, beaucoup de contributions sur les emplois du temps,
00:07:31beaucoup de contributions aussi sur la qualité de vie au quotidien
00:07:34dans les lycées.
00:07:34Et ça, c'est des échos.
00:07:35Et par contre, tout ça a des échos très forts aussi dans l'université
00:07:40où les mêmes questions reviennent un petit peu.
00:07:42C'est-à-dire, en gros, la qualité de vie au sein des universités,
00:07:44la question du bâti universitaire.
00:07:46Et puis aussi, la question de la compatibilité,
00:07:49de la manière dont les étudiants vivent leur université,
00:07:51leurs années d'études,
00:07:53avec la charge liée aux emplois du temps, etc.
00:07:56Et donc ça, c'est des questions qui sont...
00:07:58Alors, le bâti universitaire, oui.
00:07:59Les questions autour des emplois du temps
00:08:01et la question de l'aménagement
00:08:02et de réfléchir à la manière dont on concilie aujourd'hui.
00:08:04Il y a beaucoup d'étudiants qui ont un job.
00:08:06Vous le savez aujourd'hui.
00:08:07Comment est-ce qu'on concilie plus efficacement
00:08:09le travail universitaire, le travail académique
00:08:11et puis, éventuellement, des jeunes qui ont un travail à côté ?
00:08:16Ça, c'est un travail de fond qui mérite encore d'être travaillé.
00:08:19Alors, sur Parcoursup, vous l'avez cité,
00:08:21Francis en parlait en commençant l'émission.
00:08:23C'est un des points clés de cette crise.
00:08:25Il faut bien l'appeler comme ça.
00:08:27Qu'est-ce que vous allez exactement changer sur Parcoursup ?
00:08:30Est-ce que vous êtes au clair avec ça dès maintenant ?
00:08:33Est-ce qu'on va corriger des biais tout de suite
00:08:34et faire une réforme plus profonde dans un deuxième temps ?
00:08:37Expliquez-nous.
00:08:38Deux temps.
00:08:39Parcoursup, déjà, pour bien comprendre la raison
00:08:41pour laquelle il y a deux temps,
00:08:42il faut comprendre que Parcoursup,
00:08:44c'est non seulement une plateforme numérique
00:08:47que vous avez sur votre téléphone ou sur votre ordinateur,
00:08:50mais à côté de ça,
00:08:51c'est aussi un système qui est adossé sur une loi.
00:08:56Ce qui veut dire que si vous voulez changer de manière très profonde
00:09:00Parcoursup, vous devez changer la loi.
00:09:02Alors ça, c'est pour plus tard.
00:09:03Mais dans l'immédiat, qu'est-ce qui va changer ?
00:09:05Excusez-moi, mais ça explique les deux temps.
00:09:07Premier temps, c'est quelque part,
00:09:09on fait des choses tout de suite pour la prochaine campagne
00:09:11que, un, on sait faire techniquement
00:09:13et deux, pour lesquelles on n'a pas besoin de changer la loi.
00:09:15Et quoi, justement ?
00:09:16Première chose, transparence,
00:09:19une demande qui était très forte,
00:09:20qui était de dire, en gros,
00:09:22la plateforme, globalement, elle est très transparente.
00:09:24Par contre, la manière dont chaque jury, entre guillemets, fonctionne,
00:09:28c'est-à-dire chaque université, chaque école,
00:09:31chaque formation choisit ses étudiants.
00:09:33On a les critères, les critères existent,
00:09:35ils sont déjà disponibles aujourd'hui,
00:09:37mais ce n'est pas assez précis.
00:09:38Et en particulier, il y a des demandes qui consistent à dire,
00:09:41eh bien, quand vous utilisez des traitements automatisés,
00:09:44c'est-à-dire une feuille Excel
00:09:45pour regarder les différentes notes des étudiants,
00:09:49quels sont les critères que vous utilisez
00:09:51pour faire des tris, par exemple ?
00:09:53Ça va être un gros travail, ça.
00:09:54Et donc, ça, on va organiser cette transparence.
00:09:58Et ce sera fait pour la rentrée ?
00:09:59Ce sera fait là, ce sera fait pour la prochaine campagne.
00:10:01C'est un immense travail.
00:10:02C'est un gros travail,
00:10:03mais on pense qu'on a les moyens de le faire
00:10:05et les moyens de le faire efficacement.
00:10:06Et tout le monde le jouera le jeu.
00:10:07Et vous voyez bien, ça ramène à ce que je disais tout à l'heure,
00:10:09c'est-à-dire que ce n'est pas quelque chose
00:10:10qu'on peut annoncer en disant
00:10:11« je fais tapis et je vous mets ça sur la table »
00:10:13si je ne suis pas sûr de pouvoir le faire.
00:10:14Vous êtes sûr, maintenant, de pouvoir le faire ?
00:10:15Oui, raisonnablement sûr.
00:10:17Vous savez, moi, je suis un ingénieur,
00:10:19je sers des boulons, c'est ça mon métier.
00:10:20Il y a d'autres modifications très rapides ?
00:10:21Je vais être sûr que le pont va tenir.
00:10:22D'autres modifications très rapides ?
00:10:23Oui, je peux vous donner quelques exemples.
00:10:25Par exemple, quand vous serez refusé dans une formation,
00:10:28refusé dans une formation,
00:10:30vous aurez la possibilité de demander à la formation
00:10:33« pourquoi vous avez été refusé ? »
00:10:35Une justification du refus.
00:10:37Ce ne sera pas automatique ?
00:10:39Non, ce ne sera pas automatique.
00:10:40Vous devriez...
00:10:41Non, parce que...
00:10:42Et puis déjà, en fait, il y a plein de gens qui sont éventuellement...
00:10:44Vous faites, par exemple, je ne sais pas, 7, 8 vœux.
00:10:46Vous êtes pris dans 3 et refusé dans 4 autres.
00:10:50Ce n'est pas forcément dramatique pour vous.
00:10:52Donc voilà.
00:10:53Mais il peut y avoir des cas où vous avez vraiment envie
00:10:55et besoin de savoir.
00:10:56Donc vous pourrez demander.
00:10:56C'est un droit qui existe déjà aujourd'hui,
00:10:59sans rien changer,
00:11:00mais qui était très, très peu exercé par les jeunes.
00:11:02Là, on va vraiment essayer justement de bien présenter les choses.
00:11:05Ça, c'est un deuxième exemple.
00:11:07Je vous en donne un troisième, si vous voulez.
00:11:08Allez-y.
00:11:09Troisième exemple.
00:11:10On va proposer, par exemple, ça sur un mode
00:11:13qui est un mode de la base du volontariat,
00:11:15des formations qui voudront, par exemple,
00:11:17accueillir dans leur jury de jeunes lycéens.
00:11:20Pour qu'ils voient, en fait, comment ça se passe concrètement.
00:11:23Là aussi, ce sera possible.
00:11:24Et ce sera partout ?
00:11:25Dans tous les établissements ?
00:11:26Sur la base du volontariat pour cette année.
00:11:30C'est-à-dire que c'est...
00:11:31Parce que là, pour le coup, ça demande une...
00:11:32Alors, ça risque d'être...
00:11:33Je suis sûr qu'on ne trouve pas des...
00:11:34Oui, ça risque d'être expérimental.
00:11:36Oui, voilà, c'est ça.
00:11:36Mais on va créer dans chaque académie aussi
00:11:40une petite commission
00:11:42où on aura des lycéens,
00:11:45où on aura des professeurs du secondaire,
00:11:47des professeurs des universités,
00:11:50des gens du rectorat,
00:11:51et qui vont regarder comment se déroule la campagne
00:11:53académie par académie.
00:11:54C'est-à-dire que non seulement...
00:11:56Aujourd'hui, on a tout ça au niveau national.
00:11:58On produit de magnifiques rapports
00:12:00qui font des milliers de pages
00:12:01chaque année sur Parcoursup,
00:12:03que je ne doute pas que vous les ayez lus
00:12:04comme tout le monde.
00:12:06Non, je le regrette alors.
00:12:08Mais on fera le même travail,
00:12:10mais un travail qui sera beaucoup plus concis
00:12:12et justement localisé.
00:12:14Et localisé.
00:12:15Par exemple.
00:12:15Ce sont des exemples.
00:12:16Et donc, pour ce qui est de la deuxième étape,
00:12:18donc là où on renvoie
00:12:19à une modification législative,
00:12:21là, est-ce qu'on n'est pas un peu
00:12:23dans le vœu pieux ?
00:12:24Non.
00:12:24Parce que ça renvoie au lendemain
00:12:26de l'élection présidentielle.
00:12:27Alors, évidemment.
00:12:28On ne fera rien avant.
00:12:28Il ne m'a pas échappé que le calendrier
00:12:30était un peu tendu sur cette question.
00:12:32Mais aujourd'hui, si on regarde bien,
00:12:34on dit...
00:12:35On parle de Parcoursup,
00:12:37le gouvernement s'est montré très ouvert.
00:12:38On a dit, ok, on veut changer Parcoursup,
00:12:40on change les choses.
00:12:41Les changements que j'ai mentionnés juste avant
00:12:43ne sont pas que des changements cosmétiques.
00:12:44C'est vraiment des changements de fond.
00:12:46Et puis, à côté de ça,
00:12:48si on veut faire quelque chose
00:12:49de radicalement différent,
00:12:50ça pose des questions qui sont des questions
00:12:52pas du tout des questions techniques,
00:12:54pas du tout des questions de savoir
00:12:55comment la plateforme est fichue.
00:12:57C'est des questions de fond,
00:12:58des questions politiques.
00:13:00Qu'est-ce que je veux faire ?
00:13:01Est-ce que je veux faire plus de sélections ?
00:13:03Est-ce que je veux faire moins de sélections ?
00:13:05Est-ce que je veux faire
00:13:05une assignation territoriale des lycéens ?
00:13:07C'est-à-dire leur dire, en gros,
00:13:08si vous avez fait votre lycée à Clermont-Ferrand,
00:13:11vous devez faire vos études
00:13:12à Clermont-Ferrand ou pas ?
00:13:14Est-ce que je veux favoriser les boursiers
00:13:15comme on le fait aujourd'hui ou pas ?
00:13:17Est-ce que je veux des formations
00:13:19très professionnalisantes
00:13:20ou moins professionnalisantes ?
00:13:21Ces questions, tout ça, en fait,
00:13:23dans le système précédent,
00:13:24le système d'aujourd'hui,
00:13:26ces questions-là,
00:13:27on y avait répondu
00:13:28par une forme d'équilibre
00:13:31très en même temps.
00:13:32Excusez-moi, je sais d'où je viens.
00:13:34Et on sait d'où vient Parcoursup aussi.
00:13:36Bien sûr.
00:13:37Je vais vous donner un exemple
00:13:38sur la sélection.
00:13:39Ce qu'on fait sur Parcoursup aujourd'hui,
00:13:40il y a une forme de sélection.
00:13:42C'est-à-dire que même une université
00:13:44dans une licence,
00:13:45elle ne prend pas plus de jeunes
00:13:47que de places disponibles.
00:13:48Et puis, s'il y en a trop,
00:13:49quelque part,
00:13:50elle prend ceux
00:13:51qui ont le plus grand mérite académique.
00:13:52Vous touchez un mot à vous.
00:13:54Attendez, je donne mon en même temps.
00:13:55Parce que là, je vous donne
00:13:55la première partie.
00:13:56Je vous fais la deuxième.
00:13:57En même temps,
00:13:58dans le système actuel,
00:13:59on garantit à chaque bachelier
00:14:01d'avoir une place dans le supérieur.
00:14:02C'était ça, l'équilibre.
00:14:04S'il faut changer cet équilibre,
00:14:06eh bien, il faut changer
00:14:07l'orientation globale.
00:14:08Vraiment, c'est un changement.
00:14:08Vous avez toujours une garantie
00:14:09de places dans le supérieur.
00:14:10Aujourd'hui, vous êtes face
00:14:15à l'Assemblée nationale.
00:14:16Vous dites que l'accès
00:14:17à l'enseignement supérieur
00:14:18ne doit pas être forcément garantie.
00:14:20Ce n'est pas ça que je dis.
00:14:21Je vous dis juste que
00:14:22si c'est pour rester
00:14:23dans le même équilibre
00:14:24qu'aujourd'hui,
00:14:24il n'y a pas besoin
00:14:25de changer la loi.
00:14:25Elle est déjà là.
00:14:26Soit on veut faire
00:14:27des bougées massives.
00:14:29Et ces bougées massives,
00:14:30il faut arriver à comprendre
00:14:31ce qu'on veut faire.
00:14:32C'est pour ça qu'on a organisé le...
00:14:34C'est ce que vos interlocuteurs
00:14:35vous demandent.
00:14:35Vous êtes face
00:14:36à des organisations étudiantes
00:14:37qui vous demandent
00:14:38d'abolir purement
00:14:39et simplement la sélection.
00:14:41Est-ce que vous leur répondez
00:14:43clairement non ?
00:14:44Et comment est-ce que
00:14:45vous organisez
00:14:46le système de sélection
00:14:47à l'entrée à l'université ?
00:14:48Ceux qui me disent
00:14:50aujourd'hui,
00:14:50c'est LFI
00:14:51et puis quelques organisations
00:14:52étudiantes qui disent
00:14:53qu'il faut créer
00:14:54250 000 places
00:14:55pour que tout le monde
00:14:56puisse aller partout.
00:14:58Et en particulier,
00:14:59si vous voulez faire
00:14:59votre licence de droit
00:15:00à par exemple Paris 1
00:15:02où vous avez
00:15:0330 fois plus de candidats
00:15:04que de places,
00:15:06ce n'est pas grave.
00:15:07Il faut créer
00:15:0730 fois plus de places
00:15:08à Paris 1.
00:15:09Je ne l'ai pas encore
00:15:10bien compris.
00:15:10– Pour ça, vous répondez non.
00:15:11– Parce que ça n'a aucun sens,
00:15:12excusez-moi,
00:15:13ça n'existe pas.
00:15:14– Alors, vous disiez.
00:15:15– Donc la question maintenant,
00:15:17les questions de fond
00:15:17qu'il faut trancher,
00:15:18c'est simplement de se dire
00:15:20qu'est-ce que je veux faire demain ?
00:15:21Donc c'est pour ça
00:15:22qu'on a organisé
00:15:22un débat au Parlement
00:15:23parce que vous savez,
00:15:24ce n'est pas pour changer la loi,
00:15:26je crois que je ne vous apprends rien ici,
00:15:28il faut à un moment ou à un autre
00:15:29que le Parlement
00:15:30s'exprime dans le sujet.
00:15:31– Vous parlez
00:15:31des organisations syndicales.
00:15:32– Et ce que j'ai entendu au Parlement,
00:15:34je n'ai pas entendu
00:15:34grand monde
00:15:35qui défendait
00:15:35la création
00:15:36de 250 000 places.
00:15:37J'ai entendu des positions
00:15:38qui étaient des positions
00:15:39assez dures en fait
00:15:40sur la sélection.
00:15:41– Vous parliez
00:15:42des organisations syndicales
00:15:43tout à l'heure,
00:15:43à l'instant là,
00:15:44vous savez que c'est un débat
00:15:45qui va dans
00:15:46toutes les organisations syndicales,
00:15:48notamment celles
00:15:48qui appellent
00:15:49aux manifestations
00:15:49le 5 septembre
00:15:50et notamment Sophie Binet,
00:15:51numéro 1 de la CGT.
00:15:53– Repousser la fin
00:15:54de Parcoursup à 2028
00:15:56quand ce gouvernement
00:15:57ne sera plus là,
00:15:58très clairement,
00:15:59l'engagement n'est pas sérieux,
00:16:00il faut que ça soit
00:16:00dès 2027
00:16:01et surtout que le gouvernement
00:16:02s'engage très clairement
00:16:03à dire qu'il met fin
00:16:05à toute sélection
00:16:06à l'entrée de l'université.
00:16:07– Hugo,
00:16:09alors est-ce que vous êtes
00:16:10prêts à dire
00:16:11on met fin
00:16:12à toute sélection
00:16:12à l'entrée de l'université ?
00:16:14– Mais non,
00:16:15pour une raison simple,
00:16:16pas même une raison idéologique,
00:16:18une raison purement opérationnelle,
00:16:19excusez-moi,
00:16:20mais comment je fais
00:16:21pour accueillir,
00:16:22mais je ne sais pas
00:16:23que je sois obsédé
00:16:23par Paris 1
00:16:24à la licence de droit,
00:16:25vous savez moi
00:16:25je suis mathématicien,
00:16:26mais enfin comment,
00:16:27malheureusement il y a peu
00:16:27d'endroits
00:16:28où il y a 30 fois plus
00:16:29de candidats mateux
00:16:30que de places,
00:16:32hélas,
00:16:32mais je reprends mon exemple
00:16:33de Paris 1
00:16:34et du droit,
00:16:35comment je fais
00:16:35pour caser
00:16:36mes 25 000 candidats ?
00:16:39– Donc la réponse est non.
00:16:40– Ça n'existe pas,
00:16:41mais ça n'a aucun sens,
00:16:42pardon, excusez-moi.
00:16:43– Oui, c'est moi.
00:16:44Bonjour,
00:16:45oui monsieur le ministre,
00:16:46il y a une question
00:16:46de paradoxe vivant
00:16:47qui vous demande
00:16:47y aura-t-il une obligation
00:16:48de réponse
00:16:49de la part des universités concernées ?
00:16:51Les réponses se feront
00:16:52à postériori de la décision,
00:16:54seront-elles écrites
00:16:54au moment du résultat ?
00:16:56– Alors c'est,
00:16:56a priori,
00:16:57donc le système
00:16:58est en train d'être,
00:16:59d'abord je veux discuter
00:17:00avec les universités,
00:17:01mais le principe c'est que
00:17:02ce sera sur la base
00:17:04d'une demande d'un étudiant
00:17:05et la réponse
00:17:07ne pourra pas être faite
00:17:08en même temps,
00:17:09elle sera a postériori évidemment.
00:17:11– C'est chénie.
00:17:12– A l'inverse,
00:17:13vous disiez donc
00:17:13qu'il y aurait un deuxième temps
00:17:14de réforme totale
00:17:16de Parcoursup,
00:17:17est-ce qu'il y a
00:17:17des bonnes choses
00:17:18dans Parcoursup ?
00:17:19Qu'est-ce que vous garderiez
00:17:20pour 2028 ?
00:17:21– Alors, oui,
00:17:25moi je,
00:17:26les choses qui marchent bien
00:17:27je pense aujourd'hui,
00:17:29on a donné pour la première fois
00:17:31avec Parcoursup
00:17:32une priorité aux boursiers,
00:17:34ça n'existait pas avant,
00:17:36donc ça veut dire que
00:17:37quand vous êtes candidat
00:17:38dans une formation,
00:17:39les boursiers lycéens
00:17:40sont classés à part
00:17:41des non-boursiers
00:17:42et il y a par un mécanisme
00:17:44de liste d'appels
00:17:45qui sont gérés
00:17:46de manière en parallèle,
00:17:47on garantit
00:17:48qu'un certain pourcentage,
00:17:49un quota de boursiers
00:17:51sera pris dans chaque formation.
00:17:52– Et ça vous le gardez ?
00:17:53– Ça, ça a permis
00:17:54à 150 000,
00:17:56excusez-moi,
00:17:56c'est pas rien,
00:17:58150 000 jeunes
00:17:59d'avoir une formation
00:18:01qu'ils n'auraient pas eue autrement.
00:18:02– C'est le côté positif ?
00:18:03– C'est un exemple
00:18:04de choses positives.
00:18:05– C'est ce que vous demandez
00:18:05Stéphanie ?
00:18:06– Une autre chose
00:18:07qui est positive,
00:18:07je crois,
00:18:08c'est qu'on a levé
00:18:09ces formes d'assignation
00:18:10à résidence
00:18:11qu'il y avait avant.
00:18:13Aujourd'hui,
00:18:14vous pouvez postuler
00:18:15dans toute formation
00:18:16en venant de partout.
00:18:17– Partout en France ?
00:18:18– Je pense que ça a à la fois
00:18:19des côtés positifs,
00:18:20ça a aussi un travers majeur
00:18:22et ça, je pense vraiment
00:18:23qu'il faut le discuter
00:18:24entre gens qui veulent
00:18:25faire avancer le système,
00:18:27c'est qu'aujourd'hui,
00:18:27il y a une hyper-attractivité parisienne
00:18:30qui, je pense parfois,
00:18:31met en difficulté le système
00:18:32parce que les difficultés
00:18:34qu'on rencontre
00:18:35dans l'affectation
00:18:35et sur Parcoursup
00:18:36et ça nous amène
00:18:37à la question
00:18:37d'ouverture de place,
00:18:38elles sont en Ile-de-France
00:18:39du fait de cette hyper-attractivité
00:18:41d'un certain nombre
00:18:42et qui n'est pas toujours justifiée.
00:18:44– Stéphanie.
00:18:44– Vous disiez que les discussions
00:18:45continuent avec les lycéens,
00:18:46les étudiants.
00:18:47Est-ce que c'est pour développer
00:18:49justement les changements
00:18:50sur Parcoursup
00:18:51ou est-ce que vous préparez
00:18:52un deuxième volant d'annonce
00:18:53face à la mobilisation
00:18:55qui continue ?
00:18:55– Non, je crois que
00:18:56ce qu'on a dit aux étudiants
00:18:57de manière extrêmement claire,
00:18:58le Premier ministre,
00:18:59le leur a dit,
00:19:00c'est de dire en gros
00:19:00il y a des annonces
00:19:01sur la table,
00:19:02sur Parcoursup,
00:19:03des annonces sur les places
00:19:05qu'on va créer,
00:19:06des annonces sur le bâti,
00:19:08c'est-à-dire en gros
00:19:09sur la création de,
00:19:10sur la rénovation
00:19:12d'un certain nombre
00:19:12de bâtiments,
00:19:14des annonces sur les bourses
00:19:15et en particulier
00:19:16sur l'indexation automatique
00:19:18des bourses à partir.
00:19:19Voilà, c'est des annonces
00:19:20qu'on a posées sur la table
00:19:22et on a très clairement dit
00:19:23il faut qu'on en discute ensemble.
00:19:25– Mais il n'y a plus rien
00:19:25d'autre à rajouter.
00:19:26– Il n'y a rien d'autre derrière.
00:19:27– Non, mais le quantum
00:19:28n'est pas complètement fixé
00:19:29sur ces différents sujets.
00:19:30– D'accord, mais il n'y a pas
00:19:30d'autres annonces à venir.
00:19:31– Donc, a priori,
00:19:32il n'y a pas d'autres annonces
00:19:33évidentes à venir,
00:19:34mais je pense que par contre
00:19:35il y a une vraie discussion
00:19:36à avoir et très concrètement,
00:19:38où est-ce qu'on nous déplace,
00:19:39quel bâtiment on rénove,
00:19:40qu'est-ce qu'on fait éventuellement
00:19:41pour les bourses ?
00:19:42Des choses comme ça.
00:19:43– Justement, vous avez annoncé
00:19:4415 000 places de plus
00:19:45en BTS, UT, licence santé,
00:19:47donc 10 000 dès l'année prochaine,
00:19:49mais est-ce qu'on a assez de profs
00:19:50et est-ce qu'on a assez de bâtiments ?
00:19:51– Non, pardon, 15 000 dès l'année prochaine.
00:19:52– Pardon, 15 000 dès l'année prochaine,
00:19:53est-ce qu'on a assez de profs
00:19:54et assez de bâtiments
00:19:55pour assurer ces cours ?
00:19:56– Donc, évidemment,
00:19:57vous avez parfaitement raison,
00:19:58il ne faut pas faire une annonce en l'air
00:20:00et c'est de nouveau,
00:20:00je reviens sur le fait
00:20:01qu'on a pris un peu de temps.
00:20:02Donc, effectivement,
00:20:03nous, on a identifié
00:20:04les endroits où,
00:20:05un, il y a des besoins,
00:20:07c'est typiquement
00:20:08pour les bacheliers technos
00:20:09et les bacheliers pros
00:20:10en Ile-de-France,
00:20:11pas exclusivement,
00:20:12mais principalement,
00:20:13parce que c'est eux
00:20:14qui ont le plus de mal
00:20:15à trouver des places
00:20:15et donc, il faut créer des places
00:20:17en BTS et en IUT,
00:20:19en Ile-de-France,
00:20:20dans des endroits
00:20:21où il y a évidemment
00:20:21un, des débouchés,
00:20:22et deux, des places.
00:20:23– Et il faut être capable
00:20:25et donc la réponse,
00:20:26tout ce qui a été mis sur la table,
00:20:27on sait le faire.
00:20:28– D'accord.
00:20:28– Donc, on sait le faire,
00:20:29il y aura des recrutements à faire,
00:20:31il y aura des recrutements à faire.
00:20:32– En urgence.
00:20:32– Combien, vous savez ?
00:20:33– On sait faire.
00:20:34Alors, je n'ai pas le chiffrage
00:20:35complètement en tête,
00:20:38mais oui.
00:20:39– C'est en urgence,
00:20:39ces recrutements.
00:20:40– Alors, bien sûr,
00:20:40il y en a un certain nombre
00:20:41qui vont être en urgence,
00:20:42il y aura une partie,
00:20:43ça va être des vacataires
00:20:44qui vont venir en support
00:20:45pour commencer
00:20:46et puis, en plus,
00:20:47évidemment,
00:20:48des titulaires,
00:20:48des permanents
00:20:49qui vont devoir être recrutés
00:20:51pour assurer ces coûts.
00:20:51– Stéphanie.
00:20:52– Vous avez annoncé aussi
00:20:53un milliard d'euros
00:20:54pour le bâtiment des universités.
00:20:56– Absolument.
00:20:56– C'est pour quoi faire concrètement ?
00:20:57– Alors, en fait,
00:21:02hétérogène,
00:21:03c'est-à-dire que vous avez
00:21:03à la fois des sites
00:21:04qui sont simplement magnifiques,
00:21:07voire qui ont été faits
00:21:08par des architectes prestigieux,
00:21:09magnifiques,
00:21:10vous allez, je ne sais pas,
00:21:11à l'école normale à Paris-Saclay,
00:21:12c'est un endroit paradisiaque,
00:21:14mais il y a plein d'endroits
00:21:15qui sont très très beaux
00:21:17et il y a aussi
00:21:18des bâtiments des années 70
00:21:19qui sont très dégradés
00:21:20et qu'il faut profondément rénover.
00:21:22Les besoins de rénovation,
00:21:23ils sont considérables,
00:21:25il y a déjà des choses
00:21:26qui sont sur la table,
00:21:27on accélère,
00:21:28donc on a mis un milliard de plus
00:21:30par rapport à ce qui était prévu
00:21:32et je voudrais être très clair
00:21:33sur ce point,
00:21:33c'est bien un milliard d'argent en plus,
00:21:36ce n'est pas du bon taux budgétaire,
00:21:39ce n'est pas du tout un prêt pour l'État
00:21:40parce que le bâtiment universitaire,
00:21:43c'est un prêt pour les régions
00:21:45et c'est bien de l'argent
00:21:45qui arrive en plus,
00:21:46c'est essentiellement sur des projets
00:21:48qui sont déjà identifiés,
00:21:50déjà identifiés
00:21:51comme des projets prioritaires,
00:21:53on en a une liste assez longue
00:21:54et dedans, maintenant,
00:21:55il faut aller regarder au cas par cas
00:21:56ce qu'on va faire.
00:21:57Par contre, là-dedans,
00:21:58il y aura 200 millions d'euros
00:21:59dès l'année prochaine,
00:22:00donc dès le prochain budget
00:22:02avec des projets qui seront lancés
00:22:04tout de suite.
00:22:05Justement,
00:22:06toutes ces mesures,
00:22:06le financement de toutes ces mesures
00:22:07dépend quand même
00:22:08de l'adoption ou pas d'un budget ?
00:22:10Ah oui, absolument,
00:22:11ça je le confirme,
00:22:11mais comme beaucoup d'autres sujets,
00:22:14je veux dire,
00:22:14comme vous le savez,
00:22:15si la France n'a pas de budget,
00:22:16on va avoir quelques difficultés.
00:22:18Sauf que ce n'était pas
00:22:18dans le projet de loi initial
00:22:20du gouvernement,
00:22:20donc comment vous faites ?
00:22:21Par amendement,
00:22:22il y aura évidemment
00:22:22un amendement du gouvernement,
00:22:24soit à l'Assemblée,
00:22:25soit au Sénat,
00:22:26qui permettra de tenir compte
00:22:27des investissements
00:22:29qui sont nécessaires.
00:22:30Et est-ce que ce sera
00:22:30un milliard d'économies
00:22:31à trouver ailleurs ?
00:22:32Ah bien sûr,
00:22:33il y aura la contrainte budgétaire
00:22:35aujourd'hui.
00:22:36Ce n'est pas un milliard en plus,
00:22:37c'est un milliard en plus
00:22:38pour l'université,
00:22:38mais à trouver en économie ailleurs.
00:22:40Je pense que là-dessus,
00:22:41le Premier ministre a été très clair
00:22:43aussi sur le besoin
00:22:44de responsabilité aussi
00:22:45de la dépense publique
00:22:46avec, comme vous le savez,
00:22:48une tension budgétaire
00:22:49qui est considérable aujourd'hui.
00:22:50Donc il faudra trouver
00:22:51ce milliard ailleurs.
00:22:52Et des marchés qui sont,
00:22:53je vais dire,
00:22:53publiquement très attentifs
00:22:54à la situation budgétaire.
00:22:55Oui, il y a encore des questions
00:22:56sur Parcoursup,
00:22:57ça intéresse beaucoup le chat.
00:22:58Il y a Céreux qui vous demande
00:22:59comment savoir
00:23:00que la possible suppression
00:23:01de Parcoursup
00:23:02se fera vraiment
00:23:03et que ce n'est pas
00:23:04un effet d'annonce
00:23:05avant les présidentielles
00:23:06qui arrivent ?
00:23:07Non, alors d'abord,
00:23:08ce qui est complètement
00:23:10à notre main,
00:23:11c'est les modifications
00:23:12dont j'ai parlé,
00:23:13la première vague de réformes.
00:23:15Ça, c'est sûr à 100%.
00:23:19La deuxième vague
00:23:21nécessite un changement
00:23:22de la loi.
00:23:24Changer la loi
00:23:24dans le calendrier
00:23:25qu'on a aujourd'hui,
00:23:27on sait bien
00:23:27que ça va être un exercice
00:23:28qui va être un exercice
00:23:30complexe,
00:23:30pas impossible,
00:23:31complexe, complexe.
00:23:32Ça peut passer
00:23:33par abondement d'autres textes,
00:23:34il y a plusieurs possibilités.
00:23:36Il y a déjà, vous savez,
00:23:37il y a déjà des PPL
00:23:40qui ont été déposées
00:23:41par un certain nombre
00:23:42de groupes
00:23:43aujourd'hui
00:23:44pour justement
00:23:45faire ça.
00:23:46On n'est pas forcément
00:23:47d'accord, etc.
00:23:47Mais donc,
00:23:48ce n'est pas impossible.
00:23:49Par contre,
00:23:49effectivement,
00:23:51pour être tout à fait
00:23:52transparent,
00:23:52je n'ai pas le même
00:23:53degré de certitude
00:23:54que le reste.
00:23:55Mais on va faire
00:23:55nos meilleurs efforts
00:23:56et de toute façon,
00:23:58je termine,
00:23:59pardon,
00:23:59je vois que vous vous
00:24:00impatientez,
00:24:01mais...
00:24:01Je vois le chrono
00:24:02qui tourne.
00:24:04Je...
00:24:04Je...
00:24:04Je n'impatiente pas,
00:24:05c'est l'heure qui passe.
00:24:06Je termine simplement
00:24:07en disant
00:24:09que ça pose en tout cas
00:24:10le sujet
00:24:11au cœur du débat
00:24:12de la présidentielle.
00:24:13Et de ce point de vue-là,
00:24:14ces mobilisations
00:24:15des lycéens
00:24:16et des étudiants
00:24:16qu'on a vues
00:24:17ces derniers jours,
00:24:18elles ont,
00:24:18j'ai envie de dire,
00:24:19une vertu,
00:24:20c'est de parler
00:24:21de l'enseignement supérieur
00:24:21et de la recherche
00:24:22et de les mettre au cœur.
00:24:23Justement,
00:24:23sur ce point-là,
00:24:24vous avez été l'un des premiers
00:24:25à dire que vous craignez
00:24:26ou redoutiez
00:24:27un embrasement national
00:24:29du mouvement étudiant.
00:24:30Est-ce que là,
00:24:31avec les journées qui arrivent,
00:24:32celle de demain
00:24:32et particulièrement
00:24:33celle de jeudi,
00:24:34est-ce que vous craignez
00:24:35une crise sociale généralisée
00:24:37et la fameuse
00:24:37convergence des luttes ?
00:24:39Je ne sais pas
00:24:40faire de prédiction sociale
00:24:42et je pense que
00:24:43c'est un exercice
00:24:44qui me semble être
00:24:44assez difficile aujourd'hui.
00:24:46Moi,
00:24:47je suis plutôt serein
00:24:48parce que je crois
00:24:48qu'aujourd'hui,
00:24:49le gouvernement
00:24:49a quand même fait
00:24:50des propositions
00:24:51qui sont des propositions
00:24:52sérieuses.
00:24:54On est quand même
00:24:54en train de parler
00:24:55d'un plan
00:24:55de plusieurs milliards d'euros
00:24:57entre les étudiants
00:24:58et les lycéens,
00:24:59ne serait-ce que
00:24:59sur le bâti,
00:25:00on est à quand même
00:25:014 plus...
00:25:02Combien d'ailleurs
00:25:02au total ?
00:25:04Ne serait-ce que
00:25:04sur le bâti,
00:25:05on n'est pas loin
00:25:05de 5 milliards d'euros.
00:25:08On est quand même
00:25:08sur des sommes
00:25:09qui sont considérables.
00:25:11Si on prend par exemple
00:25:11la question des 4 milliards,
00:25:12ce sont des prêts aux régions,
00:25:13est-ce que vous avez eu
00:25:14l'assurance
00:25:14que chacune des régions
00:25:16prendra à due proportion
00:25:17ces prêts ?
00:25:18Parce que c'est
00:25:18elles qui sont en charge
00:25:20Évidemment,
00:25:21il faut discuter
00:25:21avec les régions
00:25:22de ce point-là
00:25:23et je pense que
00:25:23Édouard Jeffray le fait
00:25:24et je suis convaincu
00:25:25que les régions aussi
00:25:26sont pleinement mobilisées
00:25:27sur ces questions.
00:25:28Mais quand on regarde
00:25:28les lycéens
00:25:29ou les étudiants,
00:25:30il y a une véritable question
00:25:30qui se pose
00:25:31sur l'inquiétude
00:25:32de cette jeunesse
00:25:33pour l'avenir.
00:25:34Oui, je suis d'accord avec vous.
00:25:35Et vous serez notamment
00:25:35par tous les changements
00:25:36qu'on pourrait considérer
00:25:37comme liés à l'IA.
00:25:39Comment vous,
00:25:40ministre de l'enseignement supérieur,
00:25:41vous pouvez essayer
00:25:42de les rassurer
00:25:43en traçant une ligne
00:25:44vu que vous êtes mathématicien,
00:25:45on va faire un segment
00:25:47pour leur dire
00:25:47qu'ils vivront peut-être mieux
00:25:48que leurs parents demain ?
00:25:50C'est une question abyssale
00:25:51que vous posez.
00:25:52C'est-à-dire que...
00:25:53Et la vérité,
00:25:54c'est que je pense
00:25:54qu'il faut être très modeste
00:25:55et quand j'entends
00:25:56des propos péremptoires
00:25:57sur le sujet,
00:25:58ça m'inquiète toujours beaucoup.
00:26:02L'IA bouleverse nos métiers
00:26:03de manière extraordinairement rapide.
00:26:06Je vais vous...
00:26:07Pardon, moi je suis mathématicien.
00:26:08Mais si on parle de l'IA
00:26:08parce qu'on va y revenir
00:26:09très loin.
00:26:10Non mais c'est...
00:26:10Non mais c'est...
00:26:10Non mais j'entends,
00:26:11mais comment ?
00:26:11C'est ce que disait Emmanuel.
00:26:12C'était la question.
00:26:13J'entends, mais si je la ressens...
00:26:14Ça dépend de la question.
00:26:15Parce qu'il a remis l'IA dedans.
00:26:16Mais la question, c'est
00:26:18comment vous assurer aux jeunes
00:26:20qu'ils vivront mieux
00:26:20que leurs parents ?
00:26:25Il y a, je pense,
00:26:26un sentiment, effectivement,
00:26:27une peur de vivre moins bien.
00:26:29Tous les indicateurs économiques...
00:26:30C'est ce qu'on entend
00:26:30dans ce mouvement.
00:26:31Bien sûr.
00:26:31Mais vous savez aussi comme moi
00:26:32et qu'on l'entend depuis longtemps
00:26:33et vous savez comme moi
00:26:34que les indicateurs économiques
00:26:36montrent que c'est pas le cas.
00:26:38Montrent que c'est pas le cas.
00:26:39On vit mieux que nos parents.
00:26:41Et je pense qu'on vit...
00:26:41Et les jeunes d'aujourd'hui
00:26:42vivent mieux que leurs parents.
00:26:42Bien sûr.
00:26:43Mais je veux dire,
00:26:44après le ressenti n'est pas celui-là.
00:26:46Et le ressenti fait foi à la fin.
00:26:48Mais je pense que c'est aussi
00:26:50un mouvement de pessimisme profond
00:26:54qui traverse notre pays
00:26:55et moi qui me frappe
00:26:56depuis des années.
00:26:57Vous savez,
00:26:57j'ai beaucoup voyagé
00:26:58par le monde en Asie, etc.
00:27:00Et à chaque fois
00:27:01que je reviens en Europe
00:27:02après un voyage en Asie,
00:27:03j'ai cette espèce de choc
00:27:04de pessimiste
00:27:05ou de schaffanfreude,
00:27:06comme dirait nos amis allemands,
00:27:09sur l'état du pays.
00:27:11Je pense qu'on se rend pas compte
00:27:12qu'on vit dans un pays,
00:27:13dans un continent extraordinaire
00:27:15où on a à la fois
00:27:16un confort de vie,
00:27:17un confort social,
00:27:18une liberté,
00:27:19une liberté qu'on a nulle part au monde.
00:27:21– La liberté est assurée,
00:27:23mais aujourd'hui,
00:27:23même en matière d'éducation,
00:27:24sur ce qu'on parle,
00:27:25ne serait-ce que par rapport
00:27:25aujourd'hui aux Chinois,
00:27:26on perd certaines places.
00:27:28– Bien sûr, absolument.
00:27:28– Les universités chinoises
00:27:29sont celles qui progressent
00:27:30aujourd'hui le plus vite.
00:27:32Sur la question,
00:27:32si on revient à la question du tri
00:27:34ou à la question de la sélection,
00:27:35vous le disiez,
00:27:36on va pas reprendre
00:27:36votre exemple de Paris 1,
00:27:38mais il y a plein de formations
00:27:39qui sont complètement saturées
00:27:40et d'autres
00:27:41qui ont plein, plein de places.
00:27:42Mais forme-t-on suffisamment
00:27:43aujourd'hui
00:27:44au réel métier
00:27:45dont on aura besoin demain ?
00:27:47Il y a ce problème-là aussi
00:27:48du côté de l'université.
00:27:49– Alors, je pense
00:27:50qu'il faut regarder le problème
00:27:51de manière générale
00:27:52parce que l'offre de formation
00:27:53du supérieur,
00:27:54ce sont à la fois…
00:27:55Souvent, on confond,
00:27:56on se dit,
00:27:57l'université, c'est les licences.
00:27:58C'est vrai,
00:27:59l'université,
00:27:59elle fait les licences.
00:28:01Les licences,
00:28:01elles ont vocation
00:28:02à préparer des jeunes
00:28:03qui vont avoir
00:28:04un parcours académique,
00:28:06solide,
00:28:07très construit,
00:28:09avec possiblement derrière
00:28:10l'idée de faire un match.
00:28:11Mais les universités
00:28:12ne font pas que ça.
00:28:13Elles font aussi des IUT,
00:28:15des instituts universitaires
00:28:16de technologie.
00:28:17Elles font aussi
00:28:17des bachelors,
00:28:18depuis peu de temps,
00:28:19elles font plein de diplômes.
00:28:20Et à côté de ça,
00:28:21on a des BTS,
00:28:22on a des écoles, etc.
00:28:23Donc, on a une formation
00:28:24qui est aujourd'hui
00:28:24très diversifiée.
00:28:25Le nombre d'étudiants…
00:28:26Enfin, aujourd'hui,
00:28:27on a énormément d'étudiants
00:28:28et la demande principale
00:28:30des étudiants
00:28:31et des familles aujourd'hui,
00:28:32c'est des formations
00:28:33professionnalisantes.
00:28:33– Et les entreprises
00:28:34qui font…
00:28:35bien sûr,
00:28:36pour apprendre un métier.
00:28:36– Aujourd'hui,
00:28:37les entreprises,
00:28:38principalement là où il y a
00:28:39zéro taux de chômage,
00:28:40l'IA,
00:28:40la cybersécurité,
00:28:42le spatial,
00:28:42le New Space,
00:28:43ce sont vraiment des sujets
00:28:44que vous connaissez très bien.
00:28:45Est-ce que nos universités
00:28:46ont aujourd'hui
00:28:47les moyens
00:28:48d'être au niveau
00:28:49de ces formations,
00:28:50notamment en matière
00:28:51de calcul ?
00:28:52Vous citiez Paris Saclay,
00:28:53mais c'est un exemple
00:28:54un peu tout seul
00:28:55en France.
00:28:57Comment faire ?
00:28:57Est-ce qu'il faut faire appel
00:28:58aux privés
00:28:58pour venir aider
00:29:00parce que c'est eux
00:29:01qui ont aujourd'hui
00:29:02les data centers
00:29:02et les puissances
00:29:03de calcul notamment ?
00:29:05Est-ce qu'on a
00:29:07les capacités de formation
00:29:08en sciences
00:29:08aujourd'hui en France ?
00:29:10Oui, honnêtement,
00:29:11je pense qu'il n'y a aucun sujet…
00:29:13– On a eu pendant très longtemps
00:29:14les meilleurs mathématiciens au monde.
00:29:15– Mais toujours aujourd'hui,
00:29:16on est le numéro un mondial
00:29:20en mathématiques,
00:29:21c'est-à-dire en termes
00:29:21de médaille field,
00:29:22etc.,
00:29:22tous les indicateurs
00:29:23sont encore très bons.
00:29:25En termes de formation
00:29:26au niveau de la licence,
00:29:28du master
00:29:28et même après du doctorat,
00:29:30je pense qu'il n'y a pas
00:29:31de sujet.
00:29:32Mon sujet,
00:29:33moi,
00:29:33ce n'est pas tellement celui-là,
00:29:34c'est aujourd'hui
00:29:35le manque d'appétence
00:29:36des jeunes
00:29:38aux métiers scientifiques,
00:29:39techniques et industriels.
00:29:41Le nombre de formations
00:29:42dans ces domaines-là
00:29:44qui ne font pas le plein,
00:29:45qui ne font pas le plein,
00:29:47alors même
00:29:47qu'il y en a d'autres
00:29:49qui sont totalement saturés,
00:29:51alors qu'on peut…
00:29:52– Et tu viens à la raison ?
00:29:53C'est quoi l'échec ?
00:29:53C'est une partie…
00:29:54– Je pense qu'il y a une image…
00:29:55– Pour les filles
00:29:56qu'on a un peu sorties
00:29:56du coup de ces filières,
00:29:57c'est quoi la raison ?
00:29:58– Je pense que c'était
00:29:59déjà le cas avant,
00:30:00donc ça peut…
00:30:02Alors c'est un long débat
00:30:03parce qu'on peut en discuter,
00:30:05ça a un effet sur la première année
00:30:06mais qu'on ne retrouve pas
00:30:07sur la deuxième,
00:30:08enfin mais oui,
00:30:08en tout cas ça n'a pas
00:30:09amélioré les choses,
00:30:10ça c'est sûr,
00:30:11mais à côté de ça,
00:30:12je pense qu'il y a un truc
00:30:13qui est plus profond,
00:30:14c'est que nos sociétés occidentales,
00:30:17en Europe,
00:30:18en France,
00:30:18aux Etats-Unis,
00:30:20manquent,
00:30:20n'aiment pas la science,
00:30:22n'aiment pas l'ingénieur.
00:30:22– Une dernière question, Emmanuel.
00:30:23– Et c'est un vrai problème,
00:30:25c'est vraiment,
00:30:25mais c'est crucial.
00:30:26– Une dernière question, Emmanuel sur ce sujet.
00:30:27– Réindustrialiser le pays
00:30:28si on n'a pas des ingénieurs
00:30:29et des techniciens,
00:30:29moi je n'ai toujours pas compris
00:30:30comment on fait.
00:30:30– Ce sont aidés aussi les jeunes
00:30:31à choisir peut-être leur formation,
00:30:33est-ce qu'il faudrait faire
00:30:34comme la plupart des écoles
00:30:36de commerce,
00:30:37les facs d'ingénieurs,
00:30:39publier les taux d'emploi,
00:30:40les salaires à la sortie ?
00:30:41– C'est fait,
00:30:42alors vous n'avez pas les salaires
00:30:43mais vous avez aujourd'hui
00:30:45dans Parcoursup,
00:30:46dans la plateforme existante,
00:30:47pour toutes les formations,
00:30:48vous avez les débouchés,
00:30:50en noir,
00:30:50enfin vraiment de manière
00:30:51extrêmement claire,
00:30:52vous avez tout ça.
00:30:53– Et sur les salaires ?
00:30:55– Jusqu'au salaire ?
00:30:56– Non mais est-ce qu'il faudrait
00:30:57le faire, demandez Emmanuel ?
00:30:58– Moi je ne suis pas du tout hostile,
00:30:59je ne suis pas certain
00:31:00qu'ils aient les outils
00:31:01qui soient outillés pour le faire,
00:31:02mais sur le principe
00:31:03je n'ai aucun problème avec ça.
00:31:05Je n'ai aucun problème avec ça.
00:31:05– Philippe Baptiste,
00:31:06vous êtes ministre de la Recherche,
00:31:07ce qui se passe dans l'espace
00:31:08c'est votre domaine,
00:31:09après 8 mois de mission dans l'espace,
00:31:10Sophie Adnaud est rentrée en France.
00:31:12Elle a donné une conférence de presse
00:31:13aujourd'hui au siège
00:31:14de l'Agence Spatiale Européenne
00:31:16et elle se fixe,
00:31:17vous allez l'entendre,
00:31:18de nouveaux horizons.
00:31:20– Oui ça me fait rêver,
00:31:21oui ça me fait rêver
00:31:21d'aller marcher sur la Lune,
00:31:24mais non j'en ferai pas un objectif
00:31:26quitte à faire n'importe quoi,
00:31:28non, moi je vais rester droit
00:31:30dans mes bottes et authentique
00:31:32et si un jour ces missions
00:31:34doivent m'emmener
00:31:34à marcher sur la Lune,
00:31:35je serai ravie de le faire
00:31:36et très honorée
00:31:38que me soit confiée
00:31:39cette grande responsabilité.
00:31:41– Philippe Baptiste,
00:31:42sur la Lune bientôt ?
00:31:43– Je crois que c'est…
00:31:44alors moi non,
00:31:45mais Sophie…
00:31:46– C'est vrai que dit comme ça,
00:31:47on peut le voir.
00:31:48– Oui, je voulais lever tout fort
00:31:49dans mes unités,
00:31:50mais ce n'était pas la question,
00:31:50hélas.
00:31:52Sophie a été, je crois,
00:31:54une astronaute exceptionnelle,
00:31:55enfin tout s'est très très bien passé,
00:31:57elle a fait…
00:31:57– Mais les programmes sur la Lune
00:31:58ce n'est pas pour aujourd'hui quoi ?
00:32:00– Non, non, non, non,
00:32:01les programmes sur la Lune
00:32:02c'est pour aujourd'hui,
00:32:03c'est aujourd'hui qu'il faut y penser,
00:32:05donc Artemis,
00:32:06le grand programme
00:32:06qui est essentiellement piloté
00:32:08par nos amis américains,
00:32:09il est là,
00:32:09et puis d'autre part,
00:32:11à côté de ça,
00:32:11il y a l'Europe
00:32:12qui est en train de se réveiller
00:32:13sur le spatial,
00:32:14on renvoie au dernier sommet international
00:32:16organisé par le Président de la République
00:32:18il y a quelques semaines
00:32:19ou quelques mois maintenant
00:32:20sur le spatial
00:32:21avec des annonces
00:32:22et une ambition
00:32:22pour justement
00:32:24remettre l'Europe dans la course
00:32:25qui est extrêmement forte.
00:32:26– Vous êtes un peu dubitatif
00:32:27sur ce sujet Emmanuel, non ?
00:32:28– Alors dubitatif,
00:32:29on est effectivement dans la course
00:32:31mais le problème
00:32:31c'est qu'on est vraiment
00:32:33à l'arrière du peloton
00:32:34si tant est qu'on soit encore
00:32:35dans le peloton.
00:32:36Les américains sont très devant nous
00:32:37que ce soit SpaceX
00:32:38et tout cela,
00:32:39qu'est-ce qui vous fait croire
00:32:40qu'on peut encore rester
00:32:42dans cette course
00:32:43quand on voit la rapidité
00:32:45avec laquelle notamment
00:32:46les acteurs privés américains,
00:32:47Amazon
00:32:48ou l'entreprise d'Elon Musk
00:32:49SpaceX accélère ?
00:32:51– Où vous avez raison,
00:32:53c'est qu'on est en retard
00:32:55sur l'investissement public
00:32:58et aussi un peu privé
00:33:00et donc on a pris du retard
00:33:02sur un certain nombre de sujets.
00:33:03ça c'est très vrai.
00:33:06Maintenant, moi je me rappelle
00:33:07quand j'étais arrivé
00:33:08à la tête de l'agence spatiale européenne,
00:33:10française pardon,
00:33:11excusez-moi,
00:33:11le CNES,
00:33:13il y a quelques années,
00:33:15Ariane 6
00:33:16qui était le futur lanceur
00:33:18était en pièces détachées
00:33:20avec des pièces
00:33:21qui ne rentraient pas
00:33:22les unes dans les autres.
00:33:23Tout le monde m'expliquait
00:33:24que c'était la fin
00:33:25de l'Europe du spatial,
00:33:26qu'on était en retard sur tout,
00:33:27que tout allait s'effondrer,
00:33:28qu'on était vraiment
00:33:29les derniers des derniers,
00:33:30etc., etc., etc.
00:33:32Bon, ce que je constate
00:33:34c'est qu'aujourd'hui
00:33:34on a un lanceur européen
00:33:36qui fonctionne,
00:33:37qui fonctionne très bien.
00:33:38Oui, il faut qu'il soit apparent
00:33:38quand SpaceX...
00:33:40Qui a un ramp-up,
00:33:41c'est-à-dire une augmentation
00:33:42de la production
00:33:43que aucun autre acteur,
00:33:45SpaceX compris,
00:33:46n'a réussi à faire
00:33:47jusqu'à maintenant.
00:33:47C'est-à-dire les premiers mois
00:33:48sont absolument exceptionnels.
00:33:50Une fiabilité incroyable,
00:33:52un carnet de commandes
00:33:53qui est bourré à craquer,
00:33:55des questions qui se posent
00:33:56autour de l'augmentation
00:33:57de la production,
00:33:59des projets de lanceurs
00:34:00C'est-à-dire qu'on pourrait
00:34:01tirer plus que ce qu'on fait
00:34:02aujourd'hui, c'est ça que vous dites ?
00:34:03Oui, bien sûr.
00:34:04Donc vous annoncez qu'aujourd'hui
00:34:05Ariane va tirer plus que ce qu'il a fait.
00:34:05Non, je vous dis simplement
00:34:07que ça se discute aujourd'hui.
00:34:08C'est-à-dire qu'aujourd'hui
00:34:09on a des acteurs
00:34:09de par le monde entier
00:34:11qui sonnent en bas
00:34:13pour dire
00:34:13qu'on a besoin de lanceurs.
00:34:15Donc ce que je veux dire
00:34:16c'est qu'il ne faut pas
00:34:16céder au pessimisme.
00:34:18Oui, on a des difficultés.
00:34:19Oui, on a une difficulté
00:34:20à se mettre d'accord en européen
00:34:21et parfois c'est des batailles
00:34:22stériles, absurdes, etc.
00:34:24Bien sûr.
00:34:24Mais je crois qu'aujourd'hui
00:34:25il y a une volonté d'investir.
00:34:26Tout le monde l'a compris.
00:34:27Et c'est pareil pour Iris Square
00:34:28qui va être le grand programme
00:34:30de satellites européens
00:34:31de communication sécurisée.
00:34:33C'est crucial pour l'Europe de la défense
00:34:35si on veut être autonome.
00:34:36C'est un détail
00:34:37parce que nos téléspectateurs
00:34:38ne sont pas tous aussi spécialistes
00:34:40que vous.
00:34:40Iris Square, c'est la future constellation
00:34:42que l'Europe va lancer.
00:34:44Le problème c'est que même là
00:34:44on n'est pas capable
00:34:45de s'entendre entre nous
00:34:46parce qu'il va y avoir
00:34:47une constellation allemande
00:34:48qui risque d'être concurrente
00:34:49de la constellation européenne,
00:34:51ne va-t-on dire.
00:34:52Mais au-delà de ça,
00:34:53quand on voit que Starlink
00:34:54a la haute main aujourd'hui
00:34:55pour décider si oui ou non
00:34:56en fonction de l'humeur
00:34:57de Donald Trump,
00:34:58grosso modo les Ukrainiens
00:34:59pourront voir ce qui se passe
00:35:00autour d'eux.
00:35:01Est-ce que là aussi
00:35:01on n'a pas un tout petit peu
00:35:03perdu la guerre ?
00:35:03Parce que Iris Square
00:35:04c'est un projet
00:35:04à plusieurs dizaines d'années
00:35:06qui ont réussi.
00:35:07Aujourd'hui vous avez
00:35:08deux constellations
00:35:10qui fonctionnent.
00:35:11Effectivement.
00:35:11Starlink et E-Telsat.
00:35:13E-Telsat OneWeb.
00:35:14Bon.
00:35:15E-Telsat OneWeb,
00:35:16constellation européenne,
00:35:18d'accord,
00:35:18avec une forte empreinte française,
00:35:20enfin pas que,
00:35:21et puis aussi des acteurs internationaux
00:35:23qui sont dedans
00:35:23et qui sont,
00:35:25alors qui n'ont pas
00:35:25les mêmes capacités
00:35:26en termes de bandes,
00:35:27etc.,
00:35:28tout ça que bien sûr,
00:35:29mais qui fonctionnent
00:35:30et qui opérationnelles.
00:35:31Et qui opérationnelles
00:35:32y compris sur des endroits
00:35:33qui sont des endroits
00:35:34compliqués dans le monde.
00:35:35Le Charles de Gaulle
00:35:35à OneWeb.
00:35:36Donc voilà,
00:35:37je veux dire,
00:35:37là aussi,
00:35:38on a nos challenges,
00:35:39on a nos difficultés,
00:35:40mais ne cédons pas aux pessimistes,
00:35:42ne lâchons rien sur ces sujets
00:35:43parce que ces sujets,
00:35:44ils sont clés
00:35:45pour l'avenir de l'Europe
00:35:46et pour notre défense,
00:35:48pour notre sécurité.
00:35:49Et c'est la question
00:35:49de la recherche scientifique,
00:35:50Hervé.
00:35:51Depuis des années,
00:35:52la France affiche
00:35:52comme objectif
00:35:53de consacrer à la recherche
00:35:553% de son PIB.
00:35:57On l'affiche toujours,
00:35:58on n'y arrive jamais.
00:35:59Oui.
00:35:59Qu'est-ce qui explique
00:36:00cet échec persistant ?
00:36:02C'est,
00:36:03alors là,
00:36:03pour le coup,
00:36:03c'est une de mes grandes
00:36:04au risque d'être,
00:36:05c'est une de mes grandes tristesses.
00:36:06C'est-à-dire qu'effectivement,
00:36:07je pense que
00:36:08on n'arrive pas,
00:36:09et quand je dis on,
00:36:10je me mets 30 secondes
00:36:11dans ma peau de scientifique,
00:36:13mais à convaincre suffisamment
00:36:15l'Europe,
00:36:16parce que c'est un problème français,
00:36:17mais c'est aussi
00:36:17un problème européen,
00:36:19d'investir suffisamment
00:36:20dans la recherche,
00:36:21dans la science
00:36:22et dans les technologies.
00:36:23Oui, mais là,
00:36:23vous êtes un scientifique,
00:36:24vous êtes ministre.
00:36:25Non, mais bien sûr.
00:36:27Qui mieux qu'un scientifique
00:36:28de devenir ministre
00:36:29peut convaincre ?
00:36:30Donc, on a fait des choses.
00:36:31On a fait des choses.
00:36:32On a fait une loi de programmation
00:36:33pour la recherche
00:36:34qui est un peu en stand-by
00:36:36maintenant depuis 2 ans
00:36:38compte tenu des difficultés budgétaires.
00:36:40Donc, depuis 2 ans,
00:36:40on a moins suivi
00:36:41la trajectoire que prévu.
00:36:43On a revalorisé
00:36:44assez massivement
00:36:44des salaires.
00:36:45On a aussi réinvesti
00:36:47dans l'Agence nationale
00:36:48de la recherche.
00:36:49On a fait des choses,
00:36:50mais ça ne suffit pas.
00:36:51Il faut aller plus loin.
00:36:52Et je pense que c'est indispensable
00:36:54de discuter de ces sujets
00:36:55pour la prochaine présidentielle,
00:36:56pour les prochains budgets.
00:36:58C'est très compliqué
00:36:59dans la contrainte budgétaire
00:37:00qu'on connaît aujourd'hui.
00:37:01Mais cet investissement
00:37:02dans l'avenir,
00:37:03c'est la seule solution.
00:37:04C'est la seule solution
00:37:05que nous avons
00:37:06si on veut des entreprises
00:37:08qui soient des entreprises
00:37:08compétitives demain.
00:37:10Alors, c'est peut-être
00:37:10un autre aspect du problème,
00:37:12mais vous le disiez
00:37:12tout à l'heure
00:37:13à propos des mathématiciens.
00:37:14En France,
00:37:15il y a des chercheurs
00:37:16formidables,
00:37:17il y a des domaines
00:37:18d'expertise
00:37:18dans lesquels la France
00:37:19est très en pointe.
00:37:20Mais finalement,
00:37:21au moment d'arriver
00:37:22à la production industrielle,
00:37:24on le voit
00:37:24dans l'intelligence artificielle,
00:37:26tous nos meilleurs experts
00:37:27partent travailler
00:37:28principalement aux États-Unis.
00:37:29Comment est-ce qu'on fait
00:37:30pour enrayer
00:37:31cette fuite des cerveaux ?
00:37:32Est-ce que c'est
00:37:33une question de salaire,
00:37:34de fiscalité,
00:37:35de compétitivité ?
00:37:37Quelle est votre solution ?
00:37:39Alors, si vous me permettez,
00:37:40je mets 10 secondes de côté
00:37:41le sujet de l'IA
00:37:42parce que c'est très atypique
00:37:44dans la recherche aujourd'hui.
00:37:45D'accord,
00:37:46mais il y a beaucoup
00:37:46d'autres domaines
00:37:47dans lesquels c'est le cas.
00:37:48Eh bien, dans d'autres domaines,
00:37:50je conteste l'idée
00:37:51de la fuite des cerveaux.
00:37:52On a, oui,
00:37:53on a des gens
00:37:54qui partent travailler
00:37:55aux États-Unis.
00:37:56Mais oui,
00:37:57on a aussi énormément de gens,
00:37:59y compris qui viennent
00:38:00des États-Unis
00:38:01et qui viennent travailler
00:38:02en France.
00:38:02On n'a pas autant.
00:38:02On en a énormément.
00:38:04Il n'y a jamais autant
00:38:04d'étudiants étrangers
00:38:05qui repartent plus vite
00:38:06de la France.
00:38:07Et il y a des pays,
00:38:07là je ne parle pas vraiment
00:38:08des chercheurs
00:38:09et des enseignants-chercheurs.
00:38:10Quand vous allez
00:38:11dans les laboratoires
00:38:13en France,
00:38:14mais c'est la tour de Babel,
00:38:15c'est-à-dire que vous avez
00:38:17toutes les nationalités...
00:38:18Donc il n'y a rien
00:38:19à changer alors ?
00:38:19Non, je ne dis pas ça.
00:38:20Mais je dis, là aussi,
00:38:22je ne dis pas que...
00:38:23Enfin, je pense qu'il y a
00:38:24des pays sur lesquels
00:38:24on est moins attractif.
00:38:26On paye beaucoup moins
00:38:28nos chercheurs
00:38:28que d'autres pays européens
00:38:29ou d'autres pays internationaux.
00:38:30Pour autant,
00:38:31on reste attractif
00:38:32parce qu'on a des infrastructures
00:38:33de recherche
00:38:34qui sont exceptionnelles,
00:38:35qui sont parmi les meilleures
00:38:36au monde,
00:38:36les meilleures au monde,
00:38:37les grandes infrastructures
00:38:38de physique.
00:38:39On a des écoles de pensée,
00:38:41les mathématiques aujourd'hui
00:38:42qui sont exceptionnelles.
00:38:43Donc on a des atouts
00:38:44pour la recherche,
00:38:45qu'il faut les faire valoir.
00:38:46On a un problème
00:38:47de rémunération,
00:38:48il faut rémunérer mieux
00:38:49nos chercheurs.
00:38:50J'en suis profondément
00:38:51comment le plus,
00:38:51il faut aller plus loin.
00:38:52Mais on a des atouts.
00:38:53Là aussi,
00:38:54je pense qu'on a
00:38:55nos difficultés,
00:38:57mais pas de tristesse
00:38:59exagérée, quoi.
00:39:00On a nos atouts.
00:39:00On va parler maintenant...
00:39:01Regardons le verre
00:39:02à moitié plein
00:39:02où on a des atouts.
00:39:03On a de l'énergie nucléaire.
00:39:04Absolument.
00:39:05Donc on peut avoir
00:39:07potentiellement plus
00:39:07de data center
00:39:08que nos concurrents.
00:39:09Ça crée souvent la polémique
00:39:10malgré tout
00:39:11quand ça s'installe
00:39:12sur un territoire
00:39:12puisque c'est un peu
00:39:13comme les éoliennes.
00:39:14On veut du renouvelable.
00:39:14Ça crée des emplois aussi.
00:39:15Ça crée quelques emplois.
00:39:17Est-ce que la France
00:39:17justement doit accueillir
00:39:19tous les projets
00:39:20qui se présentent ?
00:39:21Est-ce qu'on doit
00:39:21gagner cette bataille
00:39:22en Europe ?
00:39:23Moi, j'en suis
00:39:24mais profondément...
00:39:25Est-ce qu'il faut accueillir
00:39:25tous les projets
00:39:26qui se présentent ?
00:39:26Tous les projets
00:39:27qui se présentent,
00:39:28j'en sais rien.
00:39:28Surtout, je pense
00:39:29qu'on n'a pas les...
00:39:30Malheureusement,
00:39:30on a des capacités résiduelles
00:39:32qui sont extrêmement élevées
00:39:33parce qu'à cause
00:39:34du fait du nucléaire
00:39:35et du programme
00:39:35qui a été lancé
00:39:36Il y a de la contestation
00:39:38donc est-ce qu'il faut
00:39:38faire un tri ?
00:39:39Bien sûr,
00:39:40de toute façon,
00:39:40il faut faire un tri.
00:39:41On ne travaille pas
00:39:41avec n'importe qui,
00:39:42n'importe comment
00:39:43et puis on regarde,
00:39:44on demande aussi
00:39:44des conditions
00:39:45pour travailler
00:39:46en particulier par exemple
00:39:47de l'accès
00:39:48pour nos chercheurs
00:39:49aux data centers
00:39:50qui sont alimentés
00:39:51et produits en France.
00:39:53Mais vous savez,
00:39:54il y a la question
00:39:54des data centers,
00:39:55il y a la question
00:39:56des entreprises
00:39:56qui pensent
00:39:57les modèles d'IA
00:39:58qui vont utiliser
00:39:58les data centers
00:39:59après toutes celles
00:40:01qui font des agents
00:40:02donc c'est un petit peu...
00:40:04Il y a une espèce
00:40:05de socle algorithmique
00:40:06et puis derrière
00:40:07des agents
00:40:07qui sont des verticaux
00:40:08et là-dessus,
00:40:09il faut qu'on ait
00:40:10des entreprises
00:40:10qui soient plus agressives,
00:40:12plus capitalisées
00:40:13que celles qu'on a aujourd'hui.
00:40:15Aujourd'hui,
00:40:15on a évidemment Mistral
00:40:17et c'est très bien
00:40:18que Mistral soit
00:40:18seulement dans la course
00:40:19mais il faut continuer
00:40:21quoi.
00:40:22Il faut faire de Mistral
00:40:22un grand champ.
00:40:23Il y en a un,
00:40:24il y en a un.
00:40:25Franchement,
00:40:26si à la fin,
00:40:26on en a un
00:40:27et qu'il y a un
00:40:27de la mondiale,
00:40:28on sera content.
00:40:29Alors si on en a deux,
00:40:30c'est encore mieux
00:40:30mais pour l'instant,
00:40:31on en a un
00:40:32et donc moi,
00:40:33j'y crois,
00:40:33on y va
00:40:34et il faut une bonne recherche
00:40:35et donc il faut faire des mal.
00:40:36On va parler tout à l'heure
00:40:37des débats
00:40:38autour de la science
00:40:39mais un petit détour
00:40:40par la lune.
00:40:41Oui,
00:40:41il y avait une question
00:40:42pour vous dans le chat
00:40:43encore une fois.
00:40:44Est-ce que vous craignez
00:40:46une,
00:40:46je reprends le terme en pleine,
00:40:47une guéguerre
00:40:48entre Thomas Pasquet
00:40:49et Sophie Audeau
00:40:50pour être désigné
00:40:51pour aller sur la ligne
00:40:52parce que beaucoup d'appelés
00:40:52mais peu d'élus.
00:40:54Non, non,
00:40:54beaucoup d'appelés,
00:40:55peu d'élus,
00:40:55c'est vrai
00:40:56mais non,
00:40:56je les connais suffisamment
00:40:59l'un comme l'autre
00:41:00pour,
00:41:01je serais vraiment,
00:41:02je serais sidé,
00:41:03non,
00:41:03je ne crois vraiment pas,
00:41:04je ne crois pas,
00:41:04je crois qu'ils ont tous les deux
00:41:06le sens de l'intérêt
00:41:07de l'Europe
00:41:08avant tout
00:41:09et puis ils sont
00:41:10très complémentaires aussi,
00:41:12ils sont sur des générations
00:41:14qui sont un tout petit peu décalées
00:41:15donc franchement,
00:41:16je ne suis pas du tout inquiet
00:41:17par ça
00:41:18et moi,
00:41:19je suis tellement fier des deux,
00:41:20tellement fier des deux.
00:41:21Alors,
00:41:22pas de choix ?
00:41:23Ah mais je serais,
00:41:24non mais je serais,
00:41:25en plus ça dépend vraiment
00:41:26des compétences techniques,
00:41:27de toute façon,
00:41:28ce n'est pas moi qui choisis
00:41:29donc ce n'est pas comme ça
00:41:30que ça se passe.
00:41:30Alors,
00:41:30on va parler maintenant
00:41:31des problèmes,
00:41:32des questions autour de la science.
00:41:34Solaire,
00:41:34solaire,
00:41:35autour de la science
00:41:37et de la désinformation,
00:41:38des risques de désinformation.
00:41:40Stéphanie ?
00:41:40Le député Yannick Noder
00:41:41de droite républicaine
00:41:42qui est aussi ancien ministre
00:41:43de la Santé
00:41:44vient de déposer
00:41:44une proposition de loi
00:41:45pour lutter contre la désinformation
00:41:47dans le domaine de la santé justement
00:41:48et mieux protéger les scientifiques
00:41:50contre la remise en cause
00:41:52de leurs travaux.
00:41:52Est-ce que vous soutenez
00:41:53sa proposition ?
00:41:54En tout cas,
00:41:55je crois que ce sujet-là
00:41:56est un sujet
00:41:57qui est un sujet crucial.
00:41:59on n'a jamais connu
00:42:01de telles contestations
00:42:02du fait scientifique
00:42:04et de la parole scientifique
00:42:06et de la méthode scientifique.
00:42:08Qui est autre chose
00:42:09que de la controverse scientifique.
00:42:10Eh bien,
00:42:11la controverse scientifique,
00:42:12ça c'est très sain,
00:42:14c'est quelque part de...
00:42:15C'est un échange
00:42:17basé sur des faits
00:42:19et sur des théories
00:42:20qui peuvent s'opposer
00:42:21et au bout d'un moment,
00:42:22on arrive à un consensus
00:42:24qui permet de passer
00:42:25de la recherche
00:42:26à des faits
00:42:27qui sont de la science.
00:42:28C'est comme ça
00:42:29que la science,
00:42:30la recherche
00:42:30et la science
00:42:31se sont construites.
00:42:32Donc, est-ce qu'il faut
00:42:33une loi pour ça ?
00:42:34Alors, peut-être
00:42:35qu'il faut une loi
00:42:36pour aider,
00:42:36mais il faut surtout éduquer.
00:42:38Il faut éduquer.
00:42:39Et cette éducation,
00:42:41elle passe...
00:42:42Pardon,
00:42:43je me permets de mettre
00:42:44une pierre
00:42:45dans le jardin des médias.
00:42:48Elle passe par les médias,
00:42:50par l'appétence des médias
00:42:52à ces sujets
00:42:53qui peuvent paraître
00:42:54des fois austères
00:42:55et donc,
00:42:56on n'en entend jamais parler
00:42:57alors que la dernière controverse
00:42:59sur je ne sais quel sujet,
00:43:01ça pour le coup,
00:43:02on en entend parler
00:43:03tous les jours.
00:43:04C'est aussi la question
00:43:05de la place de la science,
00:43:06de la démarche scientifique
00:43:08à l'école qui est clé
00:43:09et ça, c'est les sujets-là
00:43:10mais ils sont structurants
00:43:12pour notre société.
00:43:13Il faut qu'on arrive
00:43:13à changer de vision
00:43:15de ce qu'est la science.
00:43:16C'est tout sauf
00:43:17un truc réverbatoire
00:43:18et pénible.
00:43:18C'est drôle,
00:43:19c'est intéressant.
00:43:20Le texte, il propose
00:43:20des choses précises.
00:43:21Et le texte propose notamment
00:43:22d'élargir la protection
00:43:23des chercheurs
00:43:24contre les procédures
00:43:26judiciaires abusives,
00:43:27les procédures baillons.
00:43:28Est-ce que c'est au juge,
00:43:29in fine,
00:43:30d'être arbitre
00:43:31en matière scientifique ?
00:43:32Le problème,
00:43:33c'est qu'en fait,
00:43:33les procédures baillons,
00:43:34pour expliquer peut-être
00:43:36aux auditeurs
00:43:36ce que ça...
00:43:37Qui empêche de parler ?
00:43:38Oui, ça veut dire
00:43:38qu'en gros,
00:43:39vous multipliez des procédures
00:43:40qui sont des procédures
00:43:41contre une même personne.
00:43:42Vous avez une surface
00:43:43financière telle
00:43:44que vous pouvez multiplier
00:43:45effectivement les procédures
00:43:47plus ou moins fallacieuses
00:43:48et à la fin,
00:43:49forcément, vous gagnez
00:43:50parce que seul
00:43:51contre une organisation
00:43:52qui peut vous faire taire,
00:43:55vous êtes en difficulté.
00:43:56Donc typiquement,
00:43:57ce genre de choses,
00:43:58moi, je crois effectivement
00:43:59que oui,
00:43:59il faut essayer d'aider
00:44:02les chercheurs
00:44:03qui sont dans telle situation.
00:44:04Mais est-ce que c'est un juge
00:44:05après tranché ?
00:44:06Vous savez,
00:44:07le juge tranche
00:44:08dans plein de cas.
00:44:09Il tranche aussi
00:44:10quand on parle de diffamation.
00:44:11Parfois,
00:44:11il y a des polémiques scientifiques
00:44:13qui se retrouvent
00:44:15à être jugés
00:44:17sur des motifs
00:44:17qui sont des motifs diffamatoires.
00:44:19Donc ça existe déjà.
00:44:20Moi, je pense
00:44:21qu'il faut être prudent aussi
00:44:22parce que, évidemment,
00:44:23ça peut rapidement déraper.
00:44:25Donc il faut protéger,
00:44:26mais il faut aussi laisser
00:44:27une grande liberté
00:44:28à la controverse scientifique.
00:44:29C'est quand même comme ça
00:44:30qu'on construit le débat.
00:44:31Oui, Baptiste,
00:44:31vous êtes membre du gouvernement.
00:44:32On est à six mois
00:44:32de la présidentielle.
00:44:33Le paysage reste flou
00:44:34dans le bloc central.
00:44:35Édouard Philippe a indiqué hier soir,
00:44:36Édouard Philippe,
00:44:37que vous soutenez,
00:44:37qu'il était hors de question
00:44:39pour lui de participer
00:44:39à une primaire.
00:44:40Il donne rendez-vous
00:44:41pour plus tard.
00:44:43Et au mois de février,
00:44:44chacun prendra ses responsabilités.
00:44:46J'ai l'habitude
00:44:47de prendre les miennes.
00:44:48Au mois de février,
00:44:49on verra si les Français
00:44:50ont décidément envie
00:44:51de passer à autre chose.
00:44:52Eh bien, écoutez,
00:44:52j'en tirerai les conséquences.
00:44:55Stéphanie.
00:44:55Vous soutenez Édouard Philippe.
00:44:56Est-ce que vous êtes d'accord
00:44:58avec son refus absolu
00:44:59de faire une primaire ?
00:45:01Moi, je soutiens Édouard Philippe,
00:45:03évidemment,
00:45:03parce que je vois en lui
00:45:04un homme d'État,
00:45:05un homme de responsabilité,
00:45:07un homme de parole,
00:45:09et puis un homme
00:45:09qui est engagé
00:45:10au service de l'intérêt général.
00:45:12Je l'ai pratiqué,
00:45:12je l'ai vu faire.
00:45:13Et donc,
00:45:14le sens de mon engagement
00:45:15pour Édouard Philippe,
00:45:16c'est ça.
00:45:17Et derrière,
00:45:18à côté,
00:45:19je ne suis pas un homme de parti,
00:45:21je ne suis pas un homme de...
00:45:22Mais vous voyez bien
00:45:23qu'il y a plusieurs candidats
00:45:25et que les sondages
00:45:25ne sont pas favorables
00:45:27à ce bloc social.
00:45:27Et le risque de la multiplication,
00:45:29il faut qu'à un moment donné,
00:45:30effectivement,
00:45:31je pense que tout le monde
00:45:32se regroupe
00:45:33et il faut qu'on ait,
00:45:34à un moment donné,
00:45:34une candidature
00:45:35qui soit la plus commune possible.
00:45:38Après,
00:45:38primaire ou pas primaire,
00:45:39honnêtement,
00:45:40mon opinion,
00:45:41je pense,
00:45:41n'est pas très intéressante
00:45:42sur le sujet.
00:45:44Mais moi,
00:45:45ce que je crois,
00:45:45c'est que je crois en un homme,
00:45:47parce que j'ai à la fois
00:45:48beaucoup d'admiration
00:45:49et beaucoup de respect.
00:45:50Alors,
00:45:50on saura si votre opinion
00:45:51est intéressante
00:45:52quand vous nous l'aurez donnée.
00:45:54Édouard Philippe dit
00:45:55en février,
00:45:56on verra en février.
00:45:57Alors,
00:45:58qu'est-ce qu'on verra en février ?
00:45:59On verra en fonction des sondages
00:46:01qui sera le mieux placé ?
00:46:02Pour le scientifique que vous êtes,
00:46:03ça doit faire un peu bizarre
00:46:04de choisir un candidat
00:46:06à l'élection présidentielle
00:46:08pour des fonctions aussi importantes
00:46:09sur la base de quelques sondages.
00:46:11Ça vous satisfait ?
00:46:12Comme vous le savez,
00:46:13les élections présidentielles
00:46:14se sont rarement jouées
00:46:15sur les sondages.
00:46:16Il y a un certain nombre d'exemples
00:46:17Mais donc en février,
00:46:18on va voir quoi ?
00:46:19Et ce sont beaucoup jouées
00:46:20autour à un moment donné
00:46:21de l'adhésion
00:46:22de l'opinion.
00:46:23Mais comment on mesure l'adhésion ?
00:46:25Un outil scientifique ?
00:46:26Je vous renvoie
00:46:28aux précédentes élections présidentielles
00:46:30où cette adhésion
00:46:30elle s'est construite.
00:46:31À un moment donné,
00:46:32il y a des choses
00:46:33qui se cristallisent
00:46:34autour de projets.
00:46:36Et donc je pense
00:46:37qu'il faut laisser le temps au temps
00:46:38et les choses vont se faire.
00:46:39Mais c'est les sondages
00:46:40qui montrent cette...
00:46:42Si ça ne se cristallise pas
00:46:43pour Édouard Philippe,
00:46:44il n'aura aucun problème
00:46:45à dire que constatant
00:46:47que ça n'est pas cristallisé,
00:46:48il se retire.
00:46:48Je pense que vous lui poserez
00:46:49la question
00:46:50et il saura vous répondre.
00:46:51Emmanuel ?
00:46:51Vous êtes un homme de chiffres
00:46:52malgré tout.
00:46:53Comment vous expliquez
00:46:54la forte baisse
00:46:55qu'il connaît aujourd'hui
00:46:56dans les sondages ?
00:46:58Moi je suis...
00:46:59Honnêtement,
00:47:00je pense qu'on est encore
00:47:00très très loin
00:47:01d'élections présidentielles.
00:47:02Je ne suis pas absolument...
00:47:04Enfin, je ne fais pas
00:47:04de confiance aveugle
00:47:06aux sondages.
00:47:06Je pense qu'on a aujourd'hui
00:47:08un paysage du centre
00:47:09de la droite
00:47:10et même sur la gauche
00:47:11qui est quand même
00:47:12assez fractionné aujourd'hui
00:47:13et je pense que je plaide
00:47:15et moi je crois vraiment
00:47:16au fait qu'il faut qu'on ait
00:47:17à un moment ou à un autre
00:47:19effectivement peut-être
00:47:20un peu moins d'ambition personnelle,
00:47:22un peu plus de personnes
00:47:23qui se regroupent
00:47:24autour de grands projets politiques
00:47:26qui sont porteurs
00:47:27d'une vision
00:47:28et qui ne sont ni la vision
00:47:29du Rassemblement national
00:47:30ni la vision
00:47:31de la France insoumise.
00:47:32Qui sont dans les deux cas
00:47:34mais des visions
00:47:35qui sont...
00:47:37délétères
00:47:37pour la ligne de la France.
00:47:38Emmanuel Macron a dit
00:47:39que le pays était
00:47:40dans un état d'ébullition
00:47:41anormal avant une présidentielle.
00:47:43Est-ce que vous partagez
00:47:44son étonnement ?
00:47:46Je constate effectivement
00:47:47et je suis bien placé
00:47:48pour vous le dire
00:47:51qu'effectivement
00:47:51il y a une forme
00:47:52d'ébullition sociale.
00:47:53Il y a de la contestation
00:47:55et c'est vrai qu'on demande...
00:47:56Il y a des dimensions
00:47:57un peu paradoxales.
00:47:58C'est-à-dire qu'on demande
00:47:59de temps en temps
00:47:59des réponses de fond
00:48:00au gouvernement
00:48:02à six mois
00:48:03de la présidentielle
00:48:04dans un temps politique
00:48:06où tout le monde le sait
00:48:07ça peut être difficile
00:48:08d'apporter des réponses
00:48:09de fond et de long terme.
00:48:10Et comment vous l'expliquez ?
00:48:12Moi je pense
00:48:13en tout cas
00:48:13s'agissant de la jeunesse
00:48:15qui est probablement
00:48:16un des sujets
00:48:16que je connais mieux aujourd'hui
00:48:17je pense qu'il y a
00:48:18une immense inquiétude
00:48:19autour de l'élection présidentielle.
00:48:21Il y a beaucoup d'angoisse
00:48:23autour de ça.
00:48:24Je crois qu'aujourd'hui
00:48:25simplement
00:48:26les sondages
00:48:27qui placent aujourd'hui
00:48:29en position
00:48:29de favorite
00:48:31Marine Le Pen
00:48:32et le Rassemblement National
00:48:33je pense qu'ils inquiètent
00:48:34énormément les jeunes
00:48:35aujourd'hui.
00:48:37Et je pense que c'est
00:48:37probablement
00:48:38une des causes
00:48:39sous-jacentes
00:48:40de l'agitation
00:48:40qu'on a aujourd'hui.
00:48:42Évidemment il y a aussi
00:48:42des choses qui sont plus objectives.
00:48:43Ça préfigure
00:48:44une éventuelle élection
00:48:45de Marine Le Pen.
00:48:45Moi j'ai le sentiment
00:48:47de beaucoup d'inquiétude.
00:48:48J'entends souvent
00:48:49des gens que je reçois
00:48:49dans mon bureau
00:48:50des lycéens
00:48:50des étudiants
00:48:51qui disent
00:48:51mais comment est-ce que
00:48:52vous pouvez nous protéger
00:48:53aujourd'hui
00:48:54de ce qui pourrait arriver demain ?
00:48:56Ça dit des choses quand même
00:48:57tout en sachant bien
00:49:00que ces gens
00:49:00que je reçois dans mon bureau
00:49:03ne votent pas
00:49:04comme moi.
00:49:06Hervé ?
00:49:07Une petite musique
00:49:07est en train de s'installer
00:49:08dans le monde politique
00:49:10selon laquelle
00:49:11finalement
00:49:11cette élection présidentielle
00:49:13pourrait ne pas résoudre
00:49:14les principaux problèmes
00:49:15du pays
00:49:16parce que quel que soit l'élu
00:49:17il ne disposerait pas
00:49:19ensuite d'une majorité absolue
00:49:20à l'Assemblée nationale.
00:49:22Est-ce que vous partagez
00:49:23vous nous avez dit tout à l'heure
00:49:23que vous étiez contre le pessimisme
00:49:25mais est-ce que vous partagez
00:49:26ce sombre pronostic
00:49:28ou est-ce que vous avez
00:49:29bon espoir
00:49:29que votre candidat
00:49:30ou un autre
00:49:31puisse avoir une majorité
00:49:32et gouverner vraiment le pays ?
00:49:34Où je suis d'accord
00:49:35c'est qu'il y a double challenge
00:49:36c'est-à-dire qu'il faut
00:49:37un, gagner l'élection présidentielle
00:49:38et deux, construire une majorité
00:49:40qui va permettre
00:49:41de gouverner le pays.
00:49:42Ça, ça me semble être indispensable.
00:49:44Dans l'état d'ébullition
00:49:45dont on parle, c'est possible.
00:49:46On a quand même
00:49:47dans l'histoire
00:49:47de la Ve République
00:49:48en général
00:49:49les Français
00:49:50qui donnent une forte légitimité
00:49:52au Président de la République.
00:49:53Mais pas toujours.
00:49:54Souvent quand même.
00:49:55Très, très, très, très souvent.
00:49:57Donc je pense qu'il faut...
00:49:58Voilà.
00:49:58Et après les pronostics
00:49:59aujourd'hui
00:50:00sur des législatives
00:50:01qui suivront la présidentielle
00:50:02qui auraient lieu dans six mois
00:50:04je me permets un petit peu
00:50:05de...
00:50:05Je ne doute pas
00:50:06de la qualité
00:50:06des commentateurs
00:50:08qui ont la capacité
00:50:10de se projeter.
00:50:10mais ça me semble quand même
00:50:12des paris risqués.
00:50:12J'espère que...
00:50:13Voilà.
00:50:14Parlons de se projeter justement.
00:50:15Vous êtes chercheur,
00:50:16vous avez dirigé le CNES.
00:50:17Est-ce que vous allez continuer
00:50:18en politique ?
00:50:20Probablement pas.
00:50:22Pas.
00:50:23Probablement pas.
00:50:24Probablement pas.
00:50:24On n'a pas entendu pas.
00:50:25Oui, probablement pas.
00:50:26Pourquoi ?
00:50:27Parce que je pense que moi
00:50:29je me suis beaucoup engagé
00:50:30en particulier pour...
00:50:32en compagnon du Président
00:50:34de la République
00:50:35sur...
00:50:36compagnon politique
00:50:36du Président de la République
00:50:37et je pense que c'est
00:50:39l'essentiel aujourd'hui
00:50:40de ma vocation
00:50:41et de mon...
00:50:41Et ça s'arrêtera là.
00:50:42Et de mon accompagnement politique.
00:50:43Oui, très court.
00:50:44Il y a une pétition déposée
00:50:45sur le site de l'Assemblée nationale
00:50:47qui a recueilli 628 000 signatures
00:50:49demandant la suppression
00:50:50de CNES de l'audiovisuel public.
00:50:52Non, de l'audiovisuel.
00:50:53De l'audiovisuel, oui, pardon.
00:50:54De l'audiovisuel français.
00:50:55Est-ce que vous soutenez cette pétition ?
00:50:56Je ne peux pas vous répondre.
00:50:57Je n'écoute pas CNES.
00:50:59Et vous n'y êtes jamais allé ?
00:51:00Jamais.
00:51:01Vous n'êtes jamais invité
00:51:02ou vous refusez d'y aller ?
00:51:03Ça, ce n'est pas fait.
00:51:04Et si on vous invite ?
00:51:05Et ce n'est pas plus mal,
00:51:06je vous ai entendu.
00:51:09Je ne sais pas,
00:51:09je vous pose la question.
00:51:10Non, non, je...
00:51:12C'est comme ça.
00:51:12Vous n'êtes jamais allé sur CNES.
00:51:13C'est un fait.
00:51:14Et si on vous invite,
00:51:15vous y allez ?
00:51:16Je ne sais pas.
00:51:16Il faudra réfléchir.
00:51:17Il faudra voir si on...
00:51:18On va accueillir dans un instant
00:51:19l'invité du Face à vous,
00:51:20Antoine Bueno,
00:51:21auteur du livre
00:51:22« Guidance.
00:51:23Comment la technologie
00:51:24promet le meilleur des mondes ? »
00:51:26Son portrait signé,
00:51:27Katia Gilder.
00:51:28Face à vous,
00:51:29Philippe Baptiste,
00:51:30un libre penseur
00:51:31qui imagine un avenir
00:51:33aussi fascinant qu'effrayant.
00:51:35Conférencier
00:51:35et conseiller au Sénat,
00:51:37mais aussi essayiste.
00:51:39Son dernier livre
00:51:40nous parle du NIA
00:51:41qui n'existe pas encore.
00:51:43Sous un titre énigmatique,
00:51:45notre invité explore
00:51:46cette intelligence future
00:51:47qui ferait tout à notre place.
00:51:49La moindre tâche
00:51:50du réveil au coucher,
00:51:52déplaçant nos rendez-vous,
00:51:53filtrant nos messages,
00:51:55allant même jusqu'à nous
00:51:56conseiller dans notre vie amoureuse.
00:51:57L'agent,
00:51:59pour la première fois
00:52:00dans l'histoire de l'humanité,
00:52:01va constituer une bulle
00:52:03autour de chacun,
00:52:05un filtre universel
00:52:07qui va tout savoir de nous.
00:52:09Pas une simple IA générative
00:52:11comme Chad, GPT ou Claude,
00:52:13mais un agent pleinement développé,
00:52:15capable de manipuler des fichiers
00:52:17et de prendre des initiatives.
00:52:19C'est ce qu'il appelle
00:52:20la guidance,
00:52:21un pouvoir qui s'imposerait
00:52:23sans contrainte,
00:52:24avec notre consentement,
00:52:25comme un conseiller particulier,
00:52:27nous accompagnant en permanence
00:52:29jusqu'à influencer nos choix
00:52:31et nos opinions.
00:52:32Un véritable directeur de conscience.
00:52:34L'agent,
00:52:35de manière tout à fait insidieuse
00:52:37et agréable,
00:52:39il peut orienter
00:52:41tous nos comportements
00:52:42et toutes nos pensées
00:52:43dans un sens
00:52:44qui va être prédéterminé
00:52:45par les maîtres de l'agent.
00:52:46Pour notre invité,
00:52:48cette super machine
00:52:49qui promet le meilleur des mondes
00:52:50comme dans le roman
00:52:51d'Aldous Huxley
00:52:52pourrait un jour
00:52:53prendre le contrôle total
00:52:54de notre vie
00:52:55et mettre en péril
00:52:56un bien précieux,
00:52:57notre liberté.
00:52:59Avons-nous des raisons
00:52:59d'avoir peur,
00:53:00Philippe Baptiste ?
00:53:01Et si demain,
00:53:02la machine décide à notre place,
00:53:04alors qui contrôlera
00:53:05l'agent IA
00:53:06en dernier ressort ?
00:53:08Face à vous ce soir,
00:53:09Antoine Bueno.
00:53:11Antoine Bueno
00:53:12que nous accueillons
00:53:13sur ce plateau.
00:53:13Bonsoir,
00:53:14ravi de vous accueillir.
00:53:15Bonsoir,
00:53:15Monsieur le ministre.
00:53:16Bonsoir.
00:53:17Merci d'être...
00:53:18Absolument.
00:53:18Asseyez-vous,
00:53:19je vous en prie.
00:53:19Donc c'est un peu
00:53:21la face cachée
00:53:21d'intelligence artificielle
00:53:22qui vous intéresse.
00:53:24La menace,
00:53:24ça paraît sympathique,
00:53:26ça n'est peut-être pas tant que ça.
00:53:28Alors, moi,
00:53:29je crois qu'on est en train
00:53:30de vivre une révolution
00:53:31dans la révolution.
00:53:33La révolution
00:53:34que tout le monde voit,
00:53:35c'est celle de l'IA
00:53:37et la révolution
00:53:38dans la révolution,
00:53:39c'est le changement,
00:53:41le passage
00:53:42d'une génération d'IA
00:53:44à une autre.
00:53:45Et je pense que la plupart
00:53:47des gens
00:53:47ne savent pas
00:53:48que nous sommes en train
00:53:50d'assister
00:53:50à ce changement.
00:53:52Alors,
00:53:53ces générations,
00:53:54c'est quoi ?
00:53:54C'est l'IA générative
00:53:56que beaucoup de gens
00:53:58utilisent aujourd'hui
00:53:59du type
00:53:59Claude
00:54:00ou Tchad GPT
00:54:02qui est en train
00:54:03de devenir,
00:54:03c'est-à-dire que
00:54:03l'industrie de l'IA
00:54:05est en train
00:54:05de transformer ça
00:54:06en IA
00:54:07dite
00:54:08agentique.
00:54:09Absolument.
00:54:09Voilà,
00:54:10l'agent IA.
00:54:11Qui organise votre vie.
00:54:13Justement,
00:54:14c'est une révolution
00:54:14à bas bruit
00:54:15parce que cette nouvelle génération
00:54:16ressemble à la précédente
00:54:18alors qu'elle sera
00:54:19fondamentalement différente
00:54:20parce qu'elle pourra
00:54:22organiser toute notre vie
00:54:23avec le risque
00:54:25que chacun d'entre nous
00:54:26constitue un huis clos
00:54:28avec son agent
00:54:29et que l'IA
00:54:30devienne une bulle,
00:54:32un filtre universel
00:54:33autour de chacun d'entre nous
00:54:35qui saura tout de nous
00:54:37qui sera tout de nous
00:54:37et qui nous donnera accès
00:54:38au monde entier.
00:54:40Et ça,
00:54:40donc,
00:54:41c'est l'émergence
00:54:42d'un potentiel
00:54:44de pouvoir politique
00:54:45tel qu'il n'y en a jamais eu
00:54:46parce que cette IA,
00:54:47elle n'est pas complètement autonome.
00:54:48Elle est toujours paramétrée,
00:54:50programmée et pilotée
00:54:51par des humains.
00:54:53Elle n'est pas neutre.
00:54:54Elle n'est forcément pas neutre
00:54:55et donc,
00:54:56vous savez,
00:54:56pour préparer cette émission,
00:54:57on m'a demandé
00:54:57si j'avais des questions
00:54:58à vous poser.
00:54:59Justement.
00:54:59Est-ce que vous sentez,
00:55:01c'est ça ma question,
00:55:03qu'on est dans un moment
00:55:05très particulier
00:55:06et que peut-être
00:55:08qu'on est à la fin,
00:55:10à la toute fin
00:55:11de notre monde ?
00:55:13Alors,
00:55:15je ne conscrirais peut-être pas
00:55:16à la toute fin
00:55:18de votre question
00:55:19en disant
00:55:19qu'on est à la toute fin
00:55:20d'un monde
00:55:20qui donne une dimension
00:55:22un peu dramatique
00:55:23au sujet.
00:55:24Ce qui est sûr,
00:55:25c'est qu'on vit
00:55:26un moment
00:55:27de bascule
00:55:29incroyable.
00:55:32Je ne vais pas
00:55:33mettre ça en avant,
00:55:34mais moi,
00:55:35j'ai été mathématicien
00:55:37pendant longtemps,
00:55:37informaticien
00:55:38et les résultats
00:55:41théoriques
00:55:41qui sont en train
00:55:42de tomber
00:55:43depuis un mois,
00:55:47je n'aurais jamais imaginé,
00:55:49mais il y a encore,
00:55:50et je ne suis pas le seul,
00:55:51personne dans la communauté,
00:55:52n'aurait encore imaginé
00:55:53il y a six mois
00:55:54que c'était possible.
00:55:55C'est un bouleversement,
00:55:59mais complet,
00:56:01total,
00:56:01de toutes les certitudes
00:56:03qu'on pouvait avoir
00:56:04il y a six mois.
00:56:06Et donc,
00:56:07je ne suis pas pessimiste
00:56:08par nature,
00:56:09donc je ne crois pas du tout
00:56:10au fait qu'il faut interdire
00:56:11d'utiliser l'IA.
00:56:12J'ai plein de collègues
00:56:12mathématiciens bien plus connus
00:56:14et bien plus brillants que moi
00:56:15qui disent,
00:56:16je jure que jamais
00:56:17j'utiliserai l'IA,
00:56:17etc.
00:56:18Je pense que tout ça,
00:56:19ça me semble absurde.
00:56:22Il faut réinventer
00:56:23les mathématiques
00:56:24en se disant,
00:56:25je vais les refaire
00:56:26différemment
00:56:26en utilisant l'IA.
00:56:28Ce bouleversement,
00:56:29il est complet,
00:56:30ça s'est fait,
00:56:30mais en quelques mois,
00:56:31quoi,
00:56:32en quelques mois.
00:56:33Donc,
00:56:34la première difficulté
00:56:35face à la révolution
00:56:36qu'on vit,
00:56:36c'est la vitesse
00:56:37des bouleversements.
00:56:38Et ça veut dire
00:56:39que les concepts
00:56:39qu'on manie là,
00:56:41aujourd'hui,
00:56:42on n'est pas
00:56:42complètement sûr
00:56:43que dans un an
00:56:45ou deux,
00:56:45ils auront encore
00:56:46du sens.
00:56:46Donc,
00:56:47c'est vraiment effrayant
00:56:48et je risque
00:56:49de faire une digression
00:56:49sur ce dont on parlait
00:56:50précédemment.
00:56:51ou qu'ils seront utiles
00:56:52ou pas.
00:56:53Exactement.
00:56:54Et donc,
00:56:55par exemple,
00:56:55on parlait tout à l'heure
00:56:55d'enseignement supérieur,
00:56:56etc.
00:56:57Les formations qu'on organise,
00:56:58c'est abyssal comme question.
00:57:00Je suis en train
00:57:00de former M. X
00:57:01à tel métier,
00:57:03est-ce que ce métier
00:57:04va exister
00:57:05dans six mois ?
00:57:06Je ne sais pas.
00:57:07Et pourtant,
00:57:07vous ne départissez pas
00:57:09de votre prudence
00:57:10puisque vous ne
00:57:11voulez pas franchir
00:57:12ce pas
00:57:15consistant à dire
00:57:16que peut-être
00:57:17que dans un laps
00:57:19de temps très court,
00:57:20dans les années
00:57:20qui viennent,
00:57:22tout ce qu'on a connu,
00:57:23je ne le dis pas
00:57:24de manière dramatique,
00:57:25je le dis de manière
00:57:25presque analytique,
00:57:27descriptive,
00:57:28tout pourrait changer.
00:57:30Tout,
00:57:30c'est-à-dire
00:57:31toute la vie politique
00:57:32et toute la vie sociale
00:57:33et économique.
00:57:33Et la vie quotidienne.
00:57:35Je suis assez d'accord
00:57:37avec cette formule-là.
00:57:38Je pense qu'on est
00:57:39encore devant
00:57:40des bouleversements
00:57:41gigantesques
00:57:42à la fois
00:57:43de notre façon
00:57:44d'interagir
00:57:44avec le monde,
00:57:46d'appréhender
00:57:47l'information,
00:57:48de la comprendre,
00:57:49de la filtrer,
00:57:49de la travailler,
00:57:51de mobiliser
00:57:52nos connaissances
00:57:53ou les connaissances
00:57:54sur les sujets
00:57:54qui nous intéressent,
00:57:56dans nos relations
00:57:56sociales,
00:57:57professionnelles.
00:57:57Je pense que tout ça
00:57:58va profondément
00:57:59changer encore.
00:58:01Je rajouterai aussi
00:58:02quelque chose
00:58:02dont on parle peu
00:58:03aujourd'hui,
00:58:03c'est la révolution
00:58:04de la robotique
00:58:05qui arrive.
00:58:07et en particulier
00:58:08de la robotique
00:58:09humanoïde.
00:58:10Pourquoi la robotique
00:58:10humanoïde ?
00:58:11Parce qu'en fait,
00:58:11quand vous avez
00:58:12un robot humanoïde,
00:58:12il vous ressemble.
00:58:14Ça veut dire
00:58:14qu'il peut interagir
00:58:15facilement dans le monde
00:58:16que vous connaissez.
00:58:16Il apparaît sympathique
00:58:17comme un compagnon.
00:58:18Plus ou moins,
00:58:19mais il peut s'asseoir
00:58:21dans...
00:58:21J'ajoute que le robot
00:58:22humanoïde
00:58:23deviendrait le corps
00:58:24de cette IA agent.
00:58:25Mais bien sûr.
00:58:26Et ça veut dire
00:58:26que demain,
00:58:27sans du tout
00:58:28faire de science-fiction
00:58:29et sans se projeter,
00:58:30ça veut dire
00:58:30que vous aurez
00:58:31votre robot humanoïde
00:58:33qui sera à la fois
00:58:34votre meilleur énarque,
00:58:36votre normalien philosophe
00:58:38et votre plombier
00:58:38parce que...
00:58:40vous êtes bien conscient,
00:58:41Philippe Baptiste,
00:58:41que tout ça,
00:58:42ça peut faire peur.
00:58:42Mais vous dites,
00:58:43vous,
00:58:43Antoine Bueno,
00:58:44que malgré cela,
00:58:46les gens ne se révoltent
00:58:48pas forcément contre ça.
00:58:49Ils pourraient se révolter
00:58:49contre ça.
00:58:50Non,
00:58:50je pense que
00:58:51nous allons signer
00:58:53un contrat faustien,
00:58:55mais...
00:58:56un pacte faustien,
00:58:57mais sans le voir
00:58:58et sans le savoir,
00:58:58tout simplement
00:58:59par la puissance
00:59:00de la facilité
00:59:02et du confort
00:59:02parce que cette IA agentique,
00:59:04elle va nous offrir
00:59:05quelque chose
00:59:06de merveilleux.
00:59:07Elle va nous...
00:59:07Simplifier la vie.
00:59:08Elle va nous simplifier la vie,
00:59:09c'est-à-dire nous offrir
00:59:10ce que jusqu'ici,
00:59:11seuls les milliardaires,
00:59:12les rois et les empereurs
00:59:13pouvaient avoir,
00:59:15c'est-à-dire des gens...
00:59:17Pardon,
00:59:18l'absus extraordinaire.
00:59:20On va faire quelque chose
00:59:20à notre service
00:59:22en permanence.
00:59:23Allez-y.
00:59:24Je pense que c'est un bouleversement
00:59:26qui est effectivement profond,
00:59:27qui va changer aussi
00:59:28notre nature,
00:59:29notre rapport au travail.
00:59:31Ça, c'est vrai.
00:59:32Je voudrais quand même
00:59:33un tout petit peu tempérer
00:59:34toutes ces choses-là
00:59:35parce qu'il y a quand même
00:59:36un oui,
00:59:37mais oui, si.
00:59:38Il y a quand même un si.
00:59:40C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:59:42quand vous utilisez
00:59:44les outils d'IA,
00:59:45que ce soit les outils avancés,
00:59:46agentiques,
00:59:47un peu sophistiqués,
00:59:48ou même quand vous faites
00:59:49des requêtes
00:59:49sur Tchad GPT
00:59:51ou autre chose,
00:59:53vous savez qu'en fait,
00:59:54le coût qu'on paye aujourd'hui
00:59:55en utilisant ces services
00:59:58est déraisonnablement bas,
01:00:00très, très, très bas
01:00:01par rapport au coût réel.
01:00:02Parce qu'il faut lancer.
01:00:03Il faut lancer la marchandise.
01:00:04Alors oui,
01:00:05mais enfin,
01:00:05il y a quand même un problème
01:00:06derrière qui est
01:00:07un vrai problème technique
01:00:08et pardon,
01:00:09je vais juste l'énoncer,
01:00:11essayer de l'énoncer,
01:00:11c'est qu'en fait,
01:00:12faire tourner ces algorithmes,
01:00:14enfin d'IA,
01:00:15on a besoin de deux choses.
01:00:17On a besoin de silicium,
01:00:18c'est-à-dire des puces massivement
01:00:20et on a besoin d'énergie.
01:00:22Et dans les deux cas,
01:00:24en fait,
01:00:25dans les modèles actuels,
01:00:27ça ne...
01:00:27Pardon,
01:00:28il n'y a que l'anglicité,
01:00:29qui me vient à la bouche,
01:00:30ça ne scale pas,
01:00:31ça ne...
01:00:31Ça ne suit pas le rythme.
01:00:33Ça ne suit pas du tout,
01:00:35du tout le rythme.
01:00:36Et donc,
01:00:37c'est pour ça qu'on est aussi
01:00:38en train de parler
01:00:38d'une crise de l'IA en ce moment
01:00:40et d'un possible effondrement
01:00:41autour de l'IA.
01:00:42Une question.
01:00:43Parce qu'en fait,
01:00:44pour arriver à ce modèle
01:00:45où quelque part,
01:00:46on a tous nos petits robots
01:00:47à côté qui sont...
01:00:48Oui, mais est-ce que ça améliorera
01:00:49vraiment notre vie ?
01:00:50Est-ce que ça amène du bien-être ?
01:00:52Alors,
01:00:52ça,
01:00:54je préfère vous répondre
01:00:55à vos questions techniques
01:00:57et vous parler d'énergie
01:00:57parce que je ne sais pas.
01:00:59Je ne sais pas.
01:00:59je ne sais pas.
01:01:00Je ne sais pas.
01:01:01Eh bien, ça,
01:01:01ça va complètement dépendre
01:01:03de la manière
01:01:03dont on les apprivoise
01:01:05et surtout de la prise
01:01:06de conscience actuelle.
01:01:08Et je n'ai pas l'impression,
01:01:09vous pourrez nous répondre là-dessus,
01:01:10que le monde politique
01:01:12est véritablement conscient
01:01:13de cet éventuel
01:01:15énorme basculement.
01:01:16Je remets,
01:01:17si vous me passez l'expression,
01:01:18100 balles dans la machine,
01:01:19en disant qu'il y a la question
01:01:21de l'emploi qui se pose,
01:01:22dont vous avez déjà débattu.
01:01:24Mais personnellement,
01:01:25jusqu'à il y a peu,
01:01:26je pensais qu'il y aurait
01:01:27encore du travail humain.
01:01:28Maintenant,
01:01:29très sincèrement,
01:01:30je déchante
01:01:31et je le pense
01:01:32de moins en moins.
01:01:33Donc,
01:01:33si vous avez
01:01:34des assistants personnels
01:01:35qui deviennent
01:01:37une sorte de pouvoir politique,
01:01:38de super pouvoir politique,
01:01:40et que les gens,
01:01:41de plus en plus,
01:01:42deviennent inutiles
01:01:43dans la société
01:01:43parce qu'il n'y a plus
01:01:44d'emploi,
01:01:45à quoi ça ressemble ?
01:01:47C'est ce que je disais
01:01:48peut-être avec plus de pudeur
01:01:49en disant que ça a changé
01:01:50le rapport au travail.
01:01:52Je pense que ces questions,
01:01:54effectivement,
01:01:54ce sont des questions
01:01:55structurantes.
01:01:56C'est-à-dire qu'on voit bien
01:01:57que sur un certain nombre
01:01:58de sujets,
01:01:59on aura moins besoin
01:02:02de compétences
01:02:02et de bras
01:02:03ou de cerveau
01:02:04qu'aujourd'hui.
01:02:06Ça, c'est sûr.
01:02:07Modulo, quand même,
01:02:08je reviens encore
01:02:09sur le fait
01:02:09qu'aujourd'hui,
01:02:10on ne sait pas
01:02:11faire la croissance
01:02:12des modèles.
01:02:13C'est-à-dire qu'on ne sait pas
01:02:15aujourd'hui avoir
01:02:17suffisamment de data centers,
01:02:18suffisamment de machines,
01:02:19suffisamment d'énergie
01:02:20pour répondre
01:02:21à toutes ces questions.
01:02:21Et tant mieux, peut-être.
01:02:23Et donc, c'est une vraie limite
01:02:24aujourd'hui.
01:02:24Peut-être refroidir la machine aussi,
01:02:25non ?
01:02:26Peut-être qu'il faut
01:02:26refroidir la machine.
01:02:27Vous savez,
01:02:28dans l'histoire des techniques,
01:02:29c'est très intéressant
01:02:30de se replonger
01:02:31dans l'histoire des techniques,
01:02:32le refroidissement de la machine
01:02:33n'a jamais bien marché.
01:02:35C'est-à-dire que
01:02:36ça n'a jamais, jamais marché.
01:02:38C'est-à-dire qu'il y avait
01:02:38bien des moines
01:02:39qui pensaient que quelque part,
01:02:40il fallait interdire
01:02:41les presses de Gutenberg,
01:02:43ils ont eu un succès
01:02:44assez limité.
01:02:45Merci Antoine Buenaud
01:02:46d'être venu sur le plateau
01:02:47pour débattre
01:02:47pendant quelques minutes
01:02:48avec Philippe Baptiste,
01:02:49ministre de la Recherche
01:02:49et de l'Enseignement Supérieur.
01:02:50Merci Philippe Baptiste
01:02:51d'être venu ce soir
01:02:52en direct dans LCP,
01:02:54l'Indice et Politique.
01:02:55Demain, vous retrouverez
01:02:56à cette heure-là
01:02:56chaque voix compte
01:02:57d'Adeline François.
01:02:58Bonne semaine, merci
01:02:58et à lundi prochain.
01:03:00Merci.
01:03:03Sous-titrage Société Radio-Canada