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00:00Ici Pays de Savoie, il est 7h43 alors que de nouveaux blocages de lycées sont annoncés ce matin.
00:05Notre invitée Anne est le recteur de l'Académie de Grenoble.
00:07Bonjour Philippe Dulbéco.
00:09Bonjour Madame.
00:10Alors qu'est-ce que vous dites ce matin là aux lycéens qui s'apprêtent à manifester ou à mener
00:14de nouvelles actions de blocage devant leur lycée ?
00:18Je leur dis qu'on les a beaucoup écoutés, on les a beaucoup entendus, que le dialogue est ouvert depuis
00:25maintenant 5 semaines, que le dialogue se poursuit.
00:30Que leur revendication, leur mouvement a déjà produit beaucoup de choses positives.
00:35Vous savez c'est un vieux monsieur qui vous parle.
00:37Mais regardez l'ensemble des chapitres et des mesures qui ont été annoncées depuis une semaine.
00:43On crée 1700 emplois, dont 500 de psy-EN, psychologue de l'éducation nationale, infirmière, assistante de services sociaux.
00:51On crée 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, dont 10 000 places embêtées à ce qui nous concerne
00:57directement.
00:57Ici, au sein de l'Académie de Grenoble.
01:01On revoit Parcoursup, tout de suite.
01:04Des choses un peu évidentes, plus de transparence.
01:07Et puis surtout on dit aux élèves les raisons pour lesquelles ils n'ont pas obtenu les études qu'ils
01:12souhaitaient réaliser.
01:14On revoit l'équilibre entre le contrôle continu et le contrôle final du baccalauréat, qui était source d'inquiétude pour
01:21les élèves.
01:22Donc vous leur dites quoi ? Il faut savoir s'arrêter parce que vous avez obtenu déjà pas mal de
01:26choses ?
01:27Je pense que les modalités de la poursuite du dialogue leur appartient aussi.
01:33La seule chose pour laquelle on est vraiment en désaccord, c'est qu'un droit ne peut pas se substituer
01:39à notre droit.
01:40Vous savez, la liberté des uns commence là où s'arrête celle des autres.
01:42Et aujourd'hui, le droit à l'éducation, c'est un droit qui est absolument intangible.
01:47Et que les lycéens insatisfaits poursuivent le mouvement sous les formes qu'ils souhaitent donner à ce mouvement, cela relève
01:55de leurs responsabilités.
01:56En revanche, bloquer les établissements et empêcher les lycéens, d'autres lycéens, d'aller à l'école, ça c'est
02:01plus possible.
02:02Justement, quelles sont les consignes de sécurité, les consignes qui sont données sur des journées de mobilisation comme ça aux
02:07chefs d'établissement ?
02:08Les consignes, c'est toujours le dialogue, le dialogue, le dialogue.
02:12Après, lorsqu'il y a blocage, et parce qu'encore une fois, beaucoup d'élèves souhaitent retourner à l'école,
02:18eh bien il faut, avec toutes les modalités les plus souples qu'il soit, que ces blocages soient levés.
02:25Il y a les vacances de la Toussaint qui sont passées par là, il y a les annonces qui ont
02:28été faites par le gouvernement.
02:30Est-ce que vous vous attendez à un mouvement quand même moins suivi aujourd'hui ou pas forcément ? Est
02:33-ce que vous avez déjà des retours, vous ?
02:35Écoutez, moi je suis sur le terrain tout le temps. J'étais avant le mouvement et j'y suis encore
02:39plus depuis le mouvement.
02:40Donc je suis à l'écoute des lycéens tous les jours, tous les jours, tous les jours, hier encore.
02:44Et puis là, en vous quittant, je vais dans deux lycées de Chambéry.
02:49J'ai le sentiment, vous voyez, hier je demandais aux lycéens, mais si le ministre me demande,
02:53si le ministre me demande ce qu'on doit faire de plus, qu'est-ce que je lui dis ?
02:57Silence. Silence.
03:00J'ai l'impression que ce mouvement prend une dimension qui n'est plus seulement la dimension de l'école.
03:05Les lycéens le reconnaissent eux-mêmes.
03:06Le malaise qu'ils peuvent ressentir dans cette société.
03:10Toute une série de questions légitimes, mais qui n'ont plus directement à voir avec l'école.
03:15Alors évidemment, ils sont lycéens.
03:16Il faut continuer à les écouter attentivement.
03:20Mais j'ai envie vraiment de leur dire qu'on doit passer à une autre phase.
03:23On doit poursuivre la discussion, évidemment.
03:25On doit poursuivre le dialogue, mais il faut aussi retourner à l'école.
03:28L'école, c'est important, vous savez.
03:30Ici Pays de Savoie, il est 7h46.
03:32Philippe Dulbéco, le recteur de l'Académie de Grenoble, est notre invité.
03:35Alors parmi les revendications, il y a notamment le manque de professeurs.
03:39Vous le disiez, il y a des annonces qui ont été faites là-dessus, avec des postes.
03:43Est-ce que la Savoie et la Haute-Savoie sont concernés ?
03:45Est-ce qu'on va avoir des postes supplémentaires ?
03:47Est-ce que là, ils font leur rentrée en même temps que les élèves ?
03:50Vous voyez, les lycéens sont très soucieux d'avoir des mesures qui soient concrètes dans leur vie de tous les
03:55jours.
03:55Cette mesure a été annoncée il y a 15 jours.
03:58Il y a 15 jours dans l'Académie de Grenoble, et en particulier en Savoie.
04:01Il y a Haute-Savoie, et vous le savez pourquoi.
04:03Plus on se rapproche de la Suisse, plus c'est compliqué pour toutes les enseignants.
04:06Vous savez, je vais être un petit peu techno.
04:08Il y avait 6 établissements dans l'Académie,
04:11dans lesquels le taux de vacances d'enseignants était compris entre 3 et 5%.
04:17C'est beaucoup, entre 3 et 5%.
04:18En dessous de 3, c'est le frictionnel, c'est la vie normale d'une académie.
04:21Il y en avait 6.
04:22Au moment où je vous parle, il y en a 0.
04:24C'est-à-dire que les mesures que nous avons reçues,
04:27les dotations complémentaires que nous avons reçues,
04:29nous permettent d'être beaucoup plus efficaces sur le remplacement.
04:32Au moment où je vous parle,
04:35dans l'Académie de Grenoble,
04:36il y a 0,77% des emplois d'enseignants qui ne sont pas remplacés.
04:40C'est la vie normale d'une académie.
04:42Je veux dire par là que, vous voyez,
04:44si on veut des mesures concrètes,
04:46les lycéens ont obtenu des moyens pour le remplacement inédit.
04:50Et aujourd'hui, on n'a jamais été aussi efficace
04:52dans le remplacement dans ces deux départements,
04:54la Savoie et la Haute-Savoie,
04:56que depuis que nous avons reçu ces mesures nouvelles.
04:58Alors justement, on parlait des enseignants,
05:00si on se met un peu du côté de ces enseignants,
05:02j'imagine que ce n'est pas forcément évident pour eux,
05:05là en ce moment, depuis le début du mouvement.
05:06D'un côté, il y a quand même les programmes à tenir,
05:09les cours à suivre,
05:11dialoguer quand même avec les élèves,
05:13tout en gardant un devoir de neutralité.
05:15Il faut jongler avec tout ça.
05:17Oui, oui, c'est compliqué pour tout le monde.
05:19Vous savez, il y a un certain nombre de personnels.
05:21Quand on rentre dans l'éducation nationale,
05:23dans sa fiche de poste,
05:23il n'y a pas écrit recevoir des cocktails Molotov,
05:26il n'y a pas écrit recevoir des boulons,
05:28il n'y a pas écrit recevoir des morsiers d'artifices.
05:30Donc, il y a eu quand même beaucoup de violence
05:32dans les établissements.
05:33Et puis, il y a effectivement cette situation
05:36un peu particulière
05:37pour les personnels de l'éducation nationale.
05:40On est les personnels de l'éducation nationale.
05:42Pour autant, on a un droit, comme vous l'avez dit,
05:44un devoir, pardon, de neutralité.
05:47Et il faut à la fois poursuivre l'éducation
05:49de nos élèves qui nous sollicitent
05:51sur des phénomènes sociaux.
05:53Hier, moi, j'ai entendu parler de capitalisme,
05:56de contrat social,
05:57donc des choses qui sont aussi
05:59le contrat social dans le cœur de l'école.
06:01Et puis, pour autant,
06:02il faut avoir cette distance suffisante
06:05pour continuer à faire l'école.
06:07Parce que notre mission essentielle,
06:09c'est conduire les politiques éducatives.
06:10Et on peut se dire, madame,
06:12que si on réussit
06:13dans la conduite de nos politiques éducatives,
06:15peut-être on arrivera à atténuer le malaise
06:17d'une partie de nos jeunes.
06:19Juste une dernière question.
06:20Je ne sais pas si vous avez la réponse.
06:21Est-ce qu'il y a des élèves, là,
06:22qui ont été expulsés de leur lycée
06:25en Savoie et en Haute-Savoie
06:26parce qu'ils ont participé
06:27à des manifestations violentes
06:29devant leur établissement, par exemple ?
06:30On n'est pas dans la logique de la sanction.
06:32Pour autant,
06:33tous les comportements répréhensibles
06:35pendant cette crise,
06:36comme avant cette crise
06:37et comme après cette crise,
06:38sont toujours sanctionnés
06:39par l'éducation nationale.
06:40C'est aussi ça,
06:41les politiques éducatives.
06:43Merci, Philippe Dubeco,
06:44recteur de l'Académie de Grenoble,
06:46d'avoir été notre invité.
06:47Merci à vous.
06:47Aujourd'hui, bonne journée.
06:48Merci.
06:48Merci.

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