00:00Déjà trois fois, Christine. Trois fois le Congrès s'est dressé contre Trump avant cela.
00:05La première fois, c'était sur l'Iran. Le 23 juin, les représentants et les sénateurs ont adopté un texte
00:11qui demandait au président de retirer ses troupes de la guerre contre l'Iran.
00:14Sa valeur juridique se discutait, je vous l'accorde, mais il est passé grâce à deux absences républicaines
00:22et Trump avait déclaré aucune portée. Il avait donc balayé ce vote.
00:27Et la nuit dernière, il y a eu une nouvelle frappe américaine limitée sur l'île iranienne de Keshem,
00:33dans le détroit d'Hormuz, là où passait 20% du pétrole mondial.
00:38La deuxième fois, c'est donc la Russie. Le 7 août, le Sénat a voté de lourdes sanctions contre Moscou,
00:44à 86 voix contre 11. Républicains et démocrates étaient donc main dans la main.
00:49Et Trump a signé cette décision, cette loi.
00:53Mais 28 jours plus tard, Trump a suspendu la plupart des nouvelles sanctions qui avaient été votées,
00:59ce qui est légal. Le Congrès lui avait laissé la clé sous le paillasson, comme on dit.
01:04Motif officiel, l'intérêt national. Le motif, en réalité, c'était le prix à la pompe,
01:10le diesel qui était en hausse de 70% depuis février.
01:14Trump est allé jusqu'à autoriser l'achat de diesel russe.
01:18À Moscou, le patron du fonds souverain avait même salué un moment véritablement historique, on peut le croire.
01:26La troisième fois, ça a été l'Ukraine. Le Pentagone a retiré Kiev de son budget.
01:30Le Congrès a rétabli 400 millions de dollars.
01:33Cet argent, dit le républicain Mitch McConnell, prend la poussière.
01:37Il n'est engagé qu'à la dernière minute.
01:40Et la dernière livraison en 2029 n'est pas un missile anti-aérien patriote du tout.
01:46Pour passer outre à un veto, il faut les deux tiers des représentants et des sénateurs.
01:52Pour destituer Trump, il faudrait donc les deux tiers du Sénat, 67 voix.
01:56Les prévisions les plus généreuses pour les démocrates en donnent environ 55.
02:01Est-ce qu'il y aura un Sénat pour rien ?
02:03En tout cas, il y a six grandes banques américaines qui ne diraient pas cela depuis la lettre qu'elles
02:07ont reçue.
02:08Une lettre à des banques, quel rapport avec la guerre et la paix ?
02:11Tout le rapport.
02:12JP Morgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citi, Bank of America, Wells Fargo.
02:18Des sénateurs leur ont écrit.
02:19Gardez tout ce qui touche à ce diesel russe.
02:23Factures, messages, jusque sur les téléphones personnels utilisés au travail.
02:27Pour eux, l'autorisation de Donald Trump est illégale et des enquêtes pourraient suivre.
02:31Qui signe ? Elizabeth Warren, qui devrait présider la commission des banques si les démocrates gagnent.
02:38Chris Coons, celle des affaires étrangères.
02:40Et même un républicain, Tom Tillis.
02:42Le banquier qui reçoit ça ne cherche pas où se cache l'intérêt national.
02:46Il appelle son avocat.
02:48Ce diesel peine à trouver preneur.
02:50Le Sénat ne peut pas, à lui seul, arrêter un décret.
02:53Il peut faire peur à un banquier.
02:55Même mécanisme pour l'argent.
02:57Le Pentagone réclame 67 milliards pour une guerre contre l'Iran qui a déjà coûté au moins 47 milliards.
03:04Les démocrates font barrage.
03:06Même mécanique pour les juges que le Sénat confirme.
03:10Schumer, leur chef, laisse entendre qu'il gardera vide tout siège de la Cour suprême jusqu'à la prochaine présidentielle.
03:16Ce qu'il reprochait aux républicains en 2016.
03:19Donc la vertu, vous voyez, à ses horaires d'ouverture.
03:21Et il y a Israël. En avril 2025, 15 sénateurs avaient voté pour bloquer une vente de bombes.
03:28En avril 2026, ils sont 36 et 40 sur une vente de bulldozers.
03:33Le camp démocrate compte 47 sénateurs.
03:35Tous les sénateurs démocrates qui se rêvent à la Maison-Blanche ont voté ces blocages.
03:40Trump a gardé son veto jusqu'à la fin.
03:42Tout peut bouger avec son successeur en janvier 2029.
03:46Israël ne perd pas un vote.
03:47Il est en train de perdre un parti, le Parti démocrate.
03:50Une autre horloge tourne, 61 jours.
03:5261 jours avant quoi ? Et puis pour nous, Européens, dans tout ça, quelles conséquences ?
03:57Donc avant le 3 janvier, quand le nouveau Sénat s'installe.
04:00D'ici là, l'ancien reste en place.
04:02C'est très important.
04:03Donc l'ancien est majoritairement républicain.
04:06Et peut tenter de voter 60 milliards pour la guerre.
04:10Après, ce sera plus dur.
04:12Donc frapper l'Iran après le vote.
04:13Non, répondait hier Donald Trump.
04:15Mais quelques heures après, il a frappé l'île de Keshm.
04:18Netanyahou le presse de frapper.
04:20Mon hypothèse, c'est une victoire démocrate qui peut accélérer cette guerre au lieu de l'arrêter.
04:25L'Iran peut faire le calcul inverse, attendre.
04:28Il connaît le précédent.
04:29Beyrouth en 83, deux attentats, 241 Marines américains, 58 parachutistes français tués.
04:35En février 84, les démocrates réclament le retrait des Marines.
04:39Reagan lance à propos de leur chef, je cite, il est peut-être prêt à capituler.
04:43Moi pas.
04:44Quatre jours plus tard, Beyrouth Ouest tombe entre les mains des milices pro-syriennes.
04:48Il annonce le repris.
04:49Et l'addition, on la connaît, elle était pour les Libanais.
04:52Et nous, en Europe, le gazole à 2,27 euros, à la merci de la prochaine frappe.
04:57Le gaz, eh bien au 1er janvier, l'Europe s'interdit le gaz liquéfié russe.
05:01Et l'Amérique lui en fournit près des deux tiers.
05:04Et il y a les troupes américaines que Trump veut réduire.
05:07Elles sont 80 000 soldats aujourd'hui en Europe.
05:10Il veut les réduire de 25 000 à 40 000.
05:13Et puis il y a nos 20 qui sont taxés à 15 % jusqu'en 2029.
05:17Et l'Europe qui cherche 70 milliards pour l'Ukraine.
05:20Et qui devra les chercher donc sans les États-Unis.
05:23L'Amérique n'a ni amis ni ennemis.
05:26Elle a des élections tous les deux ans.
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