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00:00Aujourd'hui dans le Monde en Question, focus sur la droite française et le centre aussi avec Moustapha Tossa, comme
00:08je le disais, à quelques mois de la présidentielle de 2027.
00:12La bataille pour l'après Macron s'intensifie.
00:17Gabriel Attal, candidat de Renaissance, propose une primaire des démocrates.
00:22Edouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat d'Horizon, la refuse.
00:26Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, appelle à se rassembler derrière lui.
00:33Derrière cette bataille de candidatures, une question, quel projet pour convaincre les Français ?
00:39Car pendant que la droite et le centre cherchent comment s'unir, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, tente
00:47d'élargir ses soutiens jusque dans leur rang.
00:50Le Rassemblement national est-il encore possible ? Le Rassemblement des droites et du centre est-il possible ?
00:57Et peut-il suffire à contrer justement l'extrême droite ? C'est le Monde en Question avec Moustapha Tossa.
01:03Bonsoir, monsieur.
01:05Bonsoir.
01:06Alors, on sait, Emmanuel Macron ne peut pas briguer un troisième mandat consécutif.
01:13Sa succession ouvre donc une compétition à droite et au centre pour comprendre le paysage politique français.
01:20Quelles sont les principales forces en présence et qui peut encore aujourd'hui rassembler ?
01:27Oui, c'est vrai que de par la Constitution française, Emmanuel Macron ne peut pas briguer un troisième mandat consécutif.
01:35Il pourra revenir éventuellement après une prochaine…
01:40C'est-à-dire qu'il pourra se représenter plus tard ?
01:43Oui, il pourra se représenter…
01:45Voilà, le prochain mandat après 2027.
01:48C'est ça.
01:48Il pourra se représenter, mais lors de ces élections, constitutionnellement, il n'a pas le droit de briguer un troisième
01:57mandat.
01:57Donc, ce qui fait que ça ouvre le boulevard à ses héritiers.
02:02Et parmi les deux héritiers qui se sont imposés jusqu'à présent, il y a ses deux anciens premiers ministres.
02:07Premier ministre.
02:08Édouard Philippe, qui était maire du Havre, et Gabriel Attal, qui était un ancien premier ministre et chef du parti
02:16présidentiel Renaissance.
02:17Sauf que ces deux premiers ministres, pour exister et pour tracer leurs sillons et pour marquer un petit peu les
02:23esprits,
02:24il faut absolument qu'ils se distinguent du bilan d'Emmanuel Macron qui est très contesté par la rue française.
02:30On témoigne les nombreuses manifestations violentes qui se déroulent actuellement.
02:35Donc, le grand défi pour Édouard Philippe et Gabriel Attal, comment se réclamer du bilan d'Emmanuel Macron sans l
02:46'adopter et sans en être comptable ?
02:48Et c'est ça la grande discussion et la grande difficulté.
02:52Et justement, M. Tossin, comment est-ce qu'ils cherchent justement à incarner le changement tout en assumant leur participation
03:00au pouvoir ?
03:01Car comme vous l'avez dit, ils ont été tous les deux ministres sous Macron, premiers ministres sous Macron.
03:08Oui, oui, justement.
03:09Et cette difficulté, elle est à l'origine de leur popularité qui stagne.
03:13Et ils n'arrivent pas à percer.
03:16Gabriel Attal n'arrive pas à dépasser les 5 à 7 %.
03:20Édouard Philippe non plus n'arrive pas à percer dans les sondages.
03:24C'est parce que les Français les tiennent comptables du bilan d'Emmanuel Macron.
03:27Alors, pour éviter ce blocage, Gabriel Attal a eu une idée.
03:32Il s'est dit que la meilleure manière de casser la finale entre les deux extrêmes,
03:38entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon annoncée par les sondages,
03:42la meilleure solution, c'est d'organiser une primaire à laquelle participent tous les candidats démocrates,
03:49donc en dehors des extrêmes.
03:51Et à ce moment-là, on peut choisir quelqu'un qui pourrait incarner cette espérance nationale
03:56et se qualifier pour le deuxième tour à la place ou de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon.
04:02Sauf que cette idée, elle est géniale, elle est brillante et elle est rassembleuse.
04:07Il n'a pas trouvé preneur jusqu'à présent.
04:09Ni Raphaël Glucksmann au nom du Parti Socialiste,
04:13ni Bruno Rotaillot au nom des Républicains,
04:16ni Édouard Philippe au nom de son parti ne veulent le suivre.
04:21Alors, pourquoi ? La raison est simple,
04:23c'est que chacun défend son égo et chacun défend sa chapelle.
04:27Chacun croit que c'est à lui que les autres doivent se rejoindre
04:32pour incarner cette troisième personnalité.
04:35Mais jusqu'à présent, s'il n'y a pas de choix de primaire,
04:38aucune personnalité ne peut réellement espérer
04:41incarner celle qui pourrait casser ce tête-à-tête
04:45entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
04:47Justement, si j'entends ce que vous dites,
04:50c'est plutôt une bataille d'égo où chacun tente de défendre sa paroisse.
04:56Et en parallèle, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national,
05:01le principal parti d'extrême droite en France,
05:03propose un gouvernement d'union nationale.
05:06Alors, premièrement, que recouvre cette formule
05:10et quels électeurs et quels responsables
05:13cherchent-elles à attirer au-delà de ces soutiens habituels
05:17parce qu'elle, du coup, essaie de profiter de la situation ?
05:20C'est bien ça.
05:20Oui, alors, quand Marine Le Pen parle de gouvernement d'union nationale,
05:25il ne s'agit pas d'union nationale,
05:26il ne s'agit pas qu'une partie des socialistes de la gauche
05:30puisse rejoindre son gouvernement.
05:31Ça, ils ne le feront jamais.
05:33Dans la bouche de Marine Le Pen, c'est l'union des droites,
05:36les républicains, Éric Zemmour
05:40et les autres partis constitutifs de la droite nationale extrême
05:46qui pourraient rejoindre ce gouvernement.
05:48Sauf que, jusqu'à présent,
05:51Marine Le Pen est inaudible sur ce sujet-là
05:54parce que pourquoi, et je reviens là à l'idée principale de Gabriel Attal,
05:59pourquoi elle est intéressante et pertinente,
06:01n'importe qui qui pourrait se qualifier avec Marine Le Pen
06:07en dehors de Jean-Luc Mélenchon peut la battre.
06:10Et n'importe qui qui pourrait se qualifier contre Jean-Luc Mélenchon
06:15en dehors de Marine Le Pen peut le battre.
06:18Donc, il y a là un boulevard.
06:19Il suffit uniquement de choisir cette personnalité qui pourrait se qualifier.
06:23Et la grande difficulté, c'est que la droite, le centre,
06:26la gauche dite de gouvernement, le Parti Socialiste,
06:29le Parti Communiste, les Verts,
06:32n'arrivent pas à se mettre d'accord sur cette personnalité
06:34qui pourrait casser cette finale annoncée
06:37entre l'extrême gauche et l'extrême droite.
06:39Mais mis à part cette bataille d'égo que vous évoquiez un petit peu plus tôt,
06:45comment est-ce qu'on peut expliquer justement,
06:46comment est-ce que Gabriel, comment est-ce qu'Edouard Philippe justement
06:52justifie ce nom justement à cette primaire démocrate ?
06:58Quels sont ses arguments ?
07:00Alors, Edouard Philippe, il joue sur un argument majeur.
07:04Il se dit qu'il est le troisième, entre guillemets,
07:08personnage après Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon
07:11qui brille, qui vient dans le trio de tête.
07:15Il se dit que ce n'est pas à lui d'aller faire cette primaire
07:19et ce combat pour être désigné,
07:21c'est aux autres de le rejoindre,
07:23c'est à Bruno Rotailleau de venir le rejoindre,
07:26c'est à Gabriel Attal de venir le rejoindre,
07:28et c'est au Parti Socialiste, demain,
07:30s'il trouve qu'il ne peut pas se qualifier au second tour,
07:34de venir le soutenir.
07:36Donc, lui, il est convaincu qu'il est l'homme de la situation,
07:39l'homme capable de se qualifier au deuxième tour.
07:42Et donc, s'il suffit, Edouard Philippe se qualifie
07:46avec Marine Le Pen ou avec Jean-Luc Mélenchon,
07:48il a énormément de chances de devenir le prochain président de la République
07:52parce qu'à ce moment-là, il y a la mécanique,
07:55la dynamique du franc républicain qui va marcher
07:58pour empêcher ou Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon
08:01d'accéder au pouvoir à l'Élysée.
08:03– Très bien, merci beaucoup, Moustapha Tossa.
08:08Rapidement, on arrive à la fin,
08:09mais j'ai quand même une petite question que j'ai envie de vous poser.
08:11C'est l'impact de cette présidentielle,
08:13on va un petit peu se procher dans le futur, sur le Maroc,
08:16parce que cette présidentielle sera aussi suivie au Maroc.
08:19Et au-delà des discours de campagne,
08:21quelle différence entre ces projets pourraient avoir,
08:24quelle différence ces projets pourraient avoir,
08:27justement, sur les relations franco-marocaines ?
08:32– Oui, c'est vrai que si demain Marine Le Pen ou un homme de droite se qualifient,
08:39ça ne changerait pas grand-chose à la relation entre le Maroc et la France.
08:44Ces partis ont déjà, depuis longtemps, reconnu la souveraineté du Maroc sur son Sahara
08:49et il ne risque pas d'y avoir une marche arrière ou quelque chose comme ça.
08:53Par contre, si le parti de Jean-Luc Mélenchon arrive au pouvoir,
08:56là, il risque d'y avoir un petit peu de tension entre le Maroc et la France,
09:02parce que la France insoumise,
09:04Jean-Luc Mélenchon, il faut le dire très clairement,
09:08est infiltrée par un lobby pro-algérien qui fera tout
09:12pour empoisonner la relation de la France entre le Maroc.
09:16– Merci beaucoup, Mostafa Tossa.
09:19On vous retrouve la semaine prochaine pour un nouveau point sur la situation en France.
09:25Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
09:27– Merci.
09:27– Très bonne soirée.