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Dessinateur autodidacte, connu pour BREUM et son personnage Eugène, Marsault revient avec "La France de gauche à droite". Un ouvrage qui, prévient Eugène, pourrait bien heurter les âmes sensibles. L’auteur le garantit d’ailleurs totalement dépourvu de la moindre bienveillance. Le mot d’ordre est donné : pas de quartier !
En quarante portraits au vitriol et souvent hilarants, Marsault distribue les coups et touche ses cibles. Profs, politiciens, boomers, féministes, juifs et antisémites : personne ne semble à l’abri. Les artistes de gauche comme de droite ont eux aussi droit à leur règlement de comptes. Au fil des pages, une conviction se dessine : seuls les esprits rebelles trouvent grâce à ses yeux. Ceux qui refusent les conformismes, les postures et les vérités obligatoires.
Se déclarant « accélérationniste », Marsault assume son désir de voir "tout cramer". Avec l’espoir, affirme-t-il, que nos peuples puissent revenir sur des bases nouvelles et saines.
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Source YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=VEupnokVi-8
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Dessinateur autodidacte, connu pour BREUM et son personnage Eugène, Marsault revient avec "La France de gauche à droite". Un ouvrage qui, prévient Eugène, pourrait bien heurter les âmes sensibles. L’auteur le garantit d’ailleurs totalement dépourvu de la moindre bienveillance. Le mot d’ordre est donné : pas de quartier !
En quarante portraits au vitriol et souvent hilarants, Marsault distribue les coups et touche ses cibles. Profs, politiciens, boomers, féministes, juifs et antisémites : personne ne semble à l’abri. Les artistes de gauche comme de droite ont eux aussi droit à leur règlement de comptes. Au fil des pages, une conviction se dessine : seuls les esprits rebelles trouvent grâce à ses yeux. Ceux qui refusent les conformismes, les postures et les vérités obligatoires.
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NewsTranscription
00:07Dessinateur autodidacte, il est connu pour Brum et son personnage Eugène, ainsi que pour sa participation à la création du
00:14magazine La Furia.
00:16Il nous revient avec un ouvrage qui prévient Eugène, son personnage peut heurter très fort les âmes sensibles.
00:21La France, de gauche à droite, aux excellentes éditions Magnus.
00:26Bonjour Marceau.
00:27Bonjour.
00:27Alors, Eugène nous prévient, je garantis ce livre dépourvu de la moindre bienveillance ou précaution, et il ajoute pas de
00:35quartier.
00:35Alors il y en a pour tout le monde là.
00:37C'est un livre impartial et objectif.
00:42Effectivement, je passe en revue La France, de gauche à droite, en dressant 42 portraits politiques de l'extrême gauche
00:49à l'extrême droite.
00:51Je précise dès le départ que j'ai voulu le faire à travers les yeux de mon personnage principal Eugène,
00:56un personnage que j'utilise de moins en moins parce que je suis moins présent en dessin sur les réseaux
01:00sociaux.
01:01Et je m'étais dit que ce serait intéressant de le faire faire se défouler un petit peu,
01:05puisqu'il est en manque des points et des coups qui est donnés habituellement.
01:09Finalement, de lui donner cette charge de se défouler au niveau politique en dressant un portrait de La France de
01:14gauche à droite.
01:15Et vous dites tout de suite, effectivement, que le personnage Eugène a sa place.
01:18Et j'ajoute moi aussi qu'il apparaît dans les dessins, puisqu'il y a beaucoup de dessins dans cet
01:23ouvrage.
01:23C'est-à-dire que l'extrême droite reste là.
01:25Bien sûr, évidemment.
01:26Vous n'avez pas mis le pinceau de côté.
01:28Non, pas totalement.
01:29Avec cet ouvrage, vous vous attaquez aux idées politiques ou aux gens qui ne vivent pas selon les idées qu
01:35'ils défendent ?
01:36C'est différent, hein ?
01:38Les idées politiques sont toujours portées par des gens.
01:40Donc si je dois adresser un portrait des idées politiques, il faut que j'adresse les gens qui les défendent
01:45automatiquement.
01:46Mais ce n'est pas ces idées politiques que vous attaquez en direct ?
01:48C'est-à-dire que vous pouvez respecter les idées politiques des uns et des autres,
01:51mais c'est la façon dont ils les défendent qui vous énerve ?
01:53Oui, entre autres.
01:55Ça va dépendre de quel côté on se place.
01:57J'ai été beaucoup plus dur.
01:59Alors, je suis habitué à attaquer la gauche d'une manière générale.
02:02Donc, de ce point de vue-là, mis à part le degré de détail et le fait d'aller un
02:06peu plus loin,
02:07ce livre n'a pas beaucoup changé.
02:08En revanche, c'est la première fois que je m'attaque avec des grands guillemets à la droite
02:12ou tout du moins que je mets la lumière sur quelques travers qu'on peut avoir de l'autre côté.
02:17Et vous faites bien parce que ça m'amène à vous faire mon premier reproche.
02:20Je vous dis de vouloir balancer dans beaucoup de gueules, de gauche à droite, de la même façon.
02:25Vous venez de la réindiquer à l'instant.
02:26Est-ce que l'on ne peut pas vous demander un tout petit peu de mensuétude ?
02:29Un peu de mensuétude parce que c'est quand même plus dur d'être un politicien de droite,
02:32un journaliste de droite, un manifestant de droite, que de gauche tout de même.
02:37Oui, mais puisque vous faites allusion à mes portraits un peu acerbes
02:43quand il est question de parler de la droite,
02:44Moi, ce que je peux reprocher à la droite, actuellement et depuis quelques années,
02:50c'est que l'offre de droite s'étendue, parce qu'il y a une demande de droite,
02:54on est d'accord là-dessus.
02:56Je trouve que la droite a tendance, notamment les médias, à aller vers un certain conformisme.
03:01Et finalement, à bien des égards, ne diffère pas forcément du discours dominant.
03:05Par-ci, par-là, on va avoir quelques petites touches sur l'immigration,
03:08sur l'islam, sur quelque chose comme ça.
03:11Mais si vous fermez les yeux, vous ne voyez pas, ou en tout cas de moins en moins de différence
03:15entre des CNews et des BFM, entre des LCI et d'autres choses comme ça.
03:19Et ça, c'est quelque chose que je regrette et que du coup, j'attaque.
03:22Ou du moins que je dénonce.
03:24Puisque j'estime que beaucoup de gens de droite, je le sais parce que j'en connais,
03:33ne disent pas forcément en public ce qu'ils pensent en privé.
03:36C'est toujours le fameux « Ah mais celui-là, t'inquiète pas, en privé, c'est autre chose ».
03:39C'est autre chose, en ce cas-là, pourquoi il ne le dit pas en public ?
03:42Alors, je ne dis pas qu'il faut débarquer sur les boulevards avec un couteau entre les dents,
03:45mais je trouve que cette dédiabolisation générale,
03:49qui a été, comment dire, mise en place notamment par Marine Le Pen
03:54et qui n'en finit pas d'avancer, je trouve qu'elle est délétère.
04:00– On va reparler de Marine Le Pen, mais je voulais quand même un peu de mensuétude
04:03parce que vous donnez à chacun de vos personnages, personnages qui sont scrutés,
04:07une durée de vie, et je me suis aperçu quand même qu'en matière de durée de vie,
04:10l'homme de gauche s'en sort totalement mieux que l'homme de droite.
04:13Ce n'est pas juste.
04:14– Alors après, on n'est pas sur un bouquin scientifique, vous avez bien compris.
04:18Je suis obligé de faire une preuve d'une certaine synthèse,
04:21c'est ce que je fais en général.
04:23Et donc, moi je travaille toujours comme ça, je travaille au global.
04:27Certainement que, peut-être que j'ai tapé juste dans certains portraits
04:30et que des gens vont dire « merde, ça c'est exactement moi, du coup je ne suis pas content
04:33».
04:34Et d'autres vont pouvoir dire le fameux « ah mais je connais quelqu'un qui n'est pas exactement
04:37comme ça ».
04:38Bon, évidemment, si on prend toujours des détails et des particularités,
04:43en fait je ferai un bouquin de, je ferai une odyssée.
04:45Je fais un truc de 600 pages en 45 tomes, on n'en finira jamais.
04:49Il a fallu que je sois synthétique et avec un petit peu de mauvais espoir, pourquoi pas.
04:54Donc effectivement, on n'est pas forcément toujours exact.
04:57Mais j'ai l'immodestie de croire que c'est quand même relativement objectif et plus ou moins juste.
05:05Vous avez des cibles privilégiées, les féministes de tous bords.
05:08Pour vous par exemple, les féministes de droite ont les mêmes trucs que celles de gauche.
05:14Les mêmes volontés, avoir les mêmes droits et dire que les mecs sont des obsédés sexuels,
05:18surtout ceux qui imposent le voile à leur campagne.
05:21Il n'y a pas de différence entre les féministes de droite et de gauche ?
05:23Si, c'est bien précisé.
05:25La différence, c'est que les féministes de droite veulent vivre tout ce que vivent les féministes de gauche sur
05:29les Arabes.
05:32C'est à peu près tout.
05:33Vous n'avez peur de rien.
05:34En passant en revue aussi des chapitres à la suite,
05:37par exemple, les juifs de gauche et les juifs de droite en même temps,
05:41drôle dans le même temps d'ailleurs,
05:42et puis l'antisémite de gauche et plus rarement l'antisémite de droite.
05:46Et là, vous avancez sur des terrains qui sont des terrains dangereux, non ?
05:50Bah, dangereux, peut-être.
05:53Même le rapprochement, le simple rapprochement qui est fait, par exemple,
05:55par un antisémite de gauche, un de nombreux et un antisémite de droite,
05:59ça peut faire des amis partout.
06:00Au moins que ça.
06:01Non, je ne suis pas convaincu.
06:03Non, mais après, on ne peut pas faire un bouquin qui s'appelle la France de gauche à droite
06:07et mettre de côté certains types de personnalités.
06:12Typiquement, les juifs, qu'ils soient de droite ou de gauche,
06:14font partie du paysage politique français, de même que les antisémites.
06:18Il y avait des évolutions, par exemple, les juifs de gauche et de droite.
06:20La communauté française juive a évolué politiquement.
06:23Bien sûr.
06:24Et que les voix de français juifs de droite, c'est quand même assez nouveau, finalement.
06:30C'est-à-dire ?
06:30C'est assez récent, ça a quelques années.
06:33Ah, que les juifs votent à droite ?
06:35Exactement.
06:35Ah oui, oui, c'est un peu plus récent.
06:36C'est tout à fait expliqué dans le livre, d'ailleurs,
06:38qu'effectivement, on a juifs de droite et juifs de gauche.
06:43Tout évolue, effectivement.
06:45C'est quelque chose d'assez nouveau.
06:47que la communauté juive soit plus à droite, sinon à l'extrême droite,
06:50tout du moins de ce qui est entendu comme étant l'extrême droite.
06:55Voilà, mais ils font partie d'un ensemble,
06:57et je ne pouvais pas ne pas les traiter.
06:59Vous faites aussi la comparaison entre le manifestant de gauche
07:01et le manifestant de droite.
07:04Et qu'est-ce qui les différencie ?
07:05Est-ce qu'il les différencie chez vous ?
07:06Est-ce qu'il a l'air d'être un sentiment de culpabilité
07:10pour le manifestant de droite ?
07:11C'est qu'il refuse la violence, lui ?
07:12Oui.
07:13Est-ce qu'il faut être violent ?
07:14Est-ce qu'il faut être violent ?
07:16Alors, c'est la grande question.
07:18Objectivement, il faut quand même faire un constat.
07:20Il semble que la violence permette d'obtenir des choses.
07:23De même que la nuisance, en général.
07:25C'est toujours le truc.
07:26Vous achetez un canapé chez Ikea, vous n'êtes pas content,
07:28il y a une réclamation.
07:30Si vous appelez en disant que c'est de manière extrêmement polie,
07:34que vous aimeriez bien qu'on règle le problème,
07:36si ça ne dérange pas trop, mais que vous n'allez pas faire de problème,
07:38normalement, il n'y aura jamais de retour.
07:41Si vous commencez en disant que vous allez envoyer des avocats,
07:44qu'il y a tel article, etc.,
07:45ils vont se dire au téléphone, celui-là, il va être infernal,
07:47on va régler le problème rapidement, comme ça, c'est réglé.
07:50Et c'est la même chose pour les manifestations.
07:53C'est qu'effectivement, là, précisément,
07:55dans le manifestation de gauche et de droite,
07:58je caricature celui de droite,
08:00expliquant qu'en gros, il a manifesté contre le mariage pour tous,
08:04en suivant toutes les règles de la démocratie,
08:06qu'il a été poli, qu'il n'a rien cassé,
08:08et que du coup, en retour, la République, lui, a fait comme ça
08:12et a fait passer la voie en récanant en plus.
08:15Donc, là, c'est plus la République que j'attaque
08:16que le manifestant de droite, bien évidemment.
08:19Mais du coup, c'est toute la question.
08:21– C'est ce que vous avez dit pour tous,
08:22il y a un peuple de droite qui s'est retrouvé,
08:24il y a un peuple de droite qui existait,
08:25et donc il y a peut-être eu aussi des effets indirects,
08:29vous ne prenez pas en compte ?
08:30– Je ne dis pas du tout le contraire,
08:31je rappelle qu'il faut que je synthétise,
08:33donc je suis toujours obligé d'aller rapidement.
08:36Donc, je mets de côté les aspects humains
08:38et les rencontres que ça a pu créer.
08:39Dans les faits, la loi est parfaitement passée,
08:42et la droite, de manière générale,
08:44depuis 10 ans, 15 ans que la loi est passée,
08:48se fait humilier et narguer sur ce sujet-là,
08:50en disant que vous avez manifesté,
08:52mais on a le droit de se marier,
08:53on a le droit d'avoir des gosses,
08:54on a le droit de s'y et ça.
08:55Donc, dans les faits, factuellement,
08:57quand on est poli, bien élevé,
08:58et qu'on cherche le dialogue, ça ne marche pas.
09:02Alors, je ne suis pas en train d'appeler
09:04à faire des émeutes, je reste un constat.
09:06Voilà.
09:08– Est-ce que dans certains portraits,
09:09vous ne prenez pas plaisir aussi à régler vos comptes ?
09:11Tant dessin à l'appui, d'ailleurs,
09:13on peut finalement retrouver le nom de la personne
09:15dans la description.
09:16Je pense, par exemple, à l'arabe de droite.
09:18Facile.
09:21Règlement de compte.
09:22– Règlement de compte.
09:23Écoutez, on ne va pas se mentir, je me suis un peu…
09:26– Jalousie, je ne sais pas, je n'ai pas le terme.
09:28– Je ne suis pas l'autre grand monde.
09:31Règlement de compte, évidemment,
09:31mais de toute façon, c'est un livre, une fois de plus,
09:34qui n'est pas un guide politique linéaire
09:37et grand public et plat.
09:39Évidemment qu'il faut que je mette de la satire.
09:41Donc, dans certains cas,
09:42je me suis fait un peu plaisir, évidemment.
09:44J'admets sans peine qu'il y a un peu de mauvaise foi, certainement,
09:47et un peu de gourmandise.
09:49– Parce que là, même avec le dessin,
09:50il y a peu de doutes possibles sur la personnalité qui est visée.
09:54– Ça, c'est vous qui le dites, il n'y a rien qui est nulle part.
09:56– D'accord.
09:56Donc, ce n'est pas Jean-Messi ?
09:57– Pas du tout.
09:58– On verra, on verra.
09:59– D'accord, il nous le dira.
10:00À trois de tous jours, vous vous montrez très critique.
10:03Alors, je l'ai entendu à l'instant,
10:04et je vous ai dit, on en reparlera,
10:06à l'égard du Rassemblement national et de Marie Le Pen.
10:09Vous décrivez ses idées, son entourage,
10:13voire son comportement.
10:14Ce n'est pas demain que vous allez devenir le dessinateur du journal du RN.
10:17– Il semblerait que non.
10:18Non, non, il y a peu de chance, mais il y a même peu de chance que…
10:21– Jalousie.
10:21– Comment ?
10:21– Jalousie.
10:22– Jalousie.
10:23Je ne sais pas pourquoi je serais gélou du Rassemblement national.
10:26Non, non, mais ça fait pour le coup…
10:27– C'est de la réussite ?
10:28– De la réussite ?
10:29Du Rassemblement national ?
10:30– C'est part de l'Élysée, non ?
10:32Ça ne vous a pas échappé ?
10:32– On n'est pas sur le même secteur d'activité.
10:35Moi, je…
10:35– Ils auront besoin d'écrivains, ils auront besoin d'intellectuels,
10:37ils auront besoin de dessinateurs,
10:38ils auront besoin d'aides, d'artistes.
10:40– Vous savez, moi j'ai un caractère qui fait que même
10:42si le Rassemblement national arrive au pouvoir,
10:44je ne suis pas d'un caractère à me faire diter ce que je dois faire.
10:46Donc je ne pourrai jamais devenir le dessinateur du régime.
10:49Donc non, il n'y a pas de souci là-dessus.
10:50– Il faut être plantu du RN comme…
10:52– Certainement, non, non, non, absolument pas.
10:55Et concernant Marine Le Pen directement,
10:57oui, je ne cache pas mon animosité envers elle,
11:00et envers la dédiabolisation, on en parlait tout à l'heure,
11:02qu'elle a mis en œuvre et qui continue,
11:04et qui semblerait ne jamais s'arrêter.
11:06Moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
11:07J'entends qu'il puisse y avoir une stratégie des fameux 51%,
11:11c'est-à-dire qu'il faut rassurer la masse pour finalement arriver au pouvoir.
11:14– Est-ce que je vais vous dire, dédiabolisation 15%, dédiabolisation 33, 36 ?
11:19– Je ne dis pas le contraire, mais je vais faire un constat,
11:21je peux m'en désoler aussi.
11:22Et je trouve que c'est en…
11:26Je ne trouve vraiment pas que ce soit une bonne chose,
11:27parce que, d'ailleurs, je crois que c'est Jean-Marie Le Pen
11:30qui disait qu'il préfère être battu sur ses idées
11:32que gagner avec celles des autres.
11:34Et je trouve que, c'est comme tout, il faut un juste milieu.
11:38Qu'on dédiabolise un petit peu au début,
11:40même si je ne suis pas d'accord, mais je comprends le principe.
11:42Pourquoi pas ?
11:42Histoire de faire oublier les dérapages de Jean-Marie, etc.
11:45Bon, ok.
11:46Mais là, ça va vraiment trop, trop, trop, trop loin.
11:48Et pour moi, le Rassemblement National, aujourd'hui,
11:52n'a strictement plus rien à voir avec ce que ça pouvait être avant.
11:56– 30 ans ont passé.
11:57– Et je redis…
11:57– À son 30 ans ont passé.
11:58– Je sais que 30 ans ont passé, mais je redis…
12:00– Non, mais je vous pose la question, 30 ans ont passé.
12:02Est-ce que ce n'est pas la nécessité pour un mouvement national, patriote,
12:06de prendre en compte l'évolution des mœurs de la société économique,
12:09politique, financière, culturelle, éthnique ?
12:12– Non, non, non, je ne suis pas d'accord, parce que la situation s'est au contraire
12:16empirée depuis 30 ans, surtout sur les questions dont parlait Jean-Marie Le Pen,
12:20l'immigration, l'éclamisation, etc.
12:22Ça s'est vraiment empiré.
12:23Et les partis de droite, aujourd'hui, principalement le premier,
12:26le Rassemblement National, bénéficient d'un boulevard, d'une masse organique gigantesque.
12:32Il n'y a jamais autant d'électeurs.
12:33Et c'est vraiment, il est assis sur un tas de poudre,
12:35il faudrait juste allumer pour faire quelque chose.
12:38Et au contraire, Marine Le Pen n'a de cesse de mettre de l'eau sur ce tas de poudre
12:42pour en faire une espèce de pâte qui ne puisse plus jamais s'allumer.
12:46Et je trouve ça dommage.
12:48J'ajoute que ma place est très facile, puisque finalement je suis le commentateur.
12:53Je n'ai pas prévu, moi, d'être président de la République et de changer le pays.
12:57Donc c'est toujours simple d'être à ma place et de critiquer.
13:00Mais au-delà d'être un commandateur, je suis aussi un citoyen
13:03qui n'est pas d'accord avec cette mélasse intellectuelle
13:09vers laquelle nous amène la droite en général en se conformant
13:13et poussée par Marine Le Pen qui n'en finit pas de dédiaboliser.
13:16Moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
13:17Je pense qu'il faut, à minima, un peu de radicalité.
13:21Nostalgique de Jean-Marie Le Pen.
13:22Le nostalgique n'est pas dans votre chapitre pour être nostalgique de droite ou de gauche, d'ailleurs.
13:27Moi ? Nostalgique de quoi ? Tiens, c'est intéressant ça.
13:30Et de droite ou de gauche ?
13:33Je ne saurais pas dire peut-être nostalgique d'une époque,
13:35encore qu'on dit souvent que c'était mieux avant,
13:37mais j'ai l'impression que tout le monde dit que c'était forcément mieux avant.
13:40Moi, je pense que ce sera mieux demain.
13:42Non, je ne suis pas spécialement nostalgique.
13:45Pour le coup, je ne suis pas particulièrement conservateur ou borné ou arrêté,
13:50comme le mouvement de droite, par exemple, que j'ai décrit.
13:52Vous êtes de gauche.
13:54S'il vous plaît, calme-nous.
13:56Non, non, non, non.
13:56Vous êtes de droite, non ?
13:58Non.
13:59Non, vous ne pensez pas ?
14:00Non, non, non, non.
14:01Non, parce que, par exemple, les journalistes de gauche,
14:03on s'agit de l'époque Libération.
14:04On peut se rappeler aussi ça.
14:06Donc, non, non.
14:06Non, non, non, mais j'accepte le monde qui évolue un petit peu,
14:12sans forcément tout prendre, comme c'est calmé, tu vois.
14:15Alors, malgré le refus de bienveillance affiché,
14:18j'en ai trouvé dans quelques pages, quand même,
14:20j'ai trouvé dans quelques chapitres, un peu de bienveillance.
14:24J'avais vu, par exemple, dans le skinhead.
14:25Je me suis dit, peut-être parce que souvent,
14:27c'était quelqu'un sorti d'un milieu modeste.
14:30Oui, il y a ça aussi.
14:31Et puis, le skinhead a quelque chose de touchant,
14:36puisque là, on parlait de dédiabolisation.
14:39Lui, le skinhead, je l'ai décrit tel quel,
14:41refuse, pour le coup, totalement la modernité.
14:44Je pense que des skinheads historiques,
14:46tels qu'on les a connus dans les rapports des années 90,
14:48il y en a quoi ?
14:49Il n'y en a même pas une centaine aujourd'hui.
14:51Ils sont tous quinquagénaires, sinon plus.
14:53Et ils sont restés presque fossilisés dans leur état d'esprit d'avant,
15:00refusant la modernisation du RN avec le discours qui se polisse, etc.
15:05Et pour ça, j'ai une forme de tendresse, un petit peu,
15:09en même temps que de respect, d'ailleurs.
15:11Et c'est pour ça qu'il y a un peu de mensuétude, effectivement.
15:14Aurès vous dit qu'il n'y a pas de bienveillance en général.
15:17Ah non, non, il n'y en a pas.
15:18Par exemple, Paul Patribouf, c'est-à-dire celui qui aime la France,
15:22qui aime son drapeau, qui l'aime dans toutes ses tripes,
15:25et peut-être qu'il ne l'exprime pas de manière très intellectuelle, Marceau.
15:27Mais celui-ci, vous n'êtes pas bienveillant.
15:30Parce qu'il est trop popu, parce qu'il est trop quoi ?
15:32Oh, s'il vous plaît.
15:33Pour le coup, je ne veux pas…
15:34Une nouvelle fois, je vous pose la question.
15:35Pourquoi lui, il prend ?
15:36Je ne veux pas d'attaque en intellectualisation.
15:39Il n'y a pas plus prolo que moi.
15:41Vraiment.
15:42Là-dessus, c'est impossible de me faire ce procès.
15:45D'autre part, le Patribouf, je le critique parce que,
15:49même si la lumière est dirigée contre lui,
15:51dans cet article, dans l'article-là qui traite du Patribouf,
15:56je pense que je dénonce beaucoup plus les gens
15:58qui, finalement, essayent de l'avoir.
16:01Les politiciens de droite, il y en a un d'ailleurs en article là-dessus,
16:04qui ressortent sans cesse de Gaulle, sans cesse la Marseillaise,
16:08sans cesse les discours qui voudraient que l'antiracisme avant tout,
16:13la République, etc.
16:14Et moi, ce qui me fait de la peine avec le Patribouf,
16:17c'est que, finalement, il se fait avoir.
16:21Finalement, il se fait avoir.
16:22Il est honnête, par exemple.
16:22Je ne dis pas qu'il n'est pas honnête, mais il se fait quand même avoir.
16:26Et si vous, quelqu'un de votre entourage, se faisait avoir,
16:29même s'il était honnête et de bonne foi, vous lui diriez.
16:32Vous ne le laisseriez pas faire.
16:34Moi, je le dis.
16:36Je trouve que le Patribouf se fait avoir.
16:37Se fait avoir toujours par les mêmes politiciens
16:40qui lui vendent de la droite molle,
16:43qui lui vendent du rêve, qui profite de sa voix.
16:47Et le tout avec un peu trop de facilité
16:50et un peu trop de flonflon et de drapeau tricolore.
16:54Je trouve qu'il se fait trop avoir.
16:56Et ma manière à moi de lui dire qu'il se fait avoir
16:59et de dénoncer ceux qui essayent de l'avoir,
17:01ou qui arrivent à l'avoir, en tout cas,
17:02c'est de faire effectivement ce portrait.
17:03Et l'artiste de droite, lui, il échappe aussi à un portrait au vitriol.
17:07Vous dites, l'artiste de droite est un rebelle
17:09car il crée dans une société de gauche.
17:12Le mot est lâché, rebelle.
17:14Finalement, c'est ça la réalité, Marceau.
17:16C'est que seuls les rebelles bénéficient de votre bienveillance.
17:19Oui.
17:20C'est quoi un rebelle, alors ?
17:21Alors, c'est pas vrai qu'il n'y a qu'eux qui bénéficient de la bienveillance.
17:24C'est quoi un rebelle ?
17:25Dans mon cas, ça c'est vraiment un constat.
17:32Pour l'instant, en tout cas,
17:33j'espère devenir conformiste un jour
17:34parce que ça voudra dire que les T2 de droite ont gagné.
17:37Pour l'instant, dans le système culturel et médiatique,
17:40je suis un rebelle.
17:41Puisque tout le monde est contre moi,
17:44tout le monde est à gauche, très clairement.
17:46On le voit avec les subventions,
17:48avec les médias et les thèmes en général.
17:51Donc pour l'instant, je suis un rebelle, effectivement.
17:54Et peut-être que l'assiste de l'artiste de droite,
17:56il y a quelque chose là-dedans.
17:57Après, je reste quand même…
17:59L'assiste est un rebelle et être seul contre tous,
18:01c'est aussi une position agréable, quelquefois.
18:04C'est pas désagréable.
18:05Alors, ça a ses avantages et ses inconvénients.
18:07C'est-à-dire, il faut quand même des nerfs et un petit peu de sang froid.
18:12Mais après, il y a la satisfaction de tenir une place compliquée,
18:16où tout ne tombe pas tout cuit dans la bouche.
18:18Et ça, c'est pas mal.
18:20Et la volonté de ne pas devenir riche non plus.
18:22Si, si, c'est quand même bien.
18:22Moi, j'aime beaucoup l'argent.
18:23Mais je suis de droite, donc ça va.
18:25On a le droit.
18:27Vous votez en 2027 ?
18:29Oui.
18:30Pour qui ?
18:30Je ne vous dis pas.
18:31Pourquoi vous ne me le dites pas ?
18:33Parce que…
18:33Vous n'étiez pas un vrai rebelle, alors ?
18:35Parce que mon vote n'est pas encore arrêté.
18:39J'ajoute que je ne crois pas en la démocratie telle qu'elle fonctionne actuellement.
18:45Je ne crois pas aux surfaces universelles.
18:46En revanche, en gros, je n'ai pas d'espoir.
18:49Je n'ai pas d'espoir.
18:49Je ne me dis pas qu'une personne va changer quelque chose.
18:52Vous n'êtes pas de droite.
18:53Comment ?
18:54Vous n'êtes pas de droite.
18:55Voilà, elle a bien une notion de droite.
18:56Une notion simple de droite, c'est qu'il y aura la personne, le personnage qui va,
19:00le général, le patron, la sainte qui va sauver la France.
19:03Vous savez, je suis plus complexe qu'il n'y paraît.
19:05Mais c'est ce que j'apprends avec vous au fur et à mesure de cet entretien.
19:07C'est parfait.
19:08En revanche, la démocratie, et notamment l'élection présidentielle, pour moi, est un outil éventuel.
19:13Si je pouvais me définir très clairement, politiquement,
19:16en tout cas, ce qui se rapproche le plus de ma pensée, c'est l'accélérationnisme.
19:19Moi, j'estime que nous vivons actuellement une situation qui est gangrénée,
19:24bloquée et pourrissante, faisant des,
19:27et qu'il faut accélérer le mouvement pour, en gros, tout cramer et repartir sur des basses saines, pour faire
19:34simple.
19:35Et de ce point de vue-là, l'élection présidentielle peut servir de déclencheur.
19:40Exemple, Marine Le Pen ou Éric Zemmour sont élus.
19:47Il va y avoir des émeutes terrifiantes.
19:49D'ailleurs, la Nouvelle-France nous les a promis en disant,
19:50ce que vous avez eu le 24, c'était absolument rien.
19:52Si Marine passe, ça va être 100 fois pire.
19:54Très bien.
19:55Ce genre d'événement, dans une situation qui, de toute façon, va finir par y arriver.
19:58On va y arriver.
20:00Plus ça va, c'est à cliquer.
20:01Plus ça va, moins ça s'arrange.
20:06Donc, plus vite on arrive, on va dire, à l'affrontement final,
20:11un truc un petit peu romantique,
20:12mais plus vite on arrive à l'affrontement final,
20:15plus vite on y verra clair.
20:17Donc, pour moi, la démocratie et l'élection présidentielle,
20:21à cette vertu, c'est un outil.
20:22Mais je ne crois pas,
20:26encore qu'Éric Zemmour me paraît quand même être un petit peu,
20:28un peu plus franc que la moyenne, il me semble.
20:32Mais bon, tout ça, ça reste des promesses et il faut voir.
20:36En attendant, édition Magnus,
20:38la France de gauche à droite.
20:40Merci beaucoup, Marceau, d'être venu.
20:42Pas de quartier dans l'ouvrage, mais aussi dans cet entretien.
20:46Merci beaucoup à vous.
20:47Merci beaucoup.
20:52Merci beaucoup.