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Transcription
00:00Ici matin, 7h44, on attendait les lycéens et des blocus à Mayol ou à l'Ursa hier à Perpignan.
00:07Mais c'est bien devant l'UPVD, la fac de Perpignan, qu'une vingtaine d'étudiants ont installé leur barrage,
00:12barrant l'accès au campus du Moulin-Avent pour réclamer de meilleures conditions d'apprentissage.
00:16On en parle ce matin, mariée avec le président de l'université Perpignan via Domitia.
00:20Bonjour Yvan Guay.
00:21Bonjour.
00:22Blocus sur le campus du Moulin-Avent, hier, on le disait, marqué dans la matinée par la gifle
00:28reçue par un étudiant avant les vacances.
00:30C'est une conseillère municipale de Perpignan, étudiante en droit, qui a forcé un blocage sur le campus Maï,
00:36créant un incident là aussi.
00:37Quelle est votre réaction sur ces événements en tant que président de l'UPVD ?
00:41En tant que président de l'UPVD, évidemment, je ne peux que déplorer ces incidents.
00:47Effectivement, vous avez cité un incident sur le campus Maï avec une étudiante en droit.
00:51Je pourrais vous parler d'un autre incident qui a eu lieu sur le campus du Moulin-Avent,
00:54qui a opposé des étudiants de syndicats différents.
00:56Et puis, le micro-événement d'hier avec effectivement cette gifle qui a été donnée.
01:03Micro-événement, vous dites ?
01:04Oui, parce qu'il faut aussi relativiser les choses.
01:07Ça ne me satisfait pas, vous m'interrogez sur ma satisfaction.
01:09Évidemment, c'est une insatisfaction totale.
01:11J'ai demandé que toute interaction inappropriée soit évitée sur les campus.
01:16C'est une décision que j'ai prise, qui était adressée évidemment au personnel et aux étudiants.
01:20Et quand je constate qu'un personnel hébergé effectivement gifle un étudiant,
01:25je ne peux évidemment que le déplorer.
01:27Mais je veux aussi dire, parce qu'il faut évidemment l'indiquer,
01:31d'abord je suis évidemment dans l'empathie vis-à-vis de ce qu'a pu subir cet étudiant,
01:36parce que je me mets à la place, je suis chez l'âge d'être son père,
01:40donc je me mets à la place de ses parents, je me mets à la place de ses amis.
01:42Et si mon fils avait été giflé comme cet étudiant a été giflé hier,
01:46évidemment j'aurai un sentiment de colère à l'égard d'un personnel,
01:50qui est un personnel encadrant de ces jeunes.
01:52Et donc c'est évidemment quelque chose que je ne peux que dénoncer fermement.
01:56Dans ce contexte, vous êtes amené à prendre des sanctions, à porter plainte peut-être ?
01:59Bien sûr, j'ai été informé effectivement hier,
02:01alors que je présidais une instance de l'université.
02:04J'ai quitté le lieu où j'étais présent pour me rendre sur le campus du Moulin-Avent immédiatement.
02:09Et aujourd'hui mes services instruisent évidemment la vidéo que nous avons reçue.
02:14Et je vais être à ce stade évidemment prudent,
02:16puisque j'ai moi-même pris connaissance de cette vidéo.
02:18Je ne sais pas ce qui s'est passé avant, je ne sais pas ce qui s'est passé après.
02:21Et évidemment sur l'extrait qui m'a été rapporté,
02:23je constate effectivement un fait qui est un fait de violence physique.
02:27Et comme vous le savez, la loi oblige tout fonctionnaire à transmettre au procureur,
02:32qui certainement est déjà indirectement informé, ces faits.
02:36Hier vous avez pris la décision de suspendre les cours en présentiel sur le campus du Moulin-Avent.
02:41Est-ce que c'est le cas encore aujourd'hui ?
02:43Est-ce qu'il y a encore un blocus aujourd'hui sur le campus ?
02:45Alors hier je n'ai pas pris la décision de suspendre.
02:47Hier j'avais annoncé la veille que les campus seraient ouverts
02:50et que les cours auraient lieu en présence comme cela doit se faire normalement.
02:53J'ai été confronté le matin, très tôt,
02:56à l'information que des étudiants avaient bloqué le campus principal du Moulin-Avent.
03:00Et donc effectivement les cours ont été très largement empêchés sur ce campus principal.
03:06Et aujourd'hui ?
03:06Aujourd'hui, j'ai pris la décision à la suite des événements d'hier,
03:09et au niveau de tension qui s'élève, de fermer le campus du Moulin-Avent.
03:15Et je prendrai d'autres décisions à l'issue d'une rencontre avec les étudiants manifestants
03:20qui aura lieu en fin de matinée.
03:227h48, notre invité c'est Yvan Auguet, le président de l'université de Perpignan.
03:27Ce conflit il dure, Yvan Auguet, avec quelles conséquences sur l'UPVD ?
03:31Des heures de cours perdues ?
03:32Peut-être des examens décalés, reportés ?
03:34Alors pour l'instant nous avons des examens reportés.
03:37D'abord c'est un conflit qui a été un petit peu sous les radars depuis quelques semaines,
03:40puisqu'il a débuté début octobre.
03:44Il a été plus ou moins invisibilisé par, je dirais, le mouvement des lycéens.
03:48Mais les étudiants étaient déjà présents, et j'avais pris déjà un certain nombre de mesures,
03:51notamment les jours de manifestation nationale,
03:53la fermeture de l'établissement par précaution évidemment.
03:57Et puis nous avions déjà fait l'objet de blocages sur le campus du Moulin avant,
04:01et un petit peu également sur le campus Mailly.
04:03Mais finalement, jusqu'à présent, les choses se sont, je dirais, plutôt relativement bien passées.
04:10Il faut quand même le souligner, on voit beaucoup d'images extrêmement violentes,
04:12des bâtiments qui brûlent, des amphithéâtres occupés.
04:15Pas très loin de Perpignan, une université depuis un mois ne peut plus dispenser aucun cours.
04:20C'est loin d'être le cas à Perpignan.
04:22L'université Paul-Valéry de Montpellier, mais c'est le cas aussi à l'université Jean Jaurès à Toulouse.
04:26Donc il y a beaucoup d'universités où les faits que l'on peut constater sont bien plus importants
04:30que ceux qu'on constate à l'UPVD.
04:33Et j'en appelle toujours à la responsabilité de l'ensemble des acteurs.
04:36Ceux qui effectivement manifestent, et nous respectons le droit de manifester,
04:39mais également ceux qui souhaitent poursuivre leurs activités,
04:42qu'elles soient administratives, de recherche ou d'enseignement.
04:44Il y a deux semaines, vous avez co-signé avec d'autres présidents d'universités,
04:4879 autres présidents d'universités ou directeurs d'établissement.
04:51Un manifeste pour réclamer que la jeunesse soit une grande cause nationale
04:55avec trois priorités chiffrées, avec des montants exposés.
04:59Est-ce que vous pouvez nous exposer aussi ces priorités ?
05:02Oui, ce manifeste est extrêmement important parce qu'aujourd'hui,
05:06la question de la jeunesse en général et de l'enseignement supérieur de la recherche
05:10est totalement absente des débats relatifs à l'élection présidentielle.
05:15Alors il y a des sujets évidemment extrêmement importants, et il faut en parler,
05:18mais je ne comprends pas que le sujet de la jeunesse ne soit pas à l'ordre du jour
05:22dans les calendriers des candidats à l'élection présidentielle.
05:26Et France Université a raison, a raison de réclamer que ce sujet soit mis à l'ordre du jour
05:30de cette campagne présidentielle.
05:31C'est inadmissible qu'on ne parle pas de la jeunesse,
05:34parce que cette jeunesse, c'est la France de demain.
05:36Et donc préparer la France de demain, c'est la préparer tout de suite.
05:40Tous ceux qui ont en charge des responsabilités savent que gérer, c'est prévoir.
05:46Et donc on doit prévoir aujourd'hui, on doit bien gérer aujourd'hui pour prévoir l'avenir.
05:51Et vous réclamez un milliard d'euros dès 2027 ?
05:53Oui.
05:53Dans cette tribune ?
05:54Oui, exactement.
05:55Nous réclamons un milliard d'euros parce qu'il y a des actions qui doivent être menées.
05:58On ne peut pas, comme c'est le cas depuis de nombreuses années,
06:00maintenant je commence à être parmi les anciens présidents,
06:03en six ans que j'exerce cette fonction avec beaucoup d'honneur,
06:06on ne peut pas être en permanence dans des annonces qui nous demandent de réduire les moyens.
06:11On nous demande de réduire les moyens à tous les niveaux.
06:14On nous empêche de recruter, on nous demande de faire des efforts,
06:18on nous demande de ne pas diminuer les capacités d'accueil,
06:20parce qu'effectivement nous avons une responsabilité sociale,
06:23mais on ne nous donne pas les moyens d'accueillir ces étudiants dans de bonnes conditions.
06:26Donc tout ceci est dénoncé par France Université depuis des années,
06:29et bien sûr que je suis un des acteurs très associés à ces revendications.
06:33Ce milliard d'euros, il doit servir, vous dites dans cette tribune,
06:36à réformer les bourses, notamment pour sortir les étudiants de la précarité.
06:40Il doit servir aussi à rénover le bâti.
06:42Si on parle par exemple du campus du Moulin-Avent chez nous,
06:46est-ce que vous avez chiffré par exemple le montant des travaux
06:49qui pourraient être engagés pour rénover le bâti de ce campus ?
06:52Écoutez, c'est quelque chose qui est géré dans ce qu'on appelle le contrat de plan en état-région,
06:56que nous avons signé en 2021 pour la période 2021-2027.
06:592027 c'est déjà demain, et je peux aujourd'hui constater que la question de l'exécution
07:04de ce contrat de plan en état-région pose question.
07:08Je savais que leur exécution parfaite était toujours quelque chose de difficile,
07:14mais aujourd'hui on peut dire que nous sommes dans une exécution très imparfaite.
07:18Très imparfaite parce que sur les 33 millions d'euros que nous avions,
07:22je dirais en promesse, je dirais d'investissement,
07:25nous sommes très loin de ce chiffre-là aujourd'hui.
07:27Merci beaucoup Yvan Ogué d'avoir été avec nous aujourd'hui,
07:30président de l'Université de Perpignan via Domitia.
07:33Merci beaucoup à vous, bonne journée.
07:35Merci, bonne journée à vous.

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