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  • il y a 7 minutes
Vague bleue aux Etats-Unis. Le Parti démocrate a largement remporté les élections de mi-mandat, obtenant une majorité à la Chambre des représentants et au Sénat américain. Les Américains ont ainsi infligé un camouflet au président républicain Donald Trump, dont ils ont rejeté le bilan.


Direction de la rédaction : Nicolas Charbonneau - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clémentine Spiler, Barbara Gouy, Antoine Gueguen-Georgeais - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Photo : PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Martin ROCHE - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : FoxNews, LCI, CBSNews, C-Span, ABCNews, BBC, BFMTV



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Transcription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:10Les sondages ne s'étaient pas trompés aux Etats-Unis.
00:13Donald Trump a été sanctionné dans les urnes.
00:15Les Républicains ont perdu le mardi 3 novembre les élections de mi-mandat, les midterms.
00:20C'est une vague démocrate, les démocrates qui décrochent la majorité à la fois à la Chambre des représentants et
00:26au Sénat.
00:27Il remporte aussi des postes de gouverneurs dans plusieurs Etats républicains jusqu'ici, comme l'Ohio et le Texas.
00:34On fait le point sur ce scrutin aujourd'hui dans Codesources avec un spécialiste des Etats-Unis, un sondeur, Mathieu
00:40Gallard, directeur d'études chez Ipsos BVA.
00:49C'est une gifle pour Donald Trump. Les élections de mi-mandat donnent les démocrates largement vainqueurs.
01:08Mathieu Gallard, on commence par les résultats, avant de parler ensuite des raisons de cette lourde défaite des Républicains et
01:14des conséquences de ce scrutin,
01:16de l'avenir pour le camp démocrate. Les résultats d'abord, une très nette victoire des démocrates qui remportent la
01:23majorité à la fois à la Chambre des représentants,
01:26l'équivalent de l'Assemblée nationale et au Sénat.
01:28Oui, tout à fait. Et c'est donc une bascule des deux chambres du Congrès, qui étaient à majorité républicaine
01:33jusqu'à présent et qui, pour les deux,
01:35tombent dans l'escarcelle démocrate. Et puis c'est une bascule qui, en plus, est très large, puisque à la
01:40Chambre des représentants,
01:41les projections à l'heure actuelle donnent autour de 250-255 élus démocrates, ce qui est beaucoup et beaucoup plus
01:49que ce qui était anticipé à la veille du scrutin.
01:51Et puis au Sénat aussi, on pourrait arriver à 54-55 sièges pour les démocrates, donc une majorité très solide
01:59sur les 100 sénateurs,
02:00avec en plus un certain nombre d'États très républicains, dans lesquels les Républicains sauvent leur peau, mais à très
02:07peu de voix.
02:09Les élections de mi-mandat sont traditionnellement défavorables au président au pouvoir, mais ce qui frappe dans ces résultats, c
02:16'est l'ampleur de la défaite pour Donald Trump.
02:19Oui, les mi-termes aux États-Unis, c'est toujours une défaite, en fait, depuis les années 1860,
02:24donc depuis qu'il y a l'opposition entre les démocrates et les républicains.
02:27Il y a eu seulement trois exemples d'élections de mi-mandat où le parti du président avait progressé.
02:32Donc en soi-même, ce n'est pas une surprise, cette défaite républicaine,
02:35mais ce qui est plus marquant, c'est l'ampleur, effectivement, des reculs qui sont très nets dans les deux
02:40chambres du Congrès.
02:41Il faut revenir à minima aux élections, soit de 2010, c'était la première mi-terme d'Obama,
02:48soit de 1994, les premières mi-termes de Bill Clinton, pour retrouver ça.
02:52Et en fait, pour retrouver pire, il faut peut-être remonter à 1946, c'était sous Harry Truman,
02:57donc ça remonte vraiment à longtemps.
02:59Donc on voit là qu'on est dans quelque chose, alors qui n'est peut-être pas historique,
03:03mais qui est en tout cas un vrai mouvement de fond,
03:05qui témoigne vraiment du mécontentement d'une grande majorité des Américains
03:09vis-à-vis à la fois du bilan de l'administration Trump,
03:12et puis de la situation du pays et de leur propre situation.
03:15Si on entre dans le détail, parmi les victoires démocrates dont on parle beaucoup aux Etats-Unis,
03:20il y a celle de Josh Turek, un ancien athlète paralympique,
03:24qui a été élu sénateur dans l'Iowa, un état du Midwest.
03:29Les démocrates gagnent un siège de sénateur dans le Kansas, au cœur des Etats-Unis,
03:34et c'est une première depuis 1932.
03:37Dans le Maine, le candidat démocrate, un bûcheron, Troy Jackson, est élu sénateur.
03:46Mathieu Gallard, le Texas, l'un des Etats les plus conservateurs,
03:50bascule avec une victoire du candidat démocrate pour le Sénat,
03:54pour la première fois depuis 1988.
03:57C'est James Talarico, 37 ans, lancé en politique il y a à peine plus d'un an,
04:03un homme de foi, chrétien, protestant, petit-fils de pasteur,
04:06qui a lui-même étudié pour devenir pasteur, avant de devenir finalement professeur d'anglais.
04:16Le Texas, c'est un état qui est effectivement de tradition très conservatrice,
04:19après qui a quand même aussi beaucoup évolué au cours des dernières décennies.
04:24Et c'est vrai qu'à chaque élection, quasiment, on se demande est-ce que ça va être l'élection
04:27où finalement, pour la première fois depuis longtemps,
04:29le Texas va à nouveau voter pour un candidat démocrate.
04:32Et là, ça y est, on a effectivement cette victoire de James Talarico au Texas.
04:37C'est une victoire qui, en plus, n'est pas serrée.
04:39Il va probablement finir avec une marge d'avance très considérable sur son adversaire.
04:44C'est une victoire qui s'explique par plusieurs dimensions.
04:46Premièrement, il y a une dimension sociologique.
04:48On a déjà au Texas deux mouvements qui favorisent les démocrates.
04:53Le premier, c'est que c'est un état avec de très grandes métropoles,
04:57Dallas, Houston, Austin, autour desquels, en fait, il y a des banlieues qui sont immenses, tentaculaires.
05:02Et dans ces banlieues, il y a beaucoup de personnes blanches, plutôt diplômées.
05:07Et ça, c'est un électorat, en fait, qui auparavant, votait républicain,
05:12mais était plutôt modéré et a été très heurté par l'arrivée de Trump.
05:16Et donc, c'est un électorat qui bascule de plus en plus vers les démocrates.
05:19Et puis, par ailleurs, on a dans le sud du Texas, notamment,
05:23une communauté hispanique très forte, qui avait, en 2024,
05:26plutôt basculé en faveur de Trump.
05:28Et là, qui revient très nettement vers le camp démocrate.
05:31Et puis, il y a des dimensions aussi de personnalité.
05:34On a donc le candidat démocrate, enfin, le nouveau sénateur, James Talarico,
05:38qui est une personnalité intéressante, qui est difficile à classer idéologiquement.
05:43Est-ce qu'il est plutôt à la gauche du parti, plutôt au centre ?
05:45Ce n'est pas évident de le dire.
05:46Mais en tout cas, il a cette capacité, à la fois, déjà, à beaucoup parler de Dieu.
05:51Vous le disiez, il était ancien séminariste.
05:53Et c'est vrai que c'est quelque chose qui peut permettre de nouer un contact plus facile
05:58avec un électorat plutôt conservateur.
06:00C'est aussi un candidat qui a beaucoup parlé des enjeux du quotidien des Américains.
06:17Et puis, face à lui, il avait un candidat républicain
06:20qui n'avait pas toutes les chances de son côté.
06:22Il était déjà extrêmement conservateur à la droite de Trump
06:25et très contesté par les républicains locaux.
06:29Il avait été attorney général du Texas, ministre de la Justice, procureur général.
06:35Et il avait fait l'objet, au niveau local, d'une procédure d'impeachment, de destitution,
06:40qui avait été votée non seulement par les démocrates, évidemment,
06:43mais aussi par quasiment la moitié des républicains locaux.
06:46Donc, il était en plus en conflit avec une partie du parti républicain local.
06:49Et là, il en paye sûrement les conséquences.
06:56Les Américains ont aussi voté pour le poste de gouverneur dans de nombreux États
06:59et au Texas, pour la première fois de l'histoire de cet État du Sud,
07:04qui est donc, on l'a dit, un bastion républicain.
07:06Le Texas aura une gouverneure latino-américaine.
07:10Elle s'appelle Gina Hinojosa et elle est démocrate.
07:15Oui, c'est une victoire qui est peut-être encore plus inattendue que celle de James Talarico.
07:20Les sondages la donnaient au coude à coude avec le gouverneur républicain sortant, Greg Abbott.
07:26Et là aussi, elle bénéficie de cette vague.
07:28Elle a beaucoup bénéficié du vote, notamment des Hispaniques,
07:31mais pas seulement.
07:32Elle a évidemment su aller largement au-delà de cet électorat-là
07:35et bénéficie, elle aussi, du mécontentement d'une grande partie de la population
07:39vis-à-vis de la situation économique.
07:45Mathieu Gallard, Donald Trump s'est beaucoup investi personnellement dans cette campagne.
07:49Un meeting par jour dans les dernières semaines de campagne.
07:52Et il a dit aux électeurs, faites comme si mon nom était sur les bulletins de vote.
07:56Est-ce que c'est une défaite personnelle pour lui ?
07:58C'est assez curieux, en fait, comme stratégie,
08:01parce que les élections de mi-mandat, que les présidents le veuillent ou non,
08:05c'est pour les électeurs un référendum sur l'action du président.
08:08Et quand on a un président qui est aussi impopulaire
08:11que Donald Trump ait actuellement, la stratégie logique aurait été de se faire plutôt discret
08:16pour faire en sorte que les candidats républicains puissent mettre en avant des enjeux locaux,
08:21puissent éventuellement se distancer de la présidence.
08:24Il a fait exactement l'inverse, donc il a très fortement personnalisé la campagne
08:28en promouvant lui-même l'idée de ce référendum.
08:31Et là, il en paye clairement les conséquences.
08:34Donc Donald Trump tourne autour de 35% de popularité dans les sondages.
08:38Il est extrêmement impopulaire.
08:40C'est des niveaux qui sont vraiment très bas pour les États-Unis.
08:43Il a perdu une partie considérable de son crédit auprès des électorats
08:47qui avaient été clés dans sa réélection en 2024.
08:50On parlait des Hispaniques, mais il y a aussi les jeunes hommes,
08:53il y a aussi les électeurs indépendants.
08:55C'est-à-dire ces rares hésitants, en fait, entre les deux parties.
08:58Tous ces électorats-là ont été très très déçus
09:00et semblent être massivement repassés chez les démocrates.
09:04Voilà, il emporte assez clairement la responsabilité.
09:07Justement, on en vient aux raisons de cette vague démocrate, Mathieu Gallard.
09:10La principale raison, c'est la cherté de la vie,
09:13le prix du carburant à la pompe,
09:14ou encore les frais de santé, par exemple.
09:16Oui, alors très clairement, le principal enjeu pour les Américains,
09:19c'était l'aspect économique, l'inflation, le coût de la vie.
09:23Les sondages, ça le montre extrêmement clairement.
09:25Et d'ailleurs, ce n'est pas compliqué de le constater
09:28quand on regarde la campagne qu'ont mené les candidats démocrates,
09:32que ce soit des candidats de l'algologie parti
09:34ou des candidats de l'elcentriste.
09:35Ils ont tous parlé des mêmes sujets.
09:37Ils ont tous eu des propositions assez proches
09:39qui, effectivement, visaient à améliorer très concrètement
09:42le quotidien des Américains
09:44sur la question de la cherté du logement,
09:47sur la question de la cherté des transports,
09:50sur la question des crèches,
09:51sur la question des prix des produits alimentaires.
09:53Et c'est vrai que mettre en avant ces enjeux du quotidien,
09:55ça leur a sans doute permis de pouvoir démontrer
09:58une forme de proximité avec l'électeur moyen.
10:01L'économie américaine est en croissance,
10:03plus de 3% actuellement de croissance,
10:05mais les Américains n'en voient pas la couleur de cette croissance.
10:08Oui, quand on interroge les Américains,
10:10ils nous disent très très majoritairement
10:12que la situation du pays est mauvaise,
10:14que leur situation est mauvaise
10:16et que les perspectives ne sont pas bonnes.
10:18Et c'est vrai que du coup,
10:18il y avait une sorte de disjonction de plus en plus forte
10:21entre le discours de la Maison Blanche et de Donald Trump,
10:24qui mettait l'accent sur les chiffres très macroéconomiques,
10:27le taux de croissance, le niveau de la bourse aussi.
10:30Oui, c'est ça, c'est vraiment porté par l'intelligence artificielle
10:33et la bourse, les cours de bourse aux Etats-Unis
10:35qui s'envolent aujourd'hui.
10:36Oui, exactement.
10:37Mais ça, les Américains n'en bénéficient pas tous,
10:40même si c'est vrai que le fait de posséder des actions
10:42est beaucoup plus répandu aux Etats-Unis qu'en Europe.
10:45Il n'empêche que beaucoup n'en possèdent pas
10:47ou en possèdent peu
10:48et donc ça a peu d'impact sur leur vie.
10:51Aux yeux des électeurs,
10:52le compte n'y a pas du tout été.
10:53L'autre raison de la défaite de Donald Trump,
10:55c'est la guerre qu'il a lancée en Iran en février.
10:58Je ne pense pas que ça ait tant joué...
11:00Enfin, si ça a joué,
11:02pour moi ça a joué de manière conjointe avec l'économie.
11:06En soi-même, la guerre en Iran
11:07n'a pas du tout été appréciée par les Américains,
11:09mais je ne pense pas que ça ait été un moteur de leur vote.
11:11Ce qui a été un moteur de leur vote,
11:13c'est le fait qu'elle a encore aggravé la situation économique
11:17en renchérissant le prix des carburants,
11:20mais déjà avant la guerre,
11:22la situation n'était pas satisfaisante
11:24du point de vue de l'inflation aux yeux des Américains.
11:26Ça explique sans doute une partie de l'ampleur de la défaite,
11:29mais même sans guerre en Iran,
11:31la défaite aurait sans doute été là
11:32et elle aurait sans doute été déjà assez nette.
11:35En revanche, il y a sans doute un point
11:36qui me paraît important pour expliquer cette défaite.
11:39Je pense qu'en fait, Donald Trump et son entourage
11:42ont fait une mauvaise interprétation des résultats en 2024.
11:45En 2024, c'était une élection qui était serrée.
11:48Contrairement à tout ce qu'on a dit à l'époque,
11:50Donald Trump a eu 1,5 point de plus
11:52que Kamala Harris au niveau national.
11:54Et c'est vrai que chez Donald Trump,
11:56chez les stratèges républicains,
11:58chez beaucoup aussi de journalistes et d'experts,
11:59il y avait pourtant l'idée
12:00que c'était une sorte de vague républicaine
12:03qui finalement ouvrait une période de domination conservatrice
12:06et d'adhésion de la population américaine
12:09à une partie de cette idéologie.
12:11Et en fait, ce n'était pas du jour le cas.
12:13En 2024, c'était déjà une réaction économique
12:16de mécontentement vis-à-vis du bilan de l'administration Biden.
12:19Et là, deux ans après,
12:21ça se retourne à l'encontre des Républicains.
12:25Pendant la soirée électorale aux États-Unis,
12:27les candidats démocrates victorieux
12:29ont insisté sur les inégalités dans le pays,
12:32une fracture en résumé entre le peuple
12:34et les milliardaires, les puissants.
12:35Ils disent que les puissants
12:37ont essayé de voler cette élection
12:39et que le peuple a répondu dans les urnes en substance.
12:42Mathieu Gallard, il y a aux États-Unis
12:44un sentiment d'abandon du peuple par les élites ?
12:47Ah oui, c'est très clair.
12:49Et c'était déjà ce qui était à l'origine
12:50des succès de Trump
12:52dès son arrivée sur la scène politique
12:54en 2015, en 2016.
12:55Il était quelque part le porte-voix
12:57de cette Amérique
12:59qui se sentait oubliée par les élites traditionnelles,
13:01qu'elles soient démocrates ou républicaines.
13:03Et il était sur une rhétorique
13:05qui, dès l'origine, était très populiste,
13:08très anti-système.
13:09Mais là, c'est vrai qu'après avoir été
13:10à la Maison-Blanche depuis déjà 6 ans,
13:132016-2020, et puis à nouveau depuis 2024,
13:16il est lui-même assimilé
13:18par beaucoup d'électeurs
13:19qui, parfois, ont pu voter pour lui
13:21dans le passé,
13:22à ces élites qui ont failli
13:24puisque, pour beaucoup d'électeurs,
13:27les résultats ne sont pas du tout
13:28à la hauteur des attentes.
13:29Mathieu Gallard, maintenant,
13:30après ce désaveu,
13:32que va pouvoir faire Donald Trump ?
13:33Les Américains ont une expression
13:34pour parler des présidents affaiblis
13:36en fin de mandat.
13:38Lame duck, un canard boiteux.
13:40Est-ce que c'est le cas de Donald Trump aujourd'hui ?
13:42Est-ce qu'il va être considérablement affaibli ?
13:44Il va l'être en partie.
13:45Il va faire face à un congrès
13:47dont les deux chambres,
13:48la Chambre et le Sénat,
13:49vont être à majorité démocrate.
13:51Et ça fera qu'aucune législation
13:53ne pourra passer.
13:54Mais lui-même pourra, cela dit,
13:57empêcher aussi
13:58cette majorité démocrate
14:00de passer des lois ambitieuses
14:01parce qu'il dispose
14:01d'un droit de veto très important.
14:04Après, il faut aussi bien voir
14:05que, durant la première partie
14:07de son mandat,
14:08l'activité législative,
14:09ça n'a pas été le fort
14:11de Donald Trump.
14:12Il a réussi à faire passer
14:13une loi fiscale
14:14qu'il a surnommée
14:15la Big Beautiful Bill,
14:16donc la belle et grosse loi.
14:19Mais, en dehors de ça,
14:20il n'y a pas eu grand-chose
14:21et il a essentiellement
14:22gouverné par décret.
14:23Ce qui a des conséquences
14:25bien concrètes.
14:26Les décrets,
14:26ça peut très facilement
14:28être cassé,
14:28soit par son successeur,
14:30s'il est démocrate,
14:31soit en cours
14:32par la justice.
14:33Ça, il pourra continuer
14:34à le faire,
14:35mais c'est vrai qu'avec
14:36des démocrates au Congrès
14:37encore plus puissants,
14:38ça sera encore plus compliqué
14:39de pouvoir légiférer.
14:42Et on voit bien que là,
14:43en fait, ce qui va se passer,
14:44c'est qu'on va avoir
14:45un président de Donald Trump
14:46qui aura un bilan
14:47extrêmement faible
14:48parce qu'à part
14:49cette loi fiscale,
14:50tout le reste risque
14:51d'être rapidement détricoté
14:53dans les mois
14:54et les années qui viennent.
14:55Oui, et Donald Trump
14:56a d'ailleurs reconnu
14:57sa défaite.
14:58Il ne conteste pas
14:59le résultat de ces élections
15:00et il a dit
15:02sur Fox News
15:03dans une interview
15:04téléphonique
15:05qu'il n'hésitera pas,
15:06en effet,
15:07à bloquer
15:07des textes démocrates.
15:15Mathieu Gallard,
15:16de leur côté,
15:17les démocrates,
15:18qu'est-ce qu'ils vont
15:18pouvoir faire
15:19en ayant la majorité
15:21au Congrès ?
15:22Est-ce qu'ils vont
15:22pouvoir lancer
15:23des enquêtes
15:23sur l'action
15:24de l'administration
15:25Trump
15:26et sur la corruption ?
15:27Oui, alors ça,
15:28il suffit d'avoir
15:29de façon
15:29le contrôle
15:30de la Chambre
15:30des représentants
15:31pour le faire.
15:32Donc ça,
15:32il n'y aura pas de soucis.
15:33Il pourra y avoir
15:33des enquêtes
15:35sur Donald Trump,
15:36sur l'administration,
15:37sur les proches
15:37de Trump.
15:38Aucune difficulté.
15:40Il y a la question
15:41de l'impeachment
15:41qui se pose.
15:42L'impeachment,
15:43donc la destitution
15:44du président.
15:45Ça, il y a besoin
15:45que le président
15:47soit mis en accusation
15:48par la Chambre
15:49et puis ensuite
15:49que la destitution
15:50soit votée
15:51par le Sénat.
15:52Mais en revanche,
15:53il faut une majorité
15:53très large au Sénat
15:54pour qu'elle soit votée
15:55et là, on n'y est pas du tout.
15:57Donc il est extrêmement
15:58improbable
15:59qu'il y ait
16:00une procédure
16:01d'impeachment
16:01et encore plus
16:03qu'elle arrive à son terme.
16:04L'autre point
16:05sur lequel les démocrates
16:06peuvent essayer
16:07d'avancer,
16:07c'est des lois
16:08qui permettraient
16:09effectivement,
16:10notamment sur ces enjeux
16:11socio-économiques,
16:12d'améliorer la situation
16:13concrète des Américains.
16:15La difficulté,
16:16c'est qu'ils feront face
16:17au veto potentiel
16:18de Donald Trump.
16:19Mais il n'est pas
16:19non plus impossible
16:20que Donald Trump
16:21soit peut-être
16:21plus conciliant
16:22que ce à quoi on s'attend.
16:24Il faut se souvenir
16:24que l'an dernier,
16:25après l'élection
16:27de Zoran Mamdani,
16:28donc ce démocrate de gauche
16:29à la mairie de New York,
16:31tout le monde s'attendait
16:32à ce qu'il y ait
16:32des clashes en permanence
16:34entre les deux hommes
16:35et finalement,
16:36la première fois
16:36qu'ils se sont vus,
16:37le courant est très bien passé.
16:38Donc on peut aussi
16:40imaginer avec Donald Trump
16:41qui est relativement
16:42imprévisible
16:43que ça se passe bien
16:44au Congrès.
16:44Est-ce qu'il y a déjà
16:45des potentiels
16:46champions démocrates
16:47qui apparaissent
16:48pour la prochaine
16:49présidentielle américaine
16:50dans deux ans ?
16:50Alors, il y en a
16:51qui étaient déjà
16:53présents
16:53avant ces élections
16:54de mi-mandat.
16:55On peut penser
16:56au gouverneur de Californie,
16:58Gavin Newsom.
16:58On peut penser
16:59à l'ancien secrétaire
17:01au transport
17:02de Joe Biden,
17:03c'est Pete Buttigieg.
17:04Et il y a plusieurs noms
17:06qui sont sortis
17:07de ces élections
17:08de mi-mandat.
17:08On peut penser
17:09au sénateur facilement,
17:11même triomphalement réélu
17:12en Géorgie
17:14qui est pourtant
17:14à Swing State,
17:15c'est John Ossoff
17:16qui est un démocrate
17:18plutôt modéré.
17:18Et puis, il y a aussi
17:21potentiellement
17:21ce nouveau sénateur
17:22démocrate au Texas,
17:24James Talarico,
17:25alors qu'il sera
17:26peut-être un peu frais
17:27pour être candidat
17:28aux primaires démocrates
17:29en 2028
17:30puisqu'il n'aura été
17:30sénateur que deux ans.
17:32Il aura, par ailleurs,
17:34auparavant,
17:35été pendant quelques années
17:36à la législature locale
17:37du Texas.
17:38C'est un peu
17:38l'équivalent du conseil
17:40départemental
17:40si on veut aller par là.
17:42Mais voilà,
17:42c'est des élections
17:43qui nous montrent
17:44que chez les démocrates,
17:45en tout cas,
17:45il y a un certain nombre
17:46de noms qui peuvent émerger
17:47dans les années à venir.
17:49Mathieu Gallard,
17:49si on parle des républicains
17:50déçus qui ont voté démocrate
17:52pour sanctionner Donald Trump,
17:54qu'est-ce qu'ils attendent
17:54aujourd'hui des démocrates ?
17:55Alors, je ne suis déjà pas sûr
17:57qu'il y ait tant de républicains
17:58déçus qui aient voté démocrate.
18:00Je pense qu'il y a eu,
18:01avant tout,
18:01beaucoup d'abstention
18:02dans cet électorat-là.
18:03On est dans un pays
18:04qui est tellement divisé,
18:05polarisé,
18:05que c'est quand même difficile
18:07quand on est dans un camp
18:08de passer dans le camp adverse.
18:10Mais ce qui est certain
18:11et ce qu'on voit
18:12dans toutes les enquêtes
18:13et ce que les résultats
18:14de ces élections montrent,
18:15c'est que ce que veulent
18:17les électeurs,
18:18de quel qu'on qu'il soit,
18:20c'est des dirigeants politiques
18:22qui soient à l'écoute
18:23de leurs problèmes
18:23très concrets,
18:24très pratiques,
18:25du quotidien
18:26et qui tentent
18:27d'y apporter des réponses.
18:28Et si on reprend l'exemple
18:29de ce qui s'est passé
18:30à New York,
18:31Zoran Mamdani,
18:32même pour une ville
18:33comme New York,
18:34il est quand même situé
18:34très à gauche,
18:35il est aujourd'hui très populaire
18:37dans sa ville de New York
18:38parce qu'il a commencé
18:39à mettre en place
18:40en matière de transport,
18:42en matière de logement,
18:42en matière d'éducation
18:43des mesures
18:44extrêmement concrètes
18:45qui apportaient des solutions
18:46à un certain nombre
18:47d'électeurs de sa commune
18:48et c'est ça
18:49qui pourrait être
18:50pour les démocrates
18:51le plan
18:51qui pourrait leur permettre
18:52de démontrer aux électeurs
18:54que s'ils les envoient
18:57à la Maison-Blanche
18:58en 2028,
18:59ils pourront continuer
19:00sur cette voie.
19:12Merci Mathieu Gallard,
19:13je rappelle que vous êtes
19:14directeur d'études
19:14chez Ipsos BVA,
19:16spécialiste des tendances
19:17électorales
19:18et des Etats-Unis.
19:19Vous avez signé
19:20notamment en 2024
19:21un livre intitulé
19:23Les Etats-Unis
19:24au bord de la guerre civile ?
19:25Point d'interrogation.
19:26C'est aux éditions de L'Aube.
19:28Merci à Charles Le Saint-Sauveur
19:29pour son aide.
19:30Cet épisode de Code Source
19:31a été produit par
19:32Clémentine Spiller,
19:33Barbara Gouy
19:33et Antoine Guéguin-Georget.
19:36Réalisation,
19:36Julien Moncouquiol
19:38pour suivre les résultats
19:39de ces élections
19:40aux Etats-Unis.
19:41Rendez-vous sur
19:41leparisien.fr
19:43Et puis n'oubliez pas
19:44chaque samedi
19:44notre second podcast
19:46consacré aux faits divers,
19:48Crime Story,
19:48Crime Story
19:49présenté par
19:50Claudia Prolongeau
19:51et Damien Delsenie.
19:58Sous-titrage Société Radio-Canada

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