00:00Etienne, l'histoire en direct maintenant avec vous Virginie Giraud.
00:03Nouvelle journée de mobilisation à l'appel des syndicats, ce jeudi on en parle beaucoup.
00:07Et ce climat social tendu depuis le 17 octobre, il vous rappelle vous les journées révolutionnaires de juin 1848.
00:13Oui, au 19ème siècle, il y a plein de répliques de la révolution française,
00:17mais il y en a une qui marque une rupture pour le théoricien du communisme Karl Marx,
00:22c'est celle de juin 1848.
00:24Quatre mois plus tôt, la révolution de février donnait naissance à la Deuxième République.
00:28On pensait que par un coup de baguette magique, on allait sortir de la crise économique et vivre l'égalité
00:34et la fraternité.
00:35Des ateliers nationaux, des sortes d'usines d'État sont donc créés, selon les volontés des socialistes,
00:41pour assurer un travail aux ouvriers démunis.
00:44Sauf que malheureusement, l'économie, ça ne marche pas comme ça.
00:47Dès le mois de juin, ces ateliers qui coûtent trop cher sont fermés,
00:50et on se retrouve avec des ouvriers sensibles aux idées socialistes et communistes qui n'ont plus d'emploi.
00:56Et en plus, l'État veut obliger les jeunes de 17 à 25 ans à intégrer l'armée.
01:01Tout ça débouche sur une manifestation dans les rues de Paris le 22 juin 1848,
01:06et comme le constate Marx, cette fois, on a une manifestation de prolétaires.
01:11Il n'y a plus de leader de la bourgeoisie, comme c'était le cas dans les précédents épisodes révolutionnaires.
01:16Ce sont un peu les ancêtres des Gilets jaunes et des lycéens d'aujourd'hui.
01:19Alors, depuis le 17 octobre, Virginie, on redoute la présence de casseurs, de pilleurs dans ces manifestations.
01:24C'était le cas déjà en juin 1848 ?
01:27Il y a eu beaucoup de violences, mais pas de même nature.
01:29En juin 48, 40 000 manifestants montent des barricades dans les rues de Paris.
01:34Ils entassent des pavés, des voitures, du mobilier, parfois donné, parfois réquisitionné,
01:39dans les boutiques alentours, d'où l'épouvante des boutiquiers.
01:41Mais il n'y a aucun vol de marchandises.
01:44Les manifestants mettent un point d'honneur à ne rien piller.
01:47Et pourtant, l'État décide d'envoyer le général Caveniac mater l'insurrection.
01:52La garde nationale tire à balles réelles.
01:54Et à l'époque, la presse présente Caveniac comme le protecteur de la jeune République.
02:00Bon, il faut comprendre que pour le gouvernement provisoire,
02:02la préservation de la République passe avant les revendications sociales des citoyens les plus démunis.
02:08Et puis les insurgés font preuve d'une extrême violence envers les forces de l'ordre tombées entre leurs mains.
02:13Ils mettent leur tête coupée sur des barricades.
02:16Bilan de trois jours d'affrontement, 1800 morts du côté des forces de l'ordre, 4000 chez les insurgés.
02:23C'est un traumatisme collectif à l'époque.
02:26Et de son côté, Marx analyse ses journées révolutionnaires
02:29comme le triomphe de la République bourgeoise et du parti de l'ordre sur les prolétaires.
02:34C'est vrai que la bourgeoisie d'affaires du 19e siècle est critiquable à plein d'égards.
02:39Mais elle a quand même contribué au développement économique de la France
02:41puisque l'essor du chemin de fer et de l'industrie
02:44ont permis d'obtenir une croissance de 2,5% par an en moyenne.
02:48Pour comparaison, l'année dernière en 2025, on était à 0,8.
02:52L'histoire en direct avec Virginie Giraud.