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  • il y a 32 minutes
La IIe République, née en février 1848, suscite des attentes d'égalité et de fraternité. Pour donner du travail aux ouvriers démunis, des ateliers nationaux sont mis en place. Leur fermeture en juin, sur fond de crise économique, nourrit la colère sociale.

Virginie explique comment cette rupture débouche sur les journées de juin 1848 et les barricades parisiennes. Le pouvoir privilégie la défense de la République et charge le général Cavaignac d'écraser l'insurrection. La répression et les violences des combats laissent un traumatisme collectif, que Karl Marx analyse à travers la lutte des classes.

Pour aller plus loin :
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum.pdf
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/07/fe18480701.htm
https://www.persee.fr/doc/r1848_1155-8814_1904_num_1_1_1751
Regardez L'histoire en direct avec Virginie Girod du 05 novembre 2026.

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Transcription
00:00Etienne, l'histoire en direct maintenant avec vous Virginie Giraud.
00:03Nouvelle journée de mobilisation à l'appel des syndicats, ce jeudi on en parle beaucoup.
00:07Et ce climat social tendu depuis le 17 octobre, il vous rappelle vous les journées révolutionnaires de juin 1848.
00:13Oui, au 19ème siècle, il y a plein de répliques de la révolution française,
00:17mais il y en a une qui marque une rupture pour le théoricien du communisme Karl Marx,
00:22c'est celle de juin 1848.
00:24Quatre mois plus tôt, la révolution de février donnait naissance à la Deuxième République.
00:28On pensait que par un coup de baguette magique, on allait sortir de la crise économique et vivre l'égalité
00:34et la fraternité.
00:35Des ateliers nationaux, des sortes d'usines d'État sont donc créés, selon les volontés des socialistes,
00:41pour assurer un travail aux ouvriers démunis.
00:44Sauf que malheureusement, l'économie, ça ne marche pas comme ça.
00:47Dès le mois de juin, ces ateliers qui coûtent trop cher sont fermés,
00:50et on se retrouve avec des ouvriers sensibles aux idées socialistes et communistes qui n'ont plus d'emploi.
00:56Et en plus, l'État veut obliger les jeunes de 17 à 25 ans à intégrer l'armée.
01:01Tout ça débouche sur une manifestation dans les rues de Paris le 22 juin 1848,
01:06et comme le constate Marx, cette fois, on a une manifestation de prolétaires.
01:11Il n'y a plus de leader de la bourgeoisie, comme c'était le cas dans les précédents épisodes révolutionnaires.
01:16Ce sont un peu les ancêtres des Gilets jaunes et des lycéens d'aujourd'hui.
01:19Alors, depuis le 17 octobre, Virginie, on redoute la présence de casseurs, de pilleurs dans ces manifestations.
01:24C'était le cas déjà en juin 1848 ?
01:27Il y a eu beaucoup de violences, mais pas de même nature.
01:29En juin 48, 40 000 manifestants montent des barricades dans les rues de Paris.
01:34Ils entassent des pavés, des voitures, du mobilier, parfois donné, parfois réquisitionné,
01:39dans les boutiques alentours, d'où l'épouvante des boutiquiers.
01:41Mais il n'y a aucun vol de marchandises.
01:44Les manifestants mettent un point d'honneur à ne rien piller.
01:47Et pourtant, l'État décide d'envoyer le général Caveniac mater l'insurrection.
01:52La garde nationale tire à balles réelles.
01:54Et à l'époque, la presse présente Caveniac comme le protecteur de la jeune République.
02:00Bon, il faut comprendre que pour le gouvernement provisoire,
02:02la préservation de la République passe avant les revendications sociales des citoyens les plus démunis.
02:08Et puis les insurgés font preuve d'une extrême violence envers les forces de l'ordre tombées entre leurs mains.
02:13Ils mettent leur tête coupée sur des barricades.
02:16Bilan de trois jours d'affrontement, 1800 morts du côté des forces de l'ordre, 4000 chez les insurgés.
02:23C'est un traumatisme collectif à l'époque.
02:26Et de son côté, Marx analyse ses journées révolutionnaires
02:29comme le triomphe de la République bourgeoise et du parti de l'ordre sur les prolétaires.
02:34C'est vrai que la bourgeoisie d'affaires du 19e siècle est critiquable à plein d'égards.
02:39Mais elle a quand même contribué au développement économique de la France
02:41puisque l'essor du chemin de fer et de l'industrie
02:44ont permis d'obtenir une croissance de 2,5% par an en moyenne.
02:48Pour comparaison, l'année dernière en 2025, on était à 0,8.
02:52L'histoire en direct avec Virginie Giraud.

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