00:0111h-13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:05Je reviens vers vous pour un message WhatsApp, mais je suis en train de penser, moi pas, je pense à
00:09mon association,
00:10et je me rappelle à plusieurs reprises, j'ai dit qu'il y a des gens qui ont faim en
00:13France,
00:14et beaucoup de personnes se moquaient de moi,
00:15« Non, les gens n'ont pas faim en France ».
00:18Combien de fois j'ai vidé mon réfrigérateur pour une famille monoparentale qui avait faim en France, à Paris,
00:26parce qu'elle disait que c'était son dernier paquet de pâtes.
00:30Dans le silence le plus total, c'était pas, elle n'a pas crié ça à la radio,
00:34elle a dit nulle part un mail à 3h du matin, je ne sais pas quoi faire, c'est mon
00:39dernier paquet de pâtes,
00:41je regarde mon enfant et je ne sais pas quoi lui donner à manger.
00:44Ça, c'est la France.
00:46C'est pas normal.
00:47C'est pas normal, et c'est pas normal que les chefs d'État, les candidats à la présidentielle,
00:53au lieu de parler de CNews, au lieu de parler de sujets que Dieu me pardonne,
00:58nous sommes toutes inutiles, ne puissent pas s'intéresser à l'âme de la France,
01:03c'est-à-dire le quotidien des Français.
01:05On a un message de WhatsApp.
01:06Oui, il y a beaucoup de messages de WhatsApp, pardon,
01:080, 80, 20, 30, 21 ans, Christine.
01:10Bonjour Christine, il y a Laurent qui nous écrit,
01:12je suis moi aussi enseignant, 18 ans d'ancienneté et un salaire net de 2200 euros,
01:17en sachant que je travaille à 120 kilomètres de chez moi,
01:19je suis à découvert le 25 du mois, à se demander si cela vaut le coup de travailler.
01:24Et enfin, hier nous discutions avec mon conjoint de notre pouvoir d'achat
01:28et de notre envie d'avoir un enfant.
01:30C'est un projet qui nous tient à cœur,
01:32mais entre les prix du quotidien et le prix des cours qui ne cessent d'augmenter,
01:35nous ne pouvons malheureusement pas nous le permettre aujourd'hui.
01:38Nous allons donc devoir attendre le temps qu'il faudra.
01:41Faites un enfant, ça vous donnera tellement d'énergie.
01:43Faites un enfant quand même.
01:44Oui, mais bon, il y a des couples qui se posent la question suite à leur pouvoir d'achat,
01:50c'est malheureux.
01:52Oui, moi je suis comme Christine, il y a des enfants, c'est...
01:57Oui, mais le prix des couches, le prix de l'aile...
02:01Je comprends, mais c'est malgré tout un tel bonheur,
02:04ce serait triste de s'en priver pour ces questions-là.
02:07Et ma fille m'a appris à me battre.
02:09Et c'est vrai que les enfants vous donnent une énergie telle
02:11que ça décuple vos forces pour arriver à subvenir à leurs besoins.
02:16Vous savez, ils vous poussent...
02:17Je vais citer Sandrine Rousseau, c'est rare.
02:19Ah bon ?
02:20Attendez, je sors.
02:22Non, mais elle disait, je crois que c'était un reporter,
02:24elle disait que dans les difficultés, c'est mes enfants qui m'ont empêchée de commettre l'irréparable.
02:30Je crois qu'elle dirait quelque chose comme ça.
02:32Bien sûr.
02:32Je souscris.
02:34Voilà, c'est simplement ce petit mot que je voulais dire,
02:36ça n'enlève rien aux difficultés des uns et des autres que j'entends,
02:39mais voilà, c'est simplement ce que je voulais dire,
02:41parce qu'il me semble qu'on l'entend assez rarement,
02:44donc c'est important de le dire.
02:46Mais c'est vrai que Christine, vous avez raison.
02:48Pourquoi ?
02:49Parce que le quotidien des Français, en réalité,
02:54qui l'aborde réellement ?
02:55Là, honnêtement, depuis le début de la campagne, on parle de tout,
02:58on parle, comme vous dites, de CNU.
02:59On a des candidats qui vont faire des frites, Gabrielle,
03:01je veux bien, ça ne me dérange pas,
03:03mais donnez les frites à ceux qui ont faim.
03:05Oui, mais moi, je suis désolée,
03:06c'est pour ça que ça me choque profondément,
03:08profondément, quand je vois qu'un lycée à Toulouse est incendié,
03:11je me dis, ça va coûter combien encore aux contribuables ?
03:13Ne croyez pas que cet argent, il pourrait être mieux employé.
03:16J'ai l'habitude de compter en nombre d'EHPAD,
03:18vous voyez, qu'on pourrait installer,
03:20en nombre de climatisations qu'on pourrait installer dans des EHPAD,
03:22mais on pourrait aussi compter en nombre de paquets de pâtes,
03:25puisque c'est l'exemple que vous avez donné.
03:27Et moi, ça me révolte profondément ce genre d'agissement.
03:31– Gabrielle Cluzel sur Europe 1,
03:34merci de nous appeler au standard Europe 1,
03:37continuez à appeler pour témoigner,
03:38et rappelons que Pierre Vermeurene,
03:41quand on avait reçu dans Face à l'Info,
03:43disait que nous sommes le seul pays au monde
03:45où on brûle des écoles.
03:47Les gens peuvent être en colère,
03:49mais les gens ne brûlent pas,
03:50les gens peuvent manifester,
03:51mais ne brûlent pas leur établissement scolaire.
03:53– Il y a aussi un sujet qui a été abordé
03:55par le précédent message WhatsApp,
03:57ce professeur qui disait
03:58« Je suis à 120 kilomètres de l'école où j'enseigne ».
04:01Et ça, c'est un vrai sujet pour les enseignants
04:02qui parfois sont affectés très très loin
04:05de leur lieu de domicile.
04:06– Les jeunes, surtout les jeunes enseignants.
04:07– C'est un coût supplémentaire
04:09qui est difficile à supporter.
04:10– Appelez-nous au standard Europe 1 comme Lydie,
04:12vous êtes en ligne avec nous, 67 ans,
04:14vous habitez en Seine-et-Marne,
04:15vous êtes retraité,
04:161800 euros de retraite par mois,
04:19vous avez eu 1500 euros de réparation de chaudières,
04:22plus l'essence, plus d'autres filles au RSA,
04:25avec votre petite fille.
04:26Vous êtes à découvert tous les mois,
04:28vous n'y arrivez pas.
04:29Là, aujourd'hui, vous êtes à combien,
04:32ma chère Lydie ?
04:32Vous avez 67 ans à la retraite.
04:34Combien il vous reste sur votre compte ?
04:35On est le 5 novembre.
04:37– Là, j'attends.
04:39Alors, j'ai la retraite qui tombe le 2
04:41et j'ai la reversion de mon mari qui tombe le 9.
04:44Je suis à moins 600.
04:46– Donc, le salaire sert à recouvrir son découvert.
04:51– Voilà, le découvert qui reste couvert
04:56pendant 48 heures parce que c'est des conditions
04:59pour avoir droit au découvert.
05:01Mais voilà, je ne peux pas racheter de fioul.
05:03Il me reste 300 litres de fioul dans ma cube.
05:07Je ne m'en rachète pas.
05:08Je me sers du fioul qui me reste que pour l'eau chaude.
05:12J'ai 14 degrés dans ma chambre.
05:14J'ai acheté un poêle avec une bouteille de gaz
05:20que je mets dans mon couloir une demi-heure,
05:23une heure le soir.
05:24– Oh là là, merci en tout cas d'avoir témoigné,
05:28ma chère Lydie, parce que ça, c'est la réalité des Français.
05:31Merci infiniment, ma chère Lydie.
05:33On a eu un viticulteur, on a eu une retraitée,
05:35on a eu une enseignante.
05:36Merci aux standards européens
05:38de nous remonter à tous ces appels.
05:40– Une mère de famille qui aide ses enfants.
05:41– Une mère de famille qui aide ses enfants.
05:42– Parce qu'il n'y a plus d'ascenseur social,
05:44il y a un descenseur social.
05:45Je ne sais pas si ça existe, mais sans doute pas.
05:47– C'est ça, mais c'est exactement ça.
05:47– Mais ça recouvre une réalité.
05:49– C'est ça, c'est-à-dire que le travail,
05:51vos enfants ne sont pas capables de gagner mieux que vous.
05:55– Exactement.
05:56– Alors Guy, vous nous appelez de Maison-Alfort,
05:57ensuite on aura Giorgio qui nous appelle de Marseille.
05:59Bonjour Guy, vous êtes, vous, couvreur en bâtiment.
06:02On aura eu beaucoup de métiers ce matin.
06:04Racontez-nous votre quotidien.
06:06Vous êtes auto-entrepreneur.
06:07Bonjour Guy.
06:08– Bonjour Guy.
06:09– Bonjour Guy.
06:11– Oui, donc moi je suis couvreur,
06:13je suis passé auto-entrepreneur.
06:17Voilà, moi je vous écoute tous les jours.
06:19Ce qui m'a fait vous appeler ce matin,
06:22c'est que j'ai mis du carburant.
06:24Et il était à 2,10 euros,
06:26donc il y avait la queue, il y avait pas mal d'attentes.
06:30Et il y avait même des gens qui remplissaient des jerrycans.
06:33– Ah oui ?
06:33– Et oui, alors là, 2,10 euros,
06:36ça reste quand même un prix exorbitant.
06:38Bon, moi j'ai trois véhicules dans mon entreprise,
06:40donc je roule au diesel.
06:42Là en plus, j'ai dû prendre le chantier en déplacement,
06:47là je vous appelle depuis l'Est de la France.
06:49Et moi je pense que derrière ça,
06:51derrière la hausse du carburant,
06:53l'État veut aussi nous donner,
06:55nous a donné l'habitude d'avoir un carburant,
06:57en l'occurrence moi c'est du diesel,
06:59qui sera tout le temps au-dessus de 2 euros.
07:01pour preuve, à 2,10 euros,
07:03les gens remplissent des jerrycans.
07:04Donc je pense que…
07:05– C'est fou !
07:06– Dans un instant Guy,
07:07on va continuer à creuser cette question
07:09et ce que vous avez vécu ce matin
07:11et la raison qui vous a poussé à nous appeler.
07:13Vous avez 49 ans,
07:14vous habitez Maison-Alfort,
07:16vous êtes sorti faire de l'essence à 2,10 euros,
07:20et vous voyez des gens qui remplissent à 2,10 euros des jerrycans.
07:24Restez en direct avec nous sur Europe 1,
07:25on vous reprend tout de suite.
07:26– Oui oui, Guy de Maison-Alfort a appelé
07:28Christine Kelly au 01-80-20-39-21,
07:30faites la même chose,
07:31pour réagir au standard d'Europe 1,
07:32le numéro n'est pas sur Taxi.
07:3411h-13h, c'est Christine Kelly et vous,
07:36belle journée sur Europe 1.
07:37– Sous-titrage ST' 501