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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00:01Merci Fadila Maharoufi pour votre courage, merci Florence Bergeau-Blacler aussi pour votre travail.
00:00:08Je retiens, il faut se défendre, vos mots sont durs, vos mots sont durs Fadila Maharoufi
00:00:14parce que vous avez les deux pieds dans la réalité, vos mots sont terribles.
00:00:17Lorsque nous avons fait ce podcast ensemble, vous avez dit qu'il faut nous défendre.
00:00:22L'instant Christine Kelly, merci de nous avoir accordé ce temps.
00:00:25Je sais que vous allez à une conférence, merci infiniment.
00:00:28On va passer maintenant au 19h, Michel Fayad qui je pense avait plein de questions à vous poser va reprendre
00:00:33sa place.
00:00:34Et on va passer au sommaire du 19h.
00:00:38Au sommaire ce soir, l'insurrection dans la rue se double d'une stratégie d'insurrection informationnelle.
00:00:47Une partie de l'extrême gauche cherche à intimider les médias en multipliant les accusations de racisme,
00:00:53CNews, BFM jusqu'à TF1 pour avoir donné la parole à Edouard Philippe sur l'immigration.
00:00:57« Objectif, discréditer les médias pour imposer son récit et faire taire les voix qui le contredisent. »
00:01:05L'édito de Mathieu Bourque-Côté.
00:01:07« Les casseurs sont nécessaires », explique Mathieu Kassowitz.
00:01:11« Mais nécessaires à quoi ? À briser des vitrines, à détruire des commerces, à faire peur à ceux qui
00:01:16travaillent.
00:01:17Manifester est un droit, mais la violence n'en est pas le prolongement.
00:01:20Elle étouffe les revendications. Elle fait payer les autres.
00:01:23Comment peut-on inciter à casser lorsque des commerçants sont en larmes, lorsque des familles sont en pleurs ? »
00:01:29L'analyse de Gabriel Cluzel.
00:01:30Chaque semaine, le même spectacle des forces de l'ordre épuisées, insultées, humiliées.
00:01:36Derrière les uniformes, des femmes et des hommes qui connaissent aussi des salaires insuffisants et des conditions de travail difficiles.
00:01:43Leur colère mérite, elle aussi, d'être entendue.
00:01:46Le décryptage de Charlotte Dornelas.
00:01:49Alain Juillet est l'invité de Face à l'Info, ancien directeur du renseignement de la DGSE.
00:01:55Nous lui demanderons quelle est la racine de la crise sociale, selon lui.
00:02:00Les dirigeants mesurent-ils la colère du pays ?
00:02:02Comment distinguer une colère passagère d'une rupture profonde ?
00:02:06Que voient les services de renseignement que le pouvoir ignore ?
00:02:09La défiance envers les institutions menace-t-elle notre sécurité ?
00:02:13Alain Juillet est l'invité de Face à l'Info ce soir.
00:02:16Les syndicats font-ils désormais la loi reléguée au second plan au début de la présidence d'Emmanuel Macron ?
00:02:22Ils occupent aujourd'hui le devant de la scène.
00:02:24Les mobilisations s'enchaînent jusqu'au premier mai veille de la présidentielle.
00:02:29Quel retournement !
00:02:30Ceux que le pouvoir pensait pouvoir contourner sont-ils devenus aujourd'hui incontournables ?
00:02:34Feront-ils la présidentielle ?
00:02:36Les critos de Mathieu Bocoté.
00:02:38Et puis, la France négocie avec les talibans pour expulser des afghans considérés comme dangereux.
00:02:45Mais quelle garantie obtenir d'un régime qui piétine nos droits fondamentaux, notamment celui des femmes ?
00:02:51La France déclare n'avoir, je cite, aucune intention de reconnaître le pouvoir des talibans.
00:02:55Mais comment assurer notre sécurité sans renoncer à nos principes ?
00:02:59L'analyse de Michel Fayette.
00:03:01Une heure maintenant pour tout se dirait sans tabou.
00:03:03On continue avec Face à l'Info.
00:03:19Un million à six de personnes mobilisées aujourd'hui pour cette grande colère sociale selon la CGT.
00:03:26600 000 selon le ministère de l'Intérieur.
00:03:28Nous allons, place de la nation, retrouver notre journaliste sur place pour savoir un peu,
00:03:35est-ce que nous sommes toujours dans une ambiance à la fois bon enfant, à la fois festive,
00:03:40et en même temps avec des tensions avec les forces de l'ordre ?
00:03:44Là, en fait, l'ambiance festive a clairement quitté la place parce qu'il vient d'y avoir une charge.
00:03:51C'est la cinquième, sixième, peut-être septième en l'espace de 20 minutes.
00:03:54Une septième charge policière en l'espace de 20 minutes.
00:03:57Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que les manifestants ont provoqué un feu, ici un incendie.
00:04:02Et la police a voulu donner un accès aux pompiers pour éteindre ce feu.
00:04:08Et en fait, quand les pompiers ont pu éteindre ce feu, la police a reculé.
00:04:13Et c'est à ce moment-là que les tensions ont commencé,
00:04:15puisque les manifestants ont jeté des émotions, ont jeté des projectiles sur la police en disant
00:04:21« cassez-vous, cassez-vous la police », je cite.
00:04:23Et en fait, c'est à ce moment-là que tout a dégénéré,
00:04:25puisqu'il y a eu à ce moment-là une première charge, une deuxième,
00:04:27et ensuite d'autres jets de projectiles envers les forces de l'ordre.
00:04:30Et depuis, on est dans ce climat-là, ici, Place de la Nation,
00:04:33avec, vous l'avez vu, une sixième, septième charge dans l'espace de 20 minutes.
00:04:37Et c'est maintenant l'ambiance qui règne ici.
00:04:40Merci beaucoup. On reste à vos côtés.
00:04:43Et vous intervenez évidemment au cours de l'émission.
00:04:46S'il y a de nouvelles tensions ou d'autres actualités sur place,
00:04:50on reste à l'image pour continuer notre émission.
00:04:54Mathieu, pour côté, la prochaine révolution viendra-t-elle du Brésil ?
00:04:58Nous en parlions récemment et nous en reparlons aujourd'hui
00:05:01à la lumière de la mobilisation portée par LFI contre CNews.
00:05:05Cette stratégie, Mathieu, consiste à transformer les réseaux sociaux en champs de bataille,
00:05:12à y mener une guerre d'occupation du territoire intégral.
00:05:16Écoutez bien, de quoi parlons-nous concrètement, Mathieu ?
00:05:20Alors, c'est intéressant, on dit depuis des années que les réseaux sociaux sont devenus le nouveau théâtre de la
00:05:27bataille politique.
00:05:28Et le Brésil l'a confirmé dans la récente élection dont nous avons parlé ici, d'ailleurs.
00:05:34Alors, petit rappel, Bolsonaro arrive premier au premier tour et Lula, deuxième.
00:05:39Tout le monde considère alors que les sondages d'écart est tels que Bolsonaro devrait l'emporter.
00:05:46Pourtant, renversement de tendance significatif par une mobilisation exceptionnelle
00:05:51qui permet à Lula d'arriver premier, Bolsonaro battu, condamné à l'exil d'ailleurs.
00:05:56Que s'est-il passé ?
00:05:57Une forme d'éveil spontané d'une population qui soudainement prendrait peur devant le fils de l'autre ?
00:06:03Ou est-ce que nous sommes plutôt devant une mobilisation pilotée, planifiée,
00:06:08par des gens qui ont réussi leur cours, je ne conteste pas l'efficacité de la manœuvre,
00:06:11pour être capables de politiser des gens qui ne l'étaient pas,
00:06:13de mobiliser des gens qui ne l'étaient pas,
00:06:15de fabriquer quelque chose comme une armée numérique
00:06:19capable de renverser une tendance électorale ?
00:06:23Il y a derrière cela un homme dont on parle de plus en plus,
00:06:26un peu partout dans le monde d'ailleurs, et en France, on s'y intéresse beaucoup ces temps-ci,
00:06:29André Janon, j'espère ne pas mal prononcer son nom,
00:06:3242 ans, député fédéral brésilien,
00:06:35qui développe la thèse suivante, justement,
00:06:38nous pouvons renverser une tendance en politisant les non-politisés,
00:06:43en mobilisant les non-mobilisés,
00:06:45mais comment faire cela par la conquête du territoire numérique intégralement ?
00:06:49Qu'est-ce que ça veut dire, ça s'il y a un point de départ ?
00:06:51C'est le commun et mortel, soyons honnêtes,
00:06:53et moi qui appartiens à ma manière au système médiatique traditionnel,
00:06:57je constate de ce point de vue que nous n'avons pas le monopole de l'avenir.
00:07:00Les gens, aujourd'hui, s'informent beaucoup sur les réseaux,
00:07:04bien davantage, en fait, que dans les journaux où quelqu'un qui achète un journal papier,
00:07:07aujourd'hui, c'est une antiquité ambulante.
00:07:10J'en suis une, je précise, j'en achète beaucoup.
00:07:13Donc, les gens s'informent comment ?
00:07:15Même pas directement sur les sites des journaux,
00:07:17même pas directement sur le Figaro, ou Libération, ou CNews, ou BFM, qu'importe.
00:07:22Ils s'informent les informations qui leur arrivent par le filtre des réseaux.
00:07:25Donc, vous avez différents réseaux qui rejoignent différentes catégories de la population d'ailleurs.
00:07:29Vous avez Facebook, normalement, pour la part plus âgée de la population,
00:07:34plus dépolitisée quelquefois, ou plus sensible à différents récits.
00:07:37X, pour les passionnés de l'espace public, globalement,
00:07:39X, c'est l'espace public actif et conscient de lui-même.
00:07:42Mais vous avez aussi Instagram, TikTok et bien d'autres réseaux,
00:07:45et plus les chaînes WhatsApp et tout ça.
00:07:48Donc, le débat public ne se mène plus comme autrefois.
00:07:52Alors, dans la mesure où les gens sont sur ces réseaux-là,
00:07:55comment les rejoindre, de quelle manière ?
00:07:57Janon, le député fédéral, le stratège, le Machiavel du moment,
00:08:01l'ingénieur du chaos d'Iredi Ampoli,
00:08:03dit fondamentalement qu'il faut, c'est de détourner l'algorithme,
00:08:06parce qu'il est persuadé que l'algorithme est dit d'extrême droite,
00:08:08il dit que les réseaux sociaux appartenaient à l'extrême droite.
00:08:12Il faut donc renverser la chose.
00:08:14Comment faire la chose ?
00:08:15Il faut produire des contenus viraux à répétition sur le mode permanent.
00:08:20Mais comment on produit des contenus viraux aujourd'hui, globalement ?
00:08:23Il faut qu'il y ait une réactivité maximale aux tweets ou aux posts que vous faites.
00:08:27Donc, globalement, vous le publiez,
00:08:29et dans les secondes et les minutes qui suivent,
00:08:31vous devez exploser le compteur pour que ça circule et que ça devienne viral
00:08:35et que les gens sur les réseaux ne voient que cela.
00:08:38Comment y parvenir ?
00:08:39Janon a levé ce qu'on appelle l'armée de Lula.
00:08:42Donc, ils étaient quelques centaines de milliers.
00:08:44Ils ont été à la fin plusieurs millions de gens qui militent à temps plein
00:08:49et qui sont donc en train de conquêtes de l'espace numérique.
00:08:53Janon est un type, tout à fait honnête,
00:08:54une forme de Trotsky des temps présente,
00:08:58qui dit « Je vous demande, vous militants,
00:09:00de suspendre votre jugement individuel.
00:09:02Je vous demande de cesser de réfléchir par vous-même.
00:09:05Vous devez reproduire les consignes du parti.
00:09:08Vous devez reproduire le slogan du jour.
00:09:11Votre objectif, c'est de maximiser les interactions, je l'ai dit,
00:09:14de faire en sorte de créer une vague numérique.
00:09:17Mettez votre conscience de côté.
00:09:19Vous n'êtes pas un individu,
00:09:21vous êtes un élément parmi d'autres dans un flux numérique
00:09:24qui doit tout emporter.
00:09:27Je précise que ça fonctionne.
00:09:28C'est une forme de militarisation du militantisme numérique.
00:09:32Je fais une parenthèse, je ne sais pas si vous rappelez Samuel Madard
00:09:34de l'édito de Madard qui avait raconté effectivement
00:09:36cette stratégie numérique
00:09:38et de montrer que LFI est premier sur les réseaux sociaux.
00:09:41Et il s'en inspire d'ailleurs.
00:09:42Et donc l'idée est la suivante,
00:09:44c'est que vous devez, en mobilisant les gens comme ça,
00:09:46vous avez un objectif, là il y avait une élection présidentielle,
00:09:48ça fonctionnait.
00:09:48Donc vous donnez aux gens l'occasion,
00:09:50mobilisez-vous contre quelqu'un.
00:09:52Soyons, on est des humains,
00:09:53on est beaucoup plus facilement contre que pour.
00:09:55Donc vous devez globalement,
00:09:56puis la politique, dans la mesure où on pense que la politique
00:09:58est une forme de civilisation du conflit,
00:10:00ça consiste à dire, vous devez exterminer
00:10:03juridiquement ou politiquement
00:10:03cette ennemi que nous détestons à jamais.
00:10:05Et ça fonctionne.
00:10:07Les gens se mobilisent contre quelque chose,
00:10:09ils ont une cible, une cible à détruire,
00:10:11un objectif à atteindre.
00:10:13Et tous ceux qui pensent à la manière des...
00:10:14Vous savez, les faussages qui existent encore aujourd'hui
00:10:16qui disent, la vraie vie ne se passe pas
00:10:18sur les réseaux sociaux, la vraie vie est ailleurs.
00:10:20Non, hélas, aujourd'hui, la vraie vie est en bonne partie
00:10:22sur les réseaux sociaux.
00:10:23Donc on doit en tenir compte.
00:10:25Eh bien, leur stratégie a fonctionné.
00:10:27Leur stratégie est une conquête numérique
00:10:29qui a eu des effets électoraux immenses.
00:10:31Et aujourd'hui, elle passionne partout en Occident.
00:10:33Alors, venons maintenant en France, Mathieu Bocoté.
00:10:36Comment est la fille, entend-elle, importée ?
00:10:39Et comment elle importe, cette stratégie en France ?
00:10:42Très explicitement.
00:10:43Parce qu'eux se voient déjà, dans un deuxième tour,
00:10:45Le Pen-Mélenchon.
00:10:47Ils se disent globalement, Le Pen va arriver première,
00:10:50Mélenchon deuxième.
00:10:51Donc que se disent-ils ?
00:10:52Comment renverser la tendance ?
00:10:53Ils doivent, ils doivent, dans les circonstances,
00:10:56mobiliser ceux qui n'auront pas été votés au premier tour.
00:10:58Ils doivent mobiliser, je le disais, politiser un électorat
00:11:01qui, globalement, se fiche de la politique.
00:11:03Donc, c'est par la conquête des réseaux.
00:11:04Comment le faire dans les circonstances ?
00:11:06J'ai donné la méthode.
00:11:07Mais il faut préparer l'opinion.
00:11:09Il faut préparer les gens à fonctionner
00:11:10sur le mode de l'armée numérique.
00:11:11Et la séquence de la pétition contre CNews
00:11:14peut être vue comme la grande répétition
00:11:16qui permet cette conquête numérique.
00:11:19Alors, comment ça fonctionne dans les circonstances ?
00:11:21On mobilise les trois, on leur donne une cible.
00:11:23Vous pouvez fermer CNews.
00:11:24Si vous, bonhomme, si vous, madame, vous cliquez,
00:11:27si vous retweetez, si vous signez la pétition,
00:11:28si vous la faites signer par votre beau-frère,
00:11:30votre belle-sœur, votre amant, votre maîtresse,
00:11:32votre frère, qu'en sèche, votre mari.
00:11:33Oui, bien sûr, c'est ça.
00:11:34C'est ça aussi.
00:11:36Allez-y.
00:11:37Et puis, tous ensemble, il y aura un effet multiplicateur.
00:11:40Et à terme, nous pourrons fermer CNews.
00:11:41Alors là, il y a une barre de cynisme, une mensonge là-dedans.
00:11:44Parce que serait-il 322 milliards à la signée
00:11:46que, sur le plan juridique, signer une pétition
00:11:49ne permet pas de fermer CNews ?
00:11:51C'est une décision qui doit relever de l'ARCOM
00:11:54dans les circonstances.
00:11:54Donc, ce serait extérieur au périmètre du droit,
00:11:57comme on dit en ce moment.
00:11:58Mais quelle est l'idée ?
00:11:59Ça consiste justement à mettre une pression immense
00:12:01pour pousser l'ARCOM à se dire
00:12:04qu'est-ce qu'on doit faire dans les circonstances,
00:12:05une forme de pression contre la logique du droit
00:12:07dont il se réclame.
00:12:09Il s'agit aussi, c'est important,
00:12:11de faire de l'interdiction de CNews,
00:12:13pour eux, un sujet mainstream.
00:12:15Et on voit que ça fonctionne, soit dit en passant.
00:12:17On débat sur d'autres chaînes,
00:12:19on débat sur d'autres émissions,
00:12:21à la télévision française,
00:12:22de l'interdiction possible de CNews.
00:12:24Et vous noterez que ces grands pluralistes,
00:12:25tout à fait admirables,
00:12:26en débattent entre eux sans jamais inviter le principal...
00:12:30Le principal...
00:12:30Le principal...
00:12:31Exactement.
00:12:32Donc, ils débattent entre eux
00:12:33de savoir s'ils doivent nous fermer.
00:12:36C'est...
00:12:36Et normalement, l'argument,
00:12:38le plus loin qu'on peut aller dans l'argument
00:12:39pour CNews, là-dedans, c'est certes,
00:12:40CNews est absolument détestable
00:12:42et insupportable et intolérable,
00:12:44mais nous tenons à ce que les propos intolérables
00:12:46puissent circuler quand même dans la vie publique.
00:12:48Un instant, il pourrait-il y avoir une défense honnête.
00:12:50Quoi qu'il en soit,
00:12:51qu'est-ce qu'on fait ici ?
00:12:52On veut créer un halo répulsif
00:12:55autour d'une chaîne
00:12:56pour faire en sorte que la diabolisation soit telle
00:12:59que plus personne ne veuille s'y rendre,
00:13:00plus personne ne veuille y participer,
00:13:02qu'il y ait une forme d'interdit autour de la chaîne.
00:13:05Par ailleurs, il faut aussi légitimer la violence
00:13:07si elle vient contre les journalistes,
00:13:08et ça fonctionne aussi.
00:13:09Cette charge numérique fonctionne pour légitimer,
00:13:12ensuite, on le voit tous les jours,
00:13:14la violence contre les journalistes.
00:13:15Il faut alimenter la rage de détruire.
00:13:17Mais évidemment, vous savez,
00:13:18le problème en politique,
00:13:19la bête humaine était si faite
00:13:20qu'on se lasse rapidement.
00:13:22On se lasse rapidement.
00:13:23Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
00:13:24Demain, quand la séquence CNews sera terminée,
00:13:25il y aura une autre cible,
00:13:26et une autre cible,
00:13:28et une autre cible,
00:13:29parce que l'idée est toujours la suivante,
00:13:30il faut alimenter la rage de détruire.
00:13:33Je me permets cette référence.
00:13:35Lénine disait,
00:13:36il faut lire Lénine,
00:13:37dans Que faire,
00:13:38il disait que globalement,
00:13:39si vous voulez faire une révolution,
00:13:40qu'est-ce que vous devez faire ?
00:13:41D'abord, contrôler les transports,
00:13:43mais surtout, vous emparer de la radio.
00:13:45Vous contrôlez l'espace mental
00:13:47et l'espace, on pourrait dire,
00:13:49l'espace des communications.
00:13:51Eh bien, dans les circonstances,
00:13:53c'est un peu ce qui se fait dans les temps présents.
00:13:55Qu'est-ce qu'on fait ?
00:13:55On s'empare de l'espace numérique,
00:13:58pour avoir le monopole du discours public légitime.
00:14:01Je constate que cela fonctionne.
00:14:04Et puis, même en ce qui se passe aujourd'hui,
00:14:07dans la mobilisation sur le terrain,
00:14:09il y a une volonté aussi d'indiquer
00:14:11et de dire que vous ne montrez pas les bonnes images,
00:14:14vous ne montrez pas...
00:14:16Sur la mobilisation, vous montrez que l'air casse,
00:14:19vous montrez les lycées brûlés
00:14:21et vous ne montrez pas la mobilisation jusque-là, effectivement.
00:14:24Et on ira d'ailleurs dans un instant sur le terrain.
00:14:26Vous parlez de guerre numérique.
00:14:29N'est-ce pas une manière d'admettre
00:14:31qu'il n'y a plus de débat possible
00:14:33dans nos sociétés de moins en moins démocratiques ?
00:14:36Je pense que nous en sommes là, il faut l'avouer.
00:14:38C'est-à-dire qu'à un moment donné,
00:14:38on peut dire « démocratie » sans foi dans la même phrase,
00:14:40mais nous sommes devant des gens
00:14:41qui ne veulent plus jouer selon ces règles-là.
00:14:43Donc, il y a deux choses.
00:14:45Que présuppose le débat démocratique ?
00:14:47Il présuppose une culture partagée
00:14:50et un éthos partagé.
00:14:51Une culture partagée, globalement,
00:14:53c'est un monde commun,
00:14:54on a les mêmes références,
00:14:55on est capable de débattre.
00:14:56Vous gagnez, je gagne, vous gagnez, je gagne.
00:14:58Mais à la fin, on partage cette culture en commun.
00:15:00Et un éthos partagé.
00:15:02Un éthos partagé, c'est-à-dire une manière
00:15:03de vivre ensemble.
00:15:05Nous acceptons globalement un modèle de société,
00:15:07mais on veut l'organiser un peu différemment.
00:15:09Votre manière, ma manière.
00:15:11Là, c'est plus ça.
00:15:11Il n'y a plus de culture commune.
00:15:13Et la gauche révolutionnaire n'accepte plus,
00:15:15la gauche totalitaire,
00:15:16l'existence d'une société libérale et démocratique.
00:15:19Elle veut un tout autre monde
00:15:21et fracasser l'ancien.
00:15:23Donc, on en pense ce qu'on veut,
00:15:24mais ces gens-là ne veulent pas débattre.
00:15:25Et je me permets de le dire de manière presque personnelle.
00:15:28Vous savez, le dimanche,
00:15:29je participe à l'équipe d'interview du Grand Rendez-vous.
00:15:31Et quand on reçoit des gens de LFI,
00:15:34ils ne sont pas là pour débattre.
00:15:36Ils sont là du nom de nature.
00:15:36Ils sont là pour anéantir, en quelque sorte.
00:15:39Et certains d'entre eux, je ne dirai pas qui,
00:15:40parce que je ne suis pas quelqu'un qui raconte tout.
00:15:43Une balance.
00:15:43Oui, une balance.
00:15:45Eh bien, disent, je viens débattre à ces sujets-là seulement.
00:15:48Si les questions sortent de cela, je ne reviens plus.
00:15:50On ne reviendra plus jamais.
00:15:51Donc, ils veulent même paramétrer le débat sur le mode.
00:15:53Ils veulent cadenasser le débat.
00:15:55Ce n'est pas la règle, mais c'est quand même particulier.
00:15:57Quoi qu'il en soit, devant cela, je terminerai de manière simple.
00:16:00La gauche croit à la mobilisation, à l'occupation du terrain.
00:16:02Elle croit à l'occupation numérique.
00:16:03Elle croit à la politique de conquête
00:16:05dans le langage du militantisme révolutionnaire.
00:16:07Et qu'à la droite, devant cela, rien.
00:16:09Elle a renoncé à une conception militante de la politique.
00:16:11Elle n'a plus de stratégie militante de grande ampleur.
00:16:14Elle ne forme pas vraiment des militants.
00:16:15Elle forme des cadres, mais pas des militants.
00:16:17Et la culture militante de la manif n'existant pas à droite,
00:16:20au final, qu'est-ce qu'on voit ?
00:16:21Eh bien, cette droite est désarmée
00:16:23devant ceux qui veulent l'anéantir.
00:16:24Avant d'aller sur le terrain,
00:16:27pour rebondir sur ce que vous disiez,
00:16:28demain, l'interview exclusive d'Alexandre Portier
00:16:32dans Le Figaro,
00:16:33qui est le président de la commission des affaires culturelles,
00:16:36qui va s'occuper de cette pétition
00:16:39qui a été montée contre CNews
00:16:42et pour la suppression de CNews.
00:16:44Et il explique comment LFI, je cite,
00:16:46mène une offensive de muselage
00:16:48des avis contraires.
00:16:50Le président LR de la commission des affaires culturelles
00:16:53de l'Assemblée nationale considère,
00:16:54je cite, que la gauche est en train de rompre
00:16:56avec les fondamentaux du débat républicain.
00:16:59C'est exactement ce que vous disiez.
00:17:00Il est député de droite
00:17:03et il explique comment la pétition,
00:17:04dont il est question, est ancienne.
00:17:06Elle avait été déposée début juin.
00:17:08Pendant très longtemps, elle est restée modeste
00:17:09puisque jusqu'à mi-septembre,
00:17:11il y avait 155 signataires.
00:17:13Et puis, elle a explosé dans les quelques jours
00:17:15qui ont suivi l'attentat de Trappes.
00:17:17Lisez cette interview exclusive d'Alexandre Portier.
00:17:20Sachez que le vote pour la suppression éventuelle
00:17:24de CNews aura lieu mardi 10 novembre,
00:17:27mardi prochain, à l'Assemblée nationale
00:17:29sous la présidence d'Alexandre Portier
00:17:33qui est aussi le rapporteur.
00:17:34Retournons sur place, Place de la Nation.
00:17:36Vous êtes sur place, notre journaliste.
00:17:39C'est de plus en plus tendu ?
00:17:42Écoutez, Christine, vous l'avez dit,
00:17:44nous sommes Place de la Nation.
00:17:46Une place qui s'est quand même
00:17:47drastiquement vidée depuis quelques minutes
00:17:51puisqu'il y a eu de nombreuses charges de police
00:17:55puisqu'en fait, les manifestants sont accompagnés,
00:18:01je dirais, par de nombreux éléments radicaux
00:18:05qui, avec leur champ hostile à la police
00:18:09et leur jet de projectiles provoquent énormément
00:18:13les forces de l'ordre.
00:18:16Qu'est-ce que je peux vous dire de plus ?
00:18:18Ils ont fait usage de gaz lacrymogène
00:18:21et puis il y a une nouvelle charge.
00:18:23Vous le voyez normalement sur ces images,
00:18:26une nouvelle charge de police.
00:18:28On est en train de marcher tout autour de cette place.
00:18:30On va essayer de se rapprocher.
00:18:33Mais l'attention est maximale ici
00:18:36avec énormément, je ne sais pas si vous le voyez sur le sol,
00:18:39mais des bouts de verre, des projectiles
00:18:41qui étaient en direction des forces de l'ordre
00:18:44il y a encore quelques minutes, Christine.
00:18:47Si beaucoup apportent ce compte rendu,
00:18:49on suit, on est avec vous, on suit ces images.
00:18:52On reste sur ces images, bien entendu.
00:18:55On rappelle qu'il y a des effigies qui ont été brûlées,
00:18:58celles de Marine Le Pen, celles d'Emmanuel Macron.
00:19:00Et on voit effectivement comment cela dépasse,
00:19:03bien évidemment, les revendications contre la vie chère.
00:19:07Charlotte Dornelas, depuis le début de ce mouvement,
00:19:10regardez ces images.
00:19:11Regardez ces images.
00:19:13Le sujet de la haine à l'égard des forces de l'ordre
00:19:16est omniprésent.
00:19:18Comment expliquer cette situation ?
00:19:20Il faut voir que, d'ailleurs, Marc parlait tout à l'heure
00:19:23de la longue histoire des barricades et de l'opposition.
00:19:26Initialement, l'opposition entre les citoyens
00:19:29et a fortiori des manifestants
00:19:30et les forces de l'ordre n'est pas inexplicable.
00:19:33C'est-à-dire qu'en tant que représentant de l'État
00:19:35présent sur le terrain à la place de l'État,
00:19:37enfin incarnant l'État sur le terrain,
00:19:39bras armés de l'autorité qui est précisément contestée
00:19:42dans les manifestations,
00:19:44les forces de l'ordre sont en première ligne.
00:19:46Mais nous constatons tous,
00:19:48en parallèle de ça,
00:19:50que cela ne retire rien au soutien
00:19:52d'une majorité de la population.
00:19:53Les chiffres varient entre 70 et 85% selon les études.
00:19:57Il y a une majorité de la population française
00:20:00qui soutient les forces de l'ordre de manière générale.
00:20:03Pourquoi ? Parce qu'elles sont tout simplement...
00:20:04En général, on ne les soutient pas,
00:20:06on ne les trouve pas exceptionnelles
00:20:07au moment où ils mettent un PV
00:20:08ou au moment où on est en première ligne dans une manif.
00:20:11C'est clair.
00:20:12Simplement, les forces de l'ordre sont évidemment
00:20:14par la plupart des gens jugées absolument nécessaires
00:20:17et par ailleurs protectrices
00:20:18par rapport à l'insécurité,
00:20:20qu'elles soient de l'ordre du terrorisme
00:20:22jusqu'à la délinquance même du quotidien.
00:20:24Et les commerçants ne diront pas le contraire
00:20:26par rapport à ce qui s'est passé ces dernières semaines.
00:20:29Mais à l'inverse, vous l'avez dit,
00:20:31la haine à l'égard des forces de l'ordre
00:20:33et non pas de l'incarnation de l'État
00:20:35le jour où on est en manifestation,
00:20:38grandit sans limite
00:20:39dans une partie minoritaire de la population, certes,
00:20:42mais avec une intensification de cette haine
00:20:45et des ressorts qu'elle a sur le terrain
00:20:47au point de devenir centrale,
00:20:50première et non plus seulement collatérale.
00:20:52On a des policiers qui ont été assassinés,
00:20:55on a d'autres qui ont été tués,
00:20:56ça c'était sur le versant terroriste,
00:20:58mais nous en avons ces dernières années
00:21:00qui sont visés, tabassés, même hors service
00:21:03parce qu'ils sont policiers.
00:21:05Quand ils sont hors service,
00:21:06vous n'allez pas me dire que c'est l'opposition
00:21:07entre le manifestant et l'État
00:21:09qui s'incarne par le coup qui est parti.
00:21:12Les policiers sont désormais visés
00:21:13pour ceux qu'ils sont et ceux qu'ils représentent,
00:21:15l'État, l'ordre, l'autorité,
00:21:17soit à peu près tout ce que combat l'extrême-gauche,
00:21:19qui est désormais hégémonique sur le sujet.
00:21:22Vous citiez tout à l'heure Raphaël Glucksmann,
00:21:24ex-filtré de la place de la République,
00:21:26c'est la meilleure preuve que c'est compliqué
00:21:28pour le Parti Socialiste d'être dans une manive
00:21:30de la CGT contre la Vichers,
00:21:31c'est quand même la preuve d'un glissement
00:21:35de ceux qui tiennent les rênes.
00:21:39Et cette situation ne peut que s'intensifier
00:21:42dans les circonstances qui sont les nôtres,
00:21:44puisque les outils de la contestation
00:21:46sont désormais volontiers radicaux.
00:21:48La violence n'est pas rejetée du tout,
00:21:50ni sur le terrain évidemment,
00:21:52mais même dans les représentants officiels
00:21:57qui préfèrent systématiquement pointer vers la violence de la police
00:22:00et non pas celle des manifestants ou même des pillards.
00:22:03Et la faiblesse du pouvoir à répondre aux revendications
00:22:06qui existent dans les manifestations
00:22:08et qui sont par ailleurs assez erratiques
00:22:10entre le début et la fin des manifestations
00:22:11est à peu près nulle.
00:22:13Enfin, la faiblesse du pouvoir est immense plus exactement.
00:22:15Donc la capacité à répondre à de quelconques revendications
00:22:19est à peu près nulle.
00:22:19Mais plus largement, les chiffres décrivent,
00:22:21vous l'avez dit, une augmentation d'une violence directe
00:22:24au-delà de ces manifestations.
00:22:25Pour l'année 2025, c'est les données officielles
00:22:28de la police et de la gendarmerie
00:22:29qui établissent une hausse des violences
00:22:31d'environ 25 à 30% sur 5 ans,
00:22:33avec deux points qui me semblent plus importants
00:22:36que des pourcentages.
00:22:38Une augmentation des interdictions temporaires de travail,
00:22:41des impossibilités, c'est pas interdictions du tout.
00:22:43Enfin bref, vous savez, c'est-à-dire l'intensité de la violence
00:22:47et l'augmentation des agressions hors service
00:22:49en raison de l'identification de la profession force de l'ordre.
00:22:54Donc évidemment, ce sont deux indicateurs
00:22:56qui montrent cette haine envers les forces de l'ordre.
00:23:00Mais comment expliquer, Charlotte, la montée en puissance de cette haine
00:23:03alors que même le soutien dans la population générale demeure réelle ?
00:23:07Il y a des raisons idéologiques, celles qu'on vient d'évoquer,
00:23:10mais il y a un parallèle à faire avec l'édito que vient de faire Mathieu.
00:23:14J'ajoute très simplement que l'extrême-gauche ne peut rien faire toute seule.
00:23:16Vous allez voir ce que je veux dire.
00:23:18D'abord, un, il y a l'accusation de racisme permanent,
00:23:21de bavure, de contrôle aux facièses.
00:23:23Vous savez qu'est née, il y a maintenant de longues années,
00:23:25au moment d'ailleurs des premières émeutes urbaines,
00:23:29qu'on appelait comme ça.
00:23:31C'est-à-dire, à partir de drames,
00:23:33imaginez que ces drames n'arrivent que parce que la police est raciste,
00:23:36que son intention est raciste.
00:23:38On l'entend de plus en plus, on l'a entendu,
00:23:40ça s'est installé petit à petit.
00:23:42C'est-à-dire qu'il n'y a plus aucune distinction,
00:23:46c'est ce dont on parlait par ailleurs ces derniers jours,
00:23:49entre le racisme et ce qui n'en est pas.
00:23:51Et vous avez toute intervention dans certaines villes
00:23:55ou dans certains quartiers à forte majorité,
00:23:58à forte population, pardon, issue de l'immigration,
00:24:00et donc racisée.
00:24:01Comme ils disent, toute intervention dans ces quartiers
00:24:03est désormais forcément raciste.
00:24:06L'intention de la police l'est également,
00:24:08quelle que soit par ailleurs la couleur de la police elle-même.
00:24:10Je le précise entre parenthèses,
00:24:11c'était absolument stupéfiant dans l'affaire,
00:24:13évidemment, Traoré.
00:24:16Ensuite, s'ajoute à cette accusation,
00:24:18l'accusation de violences policières
00:24:20comme étant systémique, reprise,
00:24:23là aussi je le précise,
00:24:24parfois au plus haut sommet de l'État.
00:24:25Emmanuel Macron, il nous a fait aussi bien
00:24:27les contrôles au faciès voulus comme tels par les policiers
00:24:30que les violences policières.
00:24:31Il nous a fait les deux,
00:24:32et il ne pointe pas à l'effi Emmanuel Macron.
00:24:35Et donc, l'accusation des violences policières,
00:24:37non pas qu'elle ne peut pas exister,
00:24:39la violence de policiers,
00:24:40on le répète à chaque fois, c'est une évidence,
00:24:42et qu'elle mérite d'être punie
00:24:44si elle est voulue pour elle-même,
00:24:45ça va sans dire.
00:24:47Simplement, l'usage de la force est désormais,
00:24:49partout dans les hautes sphères de l'État,
00:24:52suspectée a priori,
00:24:53pas partout,
00:24:54mais en tout cas à la présidence de la République
00:24:57ces dernières années,
00:24:59suspectée a priori.
00:25:00Il y a un égalitarisme jusque-là.
00:25:02On présente en permanence
00:25:04les blessés d'un côté,
00:25:05les blessés de l'autre,
00:25:06comme si tout était équivalent en permanence,
00:25:08et que les situations se valaient par principe.
00:25:11Je ne dis pas, évidemment,
00:25:12personne ne peut souhaiter qu'il y ait des blessés,
00:25:14ni d'un côté ni de l'autre,
00:25:15simplement l'usage de la force générant potentiellement des blessures
00:25:19n'est pas équivalent a priori.
00:25:21Je le précise quand même,
00:25:22et la peur du politique et de la hiérarchie policière,
00:25:25qui n'a pas un fondement illégitime par principe,
00:25:28vouloir préserver les vies et les corps
00:25:29n'est pas illégitime par principe,
00:25:31évidemment.
00:25:31Simplement, cette peur du politique
00:25:34se retourne parfois contre le policier
00:25:35qui est a priori coupable
00:25:37parce que c'est moins difficile
00:25:39de lâcher le policier
00:25:41que d'attendre d'avoir un éclairage complet
00:25:44sur la chose.
00:25:45Résultat,
00:25:46le rapport de certains à la police
00:25:49a en effet complètement changé
00:25:51en surfant sur ce langlissement.
00:25:53On passe notre temps à entendre les gens
00:25:55et notamment à lire sur les pancartes
00:25:57que tous ces gens ont extrêmement peur de la police
00:25:59et on les voit tous s'agglutiner
00:26:00autour des matraques et des boucliers
00:26:04avec leur portable,
00:26:05vous savez,
00:26:05attendant le coup de matraque de trop,
00:26:08l'interpellation.
00:26:09je vais justement vous montrer,
00:26:10Charles Ordonas,
00:26:11une image,
00:26:12une image où on a montré une partie,
00:26:15celle où on a interpellé le jeune garçon
00:26:18et on n'a pas montré la partie qui a précédé,
00:26:21qui illustre parfaitement
00:26:22ce que vous a raconté.
00:26:23Voilà,
00:26:24et donc on filme en permanence
00:26:26des situations
00:26:26où honnêtement l'usage de la force
00:26:29et donc avec des images
00:26:30qui sont objectivement violentes,
00:26:33quand vous avez juste l'image,
00:26:35que vous n'avez pas le contexte,
00:26:36que vous n'êtes pas dans l'ambiance,
00:26:37entre guillemets,
00:26:38je ne sais pas si c'est le bon mot,
00:26:38mais que vous n'avez pas le contexte
00:26:40dans lequel cette force se déploie,
00:26:42les images,
00:26:43je veux dire,
00:26:44là depuis le plateau
00:26:44ou dans votre canapé,
00:26:46elles sont objectivement choquantes
00:26:47puisqu'elles ne sont pas explicables
00:26:49comme telles
00:26:49sans le contexte
00:26:51et sans l'explication.
00:26:52Donc vous faites des images,
00:26:53vous les coupez si possible
00:26:54et là vous les balancez
00:26:55sur les réseaux sociaux.
00:26:57Certains publient même
00:26:58les images
00:26:58de leurs propres affrontements
00:27:01ou provocations
00:27:02à l'égard de la police
00:27:04sur les réseaux sociaux eux-mêmes.
00:27:05Ça devient une fierté,
00:27:07un rite initiatique.
00:27:08Moi aussi j'ai provoqué la police,
00:27:09moi aussi j'ai envoyé mon mortier,
00:27:11moi aussi j'ai balancé mon pavé.
00:27:12Bref, objectivement,
00:27:13la crainte n'existe que peu.
00:27:15Je suis obligée de le voir.
00:27:20Donc les images circulent
00:27:21sur les réseaux sociaux
00:27:22et tout le monde
00:27:23y va de son commentaire.
00:27:24Je vais prendre la fernelle,
00:27:25donc je m'éloigne
00:27:26des manifestations
00:27:28de ces derniers jours,
00:27:29mais c'est l'archétype
00:27:30dramatique de ça.
00:27:31C'est-à-dire que vous avez eu
00:27:32une vidéo
00:27:33et chacun,
00:27:35immédiatement,
00:27:36mais là encore une fois,
00:27:37pas que les militants
00:27:38sous pseudo sur les réseaux sociaux,
00:27:40tout le monde
00:27:40a eu un avis immédiatement
00:27:42sur l'intervention
00:27:43dans le quart de seconde,
00:27:45mais je précise
00:27:46et sans du tout
00:27:47aller sur le fond
00:27:48que les tribunaux, eux,
00:27:49ne sont toujours pas d'accord
00:27:50trois ans après,
00:27:51après étude
00:27:52avec toutes les pièces
00:27:53du dossier.
00:27:53Ils ne sont pas d'accord
00:27:54sur, vous savez,
00:27:55la manière de renvoyer
00:27:56ce policier devant les tribunaux.
00:27:58Preuve que les images
00:28:00sont parfois difficiles
00:28:01à lire,
00:28:02mais certains s'en servent
00:28:03facilement
00:28:04parce qu'elles sont,
00:28:04en revanche,
00:28:05facilement choquables.
00:28:07Et donc,
00:28:08vous ajoutez le racisme,
00:28:09l'ordre,
00:28:10les violences,
00:28:11vous avez au choix
00:28:12les fachos,
00:28:13les nazis,
00:28:14tout ce que vous entendez
00:28:16sur les policiers
00:28:17ces derniers jours
00:28:17et toute intervention
00:28:19devient extrêmement difficile
00:28:20et chacun sur le terrain,
00:28:23cette fois-ci,
00:28:23entre deux insultes,
00:28:25il va de son analyse
00:28:25du maintien de l'ordre,
00:28:26du droit,
00:28:27on voit des gens hurler
00:28:27au visage de ces CRS
00:28:29qu'ils ne devraient pas
00:28:30faire comme ça,
00:28:30qu'ils devraient plutôt
00:28:31faire comme ça,
00:28:32mais là, encore une fois,
00:28:33inutile de se priver
00:28:34puisque les syndicats
00:28:36de lycéens
00:28:36ne sont pas seulement
00:28:38reçus par le ministre
00:28:40de l'Éducation nationale,
00:28:41mais par le ministère
00:28:43de l'Intérieur
00:28:43pour parler de la doctrine
00:28:44du maintien de l'ordre.
00:28:45Donc ils auraient tort
00:28:46de se priver
00:28:47puisque à la sortie,
00:28:48tous les micros les attendent
00:28:49en leur demandant
00:28:50ce qu'ils pensent
00:28:51de la doctrine
00:28:52du maintien de l'ordre
00:28:52et de ce que leur a dit
00:28:53le ministre de l'Intérieur
00:28:54de l'adaptation
00:28:55du maintien de l'ordre
00:28:56à ces manifestations.
00:28:58Non pas qu'ils ne puissent
00:28:59pas avoir un avis,
00:29:00mais simplement,
00:29:00est-ce que c'est vraiment
00:29:01auprès des syndicats de lycéens
00:29:02qu'il faut prendre un avis
00:29:03sur la doctrine
00:29:03du maintien de l'ordre
00:29:04qu'aucun d'entre nous
00:29:05n'est capable d'analyser
00:29:06correctement
00:29:06et encore moins
00:29:08avec la réalité du terrain ?
00:29:10Est-ce là qu'il faut trouver
00:29:12les raisons de l'épuisement
00:29:14des forces de l'ordre ?
00:29:15Charlotte,
00:29:15souvent rapportées,
00:29:17ils en ont marre,
00:29:18ils sont fatigués,
00:29:19épuisés ?
00:29:20C'est vrai qu'on entend
00:29:20souvent le terme,
00:29:21vous savez,
00:29:21de variable d'ajustement.
00:29:22Donc on s'adapte
00:29:23en fonction de la tension
00:29:24de la situation,
00:29:25notamment du point de vue
00:29:27du politique
00:29:27et de la hiérarchie.
00:29:29Parfois,
00:29:30vous savez,
00:29:30c'était l'histoire
00:29:30de cette plainte déposée
00:29:31par Alliance
00:29:32qui disait
00:29:33on veut absolument
00:29:33faire la lumière
00:29:34sur ces ordres contradictoires
00:29:36en fonction des situations.
00:29:37Donc sur le terrain,
00:29:38il n'y a pas forcément
00:29:38de clarté,
00:29:39en dehors du terrain,
00:29:40il n'y a pas forcément
00:29:41de soutien,
00:29:43enfin,
00:29:43ce n'est pas qu'il faut
00:29:44un soutien forcé,
00:29:46quelle que soit la situation,
00:29:47mais a priori,
00:29:48il y a un soutien
00:29:48qui est parfois
00:29:49un peu branlant
00:29:50quand la situation
00:29:51est compliquée
00:29:52et à la difficulté
00:29:53du terrain,
00:29:54évidemment,
00:29:54s'ajoute cette impression
00:29:55tenace de trahison
00:29:57parce que,
00:29:57rappelons-le quand même,
00:29:58les forces de l'ordre
00:29:59que l'on voit là
00:29:59sur le terrain
00:30:00ne décident pas directement
00:30:01de la doctrine,
00:30:02du dispositif,
00:30:03de la loi
00:30:04ou des ordres,
00:30:04évidemment.
00:30:05Ce n'est pas la personne
00:30:06que vous avez là
00:30:06pris individuellement
00:30:07qui décide de tout ça.
00:30:09Ensuite,
00:30:09et vous l'évoquiez
00:30:10tout à l'heure
00:30:10dans le sommet,
00:30:11être l'ennemi numéro 1
00:30:12dans une manifestation
00:30:14qui déplore
00:30:14une perte de pouvoir d'achat
00:30:15doit sembler
00:30:16assez contradictoire
00:30:18à beaucoup de policiers
00:30:19qui sont,
00:30:20ne serait-ce que
00:30:20par leur salaire,
00:30:21évidemment,
00:30:21dans la tranche salariale
00:30:23particulièrement exposée
00:30:24ces dernières années
00:30:25par la chute
00:30:26de ce pouvoir d'achat.
00:30:27Mais c'est surtout,
00:30:28je crois,
00:30:28la question du sens
00:30:29du métier
00:30:29qui provoque
00:30:30une fatigue profonde
00:30:31et lancinante
00:30:32au-delà
00:30:32de l'épuisement physique.
00:30:33À quoi bon se faire insulter
00:30:35si on se fait lâcher ?
00:30:36À quoi bon interpeller
00:30:37sans réforme profonde
00:30:38de la justice
00:30:39et de la manière
00:30:40dont elle passe ?
00:30:40Comment concilier
00:30:41l'accusation de provocateur
00:30:42un jour
00:30:43et entendre les mêmes
00:30:45s'indigner
00:30:46de l'absence
00:30:47de force de l'ordre
00:30:48suffisante
00:30:49le lendemain
00:30:49quand ça part,
00:30:50comme on l'a vu
00:30:51le 17 octobre,
00:30:52de la voie publique
00:30:52à la police judiciaire ?
00:30:53Le blues trouve sûrement
00:30:54ses racines
00:30:55dans cette question.
00:30:56À quoi bon
00:30:58continuer à faire ce métier
00:30:59qui est à la base
00:31:00une vocation ?
00:31:01Le problème que a
00:31:02le politique,
00:31:03c'est que cette question
00:31:03devient de plus en plus contagieuse.
00:31:05On la voit chez les chefs
00:31:05d'établissement,
00:31:06les magistrats,
00:31:07les commerçants,
00:31:08les pompiers
00:31:08et évidemment
00:31:09les forces de l'ordre.
00:31:10Dans un instant,
00:31:11je vais vous montrer
00:31:11cette image
00:31:13avec cette altercation
00:31:15d'un jeune
00:31:16qui interpelle
00:31:18un policier.
00:31:19Je vous la montre.
00:31:20Dans un instant,
00:31:21je rappelle les chiffres
00:31:21de la journée.
00:31:221,6 million de personnes
00:31:24mobilisées pour la journée
00:31:25selon la CGT,
00:31:26600 000 selon le ministère
00:31:28de l'Intérieur.
00:31:28Une réunion demain,
00:31:30lundi,
00:31:31avec Sébastien Lecornu
00:31:32pour une conférence sociale
00:31:33avec les organisations syndicales,
00:31:35les organisations patronales.
00:31:36La manifestation s'est terminée,
00:31:38place de la nation.
00:31:39Mais nous allons sur place
00:31:40puisque la dispersion
00:31:42est encore tendue.
00:31:44Les forces de l'ordre
00:31:44sont en train de pousser
00:31:46les derniers manifestants
00:31:47vers les métros.
00:31:48C'est ça ?
00:31:48Qu'est-ce qui se passe concrètement ?
00:31:51Oui, Christine,
00:31:52l'heure de la dispersion
00:31:53a sonné.
00:31:54À partir de 19h,
00:31:55les forces de l'ordre
00:31:56ont procédé à plusieurs sommations
00:31:58invitant les manifestants,
00:31:59les participants
00:32:00à cette mobilisation
00:32:01à rejoindre les transports
00:32:02en commun
00:32:03ou à rejoindre les rues parallèles,
00:32:05les rues adjacentes
00:32:05pour évacuer la place
00:32:07de la nation.
00:32:07Vous le voyez sur ces images
00:32:08les forces de l'ordre,
00:32:10les policiers,
00:32:10les nombreuses CRS
00:32:11qui sont positionnées
00:32:12tout autour du rond-point
00:32:14de la place de la nation
00:32:15pour sécuriser l'endroit,
00:32:17pour demander à ce que
00:32:18les manifestants
00:32:20évacuent la place.
00:32:22Il y a eu plusieurs affrontements,
00:32:24plusieurs scènes tendues
00:32:25entre les forces de l'ordre
00:32:26et les manifestants
00:32:27puisqu'il y a eu
00:32:27des jets de projectiles
00:32:28à l'encontre des policiers.
00:32:30Nous avons pu voir
00:32:31des jets de bouteilles,
00:32:33de tessons de bouteilles
00:32:33ou encore des jets
00:32:34de projectiles de pierres.
00:32:36C'est vrai que la situation
00:32:37est très tendue
00:32:38avec des individus
00:32:39qui ne souhaitent pas
00:32:39obstempérer.
00:32:40Les forces de l'ordre
00:32:41sont donc très bien équipées
00:32:43pour procéder à l'évacuation
00:32:44de tous ces individus hostiles.
00:32:46Merci beaucoup.
00:32:47Nous reviendrons sur le terrain
00:32:48dans un instant.
00:32:49On reste vraiment connectés
00:32:50pour bien comprendre
00:32:51effectivement si finalement
00:32:53les derniers manifestants
00:32:55finissent par obéir
00:32:57aux forces de l'ordre
00:32:58et se disperser.
00:32:59Voici l'image dont je vous parlais.
00:33:00Alors avant de vous la montrer,
00:33:02je vais vous expliquer.
00:33:02Il y a une partie,
00:33:03ce qu'on voit régulièrement,
00:33:04Charles-Ordon est là,
00:33:05c'est-à-dire qu'on voit régulièrement
00:33:07monter en épingle
00:33:08sur les réseaux sociaux
00:33:10quelqu'un, un policier,
00:33:11un gendarme
00:33:12qui interpelle de façon vigoureuse
00:33:14un jeune, un lycéen,
00:33:16par exemple un étudiant.
00:33:17On voit souvent la deuxième partie
00:33:18et on ne voit pas la première partie
00:33:20ce qui s'est passé.
00:33:21Regardez, ça s'est passé
00:33:22devant le lycée Victor Hugo,
00:33:25rue de Sévigné à Paris,
00:33:26dans le troisième arrondissement
00:33:27de Paris.
00:33:29Aujourd'hui, la vidéo a été postée
00:33:30par Bruno Attal
00:33:32et devant l'établissement
00:33:34avec une interpellation musclée
00:33:36sur un lycéen.
00:33:37Regardez les images.
00:33:47En direct, wesh, wesh !
00:33:50Wesh, wesh !
00:33:52Wesh, doucement !
00:34:06Donc c'est la deuxième partie
00:34:08que l'on a vue,
00:34:09l'interpellation musclée
00:34:11de force de l'ordre,
00:34:12mais ce coup de poing,
00:34:14cette volonté de frapper,
00:34:16on ne les montre pas cette image.
00:34:18En général, elle est coupée.
00:34:21Oui ?
00:34:21Même sans violence,
00:34:22les images que l'on voit
00:34:23depuis tout à l'heure,
00:34:24on voit une charge,
00:34:25tout à coup,
00:34:26les policiers chargés, etc.
00:34:28qui d'entre nous est capable
00:34:28de comprendre ce qui se passe,
00:34:29quel est le...
00:34:30Non mais franchement,
00:34:31c'est difficile de comprendre
00:34:32quelle est la...
00:34:33Il y a une tension.
00:34:34Oui, oui.
00:34:35Et si je peux me permettre,
00:34:36il y a de la part
00:34:37d'une partie de la gauche mobilisée
00:34:39un génie de la manipulation.
00:34:41Ils savent qu'ils truquent les images,
00:34:43ils savent qu'ils diffusent des images
00:34:44qui sont faites pour susciter
00:34:45l'indignation et qui sont fausses,
00:34:47et ils confessent par là
00:34:48une indifférence absolue à la vérité.
00:34:50Leur souci,
00:34:51c'est de provoquer l'indignation
00:34:52pour engendrer la colère,
00:34:53pour engendrer la violence,
00:34:54pour en profiter.
00:34:55Donc il faut savoir
00:34:55que nous ne sommes pas devant des gens
00:34:56qui ont le souci du vrai.
00:34:58Alors je vais vous dire
00:34:58que le policier qu'on a vu,
00:35:00il a eu mal lorsqu'il a vu
00:35:01qu'effectivement
00:35:02que les images ont été tronquées.
00:35:04Et c'est lui-même qui a demandé,
00:35:05qui a supplié de montrer la vérité.
00:35:07Vous vous rappelez,
00:35:08on avait vu aussi
00:35:09comment on avait
00:35:10les agressions sexuelles éventuelles
00:35:12sur la jeune fille.
00:35:13La jeune fille qui avait déclaré
00:35:14que non,
00:35:15il n'y avait pas eu d'agression sexuelle
00:35:16et ainsi de suite.
00:35:17Maintenant qu'on a la une
00:35:18de l'article du Figaro,
00:35:20on va peut-être la montrer
00:35:20sur Alexandre Portier
00:35:21qui explique ce que...
00:35:23sur le sujet
00:35:24de Mathieu Bocoté.
00:35:26Donc demain,
00:35:27une interview exclusive
00:35:28dans le Figaro,
00:35:29Alexandre Portier
00:35:30sur la pétrition
00:35:31de la suppression de ces news.
00:35:32Et exactement vos propos,
00:35:33Mathieu,
00:35:34LFI mène une offensive
00:35:35de muselage
00:35:36des avis contraires,
00:35:38espérant qu'il y aura
00:35:38une certaine sagesse
00:35:39au sein de cette commission
00:35:41des affaires culturelles.
00:35:42Un mot peut-être ?
00:35:43Il est courageux,
00:35:44Portier,
00:35:44dans les circonstances
00:35:45parce que défendre
00:35:46la liberté d'expression
00:35:47dans le contexte actuel
00:35:48passe pour une forme
00:35:49de complicité avec la haine.
00:35:51Et je suis...
00:35:52Je trouve...
00:35:52Vous savez,
00:35:52moi j'ai la passion
00:35:53de l'identité
00:35:53comme plusieurs,
00:35:54mais j'aime quand la droite,
00:35:56parce qu'il est de droite,
00:35:56a aussi la passion
00:35:57de la liberté.
00:35:58Et là,
00:35:58il a cette passion.
00:35:59Dans un instant,
00:36:00nous allons accueillir
00:36:00Alain Juillet
00:36:01sur le plateau
00:36:02qui est ancien
00:36:03directeur du renseignement
00:36:04à la DGS.
00:36:05D'abord,
00:36:06Michel Fayad,
00:36:06une petite page
00:36:07avec vous,
00:36:08rapide,
00:36:08parce qu'on a envie
00:36:08de comprendre
00:36:09ce qui se passe
00:36:10avec l'Afghanistan.
00:36:12La France assure
00:36:13qu'elle n'a aucune intention
00:36:14de reconnaître
00:36:15le pouvoir des talibans.
00:36:16Alors,
00:36:16qu'est-ce qu'elle fricote
00:36:17avec l'Afghanistan ?
00:36:18Qu'est-ce qui se passe
00:36:19entre la France
00:36:20et l'Afghanistan
00:36:21en ce moment ?
00:36:22Eh bien,
00:36:22lundi,
00:36:22il y a eu deux ministres
00:36:23en France
00:36:24qui ont dit
00:36:25deux choses différentes.
00:36:26Jean-Noël Barraud,
00:36:26ministre des Affaires étrangères,
00:36:28avait lancé,
00:36:29je cite,
00:36:30« Ouvrez grand vos oreilles.
00:36:31La France ne reconnaît pas
00:36:32les talibans
00:36:32et n'a aucune intention
00:36:33de le faire. »
00:36:34Mais le même jour,
00:36:35le ministre de l'Intérieur,
00:36:36donc Laurent Nouniez,
00:36:37a confirmé
00:36:38des discussions avec eux
00:36:39tout en disant
00:36:40que c'était
00:36:40des discussions techniques.
00:36:43Discuter n'est pas reconnaître,
00:36:45soit.
00:36:45Mais pourquoi discuter ?
00:36:47Pour envoyer à Kaboul
00:36:48des Afghans
00:36:49en situation irrégulière
00:36:50et jugé dangereux,
00:36:52ni les femmes,
00:36:52ni les demandeurs d'asile
00:36:53précisent le Quai d'Orsay.
00:36:55Des centaines de personnes
00:36:56selon une source citée
00:36:57par l'AFP.
00:36:58Et je vais vous surprendre,
00:37:00je n'ai aucun problème
00:37:00avec ça.
00:37:01Un étranger sans papier
00:37:02et dangereux
00:37:03n'a rien à faire en France,
00:37:04simplement pour le renvoyer.
00:37:05Il manque une chose,
00:37:06un petit papier.
00:37:07Alors un petit papier,
00:37:08c'est-à-dire ?
00:37:09Un laissé-passer.
00:37:10Un laissé-passer.
00:37:12Et pour envoyer
00:37:12un homme chez lui,
00:37:13il faut que son pays
00:37:14dise
00:37:14« Celui-là,
00:37:16c'est bien l'un des nôtres ».
00:37:17Et à Kaboul,
00:37:18le tampon,
00:37:19c'est le tampon taliban.
00:37:21Alors,
00:37:22or selon Le Monde,
00:37:23Paris aurait donné
00:37:24son accord de principe
00:37:25pour qu'un groupe de travail
00:37:27désigné par les talibans
00:37:28s'installe
00:37:29au consulat afghan de Paris.
00:37:31À Paris.
00:37:32Rien d'officiel,
00:37:34mais regardez l'Allemagne.
00:37:35En 2025,
00:37:36elle accepte
00:37:37deux fonctionnaires talibans.
00:37:38Le personnel
00:37:39du consulat afghan
00:37:40de Bonn
00:37:41cesse le travail
00:37:41par crainte
00:37:42pour les données
00:37:43des réfugiés.
00:37:44Peu après,
00:37:45selon la télévision publique allemande,
00:37:47le consulat rouvre
00:37:48sous la direction
00:37:49d'un envoyé taliban.
00:37:50Ce que Berlin conteste.
00:37:52Le dossier d'un opposant
00:37:54à portée de main
00:37:55de ceux
00:37:55qui la fuient.
00:37:56Voilà ce que pourrait coûter
00:37:57le tampon taliban.
00:37:59Et vous pensez
00:37:59que la France
00:38:00irait jusque-là,
00:38:01Michel ?
00:38:01Officiellement,
00:38:02cela ne change rien,
00:38:03répète le Quai d'Orsay,
00:38:04mais les talibans
00:38:05y gagneraient
00:38:06une adresse
00:38:06chez nous en France.
00:38:07Des fonctionnaires,
00:38:08un début
00:38:10de légitimité.
00:38:11Des exilés afghans
00:38:12ont déjà
00:38:12protesté à Paris.
00:38:15Voici la contradiction.
00:38:16En novembre 2024,
00:38:17la France
00:38:18et cinq autres pays
00:38:19avaient saisi
00:38:20la Cour pénale internationale
00:38:21à l'AE.
00:38:22Aujourd'hui,
00:38:23quatre mandats d'arrêt
00:38:24visent des chefs talibans,
00:38:26dont leur chef suprême
00:38:27et leur ministre
00:38:28de l'éducation,
00:38:29notamment pour persécution
00:38:30des femmes.
00:38:31Leur régime ferme
00:38:32l'école aux filles
00:38:33après douze ans.
00:38:34Et Kaboul
00:38:35n'est pas seul.
00:38:35En Syrie,
00:38:36depuis l'arrivée
00:38:37au pouvoir des islamistes,
00:38:38la Joconde
00:38:39a quitté
00:38:40un livre d'histoire
00:38:40de cinquième.
00:38:41L'AFP l'a vérifié.
00:38:43Le ministère dit
00:38:44avoir retiré
00:38:45les symboles
00:38:46de l'ancien régime.
00:38:47Moi,
00:38:47j'ignorais que Mona Lisa
00:38:48avait sa carte
00:38:49au parti basse
00:38:50du Bachar Al-Assad.
00:38:51Mais revenons à Kaboul.
00:38:53Nous demandons donc
00:38:55la justice
00:38:55contre le chef
00:38:56et un tampon
00:38:57à ses fonctionnaires.
00:38:59Expulsés,
00:39:00oui,
00:39:00leur donner les clés,
00:39:01non,
00:39:02nous ne reconnaissons pas
00:39:03les talibans,
00:39:04nous leur demandons
00:39:04simplement,
00:39:05seulement,
00:39:06de reconnaître les leurs.
00:39:07Merci beaucoup,
00:39:08Michel Fayad.
00:39:09Dans un instant,
00:39:10Alain Juillet,
00:39:11ancien,
00:39:12directeur du renseignement
00:39:13de la DGSE,
00:39:13on lui demandera
00:39:14pourquoi faire chuter
00:39:15les forces de l'ordre
00:39:16pour faire libérer
00:39:17la violence ?
00:39:17Pourquoi cette colère sociale ?
00:39:21Des questions sur le renseignement,
00:39:22on lui pense à beaucoup
00:39:23de questions.
00:39:23On apprend à l'instant
00:39:24les chiffres,
00:39:25selon Beauvau,
00:39:26les chiffres définitifs.
00:39:28575 000
00:39:29manifestants
00:39:30dans toute la France.
00:39:31On est loin
00:39:31des 1,6 millions
00:39:32annoncés par la CGT
00:39:33et 65 000
00:39:34à Paris,
00:39:36selon Beauvau.
00:39:38Gabriel Cluzel,
00:39:39les casseurs sont nécessaires ?
00:39:41Voilà ce qu'a déclaré
00:39:42sur RMC
00:39:43Mathieu Kassovitz,
00:39:44la députée.
00:39:45Laure Lavalette
00:39:46annonce saisir
00:39:46l'ARCOM.
00:39:47On écoute
00:39:48et on se demandera
00:39:48pourquoi cet acteur privilégié
00:39:50a-t-il les yeux
00:39:51de Chimène
00:39:52pour les émeutiers ?
00:39:56Aucun problème
00:39:57avec ce que vous avez dit
00:39:57justement dans le média
00:39:59par rapport au fait
00:40:00que les vitrines
00:40:04peuvent être cassées
00:40:05par des pilleurs
00:40:06parce que c'est le seul
00:40:07moyen d'être entendus.
00:40:08Vous pensez que vous,
00:40:09vous n'avez pas
00:40:09une responsabilité politique
00:40:10par rapport à votre discours ?
00:40:11Pas n'importe quelle vitrine ?
00:40:12Déjà, c'était après les casses
00:40:14et puis ça fait 30 ans
00:40:15que je dis la même chose.
00:40:16Les casseurs sont nécessaires.
00:40:18Ah oui, mon Dieu.
00:40:20Malheureusement.
00:40:20Donc alors la violence légitime.
00:40:22Malheureusement.
00:40:25Les casseurs sont nécessaires
00:40:27parce que les gouvernements
00:40:28ne comprennent que la force.
00:40:30Et malheureusement,
00:40:31si encore une fois,
00:40:32si encore une fois,
00:40:33on revenait à la base
00:40:34des problèmes
00:40:35au lieu de crier
00:40:37sur les symptômes.
00:40:39Les casseurs sont nécessaires ?
00:40:41Oui, donc il l'a dit
00:40:43lors Lavalette
00:40:44annonce saisir l'ARCOM.
00:40:46En fait, il ne fait que répéter
00:40:47ce qu'il a exprimé
00:40:48sur la chaîne Le Crayon
00:40:49il y a moins d'une semaine.
00:40:50Il avait affirmé
00:40:51que casser une vitrine
00:40:52était parfois le seul moyen
00:40:53d'être entendu
00:40:54et il avait dit aussi
00:40:55je trouve ça assez frappant
00:40:56que les lycéens
00:40:57apprenaient plus
00:40:57sur les blocus qu'en cours.
00:41:00Donc il explique
00:41:01que la colère des gilets jaunes
00:41:03il avait expliqué toujours
00:41:03sur cette chaîne
00:41:05c'est intéressant
00:41:05d'avoir le contexte
00:41:06de la colère des gilets jaunes
00:41:08et des jaunes de banlieue
00:41:09c'était très différent.
00:41:10Il disait qu'il avait
00:41:11un problème avec les gilets jaunes
00:41:12mais pas avec les lycéens.
00:41:13Il avait l'air d'assimiler
00:41:14apparemment les lycéens
00:41:15aux jeunes de banlieue
00:41:16complètement
00:41:17parce qu'il disait
00:41:18les gilets jaunes
00:41:20défendent leur confort
00:41:22et il disait
00:41:22que c'était un mouvement
00:41:24poujadiste.
00:41:25Mais les pillards
00:41:26qui volent des affaires
00:41:27et les revendent
00:41:28sur des sites
00:41:28ce n'est sans doute
00:41:29pas pour leur confort personnel
00:41:30mais pour une grande cause.
00:41:32Mathieu Kassovitz
00:41:33c'est un habitué
00:41:34de la provocation
00:41:35de préférence vulgaire
00:41:37quelques exemples
00:41:37pêle-mêle
00:41:38je vous demandais
00:41:38de finir mes phrases
00:41:39parce que je ne peux pas
00:41:40toutes les prononcer
00:41:41il a traité
00:41:42Nicolas Dupont-Aignan
00:41:43de trou dû
00:41:44pour son ralliement
00:41:45en 2017
00:41:46à Marine Le Pen
00:41:47Véronique Jeunesse
00:41:48coupable de ne pas avoir aimé
00:41:50un épisode du Bureau
00:41:51des légendes
00:41:51de définitivement conne
00:41:53bon je vais jusqu'au bout
00:41:54même le cinéma français
00:41:57qu'il a grassement
00:41:58fait vivre
00:41:58en prend pour son grade
00:41:59il était très vexé
00:42:00parce qu'une fois
00:42:01un de ses films
00:42:01n'a pas eu le César
00:42:02qu'il souhaitait
00:42:03donc il a dit
00:42:03Jean le cinéma français
00:42:05allez-vous faire
00:42:08avec vos films
00:42:08de merde
00:42:09bon je vous dis aussi
00:42:10Jean Jean le cinéma français
00:42:12de temps en temps
00:42:13il faut que ça sorte
00:42:14voilà
00:42:14merde
00:42:15bon voilà
00:42:15ça fait partie du vocabulaire
00:42:17alors il déteste aussi
00:42:19les français de souche
00:42:20il dit d'ailleurs
00:42:21il n'y a plus de français de souche
00:42:22ça n'existe plus
00:42:23il s'en est réjoui
00:42:24en mai 2025
00:42:25on notera quand même le plus
00:42:26il va falloir qu'il se mette d'accord
00:42:27avec le maire de Trappes
00:42:28qui dit qu'il n'en a pas
00:42:30qu'il n'en a jamais eu
00:42:31avec son plus
00:42:32il faut qu'il fasse gaffe
00:42:32parce qu'il a la limite
00:42:34de la théorie du grand remplacement
00:42:36vous savez
00:42:36on est toujours le réactionnaire
00:42:38de quelqu'un
00:42:38même quand on s'appelle
00:42:39Mathieu Kassovitz
00:42:40il a aussi d'ailleurs
00:42:41traité par deux fois
00:42:43ses français de souche
00:42:43de fin de race
00:42:45et puis quand il a vu
00:42:46c'est sympa
00:42:47les accusations
00:42:48de racisme
00:42:49contre lui
00:42:50qui commentait
00:42:51à Monté
00:42:51il s'excusait
00:42:52sur Instagram
00:42:53en disant qu'il était
00:42:54lui aussi un français de souche
00:42:55alors mais ça s'y préférait
00:42:57disons-le
00:42:58c'est les forces
00:42:59de l'ordre
00:42:59il les a traitées
00:43:01de bandes de bâtards
00:43:02il a d'ailleurs été condamné
00:43:03pour cela
00:43:03il a accusé
00:43:04Mathieu Vallée
00:43:05de faire preuve
00:43:06d'un niveau
00:43:07d'imbécilité étonnant
00:43:08pour ne pas voir
00:43:09que les caillassages
00:43:10des policiers
00:43:11et des pompiers
00:43:12sont une expression
00:43:13de la frustration
00:43:14on l'a tous vu
00:43:15évidemment
00:43:16il a toujours soutenu
00:43:17le comité Adama
00:43:19et accusé
00:43:20la gendarmerie
00:43:20de violence
00:43:21dans cette affaire
00:43:21rappelant que la gendarmerie
00:43:22a été relaxée
00:43:23les gendarmes
00:43:24ont été relaxées
00:43:24en 2020
00:43:25il avait dit
00:43:26même vouloir faire
00:43:26un film
00:43:27avec notre argent
00:43:28évidemment
00:43:28sur ce sujet
00:43:29il voulait faire
00:43:30sur l'histoire
00:43:31d'Assa Traoré
00:43:31la sœur d'Adama
00:43:32son combat
00:43:33la violence étatique
00:43:34autour de cette histoire
00:43:35je le cite
00:43:36le manque d'éthique
00:43:37et de respect
00:43:37pour les gens qui souffrent
00:43:39alors notons au passage
00:43:40qu'il faut clore
00:43:41la description
00:43:42que dans cette émission
00:43:43que nous avons évoquée
00:43:44où il dit
00:43:45que les casseurs
00:43:45sont nécessaires
00:43:46il a traité aussi
00:43:47le chroniqueur
00:43:48Charles Consigny
00:43:49de raciste
00:43:50lequel chroniqueur
00:43:51a quitté le plateau
00:43:52alors méchant
00:43:53Consigny
00:43:54n'est pas le seul
00:43:55à être furieux
00:43:56de cette séquence
00:43:56et à juste titre
00:43:57mais oui
00:43:57pensons à la colère
00:43:59silencieuse
00:44:00de tous ces commerçants
00:44:01ruinés
00:44:02qui ont eu la peur
00:44:03de leur vie
00:44:03qui ont vu détruire
00:44:04l'ouvrage de leur vie
00:44:04en quelques heures
00:44:05qui ont investi
00:44:06leurs économies
00:44:06pour tout barricader
00:44:07mais on les a eus
00:44:08on pleure
00:44:09mais exactement
00:44:09on en a vu un
00:44:10un homme fémur
00:44:11qui était au bord des larmes
00:44:13et parfois
00:44:13ils n'en ont pas les moyens
00:44:14de se barricader
00:44:15ni de relancer
00:44:16leur commerce
00:44:17donc ils déposent
00:44:18le bilan
00:44:20combien par
00:44:21leurs impôts
00:44:22transformés en subventions
00:44:24cinématographiques
00:44:24ont-ils payé
00:44:25Mathieu Kassovitz
00:44:26pour ses films
00:44:27et bien
00:44:28grassement
00:44:29ils l'ont financé
00:44:30grassement apparemment
00:44:31car si l'on en croit
00:44:32un portrait
00:44:33qu'a dressé de lui
00:44:34le monde
00:44:34il habite au bord
00:44:35du bois de Vincennes
00:44:36la vue doit être jolie
00:44:37dont je cite
00:44:39deux maisons blanches
00:44:40la plus petite
00:44:41réservée à un ring
00:44:42de boxe
00:44:42avec au milieu
00:44:43un jardin
00:44:44alors vous savez
00:44:44ce qu'en dit le monde
00:44:45le monde en dit
00:44:47pas vraiment
00:44:47un pavillon de banlieue
00:44:48encore moins
00:44:49une villa de stars
00:44:50pas non plus
00:44:50une demeure tendance
00:44:51digne d'un magazine
00:44:52de décoration
00:44:53quelque chose
00:44:54entre les trois
00:44:56alors ça a l'air pas mal
00:44:57mais tant mieux pour lui
00:44:58il a du talent
00:44:59il l'a pas volé
00:45:00il a travaillé dur
00:45:01il reconnaissait
00:45:02du reste au moment
00:45:03du Covid
00:45:03d'être confiné
00:45:04avoir été confiné
00:45:05avec ses enfants
00:45:05dans une très belle maison
00:45:06avec de l'espace
00:45:08et son seul souci
00:45:09était sans doute
00:45:10de ne pas pouvoir
00:45:10aller en Thaïlande
00:45:11parce qu'il va très régulièrement
00:45:12en Thaïlande
00:45:12il a une petite maison
00:45:13là-bas
00:45:14donc une belle vie
00:45:15confortable
00:45:16et Charles Consigny
00:45:17l'a traité de bobo
00:45:18à deux balles
00:45:19à mon avis
00:45:19c'est plus que deux balles
00:45:20si je peux me permettre
00:45:23mais alors
00:45:26pourquoi dénigre-t-il
00:45:28pourquoi dénigre-t-il
00:45:30le mouvement
00:45:30des gilets jaunes
00:45:31historiques
00:45:32pour leur envie
00:45:32d'un confort
00:45:34qui est selon lui
00:45:35une mauvaise cause
00:45:36bourgeoise
00:45:36c'est ce qu'il explique
00:45:37avec laquelle
00:45:38on ne fait pas
00:45:38la révolution
00:45:39mais il n'aspire même pas
00:45:41au même niveau
00:45:41de confort que lui
00:45:42ils veulent même pas
00:45:43aller en Thaïlande
00:45:44régulièrement
00:45:45lui
00:45:45vous savez ce qu'il en dit
00:45:46aussi des gilets jaunes
00:45:47il dit que c'est un
00:45:48poujadisme
00:45:49le poujadisme
00:45:50c'est un mouvement
00:45:50de petits commerçants
00:45:51qui étaient écrasés
00:45:52par le fisc
00:45:53la bureaucratie
00:45:54etc
00:45:54et qui aspirait aussi
00:45:56à un confort
00:45:57pourquoi Mathieu Katzovitz
00:45:58aurait droit à un confort
00:45:59et pas les gilets jaunes
00:46:01vous savez la gauche
00:46:02de Mathieu Katzovitz
00:46:03elle est révolutionnaire
00:46:04elle manque de rien
00:46:05mais elle n'a que mépris
00:46:06pour les petits commerçants
00:46:07et leurs aspirations
00:46:08bourgeoises
00:46:09parce qu'ils considèrent
00:46:10que c'est un frein
00:46:11au grand soir
00:46:12sauf que l'embourgeoisé
00:46:13c'est Mathieu Katzovitz
00:46:14et soutenir les émeutiers
00:46:16c'est se dénoider
00:46:17exorciser cet embourgeoisement
00:46:19tout en n'en profitant
00:46:20je pourrais parler
00:46:21des forces de l'ordre
00:46:21j'ai parlé des commerçants
00:46:22parce que Charlotte l'a dit
00:46:23eux non plus
00:46:24ils vont pas beaucoup
00:46:24en Thaïlande
00:46:25on va pas se mentir
00:46:25et je doute fort
00:46:26qu'ils aient des maisons
00:46:27qui donnent sur le bois
00:46:28de Vincennes
00:46:28je vous en fiche
00:46:29mon billet
00:46:30donc le manque d'éthique
00:46:31et de respect
00:46:31pour les gens qui souffrent
00:46:32dont il parlait
00:46:33à propos de l'affaire Traoré
00:46:34et bien je me demande
00:46:35où il est là
00:46:36les casseurs peuvent-ils
00:46:39trouver dans la phrase
00:46:40de Mathieu Katzovitz
00:46:41un certain encouragement
00:46:42mais évidemment
00:46:43alors disons-le en préambile
00:46:45soyez rassurés
00:46:46si tant est que vous
00:46:46les ayez inquiet
00:46:48Mathieu Katzovitz
00:46:49ne verra que de très loin
00:46:50les casseurs
00:46:51si d'aventure
00:46:52ils se rendaient
00:46:53dans ce coin cossu
00:46:54près du bois de Vincennes
00:46:55les journalistes
00:46:56qui ont fait ce portrait
00:46:57dans le monde
00:46:58ont expliqué
00:46:58c'est assez drôle
00:46:59qu'ils ont dû attendre
00:47:01au portail
00:47:01qui ne s'ouvrait pas
00:47:02sans recevoir de réponse
00:47:03puis toquer
00:47:04sur la palissade
00:47:05de la propriété
00:47:06donc entre portail
00:47:07et palissade
00:47:08monsieur est bien protégé
00:47:10finalement
00:47:10les frontières
00:47:11les portes
00:47:12les serrures
00:47:13ça aurait donc du bon
00:47:14le no border
00:47:15c'est pour les autres
00:47:16d'ailleurs dans un court métrage
00:47:17en 2017
00:47:18il s'est engagé
00:47:19pour une association
00:47:20de défense des réfugiés
00:47:21il joue un père de famille
00:47:22voilà
00:47:23qui dans son appartement
00:47:24piégé par un mur
00:47:25ça se terminait
00:47:27par quand les frontières
00:47:28deviennent des murs
00:47:28protégeons les humains
00:47:29pas les frontières
00:47:30c'est beau comme Dukasovitz
00:47:32mais quid alors
00:47:33de son portail
00:47:33et de ses palissades
00:47:35et sa petite maison
00:47:36dédiée à la boxe
00:47:37il me semble qu'elle ferait
00:47:37le bonheur
00:47:38d'une famille
00:47:39de migrants
00:47:40on comprend donc
00:47:41qu'il se bat
00:47:41pour l'accueil
00:47:42des autres
00:47:43mais chez les autres
00:47:45alors évidemment
00:47:46en les qualifiant
00:47:47de nécessaires
00:47:48et bien
00:47:48Mathieu Kasovitz
00:47:49encourage les casseurs
00:47:50et en disant
00:47:51que les lycéens
00:47:52apprennent plus
00:47:53sur les barrages
00:47:54qu'à l'école
00:47:54c'est pareil
00:47:55c'est évidemment dramatique
00:47:56pour la jeunesse
00:47:57vous savez Mathieu Kasovitz
00:47:59il a trois enfants
00:48:01l'aîné
00:48:01qui a environ 25 ans
00:48:03est une actrice
00:48:03moi je trouve ça très bien
00:48:04c'est fréquent
00:48:07que les enfants
00:48:07fassent le même travail
00:48:09que les parents
00:48:09mais elle-même dit
00:48:10j'ai un privilège fou
00:48:11d'avoir ce nom
00:48:12pour exercer mon métier
00:48:13c'est une honnêteté
00:48:14qui l'honore
00:48:14mais tous les jeunes
00:48:15n'ont pas cette chance
00:48:16donc peut-être qu'il faut
00:48:17qu'ils aillent à l'école
00:48:18et c'est quand même dommage
00:48:19de les dissuader
00:48:20d'y aller
00:48:22on peut donner simplement raison
00:48:24à Mathieu Kasovitz
00:48:25sur un point
00:48:25quand il dit que
00:48:26quand ça se passe proprement
00:48:28ça ne mène à rien
00:48:29que le gouvernement
00:48:30n'écoute pas
00:48:30les revendications pacifiques
00:48:33reconnaissons qu'aucune
00:48:33manifestation de droite
00:48:35de la France bien élevée
00:48:36n'a pu faire bouger
00:48:37le gouvernement
00:48:37en revanche
00:48:39celui-ci
00:48:39ploie le genou
00:48:40devant les violences
00:48:41d'extrême gauche
00:48:42et accède à leur demande
00:48:43Merci pour cette analyse
00:48:45Gabriel Cluzel
00:48:46dans un instant
00:48:47avec Mathieu Bocoté
00:48:47on parlera des syndicats
00:48:48qui avaient été mis de côté
00:48:50au départ avec Emmanuel Macron
00:48:51et maintenant
00:48:51ils font la loi
00:48:52peut-être jusqu'à la présidentielle
00:48:54nous accueillons maintenant
00:48:54Alain Juillet
00:48:55vous êtes l'ancien directeur
00:48:57du renseignement
00:48:58à la DGSE
00:48:59venez installez-vous
00:49:00en direct ici
00:49:01juste à côté de Gabriel Cluzel
00:49:02Alain Juillet
00:49:03c'est un honneur pour nous
00:49:05de vous recevoir en direct
00:49:06sur CNews
00:49:07dans Face à l'info
00:49:08vous avez occupé
00:49:09plusieurs postes
00:49:11de direction
00:49:12au sein de grandes entreprises
00:49:14avant de devenir
00:49:15président d'honneur
00:49:16de l'académie
00:49:18de l'intelligence économique
00:49:19c'est un plaisir
00:49:20vraiment
00:49:21de vous recevoir
00:49:22ce soir
00:49:22et votre parole
00:49:24est rare
00:49:25et elle est toujours
00:49:26d'or
00:49:27on a beaucoup de questions
00:49:28à vous poser
00:49:29non mais c'est pour vous obliger
00:49:30à dire des choses
00:49:32exceptionnelles
00:49:33c'est un gros pression
00:49:34c'est un gros pression
00:49:36alors Alain Juillet
00:49:38là comme ça
00:49:39quand vous regardez
00:49:40la France
00:49:41quand vous regardez
00:49:42de ces manifestations
00:49:43quand vous regardez
00:49:44cette répétition
00:49:46de la violence
00:49:47comment réagissez-vous ?
00:49:51je crois que ce n'est
00:49:52que la suite
00:49:53d'un processus
00:49:54qui s'est construit
00:49:56peu à peu
00:49:57dans le temps
00:49:57et aujourd'hui
00:49:59on assiste effectivement
00:50:00à des explosions
00:50:01une explosion
00:50:02de violence
00:50:03mais tout ça
00:50:04c'est en définitive
00:50:05quand vous regardez
00:50:07c'est une évolution
00:50:08parce que
00:50:09quand on veut s'exprimer
00:50:11au départ
00:50:12c'est un débat d'idées
00:50:14au départ
00:50:14c'est un débat d'idées
00:50:16après en général
00:50:17quand on voit
00:50:18que le débat d'idées
00:50:19ne marche plus
00:50:20on essaie de faire
00:50:20des effets de masse
00:50:22ce qu'on a vu
00:50:23cet après-midi
00:50:23la CGT par exemple
00:50:24pourquoi cet après-midi
00:50:26ça a été relativement calme ?
00:50:27parce que la CGT
00:50:29avait mis son service d'ordre
00:50:31et quand une manifestation
00:50:32de la CGT
00:50:33a son service d'ordre
00:50:34autant vous dire
00:50:35ça ne bouge pas
00:50:35ça marche droit ?
00:50:37mais bien sûr
00:50:37ça marche
00:50:37parce que c'est une manifestation
00:50:39de masse organisée
00:50:41si bien sûr
00:50:41on laisse la liberté
00:50:42à chacun
00:50:43de faire ce qu'il veut
00:50:44à ce moment-là
00:50:45on rentre dans le chaos
00:50:46et le troisième volet
00:50:49si vous voulez
00:50:49quand on regarde ça
00:50:50quand on regarde cette évolution
00:50:51c'est justement
00:50:52après
00:50:53ce qui s'est passé
00:50:54dans ces dernières années
00:50:55c'est que la France
00:50:56il n'y a pas que la France
00:50:57l'Allemagne aussi
00:50:57l'Italie
00:50:58enfin tous les pays d'Europe
00:51:00on a évolué progressivement
00:51:01vers un individualisme
00:51:03absolument forcené
00:51:04on est sorti
00:51:05de la collectivité
00:51:06de l'esprit de collectivité
00:51:08qui était l'esprit français
00:51:09l'esprit aussi
00:51:10de tous les pays du sud
00:51:11après la guerre
00:51:12les gens avaient souffert
00:51:13les gens se serraient les coudes
00:51:14ils étaient tous ensemble
00:51:17et peu à peu
00:51:18on a laissé monter
00:51:19un individualisme
00:51:20depuis mai 68
00:51:21il faut dire la vérité
00:51:23depuis mai 68
00:51:24on a eu une opposition
00:51:26de plus en plus forte
00:51:27où chacun disait
00:51:28il n'y a que moi qui compte
00:51:30je ne regarde
00:51:31que moi et mon intérêt
00:51:32et à partir de ce moment-là
00:51:33la violence monte naturellement
00:51:35parce que tout seul
00:51:37pour s'exprimer
00:51:38on ne peut pas jouer
00:51:39par la masse
00:51:40et pour la plupart des gens
00:51:41qui veulent faire quelque chose
00:51:42ils n'ont pas les idées suffisantes
00:51:44donc la conclusion
00:51:45c'est qu'on débouche forcément
00:51:46sur la violence
00:51:47et c'est que c'est en train
00:51:49de se passer
00:51:49on débouche sur la violence
00:51:50et j'ai l'impression
00:51:52à l'un juillet
00:51:53qu'il y a une petite
00:51:55particularité française
00:51:56pourquoi ?
00:51:57dites-moi
00:51:58est-ce que dans les pays d'Europe
00:51:59on brûle les lycées ?
00:52:01est-ce qu'on brûle les écoles ?
00:52:03est-ce qu'on frappe les enseignants ?
00:52:05est-ce qu'il n'y a pas
00:52:06une petite particularité française ?
00:52:08et peut-être comment analyser cela ?
00:52:10oui alors là je crois
00:52:11alors il y a beaucoup de choses
00:52:13dans ce que la question vous posez
00:52:14parce que en définitive
00:52:16quand on regarde ce qui se passe
00:52:20les français
00:52:23aujourd'hui
00:52:24ils réagissent
00:52:25violemment
00:52:26par exemple
00:52:27on le voit dans les écoles
00:52:29il n'y a plus aucun respect
00:52:30pour les maîtres
00:52:30c'est une évidence
00:52:32bon
00:52:32mais la question
00:52:33qu'il faut se poser aussi
00:52:34c'est est-ce que les maîtres
00:52:35n'ont pas contribué
00:52:36à ce qu'on perde
00:52:37parce qu'à l'époque
00:52:39je ne vais pas refaire de l'histoire
00:52:40mais à l'époque
00:52:41de la troisième république
00:52:42les instituteurs
00:52:43qu'on appelait
00:52:43les hussards noirs
00:52:44de la république
00:52:45à l'époque
00:52:46ils régnaient en maîtres
00:52:47sur leur école
00:52:48mais ils étaient profondément
00:52:49respectés
00:52:50pourquoi ?
00:52:51parce qu'eux
00:52:52permettaient
00:52:53aux plus malheureux
00:52:54quand ils étaient très bons
00:52:56de prendre l'ascenseur social
00:52:58et de terminer en polytechnique
00:53:00et ça
00:53:00ça n'existe plus aujourd'hui
00:53:02moi c'est ce qui me frappe
00:53:04entre la France et les Etats-Unis
00:53:05parce que vous dites
00:53:05les pays
00:53:06aux Etats-Unis
00:53:07vous vous promenez
00:53:08dans les rues
00:53:11si vous voulez
00:53:12dans le centre
00:53:13vous voyez un mendiant
00:53:15vous voyez un mendiant
00:53:16le mendiant
00:53:16il vous regarde
00:53:18il vous regarde
00:53:19mais pas du tout
00:53:19comme chez nous
00:53:20parce que lui
00:53:21le mendiant se dit
00:53:22si j'ai une bonne idée
00:53:23dans un an
00:53:23je peux être milliardaire
00:53:24ça c'est possible
00:53:26aux Etats-Unis
00:53:26encore aujourd'hui
00:53:27on le voit
00:53:28en France
00:53:29celui qui est mendiant
00:53:30il va rester mendiant
00:53:32parce que le système est tel
00:53:33j'ai le RSA
00:53:35je peux avoir le RSA
00:53:36alors il y a un désespoir
00:53:38il y a un désespoir
00:53:39il y a un désespoir
00:53:40je vais laisser aussi
00:53:41les mousquetaires
00:53:42vous poser des questions
00:53:42mais peut-être
00:53:43un mot peut-être
00:53:44sur les forces de l'ordre
00:53:45Charlotte Dornela
00:53:46ça a fait une brillante chronique
00:53:47il y a quelques instants
00:53:48sur ces forces de l'ordre
00:53:50qui sont régulièrement
00:53:52comme un spectacle
00:53:54désolant
00:53:55comme si chaque samedi
00:53:57on voit qu'ils mettent
00:53:58un genou à terre
00:53:58et de plus en plus bas
00:54:00et qu'ils tombent
00:54:01de plus en plus
00:54:01devant un pouvoir
00:54:03qui les lâche
00:54:03devant des moyens
00:54:05qu'ils n'ont pas
00:54:05devant une violence
00:54:07exacerbée
00:54:08et qui est
00:54:09de plus en plus
00:54:11exponentielle
00:54:11un spectacle
00:54:12où on est
00:54:13comme ça
00:54:14stupéfié
00:54:16anesthésié
00:54:16on est obligé
00:54:17d'observer
00:54:18cette décadence
00:54:19de la violence
00:54:20de ce dernier rempart
00:54:21qui nous protège encore
00:54:22comment vous analysez ça
00:54:23parce que
00:54:24des deux côtés
00:54:25on en a fait
00:54:26des boucs émissaires
00:54:28le pouvoir
00:54:29les utilise
00:54:29pour prendre des coups
00:54:31et essayer de sauver
00:54:32le peu
00:54:33qu'ils peuvent sauver
00:54:35mais
00:54:35ils n'hésitent pas
00:54:36à les laisser tomber
00:54:37on a des exemples
00:54:38tout le temps
00:54:39on en a encore un
00:54:40aujourd'hui
00:54:41et puis
00:54:42et d'un autre côté
00:54:43vous avez
00:54:44les gens d'en face
00:54:45si je peux dire
00:54:46qui eux jouent à fond
00:54:48le force de l'ordre
00:54:49comme le bouc émissaire
00:54:50sur lequel on va jeter
00:54:51tout le mal
00:54:53et à ce moment-là
00:54:54tout est permis
00:54:54et avec un rôle
00:54:56qui est exceptionnel
00:54:57parce que ça
00:54:58ça n'existait pas
00:54:59il y a encore 10 ans
00:55:00ou 20 ans
00:55:00c'est le rôle
00:55:01des réseaux sociaux
00:55:02le réseau social
00:55:04actuellement
00:55:04monte les gens
00:55:05les uns contre les autres
00:55:06avec une facilité
00:55:07déconcertante
00:55:08d'autant plus
00:55:09qu'il faut bien le dire
00:55:10il n'y a aucun contrôle
00:55:11des réseaux sociaux
00:55:12on peut dire n'importe quoi
00:55:13sur les réseaux sociaux
00:55:15alors à partir
00:55:15de ce moment-là
00:55:16les gens astucieux
00:55:17les gens malins
00:55:18ils vont utiliser tout ça
00:55:20à leur profit
00:55:20mais quand je vois
00:55:22les black blocs
00:55:23par exemple
00:55:23les black blocs
00:55:25en définitive
00:55:25vous les voyez
00:55:27casser tout à Paris
00:55:28mais la question
00:55:29c'est tout le monde
00:55:30sait qu'ils sont
00:55:31super entraînés
00:55:32on les prépare
00:55:33à ces opérations
00:55:34ou ça se passe
00:55:35sur le plaisons de mille vaches
00:55:36ça se passe en Ariège
00:55:37ou ailleurs
00:55:37c'est là où il faut
00:55:38aller les chercher
00:55:39c'est pas à Paris
00:55:39dans les manifestations
00:55:40Alain Juillet
00:55:41je peux vous poser
00:55:41une question directe
00:55:42oui
00:55:44est-ce que vous pensez
00:55:45vraiment que le 17 octobre
00:55:46a eu une défaillance
00:55:47des services du renseignement
00:55:50c'est une vraie question
00:55:51merci pour votre réponse
00:55:53Gabrielle
00:55:55la question que se pose
00:55:57je crois
00:55:57beaucoup de gens
00:55:58comme nous
00:55:59c'est de savoir
00:56:00est-ce que ça peut changer
00:56:02parce qu'on nous dit
00:56:02finalement
00:56:03si
00:56:04imaginons qu'un autre président
00:56:06arrive
00:56:07un président de droite
00:56:07et bien
00:56:08il ne pourra rien faire
00:56:09parce que LFI
00:56:10pour le coup
00:56:10sera déchaîné
00:56:11lancera ses militants
00:56:12est-ce que vous pensez
00:56:13que finalement
00:56:15il y a un espoir
00:56:17d'abord je suis toujours
00:56:18optimiste
00:56:18donc je crois toujours
00:56:19qu'il s'en sortira
00:56:20mais sur le fond
00:56:22l'histoire montre
00:56:24depuis toujours
00:56:25l'histoire montre
00:56:26qu'après le chaos
00:56:28il y a toujours l'ordre
00:56:30c'est toujours la suite
00:56:32si vous voulez
00:56:32il y a toujours
00:56:33après le chaos
00:56:34il y a toujours des dictatures
00:56:35et après les dictatures
00:56:37il y a des démocraties
00:56:38il y a des démocraties
00:56:40après
00:56:40il peut être islamiste
00:56:42mais l'enchauniste
00:56:42il y a toutes sortes d'ordres
00:56:43ah oui
00:56:44alors le mélancholiste
00:56:45justement
00:56:45lui il veut mettre
00:56:46son ordre à lui
00:56:47et quand on voit
00:56:48les déclarations
00:56:48qui sont faites
00:56:49c'est fascinant
00:56:50parce qu'il vous dit
00:56:51on va chasser ça
00:56:52on va fermer ça
00:56:53c'est une dictature
00:56:54pure et simple
00:56:56alors là
00:56:56elle est annoncée
00:56:57ça c'est intéressant
00:56:58de l'autre côté
00:56:59en définitive
00:57:00même si
00:57:03on maintient l'ordre
00:57:05on ne peut pas arriver
00:57:07à une dictature
00:57:07comme celle
00:57:08qui nous est promise
00:57:08d'un côté
00:57:09et je crois que c'est ça
00:57:10l'espoir
00:57:10Marc et ensuite
00:57:11Mathieu, Charlotte, Michel
00:57:12tout à l'heure
00:57:13vous disiez
00:57:14il n'y a que moi qui compte
00:57:15et vous montriez du doigt
00:57:18l'individualisme
00:57:19est-ce que cet individualisme
00:57:21ne cache pas en réalité
00:57:22autre chose
00:57:23de beaucoup plus dramatique
00:57:25c'est le communautarisme
00:57:27c'est-à-dire
00:57:27que ce n'est pas un individu
00:57:29ce sont des groupes d'individus
00:57:30et qui créent
00:57:31plusieurs violences
00:57:32le black bloc
00:57:33n'agit pas de la même façon
00:57:34que le petit gars
00:57:35qui vient d'ailleurs
00:57:36alors c'est vrai
00:57:37on ne peut pas nier
00:57:38le communautarisme
00:57:39mais moi
00:57:40si vous voulez
00:57:40sur le plan des français
00:57:42sur le plan de la France
00:57:44indiscutablement
00:57:44la montée de l'individualisme
00:57:46a complètement changé
00:57:47les règles
00:57:47alors après
00:57:48le communautarisme
00:57:49est une deuxième couche
00:57:51qui se rajoute dessus
00:57:52mais ce communautarisme
00:57:53on peut parfaitement
00:57:55on aurait pu le gérer
00:57:56on aurait pu le gérer
00:57:57pourquoi ?
00:57:58parce que
00:57:58vous prenez par exemple
00:58:00les quartiers
00:58:01comme on dit
00:58:02immigrés
00:58:04dans ces quartiers difficiles
00:58:05on parle toujours
00:58:06de la racaille
00:58:08on ne parle jamais
00:58:09de ceux et celles
00:58:09qui ont réussi
00:58:11jamais
00:58:12vous pouvez regarder
00:58:13jamais on ne parle
00:58:14de ces gens qui réussissent
00:58:15vous voulez parler
00:58:16de la gauche
00:58:16qui ne parle pas
00:58:17de ceux qui ont réussi
00:58:18la droite parle
00:58:19de ceux qui ont réussi
00:58:19la gauche ne parle pas
00:58:20de ceux qui ont réussi
00:58:21la gauche
00:58:21on est d'accord
00:58:22on est d'accord
00:58:24et donc c'est ça
00:58:25vous avez
00:58:26le communautarisme
00:58:27en définitive
00:58:28c'est nous
00:58:28qui l'avons laissé
00:58:29se construire
00:58:31on pouvait parfaitement
00:58:32l'éviter
00:58:34alors vous êtes
00:58:35un homme des renseignements
00:58:36un mot existait autrefois
00:58:37dans votre environnement
00:58:38c'est le terme
00:58:38de subversion
00:58:39oui
00:58:39pourrait-on dire
00:58:40que LFI aujourd'hui
00:58:41ou cette mouvance
00:58:42fait un travail
00:58:43de subversion
00:58:43absolument
00:58:45il n'y a pas
00:58:46le moindre doute
00:58:47c'est un
00:58:48il faut relire
00:58:49si vous voulez
00:58:50tous les spécialistes
00:58:51des opérations psychologiques
00:58:53ou de la guerre psychologique
00:58:54depuis le début
00:58:55depuis Tchakotkin
00:58:56et le viol des foules
00:58:57on est en plein dedans
00:58:59il y a des techniques
00:59:00qui sont utilisées
00:59:02à tous les niveaux
00:59:03pour casser le système
00:59:04incroyable
00:59:05et pousser les gens
00:59:06à aller dans un sens
00:59:06et pour les autres
00:59:07avoir un sentiment
00:59:09de peur
00:59:09ou de renoncement
00:59:10en disant
00:59:11on n'arrivera pas
00:59:12justement à bouger ça
00:59:13et c'est ça
00:59:14et face à ça
00:59:15il faut réagir
00:59:16et nous avons
00:59:16moi je pense
00:59:17la France a toutes ses capacités
00:59:19pour réagir
00:59:20et Charlotte
00:59:20oui vous disiez
00:59:22en tout cas
00:59:23ce qui arrive
00:59:23était prévisible
00:59:25est-ce que vous croyez pas
00:59:26que la virulence
00:59:27justement
00:59:28des appels à la censure
00:59:29et des accusations
00:59:30ici et là
00:59:31n'est pas dû
00:59:32à seulement
00:59:33un durcissement
00:59:33de leur part
00:59:34mais aussi
00:59:34à un recul
00:59:35de l'autocensure
00:59:37de manière générale
00:59:38sur les sujets
00:59:38ils accusent
00:59:39de racisme
00:59:39d'islamophobie
00:59:40il y a plus de choses
00:59:41qui sont dites
00:59:42aujourd'hui dans le débat
00:59:43qu'elles ne l'étaient
00:59:43peut-être il y a 15 ans
00:59:45est-ce que vous voyez
00:59:46ce mouvement-là
00:59:47oui
00:59:47mais là je pense
00:59:48que là il faut
00:59:49remonter à l'école
00:59:50si vous voulez
00:59:51parce que
00:59:52l'école
00:59:52le cas en France
00:59:53a failli
00:59:54il n'y a pas de problème
00:59:56on a une équation
00:59:57incroyable
00:59:58actuellement
00:59:58c'est qu'on voit
00:59:59il y a moins
01:00:00de lycéens
01:00:02et d'étudiants
01:00:02en France
01:00:03chaque année
01:00:04c'est clair
01:00:07on demande
01:00:08plus de professeurs
01:00:09et notre classe
01:00:09monte PISA
01:00:10dégradole chaque année
01:00:11il y a quand même
01:00:12un problème
01:00:12c'est pas le nombre
01:00:13de professeurs
01:00:14puis qu'on les augmente
01:00:15c'est pas les élèves
01:00:15puis s'ils sont moins
01:00:16donc le problème
01:00:17c'est la méthode
01:00:18et la formation
01:00:19c'est ça qui est défaillant
01:00:20et dans ce cadre-là
01:00:22alors je reviens
01:00:22à votre question
01:00:24l'instruction civique
01:00:26elle n'est pas faite
01:00:28or
01:00:29qu'est-ce qu'on apprend
01:00:30aux gens
01:00:30si on apprend
01:00:31aux enfants
01:00:32il faut commencer
01:00:33à leur apprendre
01:00:33un certain nombre
01:00:34de règles de vie
01:00:35en commun
01:00:36et c'est ça
01:00:37qui est très important
01:00:37parce que la république
01:00:39il faut leur apprendre
01:00:39c'est pas les textes
01:00:41de loi
01:00:41c'est apprendre
01:00:42à vivre en commun
01:00:43pour que chacun
01:00:45puisse se comprenne
01:00:47qu'il y a des choses
01:00:47qu'il peut faire
01:00:48et des choses
01:00:48qu'il ne doit pas faire
01:00:49dans l'intérêt général
01:00:51dernière question
01:00:52Michel Fayad
01:00:53oui vous étiez
01:00:54à la DGSE
01:00:55est-ce que vous pensez
01:00:56il y a longtemps
01:00:56est-ce que vous pensez
01:00:58qu'il y a des ingérences étrangères
01:00:59notamment Turc
01:01:00Algérien
01:01:03Iraniens
01:01:03dans ce qui arrive
01:01:04quand vous avez
01:01:05un terrain de jeu
01:01:06pareil
01:01:07c'est tentant
01:01:07pour tout le monde
01:01:08de venir y participer
01:01:10il ne faut pas reprocher
01:01:12aux autres
01:01:13ça c'est normal
01:01:14tous les pays étrangers
01:01:18on n'a pas d'amis
01:01:19comme disait De Gaulle
01:01:20donc on n'a pas d'amis
01:01:21tous les voyais
01:01:22qui voient
01:01:22qu'on est en difficulté
01:01:23ils ne vont pas
01:01:24bien entendu
01:01:25nous tendre la main
01:01:25ils vont nous mettre
01:01:26le pied sur la tête
01:01:27c'est de bonne guerre
01:01:28c'est horrible
01:01:29ce que je vous dis
01:01:30mais c'est de bonne guerre
01:01:30Alain Juillet
01:01:32on a la dernière chronique
01:01:34de Mathieu Bocoté
01:01:34je vous pose une question
01:01:35le temps de réfléchir
01:01:37avec un peu de hauteur
01:01:38peut-être
01:01:39vous qui avez
01:01:39beaucoup de sagesse
01:01:40quelles décisions
01:01:41il faudrait-il prendre
01:01:43demain
01:01:43pour apaiser le pays
01:01:45trois points de suspension
01:01:46je vous laisse répondre
01:01:47dans un instant
01:01:47Mathieu Bocoté
01:01:48les syndicats ont confirmé
01:01:50encore une fois
01:01:51leur puissance
01:01:52aujourd'hui
01:01:53Alain Juillet en parlait
01:01:54même pour pouvoir
01:01:55gérer leurs manifestations
01:01:56leur capacité de mobilisation
01:01:58et surtout
01:01:59la paralysie du pays
01:02:00doit-on toujours les voir
01:02:01comme des acteurs essentiels
01:02:03de la démocratie
01:02:04en fait il y a un lien
01:02:05entre cette chronique
01:02:06et la première que j'ai fait
01:02:07sur l'insurrection informationnelle
01:02:09portée par LFI
01:02:10la démocratie
01:02:12pendant longtemps
01:02:12on pourrait dire
01:02:12deuxième moitié du XXe siècle
01:02:14s'est vécue dans les parlements
01:02:15s'est vécue dans les institutions
01:02:16politiques consacrées
01:02:18ce qu'on constate aujourd'hui
01:02:19c'est que la politique
01:02:20a quitté les institutions
01:02:21qui sont en bonne partie
01:02:22démonétisées
01:02:23et la politique
01:02:24retrouve le terrain
01:02:25soit de la rue
01:02:26soit de l'espace public
01:02:27numérique
01:02:28mais la politique
01:02:29retrouve le concret
01:02:30de la rue
01:02:30ça ça veut dire globalement
01:02:32que pour occuper
01:02:33faire la politique
01:02:34il faut être capable
01:02:34d'avoir des troupes
01:02:35de mobiliser des troupes
01:02:37de mobiliser des gens
01:02:38capables
01:02:38d'occuper l'espace public
01:02:40de paralyser l'espace public
01:02:42de le confisquer
01:02:43régulièrement
01:02:44tous les samedis
01:02:45et ainsi de suite
01:02:45la force des syndicats
01:02:47dans les circonstances
01:02:47qui ont assez peu
01:02:48d'appui populaire
01:02:49il ne faut pas l'oublier
01:02:50et qui sont financés
01:02:51en bonne partie
01:02:52par l'argent public
01:02:52ce n'est pas un détail
01:02:53non plus
01:02:54et bien les syndicats
01:02:55ont la capacité
01:02:56de mobiliser
01:02:57des troupes
01:02:58ils ont des structures
01:02:59pour les mobiliser
01:03:00ils sont capables
01:03:01d'agir de manière coordonnée
01:03:02lorsqu'ils le souhaitent
01:03:03pour paralyser les trains
01:03:04pour paralyser la radio
01:03:05pour s'emparer
01:03:07de tel lieu
01:03:07pour bloquer le pays
01:03:09s'ils le souhaitent
01:03:10et même durablement
01:03:11ils en ont les moyens
01:03:12ils peuvent s'emparer
01:03:14d'un comité d'entreprise
01:03:15aussi
01:03:15on a vu récemment
01:03:17nos habits de BFM
01:03:18les pauvres
01:03:18qui ont été sanctionnés
01:03:20par leur soviète de rédaction
01:03:21ils ne l'appellent pas comme ça
01:03:22mais c'est ce qu'il faut dire
01:03:24on voit aussi
01:03:25qu'ils forment leurs militants
01:03:26c'est important ça
01:03:27ils forment des militants
01:03:28qui sont capables
01:03:29d'agir
01:03:29à la différence
01:03:31ce ne sont pas seulement
01:03:32je voudrais dire
01:03:32des militants circonstanciels
01:03:34ce sont les militants professionnels
01:03:35qui savent comment agir
01:03:37pour occuper l'espace public
01:03:38et paralyser
01:03:39s'il le faut
01:03:40un domaine d'activité
01:03:41ils sont capables
01:03:42de défier le pouvoir
01:03:43ils sont capables
01:03:44s'il le faut
01:03:44j'ai cru voir ça récemment
01:03:45d'attaquer une collègue
01:03:47à l'intérieur
01:03:47de la même boîte publiquement
01:03:49si elle a le culot
01:03:50de ne pas s'aligner
01:03:50exactement sur la doctrine
01:03:52du moment
01:03:52ils peuvent
01:03:53autrement dit
01:03:53ils pratiquent la purge
01:03:54dans leur rang
01:03:55lorsqu'il le faut
01:03:56et de ce point de vue
01:03:57ils sont organisés
01:03:58ils sont capables
01:03:59autrement dit
01:03:59de mener
01:04:00une véritable guerre
01:04:01d'occupation du territoire
01:04:02dans un monde
01:04:03de la politique
01:04:03je l'ai dit
01:04:04de moins en moins
01:04:04institutionnel
01:04:05dans un monde
01:04:06de la démocratie
01:04:06moins libérale
01:04:07ils retrouvent
01:04:08une force incroyable
01:04:09dans cela
01:04:10comme disait Staline
01:04:11la droite
01:04:11combien de divisions
01:04:13merci beaucoup
01:04:13Mathieu Bocoté
01:04:14Alain Juillet
01:04:16la dernière question
01:04:17le mot de la fin
01:04:18avec votre sagesse
01:04:19quelle décision
01:04:21faudrait-il prendre
01:04:21demain
01:04:22pour apaiser le pays
01:04:23selon vous
01:04:26avant la décision
01:04:27c'est un point
01:04:28pour moi essentiel
01:04:29c'est redonner
01:04:30l'espoir au pays
01:04:32un pays ne peut vivre
01:04:33qu'avec une espérance
01:04:34parce que l'espérance
01:04:35ça motive tout le monde
01:04:36ça crée une dynamique
01:04:37on a un but
01:04:38et on y va
01:04:39et le secret
01:04:40d'un chef d'état
01:04:41ou des chefs
01:04:42c'est à chaque fois
01:04:43de donner des étapes
01:04:45et pour que chaque fois
01:04:46on constate
01:04:47qu'on atteint une étape
01:04:48ça donne confiance
01:04:49et on est encore plus fort
01:04:49pour l'étape suivante
01:04:50c'est ce qu'avait fait
01:04:52Kennedy aux Etats-Unis
01:04:53ou d'autres
01:04:54voilà
01:04:56espérance
01:04:56et un plan
01:04:58exactement
01:04:59une direction
01:05:00merci infiniment
01:05:01Alain Juillet
01:05:01d'avoir été notre invité
01:05:03avant Pascal Propoleur
01:05:04des Pro 2
01:05:05on va sur place
01:05:06excellente fin de soirée
01:05:07et on va rejoindre
01:05:09notre journaliste
01:05:10Place de la Nation
01:05:11les forces de l'ordre
01:05:12continuent de pousser
01:05:13les manifestants
01:05:13vers le métro
01:05:14c'est cela
01:05:15exactement
01:05:15ce que vous pouvez voir
01:05:16c'est que la situation
01:05:17elle est encore
01:05:17extrêmement tendue
01:05:18il y a énormément de forces de l'ordre
01:05:20qui ont ratissé
01:05:21toute la place de la Nation
01:05:22et maintenant
01:05:22qui essaient de pousser
01:05:23les individus
01:05:25qui restent encore
01:05:26ici
01:05:26Place de la Nation
01:05:27vers le métro
01:05:28ce qu'on peut vous dire
01:05:29c'est que la situation
01:05:30elle est extrêmement tendue
01:05:32déjà depuis
01:05:33une bonne heure
01:05:34il faut savoir
01:05:34que les forces de l'ordre
01:05:35ont été victimes
01:05:38de plusieurs jets
01:05:39de projectiles
01:05:40des cailloux
01:05:41des tirs de mortiers
01:05:43des bouteilles
01:05:45envers les forces de l'ordre
01:05:46qui ont dû utiliser
01:05:48les forces de l'ordre
01:05:48et les forces de l'ordre