00:00Mais c'est un climat qui est inquiétant.
00:01On a besoin d'une société apaisée.
00:03Ce n'est pas ce qu'on constate en ce moment.
00:14Ce n'est pas un climat qui est spécifique à Rouen.
00:16On l'observe malheureusement dans beaucoup de villes en France.
00:19Mais c'est un climat qui est inquiétant.
00:21C'est un climat de tension, c'est un climat de violence.
00:24Violence verbale, violence physique, violence sur les réseaux sociaux.
00:28On a besoin d'une société apaisée.
00:30Ce n'est pas ce qu'on constate en ce moment.
00:31Y compris dans des dérives qui sont extrêmement préoccupantes.
00:35Je pense aux dérives identitaires, aux dérives racistes.
00:38Et toute forme de violence est inacceptable en République.
00:41Est-ce que la société est plus apaisée en ce moment ?
00:43Non, c'est l'inverse.
00:44Elle est de plus en plus tendue.
00:46Et ce n'est pas à Rouen, mais Rouen n'échappe pas à cette situation.
00:52Si on prend le sujet de l'extrême droite, des violences identitaires,
00:56qui ne sont pas nouvelles, mais très clairement il y a une évolution.
01:00Et surtout, il y a une forme de décomplexation.
01:02Tout se passe comme si la parole raciste et les actes, y compris jusqu'à des actes violents,
01:08de l'extrême droite étaient désormais plus facilement admis dans l'espace public et dans notre société.
01:15Non, c'est absolument inacceptable, tout simplement parce que le racisme n'est pas une opinion en République,
01:19c'est un délit.
01:19Ce que l'on constate, en tout cas sur le terrain, c'est qu'il y a une forme d
01:22'escalade.
01:25C'est-à-dire que vous avez d'un côté une manifestation identitaire d'extrême droite,
01:30ce qu'ils appellent la marche des normaux.
01:31Il faut toujours rappeler que ces extrémistes-là ont un lien direct, explicite, avéré avec la branche politique de l
01:39'extrême droite,
01:39c'est-à-dire le Rassemblement National et les partisans d'Éric Zemmour,
01:41ici avec leurs représentants, y compris élus locaux.
01:44Dès le 17, donc bien avant le 24, avant ce qui s'est passé à Trappes, etc.,
01:48il y a eu déjà des affrontements qui sont documentés.
01:50Il y a un phénomène d'escalade et des affrontements de plus en plus forts.
01:53C'est pour ça que je parlais de la nécessité d'apaiser.
01:56Mais le point de départ politique sur le territoire, c'est une action violente de l'extrême droite.
02:03Je veux insister là-dessus parce que parfois j'entends des formes d'équivalence.
02:06Il n'y a pas d'équivalence. Il y a une offensive politique, mais qui se traduit, y compris localement,
02:11y compris dans des manœuvres qui étaient sournoises.
02:13Par exemple, il y a eu une infiltration de groupes commerçants
02:16qui étaient censées permettre la coordination d'informations entre les différents commerces
02:21pour se protéger d'éventuels pillages, etc.
02:23L'extrême droite est elle seule à instrumentaliser et à noyauter ces réseaux-là de commerçants
02:29pour faire le coup de porce, pour aller à la baston, pour le dire trivialement.
02:35On les connaît, c'est pas nouveau. On a même des noms, on a même des adresses.
02:39Pas des personnalités qui sont, enfin des personnes qui sont anonymes.
02:43C'est pas la première fois qu'on demande leur dissolution.
02:45Ça fait plusieurs années qu'on demande leur dissolution.
02:47Monsieur Darmanin, à l'époque, ministre de l'Intérieur, s'était engagé à les dissoudre.
02:51Pourquoi c'est pas fait ?
02:51La situation d'un élu local comme moi, elle est très difficile parce qu'on fait tout ce qu'on
02:56peut
02:56pour essayer de protéger la population, de préserver notre démocratie, préserver le dialogue.
03:00On essaie aussi de préserver les valeurs de la démocratie.
03:04Quand on prend des engagements de dissoudre ces groupes qui propagent des valeurs qui sont
03:07contraires à notre République, qui la faiblissent, qui visent à la détruire et que ces engagements
03:11ne sont pas tenus, évidemment que pour nous c'est une déception et une colère.
03:15Tous les moyens de droit doivent être utilisés pour y mettre fin.
03:21Est-ce qu'on peut dire que la situation est à nouveau rétablie et apaisée ?
03:25La réponse est non.
03:26Moi, je suis partisan, évidemment, de la liberté d'expression et dans l'idéal que
03:29les manifestations puissent se dérouler dans toute la ville.
03:31Mais quand il y a un tel niveau de tension, tant qu'on est dans ce niveau de tension,
03:36alors effectivement, ma responsabilité, c'est de faire en sorte que localement, la liberté
03:40d'expression puisse s'exprimer, mais dans un cadre qui, quand même, préserve la sécurité
03:45de chacun et d'ordre public.
03:49Pourquoi il y a eu ces pièges ? Parce qu'il y avait ce contexte des manifestations.
03:53S'il n'y avait pas eu de manifestants, s'il n'y avait pas eu de manifestation, est-ce
03:55qu'il y aurait eu ces pièges ? Pourquoi il y a eu ces manifestations ? Parce que le gouvernement
03:58a attendu plus d'un mois avant de répondre aux lycéens, avant de répondre aux syndicats,
04:03avant de répondre à toutes celles et ceux qui expriment une colère sociale.
04:05Ça donne un contexte, mais c'est clair que ce contexte a été propice, a permis, a donné
04:10un moment pour des violences et des pièges.
04:15Un effet qui est long, qui est que les gens n'osent pas forcément aller dans le centre-ville.
04:19C'est une des raisons, d'ailleurs, pour lesquelles on a demandé que les manifestations
04:22soient un petit peu à l'écart pour, justement, essayer de retrouver un espace apaisé.
04:25On a, par exemple, des données sur les parkings, et on voit très bien qu'il y a eu une
04:28baisse
04:29très forte.
04:30Les conséquences, en fait, de tout cela, elles ont un effet de long terme.
04:33C'est-à-dire qu'il ne peut plus rien se passer à Rouen.
04:34Si vous continuez de voir des images de violence à la télévision ou sur les réseaux sociaux,
04:38ça a encore un effet négatif sur le chiffre d'affaires et sur l'attractivité du centre-ville à Rouen.
04:45On a mis en place ce qu'on appelle un conseil de défense économique.
04:49On se réunit avec les représentants des commerçants.
04:52On invite aussi la préfecture, la région, le département, donc les pouvoirs publics.
04:55On travaille ensemble à un plan d'action, un conseil de défense, pour essayer d'aider
05:00en fonction de la typologie de commerce et des situations, avec des actions qui sont
05:04de court terme ou de plus long terme.
05:09Il y a des choses d'abord de très court terme.
05:11On propose d'avoir, avec la région, un fonds de solidarité pour les franchises d'assurance,
05:16pour les commerces qui ont été vandalisés.
05:17Ensuite, vous avez une mesure pour restaurer l'attractivité du centre-ville.
05:23L'idée, c'est d'essayer de rendre les centres-villes plus attractifs en ouvrant les commerces,
05:28y compris, exceptionnellement, le dimanche.
05:30Il faut aussi préciser que les transports en commun vont être mis gratuits aussi sur
05:33tous les dimanches.
05:34Ensuite, vous avez la question des parkings.
05:36On a regardé là où ça pouvait avoir le plus d'impact.
05:39Il y a des périodes, sur la semaine notamment, où là, on a des creux, on a des capacités
05:46de stationnement et où on a des tarifs qui pourraient être baissés, au moins d'une
05:50façon temporaire.
05:51Donc là, l'idée, c'est de proposer sur les parkings que nous gérons, de faire en sorte
05:55qu'on ait un forfait.
05:56Vous venez entre midi et deux, normalement, vous payez être 4, 5, 6 euros.
06:00Là, vous allez payer 1 euro pour 2 heures.
06:02Donc ça, on voudrait l'expérimenter sur le mois de décembre.
06:04Après, vous avez la problématique du pouvoir d'achat et des chèques cadeaux, qui permet
06:07ensuite, en achetant local, donc sur un commerce local, d'avoir un bon d'achat.
06:13Donc par exemple, vous achetez un chèque cadeau de 100 euros, vous le payez 50, donc vous
06:18gagnez 50 euros de pouvoir d'achat et vous pouvez consommer ces 100 euros dans les commerces
06:24d'euros.
06:25C'est à la fois bon pour le commerce et c'est bon pour le pouvoir d'achat des gens,
06:29alors
06:29rouennais ou pas rouennais, mais qui viendront consommer local.
06:32La subvention correspondante, c'est de l'ordre de 130 000 euros.
06:37Est-ce que c'est la perfection et que ça résout tout ? Non, évidemment.
06:40Mais c'est quand même un plan très substantiel, y compris financièrement, pour aider et puis
06:46aussi pour restaurer sur le long terme l'attractivité du centre-ville.
06:50Je veux être prudent parce qu'au moment où on se parle, ça nécessite quand même
06:52qu'il soit voté au niveau du conseil municipal et du conseil de la métropole.