00:00C'est l'invité d'ici matin, Noémie Philippot. Après la mobilisation massive des Isérois hier, nous nous projetons sur
00:05la suite du mouvement.
00:06En donnant la parole à un étudiant du campus sud à Grenoble, déjà mobilisé depuis plusieurs semaines. Bonjour Mathéo.
00:13Bonjour.
00:13Vous êtes en formation pour devenir éducateur spécialisé à Ocelia, à Echirol. Depuis combien de temps exactement votre école est
00:20mobilisée ?
00:21Eh bien, on a été mobilisé quasiment dès le début. Donc les mobilisations des lycéens qui ont commencé fin septembre.
00:27Et nous, on s'est très vite dit qu'il fallait qu'on les soutienne. Donc voilà, dès début octobre,
00:31on s'est mobilisés à leur côté.
00:34Est-ce que ce mouvement est suivi ou est-ce que dans la durée, ça commence à être un petit
00:38peu difficile de mobiliser du monde ?
00:40Nous, on trouve que le mouvement est suivi. Et on pense que la manifestation d'hier à Grenoble, on a
00:45vu que c'était extrêmement nombreux.
00:48Tout le monde soutient un peu les lycéens, leurs revendications. Maintenant, les étudiants ont également leurs revendications.
00:53Et voilà, donc nous, sur notre école, c'est un peu pareil. Tout le monde, enfin voilà, c'est majoritairement
00:58soutenu.
01:00Voilà, nous, on s'adresse tous les jours un peu, dès qu'on peut, à nos collègues étudiants.
01:05Et voilà, c'est soutenu majoritairement. Voilà, les revendications des lycéens, mais aussi des revendications que nous, on a commencé
01:11à développer sur notre école.
01:12Lesquelles, justement ?
01:14Eh bien, on en a plusieurs. Nous, notre principale difficulté, c'est la précarité étudiante aussi, comme tous les étudiants.
01:20Et nous, matériellement, c'est compliqué, parce que sur notre école, par exemple, on n'a pas accès à la
01:25restauration.
01:26Les étudiants sur le campus, ils ont le repas à 1 euro. Nous, on pense qu'on devrait aussi l
01:30'avoir, parce que nous, quand on est en période de stage, par exemple,
01:34on est rémunéré quand on est gratifié 4 euros de l'heure.
01:36Donc, on ne peut pas se permettre d'aller à la boulangerie tous les jours pour mettre 6 euros dans
01:40un sandwich.
01:41Voilà, donc ça, c'est notre première revendication.
01:43Et aussi, on demande principalement le droit de se mobiliser pour ne pas être pénalisé par nos absences.
01:48Voilà, puisque nous, on a un diplôme. Et si on a trop d'absences, on ne peut pas être présenté
01:52au diplôme.
01:53Voilà, donc ce qu'on demande, c'est que les jours de manifestation, on puisse aller manifester sans qu'on
01:57nous compte nos absences.
01:58Voilà, pour justement rassurer tout le monde et que la mobilisation grossisse encore.
02:01Dans votre école, on forme des travailleurs sociaux qui se mobilisent, justement, aujourd'hui,
02:07notamment les agents de la protection judiciaire de la jeunesse qui prennent en charge, notamment, les mineurs arrêtés.
02:13Plus de 6700 en France depuis le début du mouvement lycéen.
02:17Vous comprenez la mobilisation de ces agents, vos futurs collègues ?
02:21Oui, bien sûr. Et c'est comme, on pense que c'est comme les professeurs.
02:25Aujourd'hui, tout le monde est choqué par la répression, les arrestations.
02:28Nous, ici, à Grenoble, hier encore, il y avait des lycéens qui étaient en garde à vue, qui sont sortis
02:31très tard hier soir.
02:33Et c'est aussi une caractéristique, c'est que, quand même, avec la journée d'hier, les travailleurs aussi commencent
02:37à rejoindre le mouvement.
02:39Donc, les travailleurs sociaux, mais un peu plein de secteurs du travail.
02:43Voilà, en soutenant aux lycéens, notamment face à la répression qui a choqué tout le monde, quand même, depuis plusieurs
02:47semaines.
02:48Voilà, donc nous, on comprend qu'ils rejoignent ce combat.
02:50Et c'est sûr que nous, comme c'est des publics qu'on va accompagner, qu'on accompagne, ça nous
02:54touche aussi particulièrement.
02:56Il y a également un mouvement à Grenoble, des travailleurs sociaux de la métropole.
03:00L'équipe de l'unité inclusion sociale se mobilise devant le siège de la métro.
03:04Ce matin, est-ce que vous envisagez d'aller sur place les soutenir ? Est-ce qu'il y a
03:08des échanges avec eux ?
03:09Oui, bien sûr. Nous, on fait beaucoup de piquets de grève sur notre école, pour discuter avec nos camarades.
03:14Et il y a des travailleurs sociaux qui viennent, notamment ceux de la métro, qui sont venus plusieurs fois pour
03:18nous soutenir.
03:19Voilà, donc nous, on sera évidemment à leur côté. C'est à 9h, si je ne dis pas de bêtises.
03:24C'est effectivement la formation qu'on a 9h devant le siège de la métropole.
03:27Donc voilà, et en plus, ils se mobilisent contre des coupes budgétaires dans leurs services.
03:30Ils vont perdre 500 000 euros. Leur budget va passer de 900 000 euros à 400 000 euros.
03:35Voilà, et donc c'est aussi représentatif de ce qui se passe dans le secteur du social et dans les
03:39services publics.
03:40Et pour nous, c'est essentiel d'aller les soutenir. Donc on sera bien présents sur leur piquet de grève
03:44ce matin.
03:45Vous étiez, Mathéo, dans le cortège hier à Grenoble. Vous serez de nouveau dans la manifestation samedi ?
03:51Oui, bien sûr. On se mobilise aussi tous les samedis. Voilà, parce qu'on sait que les revendications sur la
03:57vie chère,
03:57et en fait, le mouvement des lycéens, c'est plein de choses qui se rejoignent.
04:01Parce qu'en fait, il n'y a plus de budget dans les services publics, mais aussi, voilà, nos salaires
04:05sont trop bas,
04:06le coût de la vie est trop cher. Et nous, avec les étudiants d'Ocelia et les travailleurs sociaux,
04:11depuis le premier samedi, le 17 octobre, on est dans les manifestations et on se réunit en cortège du travail
04:16social.
04:17Voilà, donc on est là, on était là hier et on sera encore là samedi et la semaine d'après
04:21s'il le faut.
04:21Qu'est-ce que vous attendez du gouvernement des autorités aujourd'hui pour peut-être stopper cette mobilisation ?
04:26On entend cette envie de continuer, mais quelle réponse vous attendez ?
04:29Aujourd'hui, nous, on pense que le gouvernement, il faut qu'il réponde aux revendications des étudiants, des lycéens.
04:36Voilà, la colère est très large, comme on a dit.
04:38Donc voilà, il y a eu des premières annonces, peut-être par le gouvernement, il y a quelques semaines.
04:42Mais voilà, on voit bien que ça n'a rien stoppé du tout, parce que les annonces étaient ridicules.
04:47Là, on a vu qu'ils parlaient d'augmenter le SMIC de 8 à 9 euros.
04:51Nous, on pense que si c'est comme ça que le gouvernement, il pense qu'il va stopper la mobilisation,
04:55bon, en fait, il se moque de nous et nous, on aurait besoin de beaucoup plus d'argent.
04:58Et voilà, je pense qu'il y a énormément de revendications.
05:01Donc nous, on va attendre des réponses concrètes aux revendications, et notamment dans la jeunesse.
05:06Voilà, on demande quand même l'abolition de Parcoursup, la fin de la sélection sociale,
05:10mais aussi des augmentations de bourses, de quoi permettre aussi de pouvoir vivre et étudier en même temps.
05:17Merci beaucoup Mathéo, donc étudiant à Ocelia et Chirol, sur le campus sud de Grenoble,
05:22d'avoir été avec nous ce matin pour faire le point sur la mobilisation de la jeunesse
05:27après ce cortège massif hier à Grenoble.
05:29Bonne journée.
05:30Merci.
05:30Merci.
05:30Merci.