- il y a 10 heures
- #bonjourdrmilhau
Les conseils de notre docteur Brigitte Milhau sur les sujets santé qui vous concernent dans #BonjourDrMilhau
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Pourquoi il est si important de le contrôler régulièrement ?
00:04Puis le docteur Léo Razakaman-Nantsoa nous parlera d'une nouvelle technique pour traiter certaines lésions d'endométriose.
00:12Enfin, le docteur Martin Dachier nous donnera des informations sur un dispositif pour aider les prématurés à respirer hors du
00:20ventre maternel.
00:28Alors Sacha, on s'intéresse aujourd'hui au cholestérol et plus particulièrement d'ailleurs à l'excès de cholestérol.
00:34En effet, une personne sur cinq a trop de cholestérol.
00:38Enfin, c'est qu'elle a trop de cholestérol, il y en a sûrement qui ne savent pas et qui
00:42en ont trop.
00:43Tu as raison, il y en a sûrement plus qu'une sur cinq.
00:45Alors est-ce que tu peux nous rappeler ce qu'est le cholestérol pour mieux comprendre après les conséquences qu
00:49'il peut avoir ?
00:49Alors le cholestérol, il a souvent une mauvaise image.
00:51Il faut savoir qu'il est indispensable, utile, vital.
00:55Oui madame.
00:57C'est à quoi ?
00:57À tout un tas de choses, comme on va le voir.
01:00Il entre dans la composition de pratiquement toutes les membranes de nos cellules.
01:05Donc tu vois, tes cellules, elles ont une membrane, il entre dans la composition des membranes des cellules.
01:10Ensuite, il est indispensable à la fabrication de la vitamine D.
01:14Tu sais, la vitamine D, c'est pour la solidité de nos os.
01:17En fait, les rayonnements arrivent à la surface de la peau.
01:20Ils réagissent avec le cholestérol qui est dans la peau.
01:24Et c'est ce qui va fabriquer la vitamine D et donc la solidité de nos os.
01:29Mais pas que.
01:31Il participe aussi à la synthèse des hormones sexuelles.
01:35Par exemple, progestérone, estrogène, mais aussi d'autres hormones.
01:39Par exemple, le cortisol.
01:40Donc il entre aussi dans la composition de ces hormones.
01:43Il participe à la fabrication de ces hormones.
01:46Et aussi, il aide à la digestion.
01:48Ça paraît un peu contre-incutif.
01:50Oui, parce qu'en fait, il participe à la synthèse des acides biliaires.
01:54Les acides biliaires sont ceux qui t'aident à digérer.
01:57Donc tu vois, on peut dire que le cholestérol utile, indispensable, vital.
02:01Alors pourquoi il est si décrié le cholestérol ?
02:04Pourquoi on en parle comme d'un ennemi s'il est si utile ?
02:07Alors avant, on parlait de bon et de mauvais cholestérol.
02:10Quand tu dis un ennemi.
02:11On parle toujours de bon et de mauvais cholestérol.
02:12Alors ça, c'est un peu remis en cause.
02:15Parce qu'en fait, il n'y a pas de bon et de mauvais.
02:18C'est-à-dire que le cholestérol, c'est du gras.
02:21Et c'est jamais bon.
02:22Mais en fait, quand on parlait...
02:23Tu viens de dire que ça servait à plein de choses.
02:24Donc c'est bon quand il y en a...
02:26C'est en excès que ce n'est pas bon.
02:27Ah voilà, d'accord.
02:28C'est quand il y en a trop.
02:29Et on va voir pourquoi.
02:30Mais d'abord, il faut comprendre que le cholestérol, il ne peut pas...
02:34C'est du gras.
02:35Donc il n'est pas miscible dans l'eau.
02:37Donc pour se balader, il va falloir des petits transporteurs.
02:41Dans l'eau de notre corps ?
02:42Oui.
02:43Des protéines.
02:44Certaines s'appellent LDL.
02:46C'est ce qu'on appelait avant le mauvais cholestérol.
02:49Certaines protéines s'appellent des HDL.
02:51C'est ce qu'on appelait avant le bon cholestérol.
02:54Et en fait, toc, toc, toc, elles vont l'apporter.
02:56Mais quand il y en a trop, une fois qu'il a servi aux membranes, à l'acide biliaire, etc.,
03:02regarde ce qu'il va faire dans les artères.
03:03Tu vas voir dans cette vidéo ce qui se passe quand on a trop de cholestérol qui va petit à
03:09petit.
03:10Tu vois, là, c'est une artère.
03:12Évidemment, c'est exagéré.
03:13Une fois qu'il a fait son travail, c'est accéléré.
03:14Oui, d'accord.
03:15Tu vois, une fois qu'il a déposé tout ce qui était utile, après, quand il est en excès...
03:21En fait, ça vient quasiment boucher le tuyau, l'artère.
03:25Oui, l'artère.
03:26Et du coup, le sang, il ne va plus passer.
03:28Parfois, ça la bouge complètement, le sang ne passe plus.
03:31Ou parfois, ce qui peut se passer aussi, c'est que la petite plaque, on appelle ça une plaque d
03:35'athérome,
03:36elle peut envoyer...
03:37Tu vois, il y a des petits morceaux qui peuvent partir comme ça, partir dans la circulation.
03:41Si ça arrive au cerveau, ça fait quoi ?
03:43Un accident vasculaire cérébral.
03:45Si ça arrive dans le cœur, ça fait quoi ?
03:47Un infarctus.
03:48Ah oui, donc en fait, ce n'est pas un ennemi pour rien, quand même, le cholestérol.
03:51En excès.
03:52OK, quand on en a trop, ça peut avoir des vraies conséquences sur la santé.
03:56Infarctus, accident vasculaire cérébral, artérite, c'est-à-dire inflammation des artères,
04:00et hypertension, parce que comme l'artère, elle se bouge, il faut lutter,
04:04donc ta tension, elle va monter aussi.
04:07Voilà les principales complications, il y en a d'autres.
04:09Et alors, qu'est-ce qu'on peut faire pour éviter d'en arriver là ?
04:13Il faudrait savoir si on en a trop ?
04:16Alors, le problème, est-ce que tu connais ton taux, là ?
04:18Est-ce que tu le sens ?
04:19Tu sens ton taux de cholestérol ?
04:21Voilà.
04:21T'as ton taux ?
04:22Non.
04:23On ne s'empare quand on...
04:24Alors, ce qu'il faudrait, c'est ne pas attendre les complications.
04:29Donc, il faudrait le surveiller.
04:30En fait, tu veux dire qu'avant ça, c'est silencieux, ça peut augmenter, augmenter, augmenter ?
04:34Exactement.
04:35Et on le sait quand c'est trop tard, entre guillemets.
04:36Malheureusement, tu fais un AVC, on s'aperçoit que tu avais du cholestérol.
04:39C'est pour ça.
04:40Alors, ce que j'ai oublié de dire aussi, c'est qu'il est tellement utile, indispensable et vital,
04:45qu'en fait, c'est notre foie qui fabrique le cholestérol.
04:4880% du cholestérol est fabriqué...
04:51Et les 20% restants ?
04:52Et les 20% par l'alimentation.
04:54Tu vois la petite flèche qui va à la bouche, là ?
04:56C'est pour dire qu'il y a 20% qui sont alimentaires.
05:01Donc, pour agir sur son taux de cholestérol, on peut moins manger, mais ça n'a pas...
05:06Enfin, moins manger.
05:07Qu'est-ce qu'il faut manger ?
05:09Déjà, il faut le contrôler.
05:11Et comme je te le disais, on ne parle plus de bon ou de mauvais.
05:13Maintenant, le médecin, en fait, il va demander ce qu'on appelle un bilan lipidique.
05:18Et comme ça, il aura une vision globale de tous les différents cholestérols.
05:22Il va savoir s'il y a plus de mauvais.
05:25Enfin, tout est mauvais.
05:26On a appelé avant le mauvais.
05:27S'il y en a trop, voilà.
05:27Et surtout, il va agir en fonction de tes autres facteurs de risque.
05:33C'est-à-dire que les doses qu'on donnait avant, 1,6 g, à ne pas dépasser, etc.
05:38Les autres qu'on donnait avant, non.
05:40Parce qu'en fait, si tu fumes, si tu es en surpoids, si tu as du diabète,
05:46on va demander un taux beaucoup plus bas.
05:48Donc, il faut contrôler son taux régulièrement.
05:51C'est l'idée aujourd'hui, c'est de vous donner envie d'en parler.
05:54C'est une prise de sang à jeun, c'est tout, franchement.
05:58Pour éviter d'en arriver aux complications, c'est pas grand-chose.
05:59Pour éviter un AVC, un infarctus, voilà.
06:02Donc, une prise de sang à jeun.
06:03Et une fois qu'on voit qu'on a du cholestérol, qu'est-ce qu'on fait ?
06:05Alors, le médecin, je te dis, en fonction de vos autres facteurs de risque, en général...
06:10De l'âge peut-être ?
06:10Oui, bien sûr.
06:12On commence toujours par un régime alimentaire.
06:14On va essayer de jouer sur les 20%.
06:16Alors, tu me demandais lesquelles ?
06:18Oui, qu'est-ce qu'on enlève de l'alimentation ?
06:19Qu'est-ce qu'on favorise ?
06:20Essentiellement, ce qu'on appelle les graisses saturées.
06:22Les graisses saturées, c'est les graisses d'origine animale, charcuterie, viande...
06:27Oui, tout ce qui vient de lait, beurre, fromage, crème fraîche.
06:33Vous ne me regardez pas comme ça, oui, tout ce qui est bon.
06:35Mais aussi ce qu'on appelle les graisses hydrogénées, végétales, qui sont dans les biscuits, tu sais, industriels.
06:43Donc, on essaye ça pendant six mois.
06:45Activité physique, etc.
06:46Si ça ne baisse pas, parce qu'il y a aussi des facteurs génétiques dans le cholestérol,
06:50donc si ça ne baisse pas, le médecin a toute une palette de traitements.
06:54Donc, l'idée aujourd'hui, c'est de comprendre qu'il faut surveiller, contrôler régulièrement son taux,
07:00ne pas attendre les complications, parce qu'il y a différentes manières de le traiter et de le faire baisser.
07:11Bonjour, docteur Léo Razaka Mananzoa.
07:14Je suis ravie de vous accueillir.
07:16Vous êtes médecin, radiologiste, plutôt spécialiste en gynécologie, radiologie interventionnelle, imagerie,
07:24et tout ça.
07:25Vous êtes à l'hôpital Tenon et vous êtes aussi maître de conférences à Sorbonne Université.
07:30Et vous avez présenté, lors des journées francophones de radiologie,
07:36une technique mini-invasive qui permet de traiter quelques lésions d'endométriose.
07:43Alors déjà, un petit rappel sur l'endométriose.
07:46Qu'est-ce que c'est ?
07:47Bonjour, merci pour l'invitation.
07:49Alors l'endométriose est une maladie qui est bénigne, mais qui est relativement fréquente.
07:54On compte en France à peu près une femme sur dix, on estime en tout cas sa prévalence à une
07:59femme sur dix,
08:00et elle se manifeste par la présence de tissus de type endométrial,
08:03c'est-à-dire du tissu qui ressemble à la muqueuse normal de l'utérus, mais qui vient...
08:06L'endomètre, c'est la paroi interne de l'utérus.
08:08Exactement, l'endomètre est la paroi interne de l'utérus.
08:11Autour de l'endomètre, on a le miomètre qui est le muscle, et puis il y a une enveloppe qui
08:14s'appelle la sérose.
08:15Et ce tissu vient sortir de l'utérus pour se placer sur différents endroits.
08:19On le place par exemple en dessous d'une structure qu'on appelle le péritoine,
08:24qui sont les atteintes profondes qui peuvent toucher certains organes, par exemple la vessie,
08:27qui peuvent toucher le tube digestif.
08:28Elle peut se positionner sur les ovaires, ici on voit les ovaires sur le schéma,
08:32ça donne ce qu'on appelle les endométriomes.
08:33Et puis elle peut se positionner de manière superficielle sur la couche de l'abdomen, qui est le péritoine.
08:39Et la technique dont on va parler aujourd'hui parle plutôt de l'atteinte qui est sur la paroi.
08:44Je voudrais qu'on revienne tout de même sur l'endométriose, vous avez dit donc fréquente.
08:49C'est une maladie dont les femmes souffrent, ça provoque des douleurs terribles,
08:57notamment pendant les règles.
08:59Donc expliquez-nous pourquoi cette souffrance et pourquoi elle arrive pendant les règles.
09:02Alors en fait, ce tissu endométriosique, il réagit selon les hormones,
09:07c'est-à-dire qu'il est commandé sur les hormones.
09:09Et donc on sait que pendant la période des règles,
09:11on a une inflammation de ce tissu qui va entraîner des douleurs.
09:14Comme on va le voir sur cette image, en dehors des règles et pendant les règles ?
09:18Absolument.
09:19Quand elle est située au niveau de la paroi abdominale,
09:22les patients se présentent pour des douleurs,
09:24le plus souvent pendant les règles, qui augmentent pendant les règles.
09:27Elles nous disent souvent en consultation ce signe qui est « j'ai l'impression qu'on me plante un
09:31coup de couteau au sein de l'abdomen ».
09:32Elles ont un nodule qui est sensible, qui est douloureux, que l'on sent parfois à la palpation.
09:38Et ça dure le long des règles, tout au long des règles.
09:41Et après, la douleur diminue un petit peu, parfois elle est continue.
09:44Et donc là, on en est à ceux de paroi, qui sont votre spécialité.
09:50C'est-à-dire que ça peut être sur le nombril, ça peut être à un autre endroit,
09:55là on voit que c'est sur le côté, ça peut être à différents endroits ?
09:58Absolument. Dans la majorité des cas, ce nodule de paroi, il est relativement proche d'une cicatrice,
10:03donc le plus souvent de césarienne, comme on le voit sur ce schéma.
10:06Il peut être aussi situé sur d'autres cicatrices abdominales, par exemple une cicatrice d'appendisectomie.
10:10On a aussi des cas à ce niveau-là, ou de trocard de célioscopie, quand les patients ont été opérés.
10:14Dans d'autres formes, on a des atteintes qui viennent toucher le nombril,
10:17ce qu'on appelle l'endométrose ombilicale.
10:19Et puis parfois, elles viennent au niveau du pli de laine, ce qu'on appelle le canal de nuque.
10:23D'accord. Et là, c'était pour toutes les lésions, on va dire, de paroi, dont on va parler aujourd
10:29'hui.
10:29Mais c'est vrai qu'on peut rappeler tout de même, comme vous l'avez dit tout à l'heure,
10:32que ça peut aller partout, que ça peut entraîner des problèmes pour avoir des enfants,
10:38et que c'est une souffrance terrible, et que bien souvent, malheureusement,
10:41entre le début des symptômes et la pause du diagnostic,
10:45il y a encore un délai beaucoup trop long, je crois.
10:48Absolument. En fait, la maladie endométriosique est une maladie qui est difficile.
10:52Difficile, bien sûr, pour les patientes, parce qu'à l'an 13, un florilège de symptômes liés à leur localisation.
10:56Évidemment, on peut avoir des symptômes urinaires, des symptômes digestifs.
10:59Vous avez dit sur le système digestif.
11:00Absolument, des symptômes pendant les rapports sexuels, des symptômes, évidemment, pendant les règles.
11:04On peut aussi avoir des symptômes qui sont liés à des atteintes un peu plus loin.
11:07Par exemple, il y a des formes très rares.
11:08L'endométriose sont située sur le diaphragme, des patients tombés à l'épaule, voire même au niveau du thorax.
11:12Mais ce que je trouve intéressant aussi, quand j'ai vu votre présentation aux journées francophones de radiologie,
11:18c'est qu'on ne pense pas à l'endométriose quand on a une douleur, des coups de poignard,
11:23au niveau du nombril, ou sur la paroi, ou au niveau d'une cicatrice d'apendicite.
11:27On ne peut pas y penser à ce moment-là.
11:29Alors, heureusement, depuis la stratégie de lutte contre l'endométriose, depuis 2022,
11:32de plus en plus de pédagogie a été faite, aussi bien auprès des patientes que de nos confrères et concières,
11:37et aussi de nos étudiants, et donc on est de plus en plus sensibilisés à ce diagnostic-là.
11:41Dans la forme d'endométriose pariétale, on sait que l'endométriose a un retard diagnostique
11:45qu'on espère, bien sûr, et c'est de réduire, à peu près 7 ans.
11:49Aujourd'hui, on l'espère beaucoup moins.
11:52L'endométriose de paroi ne fait pas exception, dans la mesure où ces patientes qui ont,
11:55si on prend l'exemple de la cicatrice de césarienne,
11:57elles ont des douleurs au niveau de la cicatrice.
11:59Donc c'est qu'une cicatrice, donc de temps en temps,
12:01elles vont éventuellement dire que c'est des douleurs normales au niveau de la cicatrice.
12:06Et puis, à un moment donné, on va faire une imagerie,
12:08c'est-à-dire qu'on va regarder ce qui se passe au niveau de sa cicatrice,
12:11mais encore une fois, l'imagerie n'est pas tellement facile.
12:13C'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait un praticien qui connaisse déjà les symptômes,
12:17qui connaisse la maladie d'endométriose de paroi,
12:19et qui puisse adresser à un radiologue
12:20qui connaît lui aussi l'endométriose de césarienne,
12:23pour pouvoir identifier ça.
12:24Parce que la difficulté pour le diagnostic...
12:26Ah, vous l'appelez endométriose de césarienne ?
12:29Alors, les Anglais l'appellent césarienne scala endométriosis.
12:31C'est pas pour ça qu'il ne faut pas faire de césarienne quand on en a besoin.
12:34Exactement, absolument pas.
12:35L'indication d'une césarienne, l'indication médicale,
12:37elle est faite pour, ce que je dis à mes patients,
12:39sauver la mère et l'enfant.
12:40Voilà, on sait juste que d'un point de vue statistique,
12:42il y a un peu plus d'endométriose pariétale
12:46qui sont situées sur des cicatrices de césarienne.
12:48D'accord. Et donc vous, je crois que vous m'avez d'ailleurs dit
12:53« Cocorico, les Français sont les meilleurs dans ce domaine ».
12:56Vous arrivez avec une technique.
12:58Expliquez-nous comment vous faites, quel est le principe.
13:01D'abord, c'est pas une opération.
13:02Déjà, on va le rappeler tout de suite.
13:04Racontez-nous comment ça se passe.
13:05En effet, cette technique, on est assez fiers
13:07parce que c'est une technique qui a été développée et inventée en France
13:09dans cette indication.
13:11Elle se développe dans le monde entier
13:13et puis aujourd'hui, la majorité des publications sont françaises.
13:16Elle fait partie des techniques de radiologie internationale
13:18parce que moi, je suis radiologue
13:19et donc qui consiste à traiter nos malades par voie mini-invasive
13:23dans nos blocs de radiologie interventionnelle
13:25en utilisant du matériel qui traverse la peau
13:27et qui vient se mettre directement à l'intérieur du nodule
13:30sous guidage de l'imagerie
13:32en pouvant traiter la malade
13:33sans laisser de cicatrices derrière
13:35et en lui permettant de rentrer directement à la maison
13:37quelques heures plus tard.
13:38Donc elle arrive le matin, elle repart chez elle
13:40et sans opération, sans rien du tout.
13:42Vous allez nous expliquer.
13:43D'abord, vous nous avez dit qu'on repère,
13:45c'est-à-dire qu'on va voir ça sur des images.
13:46Vous faites une échographie pour repérer,
13:49comme on va le voir sur cette image,
13:51vous repérez le nodule.
13:52En fait, c'est le même nodule, là.
13:55Absolument.
13:55En fait, si on prend le déroulé de la malade,
13:57elle va venir consulter un praticien
13:58qui va suspecter cette endométriose de parois.
14:01Elle va ensuite être adressée à un radiologue
14:02qui connaît cette pathologie.
14:04On va faire une échographie à l'endroit précis
14:05où la patiente a mal
14:06et on va découvrir cette petite boule noire
14:08qui est douloureuse lorsqu'on passe la sonde
14:10et qui, en fait, évoque cette endométriose de parois
14:12qu'on corrèlera ensuite par une IRM
14:13pour confirmer ce diagnostic.
14:15Et après, vous nous avez apporté des images
14:16de ce que vous faites avec l'aiguille.
14:18On va voir l'aiguille.
14:19Vous allez nous commenter ces images.
14:21On va voir donc les...
14:22Allez-y.
14:23Exactement.
14:23En fait, on place l'aiguille à l'intérieur.
14:24Ici, vous avez un gaz qui se décomprime
14:26qui va entraîner une glace.
14:27Donc, on a une véritable boule de glace
14:29qui se crée à l'intérieur de malades
14:30et qui va ensuite, derrière,
14:31entraîner plein d'effets biologiques
14:34en détruisant les cellules qui prolifèrent
14:36et en permettant, justement,
14:38d'atteindre et de détruire complètement
14:40l'endométriose de parois.
14:41Derrière, on a quelques réchauffements
14:43et cette tumeur, elle va disparaître.
14:44Et après, on la voit grise,
14:46c'est-à-dire qu'elle est morte.
14:47Exactement.
14:48Alors, expliquez-moi déjà,
14:49combien de temps ça prend ?
14:51Parce que là, on l'a vu en vidéo,
14:53ça prend combien de temps à peu près ?
14:54Alors, dans le déroulé de la journée,
14:56la destruction, elle prend 30 minutes.
14:58C'est-à-dire qu'en fait,
14:59on va congeler deux fois,
15:00on va réchauffer une fois.
15:01Le temps d'intervention,
15:02installation compris,
15:03prend une heure et demie, deux heures.
15:04D'accord.
15:05Et après, la patiente,
15:07ce qui nous intéresse,
15:08c'est si après,
15:09elle n'a plus de douleur
15:10puisqu'elle vient pour des douleurs.
15:12Est-ce que c'est efficace et à combien ?
15:14Absolument.
15:15Il y a deux choses qui sont vraiment
15:17très gratifiantes
15:18pour ce type d'intervention.
15:19C'est l'efficacité.
15:20C'est-à-dire que les patients,
15:21dès les semaines,
15:22voire même parfois les jours qui suivent,
15:23elles n'ont plus du tout mal.
15:24Et on le repère au cycle suivant.
15:26C'est-à-dire leur cycle de règles suivants.
15:26Elles nous disent,
15:27je n'ai plus de douleur.
15:28Merci.
15:29Première chose.
15:29La deuxième chose,
15:30c'est que ces patientes-là
15:31n'ont aucune cicatrice.
15:32Et parfois, en consultation,
15:33elles nous demandent,
15:34elles nous disent,
15:34je ne sais pas par où vous êtes passés
15:35parce que je ne vois absolument rien.
15:36C'est juste une petite aiguille, en fait.
15:38Une toute petite aiguille.
15:39Et la troisième chose
15:40qui est vraiment très bien,
15:40c'est que tout le traitement
15:42se fait en hôpital de jour,
15:43en ambulatoire.
15:44Donc, les patientes arrivent le matin
15:45à l'hôpital,
15:46on les prépare.
15:47Elles viennent au bloc
15:48de radiologie interventionnelle.
15:49On pratique l'intervention
15:50et ensuite, après,
15:50on les surveille deux heures
15:51et elles rentrent chez elles.
15:52Et on ne risque pas d'abîmer
15:53d'autres tissus à côté ?
15:55Alors, il y a des risques
15:56comme toute intervention.
15:57En fait, le froid,
15:58l'objectif, nous,
15:59en tant qu'opérateurs,
16:00c'est qu'ils viennent congeler
16:00uniquement le nodule.
16:01Il ne faut pas qu'il s'étende
16:02au niveau de la peau
16:03sinon ça brûle la peau.
16:04Il ne faut pas qu'il aille
16:04trop profond non plus
16:05au niveau du tube digestif
16:06ou de la vessie.
16:07Mais pour ça,
16:07on utilise des artifices.
16:16Alors, il y a toujours
16:17un risque de récurrence.
16:18Aucun traitement aujourd'hui
16:19en médecine n'est un absolu
16:21à 100%.
16:23Aujourd'hui, on le sait
16:24dans les publications
16:24qui sont données
16:25qu'on a plus de trois quarts
16:26des patientes
16:27qui sont totalement guéris.
16:28C'est-à-dire qu'ils ne reviennent jamais.
16:29Ça, c'est quand même formidable.
16:30C'est formidable.
16:31Moi, merci.
16:32Je vais vous appeler Léo,
16:33c'est plus simple pour moi
16:34parce qu'avec votre nom,
16:35c'est compliqué.
16:35Mais surtout, l'idée,
16:36c'était aujourd'hui
16:37de dire que les lésions
16:40endométriales de parois existent.
16:41Donc, il faut savoir y penser
16:42et surtout,
16:43qu'on arrive à les traiter.
16:45Encore une fois,
16:45Cocorico, bravo.
16:51Docteur Martin Blachier,
16:53bienvenue.
16:53Je rappelle que vous êtes
16:54médecin de santé publique
16:55et vous venez nous parler
16:56régulièrement d'innovation.
16:58Et aujourd'hui,
16:59une innovation
17:01qui présenterait
17:02un grand intérêt
17:03pour les prématurés.
17:05Effectivement.
17:06Et même pour les très grands prématurés,
17:08c'est-à-dire les enfants
17:08qui sont à 22-24 semaines
17:10d'aménorée
17:11qui posent un problème particulier,
17:12c'est que, vous savez,
17:13les prématurés,
17:14souvent, on va les oxygéner
17:16en leur mettant un petit tube
17:17dans la narine
17:18qui va aller dans les poumons
17:19de façon à ce qu'ils ne sont pas capables
17:22de s'oxygéner tout seuls
17:23et donc, on va les oxygéner
17:24par ce petit tube.
17:25Le problème,
17:25quand ils sont trop jeunes,
17:26c'est qu'en fait,
17:27les poumons sont tellement fragiles
17:28qu'avec ce petit tube,
17:30même avec un tout petit filet d'air,
17:31on risque de leur déchirer
17:32leurs alvéoles pulmonaires.
17:34Et donc, en fait,
17:34il y a des scientifiques
17:35qui ont imaginé
17:37laisser l'enfant
17:38pendant un mois de plus
17:39dans une poche amniotique
17:41qui ne serait plus du coup
17:42la poche amniotique de la mère
17:43parce qu'en fait,
17:44du coup,
17:44on est obligé de faire naître
17:45ces bébés où ils naissent
17:46tout seuls de façon prématurée
17:48et donc,
17:48on va rétablir en fait
17:50la poche amniotique
17:51mais de façon artificielle
17:53et on va prendre
17:54le cordon ombilical directement
17:56et on va le brancher
17:57finalement sur un système
17:58qui est un espèce
17:58de placenta artificielle
18:00qui va oxygéner directement
18:01le sang du bébé.
18:02En fait,
18:03on va maintenir
18:03parce qu'en fait,
18:04le fœtus
18:05dans le ventre
18:08de sa maman,
18:09il respire
18:09par le cordon ombilical
18:11qui lui apporte
18:12l'oxygène
18:12mais aussi les nutriments
18:13et puis il y a
18:14le placenta aussi.
18:16Donc là,
18:16l'idée,
18:17c'est de garder
18:19cette respiration
18:21ombilicale
18:22mais pas dans l'utérus
18:24mais dans quoi ?
18:26Certains appellent ça
18:27un utérus artificiel.
18:28C'est une poche amniotique ?
18:29C'est une poche amniotique.
18:30C'est une grande poche
18:31de plastique
18:32qui est chauffée
18:33parce qu'elle a la température
18:34de 37 degrés
18:35qui est la température
18:35de la mer.
18:36Donc en fait,
18:36l'enfant,
18:37il va continuer
18:37d'être dans une condition
18:40de liquide amniotique
18:42en apesanteur
18:44dans le liquide amniotique
18:44et il ne va pas
18:45se respirer
18:46par ses poumons
18:47qui ne sont pas encore prêts
18:48et il va continuer
18:48de respirer
18:49par son cordon ombilical
18:51et au lieu d'avoir
18:52le placenta
18:52qui va oxygéner le sang
18:53par le cordon,
18:54en fait,
18:55ça va être
18:56un dispositif,
18:57une machine
18:57qui va faire ça
18:58de façon artificielle
18:59et donc ça a été fait
19:00effectivement
19:00chez les jeunes agneaux
19:01et donc on a pris
19:03des jeunes agneaux
19:03qui étaient très prématurés
19:04et en fait,
19:05on a réussi
19:06à les amener
19:06à la naissance
19:07et à les faire
19:08se développer
19:09de façon quasi normale.
19:10Alors quand vous dites
19:11à les amener
19:11à la naissance,
19:12en fait,
19:12on attend
19:13que les poumons
19:14soient matures,
19:15on ne va pas faire
19:16les 9 mois.
19:16On passe de très grands
19:18prématurés
19:18qui ont un pronostic
19:19très très négatif,
19:21très défavorable
19:22à les amener
19:22à des prématurés
19:23plus longs
19:24d'un mois de plus.
19:24Pour l'instant,
19:25la technologie,
19:25c'est un mois,
19:2628 jours.
19:27Là,
19:27ils sont beaucoup
19:28moins prématurés
19:28et on peut les oxygéner
19:29de façon beaucoup
19:30plus facile
19:31par leurs poumons.
19:32On va continuer
19:32à avoir des soins
19:34mais là,
19:34on sait faire.
19:35Et donc là,
19:36on va commencer déjà
19:37chez l'humain ?
19:38Alors absolument,
19:39l'agence américaine
19:40a donné l'autorisation
19:41de passer de l'agneau
19:42qui était le modèle
19:43qui était utilisé
19:44pour le modèle animal
19:45à l'humain
19:46et donc on va avoir
19:46les premiers grands
19:47prématurés
19:48qui vont pouvoir
19:48bénéficier de cette technologie
19:50et donc continuer
19:51un mois finalement
19:52de gestation artificielle
19:54dans une poche de liquide
19:55oxygénée directement
19:57par leur cordon ombilical
19:58comme ils le sont
19:59dans le ventre de leur mère.
20:00Donc en fait,
20:00j'imagine que ça va être
20:01une césarienne ?
20:02Le plus souvent,
20:02effectivement,
20:03c'est une césarienne.
20:04En fait,
20:04l'enfant,
20:05il est retiré.
20:06On garde de la longueur
20:07de cordon ombilical
20:08qu'on va venir brancher
20:09directement sur la machine
20:11et l'enfant va être
20:12immergé dans cette poche
20:13amniotique
20:13et va rester un mois dedans.
20:15Au bout d'un mois,
20:15on sort l'enfant
20:16donc c'est une espèce
20:17de deuxième accouchement
20:18et là,
20:19l'enfant...
20:19Il aura eu deux naissances ?
20:20Il aura eu deux naissances.
20:22Je pense que légalement,
20:24ça restera...
20:24Non mais c'est extraordinaire.
20:26Non, non,
20:26c'est incroyable,
20:27c'est incroyable.
20:27C'est pour vous dire
20:28à quel point la technologie avance
20:30et donc on va pouvoir encore
20:32avancer l'âge de viabilité
20:34des grands prématurés
20:35et surtout diminuer
20:36la morbidité
20:37de la prise en charge
20:38de ces très grands prématurés.
20:39Vous nous tiendrez au courant
20:40des avancées aux Etats-Unis
20:41de ce qui se passera là-bas.
20:42Merci beaucoup,
20:43docteur Blaché.