00:00 démarrer cette séquence avec les bons conseils, les bons soins du docteur Alexandre Marchak.
00:04 Bonjour docteur.
00:05 Bonjour Julie.
00:06 Bonjour.
00:07 Julie ?
00:08 Julia.
00:09 Ah oui, j'ai compris.
00:10 Julie Julia.
00:11 J'ai entendu Julie, je me suis dit c'est génial, un chirurgien esthétique qui me dit ça.
00:15 Aujourd'hui, coup de projecteur sur les soi-disant ratés de la médecine et la chirurgie esthétique.
00:20 Vous allez nous expliquer les choses de façon très pédagogique.
00:23 Déjà, que faut-il faire quand une opération de chirurgie esthétique se passe mal ?
00:27 C'est un sujet important et généralement il vaut mieux d'ailleurs y penser avant son
00:31 opération parce que parfois ça peut mal se passer.
00:33 Et il peut y avoir deux choses, deux grands types de problèmes.
00:36 Les premiers, c'est ceux qui arrivent immédiatement ou juste après une opération, un hématome,
00:41 une infection, un problème de cicatrisation.
00:43 Et puis après, il y a ceux à distance, quand l'opération n'a pas été à la hauteur
00:48 des attentes qu'on pouvait avoir.
00:49 Et entre les deux, il y a un chiffre très important à retenir, c'est 12 mois, un an.
00:54 Un an, c'est le temps qu'il faut pour qu'un corps humain cicatrise.
00:57 Et donc, avant ça, il ne faut surtout pas se précipiter pour essayer de tout reprendre.
01:03 Avant un an.
01:04 Mais que fait-on si on a justement un problème dans la première année, dans ces 12 mois,
01:09 on ne va tout de même pas rester les bras croisés quand même ?
01:11 On ne reste pas les bras croisés.
01:13 La première chose à faire, c'est de contacter son chirurgien, c'est de retourner le voir.
01:15 J'ai un problème et ça, généralement, votre chirurgien, il est là pour vous accompagner.
01:19 Vous avez créé une relation de confiance avec lui avant cette intervention et elle
01:23 doit se continuer.
01:24 Il doit pouvoir vous proposer des solutions.
01:26 Parfois, et c'est là que c'est frustrant, c'est qu'il n'aura pas d'autre solution
01:29 à vous proposer que d'attendre.
01:30 C'est là que le mot patient prend toute sa signification.
01:33 Et pourquoi il demanderait à attendre aussi, lui ?
01:35 Parce que vraiment, avant un an...
01:36 Il connaît ce truc des remords.
01:37 Parce que l'immense majorité des problèmes s'arrangent dans la première année.
01:42 Ça, c'est vrai, c'est bien connu dans notre métier.
01:43 Le remodelage tissulaire, la cicatrisation, ça prend un an.
01:47 99% des problèmes s'arrangent dans la première année.
01:49 Mais un chirurgien, il veut bien nous voir, même à trois mois ?
01:51 En général, on a rendez-vous post-opératoire, ça, d'accord.
01:54 Mais s'il y a trois mois, il y a un souci, je peux aller le voir.
01:56 Mais bien sûr.
01:57 Je ne sais pas vraiment, en général, celui qui m'a opéré doit me voir ?
01:59 Celui qui...
02:00 Bien sûr, absolument.
02:01 Mais il vous demandera de revenir dans neuf mois.
02:02 Et au-delà de la première année, docteur, qu'est-ce que je fais si c'est raté ?
02:06 Au bout d'un an, je ne suis toujours pas contente et que ça ne correspond pas à ce
02:09 que j'attendais.
02:10 Encore une fois, on retourne voir son chirurgien.
02:13 Et là, soit il peut améliorer la situation, il peut réopérer.
02:17 Parfois, il vous dira non, c'est trop risqué, ça ne vaut pas la peine.
02:20 Là, peut-être qu'il n'a pas la même esthétique que vous.
02:23 Vous n'aviez pas bien compris ce qu'il était capable de faire.
02:26 Et puis de ne pas faire.
02:28 Parfois, on ne peut pas tout réaliser.
02:29 Les chirurgiens ne sont pas des magiciens.
02:30 Et puis, si effectivement, il ne peut pas...
02:34 Vous ne pouvez pas le forcer.
02:35 C'est important à comprendre qu'en médecine, on a une obligation de moyen, pas une obligation
02:40 de résultat.
02:41 Donc, aller forcer votre chirurgien à reprendre, ça ne va pas marcher.
02:43 Dans ce cas-là, il faut souvent...
02:44 La sympathie, ça vaut mieux que le conflit.
02:46 - J'ai une question.
02:47 J'ai une copine qui a refait faire son nez quatre fois, deux fois avec le même et puis
02:51 après deux fois encore avec deux autres chirurgiens.
02:54 Une espèce de nomadisme médical et elle n'est toujours pas contente à la quatrième opération.
02:58 Donc là, c'est elle qui a un problème, non, je pense.
03:01 Il est très joli son nez en plus.
03:02 - Alors, aller dire que c'est elle qui a un problème, c'est un peu difficile.
03:06 - Non, mais je veux dire, un problème de dysmorphophobie, peut-être quelque chose qu'elle ne sera jamais
03:09 contente.
03:10 - Oui, on en avait déjà parlé dans des chroniques précédentes.
03:11 Il y a bien sûr la dysmorphophobie.
03:12 Plus on a des attentes élevées, plus c'est difficile de le matcher.
03:15 Donc, effectivement, généralement, une opération, deux opérations, souvent, il y a un moment
03:21 où il faut savoir dire c'est bon.
03:22 - À la quatre, je me dis quand même que c'est plutôt un psy qu'il faut aller voir qu'un
03:24 chirurgien, non ?
03:25 - Ça peut aider, oui.
03:26 - Ça peut aider.
03:27 Quel conseil vous pourriez nous donner, docteur, pour éviter d'être déçu, justement, par
03:31 une chirurgie esthétique ? Il y a des choses à avoir en tête ?
03:34 - Oui, alors, il y a trois grands conseils.
03:36 Le premier, c'est de savoir que ça peut arriver.
03:38 Il faut essayer de bien faire préciser à votre chirurgien quelles sont les choses qu'il
03:41 est capable de faire pour vous et qu'est-ce qu'il ne peut pas faire.
03:43 La deuxième, c'est de choisir un chirurgien qui a le même goût esthétique que vous.
03:48 Choisissez un chirurgien qui est un petit peu comme si vous choisissiez un architecte
03:51 pour votre maison.
03:52 - Et comment c'est ?
03:53 - Il faut regarder la gueule du chirurgien aussi, non ?
03:56 Parce que vous, vous êtes très beau, par exemple.
03:57 - Ça change rien, moi, ça n'a rien à voir avec des compétences techniques.
04:00 - Mais comment cherchez un chirurgien la même goût que moi ?
04:02 - Regardez son univers, regardez comment il se...
04:04 Comment il se...
04:05 L'intérieur de son cabinet, comment il s'habille.
04:08 - Il peut nous montrer des photos de choses qu'il a déjà faites.
04:09 - Il peut nous montrer les patients qu'il soigne.
04:11 Est-ce que ça correspond à votre univers ?
04:13 - Sa femme.
04:14 - Sa femme, ça peut aider, bien sûr, effectivement.
04:16 - Il peut nous montrer des photos des précédentes opérations, par exemple.
04:18 Ça peut nous aider à voir.
04:19 Elle avait un nez comme ça, cette dame, vous voyez.
04:21 - Et ça, ça permet effectivement à mes patients de voir, bah oui, ça c'est un chirurgien
04:24 qui est fait pour moi.
04:25 Et puis parfois, j'ai des gens qui viennent et puis ils se rendent compte que je ne suis
04:27 pas fait pour eux, qu'ils veulent quelque chose que moi, je ne suis pas capable de leur
04:30 donner.
04:31 - C'est beau.
04:32 Mais bien choisir le chirurgien, c'est là que j'ai envie d'y aller.
04:34 - C'est important.
04:35 - Il y a la troisième chose que je voulais dire, c'est que je voulais vous parler de
04:39 la formule du bonheur.
04:40 Vous savez ce que c'est la formule du bonheur ?
04:41 C'est Mohamed Godat qui a décrit ça.
04:43 C'est bonheur est égal à perception moins les attentes.
04:46 Quand on perçoit un événement positivement, le verre à moitié plein, et qu'on a des
04:51 attentes qui ne sont pas au plafond, pas irréalistes, la formule est positive, on est heureux, c'est
04:57 le bonheur.
04:58 D'accord ? Inversez la formule et vous verrez pourquoi est-ce que beaucoup de gens sont
05:00 malheureux.
05:01 - Merci, docteur Marchat, qui est à la fois artiste, philosophe, franchement, cette mise
05:04 - Les deux points étaient très importants. Merci beaucoup. - Merci beaucoup.