00:00 6h54, deuxième semaine de débat à l'Assemblée sur les retraites.
00:04 Après une première semaine explosive où seul l'article 1 a été voté.
00:08 Un député a même été exclu.
00:11 Triste spectacle, Gauthier Lebret est avec nous.
00:13 Gauthier, vous nous dites ce matin que la rue est plus digne que le Parlement.
00:16 Absolument Romain, les manifestants plus dignes que les députés.
00:19 Alors la semaine dernière à l'Assemblée, députés et journalistes tiraient tous la même conclusion.
00:24 Avant, ça se passait bien au Parlement et c'était chaud dans la rue.
00:28 Aujourd'hui, c'est l'inverse. La rue est digne tandis que l'Assemblée ressemble à un immense cirque pour certains,
00:34 à une cour d'école pour d'autres.
00:36 Invective, intimidation, lettres de menaces, tags, suspension de séance, rappel au règlement en pagaille et même exclusion.
00:45 Ce n'était plus un débat au Parlement, mais un mauvais épisode de Dallas.
00:50 Et pendant ce temps, il n'était pas ou très peu question de cette fameuse réforme des retraites.
00:54 Alors comment expliquer ce changement, Gauthier ?
00:57 Déjà, il n'y a plus de majorité absolue.
01:00 C'est très dur pour le gouvernement.
01:01 À l'époque de Nicolas Sarkozy, quand il a fait passer sa réforme des retraites en 2010,
01:05 la rue était contre lui, mais il savait qu'au Parlement, ça se passerait beaucoup mieux avec sa majorité absolue.
01:12 Forcément, aujourd'hui, avec trois blocs importants, les Français sont plus représentés, mieux représentés à l'Assemblée,
01:19 mais il y a plus de députés de l'opposition et donc plus de députés qui s'opposent.
01:24 Eh bien, l'Assemblée ressemble à un véritable chaudron.
01:27 Et puis, il faut dire aussi une chose, certains députés sont prêts à tout pour faire le buzz et faire parler d'eux dans les médias.
01:33 Sur les sanctions, ça a changé aussi ?
01:35 Oui, avant, par exemple, Dominique de Villepin, Premier ministre, avait traité François Hollande, à l'époque député, de lâche, sans aucune sanction.
01:43 Il y a quelques mois, un député du RN avait traité Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, de lâche.
01:48 Il a été sanctionné.
01:49 Donc, c'est aussi l'époque qui veut ça.
01:51 Regardez, pour preuve, l'exclusion, c'est la sanction la plus dure.
01:55 Eh bien, elle n'a été prise que trois fois dans l'histoire de la Ve République.
01:59 Ça n'était arrivé qu'une fois en 60 ans.
02:02 Là, c'est arrivé deux fois en l'espace de trois mois.
02:04 D'abord, pour un député du RN, Grégoire de Fournasse, et ensuite pour un député insoumis, Thomas Porte.
02:10 Pendant ce temps, je vous le disais, on ne parle toujours pas de la réforme des retraites.
02:13 Un seul article a été voté la semaine dernière.
02:15 Un seul article a été voté la semaine dernière et il reste seulement sept semaines pour débattre de tout le reste de la réforme et de ce fameux article 7.
02:24 Puisque c'est l'article 7 qui est le cœur de cette réforme et qui prévoit de décaler l'âge légal de 62 à 64 ans.
02:31 Ce n'est absolument pas certain que les députés aient le temps de le voter cette semaine,
02:34 notamment à cause des milliers d'amendements déposés par la France insoumise.
02:39 Alors le reste de la NUPES, le reste des députés de la NUPES, presse la France insoumise pour retirer tous ces milliers d'amendements
02:45 et pour que l'article 7 puisse être débattu et pourquoi pas voté au sein de l'Assemblée avant de partir à la fin de la semaine au Sénat.
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