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  • il y a 4 ans
On fait le tour de l'actu avec Félix Mathieu !

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Crédits : THOMAS SAMSON/AFP

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Transcription
00:00 Les vraies voix sud radio.
00:02 Et c'est les trois mots dans l'actu.
00:03 Félix, Mathieu, bonsoir.
00:04 Bonsoir.
00:05 Et donc ces mots, forcément, bras d'honneur, condamnation et travailleurs.
00:09 Le bras d'honneur d'Eric Dupond-Moretti n'a pas sa place dans l'hémicycle.
00:13 La première ministre gronde son garde des Sceaux par téléphone.
00:16 Les élus condamnés pour violences conjugales ne seront pas automatiquement inéligibles.
00:20 L'Assemblée rejette la proposition de loi du groupe macroniste.
00:23 Et puis pas question de voter une réforme qui pénalise les travailleurs.
00:27 Une déclaration signée Aurelien Pradié de LR après sa rencontre avec Laurent Berger de la CNBC.
00:34 Les vraies voix sud radio.
00:37 C'est l'entourage d'Elisabeth Borne qui le fait savoir.
00:41 La première ministre a rappelé les bonnes manières à son ministre de la Justice au téléphone
00:45 après son très vilain geste qui n'avait pas sa place dans l'hémicycle.
00:49 L'histoire ne dit pas si Eric Dupond-Moretti s'est justifié comme ça.
00:52 Sorti de son contexte, un doigt dans les fesses, ça peut être mal.
00:55 Le contexte de ce bras d'honneur, le voici.
00:59 Hier soir, l'Assemblée nationale étudiait la proposition de loi d'Aurore Berger
01:02 pour rendre les auteurs de violences conjugales inéligibles.
01:05 Proposition annoncée suite au retour de l'insoumis Adrien Quatennens au Palais-Bourbon.
01:09 Là, le président du groupe LR, Olivier Marlex, a pris la parole pour demander en quelque sorte
01:14 aux macronistes de balayer devant leurs portes.
01:16 Avant de nous présenter ce texte, madame Berger, votre majorité aurait gagné je crois
01:20 à s'offrir une séance d'introspection sur le thème du "que celui qui n'a jamais péché
01:26 lui jette la première pierre".
01:28 Il faut dire que vous avez de quoi faire en la matière.
01:32 Je vous rafraîchis la mémoire.
01:34 11 condamnations dans la majorité, dont celle de violence envers une ex-compagne,
01:40 avec refus du bureau de l'Assemblée nationale de lever l'immunité parlementaire,
01:44 du député concerné et un autre, condamné pour harcèlement sexuel,
01:48 envers une collaboratrice.
01:50 8 mises en examen, dont celle du secrétaire général de la présidence de la République,
01:55 excusez du peu, et pardon monsieur le garde, celle du garde des Sceaux,
02:00 accusé l'un et l'autre de prise légale d'intérêt.
02:02 Le garde des Sceaux en question, qui n'a pas du tout apprécié cette intervention d'Olivier Marlex,
02:06 c'est là qu'il a eu ce très vilain geste, qu'il a reconnu d'ailleurs lui-même.
02:10 J'ai été mis en examen, je ne suis pas condamné, je conteste totalement les faits qui me sont reprochés.
02:17 Il n'y a pas un bras d'honneur, il y en a deux, mais accompagnés de paroles à chaque fois, qui sont...
02:22 Monsieur le ministre, de quoi vous parlez exactement ?
02:26 Vous avez fait deux bras d'honneur, c'est ce que vous êtes en train de dire à l'Assemblée ?
02:29 Vous n'avez pas à faire des bras d'honneur dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, monsieur le ministre.
02:32 J'ai dit madame, bras d'honneur à la présomption d'innocent, je l'ai dit deux fois.
02:36 Éric Dupond-Moretti qui a finalement présenté des excuses un peu plus tard,
02:40 comme le lui réclamait Olivier Marlex, lors d'un rappel au règlement sur le thème de l'exemplarité.
02:45 Votre attitude, monsieur le garde des Sceaux, je comprends que vous avez pu fréquenter beaucoup de voyous dans votre carrière professionnelle,
02:53 et je comprends que ça a pu à un moment déteindre un peu sur votre comportement, mais c'est plus qu'inapproprié.
03:01 Alors, malgré les excuses d'Éric Dupond-Moretti et ce rappel aux bonnes manières d'Elisabeth Borne par téléphone,
03:06 plusieurs responsables des oppositions réclament la démission du garde des Sceaux.
03:10 Petit tour de table, mais on va en parler à 18h30, parce qu'avec cette question "Les politiques sont-ils devenus fous ?"
03:16 vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire 0826 300 300 Philippe Bigerli.
03:20 Ceux qui, comme Olivier D'Artigolle et moi, avions la certitude que rien ne se passerait, avaient raison.
03:26 Puisque en dehors des réprimandes téléphoniques d'Elisabeth Borne et du rappel par Olivier Véran,
03:34 qui est évidemment un spécialiste en l'occurrence, qu'il faut de la tenue à l'Assemblée quand on est ministre,
03:40 rien d'autre ne se passera.
03:42 - Elisabeth Lévy ?
03:43 - Bah moi, écoutez, je trouve quand même, excusez-moi, je suis quand même un peu sidérée par l'ampleur prise par cette chose,
03:49 et ça me fait dire deux choses, si vous voulez.
03:51 C'est que les propos, d'ailleurs, qui ont été tenus sur le fond, c'est-à-dire l'idée de l'inéligibilité des gens condamnés,
03:59 ça veut dire qu'il n'y a jamais de pardon, jamais de rédemption, même quand vous avez purgé votre peine,
04:03 même quand la justice est passée, la justice ne passe jamais, il doit y avoir la peine de mort sociale derrière.
04:08 Vous devez être marqué au fer rouge toute votre vie.
04:11 Ça, c'est la conception maintenant que les gens de... comment dire... les honnêtes gens ont de la justice.
04:20 Ça commence à m'énerver, je trouve ça.
04:22 Et on fait des excuses, ça n'a aucune espèce d'importance, et de toute façon, pourquoi demander des excuses,
04:28 si c'est pour dire de toute façon...
04:30 - Ne pas les accepter.
04:31 - Oui.
04:32 - C'est un paradis, je trouve.
04:33 - Oui, surtout que quand on voit l'image de l'acte de contradiction du garde des Sceaux, on sent qu'il bouillonne intérieurement.
04:40 - Il est bâlé.
04:41 - Ça veut dire que ça n'a pas été spontané.
04:43 Il y a en plus une faute politique, puisque ça vise Olivier Marlex dans une séquence à suivre,
04:49 où Marlex a un positionnement stratégique pour faire attirer le vote des députés LR.
04:55 Mais ça ne vaut pas non plus un tombeau de réaction, un tombeau d'insultes...
05:02 - Il y en a un tombeau ?
05:03 - J'ai dit quoi ? Un tombeau ?
05:04 - Il y a un tombeau, oui.
05:05 - Vous pensez à moi ?
05:06 - Il y a encore combien d'heures d'émission ? Non, ça va, allez, on va y aller au bout.
05:09 Un tombeau, voilà.
05:10 - Je veux juste relancer les auditeurs pour 18h30, si vous permettez, juste de dire, j'ai l'impression que c'est de la provocation,
05:16 de la provocation à outrance pour pousser les gens à bouger.
05:18 J'ai vraiment l'impression de vivre ça à l'Assemblée nationale et au Sénat, je trouve ça assez...
05:22 Enfin, surtout à l'Assemblée nationale, je trouve ça assez compliqué.
05:25 - Attendez, de la provocation ?
05:26 - Que de la provocation, c'est-à-dire que tout le monde provoque tout le monde et ça crée forcément des réactions.
05:31 - Non mais il y a eu une réaction d'un type qui se pense injustement attaqué, une mauvaise réaction émotionnelle, mais dans un pays où tout le monde sacralise l'émotion.
05:42 Si vous voulez, il faut arrêter quand même, ce n'est pas un crime non plus.
05:45 - C'est juste.
05:46 - Allez, avec tout ça, on oublierait presque le sujet de fond, la proposition de loi d'Aurore Berger qui a été rejetée.
05:51 - Ah oui, pas de peine d'inéligibilité automatique pour les auteurs de violences conjugales ou intrafamiliales.
05:56 La présidente du groupe Renaissance, furieuse durant ces débats que ce texte annonçait le jour du retour d'Adrien Quatennens, soit perçu comme une proposition anti-Quatennens.
06:04 - Cesser systématiquement de remettre en cause la sincérité des combats que nous pouvons porter parce que c'est combat.
06:10 Mais on a compris, ça suffit. Franchement, ça suffit. Ça suffit, mais ça suffit. Mais enfin...
06:17 - Chers collègues, s'il vous plaît. - Je n'arriverai pas à m'exprimer dans le calme dans cet hémicycle.
06:22 Je pense pourtant que ce texte le mérite. Nous sommes là, ici, en tant qu'élus, pour dire que non,
06:27 les auteurs de violences aggravées ne méritent pas de demain de devenir des élus de la République.
06:31 Proposition rejetée, 140 voix contre, 113 pour et 14 abstentions.
06:35 Rejetée du fait de la situation, on sait même, de la majorité présidentielle,
06:40 puisqu'il ne vous aura pas échappé que le groupe Horizon et le groupe Modem ne votent pas la proposition de loi.
06:46 Et la loi actuelle permet d'ores et déjà de décider d'une peine d'inéligibilité.
06:53 Là, il y avait une automaticité. Et au final, est-ce qu'on peut encore se dire qu'en démocratie,
06:58 c'est l'élection qui peut permettre à un député d'être renouvelé ou pas ?
07:04 Parce qu'on aurait tendance à l'oublier. - Oui. Je pense que les électeurs ne considèrent pas
07:09 l'élection législative comme un premier prix de vertu.
07:12 Et donc, là encore, une fois que des gens sont condamnés, ils ont purgé leur peine,
07:17 ça n'est même pas une atteinte à la séparation des pouvoirs pour moi de dire
07:21 "Ce sont des députés qui décident de qui a le droit d'être élu ou pas".
07:26 - En l'occurrence, je suis choqué par ce qui est automatique.
07:30 Je veux dire, la seule manière de garder une bonne hiérarchie des infractions entre elles,
07:36 c'est de faire, comme j'ai cru le comprendre dans le propos d'Olivier,
07:40 quelque chose qui ne ferait pas automatique. - L'individualisation des peines.
07:44 - On termine avec un mot sur la réforme des retraites, Félix, et ça va être amusant.
07:50 - Oui, du côté d'Eler, on en parlait un peu, le député Aurélien Pradié,
07:53 plus que jamais en mode frondeur après avoir rencontré Laurent Berger de la CFDT
07:57 à la sortie, il dit être d'accord avec lui sur le fond, oui à une réforme, mais pas celle-là.
08:01 - Nous ne voulons pas d'une réforme qui pénalise les travailleurs.
08:04 La France qui aujourd'hui se mobilise, c'est la France du travail.
08:07 Ce n'est pas la France des feignants, c'est la France de celles et ceux qui travaillent dur au quotidien.
08:11 - De son côté, la présidente de l'Assemblée, Yael Broun-Pivet, juge qu'il serait déloyal
08:15 pour des députés de la majorité de ne pas voter la réforme.
08:18 La porte d'Emmanuel Macron reste fermée, en tout cas au syndicat qui demandait à le rencontrer.

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