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  • il y a 3 ans
Le procès du “tueur de DRH”, Gabriel Fortin, ingénieur au chômage accusé d’avoir tué deux de ses anciens DRH, ainsi qu’une cadre de Pôle Emploi en 2021, s’est ouvert ce mardi à Valence, devant les assises de la Drôme. L’homme de 48 ans a désigné plusieurs élus et magistrats comme “responsables” de sa “situation”, pour ne pas avoir répondu à ses requêtes après ses échecs professionnels.

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Transcription
00:00 Oui, ça a été un traumatisme parce que, vous savez, on a une fonction qui génère souvent une forme de confusion entre la personne et la fonction.
00:08 On a eu des épisodes violents, vous vous rappelez sans doute du DRH, DR France, et on est confronté quelques fois à ce type de tension.
00:16 Évidemment, heureusement, on ne va pas jusque là. Donc ça avait créé un peu de, beaucoup d'émotions.
00:19 Et aujourd'hui, j'ai reçu beaucoup de messages avec l'ouverture de ce procès de mes confrères ou de mes consoeurs qui sont encore très frappés par ce qui s'est passé.
00:28 Ça vous gêne, tueur de DRH ?
00:31 Il s'avère que M. Fortin – je ne connais pas le dossier parce que ça – a assassiné deux DRH.
00:36 Mais dans les quelques explications qu'on a, on voit bien qu'apparemment, il était confronté à un sentiment de...
00:43 Comme quoi c'était les DRH qui auraient été responsables de la situation dans laquelle il était. Moi, je ne connais pas le détail. Et c'est là où je...
00:48 Oui, parce qu'il avait été licencié.
00:49 Voilà.
00:50 Il y a eu une sorte de vengeance.
00:51 C'est vrai que dans nos fonctions – alors heureusement, ce n'est pas l'essentiel – mais on est confronté à des situations où on doit effectivement se séparer de quelqu'un
00:58 ou alors annoncer un plan social ou faire des choses dont on est tout à fait conscient qu'elles ont un impact sur les individus.
01:04 Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas la faire, ni prendre la décision parce qu'elle est nécessaire.
01:08 Après, tout le métier – et c'est ce que je trouve intéressant et beau dans ce métier que je fais depuis quelques années –
01:13 Il y a une solidarité ?
01:14 Non, mais d'abord, c'est essayer de prendre ce type de décision, de les exécuter de la manière la plus protectrice possible, sans ignorer qu'effectivement,
01:22 on met d'un gilet blanc dans des situations difficiles.
01:24 Mais qu'attendez-vous de ce procès ? Si vous attendez quelque chose ?
01:27 Non, de ce procès, pas grand-chose. Malheureusement, parce que c'est une situation très particulière.
01:35 En revanche, je pense que c'est intéressant, les sujets qui vont être traités autour de ce procès montrent bien,
01:41 et d'ailleurs, je n'oublie pas la conseillère de Pôle emploi.
01:43 Ce sont des métiers, comme la conseillère de Pôle emploi ou le DRH, qui sont confrontés à des tas de choses positives,
01:47 mais également à des gens en détresse profonde. Or, on n'est pas forcément bien formé pour ça, avec l'expérience, ça vient.
01:54 Pourtant, il y a ressources humaines dans DRH.
01:55 Oui, mais vous savez, on est confronté, alors souvent, on caricature un peu ce métier,
02:00 on pense qu'on licencie et qu'on recrute toute la journée, ce n'est pas vrai.
02:03 Vous faites le sale boulot, en fait.
02:04 Vous savez, moi, j'ai été confronté à des situations qui étaient encore plus dramatiques.
02:08 Vous avez un collaborateur qui vient vous annoncer qu'il a un cancer,
02:10 vous avez un collaborateur qui vient, comme quelques temps, collaborateur qui vous dit que son conjoint a eu un accident très grave.
02:17 Ça aussi, vous le gérez. Quand je dis qu'on n'est pas formé, on est formé.
02:21 Mais vous êtes dans des situations où vous gérez des situations de détresse.
02:23 Heureusement, on peut se tourner vers des gens dont c'est le métier pour nous aider.

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