00:00 Oui, ça a été un traumatisme parce que, vous savez, on a une fonction qui génère souvent une forme de confusion entre la personne et la fonction.
00:08 On a eu des épisodes violents, vous vous rappelez sans doute du DRH, DR France, et on est confronté quelques fois à ce type de tension.
00:16 Évidemment, heureusement, on ne va pas jusque là. Donc ça avait créé un peu de, beaucoup d'émotions.
00:19 Et aujourd'hui, j'ai reçu beaucoup de messages avec l'ouverture de ce procès de mes confrères ou de mes consoeurs qui sont encore très frappés par ce qui s'est passé.
00:28 Ça vous gêne, tueur de DRH ?
00:31 Il s'avère que M. Fortin – je ne connais pas le dossier parce que ça – a assassiné deux DRH.
00:36 Mais dans les quelques explications qu'on a, on voit bien qu'apparemment, il était confronté à un sentiment de...
00:43 Comme quoi c'était les DRH qui auraient été responsables de la situation dans laquelle il était. Moi, je ne connais pas le détail. Et c'est là où je...
00:48 Oui, parce qu'il avait été licencié.
00:49 Voilà.
00:50 Il y a eu une sorte de vengeance.
00:51 C'est vrai que dans nos fonctions – alors heureusement, ce n'est pas l'essentiel – mais on est confronté à des situations où on doit effectivement se séparer de quelqu'un
00:58 ou alors annoncer un plan social ou faire des choses dont on est tout à fait conscient qu'elles ont un impact sur les individus.
01:04 Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas la faire, ni prendre la décision parce qu'elle est nécessaire.
01:08 Après, tout le métier – et c'est ce que je trouve intéressant et beau dans ce métier que je fais depuis quelques années –
01:13 Il y a une solidarité ?
01:14 Non, mais d'abord, c'est essayer de prendre ce type de décision, de les exécuter de la manière la plus protectrice possible, sans ignorer qu'effectivement,
01:22 on met d'un gilet blanc dans des situations difficiles.
01:24 Mais qu'attendez-vous de ce procès ? Si vous attendez quelque chose ?
01:27 Non, de ce procès, pas grand-chose. Malheureusement, parce que c'est une situation très particulière.
01:35 En revanche, je pense que c'est intéressant, les sujets qui vont être traités autour de ce procès montrent bien,
01:41 et d'ailleurs, je n'oublie pas la conseillère de Pôle emploi.
01:43 Ce sont des métiers, comme la conseillère de Pôle emploi ou le DRH, qui sont confrontés à des tas de choses positives,
01:47 mais également à des gens en détresse profonde. Or, on n'est pas forcément bien formé pour ça, avec l'expérience, ça vient.
01:54 Pourtant, il y a ressources humaines dans DRH.
01:55 Oui, mais vous savez, on est confronté, alors souvent, on caricature un peu ce métier,
02:00 on pense qu'on licencie et qu'on recrute toute la journée, ce n'est pas vrai.
02:03 Vous faites le sale boulot, en fait.
02:04 Vous savez, moi, j'ai été confronté à des situations qui étaient encore plus dramatiques.
02:08 Vous avez un collaborateur qui vient vous annoncer qu'il a un cancer,
02:10 vous avez un collaborateur qui vient, comme quelques temps, collaborateur qui vous dit que son conjoint a eu un accident très grave.
02:17 Ça aussi, vous le gérez. Quand je dis qu'on n'est pas formé, on est formé.
02:21 Mais vous êtes dans des situations où vous gérez des situations de détresse.
02:23 Heureusement, on peut se tourner vers des gens dont c'est le métier pour nous aider.