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Le 16 octobre dernier, Radia Tahar Aouidate, 33 ans, a été condamnée à huit ans de réclusion criminelle pour "association de malfaiteurs terroriste". En 2014, la jeune femme originaire de Roubaix a quitté la France pour rejoindre les rangs du groupe État islamique en Syrie, tout comme 22 autres membres de sa famille. Sur les 23 procès de terrorisme audiencés cette année à Paris, 18 concernent des femmes revenantes de Syrie. Comment juge-t-on aujourd'hui les femmes revenantes du groupe État islamique? Et de quelle manière évalue-t-on leur degré de radicalisation?
Dans ce nouvel épisode d'Affaire Suivante, le podcast inédit, Alexandra Gonzalez et Elisa Fernandez reçoivent Catherine Ménabé, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l'Université de Lorraine.
Dans ce nouvel épisode d'Affaire Suivante, le podcast inédit, Alexandra Gonzalez et Elisa Fernandez reçoivent Catherine Ménabé, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l'Université de Lorraine.
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00:00On les appelle les revenantes, ces femmes qui sont parties faire le djihad et qui sont désormais de retour en
00:06France.
00:06Au total, 18 d'entre elles sont jugées cette année.
00:10Parmi elles, Radia Tahar Awidat, 33 ans, a comparu du 14 au 16 octobre dernier devant la cour d'assises
00:18spécialement composée de Paris.
00:19En 2014, la jeune femme originaire de Roubaix ainsi que 22 autres membres de sa famille ont rejoint la Syrie
00:27pour grossir les rangs de l'organisation Etat islamique.
00:31Tout au long de son procès, il a été question de son parcours et de son basculement sous le joug
00:36d'un frère ultra radicalisé.
00:38Si la cour a pris en compte le chemin parcouru par l'accusé qui aspire aujourd'hui à une vie
00:42normale, celle-ci a finalement été condamnée à 8 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroristes.
00:51Comment juge-t-on aujourd'hui les femmes revenantes du groupe Etat islamique ? Et de quelle manière évalue-t
00:57-on leur degré de radicalisation ?
00:59Je suis Alexandra González et vous écoutez un nouvel épisode d'Affaires suivantes, le podcast inédit.
01:10Elisa Fernandez, bonjour.
01:12Bonjour.
01:12Vous êtes journaliste police-justice à BFM et Catherine Ménabé, bonjour.
01:16Vous êtes maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l'université de Lorraine.
01:21Merci d'être avec nous. Dans un instant, nous évoquerons avec vous la manière dont ces femmes sont jugées.
01:27Mais tout d'abord Elisa, un peu de contexte.
01:29Pour comprendre pleinement le parcours de Radia Tahar à Ouidat, il faut revenir sur l'histoire de sa famille.
01:35Une famille d'origine algérienne implantée à Roubaix dans le Nord, qu'elle décrit elle-même comme traditionnaliste.
01:41Le père de l'accusé et de ses neuf frères et sœurs a un problème avec l'alcool et se
01:45montre violent envers son épouse.
01:47C'est ce qu'elle raconte.
01:48Rapidement, Faudil, le seul garçon de la fratrie, va s'imposer un peu comme un père de substitution et prendre
01:54le rôle de chef de famille.
01:56C'est ce que raconte Radia Tahar à Ouidat lors de son procès.
01:59Au sein du clan Aouidat, c'est donc lui qui va prendre toutes les décisions, qui contrôle aussi tous les
02:04faits et gestes de ses sœurs, quitte à se montrer violent envers elles.
02:08Surtout, peu à peu, Faudil Tahar à Ouidat va glisser dans la radicalisation.
02:12Oui, il va se familiariser avec l'idéologie du groupe Etat islamique lors d'un séjour en prison en 2010,
02:18et puis à travers une rencontre avec un djihadiste belge.
02:21Le contrôle qu'il exerce sur sa famille va donc, à partir de là, se renforcer.
02:26Radia Tahar à Ouidat raconte par exemple, pendant l'audience, qu'il inspecte tous les jours sa tenue vestimentaire au
02:32moment de partir à l'école.
02:33La jeune femme raconte qu'elle se rêvait en avocate ou encore en journaliste, et qu'elle va petit à
02:38petit laisser tomber les études.
02:40Et c'est à ce moment-là qu'elle commence à se radicaliser à son tour.
02:43Elle rencontre un homme, elle l'épouse en 2012, et elle commence à porter le voile intégral.
02:49Elle sera d'ailleurs arrêtée à 14 reprises entre avril 2013 et janvier 2014 à ce sujet.
02:55Et finalement, en 2013, Radia Tahar à Ouidat divorce de son mari.
02:59Oui, ce dernier en fait était contre le djihadisme armé, et ce divorce va constituer quelque part un point de
03:06bascule,
03:06puisque peu de temps après, en mai 2014, la jeune femme quitte la France pour la Syrie avec l'une
03:12de ses sœurs, l'épouse de son frère, ainsi que leurs enfants.
03:15Et entre mai 2014 et septembre 2014, ce sont au total 23 membres de cette famille roubaisienne qui partiront pour
03:21faire le djihad.
03:22Sur zone, Radia Tahar à Ouidat aura deux enfants avec un djihadiste d'origine tunisienne,
03:28mais elle y perdra plusieurs de ses proches, notamment l'une de ses sœurs, sa mère, et quatre de ses
03:32beaux-frères.
03:33Catherine Ménabé, dans ce cas précis, l'accusé s'est radicalisé progressivement au sein de sa cellule familiale.
03:41Est-ce qu'on sait s'il existe chez les femmes radicalisées d'autres points d'entrée ?
03:46Oui, certaines recherches montrent que des femmes, notamment parmi les convertis,
03:50ont pu rechercher à travers leur engagement idéologique une rédéfinition de leurs rôles sociaux.
03:54L'État islamique a misé sur une conception de complémentarité des sexes en proposant une femme une place spécifique dans
04:03son projet de société.
04:04Chez les plus jeunes, des réseaux de recrutement ont pu exploiter des vulnérabilités
04:09en mobilisant une stratégie communicationnelle particulièrement adaptée à la jeunesse.
04:14Chez les femmes majeures, en revanche, la radicalisation était moins systématiquement liée à l'influence d'un homme,
04:21que ce soit un mari, un frère, un père, qu'il avait initialement pu être supposé.
04:28La radicalisation pouvait traduire un sentiment de décalage avec des attentes sociales,
04:33une quête de sens ou le désir de pratiquer la religion autrement.
04:38Chez certaines femmes aussi, de la première vague, la motivation humanitaire a pu être mise en avant.
04:44Mais globalement, il reste assez difficile de catégoriser ces trajectoires.
04:49On retrouve des facteurs de risque relativement communs à d'autres formes de délinquance,
04:54malgré finalement des trajectoires très différentes.
04:57Des failles d'intégration sociale, des expériences traumatiques,
05:00défauts de cadre structurant, faible estime de soi, etc.
05:03Est-ce que vous diriez, dans tout ce que vous avez pu analyser,
05:06que ces femmes réalisaient ce qui les attendait en Syrie avant leur départ ?
05:11Alors cette conscience varie certainement selon les profils de femmes radicalisées.
05:17Certaines, comme certains hommes d'ailleurs, ont rejeté rapidement le djihadisme
05:21après avoir vécu dans les territoires contrôlés par l'État islamique,
05:24où le quotidien s'est révélé très éloigné de leurs attentes.
05:28Certaines femmes se sont notamment senties exploitées par des mariages successifs,
05:33tout en étant privées de liberté pendant leur veuvage dans les Madafas.
05:37Elles pouvaient également subir une pression de la nécessité de faire illusion au péril de leur vie.
05:43Beaucoup ont subi des violences et des radicalisés ont également été choqués
05:48par les exactions de Daesh qu'elles n'avaient pas mesurées.
05:52Mais les témoignages révèlent aussi parfois une tendance à la minimisation
05:57de ce vécu en terre de califat,
06:00voire un décalage très net entre les expériences vécues et la manière dont elles sont perçues.
06:05Et certaines femmes, même si elles sont minoritaires,
06:09ont notamment eu un rôle actif de contrôle et de coercition
06:13au sein de la police islamiste des mœurs, la brigade Al-Khansa,
06:16et ont commis des atteintes à l'intégrité particulièrement graves.
06:21Elisa, pour en revenir au récit, lors de son procès,
06:24l'accusée a justement évoqué ce qu'était son quotidien en Syrie.
06:28Et elle explique notamment qu'elle pensait pouvoir travailler,
06:31qu'elle ne s'imaginait pas être à nouveau sous le joug de son frère.
06:34Et pourtant, c'est ce qu'il se passe, puisqu'il arrange pour elle un nouveau mariage
06:38avec un homme qui est lui-même très autoritaire,
06:41et qui régit, selon elle, ses sorties, tout comme son accès à l'information.
06:45Elle vit avec lui à une trentaine de kilomètres d'Alep,
06:48et elle raconte que là-bas, les bombardements sont quotidiens.
06:51Elle dit encore qu'elle a découvert également, à ce moment-là,
06:54le sort réservé aux prisonniers de guerre, leurs exécutions,
06:58et finalement, elle commence à émettre des doutes
07:00quant à l'idéologie du groupe État islamique
07:03au moment des attentats de Paris en novembre 2015.
07:06Elle se souvient de l'euphorie à Raqqa,
07:08où tout le monde se réjouit de ses attaques
07:10et commence à se demander si elle est en accord avec ces pratiques-là.
07:15Elle fait plusieurs tentatives pour quitter les rangs de l'État islamique,
07:18elle échoue plusieurs fois, et en tentant de quitter le territoire,
07:22elle est finalement arrêtée par les Kurdes, envoyée dans un camp,
07:24et elle sera renvoyée en France en 2019.
07:27Et désormais, elle dit qu'elle aspire à retrouver une vie normale.
07:32Oui, ces deux enfants qu'elle a eus avec son mari en Syrie
07:35sont aujourd'hui âgés de 9 et 11 ans.
07:37Ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance.
07:39Lors de son procès, elle déclare vouloir les récupérer
07:43à sa sortie de détention et travailler sur elle-même.
07:46Elle exprime beaucoup de regrets,
07:47notamment par rapport à ses enfants,
07:49de les avoir fait naître sur zone.
07:51Elle dit, je cite,
07:52« Ils ont vu des choses qu'ils n'auraient pas dû voir.
07:54Je leur ai fait beaucoup de mal et je le regrette. »
07:57Alors qu'elle encourait une peine de 30 ans de réclusion criminelle
07:59pour association de malfaiteurs terroristes,
08:01elle a finalement été condamnée à 8 ans de réclusion criminelle.
08:05La justice a notamment reconnu le chemin
08:07qu'elle a parcouru depuis sa radicalisation
08:10et estimé qu'elle pourrait, dans peu de temps,
08:12se réinsérer dans la société.
08:14Merci Elisa pour ces explications.
08:16Catherine Ménabé, on le rappelle,
08:18vous êtes enseignante-chercheure en droit pénal
08:20à l'université de Lorraine.
08:22Vous avez vous-même beaucoup travaillé
08:24sur la criminalité féminine
08:26et notamment sur cette thématique du terrorisme.
08:29D'abord, est-ce qu'on sait quel rôle jouent en général
08:33ces femmes qui partent en Syrie
08:35pour rejoindre le groupe Etat islamique ?
08:36Vous l'avez un peu évoqué tout à l'heure.
08:38Et qu'est-ce qu'on leur reproche précisément ?
08:41Alors effectivement, vous l'avez dit,
08:42ces revenantes, elles sont poursuivies
08:44pour association de malfaiteurs terroristes
08:46et également bien souvent pour soustraction
08:49par un parent à ses obligations légales
08:51compromettant la sécurité et l'éducation de ses enfants.
08:54En fait, cette qualification,
08:55qu'on appelle aussi d'AMT,
08:58elle est assez vaste
08:59et peut être mobilisée pour des faits variés.
09:01Donc déjà, le simple fait d'avoir rejoint la Syrie
09:04entre dans le périmètre de l'incrimination.
09:06Mais globalement, il peut aussi s'agir d'autres faits,
09:10d'autres types d'actes.
09:11Par exemple, la participation à l'endoctrinement,
09:15notamment des enfants,
09:16en les faisant assister par exemple à des exécutions.
09:19Ça pouvait être aussi l'incitation du mari au combat
09:22ou à ne pas quitter l'État islamique,
09:24l'appel à la violence,
09:26notamment sur les réseaux sociaux,
09:28ou encore d'ailleurs pour certaines,
09:30l'apprentissage du maniement des armes.
09:32Plus exceptionnellement,
09:34on a d'autres qualifications qui sont retenues,
09:36notamment dans une affaire actuellement jugée
09:39par la juridiction parisienne,
09:40la tentative de meurtre est l'objet des poursuites.
09:44Ou on a encore d'autres dossiers
09:45qui sont toujours au stade de l'instruction,
09:47dont les faits pourraient relever
09:49de crimes contre l'humanité ou de génocide,
09:51et en particulier à l'encontre de la population yézidi,
09:55notamment pour des faits de réduction en esclavage.
09:57Quel regard vous portez sur la question
09:59de la réinsertion dans notre société
10:02de ces femmes qui ont pendant un temps
10:05au moins adhéré à l'organisation État islamique
10:09et qui, peut-être, vont bientôt terminer
10:13de purger pour certaines leur peine de prison ?
10:15Globalement, la réinsertion est plus favorable,
10:20on va dire, pour les femmes de manière générale,
10:22dans le sens où les femmes condamnées
10:24ont des risques de récidive qui sont moins élevés
10:27que les hommes condamnés.
10:28Donc on n'a pas d'études spécifiquement
10:30concernant les revenantes par rapport aux revenants,
10:33mais c'est vrai qu'on a des affaires judiciaires
10:35qui donnent néanmoins, on va dire,
10:38des indicateurs plutôt rassurants
10:40quant aux possibilités de réinsertion,
10:42en particulier compte tenu des liens familiaux qui existent,
10:47éventuellement l'abandon de leur conviction radicale
10:49ou au moins le rejet de la violence
10:51qui a pu y être associée,
10:52et des évaluations, on va dire, globalement favorables
10:56compte tenu de la prise en charge dont elles ont fait l'objet.
10:59Pour autant, voilà, il y a aussi des parcours,
11:02on va dire, un peu plus préoccupants,
11:04il y a une diversité dans les profils
11:06et en particulier pour celles qui sont restées sur zone
11:11jusqu'au dernier bastion territorial de l'État islamique,
11:15on peut avoir des adhésions idéologiques
11:17qui sont plus profondes.
11:17Donc globalement, la réinsertion, elle est variable,
11:22elle est aussi complexe, elle dépend de la nature des profils
11:25et elle suppose véritablement aussi
11:28de prendre en compte ces différenciations
11:31dans leur trajectoire.
11:33Toujours est-il en tout cas que l'engagement passé
11:35n'est pas en lui-même un indicateur suffisant
11:38de la dangerosité actuelle.
11:40Et donc on doit véritablement prendre en compte
11:43la situation familiale
11:45et l'évolution de ces personnalités depuis leur retour.
11:47Et cette année, 18 des 23 procès
11:50qui sont audiencés devant la cour d'assises spécialement composée
11:54concernent justement des femmes revenantes.
11:56Comment expliquer cette vague d'audience cette année ?
12:00Alors d'abord, cette proportion ne reflète pas
12:02la part des femmes impliquées dans le terrorisme djihadiste
12:04puisqu'elle représentait environ un tiers
12:06des départs de Français vers la Syrie.
12:08En fait, cette vague d'audience s'explique d'abord,
12:11on va dire, par la politique de rapatriement
12:13et le calendrier des rapatriements puisqu'ils sont intervenus
12:15principalement en 2022 et 2023.
12:18Et donc il a fallu aussi le temps nécessaire
12:20à l'instruction des dossiers,
12:21puis au renvoi devant la cour d'assises spécialement composée.
12:24Donc ce sont ces revenantes-là qui sont aujourd'hui
12:26jugées devant la juridiction spéciale.
12:30Et j'ajouterais que les femmes représentent aussi
12:3345% des revenants selon les données du PNAT.
12:37Et donc on voit que globalement, il y a une proportion de femmes
12:43plus importante finalement, en tout cas importante
12:46parmi les personnes qui sont rapatriées.
12:48Est-ce que le processus de déradicalisation est différent
12:51entre les revenants et les revenantes ?
12:54Sur le processus déradicalisation, pas nécessairement différent
13:01en tant que tel, mais effectivement, il va y avoir une prise en compte
13:05aussi de leur passif, si je puis dire, dans le sens où les femmes
13:12n'ont pas nécessairement commis les mêmes types d'actes
13:14que les hommes, peuvent avoir aussi des trajectoires,
13:18des causes de radicalisation qui sont différentes.
13:22Donc tout ça s'est pris en compte, on va dire, dans le processus
13:24de déradicalisation qui est aussi multidisciplinaire
13:29et protéiforme.
13:30Et une dernière question.
13:32Alors, vous l'avez bien dit, il y a des profils très diversifiés
13:37chez les revenantes, à la fois dans le phénomène de radicalisation,
13:40mais ensuite sur le rôle qu'elles ont pu jouer ensuite
13:43sur le territoire en Syrie.
13:45Est-ce qu'il existe selon vous une sorte de biais de genre
13:48qui fait qu'on a mis du temps à reconnaître le rôle véritable
13:52de ces femmes ?
13:53Tout à fait, oui.
13:55Alors que pourtant, l'implication des femmes dans le terrorisme
13:57est une constante historique et même géographique,
14:01ETA, Action Directe et autres.
14:03Eh bien, pour le terrorisme islamiste, on a eu un biais de genre
14:07qui s'explique en partie par une différence réelle
14:11d'implication des femmes dans la criminalité et dans la violence,
14:14mais surtout, pour ce terrorisme en particulier,
14:18par l'existence de rôles nettement différenciés entre hommes et femmes
14:22au sein de l'État islamique, qui ont pu conduire à percevoir
14:25les femmes d'abord comme suiveuses, puis comme ne participant pas
14:29de manière aussi active que les hommes à l'organisation.
14:34Mais effectivement, au-delà des rôles des hommes et des femmes
14:40et qui ont d'ailleurs évolué au fur et à mesure au sein de l'État islamique
14:43et en particulier quand il y a eu la perte de l'assiste territoriale
14:46et finalement l'appel aussi des femmes à prendre les armes,
14:50eh bien, ce qui est certain, c'est qu'il y a quand même eu une prise
14:54de conscience dès 2016, notamment avec la tentative d'attentat à Notre-Dame
15:00et justement plus encore à partir du moment où on a appelé
15:03ces femmes au combat.
15:04Donc globalement, depuis 2017, depuis l'automne 2017,
15:08la criminalisation des femmes revenantes, c'est-à-dire la poursuite
15:11sur le fondement de l'association de malfaiteurs terroristes criminels,
15:15eh bien, elle est systématique.
15:17Pour autant, certains chercheurs estiment que certains biais de genre
15:22demeurent, mais j'aurais tendance à penser qu'ils ne sont pas
15:25nécessairement spécifiques aux contentieux terroristes,
15:27dans le sens où, effectivement, la société reste imprégnée
15:31de représentations sociales genrées qui peuvent amener, par exemple,
15:36à davantage interroger l'incidence des antécédents victimologiques
15:40des femmes judiciarisées.
15:42Je citerai notamment Constance Huilhem-Olympiou qui estime
15:46qu'on a tendance à psychologiser davantage l'engagement extrémiste
15:49des femmes.
15:51Eh bien, effectivement, c'est vrai qu'on peut chercher à comprendre
15:54les spécificités des trajectoires, mais ce n'est pas nécessairement,
15:57en tout cas aujourd'hui, minimiser les actes commis.
16:00Les peines prononcées paraissent globalement moins élevées
16:03pour les revenantes que pour les revenants, mais en été,
16:06c'est aussi, comme on le disait tout à l'heure, parce que la nature
16:08des faits reprochés n'est pas non plus identique.
16:10Merci encore pour votre éclairage passionnant
16:14et pour votre participation.
16:16Vous pouvez retrouver cet épisode et tous les autres
16:19sur bfmtv.com, l'application BFM
16:22et toutes les plateformes de streaming.
16:25On vous donne rendez-vous la semaine prochaine
16:27pour de nouvelles enquêtes dans Affaires suivantes,
16:30le podcast inédit.
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