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  • il y a 6 ans
Maladie De Lyme

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00:00 Il y a d'autres symptômes qui sont arrivés, qui étaient pour moi beaucoup plus alarmants.
00:03 J'ai commencé à avoir des espèces de vertiges.
00:06 Donc j'étais à mon bureau et quand je me levais, je me déportais.
00:12 Donc en fait je manquais de tomber.
00:14 Elisabeth Le Saut, bonjour.
00:19 Bonsoir.
00:20 Ah bonjour.
00:21 Bonjour.
00:22 Vous êtes l'auteur avec un E de l'ouvrage "Face à Lyme" aux éditions Michalon où
00:31 vous racontez votre parcours parce qu'Elisabeth, vous êtes atteinte de la maladie de Lyme.
00:37 Est-ce que vous pouvez nous raconter comment vous avez découvert que vous aviez cette
00:40 maladie ? Quel est votre parcours de malade ?
00:42 Alors ça a été un très long parcours parce qu'en fait je n'ai pas été diagnostiquée
00:47 tout de suite.
00:48 J'ai été piquée en 2003 en Bretagne.
00:51 Donc c'est ma région natale.
00:53 Et pendant l'été, je ne sais pas si vous vous souvenez, en 2003, il y a eu une canicule.
00:58 Donc on était beaucoup dehors.
01:00 On s'asseyait dans l'herbe, etc.
01:03 Je pense que c'est comme ça que j'ai été piquée.
01:06 Mais je n'en suis pas sûre parce qu'en fait je n'ai aucun souvenir d'une tique
01:11 fichée dans mon genou gauche, derrière mon genou gauche.
01:15 Par contre, je me souviens d'un cercle rouge et rétrospectivement, je pense que c'était
01:23 le fameux érythème migrant.
01:24 À l'époque, j'ai pensé que c'était un moustique et donc je ne me suis pas alertée
01:30 plus que ça.
01:31 Et moi médecin traitant non plus puisque je n'avais pas le souvenir d'une morsure,
01:37 d'une piqûre de tique.
01:38 Je suis donc rentrée en région parisienne et quelques semaines plus tard, je dirais
01:45 à peu près 3-4 semaines, j'ai commencé à me sentir très très fatiguée, anormalement
01:51 fatiguée.
01:52 Et je me suis dit que c'est comme très bizarre, je rentre de vacances, je devrais
01:55 être en forme, je devrais être détendue, etc.
01:58 Et je me sens à moitié grippée.
02:01 J'ai remarqué aussi au niveau du genou gauche, donc ce fameux cercle rouge qui est
02:08 comme resté assez longtemps.
02:10 Et puis surtout, j'ai commencé à avoir des douleurs articulaires au point que je
02:15 ne pouvais quasiment plus marcher, descendre des escaliers.
02:18 Et donc pour aller au travail, c'était très compliqué parce que certains soirs,
02:23 en rentrant, en sortant du métro, je n'arrivais même plus à monter les escaliers.
02:28 Parce qu'en fait, il n'y avait pas d'ascenseur à ma station.
02:32 Et donc je me souviens une fois, il y a une dame qui m'a aidée à monter pour vous
02:36 dire.
02:37 Bon, au bout d'un moment, je me suis dit comme c'est très étrange.
02:41 Donc j'ai consulté mon médecin.
02:42 Donc il m'a dit bon, le genou gauche, on va faire quand même une radio.
02:48 C'est vrai que ce n'est pas normal, etc.
02:51 Pour le reste, il m'a dit l'état grippale, j'avais un peu de fièvre.
02:55 Il m'a dit que j'avais peut-être pris froid.
02:56 Bon, bref, tout ça pour vous expliquer qu'on est vraiment passé à côté.
03:02 Voilà, et donc à partir de là, il y a d'autres symptômes qui sont arrivés, qui étaient
03:09 pour moi beaucoup plus alarmants.
03:11 J'ai commencé à avoir des espèces de vertiges.
03:13 Donc j'étais à mon bureau et quand je me levais, je me déportais.
03:19 Donc en fait, je manquais de tomber.
03:21 Donc ça, c'était les premiers symptômes, on va dire, neurologiques.
03:25 Ça devait être à peu près au bout d'un an, je dirais 2004-2005.
03:32 En tout cas, ce qui s'est produit, c'est que ma santé a commencé à vraiment se dégrader
03:41 sans qu'en fait, mon médecin comprenne grand-chose.
03:44 Mais quand même, au bout d'un moment, il m'a dit, bon, peut-être qu'on va voir un
03:49 neurologue parce que c'est vrai que ce n'était pas vraiment encore des migraines.
03:54 C'était vraiment des problèmes de vertiges que j'avais.
03:57 J'avais l'impression de tanguer.
03:59 Je n'arrivais plus à marcher droit.
04:02 Ça, c'était terrible parce que même chez moi, ici, je me cognais au meuble.
04:09 Si j'allais un peu vite par exemple, je me souviens une fois à l'escalier, j'ai
04:15 voulu descendre pour répondre au téléphone, je suis tombée.
04:18 Donc entorse.
04:19 Alors au total, je vais avoir six entorses.
04:22 Je ne sais pas si vous voyez.
04:23 Effectivement, c'est beaucoup.
04:24 Je vous interromps un instant.
04:26 Tous ces symptômes là, c'est vraiment des symptômes qui, rétrospectivement, sont
04:30 caractéristiques de la maladie de Lyme.
04:32 Oui, tout à fait.
04:33 Les troubles neurologiques, les pertes d'équilibre, les douleurs articulaires et la grande fatigue.
04:37 Oui, c'est vraiment des choses qui doivent alerter.
04:39 Ah oui, complètement.
04:40 C'est totalement anormal.
04:42 Bon, en plus, moi, après ces pertes d'équilibre, j'ai commencé à avoir des, comment j'appelle
04:50 ça, des migraines, mais ça ne ressemblait pas aux migraines que j'avais pu avoir par
04:57 le passé.
04:58 C'était plus des maux de tête extrêmement fort, insupportable.
05:04 Il faut dire les choses comme elles sont.
05:06 Et surtout, ça pouvait durer, par exemple, dix jours de suite.
05:11 Alors qu'une migraine, on va dire trois, quatre jours, ça se lève.
05:16 Puis bon, vous prenez un médicament et ça rentre dans l'ordre.
05:19 Moi, ce qui m'alertait, c'est que même des enthalgiques très puissants n'arrivaient
05:24 pas à me soulager.
05:25 Et puis surtout, j'ai commencé à rentrer dans un état de mal migré, ne vraiment.
05:30 J'avais en fait tout le temps mal à la tête, vous voyez.
05:33 Et puis, il y a aussi un autre symptôme qui était terrible.
05:38 C'est que j'ai commencé à avoir des sortes de grésillements dans la tête, comme des
05:42 électrochocs, vous voyez.
05:43 Alors ça, c'était vraiment terrible, terrible, terrible.
05:47 Donc ça, c'est pareil, c'est des symptômes neurologiques qu'on peut retrouver chez certains
05:54 malades.
05:55 C'est ce qu'on appelle une neuroboréliose, en fait.
05:57 Donc moi, c'est vraiment ça.
05:58 J'ai la maladie de Lyme et j'ai une neuroboréliose.
06:01 C'est-à-dire que la type m'a transmis une espèce de borélia qui attaque le système
06:08 nerveux.
06:09 Et donc ces symptômes-là, l'hémothède, les pertes d'équilibre, c'est vraiment
06:14 typique de la neuroboréliose.
06:15 D'accord.
06:16 Cette neuroboréliose, c'est une des formes de la maladie de Lyme.
06:19 Est-ce que pour information, pour les gens qui vous écoutent, il y a des formes complètement
06:23 différentes ?
06:24 Oui, oui, il peut y avoir d'autres formes, effectivement.
06:27 Selon, en fait, j'ai envie de dire l'espèce de borélia que vous transmets la tique.
06:32 D'accord.
06:33 Ça peut atteindre le système nerveux, ça peut atteindre les muscles, ça peut atteindre
06:37 la peau.
06:38 D'accord.
06:39 Alors, effectivement, moi, j'avais des espèces de taches marron dans le dos.
06:44 Et c'est ma sœur aînée qui, une fois sur la plage, m'avait fait remarquer.
06:48 Bah oui, dans le dos, moi, je ne les voyais pas forcément.
06:50 Et elle m'avait dit, c'est quand même, c'est bizarre ces taches que tu as.
06:55 Pas bête.
06:56 Dans le dos, tu devrais voir un dermatologue.
06:59 Alors, en rentrant, je me rappelle de ces vacances, j'avais donc consulté un dermatologue.
07:04 Et je n'ai pas souvenir qu'il s'était particulièrement alerté sur ça.
07:10 Il avait regardé d'autres choses.
07:12 Bon voilà, rétrospectivement, j'en sais rien.
07:15 Mais c'était peut-être ça aussi.
07:16 On était toujours dans les années 2005-2006, à une époque où on ne parlait pas du tout
07:21 de la maladie de Lyme.
07:22 Du tout.
07:23 Personne n'était informé, le médecin compris.
07:25 Je pense qu'il y avait très peu de médecins.
07:28 C'est-à-dire qu'en fait, si vous avez une piqûre avec une tique, je pense que là,
07:34 ça change la donne.
07:35 Parce que vous savez que c'est une piqûre de tique.
07:38 Donc le médecin peut faire le rapprochement, se dire "ben voilà, c'est peut-être une
07:42 borréose, une maladie de Lyme".
07:44 Mais moi, dans mon cas, je répète, j'avais l'érithème, j'avais la tache rouge, mais
07:50 je n'ai pas souvenir d'une tique fichée dans la peau.
07:54 Je pense que ça devait être plutôt une nymphe.
07:56 Parce qu'en fait, au stade de la nymphe, c'est un tout petit moucheron.
08:00 Ça passe inaperçu.
08:01 Vous ne voyez pas la piqûre.
08:04 Ça, c'est vraiment... c'est dramatique, j'ai envie de dire.
08:09 Parce que voilà, si vraiment j'avais eu une vraie tique adulte bien grosse, peut-être
08:14 que mon médecin traitant en 2003 aurait dit "bon ben voilà, je vous mets sous antibiotiques".
08:18 Puis on n'en parle plus.
08:19 - Et comment vous l'avez découvert alors, cette maladie ?
08:23 - Alors, c'est venu quand même assez tardifement.
08:25 - Le moment où vous avez eu un érythème, et le moment où vraiment vous avez posé le
08:30 diagnostic de la maladie, c'est passé combien de temps ?
08:32 - 10 ans.
08:33 - 10 ans de parcours...
08:34 - Médical, chaotique.
08:35 - Une dérence médicale.
08:36 - Beaucoup d'érences médicales, de consultations, neurologues, ORL, dermatologues donc.
08:46 Puis je passe sur le reste, chiropracteur, ostéopathe pour essayer de comprendre et
08:53 se dire "bah c'est peut-être un problème au niveau des muscles, des articulations, des
08:59 os, enfin voilà".
09:00 - Une fatigue immense qui vous empêchait de travailler correctement ?
09:04 - Ah, une fatigue terrible, et puis surtout la sensation d'avoir 80 ans alors que j'en
09:11 avais 40, d'avoir 2 fois plus que mon âge, parce qu'il y avait une faiblesse musculaire
09:19 qui était telle que j'avais l'impression que je me traînais du matin jusqu'au soir.
09:23 En plus au bout d'un moment j'ai commencé aussi à avoir des insomnies, des insomnies
09:30 terribles, avec, et ça c'était vraiment typique, la nuit comme des secousses musculaires,
09:36 il y avait mon corps qui tremblait, ça c'était affreux, donc je n'arrivais même plus à
09:41 dormir.
09:42 Donc déjà j'étais fatiguée par la maladie on va dire, mais en plus ces insomnies ont
09:48 commencé à s'ajouter.
09:49 J'avais l'impression en fait qu'au niveau du système nerveux il y avait tout qui partait
09:53 en vrille, je ne contrôlais plus du tout mon corps, on rentre dans un état dépressif.
09:58 Mais on ne sait plus en fait si on est dans cet état à cause des symptômes ou à cause
10:08 d'autre chose, parce qu'au bout d'un moment mon médecin ne voyant pas de quoi je souffrais,
10:16 voyant aussi que je ne tenais plus debout, il m'a proposé justement un antidépressant,
10:21 enfin un séro-tinergique qui porte bien son nom, c'est à dire le but c'était de me
10:26 redonner de l'énergie.
10:27 Il m'a dit c'est peut-être, vous avez peut-être des problèmes dans votre vie, peut-être
10:34 que vous êtes stressé, bon en plus j'avais aussi deux enfants jeunes, puisque mon fils
10:40 avait 8 ans et ma fille 5 ans.
10:42 Donc on a commencé à chercher des raisons extérieures en fait, c'est à dire un motif
10:50 psychologique.
10:51 Et moi j'étais tellement mal, j'étais tellement au bout du rouleau, que je n'ai
10:57 même pas cherché si vous voulez à comprendre plus.
11:02 Alors en plus c'était très ambigu je me rappelle cette consultation, parce qu'il
11:07 m'a dit "ben écoutez madame Le Sceau, je vous prescris ça" et ce "ça" c'était
11:14 très vague.
11:15 Je pense que même lui-même il avait du mal à me prescrire un antidépresseur, parce
11:19 qu'il me connaissait et que là il ne me reconnaissait plus.
11:23 Je ne comprenais pas ce qui se passait en fait.
11:27 Donc vraiment, on était dans une impasse.
11:29 Une impasse totale.
11:31 Parce que de toute façon, moi je n'arrivais plus du tout à mener ma vie, que ce soit
11:36 ma vie professionnelle, ma vie personnelle, ma vie sociale je n'en parle même pas,
11:41 parce que je n'étais plus en état de recevoir des gens, de faire un repas, voyer
11:47 ce canapé sur lequel je suis assise, mettre un plaid, remettre le plaid sur ce canapé,
11:54 je n'y arrivais même plus.
11:57 Alors, ce qui vraiment a été le déclic, le déclencheur, c'est mon licenciement
12:04 en 2010.
12:05 Moi ça a été vraiment très très dur, parce que je me battais, je me battais pour
12:10 continuer à travailler.
12:11 Donc je me suis retrouvée sur le carreau en 2010.
12:16 J'ai dit non, je vais essayer de continuer à travailler à la maison.
12:22 J'ai acheté un ordinateur.
12:24 J'ai dit bon, mon médecin, ça tourne en rond, il ne voit pas ce que j'ai, ben allons-y,
12:36 je vais aller sur internet, je vais taper mes symptômes.
12:38 De toute façon, au point où j'en étais, c'était un peu l'énergie du désespoir,
12:42 j'ai dit je vais chercher par moi-même.
12:44 Et je suis très vite arrivée sur des témoignages de personnes qui avaient des amalgames dentaires.
12:52 En fait des intoxications au mercure, puisque les amalgames dentaires, ce qu'on appelle
13:00 les plombages, contiennent 50% de mercure, et ce mercure peut être très toxique.
13:06 Il se trouve que moi j'avais une huitaine de plombages en bouche, j'ignorais totalement
13:13 en fait que ces amalgames pouvaient être toxiques.
13:15 Mais je me suis dit, c'est comme étrange parce que les symptômes qui sont décrits
13:21 sont très proches des miens.
13:22 Donc j'ai contacté une dentiste qui pratiquait la dépose des amalgames.
13:31 Elle m'a dit écoutez, ben venez au cabinet, je vais regarder un petit peu ce qui se passe
13:36 dans votre bouche, on va faire aussi des tests.
13:38 Et elle m'a dit, mais c'est incroyable, vous avez d'énormes amalgames qui descendent
13:45 très très profondément dans les gencives.
13:47 Et j'ai commencé à lui décrire mes symptômes et en particulier cette espèce de radio que
13:53 j'avais dans la tête.
13:54 Excusez-moi, ça peut vous paraître complètement étrange ce que je vous raconte, mais moi
13:59 j'avais vraiment la tête qui grésillait.
14:01 C'était pas juste des mots de tête, c'était comme s'il y avait des électrodes, vous voyez
14:06 que ça grésillait.
14:07 Elle me dit oui oui ça c'est vraiment typique des courants galvaniques, c'est-à-dire en
14:13 fait c'est des courants entre les métaux et donc moi j'avais des plombages à côté
14:20 de couronnes en métal et tout ça créait des courants galvaniques.
14:24 Elle m'a dit moi je comprends très bien que vous ayez ces symptômes neurologiques.
14:28 Et donc bon elle m'a pas caché, elle m'a dit il faut d'abord faire une dépose très
14:32 sécurisée des amalgames et après il y aurait une reconstruction dans le terre.
14:36 Ça va être au moins deux ans.
14:38 Et je dirais au bout d'un an je n'avais plus cette radiodes dans la tête qui grésillait.
14:44 Déjà j'avais plus les grésillements, j'avais beaucoup moins de migraines et puis aussi
14:52 moins de problèmes de secousse musculaire, de tremblements, des choses comme ça.
14:56 Parce que je tremblais, j'avais des tremblements.
14:58 Quand je mangeais des fois je tenais la fourchette, j'avais la main qui tremblait, vous savez
15:02 je me disais j'ai Parkinson.
15:03 J'en ris là mais croyez moi ça ne me faisait pas du tout rire à l'époque.
15:10 Bon en tout cas après ça elle m'a dit bon maintenant ce qui est important aussi c'est
15:16 de se désintoxiquer du mercure.
15:19 Et donc là elle m'a conseillé un praticien sur Paris qui donc faisait ça.
15:25 En tout cas ce monsieur c'est une étape clé dans le diagnostic parce qu'il m'a fait
15:30 tester une enzyme qui quand vous avez une intoxication mercurielle s'élève mais elle
15:38 s'élève aussi dans d'autres pathologies, les cancers, la maladie de Lyme.
15:45 Et donc une fois que j'ai eu le test on a constaté que j'avais un taux deux fois supérieur
15:52 à la normale.
15:53 Donc que j'étais effectivement intoxiquée mais que je pouvais aussi très bien avoir
15:58 autre chose.
15:59 En tout cas moi il m'a dit on va faire ça de manière aussi très progressive, très
16:05 prudente parce que vous êtes quand même très intoxiquée.
16:09 Bon mais moi quand même en rentrant à la maison là encore j'avais envie un petit peu
16:16 de comprendre les choses et donc je suis allée voir cette fameuse maladie de Lyme dont il
16:21 m'avait parlé.
16:22 Et c'est vrai que j'avais pas de souvenir d'une piqûre de tiques on est d'accord.
16:31 Bon mais quand même soudain tilt je me dis mais en 2003 cette rougeur que j'avais derrière
16:39 le genou gauche rentrant de Bretagne est-ce que ça ne serait pas par hasard une piqûre
16:47 de tiques ? Après tout pas ce gros moustique auquel j'ai pensé.
16:51 A partir de là j'ai décidé d'approfondir la chose.
16:57 J'ai donc contacté la responsable d'un site qui s'appelait Lyme santé vérité et
17:05 je la remercie cette jeune femme franchement.
17:08 Elle m'a dit bah voilà Elisabeth si tu as un doute, si tu penses que c'était vraiment
17:15 une piqûre de tiques il faut faire un test.
17:18 Donc elle m'a dit en fait ce test s'appelle le test Elisa mais moi je te conseille de
17:24 faire un autre test qui est le test Western blot.
17:28 Pour ça tu vas voir ton médecin traitant et tu lui demandes qu'elle te prescrive une
17:33 ordonnance et tu vas aller faire le test dans un laboratoire qui le fait sur Paris.
17:38 Elle m'a donné toutes les informations et donc je fais le test et malheureusement pour
17:44 moi le test était positif c'est à dire que le test Elisa en fait il était faiblement
17:48 positif mais le test Western blot par contre lui il a fait ressortir de nombreuses bandelettes
17:56 qui ont montré que j'avais une infection ancienne avec trois espèces de borrelia,
18:03 une qui attaque le système nerveux, l'autre la peau et la troisième les muscles.
18:08 Voilà bon alors je me souviens parce que quand j'ai envoyé mon test à cette jeune
18:17 femme qui était capable de le lire, elle m'a répondu au bout d'une heure, elle m'a
18:24 dit voilà Elisabeth je suis vraiment désolée mais pour moi il n'y a aucun doute possible
18:27 c'est vraiment la maladie de l'âme que tu as.
18:30 J'étais quand même, j'étais soulagée mais en même temps j'étais extrêmement
18:34 inquiète.
18:35 Je vais dire les choses clairement, je me suis dit mince j'ai calculé le nombre d'années,
18:42 j'ai vu que ça faisait 2013 presque dix ans quoi.
18:45 Bon voilà alors j'ai contacté une de ses praticiennes sur Paris, c'est toujours elle
18:53 qui me suit aujourd'hui et franchement je suis restée une heure, on est resté une
19:00 heure, elle m'a très très bien expliqué, elle m'a dit ben voilà ça va être un
19:04 traitement qui va être très long, vous allez certainement récupérer mais je vous garantis
19:12 pas que vous allez récupérer à 100%.
19:14 C'est très variable d'un malade à l'autre.
19:16 Bon elle m'a dit mais voilà on y va et donc alors elle m'a expliqué qu'on commençait
19:21 par une antibiotérapie, qu'en fait il y avait effectivement la borrelia mais plus
19:29 que la borrelia c'est surtout les co-infections, c'est à dire que la tique elle transmet tout
19:35 un cocktail d'agents pathogènes qui donne donc de nombreux symptômes.
19:41 En tout cas elle m'a dit que les symptômes dont je souffrais depuis dix ans correspondaient
19:46 à un tableau clinique de Lyme, il n'y avait aucun doute là dessus.
19:50 Voilà et donc cette fameuse année 2013, j'ai aussi cherché de nouveau un travail
20:01 et tout est venu en même temps puisque j'ai donc retrouvé un travail chez un éditeur
20:08 mais ça n'a pas été facile du tout parce que je me suis donc fait soigner, traiter
20:13 tout en retravaillant à temps plein.
20:14 - Oui, quel combat.
20:15 Elisabeth, une question, donc quand enfin vous posez le diagnostic, un traitement j'imagine
20:24 carabiné comme on dit dans le langage familier à base d'antibiotiques, ce traitement il
20:29 a duré combien de temps et est-ce que vous êtes encore sous traitement actuellement ?
20:33 - Alors ce ne sont pas seulement des antibiotiques que j'ai eu parce qu'en fait on commence
20:38 d'abord par traiter les co-infections, donc j'ai eu des antiparasitaires, des antiviraux,
20:45 des antihelmatiques parce que j'avais aussi un teigna qui me donnait d'affreuses douleurs
20:51 abdominales, c'était comme des coups de poignard dans les intestins, c'était vraiment terrible
20:56 et quand elle m'a soignée pour ça, cul de douleur au ventre c'était déjà beaucoup.
21:00 Les antibiotiques après, j'en ai eu à peu près un an et demi, c'était une antibiotérapie
21:07 pulsée, c'est-à-dire 20 jours par mois, donc j'avais 10 jours d'arrêt et alors moi
21:14 en 2015, je peux considérer que j'étais guérie à 70-80%, c'est-à-dire que je menais
21:24 mes journées à peu près normalement, toujours un peu fatiguée, ça c'est vrai, mais j'étais
21:29 capable de rester debout normalement, de plus me dire quand est-ce que tu vas devoir t'allonger,
21:36 donc je dirais vraiment une reprise du corps, une maîtrise du corps quasi normale.
21:42 Et aujourd'hui encore, la maladie est-ce qu'elle est cachée quelque part dans votre
21:46 corps ou elle est complètement partie ? Je dirais pas qu'elle est complètement partie
21:52 parce que quand je suis un peu stressée, quand j'ai par exemple un gros rhume, quand
21:58 je suis un peu fatiguée, je peux de nouveau me sentir très très fatiguée, une grosse
22:04 fatigue très lourde qui m'oblige à me reposer.
22:07 En plus, il faut aussi que je dise que j'ai été repiquée 4 fois dans la même région,
22:18 en Charente-Maritime, dans un endroit, c'est des bois, il y a beaucoup d'herbes, et donc
22:26 à chaque fois, pratiquement, j'ai eu droit malgré les protections.
22:32 Malgré les protections, alors même que vous dites maintenant, évidemment, être ultra
22:36 vigilante, et je crois que c'est aussi là-dessus que vous voulez insister, c'est que vraiment,
22:42 se protéger des tics, c'est pas juste vaguement mettre des chaussures montantes.
22:49 Ah non, du tout, non non, il faut vraiment des vêtements longs, des pantalons, des t-shirts
22:56 longs ou alors des chemises, plutôt des vêtements clairs, comme ça si il y a une tic qui arrive,
23:01 vous la repérez tout de suite puisqu'elle est noire, noire sur blanc, des socates qui
23:06 montent un peu, si possible.
23:07 Quand vous marchez, il faut éviter les zones herbeuses, toujours rester sur les sentiers,
23:14 pas d'herbes hautes, ne pas s'asseoir directement dans l'herbe, toujours mettre soit une serviette,
23:20 quelque chose, et puis quand vous rentrez de balade, c'est très important, soit vous
23:25 prenez une douche, pour bien regarder votre corps, soit vous demandez à quelqu'un de
23:29 vous inspecter, aussi le cuir chevelu, c'est très important, parce qu'il peut aussi bien
23:33 sûr piquer à la tête.
23:34 Et donc si vous voyez une tic, et bien tout de suite il faut la retirer.
23:40 Alors il ne faut pas l'arracher avec les doigts, il ne faut pas mettre un mégot de
23:45 cigarette, il faut utiliser un tire-tic, alors les tire-tic vous les trouvez en pharmacie,
23:51 c'est des petits crochets, délicatement vous tournez dans le sens inverse des aiguilles
23:56 d'une montre, vous faites très doucement, vous n'arrachez pas, vous désinfectez, vous
24:02 surveillez, et moi je vous conseille d'aller voir son médecin.
24:05 Si vous n'arrivez pas à enlever la tic, ça peut arriver, là vous allez voir un médecin
24:10 qui essaie de vous l'enlever.
24:11 Et bon.
24:12 C'est le point sur lequel aussi vous vouliez insister aujourd'hui, donc énormément de
24:18 vigilance, des protections quand on se promène surtout dans des zones dites à risque, une
24:24 inspection complète quand on rentre de la malade, et surtout quand on s'aperçoit qu'on
24:28 est piqué par une tic, ne pas attendre l'apparition de la fameuse auréole pour consulter.
24:33 Moi je pense qu'il vaut mieux prendre 2-3 semaines d'antibiotiques, ne pas prendre de
24:38 risque, et au moins vous êtes sécurisé, vous aussi, vous ne vous dites pas "bon si
24:43 jamais j'ai été piqué etc."
24:45 Bon en plus l'irritème il n'est pas systématique, ça on le sait, donc il vaut mieux jouer la
24:52 prudence.
24:53 Et aujourd'hui Elisabeth comment ça va pour vous ?
24:56 Ça va beaucoup mieux, grâce à ce médecin franchement, elle m'a très très bien prise
25:02 en charge, elle était patiente.
25:04 Bon je me suis battue aussi, c'est clair, mais de savoir ce que j'avais enfin, ça m'a
25:10 énormément soulagée, je me suis dit "ben t'es pas un cas, t'es pas un cas pour la
25:16 médecine, t'avais bien une maladie, c'était pas dans ta tête, c'était pas psychosomatique,
25:22 parce que très souvent c'est ce que les malades s'entendent dire, on peut avoir un
25:28 état dépressif mais vous n'êtes pas vraiment dans une dépression réelle.
25:33 Donc c'est pas un antidépresseur qui va vous sortir d'une maladie, c'est une infection,
25:39 c'est un antibiotique qu'il vous faut, voilà.
25:41 Mais bon moi il m'a fallu des années pour savoir ça, et c'est vrai que j'aurais préféré
25:47 qu'on m'épargne de telles souffrances.
25:48 Voilà donc bon aujourd'hui ça va beaucoup mieux, je mène ma vie quasi normalement,
25:54 j'ai bien sûr de temps en temps des coups de barre, je dirais comme tout malade de Lyme,
25:59 je continue aussi à prendre des plantes, bien sûr, des compléments alimentaires,
26:04 de la vitamine C, du magnésium, je fais attention à ce que je mange, ça c'est très important,
26:11 il faut faire attention au sucre, voilà, il ne faut pas nourrir les bactéries, ça
26:17 demande quand même une hygiène de vie aussi importante, il faut apprendre à se reposer,
26:23 faut pas trop de stress, faut pas aller au bout de ses limites, faut s'écouter, voilà,
26:29 faut être indulgent vers soi-même, quand on est fatigué il faut apprendre à se reposer,
26:34 faut pas lutter contre la fatigue, voilà, faut de l'indulgence, voilà, moi ça m'a
26:40 aussi beaucoup appris sur moi-même.
26:41 Il ne faut pas ignorer, c'est une toute petite bête, mais petite bête, grosse maladie,
26:50 c'est le slogan de l'association France Lyme et ça résume parfaitement la situation.
26:54 Et donc comme aujourd'hui cette maladie continue à faire polémique, qu'il y a encore des
27:01 médecins qui considèrent qu'elle ne peut pas devenir chronique, moi par rapport à
27:05 mon parcours j'ai beaucoup de mal à accepter ça, il y a quand même suffisamment de malades
27:14 chroniques aujourd'hui en France et partout ailleurs dans le monde pour que ce déni ne
27:22 soit plus acceptable, il est temps vraiment que le corps médical se soude, on ne peut
27:28 plus supporter cette division, c'est préjudiciable aux malades, moi je ne peux plus accepter ça
27:35 et malheureusement l'état français est aussi dans cette division, donc tant que le
27:45 ministère de la santé, voilà, notre ministre ne reconnaîtra pas qu'il peut y avoir une
27:50 forme chronique, je pense qu'il n'y aura pas de recherche suffisante sur la maladie,
27:56 sur les traitements, un test de dépistage qui soit suffisamment fiable, parce que ce
28:01 test ELISA ne tient pas la route, on ne peut pas continuer comme ça, moi je suis révoltée,
28:15 je ne peux pas accepter cette situation et on ne peut pas continuer comme ça, on est
28:20 comme suffisamment nombreux à avoir témoigné, on est une dizaine à avoir écrit des livres,
28:26 des témoignages quand même qui prouvent que cette maladie peut être terrible.
28:31 - Et on ne peut pas laisser les malades dans les rangs, c'est vraiment le message que
28:35 vous voulez faire passer, je pense qu'on peut conclure comme ça, les gens vont partir
28:39 en vacances bientôt, c'est la période critique, il fait chaud, l'éthique adore la chaleur,
28:44 donc vraiment prudence, prudence, je pense que c'est ce que vous voulez dire principalement.
28:47 - Oui, oui, parce que c'est une période critique l'été, on le sait, on sort tous
28:51 beaucoup, on se balade, puis là cette année en plus les tics sont particulièrement agressifs,
28:58 l'été a été très doux, il y a beaucoup de tics, il faut vraiment être très prudent,
29:02 il faut se protéger, il ne faut pas non plus vouloir créer une panique ou une psychose,
29:08 il faut juste être prudent, informé, prudent, c'est les deux maîtres mots avec lesquels
29:17 je voudrais conclure ce témoignage.
29:19 - Un grand merci Elisabeth pour votre témoignage.
29:21 - Merci surtout à vous de m'avoir donné la parole.
29:23 - Bonne journée.

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