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- il y a 3 ans
Olivier Benkemoun revient sur la journée d'infos et de débats traités sur l'antenne de CNEWS dans #lemeilleurdelinfo
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NewsTranscription
00:00 Bonsoir, bonsoir à tous. Merci d'être avec nous pour le meilleur de l'info.
00:03 On va commencer avec le choc des images.
00:06 Il faudrait plutôt dire d'ailleurs le choc de la visioconnette à Bordeaux.
00:11 C'est grâce à elle que ce soir, on sait et surtout qu'on a saisi la violence d'une agression.
00:18 Une agression barbare pour un sac à main, pour un portefeuille, une grand-mère et sa petite-fille,
00:23 poussée à terre, tirée par un voyou dont on apprendra quelques heures plus tard ses antécédents psychiatriques.
00:29 Est-ce que cela excuse la violence des images que vous allez voir ?
00:32 Sans doute que non. C'est la première séquence du meilleur de l'info.
00:34 Il est aux alentours de 17h30 hier, lorsque l'homme déjà connu de la police
00:43 repère une grand-mère et sa petite-fille qui sortent de leur immeuble.
00:47 C'est alors que l'individu s'engouffre dans l'entrée et les attrape violemment.
00:51 Moi j'étais juste ici, là à ma fenêtre, j'ai entendu des hurlements d'une petite-fille,
00:54 donc je suis sortie automatiquement.
00:56 Et après je suis allée voir la grand-mère qui était blessée.
01:00 Elle était ensanglantée, très ensanglantée quand même.
01:03 Dès que les collègues ont ouvert la vidéo, ils ont reconnu l'individu auteur de cette agression.
01:08 Une fois qu'ils sont arrivés sur place, ils ont pu l'interpeller car ils se sont retrouvés face à lui
01:13 et ils ont pu le reconnaître formellement.
01:16 Cette grand-mère, c'est un peu notre grand-mère à tous.
01:18 Enfin, ça pourrait être notre grand-mère à tous.
01:19 Et quand on voit les images, on se projette forcément.
01:22 Et je comprends que ça provoque une émotion, la mienne est vive.
01:25 Et mes premières pensées vont vers sa grand-mère, la petite-fille,
01:27 et puis la famille, les amis évidemment.
01:29 Je suis comme tous les bordelais, extrêmement choqué par cette agression.
01:36 Cette violence débridée à tout bout de champ, pour rien là, pour absolument rien.
01:41 Il y a de la violence gratuite.
01:42 Les victimes souffrent d'abrasions et de contusions.
01:45 La vieille dame a été hospitalisée sans que son pronostic vital n'ait été engagé.
01:49 Régine Delfoy, vous êtes sur place.
01:51 Parlez-nous de ce quartier.
01:52 Est-ce que c'est un quartier qui est connu, qui est bourgeois,
01:56 et qui est évidemment sous le choc, on l'imagine ?
01:58 Alors, on nous a confié qu'il y avait eu un acte de violence qui remonte à 10 ans.
02:02 C'était un féminicide, mais depuis 10 ans,
02:04 il semblerait qu'il n'y ait rien eu dans ce quartier,
02:07 même si à 10 minutes à pied, il y ait ce quartier du Grand-Parc,
02:11 qui est connu pour avoir un petit peu de délinquance.
02:14 Mais ils nous disent ici qu'en fait, il n'y a pas de violence.
02:16 C'est choquant pour une vieille dame, comment il l'a arraché d'un coup.
02:20 La petite en plus, comment il l'a jeté et tout.
02:22 Mais ce n'est pas humain du tout, on va dire.
02:24 C'est un regard qui fait peur de quelqu'un de très malsain, je pense.
02:30 C'est très choquant de voir ça.
02:31 Il y a toujours eu des voyous, il y a toujours eu des criminels,
02:34 il y a toujours eu des crimes de droit commun,
02:36 pour voler une montre, pour dépouiller quelqu'un.
02:41 Là, on est complètement dans autre chose.
02:43 On est dans un passage à l'acte d'une personne qui est psychotique,
02:46 d'une personne qui devrait être surveillée comme du lait sur le feu.
02:49 Et comme la santé mentale, si vous voulez, se réduit comme peau de chagrin dans ce pays,
02:53 vous avez des personnes qui sont dans la nature
02:55 et qui sont des personnes extrêmement dangereuses.
02:58 Ce que constatent les Français, c'est que les délinquants sont dans les rues.
03:01 Il n'y a plus de place pour les mettre en prison.
03:02 Il n'y a plus de place pour les mettre en psychiatrie.
03:04 Et donc, ils sont dehors.
03:05 Bonsoir, Tatiana Roberts.
03:09 Quand vous avez vu ces images, vous avez été sous le choc,
03:11 évidemment, comme tout le monde.
03:13 Et puis, qu'est-ce qui est arrivé ? La colère ?
03:16 Vous vous êtes dit quoi ? C'est la répétition ?
03:19 C'est la violence quotidienne ? C'est insupportable ?
03:22 C'est d'abord cette ultra-violence qui devient quotidienne.
03:26 C'est cette France Orange Mécanique, je me souviens de ce thème.
03:28 C'est vraiment ça.
03:29 Quand on a vu ce film, on voit vraiment ces images-là.
03:32 C'est la répétition aussi de cette violence contre des personnes vulnérables.
03:35 Il y avait Annecy il y a quelques jours.
03:37 Il y a eu l'affaire Lola.
03:38 Il y a quand même comme ça un enchaînement d'affaires
03:41 qui sont absolument terrifiantes sur des personnes vulnérables,
03:43 des enfants, des personnes âgées.
03:45 Donc l'incompréhension.
03:47 Et puis ensuite, surtout la stupeur quand on découvre
03:49 qu'il y a eu 15 condamnations à son actif.
03:51 Et donc des vraies interrogations, évidemment, sur la justice,
03:56 sur la question aussi de la psychiatrie,
03:57 sur la question éventuelle de l'irresponsabilité pénale,
04:00 encore une fois, malheureusement.
04:02 Et donc, évidemment qu'il y a une colère au bout d'un moment
04:04 parce qu'on se dit que ça ne peut pas continuer comme ça.
04:06 Et on pense aux victimes avant tout, à la famille, à cette petite-fille,
04:10 à cette grand-mère.
04:11 Et on comprend aussi leur indignation face à une récupération,
04:13 parfois peut-être trop hâtive.
04:15 Eh bien, vous avez fait le sommaire.
04:17 C'est sur les sujets qu'on va évoquer, la récupération.
04:20 Mais d'abord, le profil de l'agresseur interpellé rapidement,
04:23 puis placé en garde à vue.
04:24 Garde à vue, levé cet après-midi pour hospitalisation d'office en psychiatrie.
04:29 Avec Sandra Buisson et nos experts,
04:30 on vous en dit plus sur le profil de ce suspect.
04:33 Cet homme, c'est un Français de presque 30 ans.
04:38 Il est né en juillet 1993 à Bordeaux.
04:41 Il est sans domicile fixe.
04:42 Cet homme, il a eu 15 condamnations.
04:45 Pour principalement du content surroutier,
04:47 des infractions à la législation sur les stupéfiants.
04:50 En garde à vue, cet homme a nié être l'auteur de cette agression.
04:55 Moi, quand je vois cette violence,
04:56 il est évident que ce n'est pas une violence qui est naturelle.
04:59 Elle arrive pas...
04:59 - Elle prend quelque chose, quoi.
05:00 - En tout cas, pour être sous taser...
05:02 - Non, mais comme ça, au premier coup d'œil.
05:03 - Au premier coup d'œil, en tout cas, ça ressemble à ça.
05:05 Et ça passe en dessous des radars.
05:06 L'individu, selon le communiqué du parquet,
05:09 a des troubles du comportement majeur
05:11 en lien avec une pathologie psychotique et schizophrène.
05:14 Au moment des faits, il était, selon des proches, en rupture de soins.
05:18 Il est donc pris en charge médicalement par l'hôpital Charles Pérince.
05:21 - Des gens comme ça, qui sont suivis par la psychiatrie,
05:24 SDF, donc ils sont seuls dans la rue,
05:27 à qui on donne des cachets et le psychiatre lui dit
05:29 "bon voilà, maintenant, il faut bien prendre vos cachets, monsieur".
05:31 Oui, monsieur.
05:32 Il rentre dans son squat, il prend plus les cachets.
05:34 Il n'y a pas de suivi.
05:36 Et après, on s'étonne qu'il passe...
05:39 Moi, je tiens à rappeler quand même qu'on est face à un vol aggravé
05:42 avec une agression sur mineur.
05:43 Cette personne-là, elle peut risquer jusqu'à 10 ans de prison.
05:45 J'espère qu'elle va les prendre.
05:46 - Alors, on a dit 15 condamnations,
05:49 mais il y a d'autres choses qui étaient inscrites sur son...
05:53 sur son quasier ou sur des mains courantes.
05:55 Et puis, il y a cette violence.
05:57 Il semble drogué.
05:58 Il a agi sous une visiosonnette,
06:01 c'est-à-dire visio surveillance.
06:03 Mais ce n'est pas tout à fait le cas.
06:04 Est-ce que ce genre d'individu est récupérable ?
06:06 Je vous propose la question de temps en temps,
06:07 mais on écoute cet échange dans l'heure des pro.
06:09 - Parce que c'est la vidéo qui fait exister ce fait divers.
06:14 Autrement, il y en a tous les jours.
06:16 C'est que le Brahim, là, qui a été arrêté 50 fois, déjà,
06:21 il fait ça sous une caméra vidéo.
06:23 - Il ne l'a peut-être pas vu quand même.
06:24 - C'est-à-dire qu'il campe, pardonnez-moi,
06:26 il campe dans la rue.
06:28 C'est un SDF.
06:30 Il l'a vu, la vidéo, la caméra.
06:32 Il connaît son métier.
06:33 Ça fait 50 fois qu'il a fait le coup.
06:35 Vous vous rendez compte ?
06:36 C'est-à-dire qu'il le fait.
06:37 Il y a un sentiment d'impunité.
06:39 C'est ça qui est extraordinaire.
06:40 C'est le sentiment d'impunité.
06:41 - Pas sûr qu'il l'ait vu.
06:42 - Soit les toxico.
06:44 C'est pas sûr qu'il l'ait vu ?
06:45 - Pas sûr qu'il l'ait vu.
06:45 - Ah bon, vous croyez ?
06:46 Sur la façade, vous voyez pas la caméra, vous, sur les façades.
06:50 Vous rigolez ou pas ?
06:51 - Je vous dis que dans la société dans laquelle nous allons aller,
06:55 je le répète, au bout d'un certain nombre d'agressions,
06:58 c'est pas 5, c'est pas 10, c'est pas 15,
07:01 mais quand j'entends 50, il y a un moment,
07:04 la société doit réfléchir et dire "ces gens sont irrécupérables".
07:08 - Alors, il y a une faillite.
07:11 C'est quoi la société en réalité ?
07:12 C'est qui ?
07:13 C'est la faute de qui ?
07:14 C'est qui la société ?
07:15 Ce sont les juges ?
07:16 Ce sont les psychiatres ?
07:17 Ce sont les médecins ?
07:18 Ce sont ceux qui l'ont pas accompagné toute sa vie ?
07:20 C'est sa famille ?
07:20 C'est quoi ?
07:21 - Non, il y a une double faillite.
07:22 D'abord de la part de la justice.
07:24 15 condamnations à son actif.
07:26 Il était encore dans la nature.
07:28 C'est quand même un multi donc récidiviste.
07:29 Et je crois savoir par Sud-Ouest,
07:31 c'est nos confrères de Sud-Ouest qui ont révélé cela,
07:33 qu'il a été pris avec 45 grammes de résine de cannabis
07:37 qu'il devait comparer à être là fin juin justement,
07:40 pour la énième fois.
07:41 C'est-à-dire qu'il y a quand même un moment donné,
07:42 il a été condamné déjà trois fois depuis le début de l'année.
07:44 Donc évidemment que ça pose une vraie question
07:45 sur le multi-récidivisme
07:47 et surtout sur l'effectivité de la peine.
07:50 C'est ça le vrai problème aujourd'hui de la justice.
07:51 C'est pas tant le prononcer des peines
07:53 puisque les peines sont prononcées
07:54 et qu'elles sont même aujourd'hui plus sévères qu'auparavant.
07:56 En revanche, ce qui est sûr,
07:57 c'est que la peine n'est pas effective.
08:00 Et ça c'est une vraie question parce que du coup,
08:01 ce n'est pas dissuasif.
08:02 - De toute façon, moins d'un an,
08:03 parce que c'est un peu de résine de cannabis aujourd'hui.
08:06 - Oui, mais la culpation, si vous voulez, des condamnations,
08:08 et apparemment pour des fautes graves aussi parfois,
08:11 devient un réel problème.
08:13 Deuxième chose, puisque vous me demandiez
08:16 quelles étaient les causes,
08:17 deuxième chose, la question de la psychiatrie.
08:19 Et en effet, c'était dit tout à l'heure dans le sujet,
08:21 le problème du suivi.
08:24 C'est-à-dire qu'on les hospitalise d'office en hôpital psychiatrique,
08:26 on leur donne des médicaments,
08:28 on les sort de l'hôpital psychiatrique,
08:29 et là, le jour où ils arrêtent ces médicaments,
08:31 évidemment qu'il y a un délire paranoïaque.
08:33 Et il n'y a pas de suivi, il n'y a pas de contrôle.
08:35 Donc ça, c'est aussi une vraie question.
08:37 Mais le problème, c'est évidemment les moyens
08:38 qu'on met dans la psychiatrie.
08:39 Et pourtant, Dieu sait si la psychiatrie en a besoin aujourd'hui.
08:41 - Et puis, il y a aussi une manière de voir les choses à Bordeaux,
08:46 comme à Nantes, comme dans d'autres villes.
08:48 C'est intéressant, par exemple, de réécouter comment à Bordeaux,
08:50 une adjointe à la mairie du quartier de la Bastide, je crois,
08:54 répondait il y a quelques jours, lors du conseil municipal,
08:56 à des Bordeleux qui s'inquiétaient.
08:57 Elle racontait de l'insécurité un peu partout.
09:00 D'ailleurs, c'est intéressant parce qu'elle dit,
09:02 révèle peut-être une philosophie générale.
09:04 - Moi aussi, ça m'est arrivé de me faire agresser.
09:11 Ça nous arrive à tout le monde.
09:12 Mais je pense que la ville de Bordeaux, on est conscient.
09:16 La ville de Bordeaux est conscient de ce qui se passe.
09:20 Au niveau de la sécurité, on est conscient et on y travaille.
09:22 Et particulièrement, le maire est particulièrement attentif à ça.
09:27 - Quelle désinvolture, quelle inconséquence dans la manière
09:29 de parler d'un sujet qui concerne...
09:31 Je pense qu'elle aurait parlé d'écologie,
09:32 elle aurait pris le sujet au sérieux.
09:35 - On dirait qu'elle parle de la météo.
09:36 Elle dit, oui, parfois il pleut.
09:37 - On dirait que c'est un sujet qui est moralement inacceptable,
09:40 qui est entaché, je ne sais pas de quoi.
09:43 - Ça fait 3-4 ans qu'on a une reconnaissance de 12%
09:47 de tout ce qui est violence et criminalité sur Bordeaux.
09:52 Donc les collègues sont fatigués et débordés.
09:57 - Il faudrait peut-être un gendarme à chaque coin de rue
10:00 ou pour pouvoir, ça n'empêche pas que l'agression...
10:03 - Je suis interpellé par ce style de propos d'un responsable politique.
10:07 Aujourd'hui, la désinvolture de parler des policiers, des gendarmes,
10:09 de dire, tu comptes fait, on peut être agressé tous les jours,
10:12 quoi qu'il arrive, non, c'est inacceptable, ce type de propos.
10:15 Aujourd'hui, les responsables politiques, quels qu'ils soient,
10:19 ils doivent prendre le problème de sécurité à bras le corps.
10:21 - C'est pas de suite qu'on va le résoudre, quoi.
10:22 C'est assez compliqué quand même.
10:24 - Le maire de Bordeaux, évidemment, il ne fait rien.
10:27 Il ne fait rien, pour moi, il ne fait rien.
10:29 - À ça, pour mettre un sapin en bois devant sa mairie,
10:32 là, il est très fort.
10:35 Et faire n'importe quoi, en fait, parce que ces gens,
10:38 par idéologie, font exactement des choses.
10:42 Voilà, ils ne veulent pas un vrai sapin.
10:44 Bon, d'accord, qui s'occupe de la sécurité de ses administrés ?
10:46 - Je mélange un peu tout, les arrières.
10:48 - Mais je ne mélange pas tout.
10:49 - Le sapin et les égarés.
10:50 - Je ne mélange pas tout du sujet qui n'a rien à voir.
10:52 - Bon, Pierre Urmier, excusez-moi, il a été élu.
10:54 - Oui, il a été élu par la loi de la Sainte-Dame d'Or.
10:58 - Bon, en tout cas, elle coche toutes les cases, cette dame est élue.
11:00 On ne peut rien faire, de toute façon,
11:02 mettre plus de policiers, ça ne sert à rien.
11:04 Et puis, tout le monde s'est déjà fait agresser, moi compris, à Teldy.
11:08 - Et puis, ce n'est pas demain qu'on va avoir quelques problèmes.
11:09 Enfin, franchement, cette vidéo est tout à fait lunaire.
11:11 C'est-à-dire qu'on se demande sincèrement ce qu'elle fait là,
11:13 c'est quand même de sa responsabilité en tant qu'élu,
11:15 justement, d'assurer la sécurité des concitoyens
11:18 et puis surtout de prendre des décisions qui s'imposent face à une insécurité
11:22 qui est croissante quand même à Bordeaux,
11:23 un plus 12% là depuis le début de l'année, c'est quand même important.
11:26 - C'est ce que disait le syndicat de la Sainte-Dame.
11:28 - Ça ouvre un vrai débat qui a lieu dans Doji, d'ailleurs,
11:30 sur la vidéoprotection, premièrement,
11:31 puisque là, ce n'était pas une vidéoprotection de la ville,
11:33 c'était justement ce que vous dites, un visiopode.
11:35 Donc, la vidéoprotection, certaines villes l'ont mise
11:38 et on voit que ça peut être efficace et tout à fait dissuasif
11:40 et regarder comme ça a permis justement l'interpellation
11:42 très rapide de cette personne.
11:44 Et deuxièmement, la question de la police municipale,
11:46 les effectifs, les moyens, ça, c'est aussi une vraie question.
11:48 Et c'est vrai qu'en cela, ce maire, mais comme d'autres maires d'ailleurs de gauche,
11:52 pêchent en la matière parce que justement,
11:54 ils sont assez opposés à des vidéoprotections
11:56 ou à la police municipale, qu'elles soient armées, qu'elles aient plus d'effectifs.
11:59 - On constate, Tatiana, c'est la banalisation.
12:01 Et vous allez entendre... - La violence, c'est bien sûr.
12:03 - Oui, et de ce genre d'actes, parce que nous, on est là,
12:05 on a vu cette vidéo et... - Effroyable.
12:07 - Elle existe parce que ce fait divers existe
12:10 parce qu'il y a une vidéo.
12:11 Tous les jours, disent les policiers, ça, c'est tous les jours.
12:14 On va écouter tout à l'heure Jérôme Giménez, qui était dans Midi News.
12:18 Et puis, on écoutera également Thibaut de Montbrial,
12:21 du Centre de Récollection de Sécurité Intérieure.
12:22 - Oui, on est tous sous choc de ces images du visiophone.
12:29 Mais la réalité, c'est qu'un policier n'est pas choqué de ces images
12:32 parce que ça, c'est tous les jours.
12:34 - Tous les jours. - Voilà, là, on porte l'accent.
12:36 - Ce n'est pas filmé tous les jours, mais là...
12:37 - Ce n'est pas filmé tous les jours, mais tous les jours,
12:39 il y a des agressions de cette nature.
12:42 - Ce n'est pas tellement qu'on ne trouve pas les mots,
12:43 c'est que jour après jour et semaine après semaine,
12:46 on répète les mêmes mots.
12:48 Chaque agression insoutenable étant suivie par une autre
12:53 dont on trouve finalement, dont on se demande
12:55 si elle n'est pas encore plus insoutenable.
12:56 Et le cumul de ces événements crée une sorte de bruit de fond,
13:03 de presque d'habitude.
13:04 Et moi, ce que je trouve fascinant, je vous lis,
13:07 moi, j'ai été bouleversé par cette vidéo hier soir.
13:09 Je pense que je ne suis pas le seul.
13:10 Mais ce qui est fascinant, c'est qu'il y a encore quelques années,
13:14 un seul fait divers comme celui-là aurait provoqué un débat national,
13:19 aurait focalisé l'attention pendant des jours.
13:23 Là, on est dix jours après l'affaire d'Annecy,
13:27 après que des enfants aient été poignardés.
13:30 Qui parle encore d'Annecy ?
13:31 Ce sont des problématiques majeures et pour certains,
13:34 et on a entendu le maire de Bordeaux tout à l'heure,
13:36 le problème, ce n'est pas ce qui est en train de se passer,
13:40 mais c'est le fait qu'on en parle.
13:41 C'est totalement lunaire.
13:42 Alors, qui en a parlé dans la classe politique aujourd'hui ?
13:46 Tout le monde n'en a pas parlé d'ailleurs.
13:48 On va écouter quelques réactions et on y revient dans un instant.
13:50 Au-delà de cette agression,
13:58 nous sommes confrontés non pas à un fait divers, mais à un fait de société.
14:01 Je n'entends pas commenter des réactions
14:05 qui non seulement sont indécentes, mais sont indignes.
14:12 Je pense à des réactions de récupération politique, locale et nationale.
14:16 Si on synthétise ce que vient de dire le maire de Bordeaux,
14:18 le problème, en fait, ce n'est pas la violence,
14:20 le problème, c'est ceux qui la dénoncent.
14:22 C'est ça.
14:22 Non mais c'est une inversion totale de responsabilité.
14:25 J'ai été maire, ce n'est pas à Bordeaux, mais quand même d'une grande ville.
14:28 Un événement comme ça, la première chose que vous devez faire,
14:30 c'est vous rendre auprès de la famille.
14:31 Mais bien sûr, c'est une évidence.
14:33 Il y a une enfance, il y a une grand-mère.
14:35 Hospitalisez la grand-mère.
14:36 Vous allez prendre des nouvelles, vous faites une conférence de presse
14:42 pour vous expliquer que les autres sont des méchants.
14:44 Quand le maire de Bordeaux dit "il ne faut pas récupérer", on le comprend.
14:48 Vu son peu d'empressement à agir sur l'insécurité explosive de sa ville,
14:54 on comprend qu'il veut taire et faire taire la réalité.
14:58 Bien évidemment qu'on a le droit d'avoir une émotion.
15:00 Bien évidemment qu'on a le droit d'un s'indigner.
15:02 Je serais parfaitement hypocrite de vous dire que quand j'ai vu ces images,
15:05 malheureusement, sur les réseaux, ma première réaction,
15:07 ça n'a pas été de me dire "mais ce n'est pas possible".
15:09 Ce n'est pas possible, c'est innommable.
15:11 Ne comptez pas sur moi pour abonder dans cette chronique malsaine
15:16 des spécialistes de la récupération politique.
15:21 Si les politiques ne sont pas là pour répondre à un fait de société
15:25 qui atteint très directement des centaines de milliers,
15:28 voire des millions de nos compatriotes, alors nous ne servons à rien.
15:32 Donc, je veux bien vous entendre sur "ce n'est pas un fait divers,
15:35 c'est un fait de société" et de la récupération.
15:37 Parce que la famille a critiqué tout de suite la récupération.
15:42 Est-ce qu'il y a eu récupération dans les échanges qu'on a entendus pour vous ?
15:45 En fait, la récupération, si vous voulez,
15:47 est le lien qui a été fait d'emblée par certaines personnalités politiques,
15:50 et notamment Éric Zemmour, qui a largement diffusé cette vidéo,
15:54 entre l'immigration et ce fait absolument terrifiant.
15:58 Or, on voit bien qu'il n'y a pas de lien.
15:59 Donc ça, c'était quand même en effet un souci.
16:01 D'ailleurs, Marine Le Pen l'a fait aussi.
16:02 Enfin, plusieurs personnalités politiques l'ont fait de droite et d'extrême droite.
16:06 Donc ça, c'est vrai que c'est un souci.
16:08 Ensuite, la question de la famille, je comprends leur réaction.
16:10 Je comprends qu'elle ne souhaite pas que cette vidéo soit diffusée,
16:13 multidiffusée avec le visage non flouté de cette grand-mère et de cette petite fille.
16:19 Cela dit, là où je les comprends moins,
16:21 c'est quand ils souhaitent que ça n'ouvre pas un débat sur la politique
16:25 en matière de sécurité ou de justice.
16:27 Et migratoire, donc c'est en effet, je laisse ça à part.
16:29 Je pense que la question doit se poser.
16:32 La question doit se poser parce qu'en effet,
16:33 face à la récurrence de ces faits absolument terrifiants,
16:36 il faut qu'on ait un sursaut.
16:37 Et c'est une question d'ailleurs d'union nationale.
16:39 Et on verra bien justement si le gouvernement est capable
16:42 de créer des alliances à ce sujet pour arriver justement à mettre fin,
16:45 notamment en matière de justice.
16:47 C'est-à-dire qu'il va falloir mettre les moyens là.
16:49 Il y a même un changement de paradigme, en fait.
16:50 Ce n'est pas une question de moyens, parce qu'il y a des moyens qui sont alloués.
16:53 Le budget de la justice, c'est colossal.
16:54 Plus 60 % de quinquennats.
16:56 C'est absolument terrifiant, énorme.
16:58 Mais quand on voit ce qui se passe là,
16:59 on voit qu'il y a un problème en fait avec les mesures et le paradigme
17:03 qui a été mis en place pour la question justement du multirécidivisme.
17:06 Et encore une fois, la question de l'effectivité des peines.
17:09 Bon, pour revenir à la récupération,
17:10 moi, il me semble que dans la séquence précédente,
17:12 on n'a pas vu de récupération,
17:13 mais il y a eu quand même un dérapage aujourd'hui à l'Assemblée.
17:16 Et ça venait même d'un député macroniste, Sacha Ollier.
17:19 C'est précisément pour ça qu'on a besoin d'une rémigration,
17:24 pour expulser le délinquant.
17:25 Je crois que ce monsieur avait un quasi judiciaire fourni.
17:28 Et donc j'invite tous ceux qui font obstacle aujourd'hui
17:30 à ce qu'on puisse examiner une loi immigration,
17:32 à lever leurs obstacles,
17:33 à lever finalement le cinéma politique autour de ce texte.
17:37 Lui est typiquement dans un cadre récupération politique
17:39 puisqu'il utilise un fait que nous décrivons en ce moment même,
17:43 dont il se sert pour son agenda politique,
17:45 à savoir la loi sur l'immigration.
17:47 On parle d'une loi immigration qui urge terrible amalgame,
17:49 ça n'a rien à voir là.
17:50 C'est très dangereux de réagir quand on n'a pas tous les éléments du dossier.
17:52 Là, il ne savait pas visiblement.
17:53 En se précipitant de la sorte.
17:55 On a un peu creusé, Jean.
17:56 Ses deux parents sont français.
17:57 Non mais d'accord, mais vous savez,
17:59 aujourd'hui, tout le monde est français, je ne vous l'apprends pas.
18:01 Ces 40 dernières années, il y a eu une folle politique de naturalisation
18:05 qui a accordé la nationalité française
18:06 à des gens qui n'ont rien à voir avec la France.
18:08 On ira creuser un peu le dossier.
18:09 Est-ce que cette personne vit à la française et pense à la française ?
18:13 Elle se comporte à la française ?
18:14 Ça peut vous déplaire, Jean, mais il est français,
18:16 né de parents français, il est né à Bordeaux.
18:18 Et vous dites tout le monde est français.
18:19 Non, tout le monde n'est pas français.
18:20 Il n'est pas question ici d'immigration.
18:22 Il est né français, de parents français.
18:23 Encore une fois, je suis désolé, Jean, mais ça, ça ne vous plaît pas.
18:25 Ça ne rentre peut-être pas dans votre logiciel, mais là, en l'occurrence,
18:27 il est né français.
18:28 Débat clos là-dessus.
18:32 Mais effectivement, la question de la loi sur l'immigration,
18:36 elle est allée un peu vite, Sacha Wollier, mais la question se pose.
18:40 Et les Français attendent quelque chose.
18:41 Parce qu'elle lui tient à cœur.
18:41 Cela dit, c'est vrai que c'est une sacrée boulette.
18:43 En plus, je tiens quand même à signaler qu'il fait partie de la gauche de la majorité.
18:47 Donc, c'est vrai que c'est un peu un peu étrange qu'il ait ainsi sauté sur l'occasion,
18:50 alors qu'en effet, il est français, né de parents français.
18:53 Donc, c'est un vrai problème.
18:55 Cela dit, il y a quelque chose aussi que je peux comprendre.
18:58 Souvenez-vous de l'affaire Papivoise.
19:00 L'affaire Papivoise, c'était en 2002, c'était à trois jours de premier tour
19:03 de l'élection présidentielle.
19:04 Ça se retraitait près d'Orléans et s'est agressé par deux jeunes
19:07 qui étaient rentrés chez lui, qui avaient voulu le détrousser et l'avaient tabassé.
19:11 Et on a vu ces images de son visage tout à fait unifié.
19:14 Et ça avait ému vraiment la France entière.
19:16 Et certains avaient dit d'ailleurs que ça avait eu un rôle
19:19 sur l'arrivée au second tour de Jean-Marie Le Pen.
19:21 Donc, c'est dans un moment où cette campagne était vraiment sur l'insécurité.
19:25 C'est vrai que ces faits-là touchent les Français
19:28 et qu'on voit que l'insécurité est une préoccupation majeure.
19:30 Le sondage du JDD ce week-end, 65% quand même des Français,
19:34 de façon générale, se sentent en insécurité.
19:36 83% des électeurs RN.
19:38 Ça dit quelque chose quand même.
19:39 Et quand on voit aujourd'hui toute cette accumulation de faits divers,
19:42 ça devient quelque part, en effet, un fait de société en réalité.
19:44 Donc, on attend quelque chose de l'État, du gouvernement.
19:46 Question a été posée d'ailleurs ce matin à Olivier Véran,
19:49 porte-parole du gouvernement, qui était l'invité de Laurence Farris.
19:51 L'immigration, ce sera le cœur du prochain projet de loi
19:58 que vous allez tenter de négocier avec les Républicains.
20:01 L'apport des LR est absolument indispensable.
20:03 Quelle concession est-ce que vous êtes prêts à faire ?
20:05 Notamment sur la régularisation des travailleurs sans papier.
20:07 Vous connaissez notre copie.
20:09 Vous la connaissez, notre copie, notre proposition à la majorité.
20:12 Je la résume en deux traits.
20:15 Permettre dans l'expulsion.
20:16 Exactement, permettre dans l'expulsion,
20:18 raccourcissement des délais de recours
20:20 pour les gens qui n'ont pas vocation à rester.
20:22 Aujourd'hui, c'est jusqu'à deux ans.
20:24 Demain, on veut que ce soit terminé en six mois.
20:25 Et puis, en parallèle de ça, la demande des chefs d'entreprise
20:28 permet de recruter dans les métiers dans lesquels on n'arrive pas à recruter
20:31 en France pour faire tourner l'économie, comme le font d'ailleurs
20:33 des pays qui nous entourent, comme l'Allemagne ou même d'ailleurs le Danemark,
20:36 où vous le saviez, j'étais, et eux-mêmes font appel à l'immigration économique.
20:39 Combien de travailleurs sans papier pourraient être régularisés dans ce cadre-là ?
20:42 On parle du BTP, de l'hôtel et de restauration.
20:44 Je ne fonctionne pas en nombre, je fonctionne en termes de secteur économique, de besoins.
20:47 Oui, enfin, vous savez que ce sera de toute façon maîtrisé.
20:50 Ça a toujours été maîtrisé, ce sera maîtrisé.
20:52 Qu'est-ce qui a été maîtrisé jusqu'à présent ?
20:54 L'immigration économique. Il y a des règles qui existent.
20:56 Vous venez parce que vous avez un emploi qui vous garantit un salaire,
21:00 il faut un CDI.
21:01 Il n'y a pas de visio illégal sur le sol français, même quand on n'a pas de travail.
21:04 C'est illégal et ça le restera,
21:05 mais on va le combattre avec plus d'efficacité, plus de sévérité.
21:09 Ensuite, les LR arrivent avec un certain nombre de propositions.
21:11 C'est intéressant, ça nous permet de dialoguer, de discuter avec eux.
21:14 Vous l'avez dit, on a besoin de trouver une majorité.
21:16 Moi, j'attends aussi que la gauche fasse des propositions.
21:19 Personne ne demande rien.
21:20 La gauche française n'a pas d'idée sur l'immigration.
21:22 Il faut qu'ils nous disent.
21:23 Est-ce que leur logique, c'est de dire il n'y a pas de frontières,
21:25 on régularise tout le monde et on verra plus tard ?
21:27 Est-ce que leur logique, c'est de dire finalement l'intégration,
21:29 l'apprentissage du français, ça ne compte pas ?
21:31 Ou est-ce qu'ils ont un discours à porter qui soit à la fois humaniste,
21:34 mais à la fois réaliste dans le contexte que connaît l'Europe et la France ?
21:37 Il faut peut-être aller les chercher aussi un peu.
21:38 C'est dommage, on ne va pas travailler qu'avec la main.
21:41 Vous incarnez bien le gauche de la Macronise,
21:42 vous dites que vous êtes une partie socialiste.
21:43 Je vous dis que la gauche qui passe à côté du sujet de l'immigration,
21:46 c'est une gauche qui n'a pas compris ce qui est en train de se passer.
21:48 Voilà, ça c'était la petite pique pour la gauche d'Olivier Véran,
21:52 qui a parlé d'immigration maîtrisée, immigration économique.
21:57 Mais il y a des exemples quand même dans l'actualité
21:59 d'immigration totalement anarchique.
22:02 Et on a un exemple précis d'ailleurs, c'est l'occupation de l'ancienne école
22:04 de la Rue Erlanger à Paris, dans le 16e arrondissement,
22:07 en dehors de tout droit.
22:08 Une association remplie l'école depuis plus de deux mois,
22:11 plus de 600 personnes, plus de 600 personnes.
22:13 Ils dorment tous les jours dans des conditions ultra précaires.
22:17 L'association qui organise ça parle de mineurs,
22:20 mais de mineurs qui semble-t-il n'ont pas été reconnus
22:22 comme mineurs par les autorités françaises.
22:24 L'association dit que la loi, c'est de les accueillir,
22:26 les conventions internationales, alors que la loi dit plutôt
22:29 qu'il faudrait les renvoyer,
22:30 puisque ils n'ont pas été reconnus comme mineurs.
22:32 Ce matin en tout cas, Jean-Marc Morandini a tenté d'entrer
22:34 à l'intérieur de l'établissement Squatté,
22:36 mais établissement qui est rigoureusement tenu
22:39 par cette association.
22:40 - On est, je vous le rappelle, dans le 16e arrondissement de Paris,
22:46 donc on est dans un quartier plutôt chic, plutôt tranquille.
22:49 Début avril, on était environ à 140 migrants qui étaient là.
22:53 Et puis, selon les derniers chiffres qui ont été communiqués
22:55 ce week-end, on serait désormais à plus de 650 migrants
22:59 qui sont installés ici.
23:01 Pourquoi vous fermez, madame ?
23:04 Madame, pourquoi vous nous fermez la porte ?
23:06 Madame ?
23:08 Vous ne nous aimez pas ?
23:10 Mais on vient expliquer ce qui se passe ici.
23:11 - Oui, à votre façon, bien sûr.
23:14 - Si vous ne parlez pas, c'est sûr que c'est à notre façon.
23:16 - Peut-être que si on dialogue, on arrivera peut-être
23:20 à sensibiliser l'État et les autres organismes.
23:24 - Faites votre travail, nous faisons le nôtre, madame.
23:27 Faites votre travail avec eux, nous, on ne parle pas.
23:30 - Dès qu'on s'approche de la porte, on est vu comme des racistes,
23:34 c'est le mot qu'ils aiment bien employer.
23:36 Donc, avec l'association, aucune discussion.
23:38 - C'est-à-dire que vous êtes insulté ? Vous êtes quoi ?
23:40 - On est montré du doigt, si je regarde par le balcon
23:44 et que je veux faire des photos immédiatement,
23:47 on me dit que c'est interdit, qu'ils vont porter plainte.
23:50 Ils ont porté plainte sur les livres en plein de fois,
23:51 mais on n'a jamais rien vu.
23:52 - L'association Utopia 56 a un mérite, c'est de mettre en exergue
23:55 la faillite de ceux qui nous gouvernent dans la gestion
23:57 de cette migration incontrôlée.
23:59 La situation telle qu'on la voit ici, telle qu'on la voyait
24:02 à la porte de la Chapelle il y a quelques temps avec vous,
24:04 Jean-Marc, parce que la vérité se trouvera toujours sur le terrain,
24:07 est indécente.
24:08 Leurs conditions de vie ici, dans cette école des affectés,
24:11 est indécente.
24:12 Pas de toilettes, pas d'eau courante,
24:14 dormir à même le sol.
24:15 Et l'État n'a rien fait.
24:17 L'État n'a rien fait, effectivement, nous sommes d'accord,
24:18 madame la sénatrice.
24:19 - Ni la ville.
24:21 - Ni la ville de Paris, absolument, ni la ville de Paris,
24:24 qui leur met à disposition le strict minimum
24:26 et qui a laissé pourrir la situation.
24:27 - Ceux qui veulent sortir, ils se taisent, ils sortent.
24:29 La caméra filme les pieds.
24:31 - On ne filmera pas votre visage.
24:34 - Vous ne voulez pas nous parler ?
24:36 - Viens, venez parler, on ne va pas travestir vos propos.
24:41 - Laissez-moi tranquille, s'il vous plaît.
24:42 J'ai le droit de ne pas parler, madame.
24:44 Je vous ai dit non plusieurs fois, j'ai le droit de ne pas parler.
24:48 - Mais on n'est pas venu là pour vous agresser.
24:50 - Mais je ne vous agresse pas, madame.
24:52 Laissez-moi tranquille, je ne veux pas parler.
24:53 - Cela, ce n'est pas digne.
24:54 Ce n'est pas digne d'un grand pays comme la France.
24:56 Et on impose cette situation, madame la sénatrice,
24:59 à nos concitoyens qui n'en peuvent plus, qui ne le veulent plus.
25:02 - Voilà, alors les voisins attendent la décision de justice
25:05 mise en délibéré au 30 juin.
25:07 On peut s'interroger quand même sur cette association,
25:10 U2 pas 56, là, qui m'amène des jeunes gens tous les jours.
25:14 - Est-ce que c'est sur cette association qu'on peut s'interroger
25:17 ou est-ce que c'est sur cette situation ?
25:18 Moi, j'opterais plutôt pour cette association.
25:19 Je vais vous dire pourquoi.
25:21 Quand ils sont arrivés, c'était 165.
25:22 Aujourd'hui, ils ne sont plus de 150.
25:24 Cette association, ils sont plusieurs.
25:25 Il n'y a pas que Utopia 56, explique qu'en fait, c'est hors de contrôle.
25:28 La situation est hors de contrôle.
25:29 Tous les jours, il y a 10 à 20 personnes supplémentaires qui arrivent.
25:31 C'est quoi la situation ?
25:33 Ce sont des mineurs, en fait, non accompagnés,
25:35 qui en effet ont été pour la plupart déboutés
25:37 parce que l'Association, enfin l'Aide sociale à l'enfance
25:40 a considéré qu'ils n'étaient pas mineurs.
25:41 - Donc, ils devraient partir.
25:44 - Et donc, ils ont fait des recours.
25:45 Le problème, c'est qu'en fait, l'État note pas les moyens pour les loger
25:48 en attendant ces décisions justement de justice
25:50 parce qu'il y a des recours qui sont engagés dans la plupart des cas.
25:53 Et là, on se retrouve toujours dans la même situation,
25:54 un bras de fer entre la mairie de Paris,
25:56 qui considère qu'en effet, ils doivent quand même les aider
25:59 parce que c'est un bâtiment qui appartient à la mairie de Paris,
26:01 donc qui a mis de l'eau à disposition, des toilettes, etc.
26:03 pour qu'il y ait un minimum, quand même, évidemment,
26:05 de salubrité dans ce lieu-là.
26:07 Et c'est un bras de fer avec la préfecture de police
26:08 qui, elle, considère qu'elle n'a pas à reloger
26:11 et en tout cas, elle est déplacée dans un lieu normal,
26:14 on va dire ça comme ça.
26:14 - Mais pardon, Tatiana, j'entends tout ça...
26:17 - Non mais je veux quand même...
26:18 - D'accord, mais vous avez raison.
26:20 Mais Tatiana, 120 au départ, 650 aujourd'hui.
26:23 - Oui, vous allez comprendre ce que je veux dire.
26:24 En fait, on se retrouve face à la carence de l'État.
26:26 C'est l'État qui devrait prendre en charge cela.
26:27 Ce ne sont pas des associations.
26:29 Les associations sont là et elles gèrent en fait une carence des pouvoirs publics.
26:33 C'est les pouvoirs publics qui les ont.
26:34 - Mais elles gèrent mal.
26:36 - Ils les ont laissés rentrer sur le territoire,
26:38 ils les laissent dans cette situation-là.
26:39 - Je vais poser la question différente.
26:41 Pourquoi ce sont les associations en France qui gèrent ce genre de choses ?
26:43 Ce n'est pas le cas en Allemagne, c'est l'État.
26:45 - Oui, c'est bien le problème.
26:46 Regardez, en matière de drogue, c'est exactement la même chose.
26:48 Qui gère le problème de la drogue dans la rue en France aujourd'hui ?
26:51 Les associations, pas les pouvoirs publics.
26:53 Et il y a toujours le même raffaire, même en matière de drogue,
26:55 entre la préfecture de police de Paris et la mairie.
26:58 Elles gèrent quoi ?
26:59 Elles gèrent justement le problème de la célébrité dans le domaine public.
27:01 Elles les aident, elles leur donnent à manger, elles les aident.
27:03 Elles essayent de faire la prévention.
27:05 Là, c'est la même problématique.
27:06 Je ne dis pas que c'est une situation normale.
27:07 - Je pense qu'il y a quand même une responsabilité.
27:08 Quand vous mettez 650 personnes...
27:10 - Il y a une vraie défaillance des pouvoirs publics dans la mairie.
27:12 - Il y a peut-être une défaillance.
27:13 Mais l'association, à un moment donné, devrait se dire "on ne peut pas mettre 650".
27:17 - Mais bien sûr.
27:17 - On ne continue pas à ouvrir les portes.
27:19 - Olivier, ils le disent et ils sont tout à fait démunis
27:22 parce que la situation est hors de contrôle.
27:23 C'est quand même terrifiant qu'une association dise ça.
27:25 - Ce qui est terrifiant aussi, c'est de fermer.
27:27 Ils se disent "on ne vous demande pas ce que c'est".
27:29 - Ce qui est terrifiant aussi, c'est de fermer la porte,
27:31 c'est de dire "on ne vous demande pas ce que c'est".
27:32 - Je trouve ça extrêmement dommageable qu'ils n'aient pas souhaité.
27:34 C'est dommage qu'ils n'expliquent pas ce qu'ils font
27:36 parce que justement, ça permettrait de comprendre
27:38 quelles sont aussi les carences et les lacunes.
27:40 Très dommage qu'ils n'aient pas voulu discuter, échanger et montrer cette réalité.
27:43 - On va parler de Gérald Darmanin et de son voyage en Tunisie.
27:46 Mais ce sera juste après le rappel des titres de Michael De Santos.
27:49 - Après la manifestation de samedi contre le projet ferroviaire Lyon-Turin,
27:57 Gérald Darmanin présentera le décret de dissolution des soulèvements de la terre
28:00 demain en Conseil des ministres.
28:02 Aucune cause ne justifie qu'on blesse des policiers et des gendarmes,
28:05 a affirmé le ministre de l'Intérieur à l'Assemblée nationale.
28:08 Ce collectif écologiste s'était fait connaître en mars dernier
28:10 suite aux violents affrontements à Sainte-Sauline.
28:13 Après la démission début mai du maire de Saint-Brévin,
28:16 un autre élu jette l'éponge.
28:18 André Rousset, maire de Loris dans le Vaucluse,
28:20 a présenté sa démission après l'agression de l'un de ses adjoints.
28:24 Un habitant du village l'a attaqué après avoir demandé de l'aide
28:26 pour sa maison suite à des violents orages.
28:29 Et puis enfin, les taxis volants seront au rendez-vous des Jeux Olympiques 2024.
28:33 L'annonce a été faite par Aéroports de Paris et ses partenaires
28:36 lors du salon aéronautique du Bourget.
28:39 Trois trajets stratégiques pourraient être proposés entre Roissy-Charles-de-Gaulle,
28:43 Paris et sa banlieue.
28:44 Pour le moment, ces véhicules appelés VoloCity
28:46 n'ont pas obtenu d'autorisation de vol.
28:50 Toujours au chapitre immigration,
28:51 on va revenir maintenant sur la visite de Gérald Darmanin en Tunisie.
28:54 Le ministre de l'Intérieur vient avec un chèque de 26 millions
28:57 pour convaincre et aider la Tunisie à maîtriser ses migrants.
29:00 Il lui a clairement été répondu par une sorte de soufflet à la figure.
29:06 En déplacement à Tunis, Gérald Darmanin a annoncé le don
29:13 de près de 26 millions d'euros à la Tunisie
29:16 pour l'aider à lutter contre l'immigration illégale.
29:18 Cet appui devrait contribuer à acquérir les équipements nécessaires
29:22 et organiser les formations utiles, notamment des policiers
29:24 et des gardes frontières tunisiens,
29:27 pour contenir le flux irrégulier de migrants
29:30 et favoriser le retour de bonnes conditions.
29:32 La Tunisie ne sera la gardienne que de ses propres frontières.
29:35 Nous n'accepterons pas non plus que la Tunisie
29:37 devienne un pays de réinstallation pour les migrants.
29:39 Elisabeth Borne s'était humiliée à Alger
29:41 et à présent c'est le ministre de l'Intérieur,
29:43 monsieur Darmanin, qui s'humilie à Tunis.
29:45 On lui a opposé une fin de nos recevoirs.
29:48 Ça ne fonctionnera pas, ça ne marchera pas.
29:50 Encore un camouflet.
29:52 On est tenu pour faible, on nous méprise
29:54 et aussi longtemps que nous aurons des gouvernants
29:57 dans l'incapacité d'agir, cela durera.
29:59 Mais il faut qu'on fasse la guerre ?
30:01 Monsieur, vous voulez qu'on fasse la guerre ?
30:02 Non, qu'on fasse preuve de fermeté, madame la sénatrice.
30:04 De fermeté par rapport à une politique visa.
30:08 D'accord, alors la première chose
30:10 que les Français doivent entendre
30:12 de la part de notre ministre de l'Intérieur,
30:14 qui est tout à fait respectable,
30:15 c'est "j'ai bien compris, je reprends mes 26 millions".
30:18 Déjà la première chose.
30:20 Jean-Marc Sylvestre.
30:21 Ce n'est pas aberrant que d'aller donner de l'argent
30:24 à un pays qui est en proie à ce phénomène.
30:29 À condition qu'on sache exactement à quoi il va servir.
30:32 Mais il le dit.
30:33 Non, je ne crois pas qu'on nous ait dit.
30:35 Moi, je concevrais plutôt qu'on ne donne pas d'argent,
30:40 mais on investisse dans ce pays.
30:41 C'est vrai que si on contribue à investir
30:44 et à créer de l'emploi dans ce pays,
30:46 on fixera la population,
30:47 plutôt en Tunisie qu'on ne le fait aujourd'hui.
30:49 La Tunisie ne sera pas le gardien
30:51 ou ne sera le gardien que de ses propres frontières.
30:53 La Tunisie ne sera pas un pays de réinstallation.
30:56 Vous venez avec un chèque de 26 millions,
30:57 voilà ce qu'on vous répond.
30:58 Ce n'est pas très correct.
31:00 Non, ce n'est pas correct du tout.
31:01 Et c'est un vrai problème parce qu'on a fait la même chose
31:02 avec la Turquie.
31:03 Beaucoup, ils ont fait moins un bras d'honneur à la France.
31:06 C'est-à-dire qu'on considère que c'est à ces pays
31:07 de gérer nos flux migratoires
31:09 et donc on leur donne de l'argent pour les gérer.
31:11 Ça, c'est quand même un souci
31:12 parce qu'il va falloir à un moment donné aussi
31:13 qu'on ait une stratégie européenne
31:15 et que nous-mêmes, on soit capables aussi d'être cohérents
31:17 par rapport à ce qu'on souhaite et ce qu'on ne souhaite pas.
31:19 Mais on ne peut pas toujours vouloir que les autres pays
31:21 gèrent pour nous nos flux migratoires.
31:23 Cela dit, de la part de la Tunisie, c'est honteux
31:25 et il faudra se poser la question au moment aussi,
31:27 par exemple, des OQTF.
31:28 Par exemple, les Républicains ont proposé
31:30 dans le projet de loi de migration
31:31 qu'il y ait un...
31:33 soit indexé en fait sur la question des laissés-passer consulaires,
31:36 la question de l'aide au développement.
31:37 Peut-être que ce sera une des questions justement à se poser
31:39 pour la Tunisie comme pour d'autres pays
31:41 qui sont concernés par cette problématique.
31:42 Et on dialogue sur l'immigration, on dialogue beaucoup,
31:44 on a dialogué avec l'Italie aujourd'hui,
31:47 on en parlera dans un instant.
31:49 Compliqué comme dialogue.
31:50 Oui, compliqué et puis on parlera d'un tout autre sujet,
31:52 on terminera d'ailleurs là-dessus en deuxième partie,
31:56 à Noges Cadelon qui est venu parler de son père, à tout à l'heure.
31:59 Alain a tous les dons sauf celui du bonheur.
32:06 Il a eu raison jusqu'à aujourd'hui,
32:08 il a eu raison peut-être jusqu'à demain,
32:10 mais il aura tort après-demain.
32:12 Je ne l'avais jamais vu jusqu'au bout en fait.
32:13 Je suis désolée, je suis un peu humilée, c'est un peu bizarre.
32:15 La suite est la fin du meilleur de l'info.
32:19 Emmanuel Macron et Georgia Meloni,
32:21 comment ça va les relations entre Paris-Rome ?
32:23 On va voir quelques images.
32:24 C'est un peu dangueuse quand même, c'est un petit peu tendu.
32:26 Il y avait une rencontre à l'Elysée aujourd'hui.
32:29 Bon alors, images symboliques,
32:32 images qui symbolisent d'abord qu'on se parle,
32:34 parce que effectivement c'était tendu entre la France et l'Italie.
32:37 D'ailleurs à propos de questions migratoires, de migration.
32:40 Bien sûr, évidemment, parce que l'Italie reste le tactle
32:43 à 80% des migrations qui arrivent par la Méditerranée.
32:45 Donc c'est absolument terrifiant et demande une solidarité
32:49 qui va être mise en place par le pacte Migration et Asile.
32:52 Et c'est vrai que je trouve un peu injuste le tact
32:55 que Gérald Darmanin avait fait à Georgia Meloni en considérant
32:57 qu'elle avait été élue pour justement réguler les problèmes de migration,
33:00 qu'elle n'était pas à la hauteur.
33:01 Cela dit, il y a quand même le passif de l'Ocean Viking,
33:03 souvenez-vous, qui avait dû accoster justement à Toulon
33:05 parce que Georgia Meloni, franchement, elle, elle n'avait pas voulu
33:08 que les 230 migrants à son bord accostent sur ses côtes.
33:11 Bon, en tout cas, Rome et Paris, c'est un vieux couple.
33:15 Oui, très vieux couple.
33:15 C'est un vieux couple, comme le faisait remarquer Vincent Herouet.
33:19 Je voudrais être petite souris et être à l'Élysée quand Mme Meloni,
33:25 qui a dit quand même que le président était irresponsable et cynique,
33:28 quand Gérald Darmanin a expliqué que Mme Meloni faisait n'importe quoi.
33:32 Oui.
33:33 Mais pourquoi ?
33:34 Ce n'est pas la première fois qu'un ministre de l'Intérieur
33:35 se réjouit du désordre extérieur, parce que le ministre Salvini,
33:39 quand il était ministre de l'Intérieur à Rome, s'était moqué,
33:43 avait applaudi les Gilets jaunes et avait dénoncé un président...
33:46 Pourquoi ils se rencontrent aujourd'hui ?
33:47 Quel est l'intérêt de cette rencontre ?
33:50 D'abord, ce qui est bien avec les querelles de ménages
33:54 qui sont désormais récurrentes avec l'Italie, c'est les retrouvailles.
33:57 Donc, on va les voir sur le perron, embrassons-nous, folle ville.
34:00 Mais est-ce qu'on a un intérêt politique ?
34:02 On est assez d'accord l'un et l'autre, puisque l'un et l'autre considèrent
34:04 que finalement, la lutte politique, c'est entre progressistes et populistes.
34:10 Sauf qu'en Italie, on dit plutôt que c'est la lutte entre l'oligarchie
34:13 et les classes populaires qui veulent reprendre le contrôle de leur destin.
34:18 Ce qu'il faut que vous compreniez, c'est qu'il y a une espèce de bataille
34:22 assez spectaculaire, permanente désormais,
34:24 à une empoignade entre les Français et les Italiens,
34:27 qui est un peu irréelle, un peu artificielle,
34:30 parce qu'en fait, c'est de la politique intérieure.
34:32 – D'accord.
34:33 – C'est de la politique intérieure, c'est-à-dire que quand le ministre Darmanin
34:36 tape sur Mélanie, c'est en fait sur le Rassemblement national qu'il cogne.
34:40 – Oui, ça ne nous a pas échappé.
34:42 – Voilà, donc bon…
34:43 – Ça ne nous a pas échappé.
34:44 – Donc c'est de la politique.
34:46 [Bruit de bouche]
34:46 – Voilà, mais de la politique internationale, mais de la politique.
34:49 – Bien sûr, une transposition de la situation aujourd'hui en France,
34:52 et la possible arrivée un jour, ou peut-être même en 2027,
34:55 de Marine Le Pen au pouvoir.
34:56 Donc évidemment qu'il y a un paralysme des formes,
34:58 que Gérald Darmanin, en fait, indirectement tape sur Marine Le Pen
35:00 en tapant sur Gérald Darmanin.
35:02 – Alors, comment mieux aider les Italiens à gérer les flux,
35:04 et de quelle manière peut-on le faire ?
35:05 Réponse d'Olivier Véran, ce matin sur CNews.
35:09 [Bruit de bouche]
35:11 – Est-ce que vous comprenez encore une fois que l'Italien dit "on est seul",
35:14 "on est seul", en première ligne comme la Grèce, pour accueillir des milliers,
35:18 on parle de plus de 40 000 migrants depuis le début du mois de janvier.
35:21 Est-ce qu'il faut aider les Italiens ?
35:22 – Mais je vais vous reparler d'Europe.
35:24 Il y a quelques jours, l'Europe a décidé d'adopter un nouveau paquet de mesures
35:28 en matière d'immigration, justement pour venir davantage en aide
35:31 aux pays la première ligne, c'est-à-dire les pays qui font face
35:34 au premier afflux de migrants, et avoir aussi une clé de répartition
35:38 qui soit plus juste.
35:39 Donc on travaille en Européen d'ailleurs, et l'ensemble des pays de l'Union
35:42 sont signataires et sont allants pour qu'on aille de…
35:46 – Une clé de répartition, ça veut dire qu'il faut qu'on accueille
35:47 plus de migrants, chacun par pays ?
35:49 – Non, ça veut dire que vous avez des pays qui sont des pays de première ligne
35:53 et qui font face à l'afflux de migrants, et pour lesquels il y a des règles
35:56 de traitement de dossiers notamment, qui peuvent leur coûter de l'argent,
35:58 qui peuvent leur mobiliser des moyens et du temps, et donc on vient les aider
36:02 pour qu'ils soient aussi plus efficaces, pour reconduire à la frontière de l'Europe
36:04 ceux qui n'ont pas vocation à y rentrer.
36:06 – Voilà, donc on l'a entendu tout à l'heure, et on réécoute à nouveau Olivier Véran,
36:10 il y a un message de fermeté un peu nouveau.
36:13 – Oui, solidarité, c'est ce qu'il explique, une solidarité nécessaire,
36:16 parce que l'Italie est le premier point d'accueil, 80% des migrants,
36:19 devant l'Espagne et la Grèce, et elle ne peut pas accueillir
36:22 toute la misère du monde sans que les autres Européens prennent leur part.
36:24 Donc en effet, dans le pacte asile-migration que j'évoquais tout à l'heure,
36:27 il y a la possibilité qu'il y ait en fait une sorte de quota, un système de quota,
36:31 c'est-à-dire 30 000 personnes qui vont être réparties à devoir accueillir,
36:34 et la France prendra sa part avec 4 000 a priori migrants qui arriveront en France.
36:39 Donc une question de solidarité nationale et européenne qui est nécessaire,
36:42 parce que certains pays ne peuvent pas gérer tous les problèmes de migration pour les autres.
36:46 – Bien sûr, mais Georgia Meloni était arrivée en conquérante, en combattante,
36:49 elle est arrivée avec moi, c'est terminé.
36:51 – Et plus de 42 000 traversés en Italie depuis le début de l'année.
36:56 – Donc c'est ce que voulait dire Gérald Darmanin,
36:59 Madame Le Pen, si vous arrivez avec le même discours, ça sera faux,
37:01 parce qu'il y a une question d'égalité, de pacte, etc. au niveau européen.
37:05 – Exactement.
37:06 – Bon, on va terminer par une toute autre histoire,
37:08 une vente aux enchères un peu exceptionnelle, celle des trésors d'Alain Delon.
37:12 Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de l'œil de collectionneur d'Alain Delon,
37:15 mais Delon a commencé à collectionner des dessins exceptionnels très tôt,
37:18 parfois en y mettant tout son argent,
37:21 des peintures, des sculptures aussi, des bronzes de Bugatti, vous en voyez,
37:25 il est sans doute l'un des plus grands connaisseurs de Bugatti,
37:27 mais sur les murs de chez lui, il y avait des Degas, des Corot, des Delacroix, des Millier,
37:32 les chefs-d'œuvre sont à vendre en fin de semaine,
37:34 l'exposition a fait le tour du monde et c'est sa fille Anouche Cadelon
37:37 qui a accompagné ce tour du monde et qui a vécu avec ses chefs-d'œuvre
37:41 et qui est venue parler de son père ce matin dans l'Eure des Pro.
37:45 Moi, j'ai une expression, je l'utilise depuis 10 ans,
37:51 je dis que c'est un accident génétique Alain Delon.
37:53 Je ne crois pas qu'il y ait sur la planète quelqu'un d'aussi beau qu'Alain Delon quand il a 35 ans.
37:58 Donc, on est 8 milliards d'individus, c'est un truc,
38:01 mais alors vous, vous vivez évidemment avec ça, vous allez partout en Chine,
38:04 vous êtes peut-être encore surpris de la manière dont on vous parle de votre père,
38:08 l'attachement que des générations ont pour lui et sa fascination aussi.
38:13 À l'étranger en fait, c'est vraiment impressionnant.
38:16 Je me suis rendu compte de son rayonnement à l'international.
38:19 J'étais à New York pour l'exposition à Hong Kong
38:22 et c'est là qu'on se rend compte de son image et de l'amour des gens pour lui,
38:27 des gens venaient pour la collection, des gens venaient pour l'acteur
38:30 et il y a énormément de bienveillance, énormément de respect
38:33 et en tant qu'enfant, vous ne pouvez pas vous empêcher d'être fier pour vous,
38:37 enfin pour lui, parce que c'est quand même quelqu'un, c'est un monument.
38:41 - Georges Baum qui fut longtemps votre agent, votre ami aussi.
38:45 - Il est le parrain de mon fils, oui.
38:46 - Il disait "Alain a tous les dons sauf celui du voleur".
38:51 - Il a eu raison jusqu'à aujourd'hui, il a eu raison peut-être jusqu'à demain,
38:55 mais il aura tort après-demain.
38:57 - Qu'est-ce que vous allez faire pour Noël, pour les fêtes ?
38:59 - Rien. Je vais passer chez moi à la campagne.
39:03 - Seul ? - Non, pas seul.
39:06 Je ne suis jamais seul, de toute façon je ne suis jamais seul avec moi-même
39:09 parce que je m'entends tellement bien avec moi-même, je suis jamais seul.
39:10 - Il est chieur. - Non, non.
39:12 Je ne passerai avec des êtres que j'aime, des êtres qui me sont chers,
39:16 des êtres qui partagent ma vie.
39:18 - Là on est en 1989, donc c'est quelques mois peut-être avant votre naissance
39:23 et je me demande si vous n'êtes pas présente, figurez-vous, dans cette conversation.
39:27 - Je ne l'avais jamais vue jusqu'au bout en fait.
39:29 C'est assez émouvant.
39:31 Il est passé Noël avec ma mère, voilà.
39:34 Je pense que je devais déjà être dans son ventre.
39:36 - Je pense que c'est ça qu'il dit.
39:38 - Mais c'est assez émouvant de le voir comme ça parce que les gens voient Alain Delon
39:44 mais moi je vois mon père et je sais ce qu'il y a derrière.
39:48 Donc c'est assez émouvant.
39:50 Mais c'est sûr que...
39:51 En tout cas c'est gentil de sa part de dire qu'il arrive bientôt, c'est chouette.
39:57 Parce que ça fait plaisir, je suis désolée, je suis un peu émue, c'est un peu bizarre.
40:01 Mais en tout cas j'espère qu'on arrive à lui apporter un peu de bonheur.
40:05 Pardon, je suis désolée mais alors là...
40:09 Et voilà, je pense qu'il est apaisé en tout cas.
40:14 - Voilà, Anoushka Delon, ce matin très émue.
40:17 Vous pourrez revoir évidemment l'intégralité de l'interview sur cnews.fr.
40:22 Et touchante.
40:23 Et c'est vrai que Alain Delon s'est rarement livré sur sa vie privée.
40:29 Il a parlé de lui, effectivement.
40:32 Rarement il a parlé d'ailleurs de sa collection aussi.
40:34 C'était à lui, c'était quelque chose à lui.
40:36 Mais ses enfants, etc. c'est plus discret.
40:40 - D'abord quel acteur, quel acteur dingue.
40:43 Quel film absolument magnifique.
40:45 Et cette collection est aussi à son image, elle est quand même absolument incroyable.
40:49 Et Anoushka avait cette phrase que je trouvais très jolie qui disait en fait
40:52 "Je me suis résolue à vendre ces oeuvres parce que l'art doit circuler pour continuer à vivre."
40:57 Et je trouvais cette phrase très jolie.
40:58 Et je trouvais que c'était une belle philosophie de vie.
41:01 - Effectivement, elle l'a accompagnée partout dans le monde, cette collection.
41:04 Elle a vécu avec des Bugatti absolument magnifiques.
41:06 - Elle avait un petit Degas.
41:08 - Vous savez qu'il avait offert pour ses 12 ans à Anoushka un dessin de Kayser Ring quand même.
41:11 - Elle est bien chanceuse.
41:13 C'est en époque préférée visiblement Alain Delon.
41:17 Merci beaucoup Tatiana de m'avoir accompagné.
41:19 Merci Valérie Aknadrienfonteneau et Michael Fauché
41:23 qui m'ont aidé à préparer cette émission dans un instant.
41:25 Olivier Decarenfleck vous retrouve pour Soir en info.
41:29 Et moi je vous dis à demain soir.
41:31 Bye bye, à demain pour le Meilleur dans l'Info.
41:33 (musique)