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- il y a 3 ans
Les invités de #90minutesInfoWE débattent de l'actualité le samedi et le dimanche.
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00:00:00 Bonjour à toutes, bonjour à tous, bienvenue dans 90 minutes info week-end sur CNews,
00:00:05 ravis de vous accueillir pour nos débats avec nos invités Georges Fenech,
00:00:08 bonjour Georges Fenech, Edouard Dorian-Sipel nous a rejoint, bonjour Edouard Dorian-Sipel et William Té,
00:00:14 bonjour, soyez le bienvenu, les débats dans quelques instants, mais d'abord un point sur l'actualité, Trina Magdine.
00:00:19 Le maire de Saint-Gracien, Julien Bachar, lance un ultimatum à ses habitants
00:00:26 après l'incendie du centre culturel Camille-Claudel lors des émeutes, il leur demande de dénoncer les délinquants pour reconstruire les bâtiments.
00:00:33 Il a par ailleurs précisé que les finances de la ville ne permettaient pas d'engager des travaux.
00:00:38 A l'approche du 14 juillet, certaines villes annulent leurs feux d'artifice,
00:00:43 c'est pour l'instant le cas de la ville de Strasbourg qui craint des incendies à cause de la sécheresse.
00:00:47 De leur côté, les maires de Montargis et de Nîmes ont annulé les festivités par crainte de débordement après les récentes émeutes dans le pays.
00:00:54 J'espère Philippe Seyne a triplé la mise dans le Tour de France avec une nouvelle démonstration de force à Bordeaux.
00:01:01 Le Belge de 25 ans, également vainqueur à Bayonne et à Nogaro, compte déjà trois succès en sept étapes.
00:01:06 La huitième étape longue de 200 km est partie de Libourne à 12h30 pour une arrivée prévue à Limoges à 17h19.
00:01:13 Mais pour commencer notre émission, d'abord une enquête a été ouverte après des propos très violents de la chanteuse Isia Hijlin.
00:01:24 Évoquant un lynchage d'Emmanuel Macron lors de l'un de ses concerts à Beaulieu-sur-Mer.
00:01:29 Elle est visée par une enquête du parquet de Nice pour provocation publique à commettre un crime ou un délit.
00:01:34 C'est le maire de Beaulieu, Roger Houx, qui est à l'origine de cette procédure.
00:01:37 Il est en direct avec nous, mais avant de lui céder la parole, voici la séquence en question.
00:01:42 Quelque chose d'un petit peu extrême, tu vois, mais je le connais, je le connais.
00:01:47 Quelle coquine, celui-là !
00:01:50 Il s'est dit là ce qui serait bien, tu vois, je pense que ce que le peuple veut, ce dont le peuple a envie,
00:01:56 c'est qu'on m'accroche à 20 mètres du sol, telle une piñata humaine géante.
00:02:02 Et qu'on soit tous, ici présents, munis d'énormes bâtes avec des clous au bout, comme dans Clockwork Orange, tu vois.
00:02:12 Et là on le ferait descendre, mais avec toute la grâce et la gentillesse que les gens du Sud ont.
00:02:20 Là, juste au-dessus de vous, et on aurait tous notre bâte, avec nos petits clous,
00:02:27 et dans un feu de bengale de joie, de chair vive et de sang.
00:02:32 On le foutrait à terre, mais gentiment, tu vois.
00:02:37 Voilà, elle parle évidemment d'Emmanuel Macron.
00:02:41 Je précise que la piñata, c'est un objet creux qui est suspendu,
00:02:44 que l'on remplit de bonbons ou de jouets pour les enfants et qu'on casse avec un bâton pour le faire exploser.
00:02:48 C'est une partie de la tradition en Chine, puis surtout aujourd'hui en Amérique du Sud.
00:02:52 Et donc la piñata est imaginée par Isia Higelin à la place de la tête d'Emmanuel Macron.
00:02:57 Roger Roux, le maire de Beaulieu-sur-Mer, où a eu lieu le concert, est avec nous.
00:03:01 Merci d'avoir accepté notre invitation et de parler à CNews en premier lieu.
00:03:05 Comment avez-vous pris connaissance, Roger Roux, de ces propos et pourquoi avez-vous été choqué ?
00:03:10 Bonjour Monsieur. D'abord, je voudrais, si vous me le permettez, rectifier quelque chose.
00:03:15 Je ne suis pas à l'origine de l'enquête que vous avez citée.
00:03:19 En revanche, une de mes élus a été entendue, mon première adjointe,
00:03:23 et puis d'autres personnes également se sont manifestées au niveau de la gendarmerie.
00:03:27 Mais comment j'ai été prévenu ? J'étais sur un événement familial.
00:03:32 Et lorsque j'ai appris ce qui arrivait, j'en étais d'abord surpris.
00:03:36 J'ai accordé peu de crédits dans un premier temps tellement ça me paraissait énorme, gros.
00:03:41 Et puis, arrivé sur place, j'ai pris contact avec la gendarmerie qui était sur le dispositif.
00:03:47 Et là, on m'a expliqué ce qu'il en était, les propos qui avaient été tenus.
00:03:52 Et j'ai vu que la gendarmerie était présente pour interpeller l'artiste, mais ce qui n'a pas été possible.
00:03:59 Alors, choqué, bien sûr que je suis choqué, mais je suis surtout déçu, je le dis profondément.
00:04:06 Déçu parce que ça n'échappait à personne que depuis 2020, depuis la Covid,
00:04:13 nous avons du mal à organiser et à revivre comme nous le faisions avant.
00:04:18 En tout cas, nous avons du mal à organiser des spectacles.
00:04:21 Les artistes eux-mêmes ont du mal à se produire.
00:04:24 Et des petites communes comme nous, 3 800 habitants, nous faisons le maximum
00:04:29 pour essayer de maintenir ces festivals.
00:04:32 Cette année, nous avons de nouveau sur le délégué du gouvernement.
00:04:36 Et puis, nous avons eu la surprise, désagréable surprise, de voir cet artiste.
00:04:41 Pourtant, on en a reçu des artistes depuis 21 ans maintenant, des artistes.
00:04:46 Et jamais, on n'a jamais eu de problème.
00:04:48 Là, je crois que, si j'ai bien compris, si je me souviens ce qu'a dit son manager,
00:04:53 il a voulu faire de l'humour.
00:04:55 Moi, je crois tout simplement que cette dame s'est trompée de métier.
00:04:58 Si elle veut faire de l'humour, il faut qu'elle soit humoriste, c'est sûr.
00:05:01 Et puis, je crois qu'elle s'est trompée aussi de lieu.
00:05:03 On n'est pas dans un meeting de la France Insoumise, je le dis vraiment fort.
00:05:07 On est dans un lieu paisible, où on vient pendant un temps écouter un artiste
00:05:11 qui nous séduit, de la musique, des paroles, et puis profiter d'un bon moment.
00:05:16 Je précise, vous évoquiez tout à l'heure, Roger Roux, l'intervention de la police.
00:05:20 Mais si Izia Hijlin n'a pas été entendue ou n'a pas été arrêtée,
00:05:24 c'est parce qu'elle était déjà partie.
00:05:26 Donc, les policiers ou les gendarmes n'ont pas pu l'entendre.
00:05:29 Ce que vous nous dites aussi, c'est qu'elle s'est servie de cette scène
00:05:32 sur le sol de votre commune, dans un contexte social avec les émeutes
00:05:36 un petit peu compliquée, pour mettre de l'huile sur le feu.
00:05:38 Ça ressemble à un appel au crime.
00:05:40 Écoutez, vous avez entendu et visionné, vous d'ailleurs, vous venez de rappeler
00:05:44 et de nous montrer de nouveau cette vidéo.
00:05:47 Je ne sais pas si on peut le qualifier d'un appel au crime.
00:05:51 De la provocation. Provocation, c'est même un peu faible pour moi.
00:05:54 C'est plutôt de l'incitation. C'est comme ça que je le ressens.
00:05:57 Et au regard du contexte national que nous traversons depuis quelques semaines maintenant,
00:06:02 c'est juste inacceptable.
00:06:04 Quelle que soit l'appartenance politique du président de la République,
00:06:07 le président de la République, c'est le président de la République française.
00:06:09 On ne l'insulte pas et on n'appelle surtout pas à la violence contre lui
00:06:13 telle qu'elle vient de le faire l'artiste.
00:06:16 Vous avez défini ce qui était finalement l'objet sur lequel il fallait taper fort.
00:06:22 Elle, elle y rajoute des clous. Elle y rajoute des clous.
00:06:25 Donc on n'est plus dans le cadre de la provocation, mais on est bien au-delà.
00:06:29 Donc il y a une enquête ouverte. Il va falloir qu'elle assume effectivement les propos qu'elle a tenus.
00:06:33 Elle a gâché la fête à Beauneu. C'est dommage.
00:06:36 Alors ce qui me désole, mais je n'en suis pas surpris,
00:06:39 c'est qu'au moment où elle prononçait ses paroles,
00:06:42 il y avait des gens dans le public qui ont applaudi.
00:06:45 Donc peut-être dans l'euphorie, je ne sais pas,
00:06:48 ou peut-être ils n'ont pas complètement entendu les paroles qu'elle prononçait.
00:06:51 Avez-vous le sentiment, Roger Houck, avec ses propos, avec ses paroles, dont on parle sur ces news aujourd'hui,
00:06:56 Isia Higelin cautionne quelque part les émeutes qui se sont produites en France ces derniers jours
00:07:02 et qu'il y a un lien donc direct entre les violences récentes et ce qu'elle a dit sur scène ?
00:07:07 Cautionne, j'en sais rien. J'en espérais que non.
00:07:12 En revanche, elle est dans la même lignée. Dans la même lignée.
00:07:16 Quand on s'attaque aux institutions, quand on profite d'une scène pour, comment dirais-je,
00:07:22 prononcer de telles paroles violentes, on est dans la même lignée de ce que l'actualité nous montre chaque jour.
00:07:28 Merci Roger Houck, merci d'être intervenu sur l'antenne de ces news.
00:07:32 On a bien compris qu'il y avait une procédure en cours et que ce concert se déroulait
00:07:36 dans votre commune de Beaulieu-sur-Mer il y a quelques jours.
00:07:39 Maintenant, Edouard Doré en s'y pèle.
00:07:41 Ce n'est pas la première fois que des artistes ou des intellectuels sur scène s'expriment
00:07:47 et s'en prennent d'ailleurs directement à la personne d'Emmanuel Macron.
00:07:50 Mais peut-être que là, la violence des propos, peut-être si je puis me permettre,
00:07:54 la vulgarité de la mise en scène à ce moment-là laisse penser qu'on a basculé
00:07:59 dans un climat de plus en plus insérectionnel.
00:08:02 On a le sentiment qu'Isia Hijlin avait un besoin irrépressible d'exprimer verbalement
00:08:10 des pulsions violentes.
00:08:13 Je crois que vraiment c'est de cet ordre, c'est l'expression de pulsions destructrices,
00:08:19 meurtrières, avec une volonté de faire mal, de détruire.
00:08:23 Ce sont vraiment, je crois, un phénomène d'expression de cette pulsion
00:08:28 qu'elle n'a pas manifestement réussi à maîtriser.
00:08:31 Ce ne serait pas grand-chose si d'une part cela ne permettait pas peut-être à certains
00:08:39 de s'inspirer et donc peut-être de faire des passages à l'acte et de commettre
00:08:43 des violences du même ordre, de prendre à la lettre ce que dit une artiste
00:08:48 qui peut avoir une influence chez son public ou plus largement dans l'opinion française.
00:08:53 Et d'autre part, je crois que ce n'est pas un fait isolé.
00:08:56 Je crois que ce qu'a dit Isia Hijlin, cette violence, ce relâchement comme ça
00:09:01 de pulsions violentes dans l'expression verbale, à mon avis, c'est la manifestation,
00:09:07 encore une manifestation d'un phénomène social qui est latent dans notre société.
00:09:14 On le voit avec les émeutes urbaines, on le voit y compris avec ce policier
00:09:19 qui ne se maîtrise pas, qui tire manifestement hors de toute nécessité de le faire.
00:09:24 Il est d'ailleurs poursuivi pour homicide volontaire.
00:09:27 Ça se manifeste dans cette personne âgée qui a été tabassée par des jeunes.
00:09:32 Dans le nord de la France, on en parlera tout à l'heure.
00:09:35 Ça se manifeste dans la difficulté qu'une grande partie de notre population
00:09:38 et je dis bien toute catégorie sociale confondue, a accepté un certain nombre de frustrations
00:09:43 et un relâchement de ces pulsions qui, à mon avis, pour moi et pour tous ceux
00:09:47 qui sont en situation de responsabilité politique, doit nous efforcer à réfléchir
00:09:52 pour dire comment on peut remettre de l'autorité, remettre de la civilité
00:09:57 et maîtriser l'expression de la violence dans la société.
00:10:00 Il aurait pu y avoir d'ailleurs des réactions politiques unanimes.
00:10:03 William T. par rapport à ce qu'a dit Isiaïch Lain qui, très vraisemblablement,
00:10:07 se sert aussi de la scène pour faire du militantisme, faire de la politique.
00:10:12 J'ai rien contre ça. La figure de l'intellectuel et de l'artiste engagé,
00:10:16 c'est une figure classique en France et on en a besoin.
00:10:19 Mais que les artistes et les intellectuels fassent de la critique sociale avec un langage soutenu,
00:10:23 avec des causes qui soient utiles, qui soient dures.
00:10:27 Appelons un chien un chien à ne pas appeler au crime.
00:10:29 C'est-à-dire que la tête d'Emmanuel Macron à la place de cette fameuse pinatas,
00:10:32 c'est-à-dire que si l'engagement c'était libérer une parole violente
00:10:36 et ses pulsions les plus primaires, il n'y aurait pas de société.
00:10:40 Oui, William T.
00:10:41 Moi, je vois deux points.
00:10:42 Le premier, c'est que de plus en plus de personnes ont adopté,
00:10:45 il y a une mélanchonisation des esprits.
00:10:47 Le révolutionnaire en carton, le Robespierre du XXIe siècle
00:10:50 a contaminé toute la société française.
00:10:52 Vous avez beaucoup de personnes qui maintenant pensent que,
00:10:54 comme Mélenchon, il faut mettre la révolution, le chaos, etc. à tout prix.
00:10:58 Vous avez donc maintenant des personnes qui se disent,
00:11:00 voilà, pour manifester notre haine de la France, on va tout casser,
00:11:02 comme ce qu'on a eu avec les émeutes.
00:11:04 Lorsque vous voulez manifester votre opposition avec le président de la République,
00:11:06 on appelle à un lâchage public d'une personnalité officielle.
00:11:09 Et maintenant, la violence est entrée dans le droit commun.
00:11:12 Pourquoi ? Parce que depuis des mois, depuis des semaines,
00:11:15 des personnalités politiques ont légitimé la violence.
00:11:18 Mélenchon, Sandrine Rousseau et la bande de Total Losers qui les accompagnent.
00:11:22 Pourquoi ce sont des Total Losers ?
00:11:24 Parce qu'ils savent qu'ils ne peuvent pas gagner le pouvoir par les urnes électoralement.
00:11:28 Donc, ils essayent de provoquer le chaos en France.
00:11:31 Ils sont les principaux responsables de ce désastre.
00:11:33 Pourquoi ? Parce qu'ils veulent provoquer une révolution, un chaos,
00:11:35 qui les amènerait au pouvoir.
00:11:37 Et ça, je pense que c'est inexcusable.
00:11:39 Le deuxième point que moi je vois sur cette réaction,
00:11:41 et c'est la question que vous avez posée,
00:11:42 pourquoi est-ce qu'on n'avait aucune réaction ?
00:11:44 Malheureusement, et c'est triste à dire,
00:11:46 vous avez beaucoup de personnalités, beaucoup de personnes
00:11:48 qui sont d'accord avec la chanteuse,
00:11:50 qui pensent qu'il faut abattre le président de la République d'une manière ou d'une autre.
00:11:54 Emmanuel Macron cristallise, depuis son élection en 2017, une certaine haine.
00:11:58 Il ne s'agit pas de justifier les propos, je dis que les propos sont inexcusables.
00:12:00 Mais, vous avez beaucoup de personnes qui sont d'accord avec cette chanteuse, malheureusement.
00:12:04 Et ce n'est pas uniquement des personnes d'extrême-gauche.
00:12:06 Ce sont des personnes qui sont parfois de l'autre spectre,
00:12:08 et le spectre opposé, qui disent que, du coup,
00:12:10 il faut porter des coups violents contre le président de la République,
00:12:12 parce qu'il y a une haine très forte contre le président de la République.
00:12:14 Et ça appelle des questions.
00:12:16 La première, c'est comment vaincre la mélangénalisation des esprits,
00:12:18 comment faire en sorte que cette bande de France insoumise
00:12:21 ne fasse pas en sorte qu'il y ait une fête de l'humain dans toute la France, tout le temps.
00:12:24 Le deuxième point, pour le président de la République,
00:12:26 c'est changer de politique pour inverser la donne et reprendre le contrôle.
00:12:29 Si on continue comme ça, c'est la quête à assurer.
00:12:31 Et ça s'inscrit dans la veine des émeutes récentes, des violences urbaines récentes,
00:12:35 avec cet appel à la violence contre une figure emblématique de la République et traduite par l'Etat.
00:12:43 Je vous le traduis d'un mot, voilà.
00:12:45 On a le sentiment que ces propos d'Izia Hichlin, c'est une sorte de cocktail Molotov-Weber.
00:12:49 Exactement.
00:12:50 Et je pense que ça, ce n'est pas possible.
00:12:52 C'est de la nitroglycine, parce qu'il y a du public, elle est médiatisée.
00:12:55 Oui, à l'engagement des artistes, des intellectuels, de tout le monde d'ailleurs.
00:12:58 Mais franchement, on est tout de même...
00:13:00 Mais pas avec l'appel à la violence.
00:13:02 Absolument, on est tout de même en droit d'attendre de nos artistes français qu'on apprécie,
00:13:05 un peu plus d'élaboration de langage.
00:13:07 Voilà, et la référence à Orange Mécanique, elle n'est pas acceptable non plus.
00:13:10 Georges Fenech, est-ce qu'elle doit être, Izia Hichlin, sanctionnée ?
00:13:14 Que peut-il lui arriver d'ailleurs, puisqu'il risque d'être entendu désormais maintenant,
00:13:18 puisqu'une enquête a été ouverte ?
00:13:20 D'abord, je veux dire que je partage ce qui vient d'être dit.
00:13:23 On assiste effectivement à une complète radicalisation, même sur le plan artistique.
00:13:30 Autant des humoristes peuvent être très violents, même dans leurs propos, caustiques et tout.
00:13:35 Là, on a dépassé les bords.
00:13:37 Non, je crois qu'elle a pris en otage, en fait, son public,
00:13:40 pour faire une sorte d'appel à...
00:13:43 Juridiquement, c'est quoi ? C'est une incitation, une provocation à la haine.
00:13:47 C'est la loi de 1881, c'est un an d'emprisonnement, une peine d'amende.
00:13:52 Donc, j'imagine bien que le parquet peut, qu'il peut d'ailleurs poursuivre d'office,
00:13:58 sans attendre une plainte de qui que ce soit, pas même de l'intéressé, le président de la République,
00:14:03 puisque vous savez que le délit d'offense au chef de l'État a été supprimé.
00:14:06 Donc, c'est un texte de droit commun, et que le parquet serait bien avisé, à mon avis,
00:14:11 de déclencher et de traduire cette affaire.
00:14:15 On ne peut pas laisser passer ça.
00:14:17 C'est d'une telle violence à l'égard du chef de l'État, qu'on aime ou qu'on n'aime pas,
00:14:21 on respecte nos institutions.
00:14:23 Voilà, donc je pense qu'il y aura effectivement des poursuites,
00:14:26 et probablement, je l'espère, moi je le souhaite, dans l'intérêt des institutions, un jugement.
00:14:31 Parce que cela laisse penser qu'on ne peut tout régler que par la violence,
00:14:34 de tels propos en tout cas, avec la portée médiatique et celle de Issa Ijlin,
00:14:37 qui en plus est plutôt une bonne artiste, et qui...
00:14:40 Des concerts qui marchent bien avec beaucoup de public.
00:14:43 Je suis aussi également dans le cadre de ce qu'on pourrait appeler
00:14:45 un bilan des 100 jours pour Emmanuel Macron,
00:14:47 puisque l'Elysée réfléchit sérieusement à ce qui pourrait être organisé,
00:14:50 notamment le 14 juillet, ce jour qui correspond à la fin des 100 jours
00:14:53 annoncés par Emmanuel Macron, souvenez-vous, pour apaiser le pays
00:14:56 après la difficile réforme des retraites.
00:14:58 On fait le point sur ce sujet avec vous, Florian Tardif.
00:15:01 Oui, le compte à rebours a d'ores et déjà débuté,
00:15:04 puisqu'il ne le reste qu'une semaine au chef de l'État
00:15:06 pour savoir comment clôturer cette période de 100 jours,
00:15:09 débutée il y a trois mois, en réponse à la crise sociale
00:15:11 qui a secoué le pays autour de la réforme des retraites.
00:15:14 100 jours présentés à l'époque par le chef de l'État
00:15:16 comme 100 jours d'apaisement, d'unité, d'ambition, je le cite,
00:15:20 et d'action au service de la France.
00:15:22 Les émeutes de la semaine dernière sont venues contrarier
00:15:25 ces plans initiaux de l'exécutif.
00:15:27 Plusieurs plans qui devaient être présentés
00:15:30 dans le cadre de ces 100 jours annoncés ont été reportés,
00:15:34 comme celui par exemple de la planification écologique
00:15:36 pour réduire notre empreinte carbone.
00:15:38 Il devait être présenté cette semaine,
00:15:40 mais il y aura finalement le 17 juillet prochain,
00:15:43 selon nos informations, des plans reportés
00:15:45 et d'autres qui viennent s'ajouter,
00:15:47 puisque le gouvernement doit s'occuper d'un tout nouveau dossier,
00:15:50 la réponse aux émeutes de la semaine dernière,
00:15:52 réponse sécuritaire, identitaire ou sociale.
00:15:55 Emmanuel Macron ne pourra éluder la question
00:15:57 à l'heure du bilan de ces 100 jours.
00:16:00 Et la vraie question que l'on se pose,
00:16:02 Georges Fenech, en effet, c'est quel bilan ?
00:16:04 Après ces émeutes, les émeutes ont tout changé.
00:16:06 Comment peut-on faire un bilan à 100 jours ?
00:16:09 Le bilan, au bout de 100 jours,
00:16:12 vous savez, je crois que les Français,
00:16:16 ce qu'ils attendent, ce sont des actions.
00:16:18 Aujourd'hui, un nouveau cap que doit dessiner le chef de l'État,
00:16:23 il est là pour ça.
00:16:24 Un nouveau cap qui soit un cap rassembleur,
00:16:27 qui soit un cap aussi qui ramène évidemment,
00:16:31 non seulement de la croissance économique, sociale,
00:16:33 mais de la paix civile.
00:16:35 Et plus que le bilan, je veux dire,
00:16:38 le bilan, il se fera au moment des élections.
00:16:40 Ce sont les électeurs qui jugeront.
00:16:42 C'est au bout d'un an peut-être de regarder bien devant
00:16:46 et de faire ce qui n'a pas été fait en réalité,
00:16:49 c'est-à-dire ramener la paix civile.
00:16:51 Ça, c'est vraiment la grosse faille du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron.
00:16:56 Ça l'était aussi à la fin du premier quinquennat avec les Gilets jaunes.
00:17:00 C'est le rétablissement de l'ordre public,
00:17:02 de l'autorité et de la sécurité.
00:17:05 C'est cela qu'attendent les Français.
00:17:07 Peut-on parler de 100 jours pour rien ou quasiment rien,
00:17:10 après évidemment la révolte ou la colère autour de la réforme des retraites,
00:17:15 Édouard de Riencipel, et surtout ces émeutes
00:17:18 dont les Français ont encore beaucoup de mal à penser leur plaie ?
00:17:21 Ce serait une caricature un peu grossière que de réduire ces 100 jours à rien.
00:17:26 Je crois qu'on est dans une situation très difficile, incertaine,
00:17:30 où le pays est un peu troublé,
00:17:35 dysfonctionne par beaucoup d'aspects.
00:17:39 Nous sommes passés, si on regarde au-delà des 100 jours,
00:17:41 tout de même dans la durée, ce qu'ont vécu les Français ces dernières années,
00:17:45 c'est la crise des Gilets jaunes,
00:17:48 qui déjà était la manifestation d'une exaspération sociale,
00:17:52 d'un certain sentiment d'étouffée chez une partie de la population.
00:17:56 Il y a eu la pandémie du Covid, le confinement,
00:18:00 et j'avais, dès ce moment-là, avec quelques amis,
00:18:03 commencé à dire qu'il faut anticiper la crise psychologique
00:18:06 qui va venir avec cette pandémie, historique dans l'histoire de l'humanité,
00:18:10 ce confinement, l'enfermement de nous toutes et tous
00:18:14 pendant plusieurs semaines, quelques mois,
00:18:17 dans une situation sociale qui était difficile.
00:18:20 L'élection présidentielle est venue, et en même temps,
00:18:23 la guerre de la Russie contre l'Ukraine, avec toutes les incertitudes géopolitiques
00:18:27 qui se manifestent dans la vie concrète des Français,
00:18:29 a commencé par la vie chère et l'inflation.
00:18:33 Je crois qu'il y a quelque chose qui échappe aux politiques
00:18:37 depuis de nombreuses années et qui m'inquiète,
00:18:39 et il faut, à mon avis, que les dirigeants de ce pays
00:18:42 mettent la focale sur ce qui se passe,
00:18:45 qui est, à mon sens, d'une dimension psychosociale.
00:18:49 Nous vivons de grandes mutations dans la société.
00:18:51 Nous sommes entrés dans des sociétés numériques,
00:18:53 de l'information continue, avec des écrans,
00:18:56 avec toutes ces difficultés qu'on constate à l'école ou ailleurs,
00:19:00 dans le travail, dans la vie sociale,
00:19:02 de perte d'autorité, de relâchement de respect
00:19:05 vis-à-vis de la règle commune,
00:19:07 et je pense que ces mutations de la société,
00:19:09 elles sont pour beaucoup.
00:19:10 On a du mal à accepter l'autre.
00:19:13 On est dans un surindividualisme.
00:19:15 Je dirais même qu'on est dans des mutations de la société
00:19:17 qui ont des effets psychosociaux.
00:19:19 - C'est parce qu'il y a trop d'écrans que les jeunes sont dans la rue ?
00:19:21 - Non, c'est parce qu'il n'y a pas, je crois,
00:19:23 des cadres mentaux suffisamment dans l'éducation générale du pays,
00:19:27 parce que l'éducation elle-même nationale doit s'adapter,
00:19:30 l'autorité des parents doit s'adapter,
00:19:32 pour faire face à cette surconsommation
00:19:35 qui surindividualise et je dirais même
00:19:37 qui crée une sorte de psychologie surnarcissique,
00:19:40 où les individus ont de plus en plus de mal
00:19:43 à faire face aux insatisfactions de la société.
00:19:46 Moi, comme dirigeant politique, je crois que derrière les émeutes
00:19:48 et ces phénomènes de violence,
00:19:50 dans les propos d'Isia Higelin,
00:19:52 dans le harcèlement à l'école,
00:19:54 dans l'intolérance sur les routes et les bagarres qu'on peut voir,
00:19:57 il y a cette difficulté à comprendre et accepter la dimension de l'autre.
00:20:01 Et je crois que c'est très lié aux mutations de la société.
00:20:03 Qu'est-ce qu'on fait comme travail politique
00:20:05 pour comprendre ce qui se passe comme mutation profonde,
00:20:08 d'être à même de régler les problèmes ?
00:20:10 Parce qu'on a les moyens, on a les moyens.
00:20:12 Et je vais dire quelque chose qui peut apparaître,
00:20:14 et je termine,
00:20:16 qui peut être un peu difficile à dire,
00:20:19 c'est que, d'abord, on a tous constaté
00:20:21 la force de destruction qu'il y avait dans ces émeutes.
00:20:24 C'est une énergie destructrice qui se déploie,
00:20:26 son but un peu nihiliste,
00:20:28 un peu, je dirais, le complexe du Joker.
00:20:30 Tiens, comme ce film qui est sorti il y a quelques années,
00:20:33 où il y avait derrière ce personnage du Joker
00:20:35 une espèce de destruction nihiliste
00:20:37 qui était suivie par des tas de gens.
00:20:39 - Ou un cynisme orange mécanique aussi,
00:20:41 on peut avoir plein de références cinématographiques.
00:20:43 - Ça veut dire qu'il y a une perte de contrôle individuel face aux autres.
00:20:46 Et je crois vraiment que si on veut régler ça,
00:20:49 il faut identifier les choses.
00:20:51 Et derrière, je termine, cette énergie destructrice,
00:20:54 il y a de l'énergie.
00:20:56 Et si on se prenait le temps de réorienter
00:20:58 cette énergie destructrice en énergie constructive,
00:21:01 comment on fait pour rattraper ces publics
00:21:03 qui traversent toute la société française ?
00:21:05 D'une certaine façon...
00:21:07 - C'est ce que les gouvernements français
00:21:09 ont tenté de faire depuis des années, Édouard Dorian,
00:21:11 c'est-à-dire ? - Oui, ce sont sans doute des veupieux.
00:21:13 Moi j'aimerais juste qu'on commente aussi
00:21:15 les conséquences politiques de ces émeutes William T.
00:21:17 Et les Français, regardez ce sondage,
00:21:19 notamment Ifop pour Sud Radio.
00:21:21 Sont-ils satisfaits des réactions politiques
00:21:23 après les émeutes ou pendant les émeutes ?
00:21:25 Et notamment à la suite de la mort du jeune Nahel,
00:21:27 diriez-vous que vous êtes satisfaits des réactions
00:21:29 des acteurs politiques ?
00:21:31 C'est Marine Le Pen et Gérald Darmanin
00:21:33 qui arrivent en tête, suivi d'Elisabeth Borne.
00:21:35 Voilà pour le podium. Quel est votre regard
00:21:37 sur ces chiffres et sur ce sondage ?
00:21:39 - Je vais faire les deux sujets en même temps.
00:21:41 Emmanuel Macron avait 100 jours, soit pour le renouveau,
00:21:43 soit pour finir à Waterloo.
00:21:45 Il a deux solutions et les émeutes
00:21:47 qu'on a rencontrées la semaine dernière
00:21:49 ont fracturé son logiciel politique,
00:21:51 comme les Gilets jaunes avaient fracturé son logiciel politique
00:21:53 en 2018. Il avait pensé
00:21:55 qu'on pouvait réformer la société française
00:21:57 contre la catégorie des Français populaires,
00:21:59 mais des catégories intermédiaires,
00:22:01 contre la France rurale et périphérique
00:22:03 et la France périphérique. Et la France rurale lui a dit
00:22:05 "Non, tes réformes, on n'en veut pas,
00:22:07 notamment ton changement de consommation."
00:22:09 Là, actuellement, son logiciel bienveillant
00:22:11 de vivre ensemble, etc., s'est heurté au réel.
00:22:13 C'est-à-dire que ça ne marche pas, ce logiciel-là.
00:22:15 En pensant qu'on mettra des milliards
00:22:17 dans les quartiers, en faisant de l'apaisement,
00:22:19 en faisant de la culture de l'excuse,
00:22:21 en justifiant les actes, on ne permet pas
00:22:23 de répondre aux véritables problèmes de fond.
00:22:25 Et ce sondage montre que ce sont les personnes
00:22:27 qui ont manifesté de l'ordre qui sont plébiscitées,
00:22:29 Marine Le Pen, notamment Gérald Darmanin.
00:22:31 Tous les autres qui avaient fait un discours un peu mou,
00:22:33 un peu mollasson, ne sont pas récompensés
00:22:35 par les Français, parce que ce qui a marché dans les émeutes,
00:22:37 ce n'est pas de faire de la culture de l'excuse,
00:22:39 c'est d'avoir mis des policiers et des gendarmes,
00:22:41 des forces de l'ordre, tous les soirs,
00:22:43 pour aller stopper ces racailles
00:22:45 et pour aller stopper les émeutiers.
00:22:47 Donc ce qu'il faut pour Emmanuel Macron, c'est de changer
00:22:49 le logiciel politique. Est-ce que vous arriverez
00:22:51 à pouvoir répondre aux quartiers
00:22:53 en faisant toujours les mêmes politiques,
00:22:55 la politique éducative ? Non, ça ne marchera pas.
00:22:57 Ce qu'il faut, c'est pouvoir apporter de l'ordre
00:22:59 et de la discipline. Et ensuite, après, il y a un sujet
00:23:01 qui est essentiel, auquel les Français ont peur,
00:23:03 c'est la question de la sécurité et surtout de l'identité.
00:23:05 C'est-à-dire que c'est comment faire corps,
00:23:07 comment faire nation autour d'un concept,
00:23:09 vivre à la française et comment respecter
00:23:11 l'art de vie à la française. Il nous reste juste quelques secondes
00:23:13 avant la pause. On reparlera encore de ces sujets
00:23:15 dans quelques instants avec nos invités. Mais Georges Fenech,
00:23:17 qu'est-ce que cela peut entraîner
00:23:19 au niveau du gouvernement et d'un éventuel
00:23:21 remaniement ? Regardez au Pays-Bas, le gouvernement
00:23:23 qui n'est pas parvenu à un accord sur des mesures
00:23:25 à prendre afin de restreindre l'afflux
00:23:27 de demandeurs d'asile, que se passe-t-il ?
00:23:29 Le Premier ministre démissionne.
00:23:31 Après ces émeutes-là, il doit y avoir
00:23:33 forcément, il ne peut qu'y avoir
00:23:35 une déflagration politique.
00:23:37 Chez nous, c'est toujours un psychodrame
00:23:39 quand on remanie, quand on change
00:23:41 de gouvernement ou quand on dissout. C'est un
00:23:43 psychodrame national. C'est pas
00:23:45 vrai. On a effectivement une stabilité
00:23:47 avec les institutions de la Vème République
00:23:49 mais les autres régimes démocratiques
00:23:51 nous font la preuve que la
00:23:53 démocratie fonctionne mieux, qu'il y a
00:23:55 effectivement des temps de respiration et qu'on redonne
00:23:57 quand il le faut, la parole au peuple.
00:23:59 Il ne faut pas penser que faire
00:24:01 une dissolution ou faire
00:24:03 un changement de cas, franchement,
00:24:05 c'est une catastrophe démocratique.
00:24:07 C'est au contraire la manière
00:24:09 de provoquer un nouvel élan, avec une nouvelle
00:24:11 équipe, avec de nouvelles, je dirais,
00:24:13 forces politiques.
00:24:15 Ça peut être un mal pour un bien.
00:24:17 Un bien pour un bien.
00:24:19 On se marque une pause, on se retrouve, mais un mal pour
00:24:21 certains, ceux qui ne seront plus dans le gouvernement.
00:24:23 Les choses ne sont pas restées figées.
00:24:25 J'en suis persuadé aussi. On se retrouve dans quelques instants
00:24:27 pour commenter l'actualité sur CNews
00:24:29 avec nos invités. A tout de suite.
00:24:31 Les répercussions
00:24:33 après émeutes dans le pays dans quelques instants,
00:24:35 dans nos débats avec nos invités, mais d'abord un point
00:24:37 sur l'actualité avec Trina Magdine.
00:24:39 Assa Traoré
00:24:41 s'est exprimée place de la République
00:24:43 malgré l'interdiction du rassemblement
00:24:45 en hommage à son frère Adama,
00:24:47 entourée d'un millier de personnes. Elle a déclaré,
00:24:49 je cite, "ils jettent de l'huile sur le feu,
00:24:51 nous avons toujours marché en paix pour dénoncer
00:24:53 l'impunité policière".
00:24:55 De son côté, Jean-Luc Mélenchon
00:24:57 a tweeté "d'interdiction à répression
00:24:59 de pétain à valeur actuelle,
00:25:01 le chef de l'arc républicain
00:25:03 entraîne la France dans un régime déjà vu,
00:25:05 danger, danger".
00:25:07 4000 pieds de cannabis
00:25:09 découverts dans un entrepôt à Moret,
00:25:11 en Isère. Des Albanais associés
00:25:13 à des Grenoblois dormaient sur place
00:25:15 en cultivant plus d'une tonne de cannabis,
00:25:17 le tout dans une structure entièrement
00:25:19 équipée de plus de 600 mètres carrés.
00:25:21 Au terme de 8 mois d'enquête,
00:25:23 6 personnes ont été interpellées
00:25:25 et placées en détention.
00:25:27 Premier week-end
00:25:29 de chasse et croisée sur les routes
00:25:31 et un pic de 968 km de bouchons
00:25:33 a déjà été relevé par Bison Futé.
00:25:35 Ce samedi est classé orange au niveau
00:25:37 national pour les départs et rouge
00:25:39 pour le Grand Ouest et le Nord.
00:25:41 La journée de dimanche devrait être fluide
00:25:43 dans les deux sens.
00:25:45 Et après les émeutes,
00:25:47 la population et les communes
00:25:49 poncent leurs plaies et vont rebâtir.
00:25:51 A Saint-Gracien, dans le Val d'Oise,
00:25:53 où des bâtiments publics ont été incendiés
00:25:55 le maire demande aux habitants
00:25:57 de dénoncer les délinquants pour reconstruire
00:25:59 les bâtiments détruits.
00:26:01 Sinon, il n'y aura rien.
00:26:03 Reportage Jules Bedot et Vincent Farandes.
00:26:05 Voici ce qu'il reste
00:26:07 du centre social Camille Claudel
00:26:09 à Saint-Gracien.
00:26:11 Incendié pendant les émeutes la semaine dernière,
00:26:13 sa reconstruction et celle
00:26:15 de tous les bâtiments dégradés
00:26:17 se fera uniquement si les habitants
00:26:19 du quartier Les Raguenets dénoncent
00:26:21 les fauteurs de troubles.
00:26:23 Le maire de la ville a demandé
00:26:25 dans un courrier adressé aux habitants
00:26:27 de ce quartier où se sont concentrés les tensions.
00:26:29 "Tant que nous ne posséderons pas les noms,
00:26:31 aucun travaux de reconstruction
00:26:33 ne seront engagés.
00:26:35 Le seuil de tolérance est largement dépassé
00:26:37 et maintenant la neutralité est considérée
00:26:39 comme de la complicité."
00:26:41 Une idée qui provoque l'incrédulité
00:26:43 de bon nombre d'habitants et commerçants
00:26:45 de Saint-Gracien pour qui la situation
00:26:47 se retourne contre eux.
00:26:49 "Ce centre culturel, c'est le centre de tout le quartier.
00:26:51 Si il n'y a pas de dénonciation, c'est du n'importe quoi.
00:26:53 Donc même s'il n'y a pas de dénonciation,
00:26:55 il faut le reconstruire.
00:26:57 Je trouve que c'est pénalisant pour tout le monde."
00:26:59 "Il faut être extrêmement prudent
00:27:01 avec ces choses-là. Je trouve ce courrier
00:27:03 extrêmement gênant
00:27:05 d'un point de vue social, humain et politique."
00:27:07 Il y a néanmoins quelques riverains
00:27:09 atterrés par les violences de la semaine dernière
00:27:11 qui partagent l'opinion du maire de la ville.
00:27:13 "Je le soutiens à fond, oui, oui.
00:27:15 A fond, oui.
00:27:17 Parce que si on ne soutient pas,
00:27:19 on fera tout après."
00:27:21 L'Édil a par ailleurs précisé que les finances de la ville
00:27:23 ne permettaient pas en l'état
00:27:25 de reconstruire les bâtiments dégradés.
00:27:27 "On le voit dans notre reportage,
00:27:29 Georges Fenech, la population de Saint-Gracien
00:27:31 notamment est partagée et très vraisemblablement
00:27:33 peut-être que celles et ceux qui nous regardent
00:27:35 le sont aussi. J'aimerais avoir votre éclairage.
00:27:37 Est-ce que déjà c'est une mesure
00:27:39 qui peut tenir, celle du maire de Saint-Gracien,
00:27:41 et demander à la population de dénoncer,
00:27:43 c'est quand même lourd de conséquences, non ?
00:27:45 "Non, mais écoutez,
00:27:47 du fait qu'on comprend parfaitement
00:27:49 la colère, le désespoir
00:27:51 de certains maires,
00:27:53 autant un maire doit rester
00:27:55 dans son rôle d'élu, il ne peut pas
00:27:57 appeler à dénoncer,
00:27:59 il n'est ni shérif, ni procureur, ni juge.
00:28:01 Ça c'est à la justice
00:28:03 d'aller chercher les coupables
00:28:05 et les faire juger et condamner.
00:28:07 Ce n'est pas à un maire
00:28:09 d'appeler à la dénonciation
00:28:11 ou à la délation,
00:28:13 je pense que là,
00:28:15 il y a une réaction
00:28:17 peut-être un peu rapide
00:28:19 qui n'aura aucun effet, bien sûr,
00:28:21 en admettant même qu'il y a un voisin
00:28:23 qui va dire "Ah ben c'est lui, quelles sont les preuves ?"
00:28:25 C'est à la justice à rapporter les preuves,
00:28:27 à faire tenir un dossier,
00:28:29 à le faire condamner, voyez-vous.
00:28:31 Donc il ne faut pas tomber dans l'excès.
00:28:33 Autant les maires, nous les respectons tous
00:28:35 et nous partageons leurs inquiétudes,
00:28:37 leurs exaspérations aujourd'hui,
00:28:39 autant il ne faudrait pas que
00:28:41 des actions comme celle-ci puissent nuire
00:28:43 à l'image même d'un maire qui doit
00:28:45 au contraire ramener la tranquillité
00:28:47 dans sa commune et pas déchaîner
00:28:49 d'éventuelles passions.
00:28:51 Est-ce un coup de bluff
00:28:53 de la part du maire de Saint-Gracien-et-Dordo-Riancipel ?
00:28:55 Est-ce qu'il peut tenir avec cette décision-là ?
00:28:57 Pour l'instant, il ne bouge pas,
00:28:59 il ne réparera pas les bâtiments publics,
00:29:01 dit-il, bien sûr, tant que la population
00:29:03 ne dénoncera pas l'autre partie
00:29:05 de la population qui aurait cassé.
00:29:07 Oui, mais le rôle d'un maire n'est pas
00:29:09 de jouer au poker.
00:29:11 Autant je comprends parfaitement
00:29:13 sa colère,
00:29:15 son désarroi,
00:29:17 mais autant
00:29:19 je ne partage pas
00:29:21 cette volonté
00:29:23 de fracturer encore plus
00:29:25 une situation déjà difficile en appelant
00:29:27 à une sorte de vendetta
00:29:29 délationnelle. Non, je crois que
00:29:31 le maire a besoin
00:29:33 d'être en capacité de dépasser
00:29:35 la violence de la situation
00:29:37 et de le rappeler
00:29:39 et de faire autorité avec les armes
00:29:41 qui sont celles du maire, du premier magistrat
00:29:43 de la ville. Donc je préfère mettre cela
00:29:45 du côté d'une première colère
00:29:47 et je crois que le rôle
00:29:49 des collectivités publiques, de l'État,
00:29:51 bien entendu, c'est d'assumer toute
00:29:53 leur responsabilité,
00:29:55 de reconstruire autant que possible. Je peux
00:29:57 comprendre qu'il y ait des difficultés financières,
00:29:59 mais ça c'est son choix aussi politique de maire pour dire
00:30:01 "Bah écoutez, moi je ne le refais pas".
00:30:03 Ce n'est pas la même chose que de dire
00:30:05 "Je demande
00:30:07 aussi qu'on dénonce les gens".
00:30:09 Et par ailleurs, je suis tout à fait d'accord
00:30:11 pour que naturellement la justice fasse
00:30:13 tout son travail, qu'elle identifie
00:30:15 les responsables, qu'elle les sanctionne,
00:30:17 y compris qu'elle condamne peut-être
00:30:19 à des réparations. Et si
00:30:21 les familles sont insolvables,
00:30:23 qu'ils puissent faire aussi l'objet
00:30:25 de travaux d'intérêt général.
00:30:27 Je pense que c'est comme ça qu'on fait rappeler
00:30:29 ce qu'est la loi, que la République se fait respecter.
00:30:31 Et je comprends la colère,
00:30:33 mais j'adresse
00:30:35 de manière très républicaine et fraternelle
00:30:37 au maire de Saint-Gracien
00:30:39 d'élever maintenant son niveau de jeu,
00:30:41 de se mettre à l'autorité qu'est la sienne
00:30:43 et de recoudre autant que possible
00:30:45 tout en responsabilisant au maximum
00:30:47 mais chacun à sa place.
00:30:49 Donc cela veut dire revenir
00:30:51 aux fondamentaux William T. et reconstruire
00:30:53 sans qu'il y ait de conséquences pour les casseurs.
00:30:55 Ils ne sont pas dénoncés,
00:30:57 c'est un fait. On n'encourage pas la délation
00:30:59 en effet, mais peut-être
00:31:01 que le maire a intérêt pour que ça fonctionne
00:31:03 à tous les stades.
00:31:05 Si des familles, s'il y a des mineurs, que des parents,
00:31:07 veulent être responsables et assumer leur responsabilité,
00:31:09 c'est tout à fait normal.
00:31:11 On parlera de la responsabilité des familles dans un instant.
00:31:13 Mais sur le rôle du maire,
00:31:15 avec une parole d'un maire qui peut agiter et diviser,
00:31:17 je ne pense pas que ce soit utile, ça peut ajouter à la violence.
00:31:19 La reconstruction des bâtiments publics surtout, William T.
00:31:21 Moi je vois deux sujets.
00:31:23 Le premier, c'est que les Français
00:31:25 en ont marre de payer.
00:31:27 Il n'y a plus de consentement à l'impôt,
00:31:29 ils pensent qu'ils n'ont pas à payer le coût des émeutes.
00:31:31 Je pense que ce serait aux Français moyens,
00:31:33 les classes moyennes, les commerçants,
00:31:35 qui paieraient le coût des émeutes.
00:31:37 Parce que qui va payer les impôts ?
00:31:39 Ce ne sont pas les gens qui payent les impôts en France.
00:31:41 C'est une partie de la population qui est le nouveau tiers-état.
00:31:43 C'est la classe moyenne française.
00:31:45 Et cette classe moyenne, quand ils sont révoltés,
00:31:47 quand ils sont indignés par une décision,
00:31:49 ils ne vont pas tout péter. Ils ne vont pas faire des pillages dans la rue.
00:31:51 Ils ne vont pas provoquer des incendies de bâtiments publics.
00:31:53 Et pourquoi voulez-vous que ce soit eux
00:31:55 qui paient les coûts des dégâts
00:31:57 qu'eux-mêmes n'ont pas causés et qu'eux-mêmes subissent ?
00:31:59 C'est qui qui subit des violences ?
00:32:01 C'est qui qui se fait attaquer dans la rue ?
00:32:03 Donc, je pense qu'une grande partie des Français,
00:32:05 comme ce maire et comme ses administrés,
00:32:07 en ont marre de payer pour les violences causées
00:32:09 par une minorité qui sont des professionnels
00:32:11 pour foutre le bordel dans le pays.
00:32:13 Que ce soit les jeunes émeutiers, les black blocs
00:32:15 et l'ensemble des types en série qui font les professionnels
00:32:17 de la manifestation depuis six ans.
00:32:19 Le deuxième point, je pense,
00:32:21 que si par cas la dénonciation rappelle
00:32:23 de mauvais souvenirs dans notre pays
00:32:25 et que ce n'est pas la bonne des manières
00:32:27 je pense que le maire maladroitement
00:32:29 a tenté de provoquer un choc.
00:32:31 C'est-à-dire que beaucoup de personnes
00:32:33 qui subissent ce type de violences,
00:32:35 qui vont perdre leur bâtiment dans les quartiers dits difficiles,
00:32:37 doivent se révolter contre la minorité agissante.
00:32:39 Eux-mêmes doivent se reprendre en main
00:32:41 parce qu'on n'y arrivera pas tout seuls.
00:32:43 Ce n'est pas l'État tout seul, ce n'est pas les collectivités tout seuls,
00:32:45 ce n'est pas les forces de l'ordre tout seuls
00:32:47 qui vont pouvoir restaurer l'ordre dans notre pays.
00:32:49 Ils auront besoin d'aide et cette aide viendra
00:32:51 des habitants de ces quartiers difficiles.
00:32:53 Il faut que ces habitants de quartiers
00:32:55 difficiles puissent aider les pouvoirs publics
00:32:57 en n'étant pas accomplices
00:32:59 ou en n'étant pas neutres vis-à-vis des jeunes émeutiers
00:33:01 ou vis-à-vis des professionnels du bordel,
00:33:03 des trafiquants, des caïds, etc.
00:33:05 Je pense que c'est ça qu'essaye de faire le maire
00:33:07 et je pense que si Parcaille l'a fait maladroitement
00:33:09 l'ensemble des points qui provoqueront
00:33:11 un sursaut français et républicain
00:33:13 pour pouvoir nous débarrasser de la racaille
00:33:15 et des vermines va dans le bon sens.
00:33:17 Et si on transformait, c'est une question de sémantique et d'ordre principal,
00:33:19 la terminologie,
00:33:21 le terme de dénonciation, de délation
00:33:23 par tout simplement "porter plainte".
00:33:25 Est-ce que ça changerait quelque chose ?
00:33:27 C'est-à-dire, je porte plainte,
00:33:29 je vais voir la police,
00:33:31 je vais pas voir le maire, je vais voir la police pour dire
00:33:33 "j'ai vu telle personne qui est venue chez moi".
00:33:35 - C'est la liberté.
00:33:37 - C'est bien entendu.
00:33:39 - L'un dans l'autre,
00:33:41 c'est un petit peu en creuse que l'on peut
00:33:43 comprendre à travers la demande du maire.
00:33:45 - Mais moi je pense que les adultes responsables
00:33:47 qui sont aussi dignes,
00:33:49 qui veulent répondre, si c'est des mineurs,
00:33:51 de la responsabilité de leurs enfants,
00:33:53 et si ça, ils ont tout à fait la liberté,
00:33:55 ou d'autres citoyens, la liberté
00:33:57 et la responsabilité de faire part
00:33:59 à la police des incidents.
00:34:01 Je ne veux pas rentrer dans ce débat.
00:34:03 Je pense que le rôle du maire
00:34:05 est d'essayer de faire le maximum
00:34:07 pour reconstruire les choses,
00:34:09 pour aussi faire le maximum
00:34:11 à partir de son autorité
00:34:13 d'inculquer davantage
00:34:15 d'esprit civique,
00:34:17 et je pense pas qu'en appelant à la délation
00:34:19 en ce sens, appeler à la responsabilisation,
00:34:21 il aurait pu très bien dire, je propose
00:34:23 que le maire de Saint-Gracie-Addis s'adresse aux parents,
00:34:25 tous les parents qui savent, je vous propose
00:34:27 de venir effectivement prendre vos responsabilités
00:34:29 pour que si vos enfants sont concernés,
00:34:31 et si vous le savez, qu'on puisse
00:34:33 responsabiliser vos enfants.
00:34:35 Et d'une certaine façon, je vais vous dire,
00:34:37 à un moment donné, les pouvoirs publics,
00:34:39 il y a l'autorité, elle doit s'exprimer
00:34:41 à travers le travail de la police et de la justice,
00:34:43 elle doit être sévère quand il le faut,
00:34:45 mais il y a derrière aussi l'autorité
00:34:47 une part, je dirais, allez,
00:34:49 paternelle aussi, parce que
00:34:51 ce sont nos enfants, moi je veux bien
00:34:53 qu'on puisse pointer du doigt,
00:34:55 traiter tout ça de vermine
00:34:57 comme vous venez de le dire, ou de racaille,
00:34:59 ou de génocide, vous avez dit racaille et vermine.
00:35:01 - Je n'ai pas dit vermine, j'ai dit racaille.
00:35:03 - Vous avez dit racaille et vermine, je pense que chacun peut vérifier
00:35:05 dans les enregistrements, mais c'est pas grave, je ne vais pas en faire une polémique.
00:35:07 Je dis simplement que,
00:35:09 il ne faut pas oublier, ce sont des petits français,
00:35:11 ce sont des enfants de la France,
00:35:13 s'ils dévient et s'ils prennent le mauvais chemin,
00:35:15 je pense que la responsabilité, bien sûr,
00:35:17 des parents, mais aussi de l'Etat, des collectivités,
00:35:19 des pouvoirs publics, c'est d'avoir une autorité
00:35:21 qui joue aussi le rôle d'une forme paternelle.
00:35:23 - Les parents, on va en parler dans quelques instants.
00:35:25 - On laisse ces enfants dériver
00:35:27 tout seuls parce qu'ils dérivent.
00:35:29 - Mais ce sont des Français, en effet, qui cassent leur propre pays.
00:35:31 - Moi je ne suis pas d'accord.
00:35:33 - Écoutez, que font des parents
00:35:35 quand ils ont des enfants qui cassent ?
00:35:37 - Les parents n'en parlent dans un instant.
00:35:39 - On les extermine, nos enfants ?
00:35:41 - Non, on les éduque, on les sort du mauvais chemin,
00:35:43 on les remet dans le droit chemin.
00:35:45 On peut aussi, en tant que pouvoir public, réfléchir
00:35:47 avec cet amour de nos enfants,
00:35:49 même quand ils déconnent de la manière la plus profonde.
00:35:51 - On va parler dans un instant qu'il puisse y avoir aussi
00:35:53 une faillite des parents et sur l'éducation.
00:35:55 William T, je vous laisse répondre et ensuite,
00:35:57 Georges Fenech.
00:35:59 - Le discours qu'a fait Edouard Dorian, c'est le discours
00:36:01 qu'on a vécu pendant 40 ans.
00:36:03 C'est la France qui est responsable, c'est la France qui est raciste,
00:36:05 etc. et ça conduit à des jeunes,
00:36:07 ça conduit à des jeunes,
00:36:09 notamment, de se repeler contre le pays.
00:36:11 - Si par cas, les Français,
00:36:13 si par cas, l'État français était responsable
00:36:15 de cette situation,
00:36:17 pourquoi, avec notamment l'excuse qui est toujours donnée,
00:36:19 la question de l'origine sociale,
00:36:21 pourquoi est-ce que dans la Creuse,
00:36:23 dans la Lausère, vous n'avez pas des gens qui sortent
00:36:25 tous les 4 matins, qui vont faire des émeutes
00:36:27 tous les 4 matins ?
00:36:29 - Pourquoi à Montargis, il y a eu les mêmes phénomènes ?
00:36:31 Vous n'avez pas vu que c'est disséminé dans beaucoup de coins ?
00:36:33 - Je vous ai laissé parler,
00:36:35 et puis vous verrez, ça ira très bien pour vous.
00:36:37 Sur le point là,
00:36:39 c'est pas l'État qui est responsable,
00:36:41 c'est faux de pouvoir criminaliser et de culpabiliser
00:36:43 les Français, comme on le fait depuis une trentaine,
00:36:45 quarantaine d'années. On voit bien que ces jeunes
00:36:47 ont besoin de discipline et d'ordre.
00:36:49 C'est la loi du plus fort qui est dans ces quartiers-là.
00:36:51 - Ce discours.
00:36:53 - Pour pouvoir répondre et pour pouvoir reprendre le contrôle
00:36:55 de ces quartiers, il faut montrer que la France est forte,
00:36:57 que l'État est fort, et reprendre en main
00:36:59 ces quartiers. - Je pense que c'est ce qu'on fait, on peut le faire d'une autre manière.
00:37:01 - Et si par cas, on leur donne de la discipline, on leur donne de l'ordre,
00:37:03 un cadre, une direction et un cap,
00:37:05 ces jeunes suivront le bon chemin.
00:37:07 - Si on leur dit "vous inquiétez pas, faites ce que vous voulez,
00:37:09 la France est responsable et de toute façon la France paiera",
00:37:11 ils continueront. - Je lui laisse vraiment un mot pour répondre
00:37:13 et après Georges Fesnel, je voudrais avoir le sentiment de Georges
00:37:15 dans un instant. - Ce discours
00:37:17 ultra sécuritaire que William Taillet vient
00:37:19 de produire, non seulement...
00:37:21 - Non, c'est juste une discussion normale. - Ultra sécuritaire,
00:37:23 non seulement il est impuissant,
00:37:25 comme en plus, il ne correspond pas
00:37:27 à la France, et c'est pas vrai de dire
00:37:29 que l'État ne fait rien, qu'il n'est pas sévère,
00:37:31 allez regarder dans les tribunaux comment sont jugés
00:37:33 ceux qui sont attrapés par la justice, c'est très sévère.
00:37:35 - Vous trouvez que la justice, c'est sévère ?
00:37:37 - Pas toujours, je dis simplement... - Pardon, et dans l'ordre
00:37:39 unicipel, pas toujours, la justice n'est pas
00:37:41 toujours très sévère. - On est là sous
00:37:43 le regard d'autorité... - Une grande partie des mineurs
00:37:45 qui ont été appréhendés pendant les émeutes ont été relâchés.
00:37:47 - Non mais moi je lis les journaux,
00:37:49 j'observe les condamnations, tout le monde dit qu'elles sont
00:37:51 sévères, même si je pense qu'elles sont justes
00:37:53 et correspondent à la gravité de la situation. - Est-ce que ce n'est pas...
00:37:55 - Mais je le dis tout simplement, ce discours
00:37:57 ultra sécuritaire, c'est un discours d'impuissant,
00:37:59 ça ne règle pas tous les problèmes,
00:38:01 il faut de la sécurité pour que l'ordre... - Georges Fenech.
00:38:03 - Mais il faut à un moment donné qu'on comprenne que
00:38:05 ce sont des enfants de la France et on ne va pas les laisser
00:38:07 déréguler comme ça. - Mais ça, personne ne le dit,
00:38:09 je pense sur ce plateau. - Georges Fenech,
00:38:11 est-ce que ce n'est pas un problème de confiance ? - Une partie d'extrême droite et d'adroite extrême
00:38:13 ne cessent de pointer du doigt en voulant virer ces gens d'ici
00:38:15 en prétendant que c'est un problème d'identité. - Oui bien sûr, mais ça n'a pas été dit sur ce plateau.
00:38:17 - Je vous le traduis d'un dernier mot, ce n'est pas un problème d'identité,
00:38:19 c'est un problème
00:38:21 d'individu. - Georges Fenech, est-ce que c'est aussi
00:38:23 une perte de confiance
00:38:25 des Français
00:38:27 à l'égard de son propre pays
00:38:29 et de sa propre population ? Les Français
00:38:31 contre les Français ?
00:38:33 - Oui, le fameux face à face. - Ben oui.
00:38:35 - Ça c'est ce qui nous pend au nez.
00:38:37 Si on n'arrive pas
00:38:39 à rétablir
00:38:41 l'autorité dans ce pays,
00:38:43 à éliminer
00:38:45 ce sentiment d'impunité
00:38:47 de toute une jeunesse... - Ça je suis totalement d'accord.
00:38:49 - Attention, ne vous l'aurez pas,
00:38:51 division, il y a eu combien ?
00:38:53 Un millier à peu près je crois
00:38:55 d'individus interpellés à peu près ?
00:38:57 - J'en suis à 4000 quasiment. - Oui mais enfin qui sont restés
00:38:59 en garde à vue et traduits devant la justice,
00:39:01 il y en a combien ? Quelques centaines ? - Oui.
00:39:03 - Vous savez à combien s'élèvent les préjudices.
00:39:05 Il y a des chiffrages en centaines
00:39:07 de millions. - Un milliard maintenant.
00:39:09 - Vous croyez que c'est ces 300 ou 500
00:39:11 jeunes avec leur famille qui vont
00:39:13 débourser 500 millions ou un milliard ?
00:39:15 - Au passage, je rappelle qu'il y a des assurances.
00:39:17 Tout ça c'est de la poudre aux yeux.
00:39:19 Il va y avoir une socialisation
00:39:21 des préjudices, c'est-à-dire
00:39:23 c'est nous qui allons payer à travers
00:39:25 nos impôts la reconstruction nécessaire
00:39:27 des écoles, des mairies, des commissariats,
00:39:29 on ne pourra pas faire autrement.
00:39:31 Mais par contre, on peut donner l'exemple.
00:39:33 S'il y a quelques familles qui peuvent
00:39:35 effectivement, des jeunes qui sont
00:39:37 condamnés, reconnus coupables
00:39:39 et touchés au porte-monnaie
00:39:41 des parents, ça servira peut-être d'exemple
00:39:43 pour d'autres qui assureront
00:39:45 davantage l'éducation
00:39:47 de leurs enfants.
00:39:49 - Juste un petit regard, avant de parler
00:39:51 de la responsabilité des parents, c'est un sujet intéressant,
00:39:53 important et qui est sans doute
00:39:55 clé dans notre débat. Les Français
00:39:57 ont-ils encore confiance en leur propre pays,
00:39:59 en leur politique et surtout en la police ?
00:40:01 Ce qui a été au cœur tout de même de ces émeutes,
00:40:03 je vous propose de regarder le sondage
00:40:05 IFOP pour Sud Radio.
00:40:07 60% de sentiments
00:40:09 positifs pour la police.
00:40:11 Voilà, un sentiment positif
00:40:13 pour les policiers, 25% négatif
00:40:15 et 15% qui ne se prononcent pas.
00:40:17 On en vient donc à la responsabilité
00:40:19 des parents, quant à la participation
00:40:21 des enfants aux émeutes,
00:40:23 de leurs enfants en tout cas, il faut évaluer
00:40:25 les dégâts maintenant et est-ce que ce sont les parents
00:40:27 qui doivent payer l'addition ? Olivier Madinier
00:40:29 et Corentin Briau ont posé la question
00:40:31 aux Français et on en parle après.
00:40:33 À l'heure du bilan après les émeutes,
00:40:37 qui doit payer les dégâts des violences,
00:40:39 des casses et des pillages ?
00:40:41 Une solution divise, faire payer
00:40:43 les parents en les désignant responsables
00:40:45 des actes de leurs enfants.
00:40:47 Il faut les toucher au portefeuille, il y a peut-être ça qui va les faire réagir
00:40:49 ou alors leur supprimer les allocs.
00:40:51 Ni plus ni moins
00:40:53 mais c'est une histoire d'argent je pense.
00:40:55 Je trouve que c'est difficile quand même, c'est déjà des familles
00:40:57 qui ont plein de soucis,
00:40:59 plein de problèmes de gestion,
00:41:01 c'est quand même difficile de faire payer les familles,
00:41:03 j'ai peur que ça aille beaucoup plus loin après.
00:41:05 Pour Jordan Bardella, le président du Rassemblement
00:41:07 National, ça doit être aux parents
00:41:09 d'assumer les actes de leurs enfants.
00:41:11 Il faut appliquer le principe du casseur-payeur,
00:41:13 tu casses, tu payes
00:41:15 et si tu ne peux pas payer, c'est tes parents qui paient.
00:41:17 Un débat qui a aussi eu lieu au Sénat
00:41:19 et le garde des Sceaux,
00:41:21 Eric Dupond-Moretti, a été clair sur le sujet,
00:41:23 il ne veut pas incriminer les parents.
00:41:25 On ne veut pas poursuivre les parents,
00:41:27 c'est une caricature que de dire cela ainsi.
00:41:31 Je pense en particulier
00:41:33 aux femmes qui travaillent,
00:41:35 qui sont seules,
00:41:37 qui élèvent leurs familles,
00:41:39 qui le font avec beaucoup
00:41:41 de dignité dans la difficulté.
00:41:43 Selon le gouvernement,
00:41:45 plus d'un millier de commerces ont été touchés par les émeutes,
00:41:47 avec des dégâts estimés
00:41:49 à des centaines de millions d'euros.
00:41:51 Cela veut dire, Georges Fenech,
00:41:53 toucher aux porte-monnaies, mais surtout
00:41:55 sanctionner le supposé laxisme
00:41:57 de ses parents.
00:41:59 C'est un peu simpliste quand même, non ?
00:42:01 En fait, si vous voulez,
00:42:03 à partir du moment où le mineur
00:42:05 est reconnu coupable,
00:42:07 les parents sont déclarés,
00:42:09 par le tribunal pour enfants,
00:42:11 civilement responsables.
00:42:13 Ils doivent payer les préjudices,
00:42:15 les dégâts, sauf pour s'exonérer
00:42:17 de cette responsabilité
00:42:19 et dire "j'ai fait tout ce que j'ai pu faire
00:42:21 pour mon éducation,
00:42:23 il a échappé contre ma volonté
00:42:25 à l'éducation, il n'y a pas eu de carence éducative".
00:42:27 Donc normalement,
00:42:29 les parents sont déclarés civilement responsables.
00:42:31 Mais encore faut-il qu'ils aient
00:42:33 les moyens de les payer.
00:42:35 Je peux vous dire, cette population-là,
00:42:37 moi je la connais, j'ai été substitué des mineurs,
00:42:39 généralement ils sont insolvables.
00:42:41 Vous avez donc les institutions
00:42:43 qui se substituent, notamment la commission
00:42:45 d'indemnisation des victimes, etc.,
00:42:47 et qui est financée par l'impôt.
00:42:49 Mais vous avez un autre texte qui a été
00:42:51 rappelé par le garde des Sceaux toute la semaine,
00:42:53 c'est la responsabilité pénale
00:42:55 des parents eux-mêmes.
00:42:57 À partir du moment où vous démontrez que
00:42:59 les carences éducatives sont à l'origine
00:43:01 de la délinquance de leurs mineurs,
00:43:03 ils peuvent être poursuivis devant un tribunal correctionnel
00:43:05 et être condamnés jusqu'à deux ans d'emprisonnement.
00:43:07 À la place de leurs enfants ?
00:43:09 Parallèlement.
00:43:11 Mais combien de fois ce texte a été appliqué ?
00:43:13 Jamais.
00:43:15 Et il ne sera jamais appliqué.
00:43:17 Ou exceptionnellement.
00:43:19 Et j'allais dire, vous vous rendez compte,
00:43:21 la difficulté de mettre une mère
00:43:23 ou un père en prison, en plus...
00:43:25 Georges Fenech,
00:43:27 si ces parents ne sont pas solvables,
00:43:29 qu'est-ce que vous en dites justement par rapport à cette population ?
00:43:31 Est-ce que cela s'inscrit dans la même veine
00:43:33 que la menace de supprimer les allocations ?
00:43:35 Quelque chose qu'on parle.
00:43:37 Regardez le sondage Opinion Nouée pour CNews,
00:43:39 les Français semblent abonder
00:43:41 dans ce sens supprimer
00:43:43 les allocations familiales.
00:43:45 65% y sont favorables, Georges.
00:43:47 Moi je ne suis pas pour la suppression,
00:43:49 je suis pour la mise sous tutelle.
00:43:51 C'est-à-dire que vous avez un tuteur
00:43:53 qui va recevoir
00:43:55 les prestations sociales
00:43:57 de lieu et place des parents
00:43:59 et qui lui va gérer cet argent
00:44:01 pour l'école, pour la santé, etc.
00:44:03 Que cet argent ne soit pas détourné
00:44:05 pour autre chose.
00:44:07 Et cette tutelle, je ne suis pas pour la suppression,
00:44:09 parce que vous allez rajouter de la misère à la misère
00:44:11 et peut-être de la délinquance à de la délinquance,
00:44:13 mais qu'il y ait une tutelle
00:44:15 aux prestations sociales, ça me semble.
00:44:17 Et d'ailleurs c'est pratiqué.
00:44:19 Vous savez, on n'a pas inventé tout ça,
00:44:21 il y a les juges des enfants qui travaillent tous les jours dans le pays,
00:44:23 vous avez des délinquants,
00:44:25 vous avez des émeutes, donc on ne le voit pas trop,
00:44:27 mais des délinquants tous les jours, vous avez des juges
00:44:29 qui envoient des éducateurs, des services sociaux
00:44:31 dans les familles où il y a des carences,
00:44:33 qui gèrent les budgets, qui placent les enfants
00:44:35 dans des centres d'accueil.
00:44:37 Tout cela est fait peut-être de manière silencieuse,
00:44:39 mais ça existe dans tout le pays.
00:44:41 William Thé, le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moritier,
00:44:43 a annoncé avoir rédigé un flyer
00:44:45 pour rappeler leurs obligations
00:44:47 aux parents de ces casseurs.
00:44:49 Je précise, le flyer,
00:44:51 c'est un prospectus en quelque sorte.
00:44:53 Dans le pacte du ministre, il insiste notamment
00:44:55 sur la responsabilité civile des parents.
00:44:57 C'est-à-dire que si l'enfant vole,
00:44:59 s'il abîme,
00:45:01 s'il détruit quelque chose,
00:45:03 c'est de la responsabilité des parents.
00:45:05 C'est ce que dit le prospectus.
00:45:07 Je pense qu'il aurait pu faire comme dans Harry Potter,
00:45:09 envoyer un e-boo, c'était pareil, c'était la même efficacité,
00:45:11 ça ne sert strictement à rien.
00:45:13 Je ne pense pas que le flyer arrive à destination dans ces quartiers-là.
00:45:15 Le point essentiel, c'est que les parents
00:45:17 doivent être considérés comme responsables.
00:45:19 Comment ça se fait lorsque vous êtes parent,
00:45:21 que vous rentrez chez vous, que votre gamin,
00:45:23 qui est compris entre 12 et 17 ans,
00:45:25 soit dehors à 2-3 heures du mat ?
00:45:27 Comment ça se fait ? Qu'il se balade avec des mortiers,
00:45:29 qu'il se balade avec des armes de destruction,
00:45:31 qu'il se rentre avec des nouvelles PlayStation 5,
00:45:33 des courses, etc. le soir,
00:45:35 et vous êtes parent, vous ne vous étonnez pas.
00:45:37 L'éducation appartient aux parents,
00:45:39 l'instruction appartient à la République française.
00:45:41 Donc il faut que les parents retrouvent leur responsabilité
00:45:43 en termes d'éducation.
00:45:45 Donc le premier sujet, c'est de responsabiliser les parents.
00:45:47 Ensuite, après, est-ce qu'ils pourront rembourser ?
00:45:49 Il y a plusieurs solutions qui sont possibles.
00:45:51 Soit vous pouvez rembourser financièrement,
00:45:53 soit vous rembourser en termes de dette morale.
00:45:55 C'est-à-dire que vous pouvez obliger les parents
00:45:57 et les enfants à rembourser la dette
00:45:59 qu'ils ont à l'égard de la France, à l'égard de la collectivité.
00:46:01 Soit en allant en prison,
00:46:03 si par cas ils sont dangereux, soit en faisant
00:46:05 des travaux d'intérêt généraux, soit en aidant à la reconstruction.
00:46:07 Vous avez des bâtiments qui doivent être reconstruits,
00:46:09 vous avez de la peinture qui doit être faite, des travaux qui doivent être faits.
00:46:11 Moi, je pense que ces gamins
00:46:13 peuvent contribuer avec leurs mains.
00:46:15 S'ils sont assez forts pour aller piller des magasins,
00:46:17 s'ils sont assez forts pour prendre un pot de peinture
00:46:19 et pouvoir aider à reconstruire.
00:46:21 Il faut que les enfants et les parents
00:46:23 recomprennent les notions de bien et de mal.
00:46:25 Lorsque vous êtes un enfant,
00:46:27 vous baladez un cacophèle molocteuse,
00:46:29 vous jetez ça sur un policier, est-ce que vous avez la même notion
00:46:31 du bien et du mal que nous ?
00:46:33 C'est ça le point essentiel, c'est de pouvoir rééduquer ces enfants
00:46:35 et pouvoir les remettre dans le droit chemin
00:46:37 pour qu'ils comprennent ce que c'est que la loi de la France
00:46:39 et que ça s'applique partout.
00:46:41 Rééduquer les enfants, ça veut dire aussi peut-être
00:46:43 rééduquer les parents ou éduquer les parents
00:46:45 avec notamment la proposition d'un stage
00:46:47 de responsabilité parentale.
00:46:49 Ça existe, le stage citoyen existe déjà.
00:46:51 Nous faisons tous le constat que depuis
00:46:53 quelques années,
00:46:55 il y a un abaissement
00:46:57 de l'esprit civique, toute catégorie sociale
00:46:59 confondue.
00:47:01 Et pourtant, on a vu
00:47:03 ces derniers mois à l'occasion des manifestations
00:47:05 contre la réforme des retraites,
00:47:07 des manifestations qui étaient très bien tenues
00:47:09 pour l'essentiel, parce qu'elles étaient
00:47:11 canalisées par des organisations syndicales.
00:47:13 Il y avait donc une canalisation
00:47:15 de la possibilité de violence
00:47:17 et une expression pacifique
00:47:19 d'une contestation sociale.
00:47:21 Pourquoi dans certains
00:47:23 segments de la société française,
00:47:25 on n'arrive pas
00:47:27 à manifester son mécontentement,
00:47:29 sa contestation de manière pacifique ?
00:47:31 Pourquoi cette perte
00:47:33 de contrôle ? Pourquoi
00:47:35 ce relâchement des pulsions
00:47:37 violentes ? On a critiqué Emmanuel Macron
00:47:39 quand il a parlé de
00:47:41 décivilisation, qui est un
00:47:43 concept, une notion qui vient du
00:47:45 processus de civilisation d'Honorbert
00:47:47 Elias, ce grand sociologue allemand
00:47:49 parmi les plus grands classiques au début
00:47:51 du XXe siècle. C'est exactement cela.
00:47:53 Il y a une sorte de surmoi collectif
00:47:55 qui échappe à une partie de la population,
00:47:57 parce que je pense qu'il y a des mutations
00:47:59 profondes. Il y a en effet, pour
00:48:01 recentrer le sujet, sur l'autorité
00:48:03 des parents. Il y a en effet
00:48:05 des difficultés pour certaines familles,
00:48:07 de nouvelles familles
00:48:09 monoparentales, qui n'y arrivent
00:48:11 pas, pour mille raisons. Il ne s'agit pas
00:48:13 de les culpabiliser, mais il s'agit
00:48:15 pour le dirigeant et le responsable politique
00:48:17 de se demander, il y a des défaillances ?
00:48:19 Comment est-ce qu'on peut les régler ? Moi, je vais vous
00:48:21 dire, on sait faire la politique de la ville,
00:48:23 on sait reconstruire nos quartiers, les améliorer,
00:48:25 on sait faire dans le dur,
00:48:27 mais il y a quelque chose qui nous échappe,
00:48:29 c'est les existences et les vies. Il faut qu'on
00:48:31 invente ces politiques publiques sur le terrain
00:48:33 pour remplir le rôle
00:48:35 et faire l'autorité, là où il y a des manquements
00:48:37 chez les parents, chez les familles, et des
00:48:39 conditions sociales qui sont plus difficiles. Avec des moyens
00:48:41 supplémentaires, sauf que l'approche n'est plus profonde. Mais vous savez, c'est le problème de parentalité,
00:48:43 je vous dis, qui traverse tous les
00:48:45 types sociaux. On connaît tous des familles
00:48:47 de la bourgeoisie française,
00:48:49 dont les parents ne s'occupent pas assez des gamins, parce que
00:48:51 les parents travaillent, parce qu'ils ont de grandes responsabilités,
00:48:53 ils travaillent têtards, et donc les enfants
00:48:55 eux aussi se sont seuls abandonnés. Donc il faut
00:48:57 les aider, ceux-là aussi ? Donc ils font des bêtises, ils font du
00:48:59 passage à l'acte, ils consomment des stupéfiants, comme
00:49:01 les garçons et les filles dans les quartiers.
00:49:03 On ne sait pas,
00:49:05 ils ont des conduites de passage à l'acte,
00:49:07 il y a des gens qui conduisent sans
00:49:09 permis, il y a des gens qui conduisent alcoolisés,
00:49:11 on a d'autres phénomènes comme ça,
00:49:13 détresse sociale. Est-ce qu'on
00:49:15 peut, comme responsable politique, regarder
00:49:17 avec lucidité et essayer d'inventer
00:49:19 les politiques pour les régler ? Je crois que c'est possible.
00:49:21 A tout de suite pour la troisième et dernière partie de 90
00:49:23 minutes Info Week-end sur CNews.
00:49:25 90 minutes Info Week-end, la troisième
00:49:30 et dernière partie avec Georges Fenech, Édouard
00:49:32 Dorian, Cipel et William T. Et un
00:49:34 point sur l'actualité d'abord avec Trina Magnine.
00:49:36 La chanteuse Izia Ijlin, visée
00:49:40 par une enquête après avoir évoqué un lynchage
00:49:42 d'Emmanuel Macron lors d'un concert jeudi,
00:49:44 elle a imaginé le chef de l'État,
00:49:46 je cite, accroché à 20 mètres du sol,
00:49:48 telle une piñata géante et des jambes munies
00:49:50 d'énormes battes avec des clous comme dans
00:49:52 Orange Mécanique. La brigade territoriale
00:49:54 de la gendarmerie de Beaulieu-sur-Mer
00:49:56 a été saisie par le maire de Beaulieu
00:49:58 pour provocation publique à commettre un crime
00:50:00 ou un délit.
00:50:02 Volodymyr Zelensky en visite
00:50:04 en Turquie. Au 500ème jour de
00:50:06 guerre en Ukraine, le président a prié
00:50:08 pour les victimes aux côtés du
00:50:10 patriache orthodoxe Bartholomé.
00:50:12 Les deux hommes se sont entretenus à l'écart
00:50:14 des caméras et à l'issue de l'entretien,
00:50:16 Zelensky s'est dit très reconnaissant
00:50:18 d'avoir le soutien de sa sainteté.
00:50:20 Jean Dujardin aux manettes
00:50:22 de la cérémonie d'ouverture du Mondial
00:50:24 de rugby. Elle débutera
00:50:26 le 8 septembre à 20h au Stade de France,
00:50:28 juste avant le match d'ouverture de la Coupe du Monde
00:50:30 France-Nouvelle-Zélande.
00:50:32 Aux côtés de l'acteur oscarisé se tiendront
00:50:34 Philippe Lachaud et le chef Guy Savoie
00:50:36 pour célébrer l'art de vivre français,
00:50:38 son riche héritage et sa passion pour le sport
00:50:40 en commémorant le bicentenaire
00:50:42 du rugby.
00:50:44 Mais également
00:50:46 dans l'actualité, cette sauvage agression
00:50:48 d'un homme de 72 ans. Il a été
00:50:50 passé à Tabas dans la commune de Vieux-Condé,
00:50:52 c'est dans le nord. Le septuagénaire est
00:50:54 sorti de son domicile excédé
00:50:56 par le bruit que faisait un groupe de jeunes.
00:50:58 "Il a été blessé à la mâchoire,
00:51:00 au visage son état est préoccupant,
00:51:02 on fait le point avec
00:51:04 Maureen Vidal."
00:51:06 Les faits se sont déroulés dans la nuit de mercredi
00:51:08 à jeudi dans cette petite commune du nord
00:51:10 à Vieux-Condé. Un homme
00:51:12 âgé de 72 ans sort de chez lui
00:51:14 pour demander à un groupe de 3 jeunes
00:51:16 de faire mont de bruit. La situation
00:51:18 dégénère, il est passé à Tabas.
00:51:20 "Il y avait les pompiers,
00:51:22 le fils du voisin,
00:51:24 le monsieur allongé au sol
00:51:26 avec beaucoup de sang."
00:51:28 Le septuagénaire, laissé au sol, a été retrouvé
00:51:30 par un voisin dans la nuit.
00:51:32 Il a été transporté à l'hôpital de Valenciennes.
00:51:34 Aujourd'hui, il se trouve
00:51:36 entre la vie et la mort. "C'est une personne qui a
00:51:38 la main sur le cul, il a travaillé
00:51:40 dans le social. On ne s'attendait pas,
00:51:42 ça n'aurait pas dû arriver."
00:51:44 De leur côté, les 3 jeunes ont été interpellés
00:51:46 et placés en garde à vue. Parmi eux,
00:51:48 deux mineurs âgés de 14 et 17 ans
00:51:50 et un majeur de 18 ans.
00:51:52 "On évoque tout cela avec
00:51:54 nos invités dans quelques instants, mais d'abord Laurent Le Hambre,
00:51:56 secrétaire départemental Nord Alliance
00:51:58 Police, est avec nous
00:52:00 pour malheureusement constater,
00:52:02 Laurent Le Hambre, que ce genre de phénomène
00:52:04 d'agression est de plus
00:52:06 en plus banal. Et c'est sans doute cela qui est
00:52:08 grave, que ce soit dans le Nord d'ailleurs ou dans
00:52:10 d'autres départements français."
00:52:12 "Oui, effectivement,
00:52:14 comme vous le dites, la police
00:52:16 constate,
00:52:18 la population constate également que les jeunes
00:52:20 n'ont plus peur de rien,
00:52:22 ne respectent plus rien.
00:52:24 Vous voyez, là maintenant, on a une personne entre
00:52:26 la vie et la mort, tout simplement pour avoir osé
00:52:28 aller demander à 3 jeunes de faire un peu
00:52:30 moins de bruit.
00:52:32 C'est vrai que c'est incompréhensible, mais que voulez-vous,
00:52:34 on va revenir à ce qu'on évoque depuis
00:52:36 bien longtemps, ils n'ont plus
00:52:38 peur de rien. Pourquoi ? Tout simplement
00:52:40 parce que les
00:52:42 mineurs ont une excuse de minorité.
00:52:44 Les amendes
00:52:46 qu'on leur impose ou les
00:52:48 peines ne sont pas appliquées. C'est généralement
00:52:50 après des méfaits, ils sont relâchés
00:52:52 avec un simple rappel à la loi.
00:52:54 Donc, grosso modo,
00:52:56 on continue.
00:52:58 Malheureusement, c'est un triste constat."
00:53:00 "Avec des incivilités,
00:53:02 des dégradations, des violences aussi
00:53:04 qui se déplacent et qui se retrouvent
00:53:06 un petit peu partout dans cette commune qui semble
00:53:08 une des quartiers notamment assez tranquille, même si
00:53:10 depuis quelques mois apparemment, il y a de plus en plus
00:53:12 de jeunes, de la population
00:53:14 qui s'est plainte également.
00:53:16 Ça crée véritablement un climat d'angoisse
00:53:18 et on a le sentiment que
00:53:20 parfois la police est dépassée à ce stade-là
00:53:22 parce qu'en effet, les policiers
00:53:24 ne sont pas assez nombreux pour intervenir sur
00:53:26 tous les méfaits qui se propagent
00:53:28 de plus en plus sur tout le territoire."
00:53:30 "Oui,
00:53:32 bien sûr. Alors, effectivement, on constate
00:53:34 que, comme je vous disais,
00:53:36 les jeunes sont de plus en plus nombreux.
00:53:38 Ils voient leurs copains faire des méfaits,
00:53:40 ne sont pas punis, donc vont en faire également.
00:53:42 Donc, effectivement, on constate
00:53:44 de plus en plus de méfaits par les mineurs.
00:53:46 Par contre, nous, au niveau police,
00:53:48 oui, qu'on ait des effectifs
00:53:50 en nombre ou pas, malheureusement,
00:53:52 on ne pourra pas être à tout coin de rue.
00:53:54 Regardez, là, c'est une intervention
00:53:56 qui logiquement est banale. La police
00:53:58 n'intervient pas. Ce monsieur,
00:54:00 70 ans, descendre chez lui, demande
00:54:02 simplement à faire moins de bruit.
00:54:04 Et voilà, on en arrive à ce que
00:54:06 ce monsieur a un pronostic vital engagé.
00:54:08 Ce sont vraiment des situations
00:54:10 auxquelles on ne pense pas
00:54:12 un jour malheureusement devoir faire face.
00:54:14 Et effectivement, je vous dis,
00:54:16 on peut avoir des dizaines et des dizaines de policiers,
00:54:18 on les interpelle, ça, il n'y a pas de problème,
00:54:20 le boulot de la police est fait. Maintenant,
00:54:22 le problème, c'est comme je vous disais tout à l'heure,
00:54:24 les sanctions ne sont pas à la hauteur,
00:54:26 elles ne sont pas toujours appliquées.
00:54:28 Donc, les jeunes, qu'est-ce que vous voulez,
00:54:30 ils sont dans la surréaction.
00:54:32 On continue, puisque de toute façon
00:54:34 on n'est pas punis. Vous pouvez avoir des voleurs
00:54:36 de voitures qui sont interpellés, on peut les arrêter
00:54:38 plein de fois et malheureusement, ils ne seront
00:54:40 jamais incarcérés. Donc, c'est vraiment
00:54:42 très problématique chez nous.
00:54:44 Ne craignez-vous pas, à un moment donné,
00:54:46 que la population ou une partie de la population
00:54:48 décide d'assurer sa propre sécurité ?
00:54:50 Malheureusement, ça peut arriver.
00:54:54 On entend autour de nous
00:54:56 des gens qui nous disent
00:54:58 "on va faire justice nous-mêmes".
00:55:00 C'est inquiétant, bien sûr que c'est inquiétant, parce que nous,
00:55:02 la police, on est là pour ça, on est là pour assurer
00:55:04 la sécurité des personnes et des biens.
00:55:06 On essaie de le faire à notre niveau,
00:55:08 avec les moyens qui nous sont donnés. Je vous dis,
00:55:10 l'interpellation, quand on
00:55:12 arrête, que ce soit un majeur ou un mineur d'ailleurs,
00:55:14 quand on arrête un
00:55:16 délinquant notoire
00:55:18 ou un délinquant avéré,
00:55:20 on est content de faire notre travail.
00:55:22 Maintenant, effectivement,
00:55:24 ça ne suit pas tout le temps et c'est
00:55:26 vraiment ce qu'on déplore.
00:55:28 Ils n'ont plus peur de la justice. Vous les
00:55:30 conduisez au tribunal,
00:55:32 ça fait sourire.
00:55:34 Donc c'est inquiétant, c'est vraiment inquiétant.
00:55:36 Et on comprend maintenant, on s'aperçoit que les gens
00:55:38 vont se rendre compte que
00:55:40 on fait notre boulot, on le fait,
00:55:42 mais ils ont envie de nous donner un coup de main
00:55:44 et il y en a qui n'ont pas peur de dire
00:55:46 qu'ils vont effectivement intervenir par eux-mêmes.
00:55:48 Le boulot est fait, en effet,
00:55:50 bien fait, mais ça ne suffit pas malheureusement.
00:55:52 Merci Laurent Le Hambre, secrétaire départemental
00:55:54 Nord Alliance Police. Merci d'être intervenu
00:55:56 sur l'antenne de CNews pour parler encore un tout petit peu
00:55:58 de cette affaire, qui est un exemple
00:56:00 patent, Georges Fenech, d'une situation
00:56:02 aujourd'hui en France, parce que ce n'est pas la première fois
00:56:04 qu'une personne est agressée,
00:56:06 une personne âgée est agressée, il y a eu une octogénaire,
00:56:08 on s'en souvient, c'était même une nonagénaire à Cannes,
00:56:10 notamment, pour lui voler son
00:56:12 porte-monnaie. Qu'est-ce qui va arriver
00:56:14 à ces agresseurs, à ces jeunes agresseurs,
00:56:16 qui sont arrêtés ?
00:56:18 D'ailleurs, on ne sait pas si la victime va survivre,
00:56:20 son pronostic est vital, donc c'est une affaire
00:56:22 à connotation criminelle, attention.
00:56:24 C'est un fléau,
00:56:26 la délinquance des mineurs,
00:56:28 qu'on n'a pas été fichu de traiter
00:56:30 à sa juste gravité
00:56:32 de ce qui est en train de se passer.
00:56:34 Moi, je pense, si vous voulez,
00:56:36 qu'il serait peut-être temps,
00:56:38 effectivement, de réfléchir à l'abaissement
00:56:40 déjà de la majorité pénale.
00:56:42 On va donner le permis de conduire
00:56:44 à des jeunes de 17 ans. Alors, des jeunes qui sont
00:56:46 capables de prendre des responsabilités au volant
00:56:48 ne seraient pas capables de savoir
00:56:50 ce qu'ils font quand ils agressent une personne âgée.
00:56:52 Je pense qu'il faudrait réfléchir
00:56:54 à un abaissement, parce que l'excuse de minorité
00:56:56 de 16-18 ans, ça ne tient plus
00:56:58 aujourd'hui. Vous avez des jeunes,
00:57:00 d'ailleurs, vous avez vu que la moyenne
00:57:02 des émeutiers était de 17 ans.
00:57:04 Donc, il faut évidemment les structures
00:57:06 adapter une fois qu'on les a interpellées.
00:57:08 Il y a combien de centres éducatifs
00:57:10 fermés en France ? 52, je crois.
00:57:12 Il faudrait multiplier, donc même pas un par département,
00:57:14 il faudrait multiplier au moins
00:57:16 par trois le nombre de centres éducatifs
00:57:18 fermés. Faire en sorte que
00:57:20 les procédures soient rapides,
00:57:22 que les jugements soient rapides, que la sanction
00:57:24 tombe rapidement. Vous savez,
00:57:26 un jeune, quand il prend une sanction, même courte,
00:57:28 surtout une sanction courte,
00:57:30 ça lui fait réfléchir pour le restant.
00:57:32 Ça, j'en suis absolument convaincu.
00:57:34 Malheureusement, on n'en prend pas le chemin.
00:57:36 Le plus inquiétant, Edouard Coriancy-Pell,
00:57:38 c'est ce sentiment d'impunité
00:57:40 qu'il y a chez ces jeunes agresseurs,
00:57:42 justement. On le retrouve à chaque fois,
00:57:44 systématiquement.
00:57:46 On a là
00:57:48 un phénomène de
00:57:50 décivilisation localisée,
00:57:52 ou pour le dire autrement,
00:57:54 un acte d'incivilité de très haute
00:57:56 intensité, c'est-à-dire
00:57:58 une perte complète
00:58:00 de ces individus jeunes,
00:58:02 de leur autocontrôle,
00:58:04 et donc un lâchage
00:58:06 impulsif d'une violence
00:58:08 extrême, de ces pulsions les plus
00:58:10 animales.
00:58:12 Il y a une perte de sociabilité
00:58:14 évidente pour un problème de
00:58:16 voisinage. Alors là, on a des jeunes
00:58:18 qui agressent
00:58:20 de manière destructrice
00:58:22 un pauvre
00:58:24 papy français.
00:58:26 Mais ces pertes
00:58:28 de contrôle, vous l'avez aussi,
00:58:30 malheureusement, dans notre société aujourd'hui,
00:58:32 dans des phénomènes avec des personnes adultes.
00:58:34 Combien de fois
00:58:36 on vient ici traiter des maires, des élus agressés
00:58:38 parce que pour une place de stationnement
00:58:40 où chacun fait l'expérience au quotidien,
00:58:42 s'il prend la route de l'exaspération
00:58:44 qui peut conduire à la violence,
00:58:46 l'incapacité des adultes à s'auto-contrôler.
00:58:48 Moi, je le répète,
00:58:50 nous autres,
00:58:52 dirigeants et responsables politiques,
00:58:54 on doit identifier,
00:58:56 repérer ces manifestations nouvelles
00:58:58 de très grande incivilité,
00:59:00 cette perte de la civilité,
00:59:02 cette espèce de rapport
00:59:04 de pur consommateur avec la République
00:59:06 en oubliant qu'on est
00:59:08 un peuple, on est une société.
00:59:10 On perd les fondements
00:59:12 même de ce qui fait une société.
00:59:14 Je pense que c'est un problème, absolument,
00:59:16 cher Lionel,
00:59:18 c'est un problème pour les pouvoirs publics,
00:59:20 pour l'éducation nationale,
00:59:22 pour les familles, pour les parents,
00:59:24 c'est un problème pour le résumer,
00:59:26 pour toute la société française.
00:59:28 Mais le vrai problème, c'est qu'on ne pose pas
00:59:30 correctement le problème.
00:59:32 Et en attendant, vous avez des petits profiteurs
00:59:34 de la situation politique,
00:59:36 que sont tous les démagogues,
00:59:38 comme j'écoutais tout à l'heure
00:59:40 M. Bardella, et tous ceux de la même catégorie
00:59:42 qui viennent foutre de l'huile sur le feu,
00:59:44 dire que c'est un problème
00:59:46 d'identité,
00:59:48 or c'est un problème de socialisation.
00:59:50 Moi, si on laisse le pouvoir
00:59:52 aux populistes,
00:59:54 si on laisse leur thèse simpliste,
00:59:56 réactionnaire,
00:59:58 l'emporter, non seulement
01:00:00 on va participer de cette
01:00:02 décivilisation qui deviendra pour le coup politique,
01:00:04 et en plus on ne réglera rien.
01:00:06 Regardez au Brésil l'échec
01:00:08 de Bolsonaro, regardez
01:00:10 l'échec de tous les populistes partout,
01:00:12 la France franchement n'est pas obligée de s'infliger
01:00:14 ce même désastre.
01:00:16 Il y a évidemment deux situations totalement
01:00:18 différentes, c'est déjà pas le même
01:00:20 continent, et il connaît bien le Brésil.
01:00:22 Je suis bien d'accord avec vous, on n'est pas obligés
01:00:24 d'en arriver là
01:00:26 avec une violence débridée,
01:00:28 parce qu'on perd
01:00:30 l'autocontrôle et ce qu'il faut
01:00:32 pour la société entre nous.
01:00:34 Il y a un caractère d'urgence tout de même, parce que c'est vrai,
01:00:36 on peut reformuler, repenser
01:00:38 la manière de traiter ces problèmes.
01:00:40 Aujourd'hui, il y a un problème
01:00:42 qui est en train de nous étouffer, de nous attraper à la gorge.
01:00:44 Déjà, dans le propos précédent,
01:00:46 il fallait caractériser
01:00:48 le problème des pouvoirs publics et des responsables politiques,
01:00:50 il fallait caractériser ce qui se passait.
01:00:52 Lorsque vous êtes trois jeunes,
01:00:54 et vous agressez une personne âgée de 72 ans,
01:00:56 ce n'est pas des incivilités, c'est un acte de barbarie.
01:00:58 Voilà tout simplement. Et la question
01:01:00 qui se pose, elle est double.
01:01:02 Comment on fait pour pouvoir
01:01:04 faire en sorte que ça ne se reproduise plus,
01:01:06 et comment on fait pour apporter la bonne sanction ?
01:01:08 Le problème qu'on a
01:01:10 essentiellement, et qui a été dénoncé par le syndicat
01:01:12 de police, c'est qu'en fait, on a un problème
01:01:14 de justice en France. On pense davantage,
01:01:16 et c'est votre sujet, à comment
01:01:18 réinsérer les mineurs. Est-ce qu'on peut juger les mineurs
01:01:20 plutôt qu'à assurer la sécurité
01:01:22 en France ? Le problème essentiel,
01:01:24 c'est celui-ci. Le principe de la justice,
01:01:26 selon Beccaria, c'est de foutre à l'extérieur
01:01:28 de notre société ceux qui n'ont pas à y être.
01:01:30 Lorsque vous êtes trois jeunes, et vous agressez
01:01:32 une personne de 72 ans,
01:01:34 est-ce que vous pouvez encore faire cause commune
01:01:36 et vivre ensemble avec l'ensemble
01:01:38 des Français, ou est-ce qu'il faut les sortir d'une manière
01:01:40 ou d'une autre, soit par un centre éducatif
01:01:42 fermé, soit par des autres possibilités
01:01:44 de sanctions ? Ensuite, après le deuxième point,
01:01:46 c'est ce qu'a dit Georges Fenech, c'est
01:01:48 mettre en place des sanctions qui soient rapides
01:01:50 et efficaces. C'est-à-dire qu'il faut faire
01:01:52 comprendre aux jeunes, pour les remettre dans le droit chemin,
01:01:54 que lorsque vous commettez un acte, il n'y a pas
01:01:56 l'impunité qui règne. Vous êtes sanctionnés
01:01:58 automatiquement, mais il faut pour cela
01:02:00 qualifier les faits et arrêter la culture
01:02:02 de l'excuse, et penser davantage à la
01:02:04 réinsertion des personnes agresseurs
01:02:06 plutôt qu'à la sécurité des victimes. Et une fois
01:02:08 qu'on aura fait ça, peut-être qu'on ira dans le droit chemin.
01:02:10 C'est un acte de barbarie, c'est pas
01:02:12 une incivilité. Lorsque vous êtes trois jeunes
01:02:14 et qu'ils se disent "on va tabasser une personne âgée
01:02:16 de 72 ans", je suis pas sûr que vous soyez dans le bon chemin.
01:02:18 C'est un acte de barbarie qui se banalise au quotidien, et c'est une
01:02:20 réaction parce qu'on leur a demandé de se taire.
01:02:22 Et ça arrive... - Ça devient un fait de société maintenant.
01:02:24 Voilà, mais d'une très grande banalité, c'est vrai.
01:02:26 Vraiment, en deux mots, parce qu'il faut qu'on avance...
01:02:28 C'est un fait social, au sens où l'on entendait
01:02:30 Durkheim, et on ne règle
01:02:32 pas les faits sociaux par de la pensée magique.
01:02:34 Donc il faut s'attaquer aux faits sociaux.
01:02:36 La répression peut régler les faits sociaux.
01:02:38 Voilà, moi je suis pas là pour faire de la morale,
01:02:40 je prends les problèmes de manière extrêmement froide,
01:02:42 mais en même temps, c'est mon pays,
01:02:44 j'ai de l'affection pour tout le monde, et je crois
01:02:46 que c'est la responsabilité de l'autorité publique
01:02:48 de se faire respecter, et de se demander
01:02:50 comment on fait pour rétablir, en effet,
01:02:52 chez toutes ces franges de la société,
01:02:54 l'autorité civique. - On pose la question,
01:02:56 mais pour l'instant, il n'y a pas la réponse.
01:02:58 Comment on rétablit un peu de respect et d'autocontrôle
01:03:00 dans une société où
01:03:02 on se permet tout et n'importe quoi ?
01:03:04 - Après les émeutes marquantes des derniers jours,
01:03:06 et donc à une semaine des festivités du 14 juillet,
01:03:08 ça approche, certaines communes ont déjà fait leur choix,
01:03:10 il n'y aura pas de traditionnel feu d'artifice
01:03:12 cette année. Principale cause,
01:03:14 la sécurité autour de cet événement.
01:03:16 Aminata Deme avec Adrien Fontenot et
01:03:18 Jean-Laurent Costantini.
01:03:20 - A Montargis, où les dégâts
01:03:22 provoqués par les émeutes sont encore présents,
01:03:24 la fête nationale se fera
01:03:26 sans feu d'artifice ni balles.
01:03:28 Le maire a décidé de ne prendre
01:03:30 aucun risque.
01:03:32 - On ne s'en sentait pas
01:03:34 la capacité de gérer ça.
01:03:36 Il a fallu resoliciter la police nationale,
01:03:38 la police municipale,
01:03:40 les pompiers, la gendarmerie,
01:03:42 tout le monde est fatigué, je pense qu'ils ont le droit
01:03:44 tous à se reposer.
01:03:46 - Si le maire pense que ses habitants comprennent cette décision,
01:03:48 certains d'entre eux sont pourtant déçus.
01:03:50 - Je trouve ça scandaleux
01:03:52 qu'on empêche
01:03:54 de le faire
01:03:56 à cause de certaines personnes
01:03:58 qui sont ennuises
01:04:00 à la vie de chacun.
01:04:02 - On est punis, nous,
01:04:04 et nous on n'y pense rien, ceux qui n'ont rien fait.
01:04:06 - Je le comprends dans un sens
01:04:08 et je pense qu'il y a pas mal de gens
01:04:10 qui doivent être déçus d'un autre côté.
01:04:12 - La sécurité au détriment des festivités,
01:04:14 un choix que regrettent également
01:04:16 certains syndicats de police.
01:04:18 - D'un côté, oui, les policiers vont souffler
01:04:20 un petit peu, et de l'autre côté,
01:04:22 je trouve que c'est quand même pas normal.
01:04:24 Le 14 juillet, ce sont les feux d'artifice,
01:04:26 c'est les balles populaires,
01:04:28 et en fait, tout va être mis sous cloche
01:04:30 à cause de quelques milliers d'émeutiers.
01:04:32 - À Montargy, une célébration
01:04:34 est tout de même maintenue à 20h30
01:04:36 pour rendre hommage aux policiers, gendarmes et pompiers,
01:04:38 très sollicités lors des récentes émeutes.
01:04:40 - Georges Fenech, décision raisonnable,
01:04:44 mais dommage collatéral des émeutes.
01:04:46 On craint des violences,
01:04:48 donc on annule les feux d'artifice.
01:04:50 - Écoutez, on ne va pas blâmer les maires
01:04:52 qui ont pris ces décisions.
01:04:54 Mais quand même,
01:04:56 c'est une manifestation
01:04:58 d'un recul de notre société,
01:05:00 de notre démocratie,
01:05:02 que d'être refusé
01:05:04 de fêter notre fête nationale,
01:05:06 le 14 juillet,
01:05:08 par la crainte
01:05:10 qu'il pourrait y avoir des émeutes à nouveau
01:05:12 ou des exactions.
01:05:14 Je trouve que là,
01:05:16 on fait une politique
01:05:18 de terre brûlée, c'est pas bien.
01:05:20 Je crois que le pays
01:05:22 doit vite se ressaisir,
01:05:24 revivre normalement,
01:05:26 autrement ce sont les émeutiers
01:05:28 qui auront gagné.
01:05:30 Il n'y a pas un pays au monde
01:05:32 que je sache qui ne fête pas sa fête nationale
01:05:34 parce qu'ils ont peur que des petits jeunes voyous
01:05:36 vont arriver ce soir.
01:05:38 Arrêtons, continuons à vivre
01:05:40 comme nous devons le faire
01:05:42 pour tous les citoyens,
01:05:44 autrement c'est des malfaiteurs.
01:05:46 - Et ne pas vivre dans la crainte,
01:05:48 ça ne s'apparente pas à une reculade.
01:05:50 Les 14 juillet, il y aura les cérémonies
01:05:52 qui auront lieu, notamment sur les Champs-Elysées
01:05:54 avec les défilés militaires.
01:05:56 Dernier réglage du génie militaire,
01:05:58 vous allez le voir dans notre reportage.
01:06:00 Pour terminer cette émission, la démonstration
01:06:02 de l'installation dynamique
01:06:04 d'un pont flottant. Karine Bouteloup.
01:06:06 - Nous assistons
01:06:08 à des manœuvres du génie militaire.
01:06:10 Elles ont lieu entre deux voies d'eau à franchir,
01:06:12 l'Aisne et le canal des Ardennes.
01:06:14 Deux énormes ponts flottants
01:06:16 arrivaient sur camions, se déploient sur l'eau.
01:06:18 - Mon engin demande
01:06:20 que 15 minutes, arrivé au bord de l'eau,
01:06:22 à gonfler, à descendre dans l'eau
01:06:24 et à revenir sur la berge.
01:06:26 En 15 minutes, il est prêt à charger un véhicule.
01:06:28 - Chaque barge flottante
01:06:30 est motorisée. Ça permet aux techniciens
01:06:32 de régler la position du pont
01:06:34 au centimètre près sur les berges.
01:06:36 - C'est un savoir-faire qu'on n'avait pas mis de côté,
01:06:38 mais qu'on avait un peu oublié
01:06:40 avec l'opération Barkhane au Mali,
01:06:42 qu'on avait mis un peu dans nos tiroirs.
01:06:44 Là, on se réentraîne assez régulièrement
01:06:46 là-dessus pour pouvoir être assez à l'aise.
01:06:48 - Une fois la chaussée stabilisée,
01:06:50 les véhicules peuvent passer, léger ou lourd,
01:06:52 tout type de matériel emprunte ce chemin flottant.
01:06:54 Le conflit ukrainien a montré
01:06:56 que les ponts étaient les premières cibles des missiles.
01:06:58 Les armées réapprennent donc
01:07:00 à franchir les cours d'eau.
01:07:02 - On sait qu'en Europe, on trouve des coupures très régulièrement.
01:07:04 On parle d'une coupure de 20 mètres
01:07:06 tous les 20 km, d'une coupure de 50 à 100 m
01:07:08 de largeur tous les 100 km.
01:07:10 Et donc, c'est...
01:07:12 Les combats actuels et, j'ai envie de dire,
01:07:14 la résurgence de certaines menaces
01:07:16 sur le territoire européen
01:07:18 ont remis en lumière le besoin
01:07:20 de se doter de capacités ou de consolider
01:07:22 cette capacité au sein de l'armée terrestre.
01:07:24 - Ce système est indispensable pour l'acheminement du soutien logistique.
01:07:26 Et il nécessite très peu de main-d'oeuvre.
01:07:28 Il faut seulement 4 soldats
01:07:30 pour préparer les berges
01:07:32 et déplier un pont flottant.
01:07:34 - Voilà, ça, c'est aussi la grandeur de la France,
01:07:36 d'une certaine manière, après avoir
01:07:38 énoncé beaucoup d'informations
01:07:40 tristes et violentes et d'ordres principels.
01:07:42 Là, on a aussi une belle image.
01:07:44 - La France est belle, la France est forte,
01:07:46 la France est généreuse.
01:07:48 Tout n'est pas parfait dans notre pays,
01:07:50 mais prenons-en soin et avançons.
01:07:52 Et j'ai envie de dire aux jeunes, parce que le 14 juillet,
01:07:54 c'est un jour qui doit être un jour de fête,
01:07:56 faites confiance au pouvoir de l'amour et au pouvoir de la fête
01:07:58 plutôt qu'au pouvoir de la destruction
01:08:00 et de la morbidité. Faites-vous plaisir,
01:08:02 lâchez vos émotions
01:08:04 de manière positive, vous vous ferez plaisir
01:08:06 et votre vie sera meilleure plutôt que d'aller tout détruire
01:08:08 comme des imbéciles. - Pas mieux.
01:08:10 - On va finir l'émission là-dessus. Merci de nous avoir accompagnés.
01:08:12 Dans quelques instants, c'est Eliott Deval avec Punchline.
01:08:14 On se retrouve aussi sur cnews.fr.
01:08:16 ♪ ♪ ♪