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- il y a 3 ans
Un débat entre deux éditorialistes qui analysent l'actualité politique de la semaine dans #CaSeDispute
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00:00 Bonsoir à tous, très heureux de vous retrouver dans Sazbiz.
00:03 Pute avec comme chaque samedi soir à 19h, Julien Drey.
00:07 Bonsoir Julien.
00:08 Bonsoir.
00:09 Et Alexandre de Vecchio.
00:10 Bonsoir.
00:11 Place au débat, à l'analyse, au décryptage de l'actualité dans un instant.
00:14 Mais avant le rappel des titres, on retrouve Isabelle Piboulot.
00:18 Bonsoir ma chère Isabelle.
00:19 Bonsoir Olivier.
00:22 À Paris, procédure judiciaire engagée à l'encontre d'Assa Traoré.
00:27 Plus de 1000 personnes se sont rassemblées cet après-midi.
00:30 Place de la République, en mémoire d'Adama Traoré, la sœur du jeune homme décédé
00:34 en 2016, avait annoncé sa présence au rassemblement malgré l'interdiction de celui-ci par la
00:40 préfecture de police.
00:41 Lors de la dispersion de la foule, deux individus ont été interpellés pour des violences sur
00:46 personnes dépositaires de l'autorité publique.
00:48 Le taux de réussite au baccalauréat est en baisse.
00:51 Plus de 672 000 candidats ont été reçus au bac 2023 après la session de rattrapage,
00:57 soit une diminution de 0,2 point par rapport à juin 2022.
01:02 La baisse des résultats constatés confirme la sélectivité de ce nouveau baccalauréat
01:07 a indiqué le ministère de l'Education nationale.
01:09 Le cap des 500 jours de guerre en Ukraine est franchi.
01:13 Volodymyr Zelensky a célébré le courage de son peuple.
01:16 Il a notamment visité l'île des serpents sur la mer Noire, où Kiev avait obtenu une
01:22 victoire de prestige au début de la guerre.
01:24 Le président ukrainien a déposé des fleurs devant un mémorial déclarant que l'île
01:29 des serpents ne sera jamais conquise par l'occupant, tout comme le reste de l'Ukraine.
01:33 Merci Isabelle Piblou qu'on retrouvera à 19h30.
01:38 On va parler de la suite des émeutes à une semaine de la fin des 100 jours d'apaisement
01:44 promis par Emmanuel Macron.
01:45 Ce soir, il y a quelques minutes, la première ministre Elisabeth Borne s'est exprimée
01:50 dans les colonnes du Parisien.
01:52 Elle promet des réponses massives pour les Français écologiques.
01:57 Remaniement, elle s'exprime.
01:59 On va y revenir dans un instant.
02:01 Le chef de l'État qui doit sortir de cette crise que notre pays traverse en répondant
02:06 concrètement aux émeutes récentes.
02:08 Les plans d'Emmanuel Macron ont été perturbés.
02:12 Édouard Philippe s'est exprimé cet après-midi aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
02:17 Pour lui, le temps n'est pas à l'apaisement mais au combat.
02:21 Écoutez-le.
02:22 Je crois vraiment qu'il faut se poser la question de savoir si on est dans un moment
02:27 où nous recherchons l'apaisement ou si nous sommes dans un moment où nous avons besoin
02:31 de mouvement.
02:32 Et je crois que nous avons besoin de mouvement.
02:35 Je ne doute pas que beaucoup de gens aient envie d'apaisement mais je pense que nous
02:38 avons besoin de mouvement.
02:39 Et je voudrais dire que s'il s'agit de transformer la société, moi mon sentiment
02:45 c'est que plutôt de se fixer comme objectif une société apaisée, je crois que nous
02:49 devons envisager, et je serai assez volontiers prêt à discuter ce point, nous devons plutôt
02:55 envisager une société de combat sur trois points.
02:58 Et vraiment une société de combat.
02:59 De combat intellectuel, de combat politique.
03:02 Mais une société de combat.
03:04 Une société de combat, Julien Dray nous dit, Edouard Philippe, aujourd'hui.
03:09 Est-ce qu'il a la raison, l'ancien Premier ministre ? Une société de combat intellectuel
03:13 et politique, il précise.
03:15 Mais pour combattre quoi, selon vous ?
03:16 Les extraits tels qu'ils sont, j'ai du mal à pouvoir les répondre.
03:22 Parce que combat contre qui ? Contre quoi ?
03:26 En tout cas un pays en mouvement.
03:27 Pas d'apaisement mais du mouvement.
03:30 Oui, je pense qu'on a intérêt à ce que la France soit en mouvement et qu'elle ne
03:35 s'enferme pas.
03:36 J'ai du mal à commenter une phrase sortie de son contexte tel qu'elle est là.
03:42 C'était effectivement cette formule société de combat qui était marquante Alexandre
03:45 Devecchio dans ses propos.
03:47 J'ai simplement l'impression qu'Edouard Philippe veut montrer qu'il est dans les
03:51 starting blocks pour la présidentielle et qu'il est volontariste.
03:54 Je pense qu'on peut s'en tenir là dans l'analyse.
03:57 Ensuite, je pense qu'on aura besoin à terme d'apaisement.
04:02 Mais ça c'est l'objectif, la direction.
04:05 Il faudra d'abord en passer par le redressement de la France.
04:09 Je crois que c'est ça.
04:11 L'objectif politique c'est le redressement du pays puisqu'on voit qu'il y a un État
04:16 qui ne fonctionne plus.
04:17 On a une partie du pays qui fait sécession, on l'a vu pendant ces émeutes.
04:23 Donc oui, il y a tout à reconstruire aujourd'hui.
04:27 Ensuite, le mouvement pour le mouvement ne m'intéresse pas tellement.
04:30 On a l'impression qu'il veut devenir président d'En Marche.
04:33 Edouard Philippe, c'est bien d'être En Marche, mais il faut savoir pour aller où.
04:36 Je le disais, Elisabeth Borne qui s'est exprimée il y a quelques minutes dans les
04:40 colonnes du Parisien, elle a fait des annonces concrètes.
04:43 On va le voir.
04:44 On va découvrir tout ça à l'instant à l'antenne.
04:47 Le gouvernement va interdire la vente, le port et le transport de mortiers d'artifices
04:51 et promet des moyens massifs pour protéger les Français.
04:56 Voilà, Julien Dray, ce soir, une promesse concrète de la première ministre après
05:00 la période de crise que nous avons vécue.
05:03 En tout cas, Elisabeth Borne qui reste dans la course, visiblement.
05:06 Vu les rumeurs qui circulaient, je pense que ce soir, elle va dormir un peu plus tranquille.
05:12 Elle a visiblement obtenu la garantie, encore qu'on ne sait jamais.
05:17 Il y a encore la journée de demain.
05:18 Mais je pense que si elle s'exprime comme elle s'exprime, c'est qu'elle a vraisemblablement
05:22 obtenu certaines garanties, qu'elle est là encore et qu'elle conduira les affaires
05:26 du pays pendant un certain temps.
05:27 Alors après, sur l'annonce d'interdire la vente des mortiers…
05:32 Notamment les 13 et 14 juillet.
05:34 Voilà, je pense que ça aurait dû être fait déjà depuis longtemps.
05:36 Parce que ces engins-là sont dangereux.
05:40 Mais je pense qu'il faut le faire pour protéger la vie des policiers et nos concitoyens.
05:46 Ça peut blesser n'importe qui.
05:47 Mais la question la plus importante, ce n'est pas la question de la vente des mortiers.
05:50 Elle est où la question la plus importante selon vous ?
05:52 La question la plus importante, c'est d'arriver à effectivement se poser les bonnes questions
05:58 d'ailleurs.
05:59 Parce qu'on voit bien qu'il y a un débat entre nous sur quelle est la priorité.
06:02 Est-ce que c'est qu'une question d'immigration ? Est-ce que c'est une question sociale ?
06:06 Est-ce que c'est une question de relégation ? Est-ce que c'est une question d'impuissance
06:09 de l'État ? Est-ce que c'est une faillite de la politique de la ville ? Est-ce que c'est
06:12 une faillite des objectifs ?
06:13 C'est ces questions-là qui doivent être maintenant débattues.
06:15 Et il faut que l'État aussi apporte des solutions qui correspondent à ces analyses.
06:21 Quelle solution justement Alexandre de Vecchio ?
06:24 Là on a une annonce très concrète concernant les mortiers d'artifice.
06:28 Oui, ce qui est amusant c'est qu'elle utilise le mot "protéger".
06:33 Je pense que c'est quelque chose d'important pour les Français, qui n'est pas trop dans
06:38 le vocabulaire de la Macronie, qui préfère généralement réformer, adapter, bouger.
06:45 Donc ça elle a compris quelque chose.
06:46 Mais ce qui paraît un peu décalé, c'est qu'il y a ce mot-là qui est très important.
06:50 Elle parle même de force de l'ordre massive.
06:54 Et après, effectivement, le caractère dérisoire et un peu circonstanciel de l'annonce.
07:01 Comme s'il suffisait de supprimer les mortiers d'artifice pour supprimer les violents.
07:06 Je crois que le problème est beaucoup plus profond que ça.
07:09 Mais les moyens massifs, on s'attend à autre chose.
07:12 Déjà, le gouvernement a semblé indiquer certaines directions qui, moi, me préoccupent.
07:21 Parce que je ne résumerais pas ça à simplement une question d'immigration.
07:26 Pour rebondir sur ce que disait Julien Dray, il y a sans doute plusieurs facteurs, puisqu'il
07:30 y a toujours plusieurs facteurs dans ce type de crise.
07:32 Mais je crois que la question identitaire et la question de l'immigration est centrale.
07:36 Et on a bien vu que le gouvernement cherchait à la balayer, à être dans le déni.
07:40 C'est d'ailleurs venu de Gérald Darmanin, qui d'habitude a un discours un peu plus
07:44 ferme que le reste du gouvernement.
07:47 Surtout le discours.
07:48 Mais là, même le discours était incroyable d'aveuglement et de mensonge.
07:55 Donc ça montre que le gouvernement ne veut pas prendre à bras le cas.
07:58 Or, cette question-là, qui à mon avis, est absolument centrale pour résoudre le problème
08:03 à long terme.
08:04 Vous voyez un gouvernement dans le déni ?
08:05 Non, mais ce qui est intéressant, c'est la manière dont, là, depuis quelques jours,
08:09 depuis 48 heures, Gérald Darmanin, qui était considéré par un certain nombre de mes interlocuteurs
08:13 dans les débats comme étant la pointe avancée, celui qu'il fallait plutôt défendre par
08:18 rapport aux autres dans le gouvernement, est maintenant cloué au pilori en disant qu'il
08:22 ne comprend rien, qu'il ne voit rien.
08:23 Alors moi, je vais vous dire, parce que je dis toujours ce que je pense.
08:25 Je pense d'abord que, franchement, regarde la difficulté du moment qu'il a eu à gérer,
08:31 ils sont les bien sortis.
08:32 Et c'est moi qui le dis.
08:34 Parce que ça aurait pu tourner en drame.
08:36 Il n'a pas fait de faute sur le plan de son vocabulaire.
08:38 Il aurait pu lui aussi.
08:40 J'en ai connu d'autres, des ministres de l'Intérieur, qui compensaient leur inefficacité
08:45 par des montées.
08:47 Il essaye d'avoir une analyse plutôt sérieuse de ce qui est en train de se passer.
08:53 Et je trouve que, dans le moment actuel, où il faut savoir justement dépasser des postures,
09:01 je trouve que c'est courageux.
09:02 Alors, qui salue l'action de Gérald Darmanin ?
09:05 D'abord, je ne sais pas de qui il parlait en parlant de commentateur qui soutenait plutôt
09:16 Gérald Darmanin, puisque j'ai toujours considéré que c'était quelqu'un qui faisait surtout
09:19 des coups de menton et dont le bilan était à peu près cataclysmique.
09:24 Six mois pour, on peut le rappeler, six mois pour expulser l'imam Iqusen.
09:28 Il accueille l'Océan Viking, l'équipage s'évade dans la nature.
09:35 Au Stade de France, il confond les jeunes de banlieue avec les supporters anglais.
09:41 On dirait que ça lui reprend d'ailleurs.
09:42 Donc, quelques coups de menton rhétoriques et dans l'action, des résultats qui sont
09:47 quand même, moi, que j'ai toujours trouvé très médiocres.
09:50 Donc, on ne peut pas me reprocher d'avoir dit beaucoup de bien de Gérald Darmanin.
09:55 Ce n'est pas le cas.
09:56 Ensuite, est-ce qu'il a bien géré la situation ?
09:59 Effectivement, la crise a été gérée en six jours.
10:04 Ça a duré trois semaines en 2005.
10:06 Est-ce que c'est grâce à l'action du ministre de l'Intérieur ou est-ce que c'est plus préoccupant ?
10:13 C'est parce que les dealers ont sifflé la fin de la récréation beaucoup plus tôt.
10:17 C'est quand même une question qu'il faut se poser.
10:18 Je sais si je n'ai pas été le dernier à faire des reproches à Gérald Darmanin,
10:24 y compris sur le stade de France, sur l'expérience.
10:28 Mais c'est comme ça que je fonctionne.
10:30 Peut-être que j'ai tort.
10:31 J'essaye de ne pas toujours être dans la caricature.
10:34 Quand à un moment donné, je trouve que quelqu'un fait quelque chose qui correspond ou qui est
10:38 plutôt à la hauteur de cela, je trouve que le devoir d'un républicain, c'est de le dire.
10:44 Alors après, on peut s'enfermer les uns et les autres, surtout dans le moment actuel,
10:47 dans des jeux de rôle.
10:48 Donc, c'est le ministre de l'Intérieur.
10:49 Il est de droite, je dois lui taper dessus, à bras raccourcis, parce que de toute manière,
10:52 un homme de droite est forcément incompétent, nul et tout ce que vous voulez.
10:55 Mais comme ça, je ne suis pas sûr que la société française avance.
10:58 Moi, je vous le dis parce que j'ai eu, en tant que parlementaire, à gérer des situations
11:01 d'émeutes dans les cités.
11:02 J'ai trouvé, peut-être que je me trompe, peut-être que vous allez me faire la démonstration,
11:06 que je me trompe, je l'admets, mais je trouvais d'abord qu'il avait fait attention à son
11:09 vocabulaire pour ne pas en rajouter d'un côté ou de l'autre.
11:13 Deuxièmement, qu'il a été extrêmement présent à côté des forces de l'ordre et
11:17 que ça a été utile pour les policiers de savoir qu'ils avaient un ministre qui était
11:21 là et que ça a été utile aussi pour éviter un certain nombre de débordements.
11:26 Et je trouve que dans le moment actuel, où il essaye de faire un peu le bilan, encore
11:32 que c'est un peu tôt, mais de pondérer un certain nombre de choses, il dit des choses
11:37 qui sont dans le débat.
11:38 J'ai un point d'accord avec Julien Drez, c'est qu'on peut mettre à son crédit qu'il
11:43 n'a pas lâché les forces de l'ordre.
11:44 Ça, c'était une bonne chose.
11:47 Et dans le maintien de l'ordre, effectivement, il a géré la crise comme il le pouvait,
11:54 même si on a vu que l'État était à l'os.
11:55 Mais ça, ce n'est pas sa responsabilité à lui.
11:58 Ça fait 40 ans que ça dure et les gouvernements de droite ont une lourde responsabilité,
12:03 notamment Nicolas Sarkozy avec la réforme des RGPP.
12:06 D'ailleurs, on a fait une interview de Patrick Stéphanini, que je vous invite à lire, où
12:10 il reconnaît lui-même qu'ils n'auraient pas dû faire cette réforme-là et qu'aujourd'hui,
12:15 les policiers n'ont même pas les moyens, c'est tout juste qu'ils ont les moyens de
12:18 défendre leur commissariat.
12:19 C'est quand même intéressant et très inquiétant.
12:22 Donc là-dessus, sur le maintien de l'ordre, sur le soutien aux policiers, je peux rejoindre
12:26 Julien Drez.
12:27 Sur l'analyse et le diagnostic, je ne suis pas d'accord du tout.
12:30 En plus, Julien Drez connaît bien la politique.
12:31 Il sait très bien que Gérald Darmanin est en campagne pour aller à Matignon, qu'il
12:35 faut amadouer l'aile gauche.
12:36 Et c'est pour ça qu'on a cette sortie absurde qui va ne faire que crisper une partie de
12:41 la population, où il jette en pâture, pardonnez-moi, les Kévin et les Matéo.
12:46 Non seulement les gens qui habitent dans les banlieues, qui subissent l'insécurité physique
12:52 et culturelle la subissent, font l'impression que l'État n'est pas capable de maintenir
12:56 la sécurité, mais en plus, ils sont désignés comme responsables.
12:59 Donc je trouve que c'est honteux.
13:01 C'est le déni qui continue et je pense qu'il fait ça parce qu'il a des ambitions pour
13:06 Matignon.
13:07 Pas inintéressant cette lecture aussi de l'ambition de Gérald Darmanin.
13:11 Oui, mais on peut toujours tout dire, parce qu'il n'y a que lui qui a des ambitions.
13:13 Non.
13:14 Bon, d'accord, les autres, ils n'ont pas d'ambition.
13:17 Tous.
13:18 Les dessins.
13:19 Absolument pas.
13:20 Bon, donc, premièrement.
13:21 Deuxièmement, moi, je trouve le contraire assez courageux parce que la logique aurait
13:24 voulu qu'il la joue en sur-enchaire.
13:26 Mais non, vous êtes intelligent, Julien Drez.
13:29 Vous savez qu'il faut qu'il convainque.
13:31 Parce qu'en général, je connais la forme.
13:33 Non, mais vous savez très bien qu'il doit convaincre sa majorité aussi et que la majorité
13:37 d'Emmanuel Macron est composite et que s'il veut l'accepter par l'aile gauche d'En Marche,
13:41 il doit nuancer son discours.
13:42 J'ai cru comprendre que l'axe de sa majorité, ces dernières heures, s'était beaucoup déplacé,
13:48 je dirais, vers la droite la plus dure et que c'est pas en essayant de convaincre les
13:53 quelques restes de la Macronie de gauche qu'il va accéder à Matignon, d'après moi.
13:57 Bon, mais ça, c'est mon analyse.
13:58 Je ne suis pas dans la recherche d'ordre, telle que je la vois y compris apparaître
14:02 dans les sondages.
14:03 Non, je pense qu'on peut lui faire gré peut-être qu'à un moment donné, il est sincère et
14:09 qu'il essaye d'analyser les choses telles qu'elles sont.
14:11 Qu'est-ce qu'il dit ? D'abord, je ne veux pas stigmatiser tous les jeunes qui vivent
14:14 dans ces cités.
14:15 D'ailleurs, Éliott Delval, qui présidait tout à l'heure le débat, disait "Attention,
14:20 il y a des milliers de jeunes dans ces cités-là qui en ont marre d'être désignés à la
14:25 vindicte populaire parce qu'ils essayent de s'en sortir".
14:28 Bien sûr.
14:29 Donc, ce n'est pas la majorité.
14:30 Donc, il essaye de ne pas stigmatiser.
14:31 Deuxièmement, il dit "Dans les délinquants tels qu'on les voit, ne croyez pas que ce
14:36 sont que des immigrés.
14:38 C'est beaucoup de Français".
14:39 Alors après, il y a le débat, est-ce que ce sont des Français réels ? Ce ne sont
14:42 pas des Français réels, ce sont des Français de papier et tout.
14:44 Mais c'est quand même des citoyens français.
14:45 Ça veut dire qu'on a quand même un problème par rapport à cela.
14:48 Troisièmement, ce n'est pas que...
14:50 Attention, stéréotype dans les profils des casseurs, de ceux qui ont été cassés,
14:55 etc.
14:56 Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a une analyse qui doit être, d'après
14:59 moi, plus nuancée dans toutes ces expressions, qu'il essaye de comprendre.
15:05 Moi, je pense que, si vous voulez mon avis, la question posée, c'est la question de
15:09 la justice pour les mineurs.
15:10 La question qui est posée, c'est la question de l'institution scolaire.
15:12 La question qui est posée, c'est les familles en détresse.
15:15 C'est à ces questions-là qu'il faut répondre aujourd'hui.
15:17 D'ailleurs, Alexandre de Vecchio, on peut lire dans les colonnes du Figaro aujourd'hui
15:20 que le président entend profiter du remaniement pour apporter une réponse de fermeté, mais
15:25 au sein de l'école.
15:26 Est-ce que l'éducation nationale, finalement, selon vous, c'est la pierre angulaire au
15:31 fond du remaniement ?
15:32 C'est un axe important.
15:36 Je rejoins Julien Dray, mais je pense que le président de la République, c'est lui
15:40 qui a nommé Papendieye.
15:42 On avait un homme, Jean-Michel Blanquer, avec des défauts, beaucoup de rhétorique.
15:46 Souvent, on dit que son bilan était un peu décevant, mais avec des axes qui étaient
15:51 quand même intéressants, nets, clairs sur la laïcité, sur la nécessité d'un minimum
15:56 de fermeté.
15:57 Il a choisi quelqu'un qui était multiculturaliste, qui n'incarnait pas spécialement la fermeté,
16:06 très ambigu sur la laïcité.
16:09 Aujourd'hui, il nous dit qu'il faut refaire un virage à 180 degrés.
16:14 On ne comprend pas bien pourquoi il a nommé Papendieye Emmanuel Macron.
16:18 On a l'impression qu'Emmanuel Macron découvre la lune, ce qui est très inquiétant.
16:23 Il a quand même expliqué que c'était très surprenant ce qui est arrivé.
16:28 Qui aurait pu prévoir ? Il devrait allumer ses news.
16:31 Il y a un certain nombre de personnes qui ont prévu depuis longtemps.
16:36 Sans parler simplement de ses news, il y a des gens très respectables, des intellectuels,
16:40 des philosophes et puis une partie des Français.
16:42 Quand on les interroge, ils sont très inquiets depuis très longtemps.
16:46 Que le président de la République découvre qu'il puisse y avoir des émeutes dans les
16:51 cités, ça me paraît très surprenant.
16:53 Je pense que ça rejoint le fait qu'il ait nommé Papendieye.
16:55 Je crois qu'Emmanuel Macron est resté celui qu'il était en 2007.
17:00 C'est quelqu'un plutôt favorable au modèle anglo-saxon, multiculturaliste, pensant qu'en
17:07 créant un peu d'emplois, en faisant mieux marcher l'économie, tout irait bien.
17:10 Et qu'il n'y comprend absolument rien au problème régalien, au problème identitaire.
17:14 En tout cas, Elisabeth Borne, vous révérez qu'Elisabeth Borne n'est pas si alarmiste
17:17 que ça dans les colonnes du Parisien.
17:19 Je vous lirai.
17:20 Allez-y.
17:21 Moi, je ne vais pas tout mettre sur Papendieye.
17:23 Je ne pense pas que l'échec de l'éducation nationale ne soit imputable qu'à Papendieye.
17:30 Je pense que plusieurs des ministres précédents n'ont pas aidé.
17:33 Y compris M. Blanquer qui avait une cote incroyable dans les rédactions parce qu'on pensait
17:39 qu'on s'est rendu compte que ceux qui lui disaient "il parle mais il n'agit pas beaucoup"
17:44 avaient plutôt raison.
17:45 Bon, mais il n'y a pas que lui non plus.
17:47 Ça fait maintenant une vingtaine d'années que notre institution scolaire est rentrée
17:52 dans une crise sans précédent, qu'elle ne s'est pas remise en cause tant sur les
17:57 contenus enseignés, sur la pédagogie, sur les rythmes scolaires, sur les cibles qu'il
18:03 fallait donner.
18:04 Il n'y a pas des syndicats forts en face qui empêchent aussi cette réflexion ?
18:07 Non, c'est plutôt un problème qui se situe dans l'administration de l'éducation nationale.
18:12 Les syndicats ne pèsent pas sur le contenu.
18:13 Ce n'est pas eux qui ont décidé qu'il fallait enseigner l'histoire non plus de
18:17 manière chronologique mais de manière thématique.
18:19 Ce n'est pas eux qui ont dit qu'il fallait supprimer l'instruction civique telle qu'elle
18:22 était enseignée auparavant.
18:23 Ce n'est pas eux qui ont dit qu'il fallait commencer à faire rentrer le différentialisme,
18:26 tous azimuts, etc.
18:27 Il y a eu des circulaires ministériels.
18:29 Et ça revient de loin.
18:31 Ce n'est pas eux qui ont dit qu'il faut faire passer tous les élèves n'importe
18:33 comment sans avoir un vrai contrôle des connaissances, etc.
18:37 C'est tout un système qui est en crise.
18:39 Tout est à revoir dans l'éducation nationale.
18:45 Je crois que la première priorité est de renouer avec l'instruction, la transmission
18:50 des connaissances.
18:51 Parce que si on veut des individus émancipés, capables de faire preuve d'esprit critique,
18:58 capables de s'intégrer dans la vie, il faut d'abord des personnes qui ont un minimum
19:03 de savoir, d'instruction.
19:04 Mais c'est très compliqué aujourd'hui pour les professeurs parce qu'il y a tellement
19:09 de défaillances dans la société, à commencer par les familles et les parents, que les professeurs
19:14 doivent tout faire, se substituer à la famille.
19:18 Mais moi, je crois qu'il faut recentrer malgré tout sur le cœur de leur métier, qui est
19:21 effectivement apprendre aux élèves, transmettre les savoirs fondamentaux.
19:26 Et puis surtout, il faut restaurer l'autorité dans l'école.
19:29 Le professeur n'est pas un éducateur, c'est un maître.
19:32 C'est quelqu'un qui doit être respecté à l'intérieur de l'école, qui doit redevenir
19:37 un sanctuaire.
19:38 Et puis je crois qu'il doit être respecté dans la société.
19:39 C'est pour ça que je suis pour l'augmentation des professeurs, que ce soit un métier qui
19:44 soit valorisé.
19:46 Donc, il y a beaucoup de choses à faire pour en refaire une institution forte de la République.
19:53 En tout cas, beaucoup aujourd'hui s'interrogent.
19:55 Allez-y.
19:56 Je suis d'accord avec l'idée fondamentale que l'école doit être remise au centre.
20:01 De la ville.
20:02 Avant, on disait qu'il fallait mettre l'église au centre du village.
20:05 Là, je pense que c'est l'école qui doit être remise au centre du village.
20:08 Je suis d'accord pour dire que l'école doit redevenir l'école de l'instruction,
20:13 pas de l'animation, pas de la garderie.
20:16 Donc, il faut retrouver, il faut regarder.
20:19 D'ailleurs, chaque séquence…
20:21 Nous avons une école maternelle qui fonctionne plutôt bien et qui est plutôt en avance
20:25 sur le reste de l'Europe.
20:26 Par contre, nous avons une école primaire qui est brinqueballante.
20:30 Et encore, nous avons un système au collège qui ne va plus du tout et un lycée où on
20:34 ne sait plus où on en est.
20:36 Voilà.
20:37 Moi, si vous êtes capable de comprendre désormais quelles sont les filières qui existent dans
20:40 les lycées, vous êtes, d'après moi, devenu un champion.
20:43 Je crois qu'il faut faire simple en réalité.
20:45 Ce que nous dit Julien Drez, il faut nous nouer avec une espèce de simplicité.
20:49 Au primaire, on apprend à lire et écrire, compter.
20:51 C'est très bien.
20:53 Au collège, on acquiert un peu plus de savoir.
20:58 On essaie de trouver une voie.
20:59 On se dédirige plutôt vers une filière professionnelle ou des études supérieures, sachant que la
21:04 filière professionnelle ne doit pas être une filière de relégation.
21:08 Ça doit être un choix.
21:09 Et ensuite, on passe le bac et on refait de cet examen quelque chose qui a du sens.
21:13 Parce que 90% des personnes l'ont, quand on le donne, je crois que ce n'est pas une
21:19 bonne chose.
21:20 C'était un rite républicain, une épreuve méritocratique.
21:24 On enlève même le mérite à ceux qui l'ont en faisant quelque chose qui a perdu tout
21:28 son sens.
21:29 Et c'est vrai que Jean-Michel Blanquer, là, pour le coup, le bac ne voulait déjà pas
21:32 dire grand-chose.
21:33 Alors là, il ne veut plus rien dire.
21:34 Et Blanquer a malheureusement une lourde responsabilité là-dedans.
21:38 Le brevet des collèges, qu'est-ce que c'est ? Ce n'est pas simplement un bout de papier.
21:44 Normalement, ça doit être une vérification des connaissances pour savoir si l'élève,
21:48 quand il arrive en troisième, est en capacité, il a le niveau qui va lui permettre de rentrer
21:52 au lycée.
21:53 S'il ne l'a pas, ce n'est pas forcément un mauvais élève.
21:56 Ça veut dire qu'il faut rattraper ce retard.
21:58 Et ce qui a posé problème, c'est cette notion.
22:01 Et là, il y a eu une erreur considérable, c'est qu'on a mis le doigt sur le redoublement
22:05 en disant maintenant, ça ne sert à rien de faire redoubler.
22:07 Donc, on fait passer.
22:08 Donc, résultat, on a fait n'importe quoi.
22:09 Au lieu de mettre des classes de soutien qui rattrapent des élèves en difficulté
22:13 pour les remettre en situation d'avoir leur brevet, de rentrer correctement avec un bon
22:17 niveau au lycée, ce n'est pas ça.
22:19 Le bac, c'est pareil.
22:20 Voilà.
22:21 Donc, on a dénigré ces rendez-vous qui avaient été conçus par l'école républicaine
22:26 justement comme des rendez-vous permettant de vérifier et donc d'attester que les connaissances
22:31 étaient acquises pour faire un peu n'importe quoi.
22:34 Il nous reste quelques secondes.
22:35 Il faut un homme fort, Ruud Grenell, aujourd'hui.
22:37 Quel profil selon vous pour justement remettre d'aplomb notre éducation nationale ?
22:41 Il faudrait un Jean-Pierre Chevelman jeune, mais je n'en vois pas beaucoup.
22:47 Je suis d'accord avec Julien Dray, mais moi, je pense que le brevet, il faut lui redonner
22:52 du sens.
22:53 Il en a encore moins que le bac.
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24:14 C'est le rappel des titres.
24:16 On retrouve Isabelle Pipoulot.
24:17 Cette semaine en Isère, 4000 pieds de cannabis ont été découverts par la police dans la
24:25 commune de Morette.
24:26 Soit plus d'une tonne d'herbe entassée dans un entrepôt de culture en intérieur
24:30 opéré par des grenoblois associés à des albanais.
24:33 Au terme de 8 mois d'enquête, 6 personnes ont été interpellées et incarcérées.
24:38 Ce dimanche sera chaud.
24:40 Un épisode de canicule va toucher la partie est du pays.
24:43 Quatre départements sont placés en vigilance orange par Météo France.
24:47 Le Rhône, l'Inse, l'Isère et les Alpes-Maritimes, où les températures maximales oscilleront
24:52 entre 34 et 37 degrés.
24:54 L'épisode caniculaire n'est pas exceptionnel pour la saison, mais sa persistance nécessite
24:59 une vigilance particulière.
25:01 Et puis tout roule pour le leader du championnat du monde de Formule 1.
25:05 Les qualifications du Grand Prix de Grande-Bretagne se sont déroulées à Silverstone.
25:09 Max Verstappen a décroché une 7e pole position sur 10 possibles cette saison, sa 5e consécutive.
25:16 Demain, le néerlandais se lancera devant Lando Norris et Oscar Piastri.
25:20 Charles Leclerc lui complétera la deuxième ligne.
25:23 Ce sera à suivre dès 16h sur Canal+.
25:26 Merci Isabelle Piboulot qu'on retrouvera à 20h.
25:30 Je le disais, dans un instant nous allons entendre vos avis respectifs sur l'initiative
25:35 surprenante d'un maire du Val-d'Oise.
25:37 Mais avant, peut-être votre réaction, ça fait parler depuis quelques heures, vous
25:42 avez peut-être entendu cette enquête ouverte contre la chanteuse Isia Higelien après des
25:46 propos évoquant un lynchage d'Emmanuel Macron.
25:49 Cela s'est passé lors de son conterre, c'était jeudi soir à Beaulieu-sur-Mer, dans le cadre
25:54 du festival Les Nuits Guitare.
25:56 On va voir la séquence où Isia Higelien imagine comment le chef de l'État pourrait être
26:01 lynché publiquement.
26:02 C'est quelque chose d'un petit peu extrême, tu vois, mais je le connais.
26:09 Quel coquine celui-là.
26:10 Il s'est dit là ce qui serait bien, tu vois, je pense que ce que le peuple veut, ce dont
26:14 le peuple a envie, c'est qu'on m'accroche à 20 mètres du sol, t'as une piñata humaine
26:21 géante et qu'on soit tous ici présents munis d'énormes battes avec des clous au
26:29 bout comme dans Clockwork Orange, tu vois.
26:32 Et là on le ferait descendre, mais avec toute la grâce et la gentillesse que les gens du
26:38 sud ont.
26:39 Là, juste tout de suite vous, et on aurait tous nos battes avec nos petits clous et dans
26:48 un feu de Bengaï, de joie, de chair vive et de sang.
26:51 On le foutrait à terre, mais gentiment, tu vois.
26:58 Alors je le rappelle, une enquête a été ouverte par le Parc en Lice pour provocation
27:02 publique à commettre un crime ou un délit.
27:06 Peut-être votre réaction, Alexandre de Véquiau, ses propos vous choquent de cette chanteuse,
27:11 de cette artiste ?
27:12 Je ne sais pas ce qu'elle a appris, mais on dirait que ça suscite en elle des fantasmes
27:15 SM, si vous voulez.
27:18 C'est surtout ce que ça m'inspire.
27:21 Bon, effectivement, c'est pas de l'art, c'est pas intéressant, c'est stupide, c'est tout
27:28 ce que vous voulez.
27:29 Est-ce qu'il faut s'indigner ? Si vous voulez, moi je veux bien, mais à ce moment-là, il
27:33 faut interdire les trois quarts des chansons de rap.
27:37 Par exemple, je ne suis pas sûr non plus d'ailleurs que ce soit de l'art.
27:40 Donc c'est plutôt pathétique et idiot qu'autre chose.
27:44 Je pense que ça choque d'autant plus dans ce contexte qu'on sort d'un climat de violence,
27:49 si vous voulez.
27:50 Si vous voulez, et que ça peut être entendu comme un appel à la violence.
27:54 Je ne suis pas sûr que les jeunes de banlieue répondent à l'appel d'Izzy Aiglin, si vous
27:59 voulez, ni même l'extrême gauche ou je ne sais quoi.
28:05 Je pense que les gens sont assez intelligents et que ce n'est pas parce qu'une chanteuse
28:10 qui a manifestement un peu trop fumé raconte n'importe quoi que ça va susciter de la violence
28:16 sur le président de la République.
28:17 Donc voilà, mon commentaire s'arrête là.
28:20 Après ces consommations, on n'en sait rien.
28:22 On est dans une autre posture que celle d'une artiste engagée, tout de même, dans des
28:33 propos assez violents.
28:34 D'abord, Izzy Aiglin est la fille d'un grand chanteur, Jacques Izzy Aiglin, que j'ai connu
28:38 et qui était de grands talents.
28:40 C'est une jeune artiste qui a du talent.
28:42 Elle débute, elle n'est pas encore une grande professionnelle, elle a du talent.
28:47 Je l'ai entendu à plusieurs reprises, j'ai vu plusieurs de ses titres.
28:50 Je suis un peu triste parce que je pense qu'elle se fait énormément de tort dans cette déclaration.
28:56 Elle va, d'un certain point de vue, créer une polémique dont je ne suis pas sûr qu'elle
29:03 ait les tenants et les aboutissants.
29:05 Je ne sais pas ce qui lui a pris, quelles sont les conditions qui l'ont conduite.
29:09 Évidemment, ses propos sont inacceptables sur la forme, sur le fond.
29:12 C'est triste parce que, est-ce qu'elle a été pris en ambiance ? Est-ce que l'hypothèse
29:19 évoquée par Alexandre est une possibilité ? Est-ce qu'elle ne s'est pas rendue compte
29:22 ? Est-ce qu'elle avait vécu des moments très difficiles avant et puis elle a un peu perdu
29:25 de sens ? Je pense qu'il ne faut pas en faire plus que ça, parce que ça ne mérite pas
29:32 plus que ça.
29:33 Si ce n'est une remarque forte en disant "vous avez dit n'importe quoi, Madame".
29:36 Les artistes feraient bien de se méfier de la provoque en toque aussi.
29:41 La provoque en toque ?
29:43 Oui, voilà.
29:44 Je pense qu'elle voulait apparaître engagée et subversive.
29:46 Elle est juste apparue ridicule.
29:47 En tout cas, ça fait beaucoup réagir.
29:51 Vous nous ferez votre avis, vous qui nous regardez, bien évidemment.
29:54 Je le disais, nous allons entendre à présent vos avis respectifs.
29:57 Allez-y, un dernier mot général.
29:58 Je ne suis pas convaincu que dans les heures qui viennent, elle ne soit pas amenée elle-même
30:00 à reconnaître que ce n'était pas exactement…
30:03 Ça ne serait peut-être pas idiot, effectivement, un petit communiqué pour présenter ses excuses.
30:07 Nous allons entendre vos avis respectifs à présent sur l'initiative surprenante, je
30:11 vous le disais, d'un maire du Val-d'Oise, à Saint-Gracien, où des bâtiments publics
30:16 ont été incendiés pendant les émeutes.
30:18 Ce maire demande aux habitants de dénoncer les délinquants pour reconstruire les bâtiments
30:22 détruits.
30:23 On va regarder ce reportage pour tout savoir, précisément de Jules Bedot avec Vincent
30:27 Farandège.
30:28 Et puis, on vous écoute après.
30:29 Voici ce qu'il reste du centre social Camille Claudel à Saint-Gracien.
30:36 Incendié pendant les émeutes la semaine dernière, sa reconstruction, et celle de
30:40 tous les bâtiments dégradés, se fera uniquement si les habitants du quartier Les Ragonnets
30:46 dénoncent les fauteurs de troubles.
30:47 C'est en tout cas ce qu'a demandé le maire de la ville dans un courrier adressé aux
30:51 habitants de ce quartier où se sont concentrés les tensions.
30:54 Tant que nous ne posséderons pas les noms, aucun travaux de reconstruction ne seront
30:59 engagés.
31:00 Le seuil de tolérance est largement dépassé et maintenant la neutralité est considérée
31:05 comme de la complicité.
31:06 Une idée qui provoque l'incrédulité de bon nombre d'habitants et commerçants de
31:10 Saint-Gracien pour qui la situation se retourne contre eux.
31:14 Ce centre culturel, c'est le centre de tout le quartier.
31:16 Leur histoire de dénonciation c'est du n'importe quoi.
31:18 Donc même s'il n'y a pas de dénonciation, il faut le reconstruire.
31:22 Je trouve que c'est pénalisant pour tout le monde.
31:24 Il faut être extrêmement prudent avec ces choses-là.
31:27 Je trouve ce courrier extrêmement gênant d'un point de vue social, humain et politique.
31:33 Il y a néanmoins quelques riverains atterrés par les violences de la semaine dernière
31:37 qui partagent l'opinion du maire de la ville.
31:39 Je le soutiens à fond, oui, oui.
31:41 A fond, oui.
31:42 Parce que si on ne soutient pas, c'est souverain à tout.
31:45 L'Édil a par ailleurs précisé que les finances de la ville ne permettaient pas en
31:50 l'état de reconstruire les bâtiments dégradés.
31:52 La délation, mais jamais bonne conseillère finalement, je lui viendrai.
31:58 Ou est-ce qu'au fond c'est un sursaut républicain, pour reprendre les termes du maire ?
32:04 C'est ce qu'il dit dans son communiqué.
32:05 Non, je veux dire, c'est surprenant qu'un maire se substitue comme ça.
32:09 Il y a la police, il y a la justice.
32:12 On demande à ce que la police et la justice soient intraitables et qu'elles fassent les
32:16 enquêtes nécessaires.
32:17 Mais si vous rentrez dans une phase de délation, je ne sais pas, vous voyez le climat qui va
32:20 s'installer dans ces villes, dans ces quartiers.
32:22 D'abord, il y a une grande partie de la population qui est pénalisée, qui n'en sait rien.
32:26 On va le dire, même si il n'y en a qui n'a pas forcément identifié le casseur, je pense
32:31 que ce n'est pas comme ça qu'on doit le faire.
32:33 Alors après, c'est une autre question qui est posée.
32:35 Est-ce que dans les condamnations qui sont prononcées en ce moment, et où la justice
32:43 multiplie les peines de prison, moi je pense que ce serait plus intéressant d'avoir des
32:49 peines de réparation, c'est-à-dire de condamner un certain nombre de personnes qui ont dégradé
32:52 à venir réparer.
32:54 Et ils passaient des jours et des jours pour réparer, pour nettoyer, etc.
32:58 D'abord, pour qu'ils prennent conscience de ce qu'ils ont fait.
33:01 Et deuxièmement, je pense que c'est beaucoup plus efficace.
33:05 On va me dire "oui mais on n'a pas les encadrants, on ne peut pas etc."
33:07 Je pense que justement, c'est là où il faudra avoir les encadrants, etc. pour faire
33:11 cela.
33:12 Pour ne pas laisser effectivement… Mais je pense que le maire, là, il s'égare.
33:16 Par ailleurs, ce n'est pas vrai qu'il n'a pas les sous.
33:19 Pour une partie, il les a, puisque ses bâtiments sont assurés.
33:21 Et que le gouvernement, par ailleurs, va déclarer l'état de catastrophe sur un certain
33:25 nombre de sites qui ont été dégradés.
33:26 Donc, un peu facile.
33:28 Mais en tout cas, ça montre la colère de ce maire, à l'exemple de…
33:32 Je pense qu'il a voulu exprimer quelque chose politiquement.
33:35 Vraisemblablement, ça n'ira pas au bout.
33:38 Mais c'est une manière de communiquer et de dire des choses qui font écho à ce que
33:44 pensent beaucoup de Français.
33:45 Si vous voulez, on a mis beaucoup d'argent dans la politique de la ville.
33:49 On nous rappelle sans cesse que ce sont soi-disant des territoires relégués.
33:54 Moi, il se trouve que je connais bien Saint-Gracien.
33:56 C'est une ville, certes, où il y a des bâtiments, notamment dans le centre-ville,
34:01 qui ne sont pas très jolis.
34:02 Mais il y a un cinéma de banlieue très agréable, financé par la mairie avec un coût modique.
34:09 Il y avait effectivement un centre cultural.
34:12 Ce n'est pas assis à Saint-Gracien, il y a une piscine, mais dans des villes à côté,
34:16 il y en a.
34:17 Donc l'idée qu'on n'aurait rien fait pour ces jeunes de banlieue et que c'est
34:23 pour ça qu'ils protestent, c'est une idée qui est fausse, qu'il faut démonter
34:29 et surtout qui nourrit une forme d'irresponsabilité et d'infantilisation.
34:34 Je pense que le maire a voulu remettre l'accent sur la responsabilité individuelle, sur
34:38 la responsabilité des parents, sur la responsabilité de ceux qui sont aidés aussi.
34:43 Ce sont des villes où on aide beaucoup les habitants.
34:45 Les logements qui ont brûlé étaient peut-être des logements sociaux.
34:49 Est-ce qu'on donne un logement social à des gens qui les brûlent, qui ont un casier
34:52 judiciaire, qui font du deal, qui commettent des agressions ?
34:55 Ce sont des questions qui ont été posées dans d'autres cas, mais que les citoyens
34:58 français se posent de plus en plus.
35:01 Donc je pense que c'était plus une manière d'ouvrir le débat, si vous voulez, quelque
35:05 chose qui va réaliser concrètement.
35:07 Je pense que c'est un débat qu'il faudrait avoir.
35:10 Comment faire prendre conscience à ces jeunes, effectivement, que ça coûte de l'argent,
35:13 ce qui les casse ?
35:14 Généraliser la délation, c'est une drôle de manière de faire prendre conscience.
35:16 Quand on commence la délation, on ne sait pas ce qui va se passer, parce qu'on ne sait
35:20 pas qui va mettre en cause.
35:21 Vous savez comme moi que, en général, les résultats ne sont pas très beaux dans l'histoire
35:27 quand on commence la délation.
35:28 Voilà, premier aspect des choses.
35:29 Deuxièmement, vous savez que c'est ça qui est en train de mettre en exergue le ministre
35:34 de l'Intérieur, y compris les études qui sont faites, c'est qu'on est en train de
35:38 voir que dans bien des dégradations, ce ne sont pas forcément les habitants.
35:41 Ceux qui dégradaient et ceux qui cassaient n'étaient pas forcément ceux qu'on croyait,
35:46 c'est-à-dire pas forcément les habitants de ces quartiers-là.
35:48 Les habitants des autres quartiers qui sont venus.
35:50 Les habitants d'autres quartiers qui sont venus.
35:51 Il y a eu des tas de choses.
35:52 Ils sont en train d'étudier.
35:53 Je pense qu'il faut faire attention à tout cela.
35:56 Tout de suite…
35:57 Ce ne sont pas les habitants de tout le quartier.
36:00 Il y a plein d'honnêtes gens qui sont les premières victimes.
36:02 Mais c'est même de tout cela.
36:04 C'est pour cela qu'il faut être de plus en plus intraitable.
36:08 Ça va même plus loin.
36:09 C'est-à-dire que ce qu'ils sont en train de découvrir, c'est qu'il y a une mobilité
36:13 très forte et qu'on n'est pas dans les stéréotypes.
36:17 Mais c'est d'un quartier à l'autre et des quartiers communautarisés où il y a
36:20 de l'insimplité.
36:21 Ce qu'ils sont en train de montrer, c'est que ce n'est pas forcément communautarisé.
36:24 C'est possible qu'une bande ait migré d'un quartier à l'autre.
36:26 Mais je crois quand même que les individus qui commettent ce genre de choses, on les
36:31 connaît plus ou moins.
36:32 Souvent, ils ont un casier judiciaire long comme le bras.
36:35 Souvent, ils ont des parents défaillants.
36:37 Donc oui, remettre de la délaçon, je ne suis pas pour.
36:41 Mais les faire payer, faire des travaux d'intérêt généraux.
36:45 Mais le problème, c'est qu'il n'y a pas d'argent dans la justice.
36:48 Personne ne va aller encadrer ça.
36:51 Donc peut-être des sanctions financières à l'égard des parents s'ils sont mineurs
36:55 ou à leur égard.
36:56 Ce sont des choses qu'il faut quand même évoquer.
37:00 Et surtout, il ne faut pas commencer par dire bon, on va tout réparer et puis on va encore
37:04 injecter quelques milliards en pure perte.
37:07 Je crois qu'il faut arrêter ce type de raisonnement-là.
37:09 C'est ça le nœud du problème.
37:10 Je vous le dis parce que j'ai un peu d'informations.
37:16 Il y a une cartographie qui est en train d'être faite par un certain nombre de ministères
37:20 parce qu'ils essayent de comprendre.
37:21 Au moins, il y a notamment plusieurs ministres qui ne se précipitent pas et essayent de
37:25 faire une cartographie exacte entre les lieux qui ont été restaurés par la politique
37:30 de la ville, les lieux qui ont été détruits, entre les populations qui sont aujourd'hui
37:35 qui passent, qui sont déférées, à quoi ça correspond les quartiers et tout.
37:39 Et je pense que dans les heures qui viennent, dans les jours qui viennent plus tôt, vous
37:42 allez avoir un tableau et vous verrez.
37:43 C'est pour ça que le ministre de l'Intérieur a été prudent.
37:45 Contrairement à ce que certains pensent, ce n'est pas aussi mécanique et stéréotypé
37:50 qu'on le croit.
37:51 Et on suivra tout cela de très près.
37:52 Je crois qu'il va y avoir aussi une autre carte intéressante.
37:55 J'espère qu'on la verra.
37:56 C'est vrai qu'il y a des endroits très violents qui ont moins brûlé que d'autres.
38:02 Souvent, ce sont des endroits tenus par les mafias du trafic de drogue.
38:06 D'ailleurs, Julie André les dénonce très souvent.
38:08 Moi, je crois que s'il y a une petite différence par rapport à 2005, c'est que la mafia a
38:14 effectivement fait l'ordre républicain dans ce pays et que c'est très grave.
38:18 Donc, j'espère qu'on aura effectivement la carte et que la carte nous dira si les
38:22 cités qui ont été épargnées sont des cités où on a répertorié des trafics de
38:26 drogue importants.
38:27 Vous verrez que là aussi, ce n'est pas aussi mécanique que ça.
38:31 On a commencé à faire des recoupements et on voit que ce n'est pas aussi simple que
38:35 ça.
38:36 Donc, il y a eu quelque chose qui s'est passé, qu'il faut analyser.
38:38 Je ne suis pas en train de justifier, mais qui n'est pas de l'ordre de stéréotypes
38:42 faciles.
38:43 Il y a eu des blagues là aussi.
38:45 À nouveau, par rapport à 2005, ce n'est pas des stéréotypes faciles.
38:49 Pour le coup, ce sont des enfants de bourgeois, mais ils nous emmerdent aussi.
38:52 Il y a eu des Black Blocs qui ont essayé de faire la convergence des luttes, comme
38:57 on dit.
38:58 J'en ai vu d'ailleurs, ils sont venus jusqu'à Paris à balancer des poubelles enflammées.
39:02 Mais enfin, c'est la question de la responsabilité individuelle reste ouverte.
39:07 Je ne suis pas sûr que les responsables soient Kevin et Matteo.
39:09 Je suis même sûr de contraire.
39:10 Dernière question, il ne reste un peu plus de deux minutes.
39:12 On va écouter le maire de Montargis, puisque parmi les conséquences de ces émeutes, l'annulation
39:18 du feu d'artifice le 14 juillet prochain.
39:22 C'est en tout cas le cas notamment à Montargis, mais pas seulement.
39:25 Il y a aussi Strasbourg, Nîmes, Perpignan.
39:26 On va écouter d'ailleurs le maire de Montargis.
39:28 Là, on sort d'une semaine où on est étrier parce qu'on a nettoyé la ville.
39:33 On a démoli les bâtiments.
39:35 On rouvre les rues ce soir pour que demain le marché et la ville retrouvent son air
39:39 pimpant.
39:40 Il reste une grosse maison à démolir encore pendant deux semaines.
39:43 Je ne vois pas aller faire un feu d'artifice alors que les commerçants et les montargois
39:47 habitants souffrent encore de cette histoire-là.
39:49 Ce n'est pas du tout qu'on n'a pas peur.
39:51 Personne n'a peur à Montargis.
39:53 La police est là.
39:54 Les effectifs de la préfecture sont là aussi parce qu'ils ont quand même compris qu'il
39:58 fallait nous donner un petit peu plus de monde.
40:00 Il faut aider la police nationale à faire une bonne surveillance.
40:03 Je n'ai pas de soucis de ce côté-là.
40:05 Le traditionnel feu d'artifice du 14 juillet, ce n'est pas rien pour les Français.
40:11 C'est un événement sympathique, une tradition.
40:15 Est-ce que c'est une erreur de l'annuler ? Est-ce qu'au fond, ce n'est pas céder
40:19 à ces émeutiers, à ces voyous, Julien Dray ?
40:22 Je comprends que les équipes municipales soient fatiguées, qu'il fallait faire attention.
40:26 Mais le 14 juillet, dans beaucoup de villes, c'est la grande fête de l'été.
40:31 Il y a aussi beaucoup de gens qui ne partent pas en vacances.
40:33 Je vois pourquoi tous ces gens-là seraient pénalisés.
40:36 Si on n'a pas les garanties de sécurité, je vois bien.
40:38 Le maire lui-même dit « j'ai les garanties de sécurité ». Donc, il pourrait le faire,
40:41 le feu d'artifice.
40:42 Qu'est-ce qui a à voir avec ces annulations du feu d'artifice du 14 juillet, selon vous ?
40:45 Là où Julien Dray a raison, c'est qu'il pointe l'incohérence du maire.
40:50 Quand le maire dit « j'ai pas peur », il a peur.
40:52 C'est ça qui est grave dans ce pays.
40:54 C'est qu'aujourd'hui, la fête nationale, c'est quand même tout un symbole.
40:57 Moi, je reste persuadé que c'est ces émeutes ou une dimension identitaire.
41:02 La France est obligée, dans certaines villes, d'annuler sa fête nationale.
41:05 C'est quand même énorme ce qui est en train de se passer.
41:08 Mais je crois qu'elle n'a pas le choix.
41:09 Et effectivement, je comprends ce maire qui n'a pas envie que ses commerçants,
41:13 qui viennent d'avoir leur vitrine dévastée, qui a déjà eu sans doute des bâtiments brûlés,
41:17 en aident d'autres le 14 juillet.
41:19 Mais la vérité, c'est qu'il a peur et que l'État aujourd'hui est extrêmement faible.
41:23 Extrêmement faible pour plein de raisons.
41:25 Parce qu'on a perdu la valeur autorité, parce qu'on a abandonné l'État régalien.
41:30 On a tout concentré sur le social et au lieu de se concentrer sur les fonctions régaliennes,
41:37 notamment parce qu'on a accueilli aussi une immigration qu'on n'a pas pu intégrer.
41:41 Il y a tout ça qu'il va falloir poser.
41:42 Mais on est extrêmement fragiles.
41:45 Et la prochaine fois, ce sera beaucoup plus bas.
41:47 On arrive au terme de cette émission.
41:49 Un dernier mot.
41:50 J'aurais bien aimé qu'on ait tout concentré sur le social efficacement.
41:55 Malheureusement, on a beaucoup annoncé.
41:57 On a fait peu de choses sur le social.
41:58 Et on aura l'occasion d'en reparler.
42:00 Merci, Julien Dray.
42:01 Merci, Alexandre Devecchio.
42:03 Une émission à revoir sur notre site www.cnews.fr.
42:08 L'actualité continue sur notre antenne dans un instant.
42:10 L'excellent Mathieu Bobcoté, d'en face à Bobcoté avec Arthur Dematrigan.
42:14 Le tout orchestré par Eliott Deval.
42:17 Merci à vous, messieurs.
42:19 On se retrouve demain.
42:20 Julien Dray, ce sera avec Geoffroy Lejeune.
42:22 Et on vous retrouve très prochainement, bien évidemment, Alexandre Devecchio, sur notre antenne.
42:27 Très bonne soirée à tous sur CNews.
42:30 [Musique]