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  • il y a 3 ans
L'actualité du jour décryptée en plateau avec les journalistes et les invités de #120minutesInfo

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00:00:00 Bonjour à tous, bienvenue sur CNews, je suis ravi et très honoré de vous accueillir pour
00:00:05 120 minutes info version été.
00:00:08 Dans quelques instants, on va parler du remaniement, de l'allocution du président de la République,
00:00:12 mais d'abord c'est le journal de la rédaction.
00:00:14 Il est présenté aujourd'hui par Isabelle Pibolo.
00:00:16 Bonjour Isabelle.
00:00:17 Bonjour Thomas, bonjour à tous.
00:00:18 Au lendemain du remaniement, Emmanuel Macron a donné sa feuille de route à la nouvelle
00:00:22 équipe gouvernementale en l'accent sur l'ordre, en réponse aux émeutes et l'immigration.
00:00:28 Le chef de l'État a bien sûr réitéré sa confiance à Elisabeth Borne, vous l'entendrez.
00:00:33 En plein centre-ville de Toulouse, un couple a été violemment agressé par quatre mineurs
00:00:38 dans la nuit de mardi à mercredi.
00:00:40 Selon nos confrères de La Dépêche, la jeune femme a été sévèrement tailladée au visage
00:00:45 par des coups de tessons de bouteilles.
00:00:47 Ce vendredi, c'est la journée mondiale de la malbouffe.
00:00:50 Nourriture trop grasse, trop sucrée, trop salée, elle séduit tant gustativement que
00:00:55 pour son coup, aujourd'hui est donc l'occasion de sensibiliser au danger d'une mauvaise
00:00:59 alimentation car selon l'OMS, il est urgent de changer nos habitudes.
00:01:03 En pleine période de vacances d'été, prudence sur les routes, la somnolence est l'une des
00:01:09 premières causes mortelles au volant.
00:01:11 Opération sensibilisation pour les gendarmes auprès des vacanciers, vous le verrez.
00:01:16 A la une de l'actualité, continuité et efficacité sont les mots d'ordre transmis
00:01:23 par le président de la République à son gouvernement.
00:01:25 Emmanuel Macron s'est exprimé à l'issue du premier conseil des ministres de l'équipe
00:01:30 remaniée.
00:01:31 Il doit encore prendre la parole devant les Français prochainement pour revenir sur les
00:01:35 fameux 100 jours dits d'apaisement et redresser les perspectives de la rentrée.
00:01:40 En attendant, je vous propose de réécouter le chef de l'État.
00:01:43 Vous avez traversé les budgets, une réforme des retraites, des textes importants en matière
00:01:51 d'énergie, d'économie, puis j'y reviendrai, mise en œuvre la feuille de route des 100
00:01:56 jours sur laquelle nous étions collectivement engagés.
00:02:00 C'est pourquoi j'ai choisi la continuité et l'efficacité pour les temps qui viennent
00:02:06 et qui s'ouvrent devant nous et en confirmant, réaffirmant avec clarté ma confiance à
00:02:14 la première ministre.
00:02:15 Les premières passations de pouvoir ont eu lieu hier.
00:02:19 Ce matin, François Braune a laissé sa place à Aurélien Rousseau au ministère de la
00:02:24 Santé.
00:02:25 Les détails avec Célia Juda.
00:02:27 Aurélien Rousseau a succédé ce matin à François Braune à la tête du ministère
00:02:31 de la Santé.
00:02:32 Il était il y a quelques jours encore le directeur de cabinet d'Elisabeth Borne.
00:02:37 Le voici aujourd'hui ministre de la Santé, un domaine qu'il connaît bien.
00:02:41 Lui qui a piloté l'ARS, l'Agence régionale de santé d'Île-de-France durant la crise
00:02:46 sanitaire.
00:02:47 Un engagement souligné par François Braune.
00:02:49 Avant de quitter son ministère, François Braune a également rappelé le chemin parcouru
00:02:54 lors de son mandat et a remercié son cabinet et l'ensemble du personnel soignant.
00:02:59 "Vous êtes les briques et le ciment de notre système de santé" a-t-il dit.
00:03:03 Enfin, l'ancien ministre s'est dit soulagé de confier cette administration à une personne
00:03:08 de confiance.
00:03:09 Aurélien Rousseau, de son côté, a accueilli avec émotion les mots de son prédécesseur,
00:03:14 conscient des crises actuelles et de l'urgence à agir.
00:03:17 C'est d'après ces mots, avec modestie et détermination, qu'il s'y attellera pour poursuivre
00:03:22 le sillon, tracé par François Braune.
00:03:24 Dans le reste de l'actualité, cette violente agression à Toulouse dans la nuit de mardi
00:03:29 à mercredi.
00:03:30 Un couple a été pris à partie par un groupe de quatre mineurs en plein centre-ville.
00:03:34 Selon nos confrères de la Dépêche, la jeune femme a été sévèrement tailladée au visage
00:03:39 par des coups de tessons de bouteille.
00:03:41 Les précisions de Noémie Schultz de notre service Police-Justice.
00:03:44 Il est près de 3h du matin, mercredi, quand une bagarre éclate place du Capitole à Toulouse
00:03:50 entre deux groupes de jeunes.
00:03:52 D'un côté, des quatre jeunes de 19 ans, de l'autre, quatre mineurs âgés de 14 à
00:03:57 17 ans.
00:03:58 Alors l'origine de l'altercation est encore floue, explique dans un communiqué le procureur
00:04:02 de la République, qui évoque une demande de cigarettes, des regards échangés ou
00:04:06 des propos mal interprétés.
00:04:08 La situation dégénère très vite.
00:04:10 Grâce à la vidéosurveillance, la police intervient rapidement et sur place, découvre
00:04:16 une jeune femme de 19 ans, sérieusement blessée.
00:04:18 Elle présente de multiples coupures au visage, au cou et au dos.
00:04:22 Les quatre mineurs sont immédiatement arrêtés, placés en garde à vue.
00:04:25 Certains sont suivis par les services judiciaires de la protection des mineurs en raison d'un
00:04:30 parcours social difficile.
00:04:32 D'autres sont déjà connus de la police et de la justice pour des faits de violence,
00:04:35 de vol, menaces, défaut de permis de conduire, détention d'armes, outrage ou encore détention
00:04:40 de stupéfiants.
00:04:41 La plus âgée, c'est une jeune fille de 17 ans, c'est elle qui est soupçonnée d'avoir
00:04:48 porté les coups à l'aide d'une bouteille en verre cassée pour blesser sa victime.
00:04:53 Elle a été placée en détention provisoire jusqu'à sa comparution devant le tribunal
00:04:56 pour enfants dans trois semaines.
00:04:58 Les trois autres mineurs ont été placés sous contrôle judiciaire.
00:05:02 Plusieurs semaines après les émeutes urbaines, les dégâts sont toujours visibles sur le
00:05:10 territoire.
00:05:11 Certains commerçants ont parfois tout perdu.
00:05:14 Dans le Lot-et-Garonne, à Agen, un salon de coiffure a totalement été dévasté.
00:05:18 Nos équipes ont recueilli le témoignage de la gérante.
00:05:21 C'est un sujet d'Amoury Buco et Adrien Spiteri.
00:05:23 Delphine est émue en filmant les images de son salon de coiffure ravagée durant les
00:05:32 émeutes.
00:05:33 En face, il y avait trois miroirs avec trois fauteuils, donc les postes de coiffage, de
00:05:39 broching, tout ça.
00:05:41 De son commerce, il ne reste que des ruines.
00:05:44 Voilà ce qu'il reste.
00:05:45 Il n'y a plus le toit, il n'y a plus rien.
00:05:48 Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, il a été pillé, puis incendié par des émeutiers.
00:05:54 J'ai appelé la police, qui m'a dit de suite qu'ils y étaient déjà sur place.
00:05:58 C'est sûr que le samedi matin, quand je suis arrivée, je n'étais pas très fière.
00:06:03 J'ai pleuré, j'ai pleuré.
00:06:05 Mais après, j'ai essayé de me rassurer en me disant que ce n'était pas ma maison,
00:06:09 qu'il n'y avait pas mes enfants dedans, que je n'étais pas dedans.
00:06:12 Delphine espère désormais que les responsables soient punis.
00:06:15 Aujourd'hui, je me retrouve dans mon salon, dans mon travail, j'ai deux petites filles
00:06:19 derrière.
00:06:20 Et ça, c'est qu'eux, sur le coup, ils ne réfléchissent pas du tout à ça.
00:06:24 Comme me dit la police, vous n'avez rien demandé à personne, ça vous est tombé dessus.
00:06:27 C'est ce qui est un peu dur.
00:06:31 Plusieurs individus, dont deux mineurs et un majeur, ont été identifiés.
00:06:35 Le majeur a été jugé hier et relaxé faute de preuves.
00:06:39 À Agen, le parquet n'exclut pas de faire appel.
00:06:42 Le phénomène de la déconsommation s'accentue depuis le printemps 2022.
00:06:48 L'inflation parasite le pouvoir d'achat des Français.
00:06:51 Dans les commerces, elle est montée à plus de 20%.
00:06:54 Alors les consommateurs s'adaptent, ils achètent moins et sont de plus en plus séduits par
00:06:59 les produits premier prix.
00:07:00 On peut avoir de bonnes découvertes dans les marques distributeurs.
00:07:03 Après, il faut tester.
00:07:05 Tout augmente, que ce soit du bio ou quoi que ce soit, tout est augmenté.
00:07:09 Donc je ne vois pas trop de différence.
00:07:11 C'est vrai que parfois les marques distributeurs sont bien notées, voire mieux notées que
00:07:15 les autres.
00:07:16 Je pense notamment au mousse, on a des bonnes découvertes.
00:07:19 Elles peuvent être le cauchemar de votre quotidien ou même ruiner vos vacances.
00:07:25 Les punaises de lits n'existent que peu de manière pour éradiquer efficacement ce fléau.
00:07:31 Bien souvent, il n'y a pas d'autre choix que de faire appel à une entreprise.
00:07:34 Spécialisé Thibault Marcheteau a pu en suivre une lors d'une intervention.
00:07:38 Si ces techniciens se protègent autant avant d'intervenir, c'est pour éradiquer en profondeur
00:07:45 le nuisible.
00:07:46 Je suis en train de m'équiper pour se protéger par rapport aux punaises de lits parce que
00:07:50 là on est sur le deuxième passage, il y a de fortes chances qu'il y en ait d'autres.
00:07:53 Donc là c'est les yeux qui ont éclos.
00:07:55 Comme 11% des ménages français entre 2017 et 2022, cet appartement est infesté par
00:08:00 les punaises de lits.
00:08:01 Là on est en train d'envoyer de la bombe froide qui est à -40° pour les faire sortir
00:08:06 s'il y en a toujours à l'intérieur.
00:08:08 Cet insecte de quelques millimètres seulement gâche la vie du locataire et cette année,
00:08:13 la prolifération semble encore plus importante.
00:08:16 Cet été ça a doublé de volume, voire triplé.
00:08:18 Le téléphone n'arrête pas de sonner et vraiment c'est uniquement pour les punaises
00:08:22 de lits.
00:08:23 Donc les punaises de lits, il y a une quantité folle cette année et je ne sais pas pourquoi.
00:08:27 Si vous détectez une punaise de lits comme celle-ci, il faut agir immédiatement.
00:08:31 Cet insecte prolifère très rapidement, entre 5 et 15 oeufs par jour.
00:08:36 Si vous voulez traiter par vous-même, il y a la terre de Giatome qui fonctionne très
00:08:39 bien mais le problème c'est que vous allez cibler.
00:08:41 Par contre, si elles sont cachées, introuvables, vous devez faire appel à un professionnel
00:08:45 qui va pouvoir les détecter et éradiquer ça au plus vite.
00:08:48 Cette entreprise réalise jusqu'à 7 interventions par jour, pour un coût qui varie autour
00:08:52 de 400 euros selon le niveau d'infection.
00:08:55 Vous êtes peut-être friand de burgers, de frites, entre autres la journée mondiale
00:09:01 de la malbouffe c'est aujourd'hui.
00:09:02 On désigne par ce terme toutes les nourritures trop grasses, trop sucrées, trop salées.
00:09:07 On les trouve généralement dans les enseignes de restauration rapide et en cas d'excès,
00:09:12 les conséquences peuvent être néfastes sur votre santé.
00:09:15 Reportage de Jules Budeau et Mathieu Deveze.
00:09:17 Pour certains, la restauration rapide c'est…
00:09:22 5 à 6 fois par mois.
00:09:23 Je dirais plutôt par semaine au moins 3 fois par semaine.
00:09:27 Très rarement, je dirais peut-être 3 fois l'année.
00:09:30 Ce vendredi est la journée mondiale de la malbouffe, l'occasion de sensibiliser au
00:09:34 danger d'une mauvaise alimentation.
00:09:36 En premier lieu l'obésité, ça fait grossir de manger beaucoup salé, gras, sucré.
00:09:41 Deuxièmement c'est tous les risques cardiovasculaires qui sont liés à l'apparition du diabète,
00:09:46 d'un excès de graisse dans le sang et effectivement d'un excès de sel dans le sang.
00:09:50 Donc vous êtes menacé.
00:09:51 Mais selon certains consommateurs, la malbouffe est souvent bien moins chère que la nourriture saine.
00:09:56 Vous allez au grec du coin avec un sandwich avec fromage cannebis, on va en avoir pour 7 euros.
00:10:00 Donc déjà ça fait du bien en portefeuille et ça fait du bien à la bouche.
00:10:02 Donc voilà, c'est pour ça.
00:10:03 Donc si vous voulez qu'on mange plus sain, il faut faire des prix attractifs.
00:10:07 Le message est passé et selon l'Organisation mondiale de la santé, il est urgent de changer
00:10:12 nos habitudes alimentaires.
00:10:13 Car depuis 1975, le nombre de cas d'obésité a presque triplé à l'échelle planétaire.
00:10:19 Et la France n'échappe pas au phénomène, avec plus d'un Français sur 5 concerné.
00:10:24 C'est l'une des premières causes mortelles au volant.
00:10:28 La somnolence sur le terrain.
00:10:30 Les gendarmes sensibilisent les vacanciers, parfois trop pressés de rejoindre leur destination.
00:10:35 Mais vous allez le voir, certains restent tout de même vigilants.
00:10:38 Reportage dans l'ISER et dans la Drôme de Marine Sabourin avec Olivier Madigny.
00:10:42 On a volé la sécurité routière et aujourd'hui on va voler prévention.
00:10:46 Ça marche.
00:10:47 Voilà.
00:10:48 Merci.
00:10:49 Voilà monsieur.
00:10:50 Opération sensibilisation au PH 251 Falavier.
00:10:53 Les gendarmes de l'ISER distribuent ces kits anti-somnolence, composés d'une gourdée
00:10:57 de brochures indiquant les diverses recommandations pour éviter de somnoler au volant.
00:11:02 Une prévention importante selon les vacanciers.
00:11:04 Je trouve que c'est très bien parce que justement, au moins ils nous expliquent des
00:11:07 choses qu'on ne suit pas forcément.
00:11:09 Afin d'éviter de s'endormir en conduisant, les autorités recommandent de bien aérer
00:11:13 son véhicule, de s'hydrater régulièrement, de privilégier les repas légers et de s'arrêter
00:11:18 toutes les deux heures pour faire une pause.
00:11:20 Sur l'autoroute des vacances dans la Drôme, les automobilistes que nous avons rencontrés
00:11:25 semblent plutôt vigilants.
00:11:27 On fait beaucoup de pauses et on roule.
00:11:29 Étant retraités, on roule rarement de nuit donc somnolence non, ça ne m'arrive pas.
00:11:35 Alors souvent je suis sujet à la somnolence, surtout après un petit repas.
00:11:39 Dans ce cas-là, c'est ma femme qui prend le volant.
00:11:41 On est tous sujet à la somnolence.
00:11:44 Il faut s'arrêter.
00:11:45 Quand on commence à avoir les yeux qui piquent, il faut s'arrêter.
00:11:47 En France, la somnolence au volant serait responsable d'un accident mortel sur cinq.
00:11:52 En Gironde, le mildiou a sévèrement frappé les vignobles bordelais.
00:11:58 La conjonction de forte chaleur et d'humidité est à l'origine d'une propagation de cette
00:12:03 moisissure sur 90% des vignes.
00:12:06 Mais pas seulement.
00:12:07 Mathilde Ibanez.
00:12:08 Je suis dégoûté, je suis écoeuré de voir quand on voit ça, quand on voit tout le travail
00:12:14 d'une année.
00:12:15 C'est un coup dur pour Julien Lureau.
00:12:17 Ce viticulteur fait face au mildiou, un champignon pathogène qui attaque les feuilles de ses
00:12:21 vignes puis ses grappes.
00:12:23 On voit bien qu'elles n'ont pas été taillées, tout est mort.
00:12:27 C'est un vrai nid à mildiou, à flavescence dorée.
00:12:30 On voit juste à côté mes vignes qui sont à moins de 4 mètres des friches.
00:12:34 Je suis entouré de 17 hectares de friches autour de mes parcelles.
00:12:40 On voit bien la contamination directe.
00:12:42 En ayant fait 11 traitements cette année, on voit bien toutes les grappes qui sont mortes,
00:12:47 qui sont desséchées.
00:12:48 Donc là c'est un 100% de perte de récolte.
00:12:52 Comme lui, de nombreux viticulteurs sont victimes de ce champignon qui s'est propagé avec
00:12:57 les fortes précipitations et une chaleur très humide de ces dernières semaines.
00:13:01 Pour lutter contre cette épidémie, un plan d'arrachage a été décrété par le gouvernement
00:13:05 en juin dernier.
00:13:06 Mais cette initiative arrive trop tard.
00:13:08 La difficulté qu'on a c'est que ces aides arrivent finalement en fin de saison viticole,
00:13:13 alors que si elles étaient arrivées plus tôt, en début de saison, on aurait pu peut-être
00:13:16 enlever ces hectares-là.
00:13:18 Et on pense quand même avoir une action, ça aurait eu sûrement une action sur l'implantation
00:13:25 du miliou.
00:13:26 Sur les 108 000 hectares du bord de l'Ais, 90% des vignes seraient touchées par l'épidémie.
00:13:31 Dans l'actualité internationale, en Ukraine, la nuit dernière et pour la quatrième nuit
00:13:37 consécutive, des frappes russes ont touché la région d'Odessa, port stratégique en
00:13:41 mer Noire.
00:13:42 Kiev accuse Moscou de viser spécifiquement ces infrastructures pour empêcher toute reprise
00:13:48 éventuelle des exportations.
00:13:49 Le président ukrainien a remercié ses troupes, mais selon lui, la capacité de la défense
00:13:54 aérienne ukrainienne reste insuffisante.
00:13:56 Et puis la Grèce suffoque.
00:13:59 Ce week-end risque d'être le plus chaud de ces 50 dernières années pour un mois de juillet.
00:14:04 En milieu de journée, des températures de 41 degrés ont été enregistrées dans la
00:14:09 région d'Athènes et jusqu'à 44 degrés en Tessalie, dans le centre du pays.
00:14:13 La Grèce, en vigilance absolue, subit une canicule qui devrait se prolonger la semaine
00:14:19 prochaine.
00:14:20 Direction Sydney à présent, en Australie, pour votre JT Sport avec la Coupe du monde
00:14:25 de football féminin.
00:14:26 La Coupe du monde en Australie et en Nouvelle-Zélande est bien lancée, mais pour les Bleus, il
00:14:40 faudra attendre ce dimanche pour entrer dans la compétition.
00:14:43 Au programme du jour pour l'équipe de France, une journée à huis clos.
00:14:46 Il n'y aura pas de conférences de presse ni de quart d'heure ouvertes aux médias
00:14:49 à l'entraînement.
00:14:50 Les Bleus vont rester au Valentine's Park, là où elles s'entraînent à environ 45
00:14:53 minutes de Sydney, là aussi où elles apprennent à découvrir leur nouveau sélectionneur
00:14:57 Hervé Renard à la tête de l'équipe de France depuis 4 mois.
00:14:59 Lui va découvrir sa première grosse compétition à la tête de l'équipe de France.
00:15:04 En conférence de presse, Kadhi Diatou Diagne a noté la bonne cohésion d'équipe et un
00:15:08 état d'esprit qui n'était pas forcément le même auparavant, quand Elisa Ade Almeida
00:15:12 a souligné la bienveillance de son coach.
00:15:14 Il s'est aussi montré plus incisif, notamment en pointant du doigt les duels manqués lors
00:15:19 de la défaite face à l'Australie lors du dernier match de préparation.
00:15:23 Mais Elisa Ade Almeida s'est montrée rassurante.
00:15:25 Elles ont travaillé cela à l'entraînement et elles seront prêtes dimanche pour affronter
00:15:28 la Jamaïque, 43ème nation mondiale.
00:15:30 Je vous retrouve pour un prochain point sur l'actualité à 16h dans un instant en 120
00:15:44 minutes info présentées par Thomas Bonnet.
00:15:47 A tout de suite sur CNews.
00:15:48 Merci beaucoup Isabelle, on se retrouve tout à l'heure.
00:15:51 Dans quelques instants avec mes invités, nous allons parler du remaniement, des annonces
00:15:55 d'Emmanuel Macron.
00:15:56 Mais d'abord, on marque une courte pause.
00:15:58 A tout de suite.
00:15:59 De retour dans 120 minutes info version été.
00:16:06 On est là jusqu'à 17h pour décrypter l'actualité.
00:16:09 Actualité évidemment marquée par le remaniement, les annonces d'Emmanuel Macron.
00:16:13 Pour en parler, je suis ravi d'accueillir sur ce plateau Amine Elbaïe.
00:16:16 Bonjour, vous êtes juriste.
00:16:18 Erwann Barillot, écrivain.
00:16:20 Et Elodie Huchard, journaliste au service politique de CNews.
00:16:23 Vous étiez ce matin au remaniement, vous allez tout nous raconter.
00:16:25 On va commencer d'abord avec une image en direct, à peine nommée déjà sur le terrain.
00:16:29 C'est Gabriel Attal, le nouveau ministre de l'Education nationale qui vous voyait grâce
00:16:34 à ces images de Charles Baget et Jules Bedot.
00:16:36 Il est en déplacement à la Verrière, c'est dans les Yvelines.
00:16:39 Alors sur les images, on voit notamment Gérard Larcher ou encore Karl Oliv.
00:16:44 Premier déplacement pour celui qui a remplacé hier soir Papendiaïe au ministère de l'Education nationale.
00:16:51 Amine Elbaïe, première réaction que vous évoque la nomination de Gabriel Attal au ministère de l'Education nationale.
00:16:57 Gabriel Attal, c'est un jeune ministre, il a 34 ans.
00:17:02 Vous savez, les Français partagent un certain nombre de questions.
00:17:05 C'est d'abord un ministre qui n'est jamais passé par l'enseignement public.
00:17:10 Il aura face à lui des enjeux extrêmement importants.
00:17:14 D'abord, la question de la lutte contre le harcèlement scolaire.
00:17:16 On se souvient que Brigitte Macron avait repris le dossier en urgence à l'insu de Papendiaïe.
00:17:24 Revaloriser aussi la place des enseignants.
00:17:26 Vous savez qu'aujourd'hui, nous peinons dans l'enseignement public pour recruter des professeurs et susciter des vocations professionnelles dans l'enseignement.
00:17:37 Et enfin, je crois que c'est également l'occasion d'affronter un certain nombre de sujets que Papendiaïe n'a pas voulu mettre sur la table sur l'antrisme islamiste, sur les valeurs de la République.
00:17:47 Je crois que finalement, et je me souviens d'ailleurs des propos tenus à l'époque par Gabriel Attal, il se disait favorable à l'expérimentation de l'uniforme à l'école.
00:17:59 Je crois que c'est peut-être l'occasion, à travers la partie restante du second mandat d'Emmanuel Macron, de poser aussi ces sujets sur la table afin de retrouver l'ordre, l'autorité, le respect de l'enseignant, le respect de l'uniforme à l'école.
00:18:14 - Erwann Barilhau, une réaction. Gabriel Attal nommé hier déjà sur le terrain. Qu'est-ce que vous attendez de sa nomination au ministère de l'Education nationale ?
00:18:22 - C'est vrai que sa jeunesse peut surprendre, mais bon après tout...
00:18:24 - Le jeune ministre de l'Education nationale de la Ve République.
00:18:26 - Mais après tout, aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années. Donc on va voir ce qu'il va faire.
00:18:31 Il s'est beaucoup engagé depuis plusieurs années sur la thématique de l'excellence. C'est un mot qu'il avait répété pendant la campagne de 2017.
00:18:39 Il s'était positionné là-dessus. On m'a raconté qu'il visait davantage le ministère de l'Intérieur au cas où Gérald Darmanin aurait été Premier ministre.
00:18:48 C'est tout de même une promotion pour lui. Effectivement, il est jeune. Après, est-ce que son profil très école alsacienne,
00:18:56 est-ce que ça va bien l'embrancher avec les syndicats ? Ça va être en plus des nombreux dossiers. Le dialogue avec les syndicats,
00:19:03 ça va être un des gros dossiers qu'il aura à gérer pendant sa prise de fonction.
00:19:09 - Il se trouve que j'étais hier à la passation de pouvoir entre Gabriel Attal et Papendia.
00:19:13 Trois priorités ont été fixées par le nouveau ministre de l'Éducation nationale. Le respect de l'autorité au cœur de l'école,
00:19:18 le respect du professeur, garantir que chaque élève, chaque jour, ait un professeur face à lui et la lutte contre le harcèlement scolaire.
00:19:24 Elodie, je me tourne vers vous. Les chantiers sont nombreux pour Gabriel Attal à la tête de ce ministère.
00:19:29 - Oui, mais Gabriel Attal revient aux fondamentaux. C'est exactement ce que veulent les parents et ce que veulent toutes les personnes,
00:19:35 y compris les professeurs. Parce que le problème, c'est ce qu'on disait, peut-être que Papendia était un ministre qui avait une idéologie,
00:19:41 une vision de l'école. Et si je le dis, peut-être, ça peut peut-être choquer, mais en fait, on n'a pas pour l'instant besoin d'une vision de l'école.
00:19:48 Ce qu'on veut d'abord, c'est revenir à la base, effectivement, de dire que chaque élève doit avoir un professeur.
00:19:52 Ça semble une évidence. Ce n'est pas le cas de partout. Comme le disait Emmanuel Macron encore ce matin, que chaque enfant sache lire,
00:19:57 écrire, compter quand il sort de l'école. Oui, ça semble une évidence. Non, ce n'est pas le cas de partout.
00:20:01 Donc Gabriel Attal, il a très bien compris les choses, c'est-à-dire d'abord, on va assurer les bases avant de voir plus.
00:20:06 Et surtout, Gabriel Attal, il corrige avec ce déplacement à la Verrière où l'école avait été incendiée.
00:20:11 Le maire de la Verrière était devenu un petit peu en emblème. Il avait été appelé par Emmanuel Macron, etc.
00:20:15 Eh bien, il fait justement ce que n'a pas assez fait Papendia. Il se déplace beaucoup plus. Il a dit qu'il ferait au moins un déplacement par semaine.
00:20:21 Alors, nuance quand même, parce que Papendia, il a fait un certain nombre de déplacements, mais comme il n'était pas forcément extrêmement médiatisé,
00:20:27 il n'était pas suivi. Là, on a vu quand même sur ces images, on voit la foule de journalistes qui est autour, signent qu'on est au premier jour.
00:20:33 On ne va pas s'emballer sur un bilan, évidemment, mais on voit qu'en tout cas, pour ce premier déplacement, Gabriel Attal, il réussit à faire venir avec lui les journalistes.
00:20:40 Et cette nomination redonne aussi un peu d'intérêt pour le ministère.
00:20:43 Il a d'ailleurs annoncé hier aussi qu'il allait délocaliser des réunions de son ministère trois jours chaque mois, justement, pour garder le contact du terrain.
00:20:50 On va continuer évidemment de suivre ce déplacement de Gabriel Attal, notamment s'il y a une déclaration de celui qui est donc le nouveau ministre de l'Éducation nationale.
00:20:58 Mais d'abord, on va aussi revenir évidemment sur les allocutions, les déclarations d'Emmanuel Macron.
00:21:03 C'était donc ce matin, lors du Conseil des ministres, un propos liminaire qui s'est en fait transformé en allocution.
00:21:09 D'ailleurs, il y a un peu d'une surprise sur la forme, Élodie. Je me tourne à nouveau vers vous.
00:21:14 C'est assez étonnant, finalement, cette prise de parole du président de la République juste avant le Conseil des ministres.
00:21:19 À qui s'adressait-il en fait ? Aux ministres ? Aux Français ? On ne sait plus trop bien.
00:21:23 En fait, les ministres eux-mêmes, je crois, s'ils sont perdus.
00:21:25 C'est-à-dire que ce matin, le porte-parole du gouvernement explique chez nos confrères qu'il est important de faire le bilan des 100 jours et que donc,
00:21:31 ce propos liminaire sera bien le bilan des 100 jours. Comprenez qu'il va s'adresser devant ses ministres, mais aux Français.
00:21:37 Ensuite, on entend ce propos liminaire. Alors, il fait toujours un propos liminaire avant chaque Conseil des ministres.
00:21:41 Et c'est souvent le cas de manière plus longue quand il y a un remaniement et en général, la presse, évidemment, y a accès.
00:21:46 Mais là, quand on écoute son discours, on se dit "c'est bizarre, le bilan des 100 jours, on ne le voit pas très bien".
00:21:50 Et dans la foulée, l'Élysée nous dit "ah non, attention, ça n'est pas la prise de parole des 100 jours, elle aura lieu très prochainement".
00:21:55 Donc très clairement, il y a deux options. Soit les ministres eux-mêmes ont été un peu pris de court et ont mal compris quel était le but de cette allocution.
00:22:03 Option 2, on a tous dit, nous qui étions sur place, que quand même le format était très étrange, que c'était vouloir en faire un non-événement.
00:22:09 Est-ce que l'Élysée, voyant que ce format-là faisait totalement pschitt, s'est dit "on change notre fusil d'épaule et on fait une vraie déclaration".
00:22:15 On connaît la fenêtre de tir. En gros, c'est plutôt demain parce que c'est avant qu'il parte en Nouvelle-Calédonie, donc dimanche.
00:22:21 En revanche, autour du chef de l'État, il nous explique encore que la forme n'est absolument pas actée.
00:22:26 Ce qui tenait la corse jusque-là, c'était une déclaration, enfin une interview dans la presse quotidienne régionale.
00:22:30 Pour l'instant, personne ne peut nous le confirmer.
00:22:32 - Erwan Bariou, un mot sur la forme. On va évidemment parler après de ce qu'a dit le président de la République, mais cette forme a de quoi interroger quand même.
00:22:38 - Il y a eu des couacs sur la forme tout au long de cette séquence remaniement. On a suivi hier les annonces les unes après les autres.
00:22:45 Chaque média a annoncé un ministre. - On confirme qu'on a suivi ça au compte-gouttes, en effet.
00:22:48 - Alors que, effectivement, normalement, on attend le communiqué qui annonce officiellement chaque ministre.
00:22:52 Là, tout le monde savait à peu près quelle allait être la nouvelle configuration gouvernementale avant les annonces.
00:22:57 Donc il y a eu effectivement des fuites et tout ça donne le sentiment quand même d'un amateurisme et d'un gouvernement qui ne tient pas ces informations
00:23:05 et qui a du mal à faire en sorte que chacun reste à sa place.
00:23:10 Et là, effectivement, cette scène qu'on a vécue ce matin, ce monologue du président de la République dans la salle des fêtes,
00:23:17 où il n'y avait absolument pas une ambiance de fête d'ailleurs, puisque c'était même effectivement très froid, il n'y avait aucune chaleur.
00:23:23 - On imagine que pour huit ministres, au moins, c'était plutôt une ambiance sympathique ce matin, leur premier conseil des ministres.
00:23:28 - C'était une ambiance sympathique, mais il les a à peine regardés. Il n'y avait aucune chaleur.
00:23:31 - On n'a pas tout vu du conseil des ministres quand même. On a vu le propos liminaire.
00:23:34 - On a vu le propos liminaire. - À la sortie, on a plutôt vu des sourires de la part des ministres.
00:23:37 - Les ministres qui participent nous disent plutôt qu'ils ont apprécié l'ambiance parce que, effectivement, comme ce sont des députés qui ont déjà beaucoup bossé avec les ministres,
00:23:44 ils se connaissent tous très bien et l'un d'entre eux nous disait que c'était une très bonne ambiance, on était en famille.
00:23:48 - En tout cas, il ne parlait pas au français, ça c'est sûr. Il ne parlait pas non plus véritablement aux ministres.
00:23:54 Effectivement, on se demandait à qui il parlait, peut-être aux médias, mais c'est vrai qu'on s'interroge aussi sur cette deuxième prise de parole qui va arriver dans les prochains jours.
00:24:03 - Aminel Baye, est-ce que vous aussi, vous pensez qu'il y a une forme d'improvisation, à la fois ce matin lors de la prise de parole du président de la République,
00:24:09 mais aussi hier lors de l'annonce du remaniement ?
00:24:12 - Emmanuel Macron a travesti la parole présidentielle. La parole présidentielle ne vaut plus rien pour lui.
00:24:20 Ce qu'on a entendu ce matin, c'était du vide absolu. Je serai incapable de vous dire ce qu'il a dit puisque je n'ai absolument rien compris.
00:24:29 - C'est pour ça qu'on a prévu de parler justement de ce qu'il a dit après.
00:24:31 - Ah mais, vous savez, moi je suis amoureux d'un écrivain qu'on appelait le sorcier de l'Élysée. C'était Jacques Pilan.
00:24:39 Et d'ailleurs, Jacques Pilan, il a travaillé à la fois pour François Mitterrand et il a également conseillé dans sa communication politique Jacques Chirac.
00:24:47 Il a aussi bien travaillé pour la droite comme pour la gauche. Et il a théorisé la rareté de la parole présidentielle.
00:24:54 Et à travers cette rareté, la parole présidentielle prenait aussi une certaine autorité, une certaine valeur.
00:25:00 Ce matin, le président de la République a pris la parole et nous ne savons rien de ce qu'il veut faire pour les Français.
00:25:06 On est à plus de 500 jours de guerre en Ukraine. Le prix de l'électricité est en train d'exploser.
00:25:11 Les quartiers populaires ont brûlé avec les émeutes.
00:25:15 On aurait voulu une parole présidentielle qui nous explique ce en quoi et ce pourquoi il pourra renouer demain avec la confiance des Français.
00:25:25 Comment demain il va répondre aux attentes profondes des Français sur la sécurité, sur les impôts, sur le pouvoir d'achat.
00:25:32 Et là, si on nous explique que demain il y aura une nouvelle parole présidentielle sur les 100 jours,
00:25:38 si on nous explique que demain Emmanuel Macron reprendra la parole pour nous annoncer la politique de la nation.
00:25:44 Mais pourquoi a-t-il pris la parole ce matin ? C'est la question que je vous pose.
00:25:48 Il a quand même annoncé quatre grands chantiers qui sont devant le gouvernement.
00:25:53 Je vous les cite la réindustrialisation et le plein emploi, le progrès pour ce qui concerne l'école et la santé,
00:25:59 la transition écologique ou encore l'ordre républicain.
00:26:03 Il est d'ailleurs revenu sur les émeutes urbaines qu'a connues la France ces dernières semaines.
00:26:08 Je vous propose d'écouter le président de la République.
00:26:11 Alors non, d'abord, on va écouter Gabriel Attal qui s'exprime depuis la verrière dans les Ybinons.
00:26:15 Écoute.
00:26:16 J'ai tenu à me rendre pour mon premier déplacement de ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse ici à la verrière
00:26:29 dans un établissement qui a été touché, détruit par les émeutes qui sont survenues dans notre pays au début du mois.
00:26:37 C'était très important pour moi d'être ici, puisque évidemment, les familles, les enseignants,
00:26:44 le personnel de direction, les élus ont été traumatisés par ce qui s'est passé.
00:26:49 Je ne parle pas simplement des établissements qui ont été dégradés ou qui ont été détruits.
00:26:53 Le traumatisme, je crois, a concerné l'ensemble de la communauté éducative partout en France.
00:26:58 Parce que la République, c'est un bloc et l'éducation nationale, elle fait bloc.
00:27:03 Et quand il y a une attaque, quand il y a une brèche dans ce bloc,
00:27:07 c'est toute l'éducation nationale et toute la République qui se mobilisent et qui est traumatisée.
00:27:13 Et donc, c'était important pour moi d'être aux côtés des personnels, des directrices, évidemment,
00:27:16 des élus locaux qui ont été particulièrement traumatisés par ce qui s'est passé.
00:27:21 Ça a été des scènes, ça m'a été décrit à l'instant, des meutes de désolation.
00:27:26 Certains ont appris le terme de guerre civile avec des géricanes d'essence
00:27:30 pour alimenter des incendies sur des établissements scolaires,
00:27:34 des sapeurs-pompiers empêchés d'intervenir par des barricades et par des pierres qui leur étaient jetées.
00:27:41 Il faut mesurer le traumatisme que c'est pour les habitants de ce quartier, pour les élèves,
00:27:45 pour les élus, pour les personnels de direction et pour les enseignants.
00:27:49 Moi, je suis venu leur apporter mon soutien.
00:27:52 Je suis aussi venu leur dire que nous sommes là à leur côté pour avancer.
00:27:57 Derrière l'effroi, il y a l'espoir.
00:27:59 Et l'espoir, il est né dès le lendemain de ces actes inqualifiables,
00:28:04 avec une mobilisation extraordinaire que je veux saluer,
00:28:06 des collectivités locales pour trouver des solutions.
00:28:09 L'espoir, il est né aussi, je crois quand même, d'un rassemblement politique large,
00:28:14 républicain, autour de cet enjeu.
00:28:16 Et je veux vraiment remercier le président du Sénat, Gérard Larcher, d'être à mes côtés.
00:28:20 L'espoir, c'est évidemment les solutions qui vont être trouvées à très court terme pour les élèves,
00:28:25 évidemment les chantiers de reconstruction qui vont pouvoir démarrer.
00:28:29 Je rappelle qu'un projet de loi qui permet d'accélérer drastiquement
00:28:32 toutes les procédures de travaux de reconstruction
00:28:35 vient d'être adopté par le Parlement après avoir été adopté à l'unanimité au Sénat.
00:28:39 Et je salue à nouveau son président.
00:28:41 Il va permettre de réduire tous les délais sur des reconstructions à l'identique.
00:28:45 Là où les délais d'autorisation sont normalement de six mois, ce sera six semaines.
00:28:50 Il va permettre d'augmenter le taux de subvention pour les travaux.
00:28:53 Il va permettre d'assouplir un certain nombre de règles de marché public.
00:28:57 Tout ça pour qu'on puisse reconstruire, pierre après pierre, le plus rapidement possible.
00:29:03 Évidemment, l'espoir doit s'accompagner d'une lucidité.
00:29:07 Les jeunes se sont comportés comme des voyous qui ont incendié ces établissements scolaires.
00:29:14 Ça m'était dit à l'instant.
00:29:15 Certains d'entre eux, probablement, ont grandi dans ce quartier,
00:29:18 probablement fréquenté cette école.
00:29:20 Peut-être des petits frères, des petites sœurs qui sont scolarisés dans cette école.
00:29:24 Et donc, évidemment, ça doit nous amener à nous interroger et surtout à agir
00:29:28 sur la question des droits et devoirs du citoyen à l'école,
00:29:31 sur la question du respect de l'autorité.
00:29:33 Et sur ce sujet-là, je serai extrêmement clair, extrêmement ferme.
00:29:37 Et je sais que j'aurai aussi sur ce sujet-là un très fort rassemblement politique
00:29:41 et l'ensemble de la communauté éducative à mes côtés.
00:29:44 En tout cas, je veux vraiment remercier pour la très forte mobilisation du maire Nicolas d'Inville,
00:29:48 du département de Pierre Bédier, de la région Île-de-France avec Valérie Pécresse
00:29:53 pour trouver des solutions.
00:29:54 Je me rendrai dans un instant à l'école régionale du premier degré
00:29:58 qui va permettre d'accueillir les élèves qui ont été scolarisés dans ces établissements.
00:30:04 Est-ce qu'on sait à l'échelle nationale combien d'élèves sont touchés,
00:30:07 privés de place, en tout cas, même si là, c'est les vacances ?
00:30:09 Est-ce que tous auront une solution à la rentrée, solution satisfaisante,
00:30:12 c'est-à-dire pas trop loin de chez eux ?
00:30:15 Le nombre d'établissements scolaires qui ont fait l'objet de dégradations à divers niveaux
00:30:19 est supérieur à 200 dans notre pays, autour de 250.
00:30:22 Il y a une dizaine d'établissements qui sont quasi intégralement détruits.
00:30:27 La verrière en fait partie, et pour lesquels, évidemment, il y a une mobilisation absolue.
00:30:32 Tous les élèves auront une solution de scolarisation pour la rentrée.
00:30:36 Mais moi, ce qui m'importe, c'est que cette solution soit viable, évidemment.
00:30:42 La consigne que je donne à mes services,
00:30:44 c'est de se placer toujours du point de vue de l'élève et de sa famille.
00:30:47 Parce que du point de vue du ministère, on peut se dire,
00:30:49 il y a une solution de scolarisation qui a été proposée.
00:30:51 Enfin, si elle est à une demi-heure à pied, il y a une question de transport qui se pose.
00:30:56 Si la cantine n'a pas la même tarification que dans l'établissement d'origine,
00:31:00 c'est évidemment un impact pour les familles.
00:31:02 Donc tout ça va être regardé au millimètre près pour trouver les solutions viables.
00:31:06 Il y aura un point de contact tout l'été pour les élus et les personnels éducatifs
00:31:11 au sein de mon ministère et la mobilisation sera absolue.
00:31:13 L'une des réponses, vous l'avez dit hier pendant la passation de pouvoir,
00:31:16 vous avez dit, c'est de remettre l'autorité au cœur de l'école.
00:31:19 Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
00:31:21 Je pense que c'est un enjeu à réaffirmer tous, collectivement.
00:31:25 L'autorité, ce n'est pas simplement l'autorité en tant que telle d'une personne,
00:31:29 c'est l'autorité du savoir.
00:31:30 C'est l'autorité aussi des règles de la République.
00:31:33 Les droits et devoirs du citoyen, ça veut dire quelque chose.
00:31:35 L'école, évidemment, elle a un rôle majeur en la matière.
00:31:39 Évidemment, les familles également.
00:31:41 Sur ce sujet-là, j'aurai à avancer avec la communauté éducative,
00:31:44 avec les élus pour faire des propositions.
00:31:47 Avec des propositions d'ici la rentrée, dans les prochaines semaines ?
00:31:50 J'aurai l'occasion de m'exprimer à nouveau prochainement.
00:31:53 Est-ce qu'il y a d'autres questions ?
00:31:55 Quels sont les objectifs prioritaires que vous êtes fixés pour votre nouveau mandat ?
00:31:58 Je me suis exprimé hier à l'occasion de la passation de pouvoir.
00:32:02 J'aurai l'occasion de faire la traditionnelle conférence de rentrée
00:32:06 au moment de la rentrée scolaire.
00:32:07 Je ne vais pas ici faire un discours programmatique,
00:32:10 ce n'est pas l'objet, mais je me suis exprimé hier très clairement
00:32:12 sur les objectifs, je crois, à la fois majeurs que j'ai fixés
00:32:16 sur la question du respect de l'autorité,
00:32:18 mais aussi les objectifs très concrets,
00:32:20 et notamment la question des remplacements de courte durée
00:32:23 dans les établissements scolaires sur lesquels nous allons avancer,
00:32:25 le cadre de vie des élèves aussi, qui évidemment nous importe absolument.
00:32:31 Concernant la réforme du BAC, votre prédécesseur a promis d'aménager
00:32:35 la réforme pour éviter l'absentéisme qui est présent dès mars.
00:32:39 Quel est votre objectif à ce niveau-là ?
00:32:41 Oui, ce qu'on a vu, c'est qu'après les épreuves de spécialité
00:32:44 qui se sont tenues en mars, il y a eu à la fois un taux
00:32:48 d'absentéisme important dans ces matières,
00:32:52 et aussi une forme de démotivation pour ceux qui assistaient au cours,
00:32:55 qui a été remonté par les enseignants.
00:32:57 On va devoir adapter les choses, en tirer des conclusions.
00:33:00 Là aussi, j'aurai l'occasion de m'exprimer au moment de la rentrée
00:33:03 pour dire clairement à la communauté éducative ce que nous avons décidé.
00:33:08 Merci.
00:33:10 Voilà donc pour les premiers mots de Gabriel Attal
00:33:15 en tant que ministre de l'Éducation nationale.
00:33:18 Élodie, on peut dire que ça tranche quand même avec le style Papendiaï.
00:33:23 Et puis, évidemment, le fait d'aller devant cette école
00:33:25 qui a été attaquée lors des émeutes, c'est tout sauf anodin
00:33:27 de la part de Gabriel Attal.
00:33:28 Évidemment, ça tranche et en fait, il fait exactement l'inverse
00:33:31 de ce qu'on reprochait à Papendiaï.
00:33:33 Un des collègues de Papendiaï au gouvernement disait
00:33:35 "il ne se déplace pas assez, l'école est un sanctuaire,
00:33:38 il n'est pas assez présent sur le terrain
00:33:39 aux côtés de ceux qui font l'éducation au quotidien".
00:33:42 Là, Papendiaï, il parle à la fois des élus, des parents,
00:33:45 de tous ceux qui sont victimes de cet incendie d'école.
00:33:49 Et donc, très clairement, il coche toutes les cases.
00:33:51 Il a un discours où il explique qu'il parle d'autorité,
00:33:53 il parle de voyous qui ont attaqué cette école.
00:33:56 Donc, c'est à la fois être aux côtés de la communauté éducative,
00:33:59 sans aucun doute, dénoncer aussi ces agissements,
00:34:02 mettre en avant l'ordre républicain.
00:34:04 Et puis, il choisit évidemment une école qui a été attaquée
00:34:08 au moment des émeutes.
00:34:08 Alors, il faut dire que dans le timing,
00:34:10 un autre choix aurait été assez peu compréhensible.
00:34:12 S'il avait été voir une "simple" école en construction,
00:34:14 on aurait pu lui reprocher.
00:34:16 L'avantage de Gabriel Attal par rapport à Papendiaï,
00:34:19 c'est qu'il est très médiatique, très rodé à la médiatisation,
00:34:22 puisqu'il a été porte-parole du gouvernement
00:34:23 et qu'il sait très bien, en peu de phrases,
00:34:25 trouver les mots, les punchlines que tout le monde va retenir.
00:34:28 Et là, quand on sait un peu ce qu'attendait l'Élysée
00:34:30 du futur ministre de l'Éducation nationale,
00:34:32 on se dit que oui, il coche toutes les cases,
00:34:34 comme un bon élève qui a toujours été Gabriel Attal.
00:34:36 Je dis ça dans le sens positif, c'est quelqu'un qui a toujours su
00:34:38 remplir ses missions et qui, par rapport à d'autres de ses collègues,
00:34:41 n'a jamais fait de boulette, par exemple, dans ses prises de parole.
00:34:45 On va continuer évidemment de parler de Gabriel Attal,
00:34:47 mais d'abord, j'accueille Bruno Jambard,
00:34:49 directeur général OpinionWay, qui est en direct avec nous.
00:34:52 Bonjour, M. Jambard. Merci d'être avec nous dans 120 Minutes Infos.
00:34:56 Quel constat vous faites de ce remaniement ?
00:34:59 Quelles sont les attentes des Français sur ces ministres ?
00:35:02 Et est-ce que peut-être Gabriel Attal coche quelques-unes de ses attentes ?
00:35:05 Selon vous.
00:35:07 Alors, je pense déjà que c'est un remaniement vraiment à minima,
00:35:11 qui est à peine un remaniement, et puis c'est un ajustement,
00:35:15 et que ça correspond, semble-t-il, à la volonté du président de la République
00:35:18 de ne pas lui donner trop d'importance.
00:35:21 Mais il y a quand même une dissonance, du coup,
00:35:23 entre ce remaniement à minima et puis l'attente qu'il a suscité.
00:35:31 Ça a duré une semaine, ça a été long, même hier, pour sortir.
00:35:37 Donc c'est une preuve de plus quand même qu'il y a des difficultés,
00:35:41 des dysfonctionnements dans la manière dont Emmanuel Macron opère ces moments-là.
00:35:46 Ce n'est pas la première fois depuis qu'il a été élu.
00:35:49 Pour ce qui concerne les attentes des Français,
00:35:51 je dirais qu'elles sont très faibles vis-à-vis de ce remaniement.
00:35:53 À mon sens, en plein été, ça n'est pas du tout la priorité des Français.
00:35:59 Mais ce qui est vrai, c'est que le choix de mettre Gabriel Attal à l'éducation nationale,
00:36:04 c'est un choix fort parce que ça veut dire qu'il y a une volonté
00:36:08 de donner une visibilité politique beaucoup plus forte à ce ministère.
00:36:12 Emmanuel Macron, dans sa campagne, avait fait de l'éducation un sujet prioritaire.
00:36:16 Depuis un an, on n'avait pas vraiment vu quoi que ce soit sur ce sujet
00:36:19 qui donnait le sentiment de confirmer ce qu'il nous avait dit dans sa campagne électorale.
00:36:24 Donc on va voir si là, enfin, il enclenche sur ce sujet
00:36:28 et s'il fait de l'éducation un des grands chantiers des quatre ans qui restent.
00:36:32 Alors on sait évidemment qu'il y a un déficit de notoriété chez un certain nombre de ministres.
00:36:36 Le fait de mettre Gabriel Attal, qui lui, est plutôt un profil médiatique,
00:36:39 évidemment, c'est un signe envoyé en ce sens.
00:36:41 Il remplace donc Papendia.
00:36:43 Il y avait un sondage qui avait été publié dans le Figaro
00:36:45 où 15% seulement des Français estimaient qu'il devait rester au gouvernement.
00:36:49 Bon, finalement, il a quitté le gouvernement hier.
00:36:51 L'image de Papendia, justement, elle a été compliquée auprès des Français.
00:36:55 Il a eu du mal à imprimer son message auprès des Français.
00:36:58 Je pense que Papendia est arrivé dans un contexte où très vite,
00:37:02 il a été accusé par certains d'avoir des convictions woke.
00:37:07 Et donc il a été marqué par cela.
00:37:09 Et puis surtout, il a eu beaucoup de mal à exister comme ministre de l'Éducation.
00:37:14 Je pense que beaucoup de Français, à l'issue de ces un an de fonction,
00:37:19 ne connaissaient finalement que très peu.
00:37:21 Et donc on avait finalement un ministre qui était connu principalement
00:37:25 de gens très engagés politiquement et marqué par cette polémique sur le wokisme
00:37:31 qui a probablement fait qu'en plus, chez ces gens très engagés,
00:37:34 il avait une image négative.
00:37:35 Donc c'était une difficulté.
00:37:39 Clairement, il ne s'est pas imposé.
00:37:40 Mais ça rappelle que c'est un ministère très compliqué, très politique.
00:37:44 Et on l'a vu plusieurs fois.
00:37:46 Ça a été le cas dans le passé avec des ministres comme Luc Ferry ou d'autres.
00:37:50 C'était le cas de Claude Allais.
00:37:51 Les ministres de la Société civique dans ce ministère,
00:37:53 c'est très rare qu'ils s'en sortent et qu'ils réussissent
00:37:55 parce que c'est un ministère très politique.
00:37:58 Et de ce point de vue-là, je crois que le président de la République
00:38:00 en a tiré les conséquences après un an et a mis un profit très politique,
00:38:03 très expérimenté d'un point de vue politique,
00:38:06 même s'il est très jeune pour les quatre ans qui viennent
00:38:09 ou en tout cas pour une partie de ces quatre ans qui viennent.
00:38:12 Bruno Jean-Bart, vous restez avec nous.
00:38:14 On va continuer de décrypter ce remaniement.
00:38:16 Mais là, on est sur ces images en direct de Gabriel Attal,
00:38:18 toujours en déplacement à la Verrière.
00:38:20 C'est dans le département des Yvelines.
00:38:22 Amine Elbaïe, quel regard vous portez ?
00:38:24 Donc, premier jour à la tête de ce ministère et premier déplacement
00:38:27 avec des propos différents de ce qu'on avait l'habitude d'entendre
00:38:31 de la part de Pape Ndiaye.
00:38:32 Il faut reconnaître que le discours change
00:38:35 et il faut reconnaître que les Français attendent,
00:38:38 s'agissant de l'éducation nationale, un discours beaucoup plus républicain,
00:38:42 sans tabou, où on peut aborder un certain nombre de questions.
00:38:45 La lutte contre le wauquisme, la lutte contre l'islamisme,
00:38:49 la lutte contre toute forme d'idéologie.
00:38:53 Je crois cependant, s'agissant de Gabriel Attal,
00:38:58 qu'il faudra lui laisser le temps,
00:38:59 le temps de mettre en place ses objectifs, sa politique,
00:39:03 sa vision aussi de l'éducation nationale.
00:39:06 On aimerait cependant qu'il définisse rapidement,
00:39:10 avant la rentrée, ses orientations en matière de lutte contre l'islamisme,
00:39:14 sur la question des abaya, sur la question des camis,
00:39:17 sur la question des atteintes à la laïcité,
00:39:19 sur la question des dérives à l'école.
00:39:21 On aimerait également plus de garanties
00:39:23 sur la question de la scolarisation des enfants handicapés,
00:39:27 sur la revalorisation du personnel, du personnel enseignant,
00:39:30 du personnel qui accompagne également tous ces publics déficients,
00:39:35 les enfants handicapés, j'en parlais, mais pas que.
00:39:38 Je crois qu'il faudra également, on va dire,
00:39:42 augmenter la barre d'exigence sur les savoirs, sur les fondamentaux.
00:39:47 Vous savez, la crise Covid-19 est passée par là
00:39:49 et vous savez que le niveau a dégringolé à l'école.
00:39:52 Et on attend aussi du ministre de l'Éducation.
00:39:54 Et là, il ne peut plus y avoir de clivage droite-gauche sur cette question.
00:39:58 Je crois que les Français attendent beaucoup de leur ministre de l'Éducation.
00:40:03 On aimerait et on souhaite que les paroles qui ont été posées hier
00:40:07 et que l'interview de Gabriel Attal d'aujourd'hui ne s'envolent pas.
00:40:11 Place aux actes.
00:40:13 Il va aussi falloir pour Gabriel Attal composer
00:40:15 avec les représentants des professeurs, des parents d'élèves.
00:40:19 Je vous propose d'écouter notamment une représentante syndicale
00:40:22 qui s'est exprimée justement sur ce changement
00:40:24 de ministre de l'Éducation nationale.
00:40:27 C'est plus une question de méthode qu'une question de personne et de profil.
00:40:32 Ce que nous attendons de notre nouveau ministre, c'est de l'écoute.
00:40:36 Peut-être limiter maintenant aussi le nombre des réformes
00:40:39 qui deviennent ingérables pour l'Éducation nationale.
00:40:42 Je pense qu'on peut le dire comme ça.
00:40:44 Après, lors de sa passation hier soir,
00:40:46 M. Attal a indiqué vouloir cesser d'envoyer des dizaines de circulaires
00:40:51 aux chefs d'établissement et aux personnels enseignants.
00:40:54 Je pense que ça nous correspondra.
00:40:55 Il faut maintenant de l'apaisement, il faut du temps éducatif long pour nous
00:41:00 et faire en sorte que les corps intermédiaires soient peut-être
00:41:03 encore davantage écoutés.
00:41:05 Erwann Barillot, écouter les corps intermédiaires,
00:41:08 nous dit cette représentante syndicale,
00:41:09 ça va là aussi être un enjeu pour Gabriel Attal ?
00:41:12 Ça va être un enjeu, effectivement, il y a trois dimensions
00:41:14 dans ce Gabriel Attal, ministre de l'Éducation nationale.
00:41:17 C'est effectivement le Républicain qui prône une école républicaine
00:41:21 et là, on est un petit peu dans la revanche de Jean-Michel Blanquer.
00:41:23 Finalement, c'est comme si Jean-Michel Blanquer,
00:41:25 dont Gabriel Attal était d'ailleurs le secrétaire d'État,
00:41:29 revenait et prenait sa revanche sur Papendiaïe.
00:41:32 Il y a une deuxième dimension, on en a parlé, c'est la jeunesse.
00:41:35 Mais vous avez dit à juste titre que c'était le plus jeune ministre
00:41:38 de l'Éducation de la Ve République.
00:41:40 Il y en a un autre, c'est Jean Zay, qui était encore plus jeune.
00:41:43 Il avait 32 ans quand il a été nommé ministre de l'Éducation du Front populaire.
00:41:47 C'était un très bon ministre d'ailleurs.
00:41:50 Il a prôné beaucoup de méritocratie.
00:41:53 Il est resté ministre trois ans et puis après, malheureusement,
00:41:56 il a été exécuté par la milice en 44.
00:42:00 Mais je pense qu'effectivement, Gabriel Attal devrait s'inspirer de Jean Zay,
00:42:05 qui avait deux ans de moins que lui quand il a accédé à ce projet.
00:42:09 - C'est moi qui l'a cité hier lors de son discours à la Passe-Compte.
00:42:12 - Voilà, et c'est la preuve effectivement que la jeunesse n'est pas une erreur
00:42:17 et que seul compte les actes et qu'on peut être très jeune et faire de très grandes choses.
00:42:22 L'histoire de France le montre très bien d'ailleurs.
00:42:24 Et sur le troisième point, par contre, qui est un peu plus négatif,
00:42:29 et c'est là-dessus qu'à mon avis, il aura le plus de travail,
00:42:31 c'est ce qu'on reproche le plus à Gabriel Attal, c'est son côté un peu techno-froid.
00:42:37 Et effectivement, Élodie Huchard l'a dit, son discours était parfaitement bien rodé,
00:42:42 mais peut-être un petit peu trop technique.
00:42:45 Et il fait bon élève, mais c'est vrai qu'il y a un côté péjoratif aussi,
00:42:49 au terme de bon élève, il semble un peu robotique.
00:42:51 Et parfois, on se demande si ses interventions ne sont pas écrites par Tchad GPT.
00:42:55 - Je remercie Bruno Jambard d'avoir été en direct avec nous
00:42:58 pour nous apporter son éclairage sur ce remaniement.
00:43:01 On va marquer une courte pause et puis on revient
00:43:04 pour continuer à évoquer ce remaniement et puis les déclarations d'Emmanuel Macron.
00:43:09 Je vous rappelle, c'était ce matin 25 minutes d'un propos liminaire
00:43:13 avant le Conseil des ministres et finalement, une forme d'allocution
00:43:16 de la part du président de la République.
00:43:17 On y revient juste après la pause.
00:43:19 De retour dans 120 minutes info, version été.
00:43:26 Dans quelques instants, on continue de parler de ce remaniement,
00:43:29 mais d'abord, c'est le JT avec vous, Isabelle Pippolo.
00:43:32 Bonjour Isabelle.
00:43:32 - Bonjour Thomas. Bonjour à tous.
00:43:34 Frèchement nommé, Gabriel Attal est déjà sur le terrain.
00:43:38 Le nouveau ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse
00:43:41 qui a succédé à Papendia est en déplacement à la Verrière
00:43:44 dans les Yvelines cet après-midi.
00:43:46 Le ministre est revenu sur les émeutes qui ont embrasé le pays
00:43:50 pendant plusieurs jours.
00:43:50 Écoutez.
00:43:52 - J'ai tenu à me rendre pour mon premier déplacement
00:43:55 de ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse ici à la Verrière
00:44:00 dans un établissement qui a été touché, détruit par les émeutes
00:44:05 qui sont survenues dans notre pays au début du mois.
00:44:09 C'était très important pour moi d'être ici
00:44:11 puisque évidemment, les familles, les enseignants,
00:44:16 les personnels de direction, les élus ont été traumatisés
00:44:19 par ce qui s'est passé.
00:44:21 Je ne parle pas simplement des établissements
00:44:22 qui ont été dégradés ou qui ont été détruits.
00:44:25 Le traumatisme, je crois, a concerné l'ensemble
00:44:27 de la communauté éducative partout en France.
00:44:30 Parce que la République, c'est un bloc.
00:44:32 Et l'Education nationale, elle fait bloc.
00:44:35 Et quand il y a une attaque, quand il y a une brèche dans ce bloc,
00:44:39 c'est toute l'Education nationale et toute la République
00:44:41 qui se mobilisent et qui est traumatisée.
00:44:44 - Continuité et efficacité sont les mots d'ordre transmis
00:44:48 par le président de la République à son gouvernement.
00:44:51 Emmanuel Macron a réitéré sa confiance à Elisabeth Borne
00:44:54 à l'issue d'un premier conseil des ministres
00:44:56 au lendemain du remaniement.
00:44:58 Il doit encore prendre la parole devant les Français,
00:45:00 cette fois pour revenir sur les 100 jours dits d'apaisement.
00:45:04 En attendant, je vous propose de réécouter le chef de l'État.
00:45:08 - Vous avez traversé les budgets, une réforme des retraites,
00:45:13 des textes importants en matière d'énergie, d'économie.
00:45:18 Puis, j'y reviendrai, mise en œuvre la feuille de route
00:45:20 des 100 jours sur laquelle nous étions collectivement engagés.
00:45:24 C'est pourquoi j'ai choisi la continuité et l'efficacité
00:45:28 pour les temps qui viennent et qui s'ouvrent devant nous.
00:45:33 Et en confirmant, réaffirmant avec clarté ma confiance
00:45:38 à la première ministre.
00:45:41 - Parmi les traditionnelles passations de pouvoir,
00:45:43 ce matin, François Braun a laissé sa place à Aurélien Rousseau,
00:45:47 à la tête du ministère de la Santé.
00:45:49 Ancien professeur d'histoire-géographie,
00:45:51 ancien directeur de l'Agence régionale de santé d'Île-de-France
00:45:55 et jusqu'à peu directeur de cabinet d'Elisabeth Borne.
00:45:58 Dans le reste de l'actualité, dans la nuit de mardi à mercredi,
00:46:02 un couple a été violemment agressé à Toulouse
00:46:04 par un groupe de quatre mineurs en plein centre-ville.
00:46:08 Selon nos confrères de la Dépêche, la jeune femme a été sévèrement
00:46:12 tailladée au visage par des coups de tesson de bouteille.
00:46:15 Les précisions de Noémie Schultz.
00:46:17 - Il est près de 3h du matin mercredi,
00:46:19 quand une bagarre éclate place du Capitole à Toulouse
00:46:22 entre deux groupes de jeunes.
00:46:24 D'un côté, des quatre jeunes de 19 ans,
00:46:27 de l'autre, quatre mineurs âgés de 14 à 17 ans.
00:46:29 Alors, l'origine de l'altercation est encore floue,
00:46:32 explique dans un communiqué le procureur de la République,
00:46:35 qui évoque une demande de cigarettes,
00:46:37 des regards échangés ou des propos mal interprétés.
00:46:40 Mais la situation dégénère très vite.
00:46:43 Grâce à la vidéosurveillance, la police intervient rapidement
00:46:47 et sur place, découvre une jeune femme de 19 ans
00:46:49 sérieusement blessée.
00:46:50 Elle présente de multiples coupures au visage,
00:46:53 au cou et au dos.
00:46:54 Les quatre mineurs sont immédiatement arrêtés,
00:46:56 placés en garde à vue.
00:46:57 Certains sont suivis par les services judiciaires
00:47:00 de la protection des mineurs en raison d'un parcours social difficile.
00:47:03 D'autres sont déjà connus de la police et de la justice
00:47:06 pour des faits de violence, vol, menaces,
00:47:09 défaut de permis de conduire, détention d'armes,
00:47:11 outrage ou encore détention de stupéfiants.
00:47:14 La plus âgée, c'est une jeune fille de 17 ans,
00:47:16 c'est elle qui est soupçonnée d'avoir porté les coups
00:47:20 à l'aide d'une bouteille en verre cassée
00:47:23 pour blesser sa victime.
00:47:25 Elle a été placée en détention provisoire jusqu'à sa comparution
00:47:28 devant le tribunal pour enfants dans trois semaines.
00:47:30 Les trois autres mineurs ont quant à eux été placés
00:47:32 sous contrôle judiciaire.
00:47:33 Tous seront jugés pour des faits de violence
00:47:36 en réunion aggravée.
00:47:38 Plusieurs semaines après les émeutes urbaines,
00:47:41 les dégâts sont toujours visibles sur le territoire.
00:47:44 Certains commerçants ont parfois tout perdu.
00:47:47 Dans le Lot-et-Garonne à Agen,
00:47:48 un salon de coiffure a totalement été dévasté.
00:47:51 Nos équipes ont recueilli le témoignage de la gérante.
00:47:54 Amoury Buco et Adrien Spiteri.
00:47:56 Delphine est émue en filmant les images de son salon de coiffure
00:48:04 ravagée durant les émeutes.
00:48:06 En face, il y avait trois miroirs avec trois fauteuils,
00:48:10 donc les postes de coiffage, de broching, tout ça.
00:48:14 De son commerce, il ne reste que des ruines.
00:48:18 Voilà ce qui reste. Il n'y a plus le toit, il n'y a plus rien.
00:48:22 Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet,
00:48:24 il a été pillé, puis incendié par des émeutiers.
00:48:27 J'ai appelé la police, qui m'a dit de suite
00:48:30 qu'ils y étaient déjà sur place.
00:48:32 C'est sûr que le samedi matin, quand je suis arrivée,
00:48:35 j'étais pas très fière, j'ai pleuré, j'ai pleuré.
00:48:38 Mais après, j'essaye de me rassurer en me disant
00:48:41 que ce n'est pas ma maison, qu'il n'y avait pas mes enfants dedans.
00:48:43 Je n'étais pas dedans.
00:48:44 Delphine espère désormais que les responsables soient punis.
00:48:49 Aujourd'hui, je me retrouve dans mon salon,
00:48:51 c'est mon travail, j'ai deux petites filles derrière.
00:48:54 Et ça, c'est qu'eux, sur le coup, ils ne réfléchissent pas du tout à ça.
00:48:57 Comme me dit la police, vous n'avez rien demandé à personne,
00:48:59 ça vous est tombé dessus.
00:49:02 Donc c'est ce qui est un peu dur.
00:49:04 Plusieurs individus, dont deux mineurs et un majeur,
00:49:07 ont été identifiés.
00:49:08 Le majeur a été jugé hier et relaxé faute de preuves.
00:49:12 À Agen, le parquet n'exclut pas de faire appel.
00:49:16 Et puis nous l'avons appris dans l'après-midi,
00:49:19 Tony Bennett, le dernier des grands crooneurs américains,
00:49:21 est mort aujourd'hui à l'âge de 96 ans.
00:49:24 Le chanteur, apprécié pour sa personnalité chaleureuse
00:49:27 et sa constance, a marqué la scène musicale
00:49:30 pendant plus de sept décennies.
00:49:32 Atteint de la maladie d'Alzheimer, il avait été diagnostiqué en 2016.
00:49:37 Voilà pour l'essentiel de l'actualité à 16h.
00:49:40 Prochain point à 17h et tout de suite la suite de 120 minutes info
00:49:44 avec Thomas Bonnais.
00:49:45 Merci beaucoup Isabelle Pibolo.
00:49:47 On continue de parler du remaniement,
00:49:49 des annonces d'Emmanuel Macron avec moi sur ce plateau,
00:49:52 pour ma compagnie Amine Elbaïe, Erwan Baréio et Élodie Houchard
00:49:55 du service politique de CNews.
00:49:58 Alors l'un des enseignements que l'on peut tirer,
00:50:00 peut-être, je crois, je vais vous demander, de ce remaniement,
00:50:02 c'est peut-être une forme d'échec des personnalités
00:50:05 issues de la société civile.
00:50:06 On voit des personnalités très politiques, très médiatiques
00:50:09 qui soit arrivent au gouvernement, soit sont promues.
00:50:12 On pense par exemple à Gabriel Attal.
00:50:15 Olivier Véran lui-même disait ce matin,
00:50:17 c'est un retour du politique renforcé dans ce gouvernement.
00:50:19 Élodie, est-ce que c'est aussi l'analyse que vous faites
00:50:22 de ce remaniement ?
00:50:23 Oui, clairement, parce qu'on voit que dans les entrants,
00:50:26 il y a énormément, hormis Aurélien Rousseau,
00:50:29 énormément de députés qui ont fait leur preuve à l'Assemblée.
00:50:31 Alors certains ont été élus il n'y a pas si longtemps que ça, certes,
00:50:34 mais on est sur un chemin beaucoup plus classique
00:50:36 d'être d'abord élu à l'Assemblée nationale,
00:50:38 ensuite de monter au gouvernement.
00:50:40 C'est la première fois où on voit effectivement
00:50:42 un remaniement aussi "classique" dans les recrutements.
00:50:46 Alors en revanche, du côté de l'exécutif,
00:50:48 on dit que cette lecture, elle est erronée
00:50:49 parce qu'il reste au gouvernement des personnes
00:50:52 issues de la société civile, certes,
00:50:53 mais les mises qui ont été nommées depuis six ans,
00:50:55 quand même, ils ont pris un peu d'expérience.
00:50:58 Et alors l'argument aussi que donne Élisée,
00:50:59 c'est de dire oui, mais ces députés avaient tous un métier avant.
00:51:02 Alors certes, c'est un peu l'essence du macronisme.
00:51:04 On n'est pas sur des personnes qui ont été élues toute leur vie,
00:51:07 mais quand même, on voit que ceux qui ont, par exemple,
00:51:09 bien travaillé au moment de la réforme des retraites,
00:51:10 la présidence de la Commission des affaires sociales, etc.
00:51:13 sont récompensés.
00:51:14 Donc c'est peut-être l'échec de la société civile.
00:51:17 En tout cas, une volonté, oui, de revenir aux politiques
00:51:19 et comme ça a toujours été le cas aussi,
00:51:20 de récompenser ceux qui ont été les bons élèves.
00:51:22 Prisca Thévenot, par exemple, qui a beaucoup défendu le groupe,
00:51:25 puisqu'il a été porte-parole du groupe sur les plateaux, etc.
00:51:26 De dire, ceux qui ont bien bossé à l'Assemblée,
00:51:28 eh bien c'est aussi normal pour Aurore Berger aussi, par exemple,
00:51:31 qu'il puisse grimper et devenir ministre un jour.
00:51:33 Je vous fais réagir dans un instant, messieurs.
00:51:34 Mais d'abord, on accueille Franck Alizio,
00:51:36 député Rassemblement national des Bouches-du-Rhône,
00:51:39 qui est en direct avec nous.
00:51:40 Merci d'être en direct sur CNews.
00:51:43 Quelle lecture vous faites de votre côté de ce remaniement ?
00:51:46 On parle donc, en particulier ici, de l'échec potentiel,
00:51:50 oui ou non, vous allez nous le dire,
00:51:51 des personnalités issues de la société civile.
00:51:53 Est-ce que vous avez des réflexions sur ce remaniement ?
00:51:56 Oui, entre autres.
00:51:57 Mais bon, disons que c'est l'échec d'un gouvernement,
00:52:00 c'est l'échec d'une politique,
00:52:01 à partir du principe que c'est l'échec de certaines personnalités.
00:52:06 On a affaire à quoi ?
00:52:07 On a affaire à un remaniement qui est avec, comment dire,
00:52:11 les plus proches, c'est un retraicissement,
00:52:14 un retraicissement sur les plus proches du président public.
00:52:17 Gabriel Attal, qui après avoir servi de sapeur-pompier
00:52:22 au budget, est maintenant sapeur-pompier à l'éducation.
00:52:26 Il y a un problème de ressources humaines,
00:52:28 tout simplement, au sein de la majorité.
00:52:31 Il n'y a pas un problème de personnalité,
00:52:34 il y a un problème de politique.
00:52:37 Il y a un problème de ressources humaines
00:52:38 au sein de la majorité, Amine Elbaïe ?
00:52:40 Je crois que plus largement, c'est la fin,
00:52:43 c'est même l'échec du Nouveau Monde.
00:52:46 Si vous regardez bien et si vous analysez en profondeur
00:52:50 les nominations, vous constatez que Sarah El Haïry
00:52:54 part de la jeunesse vers la biodiversité,
00:52:57 vous constatez qu'on donne un poste de ministre au Modem
00:53:02 pour ne surtout pas blesser le Modem,
00:53:06 vous constatez que Gabriel Attal passe effectivement
00:53:09 du budget à l'éducation.
00:53:12 En réalité, c'est la République des copains,
00:53:15 ni plus ni moins.
00:53:16 Il n'y a plus aujourd'hui de valorisation de l'expérience,
00:53:21 de la compétence.
00:53:22 Ce n'est pas une question de fidélité,
00:53:24 c'est une question d'attachement,
00:53:26 de compétence et d'expérience.
00:53:28 Vous savez, quand on dirige un pays
00:53:31 de 67 millions d'habitants,
00:53:33 on ne cherche pas à récompenser un fidèle,
00:53:37 on cherche d'abord à construire un gouvernement
00:53:39 qui parle à tous les Français.
00:53:41 Et moi, j'aurais voulu avoir un gouvernement,
00:53:44 un gouvernement d'union nationale pour faire face
00:53:46 aux fractures du pays,
00:53:48 ou alors une dissolution pour renvoyer les électeurs
00:53:51 devant les urnes.
00:53:52 Mais notre pays traverse, pardonnez-moi,
00:53:56 une crise politique et institutionnelle majeure.
00:54:00 Et ce remaniement, en réalité, les Français s'en fichent
00:54:02 parce que ça ne répond absolument pas à leurs attentes.
00:54:05 Je crois par ailleurs que nous subissons
00:54:07 une crise politique aussi grave,
00:54:09 la plus grave de notre histoire contemporaine,
00:54:12 que demain, aux élections municipales,
00:54:14 vous n'aurez peut-être plus de personnel politique
00:54:16 pour aller chercher une mairie,
00:54:19 vous n'aurez peut-être plus de candidats
00:54:20 pour se présenter aux élections régionales,
00:54:23 aux élections départementales.
00:54:24 Voilà aujourd'hui ce qui se passe,
00:54:26 c'est qu'il y a une forme de désunion,
00:54:27 il y a une forme de mésentente,
00:54:29 il y a une forme de tension qui,
00:54:32 au quotidien, se creuse
00:54:34 entre le président de la République et les Français.
00:54:36 Voilà, moi je crois qu'en réalité,
00:54:38 le problème, il est plutôt là,
00:54:39 plus qu'aller commenter ou analyser
00:54:42 la République de la fidélité ou des copains
00:54:45 d'Emmanuel Macron.
00:54:46 - Emmanuel Barriot, je vous fais réagir dans un instant,
00:54:48 mais d'abord, je vous propose d'écouter
00:54:49 deux interviews, celles de Jean-François Copé
00:54:52 et d'André Chassaigne,
00:54:53 on pourrait les qualifier d'anciens
00:54:55 dans le milieu politique,
00:54:56 et eux aussi, justement, abordent
00:54:58 ces personnalités issues de la société civile
00:55:00 qui ont parfois peut-être manqué d'expérience.
00:55:02 Écoutez.
00:55:03 - Je me souviens de cette phrase mythique
00:55:06 d'Emmanuel Macron, il y a quelques temps,
00:55:07 qui avait dit à ses députés
00:55:08 « Soyez fiers d'être des amateurs ».
00:55:10 Voilà, c'est une phrase terrible,
00:55:11 parce qu'en fait, en réalité,
00:55:12 la politique, c'est un métier.
00:55:14 Le fait d'avoir interdit, par exemple,
00:55:16 au maire d'être député
00:55:17 avec cette interdiction immécule...
00:55:18 - La comité mandat ?
00:55:19 - ... est une folie.
00:55:20 Le fait qu'on ne veuille absolument
00:55:22 nommer dans les gouvernements
00:55:24 des gens qui ne savent pas
00:55:25 comment fonctionnent les administrations,
00:55:26 qui ne savent pas ce que c'est
00:55:27 que le fonctionnement législatif,
00:55:29 tout ça, ça donne parfois des situations heureuses,
00:55:32 ça peut arriver, tout peut arriver dans la vie,
00:55:34 mais enfin, la plupart du temps, c'est désastreux.
00:55:35 - Ça pose un autre problème,
00:55:37 ça pose le problème des ministres
00:55:39 qui viennent de ce que l'on appelle
00:55:41 la société civile,
00:55:42 et qui, j'en suis persuadé,
00:55:44 c'est le cas du ministre de l'Éducation nationale,
00:55:47 c'est le cas du ministre de la Santé,
00:55:48 d'autres qui viennent avec de la bonne volonté,
00:55:51 qui s'imaginent qu'ils vont faire des choses,
00:55:53 je ne remets pas en cause du tout leur personnalité,
00:55:55 il est venu dans ma circonscription,
00:55:57 d'ailleurs le ministre de l'Éducation nationale,
00:55:58 et qui au final,
00:55:59 ils se fracassent
00:56:01 contre les réalités politiques,
00:56:03 et je crois qu'ils n'ont pas la personnalité
00:56:04 pour faire face à ça.
00:56:05 - Franck Aliziot, je me tourne à nouveau vers vous,
00:56:08 vous qui êtes député,
00:56:09 vous partagez ce constat,
00:56:11 vous diriez que la politique,
00:56:12 c'est en effet un métier ?
00:56:13 - Oui, pour le coup, je suis assez d'accord
00:56:18 avec Jean-François Copé,
00:56:20 sauf que l'ancienne, comment dire,
00:56:23 sous Nicolas Sarkozy,
00:56:24 il y avait déjà des tentatives comme ça
00:56:26 de société civile,
00:56:28 je vous rappelle que l'ouverture à gauche,
00:56:30 c'était de la société civile,
00:56:31 ça a été une catastrophe,
00:56:33 c'était en 2007,
00:56:34 et puis il y avait un ministre
00:56:36 qui venait de la société civile à l'origine,
00:56:37 il s'appelait Jean-Louis Borloo,
00:56:38 il a fait le plan Borloo,
00:56:39 ça a été une catastrophe,
00:56:40 et hier, à l'Assemblée nationale,
00:56:42 justement, on débattait
00:56:43 d'un énième plan banlieue,
00:56:46 et vous voyez, il n'y a que
00:56:48 l'Assemblée nationale qui a voté contre.
00:56:49 Vous aviez Redessence,
00:56:51 vous aviez LR,
00:56:52 vous aviez NUPES,
00:56:53 ensemble,
00:56:54 pour prendre l'argent du contribuable
00:56:56 et le déverser sur les casseurs.
00:56:58 Alors que nous étions sur un principe simple,
00:57:00 c'était les casseurs payeurs,
00:57:01 donc vous voyez,
00:57:01 on a beau venir de la société civile
00:57:03 et avoir de mauvaises idées,
00:57:05 donc tout ça ne veut rien dire,
00:57:07 c'est la politique qui importe
00:57:09 et qui est menée,
00:57:10 et en effet, la seule solution
00:57:12 pour un vrai remaniement,
00:57:12 pour un vrai véritable changement de politique,
00:57:15 c'est la dissolution.
00:57:17 Elodie Huchard en plateau
00:57:18 a une question pour vous, Franck-Alizé.
00:57:20 Oui, ou plutôt, c'était effectivement
00:57:21 assez d'accord avec les sons qu'on a entendus,
00:57:23 parce que quand on dit que la politique
00:57:24 est un métier,
00:57:25 on a presque l'impression que c'est honteux.
00:57:26 Si on compare avec quelqu'un d'autre,
00:57:27 vous allez chez votre boulanger
00:57:28 ou votre boucher,
00:57:29 vous êtes très content
00:57:30 que ce soit un vrai métier,
00:57:30 et effectivement, comme le disait
00:57:31 justement Jean-François Copé,
00:57:33 on ne dit pas qu'il faut faire
00:57:34 toutes les strates de la politique,
00:57:35 mais ça demande,
00:57:36 comme tout métier, des compétences.
00:57:38 Alors certes, ce n'est pas un métier
00:57:39 à ce que se sont demandées,
00:57:39 mais des compétences,
00:57:41 des choses à connaître.
00:57:42 Et puis, il faut aussi se mettre
00:57:43 dans le moule,
00:57:44 par exemple, d'aller faire des médias,
00:57:45 d'aller défendre ces dossiers.
00:57:47 C'est extrêmement compliqué.
00:57:48 On a l'impression qu'en France,
00:57:49 c'est très honteux de dire
00:57:51 que ça doit être aussi un métier
00:57:52 qui a des compétences
00:57:53 et qu'on doit le reconnaître.
00:57:53 Et on a maintenant l'impression,
00:57:55 ce qui était moins vrai avant,
00:57:56 qu'un politique qui fait toute sa vie
00:57:57 dans la politique,
00:57:58 c'est un petit peu honteux,
00:57:59 ça ne se fait plus aujourd'hui.
00:58:00 Alors qu'on voit quand même
00:58:01 que certains ont pris le pli,
00:58:02 parce qu'en fait, comme tout métier,
00:58:03 on peut la prendre sur le tas.
00:58:04 Il y en a pour qui ça fonctionne.
00:58:06 Il faut admettre que pour certains,
00:58:07 ça ne fonctionne pas.
00:58:07 Je ne suis pas sûre que ce soit grave
00:58:09 ni pour le métier de politique
00:58:10 ni pour la démocratie.
00:58:11 Mais ce côté de dire
00:58:12 que la politique est un métier,
00:58:14 c'est une insulte, etc.,
00:58:15 je pense que non,
00:58:15 ça demande des compétences.
00:58:16 Et heureusement,
00:58:17 sinon n'importe qui serait ministre
00:58:18 et je ne suis pas si sûre
00:58:19 que le pays serait mieux géré.
00:58:21 - Donc Alizio, une réaction peut-être
00:58:23 à ce que vient de nous dire Elodie Bouchard.
00:58:24 - Je suis tout à fait d'accord.
00:58:27 La politique est un métier
00:58:29 qui peut avoir plusieurs facettes.
00:58:31 Ça peut être élu local,
00:58:33 ça peut être ensuite ministre,
00:58:35 ça peut être législateur.
00:58:37 À chaque fois,
00:58:37 ce sont des compétences différentes,
00:58:40 mais la politique est un métier.
00:58:42 Il n'y a pas de honte à servir
00:58:45 nos concitoyens,
00:58:46 à apprendre à gérer la chose publique,
00:58:48 à gérer une collectivité,
00:58:50 à bien connaître la loi.
00:58:53 Ça aussi, c'est un mythe du post-État,
00:58:56 du post-national.
00:58:57 Voilà, c'est des vieilles lunes
00:58:59 des années 90.
00:59:00 Il faut revenir à des choses concrètes.
00:59:04 Et bon politique,
00:59:05 celui qui applique la politique
00:59:06 pour laquelle il a été élu.
00:59:08 C'est simple, c'est clair.
00:59:10 - Merci beaucoup, Franck Alizio,
00:59:11 d'avoir été en direct avec nous
00:59:13 cet après-midi sur CNews.
00:59:15 Je vous propose de prendre un exemple
00:59:16 justement de ces personnalités
00:59:17 issues de la société civile.
00:59:19 François Braune,
00:59:19 qui n'est donc plus le ministre de la Santé.
00:59:22 C'est un ancien urgentiste
00:59:24 qui est donc devenu ministre de la Santé
00:59:26 il y a quelque temps
00:59:27 et qui ne l'est plus désormais.
00:59:27 Il est revenu justement
00:59:29 sur son profil un peu atypique.
00:59:30 C'était ce matin,
00:59:31 lors de sa passation de pouvoir.
00:59:32 Écoutez.
00:59:33 - Je suis un membre de la société civile.
00:59:37 Ce n'est pas une maladie honteuse
00:59:39 et je le revendique haut et fort.
00:59:41 Si l'on qualifie parfois
00:59:42 le monde politique de rude,
00:59:45 rudesse toute relative,
00:59:46 quand vous la comparez à la vie,
00:59:47 la souffrance, la mort,
00:59:48 que côtoient continuellement les soignants,
00:59:51 gardons-nous que ce monde
00:59:52 ne devienne aveugle à la réalité.
00:59:54 Gardons-nous de diagnostics hâtifs,
00:59:56 mal étayés et de traitements inadaptés,
00:59:59 souvent pire que le mal.
01:00:01 Je pense avoir œuvré pour éviter
01:00:03 ou au moins limiter cette cécité
01:00:05 et je continuerai à ma modeste échelle
01:00:07 à le faire.
01:00:08 - Erwann Barilhau,
01:00:09 est-ce que vous diriez vous aussi
01:00:10 peut-être que les personnalités
01:00:11 issues de la société civile
01:00:12 ont du mal à imprimer,
01:00:14 peut-être aussi auprès de l'opinion ?
01:00:15 - Effectivement,
01:00:16 c'est aussi le cas de Papendia,
01:00:18 mais le pari du président de la République,
01:00:20 c'était justement de maintenir
01:00:21 François Braun à son ministère.
01:00:23 C'est d'ailleurs pour ça
01:00:24 qu'il avait fait une grande
01:00:24 intervention médiatique
01:00:26 la veille de son éviction du gouvernement.
01:00:29 Mais le choix de Macron était de le soutenir.
01:00:31 Il y a eu effectivement
01:00:32 une négociation avec la première ministre
01:00:34 qui voulait monsieur Frédéric Valthou,
01:00:36 député Horizon.
01:00:38 Le président de la République
01:00:39 ne souhaitant pas faire rentrer
01:00:40 un nouveau député Horizon
01:00:42 dans le gouvernement,
01:00:43 c'est finalement le choix d'Aurélien Rousseau
01:00:45 qui a été décidé,
01:00:46 qui était un petit peu une solution
01:00:47 de compromis.
01:00:48 Mais sur les personnalités
01:00:50 de la société civile,
01:00:51 effectivement, c'était un engagement
01:00:53 très fort du président de la République
01:00:54 quand il a été élu en 2017.
01:00:57 On se souvient de ce qui est arrivé
01:00:59 avec Nicolas Hulot.
01:01:01 Ça a duré un an.
01:01:02 Là, pour François Braun et Papendia,
01:01:05 ça dure un an aussi.
01:01:07 On a l'impression que la société civile,
01:01:08 la date d'expiration,
01:01:09 c'est toujours un an.
01:01:10 Et parce qu'effectivement,
01:01:11 il y a des réalités dans le monde politique
01:01:13 qui sont difficiles.
01:01:14 Un bon ministre,
01:01:15 c'est quelqu'un qui sait gérer
01:01:16 son administration.
01:01:17 Ce n'est pas quelqu'un qui parle dans le poste,
01:01:19 comme le président de la République
01:01:21 l'a bien rappelé.
01:01:22 C'est quelqu'un qui suit
01:01:23 les décrets d'application.
01:01:24 C'est quelqu'un qui est capable
01:01:25 de faire des arbitrages interministériels.
01:01:27 Ce n'est pas seulement quelqu'un
01:01:29 qui imprime ou qui est capable
01:01:31 de décréter, de dire des éléments de langage.
01:01:34 Et c'est ça qui est très difficile
01:01:36 quand on ne connaît pas les codes.
01:01:37 Après, il y a une deuxième dimension
01:01:39 quand même, c'est qu'il y a
01:01:40 effectivement un rétrécissement
01:01:41 de la macronie sur,
01:01:43 j'allais dire, le petit cercle.
01:01:46 Les gens ne connaissent pas forcément
01:01:47 Thomas Cazenave.
01:01:49 Peut-être qu'on va en parler,
01:01:50 mais c'est vraiment un très proche
01:01:52 d'Emmanuel Macron,
01:01:54 qui avait publié un livre
01:01:57 en 2015 ou 2016 qui s'appelle
01:01:59 "L'État en mode start-up".
01:02:01 J'insiste sur ce...
01:02:03 Chaque mot est important.
01:02:04 "En mode start-up".
01:02:05 Voilà, "L'État en mode start-up",
01:02:06 préfacé par un certain
01:02:07 Emmanuel Macron à l'époque,
01:02:09 qui justement préconisait
01:02:12 un budget souple, efficace,
01:02:14 avec des coupes effectivement
01:02:16 importantes pour une économie
01:02:20 effectivement très efficiente.
01:02:22 Et donc, cet homme-là
01:02:23 vient d'être nommé au compte public.
01:02:25 Donc, c'est vraiment un retour aussi
01:02:27 au dernier carré de fidèle
01:02:29 du président de la République.
01:02:31 Vous faisiez référence à cette
01:02:32 phrase d'Emmanuel Macron,
01:02:33 qu'il a donc prononcée ce matin.
01:02:34 "Être ministre, ce n'est pas
01:02:36 parler dans le poste".
01:02:37 Élodie, je vous interroge quand même
01:02:38 sur cette phrase, parce que
01:02:40 "être ministre", c'est aussi avoir
01:02:42 un impact médiatique.
01:02:43 Et on imagine que certaines
01:02:45 dénominations d'hier vont dans ce sens.
01:02:47 Bien sûr, mais en fait, c'est Olivier Véran
01:02:49 qui a, en compte-rendu du Conseil
01:02:50 des ministres, précisé un petit peu
01:02:51 cette phrase en expliquant qu'il n'y
01:02:53 avait aucun problème évidemment à ce
01:02:54 que les ministres aillent dans les médias
01:02:56 pour faire savoir leur action.
01:02:58 Mais Olivier Véran a rappelé un ordre
01:03:00 logique, mais que peut-être certains
01:03:01 avaient oublié. C'est d'abord, un, il faut
01:03:02 faire, et effectivement, quand il y a
01:03:04 des choses qui sont mises en place
01:03:05 dans leur ministère respectif,
01:03:07 qu'ils aillent le faire savoir.
01:03:09 C'est dans un long
01:03:11 paragraphe d'Emmanuel Macron qui
01:03:13 parle de l'exemplarité des ministres.
01:03:14 Il explique qu'il ne faut pas céder
01:03:16 à la violence langagière,
01:03:17 au comportement inapproprié.
01:03:19 Il leur met la pression et il leur dit
01:03:20 on va vous regarder chaque instant
01:03:22 dans le détail.
01:03:23 C'est aussi un moyen d'expliquer
01:03:24 que on sait qu'il veut des nouveaux
01:03:26 ministres qui soient plus médiatiques,
01:03:27 mais il ne faut pas confondre des
01:03:28 ministres plus médiatiques et des
01:03:30 ministres qui passeraient leur temps
01:03:31 sur les plateaux télé, quitte à
01:03:33 oublier un petit peu les déplacements
01:03:34 au terrain ou le travail de fond.
01:03:36 Après, pour le coup, pour ceux qui
01:03:37 sont rentrés au gouvernement,
01:03:38 tant qu'ils étaient en tout cas à
01:03:39 l'Assemblée, ce sont des députés
01:03:41 qui ont beaucoup bossé les dossiers, qui, certes,
01:03:42 ont été médiatisés, par exemple
01:03:44 Priscat et Eno, etc.
01:03:45 Mais ce sont quand même des gens qui
01:03:46 ont su mêler à la fois le fait
01:03:48 d'aller porter la bonne parole dans
01:03:49 les médias, mais quand même de bosser
01:03:51 vraiment sur le fond et de ne pas être
01:03:53 juste des pantins qu'on met sur les
01:03:54 plateaux télé sans rien à raconter.
01:03:56 Aminel Bahi, puisqu'on parle de
01:03:58 François Braune et donc de son
01:03:59 remplaçant Aurélien Rousseau,
01:04:01 qu'est-ce que vous attendez, vous,
01:04:02 de ce nouveau ministre de la Santé ?
01:04:04 On rappelle qu'il était, il y a
01:04:05 encore peu de temps, le directeur
01:04:07 de cabinet d'Elisabeth Borne à
01:04:08 Matignon, il l'a quitté pour
01:04:09 finalement entrer au gouvernement.
01:04:11 C'est plutôt quelqu'un issu de la
01:04:12 gauche. Il a pas mal de travail,
01:04:14 lui aussi, à son ministère.
01:04:16 D'abord, sans manquer de respect
01:04:18 à François Braune, j'ai découvert
01:04:20 qu'il était ministre hier et qu'il
01:04:22 a quitté le ministère hier.
01:04:23 Non, mais je vous le dis parce
01:04:24 qu'on a quand même 42 ministres
01:04:25 dans ce gouvernement.
01:04:27 Ce n'est pas dur, je suis désolé.
01:04:28 On a 42 ministres dans ce
01:04:30 gouvernement. Je rappelle que...
01:04:31 Là, vous avez raison, c'est qu'il y a
01:04:32 beaucoup de ministres que les
01:04:33 Français ne connaissent pas.
01:04:33 Il y a deux tiers des ministres que
01:04:34 les Français ne connaissent pas.
01:04:36 Et donc, en fait, la déconnexion,
01:04:37 elle est là. Moi, je crois qu'Emmanuel
01:04:39 Macron ne veut pas de ministre
01:04:40 reconnu. Je crois qu'il y a, en
01:04:41 fait, eu l'entretien du monarchie
01:04:43 présidentielle qui s'est
01:04:46 progressivement installé et on a
01:04:48 oublié, finalement, tout ce qu'il
01:04:49 y avait autour. Et que pour
01:04:50 diriger un pays, il ne faut pas
01:04:51 seulement un président de la
01:04:52 République. Il faut aussi des
01:04:53 ministres, des ministres
01:04:54 compétents, pas forcément des
01:04:56 ministres connus.
01:04:57 Moi, j'aimerais, par exemple, que
01:04:58 demain, on s'intéresse, par
01:04:59 exemple, à Isabelle Rohm.
01:05:00 Oui, j'ai appris qu'elle était
01:05:01 ministre aussi, madame Isabelle
01:05:02 Rohm. On ne l'a jamais vue sur les
01:05:04 plateaux télévision, en tout cas,
01:05:05 très peu vues. Eh bien, on
01:05:06 aimerait savoir ce que fait
01:05:07 Isabelle Rohm dans ce
01:05:08 gouvernement.
01:05:09 Il n'y a plus rien parce qu'elle
01:05:09 est partie.
01:05:10 Alors, évidemment qu'elle est
01:05:11 partie.
01:05:12 Evidemment qu'elle est partie.
01:05:13 Mais ce que je vous dis, c'est
01:05:14 que, justement, vous avez
01:05:16 aujourd'hui 42 ministres.
01:05:18 C'est le gouvernement le plus
01:05:20 large, le plus...
01:05:22 Enfin, qui comporte le plus de
01:05:23 ministres, le plus de
01:05:24 secrétaires d'État.
01:05:25 Et on se demande si ce
01:05:27 gouvernement est utile.
01:05:29 C'est ça, la vraie question.
01:05:29 Mais...
01:05:30 Sur Aurélien Rousseau, parce que
01:05:32 lui, pour le coup, a été directeur
01:05:33 de l'Agence régionale de santé
01:05:34 Île-de-France. On peut se dire
01:05:35 qu'il a été là pendant la crise
01:05:36 Covid. On parlait de gens utiles,
01:05:38 compétents.
01:05:39 Bon, il a l'air de cocher
01:05:40 quelques cases quand même, non ?
01:05:41 Aurélien Rousseau, il a été
01:05:42 directeur d'une agence régionale
01:05:43 de santé. Il a ensuite été
01:05:44 directeur de cabinet de
01:05:47 madame la première ministre.
01:05:48 Lorsqu'il a démissionné, tout
01:05:50 le monde a pu légitimement croire
01:05:52 une mésentente avec la première
01:05:53 ministre. Finalement, il a fini
01:05:54 par être nommé ministre de la
01:05:56 santé.
01:05:57 Laissons le temps à M.
01:05:59 Rousseau de faire
01:06:01 ses preuves.
01:06:03 Mais cependant, moi, je m'interroge
01:06:04 quand même sur le profil
01:06:06 de M. Rousseau.
01:06:08 Pardonnez-moi, mais
01:06:09 il n'a pas forcément de
01:06:10 compétences en matière de santé.
01:06:12 D'ailleurs, on ne lui demande pas
01:06:12 forcément d'avoir des compétences
01:06:13 en matière de santé.
01:06:14 Il a occupé des postes à
01:06:16 responsabilité.
01:06:17 Il a occupé des postes à
01:06:17 responsabilité.
01:06:18 Nous, ce qu'on veut, c'est quand
01:06:20 même des gens de terrain.
01:06:21 Ce n'est pas des technocrates.
01:06:22 Ce n'est pas forcément des gens
01:06:23 qui ont fait Sciences Po.
01:06:24 C'était le profil de François
01:06:25 Brunavant, un urantiste qui, pour
01:06:26 le coup, lui connaissait le terrain.
01:06:27 On a vu que ça n'a pas forcément
01:06:28 fonctionné.
01:06:29 On est sur un profil complètement
01:06:30 inverse, cette fois avec Aurélien
01:06:31 Rousseau.
01:06:31 Oui, mais vous avez, vous savez,
01:06:33 vous avez deux extrêmes.
01:06:34 Vous avez celui qui est tout le
01:06:36 temps sur le terrain et qui n'est
01:06:37 jamais au bureau pour faire les
01:06:38 dossiers et celui qui est tout le
01:06:39 temps au bureau et jamais sur le
01:06:40 terrain.
01:06:41 On aimerait avoir cet entre-deux,
01:06:42 c'est-à-dire la connaissance des
01:06:43 institutions.
01:06:44 Ce n'est pas dur en même temps.
01:06:45 C'est vraiment la connaissance des
01:06:46 institutions. C'est surtout qu'on
01:06:47 a des ministres aujourd'hui dans
01:06:48 ce gouvernement qui n'ont jamais
01:06:50 été maires, qui n'ont jamais été
01:06:51 élus démocratiquement, qui ne
01:06:52 connaissent pas la notion de
01:06:53 légitimité démocratique, qui ne
01:06:55 connaissent pas...
01:06:56 Beaucoup ont été députés quand même.
01:06:58 Certains ont été députés, mais
01:06:59 beaucoup ne connaissent que les
01:07:00 médias et ne connaissent pas le
01:07:02 rapport avec les électeurs, avec
01:07:04 les Français, avec la France du
01:07:05 Cantal, avec la France des
01:07:07 quartiers populaires, avec le
01:07:08 Grand Paris.
01:07:09 Elle est là, la déconnexion
01:07:10 territoriale et politique.
01:07:11 On trouve justement quelqu'un qui,
01:07:12 lui, a été élu, puisqu'il est
01:07:13 député Renaissance de Saône-et-Loire.
01:07:14 C'est Louis Marguerite qui est en
01:07:16 direct avec nous.
01:07:18 Merci beaucoup d'être avec nous
01:07:19 sur CNews cet après-midi.
01:07:20 Vous l'avez entendu, on parle de
01:07:22 ce remaniement des profils des
01:07:25 nouveaux ministres.
01:07:26 Quelle lecture vous faites, vous,
01:07:27 de ce remaniement ?
01:07:29 Est-ce que c'est d'une certaine
01:07:31 façon l'échec aussi des
01:07:32 personnalités issues de la société
01:07:33 civile ?
01:07:34 Non, je ne crois pas.
01:07:36 D'abord, il y a quelques
01:07:37 éléments. C'est qu'on essaie
01:07:39 d'incarner les priorités qui ont
01:07:41 été d'ailleurs rappelées par le
01:07:42 président de la République ce
01:07:43 matin, c'est-à-dire la santé,
01:07:44 l'école. Il y a quand même l'arrivée
01:07:45 de Gabriel Attal, qui était
01:07:48 d'ailleurs déjà
01:07:50 passé par le ministère de
01:07:51 l'Éducation nationale l'année au
01:07:52 cours du mandat précédent.
01:07:54 On a l'arrivée d'Aurélien Rousseau,
01:07:55 qui certes n'est pas un
01:07:57 personnel politique au sens de
01:07:58 qu'il est passé par élection, mais
01:07:59 qui est un fin connaisseur du
01:08:01 système. Il était directeur
01:08:02 général de l'ARS Île-de-France,
01:08:03 en plus en pleine crise Covid.
01:08:05 Donc voilà.
01:08:06 Et puis, il y a l'arrivée d'autres
01:08:07 députés dont je pense que les
01:08:10 parcours différents des uns et
01:08:11 des autres montrent qu'il y a
01:08:12 besoin de toutes les compétences,
01:08:14 des compétences qui peuvent être
01:08:14 techniques, des compétences qui
01:08:15 peuvent être un peu plus
01:08:16 médiatiques. Et je pense qu'effectivement,
01:08:18 cette diversité de profils, c'est
01:08:20 ça qui permet d'avoir une
01:08:21 cohérence d'ensemble.
01:08:22 Ce n'est pas évident d'être ministre
01:08:23 parce qu'il faut évidemment connaître
01:08:24 son écosystème.
01:08:25 Il faut savoir diriger son
01:08:27 administration puisque le ministre
01:08:28 reste chef de son administration ou
01:08:30 par délégation sur certains
01:08:31 domaines. Il faut savoir
01:08:33 effectivement gérer aussi un agenda
01:08:35 médiatique qui n'est pas toujours
01:08:36 simple, bien communiquer.
01:08:37 Donc, mais je crois que la lecture,
01:08:39 c'est d'avoir mis les bonnes
01:08:40 personnes aux bons endroits.
01:08:41 Donc, en tout cas,
01:08:43 c'est très important d'avoir ce
01:08:44 message-là.
01:08:45 Qu'est-ce que vous répondez à ceux
01:08:46 qui parlent de rétrécissement,
01:08:48 de gouvernement des copains ?
01:08:50 Ce sont par exemple les propos qu'a
01:08:51 tenus Nicolas Dupont-Aignan ce matin.
01:08:53 On est habitués aux propos de
01:08:56 Nicolas Dupont-Aignan, enfin en tout
01:08:57 cas quand on arrive à les entendre.
01:08:59 Non, je pense que ça n'a pas beaucoup
01:09:00 d'intérêt comme commentaire.
01:09:01 Non, ce n'est pas gouvernement des
01:09:02 copains. D'abord, il y a l'arrivée,
01:09:04 d'abord, il y a un arrivée équilibrée
01:09:05 homme-femme. Il n'y a pas que des
01:09:07 députés Renaissance. Il y a aussi
01:09:09 Philippe Vigée, député modem,
01:09:11 qui était très connu à l'Assemblée,
01:09:12 qui rentre au ministère de l'Outre-mer.
01:09:14 Voilà, et je pense que ça a été fait
01:09:16 aussi sur les compétences, sur les
01:09:19 appétences de chacun parce que chacun,
01:09:20 je note aussi l'arrivée au budget de
01:09:22 Thomas Cazeneuve, que je connais bien.
01:09:23 Moi, j'ai travaillé avec lui il y a
01:09:24 dix ans au ministère de l'Économie.
01:09:26 Et je crois que ce n'est pas parce
01:09:27 qu'on peut être proche d'un tel ou
01:09:28 d'un tel qu'on est sélectionné,
01:09:30 en tout cas qu'on est nommé.
01:09:32 C'est aussi parce qu'on a des compétences.
01:09:34 Donc non, ce commentaire a assez peu
01:09:35 d'intérêt et moi, je vous confirme
01:09:37 que ce recrutement, il est lié aux
01:09:39 compétences de chacun, aux appétences et à
01:09:40 une cohérence d'ensemble gouvernementale.
01:09:42 Amine Elbaïe.
01:09:43 Oui, merci, monsieur le député Marguerite.
01:09:45 J'ai entendu que le recrutement était
01:09:46 fondé sur les compétences et donc je
01:09:48 souhaiterais savoir pourquoi, par exemple,
01:09:50 la secrétaire d'État, Sarah El Haïry,
01:09:52 passe de la jeunesse à la biodiversité.
01:09:54 Est-ce que madame El Haïry a une
01:09:55 compétence particulière en matière de biodiversité ?
01:09:58 Et est-ce que sur cette question de la
01:09:59 biodiversité, vous entendez en faire un
01:10:00 enjeu politique fondamental pour le pays ?
01:10:03 Alors, sur la deuxième question, oui,
01:10:05 c'est évidemment un enjeu fondamental.
01:10:08 Quand on investit 7 milliards en plus
01:10:10 sur la transition énergétique, la transition
01:10:13 écologique, je crois qu'on ne peut pas
01:10:15 faire une meilleure démonstration que
01:10:16 c'est évidemment important.
01:10:17 Ça se décline sur beaucoup de sujets,
01:10:18 évidemment, la question de la rénovation
01:10:20 énergétique des bâtiments, la question
01:10:22 de la biodiversité.
01:10:23 Et puis, je crois que madame El Haïry a
01:10:26 montré quand même une compétence en
01:10:27 termes de gestion de projet, un projet
01:10:29 qui n'était quand même pas sain,
01:10:30 pas évident, qui était décrit par beaucoup,
01:10:32 qui était suivi du Service national
01:10:34 universel et qui, objectivement,
01:10:36 fait ses preuves.
01:10:37 Il y a des milliers de jeunes françaises
01:10:40 et français qui font l'expérience du SNU.
01:10:43 Et ce n'était pas sain parce qu'il a fallu
01:10:45 lever un stand d'obstacles,
01:10:48 administratifs, juridiques, financiers.
01:10:50 Et donc, en tout cas, la gestion d'un
01:10:52 projet compliqué et lourd, avec la réussite
01:10:54 et sa visibilité aussi, c'est la preuve,
01:10:56 en tout cas, que c'était une excellente
01:10:58 ministre et je n'ai pas doute qu'elle le fera,
01:10:59 la biodiversité.
01:10:59 Voilà, donc ça répond aussi à votre
01:11:01 première question.
01:11:02 Merci beaucoup, Louis Marguerite,
01:11:03 d'avoir été en direct avec nous
01:11:05 cet après-midi.
01:11:06 Je remercie aussi Élodie Houchard.
01:11:08 Merci d'avoir été là pour nous décrypter
01:11:10 ce remaniement, ces annonces.
01:11:11 Le temps file, mais si on marque une pause
01:11:13 et puis on a d'autres sujets à aborder
01:11:15 à cet après-midi dans 120 minutes Info
01:11:16 version été.
01:11:17 A tout de suite.
01:11:18 De retour dans 120 minutes Info
01:11:24 version été, toujours avec mes invités
01:11:27 Amine Elbaïe, juriste, Erwan Barillo,
01:11:29 écrivain. D'ailleurs, je rappelle que vous
01:11:30 êtes l'auteur de ce livre, "Moi, Omega".
01:11:33 Voilà, comme ça, la pub est faite.
01:11:34 Et puis, Noémie Schultz nous a rejoint
01:11:36 du service police-justice de
01:11:38 CNews. On va parler donc de cette affaire
01:11:40 qui s'est déroulée à Toulouse dans la
01:11:42 nuit de mardi à mercredi.
01:11:44 Un couple a été violemment agressé
01:11:46 par un groupe de quatre mineurs
01:11:48 dans le centre-ville de Toulouse.
01:11:50 Selon nos confrères de La Dépêche,
01:11:52 la jeune femme aurait été sévèrement
01:11:53 tailladée au visage par des coups de
01:11:55 tesson de bouteille.
01:11:56 Je propose de regarder ce sujet de
01:11:58 Sarah Vragny.
01:11:59 C'est vers 3 heures du matin ce
01:12:02 mercredi qu'un couple a été agressé
01:12:04 par des adolescents dans le centre-ville
01:12:06 de Toulouse.
01:12:07 Selon nos confrères de La Dépêche,
01:12:08 quatre mineurs, deux filles et deux
01:12:10 garçons âgés de 14 à 17 ans
01:12:12 s'en seraient pris au couple en raison
01:12:14 de la tenue de la jeune femme qu'ils
01:12:16 jugeaient inappropriée.
01:12:18 Des insultes se sont rapidement
01:12:20 transformées en un déchaînement de
01:12:21 violence.
01:12:22 La jeune femme aurait été atteinte au
01:12:24 visage à coups de tesson de bouteille.
01:12:27 Alertée grâce à la vidéosurveillance,
01:12:29 la police municipale serait rapidement
01:12:31 intervenue.
01:12:33 Très sérieusement blessée, la jeune
01:12:35 femme aurait immédiatement été
01:12:36 transportée aux urgences.
01:12:38 Les quatre suspects qui ont été
01:12:40 interpellés et placés en garde à vue
01:12:41 étaient déjà connus défavorablement
01:12:43 des services de police et doivent
01:12:45 être déférés prochainement au
01:12:47 parquet pour mineurs.
01:12:48 Nomie Schultz, vous avez plus
01:12:51 d'informations sur cette affaire.
01:12:52 Donc ça s'est déroulé à Toulouse
01:12:54 avec des protagonistes relativement
01:12:56 jeunes.
01:12:56 Très jeunes, que ce soit du côté des
01:12:58 victimes et du côté des agresseurs.
01:13:00 Effectivement, ce sont deux groupes
01:13:02 qui, dans la nuit de mardi à
01:13:03 mercredi, se sont croisés un peu
01:13:05 avant 3 heures du matin sur cette
01:13:07 place du Capitole à Toulouse.
01:13:08 D'un côté, quatre jeunes majeurs de
01:13:10 19 ans.
01:13:11 De l'autre, quatre mineurs âgés de
01:13:12 14 à 17 ans.
01:13:14 L'origine de l'altercation, nous
01:13:16 dit le procureur de la République
01:13:17 de Toulouse, reste floue.
01:13:18 Il évoque une demande
01:13:20 de cigarettes, des regards échangés,
01:13:23 des propos mal interprétés.
01:13:24 Quoi qu'il en soit, la situation a
01:13:26 très vite dégénéré.
01:13:27 Grâce aux caméras de vidéosurveillance,
01:13:29 la police intervient rapidement et
01:13:31 va découvrir sur place, effectivement,
01:13:33 plusieurs personnes blessées,
01:13:34 notamment cette jeune femme de 19
01:13:36 ans, sérieusement blessée.
01:13:38 Elle présente de multiples coupures
01:13:40 au visage, au cou, au dos.
01:13:42 Les quatre mineurs sont interpellés,
01:13:44 placés en garde à vue.
01:13:46 Certains sont suivis par
01:13:48 les services judiciaires de la
01:13:49 protection de la jeunesse
01:13:51 pour un parcours social
01:13:53 difficile. D'autres sont déjà connus
01:13:55 de la police et de la justice pour
01:13:57 des faits de violence, vol, menace,
01:13:59 défaut de permis de conduire,
01:14:00 détention d'armes, outrage ou encore
01:14:01 détention de stupéfiants.
01:14:03 La plus âgée de ces mineurs,
01:14:05 une jeune fille de 17 ans,
01:14:07 c'est elle qui est soupçonnée d'avoir
01:14:08 porté les coups à l'aide d'une
01:14:10 bouteille en verre cassé.
01:14:11 Elle se serait saisi d'une bouteille,
01:14:12 elle l'aurait brisée pour pouvoir
01:14:15 blesser sa victime.
01:14:16 Elle a été placée en détention
01:14:18 provisoire dans l'attente de son
01:14:19 procès. Elle va comparaître devant
01:14:20 le tribunal pour enfants en trois
01:14:22 semaines.
01:14:23 Le 17 août prochain,
01:14:26 trois autres mineurs ont été placés
01:14:28 sous contrôle judiciaire et tous
01:14:30 vont être jugés pour des violences
01:14:33 en réunion, aggravées,
01:14:36 notamment pour certains, par le fait
01:14:37 de s'être saisi d'une arme ou
01:14:39 d'être en état d'ivresse.
01:14:41 Erwann Barilho, ce qui nous marque
01:14:42 dans cette affaire, comme dans
01:14:43 malheureusement d'autres affaires,
01:14:45 c'est la jeunesse des protagonistes.
01:14:47 14 ans et déjà impliqués dans
01:14:49 des violences pareilles.
01:14:51 Qu'est-ce que ça vous évoque ?
01:14:52 Effectivement, on se souvient
01:14:54 également que pendant les émeutes,
01:14:55 les protagonistes étaient très,
01:14:57 très jeunes.
01:14:59 C'est encore le cas.
01:15:00 Le droit français est relativement
01:15:03 tolérant envers les mineurs.
01:15:06 Il faut se poser la question de
01:15:07 revoir certaines dispositions
01:15:08 justement de protection des
01:15:11 mineurs. Le président de la
01:15:12 République a prôné dans son
01:15:14 allocution de ce matin une justice
01:15:16 plus efficace, plus rapide, plus
01:15:17 proche. Peut-être faudrait-il se
01:15:19 poser aussi la question d'une
01:15:20 justice plus sévère, notamment à
01:15:22 l'égard des mineurs.
01:15:24 Amine Elbaïe, on voit aussi que
01:15:25 certains de ces mineurs étaient
01:15:26 suivis par les services judiciaires.
01:15:29 Est-ce que vous analysez ça comme
01:15:30 une forme de défaillance ?
01:15:32 Peut-être que le suivi n'était pas
01:15:34 efficace ?
01:15:35 Le problème est plus profond que
01:15:36 cela.
01:15:37 La victime est une jeune femme de
01:15:38 19 ans à qui moi, j'adresse mon
01:15:41 total soutien.
01:15:42 Nous assistons aujourd'hui
01:15:43 progressivement dans notre pays
01:15:47 à un ensauvagement.
01:15:49 Et je crois qu'il faut aujourd'hui
01:15:51 nommer les problèmes.
01:15:53 Nous assistons à une police du
01:15:56 vêtement.
01:15:57 J'ai très peu entendu aujourd'hui
01:15:58 parler de mouvements féministes
01:16:01 qui se sont fait plutôt silencieux
01:16:04 sur cette question.
01:16:06 Il y a une police du vêtement
01:16:08 parce qu'il y a une pression
01:16:09 communautaire.
01:16:10 Pourquoi cette jeune femme a été
01:16:11 victime ?
01:16:12 Elle a été victime parce que c'est
01:16:13 une jeune maghrébine, c'est une
01:16:15 enfant de la République, c'est une
01:16:16 jeune femme française.
01:16:17 L'enquête ne dit pas que les
01:16:18 marées n'ont pas encore ces
01:16:19 éléments.
01:16:20 Je peux vous les donner puisque
01:16:21 j'ai moi-même consulté les réseaux
01:16:23 sociaux.
01:16:24 J'ai pu consulter le témoignage
01:16:26 de la victime sur les réseaux
01:16:27 sociaux.
01:16:28 Mais je vais vous dire ce que
01:16:30 personne ne veut dire.
01:16:31 Il y a une pression communautaire,
01:16:32 une pression communautariste dans
01:16:34 les quartiers.
01:16:35 On demande aujourd'hui à un
01:16:36 certain nombre de femmes de ne
01:16:38 pas s'habiller avec une jupe
01:16:40 parce qu'elle est trop courte et
01:16:41 parce que ça pourrait être
01:16:43 provoquant.
01:16:44 Lorsque la République n'intervient
01:16:46 pas, on oblige un certain nombre
01:16:48 de jeunes filles à se voiler pour
01:16:50 ne pas subir la pression
01:16:51 communautaire dans un certain
01:16:52 nombre de quartiers.
01:16:52 Au-delà de la question judiciaire
01:16:54 qui revient en permanence...
01:16:55 On ne sait pas si ce sont les
01:16:56 véritables raisons de cette
01:16:57 agression.
01:16:58 Noemi, vous parliez de...
01:16:59 Le procureur de la République de
01:17:00 Toulouse dit que l'origine de
01:17:02 l'altercation est floue et n'a
01:17:05 pas évoqué cet élément-là.
01:17:08 Il parle effectivement de
01:17:09 demande de cigarettes, de
01:17:11 regard échangé, de propos
01:17:13 mal interprétés.
01:17:14 Mais est-ce que ces propos
01:17:15 mal interprétés ont trait à la
01:17:16 tenue vestimentaire de cette
01:17:18 jeune femme ?
01:17:19 J'ai entendu en tout cas, je
01:17:21 crois, sans trahir de secret,
01:17:23 avoir compris que la jeune
01:17:25 victime a pu témoigner.
01:17:27 Ce qui est sûr, c'est qu'il y a
01:17:28 un ensauvagement.
01:17:29 Ce qui est sûr, c'est que sur la
01:17:30 réponse judiciaire, l'État doit
01:17:31 être au rendez-vous.
01:17:32 Je crois que depuis maintenant
01:17:34 plusieurs années, un certain
01:17:35 nombre de responsables
01:17:36 politiques appellent à baisser
01:17:37 la majorité pénale à 16 ans.
01:17:39 Ils appellent à supprimer
01:17:41 l'excuse de minorité.
01:17:42 Moi, ce qui me frappe, c'est
01:17:43 d'entendre que des jeunes âgés
01:17:44 entre 14 et 17 ans étaient tout
01:17:46 seuls dehors dans la rue alors
01:17:48 qu'ils sont mineurs.
01:17:49 Où sont les parents ?
01:17:50 Quand est-ce qu'on va
01:17:51 responsabiliser aussi les
01:17:52 parents sur cette question ?
01:17:53 Et quand est-ce que la justice
01:17:55 effectivement fera son travail ?
01:17:57 Il y a effectivement la question
01:17:58 de la justice pénale, mais il y a
01:17:59 aussi la question, et je le dis,
01:18:01 de l'ordre, de l'autorité, faire
01:18:04 en sorte aussi que nos jeunes
01:18:05 puissent sortir comme ils le
01:18:07 souhaitent, faire en sorte que
01:18:08 nos rues soient aussi sécurisées.
01:18:10 C'est une question de sécurité
01:18:12 publique.
01:18:13 On parlait de la jeunesse des
01:18:14 protagonistes.
01:18:15 On va rester dans le domaine de
01:18:16 la jeunesse, mais sur un autre
01:18:17 sujet, celui du harcèlement
01:18:19 scolaire, puisque Gabriel Attal,
01:18:20 on vous l'a fait suivre en direct
01:18:21 depuis tout à l'heure, est donc
01:18:22 en déplacement, premier
01:18:23 déplacement en tant que ministre
01:18:24 de l'Éducation nationale, et il
01:18:26 s'est donc exprimé sur ce sujet
01:18:28 du harcèlement scolaire.
01:18:29 Évidemment, dossier très
01:18:30 important pour lui, on écoute.
01:18:32 L'église, la lutte contre le
01:18:37 harcèlement scolaire, c'est une
01:18:39 exigence morale absolue.
01:18:41 On ne peut pas accepter qu'il y ait
01:18:44 des enfants qui aillent à l'école
01:18:46 la boue au ventre, et qu'on se
01:18:48 retrouve avec des situations
01:18:49 absolument dramatiques, comme
01:18:51 celles qu'on a pu vivre, tragiques,
01:18:53 avec des enfants qui se donnent
01:18:56 la mort, notamment parce qu'ils
01:18:58 sont harcelés à l'école.
01:19:00 Donc, là-dessus, il y aura une
01:19:02 mobilisation absolue, la première
01:19:03 ministre l'a dit, on a fait une
01:19:04 cause y compris sur laquelle elle
01:19:06 est personnellement impliquée,
01:19:07 et on aura, au moment de la
01:19:09 rentrée, à annoncer des
01:19:11 mobilisations supplémentaires.
01:19:13 D'ores et déjà, il y a un certain
01:19:15 nombre d'éléments sur lesquels
01:19:16 on va pouvoir avancer dès cet
01:19:18 été.
01:19:19 Il y a des textes qui sont en
01:19:20 cours de discussion sur lesquels
01:19:22 j'aurai à m'exprimer très
01:19:23 prochainement, notamment sur la
01:19:25 question des élèves qui ont
01:19:28 harcelé d'autres élèves.
01:19:30 Vous savez qu'on a dit une chose
01:19:31 qui est très claire, c'est que
01:19:32 ce n'est plus aux élèves victimes
01:19:33 de harcèlement de quitter leur
01:19:35 classe ou l'établissement, c'est
01:19:37 à l'élève qui harcèle qu'il
01:19:40 revient de quitter l'établissement.
01:19:41 Sur ce sujet-là, on avance, et
01:19:43 j'aurai dans les prochains jours
01:19:45 à m'exprimer à nouveau sur ce
01:19:46 sujet.
01:19:47 Merci.
01:19:48 Merci.
01:19:49 Laurent Barillot, première réaction.
01:19:52 Gabriel Attal parle du harcèlement
01:19:54 scolaire, on sait que ça avait été
01:19:55 un sujet un peu compliqué pour
01:19:56 Papandia et je pense notamment à
01:19:58 l'affaire l'INSEE.
01:19:59 Que vous évoquent les propos de
01:20:00 Gabriel Attal ?
01:20:01 Effectivement, il a raison de
01:20:03 reprendre ce dossier qui avait été
01:20:04 ouvert par son prédécesseur.
01:20:06 C'est un chantier très important
01:20:08 parce qu'aujourd'hui, pour beaucoup
01:20:10 d'enfants, l'école c'est vraiment
01:20:12 un univers très dur pour les
01:20:14 enfants qui sont victimes de
01:20:15 harcèlement scolaire.
01:20:16 Et donc, effectivement, on attend
01:20:17 des réponses fortes du gouvernement
01:20:18 sur ce sujet.
01:20:19 En 20 secondes, Amine Elbaïe.
01:20:20 En 20 secondes, bien sûr.
01:20:21 Le sujet avait été repris par
01:20:22 Brigitte Macron parce que Papandiai
01:20:24 avait complètement démissionné.
01:20:26 On se souvient de la réaction des
01:20:27 parents de l'INSEE.
01:20:28 La peur doit changer de camp.
01:20:29 Il faut aujourd'hui sensibiliser
01:20:30 tout le monde, y compris la
01:20:31 communauté éducative, pour éviter
01:20:33 de nouveaux drames et de nouveaux
01:20:34 ravages dans notre pays.
01:20:36 Merci beaucoup Noémie Schultz
01:20:37 d'avoir été avec nous pour nous
01:20:39 parler de cette affaire de Toulouse.
01:20:40 On va marquer une courte pause et
01:20:42 puis on revient dans 120 minutes.
01:20:44 Info version été.
01:20:46 De retour dans 120 minutes.
01:20:52 Info, on va maintenant parler de
01:20:54 la situation à Cavaillon, dans le
01:20:56 Vaucluse.
01:20:57 Tanguy Hamon du service
01:20:58 de la justice de CNews nous a
01:21:00 rejoint.
01:21:01 Alors à Cavaillon, le maire de la
01:21:02 ville a porté plainte à la suite
01:21:04 d'une fête de quartier qui a été
01:21:06 organisée illégalement.
01:21:07 C'était le 14 juillet dernier.
01:21:09 Pour les autorités, il s'agit
01:21:11 notamment de déterminer qui a payé
01:21:13 pour l'organisation de cet
01:21:15 événement.
01:21:16 Et puis, la CRS 27 a maintenant
01:21:19 été mobilisée dans le quartier.
01:21:22 Tanguy Hamon, pourquoi avoir
01:21:24 déployé cette unité de CRS ?
01:21:27 Alors ce qu'il faut savoir, c'est
01:21:28 que cette CRS 27, elle est là
01:21:30 depuis hier et elle doit rester sur
01:21:32 place au moins jusqu'à cette nuit.
01:21:34 Elle a permis d'amener le renfort
01:21:36 de 48 policiers sur place dans le
01:21:38 secteur.
01:21:39 Alors son premier rôle, c'est de
01:21:40 s'assurer évidemment que la
01:21:41 situation ne dégénère pas dans le
01:21:43 quartier, puisqu'avec les
01:21:44 événements de ces derniers jours,
01:21:46 il y a eu un risque, une crainte
01:21:48 que des débordements éclatent.
01:21:50 Alors ça n'a pas du tout été le
01:21:51 cas la nuit dernière.
01:21:53 Il y a aussi un deuxième objectif
01:21:55 pour cette CRS 27, c'est tout
01:21:57 simplement de boucler le quartier.
01:21:59 La préfète du Vaucluse nous l'a
01:22:01 indiqué, elle a dit que les
01:22:02 policiers filtraient le quartier.
01:22:04 En fait, ils vérifient qui y
01:22:05 rentre et qui y sort.
01:22:07 Et là, le but, c'est tout
01:22:08 simplement de gêner le trafic de
01:22:09 drogue en ciblant à la fois les
01:22:11 dealers, mais aussi les clients.
01:22:13 Parce que c'est un quartier qui
01:22:14 est connu pour être un point de
01:22:16 deal, disons-le, dans cette ville
01:22:18 de Cavaillon.
01:22:19 Où en est l'enquête donc ?
01:22:20 Parce qu'il faut déterminer
01:22:21 maintenant qui a organisé, qui a
01:22:23 financé cette fête illégale.
01:22:25 Alors, comme vous l'avez dit, il
01:22:27 y a une enquête qui est en cours.
01:22:28 Donc c'est qu'à la fin de celle-ci
01:22:29 qu'on pourra vraiment dire
01:22:31 officiellement s'il s'agit de
01:22:32 dealers qui se cachent derrière
01:22:34 l'organisation de ces animations.
01:22:36 Nous, ce qu'on peut dire, c'est
01:22:38 qu'une source policière locale
01:22:40 nous a quand même affirmé que des
01:22:42 policiers avaient bel et bien
01:22:44 identifié des dealers comme étant
01:22:47 les personnes à l'origine de ces
01:22:49 animations.
01:22:50 Alors évidemment, ce qui pose
01:22:51 question dans cette affaire, c'est
01:22:53 aussi le rôle de l'État qui
01:22:55 disparaît peut-être de certains
01:22:56 quartiers.
01:22:57 Pourquoi ?
01:22:58 C'est aussi un problème de
01:22:59 sécurité parce qu'il y avait une
01:23:00 piscine installée sans précaution.
01:23:02 Les bailleurs sociaux, d'ailleurs,
01:23:03 déposent plainte pour vol d'eau et
01:23:05 d'électricité.
01:23:06 Et donc, ça pose la question des
01:23:08 personnes qui organisent ces fêtes
01:23:10 de quartiers illégales.
01:23:11 Je vous propose d'écouter à ce
01:23:12 sujet après.
01:23:13 On en débat ensemble.
01:23:14 Le préfet de Leraud, il revient
01:23:16 justement sur le rôle des personnes
01:23:18 qui tiennent ces quartiers.
01:23:19 Écoutez.
01:23:20 On note que depuis une vingtaine
01:23:22 d'années, il y a une tendance de
01:23:24 l'État à être concurrencé par un
01:23:26 certain nombre d'institutions,
01:23:28 j'allais dire sauvages, des groupes
01:23:30 mafieux, des organisations
01:23:31 religieuses qui cherchent
01:23:33 naturellement à faire des
01:23:35 investissements, à avoir une
01:23:37 emprise de plus en plus importante
01:23:39 sur nos concitoyens et notamment
01:23:41 sur certaines communautés
01:23:43 immigrées.
01:23:44 C'est ce qu'on appelle, on a
01:23:45 connu ça en Amérique du Sud, on
01:23:46 connaît ça en Amérique du Sud, on
01:23:47 appelle ça la thématique du
01:23:49 bandit social qui cherche à se
01:23:51 légitimer par des actions sociales
01:23:53 en parallèle de ses activités
01:23:55 criminelles.
01:23:56 Naturellement, la loi de la
01:23:57 République doit être la même sur
01:23:58 tous les territoires et ce que
01:24:00 font mes collègues préfets,
01:24:02 nous appliquons la loi avec la
01:24:04 même rigueur, je l'espère, sur
01:24:05 l'ensemble du territoire.
01:24:06 Erwan Barillo, est-ce que dans
01:24:07 ces quartiers réellement, l'État
01:24:09 a disparu ?
01:24:10 En tout cas, ce qui est sûr, c'est
01:24:11 que l'État a réapparu au moment
01:24:13 de l'arrivée de ces CRS.
01:24:15 La question c'est, est-ce que
01:24:16 l'État arrive à apporter
01:24:17 finalement quelque chose de
01:24:18 positif à ces quartiers ?
01:24:19 Loin de moi l'idée d'excuser
01:24:21 effectivement ces installations
01:24:23 illégales, mais ce qu'on voit,
01:24:25 c'est qu'aujourd'hui on a une
01:24:26 nouvelle génération de dealers
01:24:28 qui arrivent à recréer une sorte
01:24:30 de contre-société dans les
01:24:32 quartiers qu'ils ont de plus en
01:24:33 plus investis et à proposer non
01:24:35 pas seulement le trafic de drogue,
01:24:37 mais en quelque sorte de la
01:24:38 relation client, un peu comme
01:24:40 Pablo Escobar faisait en son temps
01:24:42 et dans son pays.
01:24:44 Là, c'est un petit peu cette
01:24:45 furie qui devient une furie
01:24:46 française, mais c'est une furie
01:24:48 bien réelle et en même temps,
01:24:50 avec tout ce qu'il y a finalement
01:24:52 de loisirs, tout ce qu'il y a de
01:24:53 positif qui est aujourd'hui de
01:24:56 plus en plus présent dans nos
01:24:57 quartiers.
01:24:58 Donc la question c'est, comment
01:24:59 est-ce que l'État peut recréer un
01:25:01 imaginaire positif et pas seulement
01:25:03 apparaître comme le trouble fait
01:25:04 pour ces jeunes qui avaient des
01:25:06 installations ? Je suis désolé, je
01:25:07 ne veux pas du tout, loin de moi,
01:25:08 l'idée d'excuser ce qui a été fait.
01:25:10 Mais aujourd'hui, dans ces
01:25:11 quartiers, pour ces jeunes qui
01:25:13 passaient du bon temps, l'État,
01:25:15 c'est uniquement le casque du
01:25:17 CRS, c'est uniquement le trouble
01:25:19 fait. Comment est-ce que l'État va
01:25:20 exister dans ces quartiers
01:25:21 autrement ? C'est ça la question.
01:25:23 À l'inverse, ceux qui ont organisé
01:25:24 cette fête illégale, eux, on
01:25:26 imagine, peuvent aussi s'attirer
01:25:27 les faveurs des familles qui
01:25:29 vivent dans ces quartiers, Emine
01:25:31 Elmaï. Moi, je crois qu'il faut
01:25:32 cesser de théoriser, finalement,
01:25:34 l'image que l'on a des quartiers.
01:25:36 Il faut aujourd'hui les regarder
01:25:37 tels qu'ils sont. Vous savez, j'ai
01:25:38 grandi, moi, et j'habite encore dans
01:25:40 le quartier de l'Épel à Roubaix,
01:25:41 dans l'une des villes les plus
01:25:42 pauvres de France, et dans un
01:25:43 quartier qui est censé être une
01:25:45 zone de sécurité prioritaire.
01:25:47 Ce que je peux vous dire, c'est
01:25:48 que de nombreux quartiers en
01:25:49 France ont fait sécession. Ils
01:25:51 ont complètement échappé au
01:25:52 contrôle de l'État et les
01:25:54 dealers, les caïds, les délinquants
01:25:57 ont pris le contrôle, ils ont
01:25:58 appliqué un contrôle sécuritaire,
01:26:00 ils ont également pris le
01:26:01 contrôle social en allant acheter
01:26:03 la paix, le silence des habitants,
01:26:05 en organisant des fêtes, en
01:26:07 organisant des barbecues. Ils ont
01:26:09 acheté une forme de paix. Moi,
01:26:11 ce que je vous dis, c'est que
01:26:12 l'État, aujourd'hui, doit reprendre
01:26:14 le contrôle à l'instar de ce qui
01:26:15 se passe à Cavaillon. On a envoyé
01:26:17 des CRS, bien sûr, il ne faut pas
01:26:19 gêner les dealers, il faut
01:26:21 éradiquer la drogue, il faut
01:26:23 éradiquer la délinquance. La
01:26:25 question est la suivante, c'est
01:26:26 pendant combien de temps ces CRS
01:26:28 vont rester ? Parce qu'il ne
01:26:29 suffit pas seulement de rester et
01:26:30 de faire ce qu'on appelle des
01:26:32 maudits contrôles d'identité. Il
01:26:33 faut également identifier où ils
01:26:35 habitent, savoir dans quelles
01:26:37 conditions on leur a donné les
01:26:38 logements sociaux et quand et
01:26:40 comment le préfet qui est
01:26:41 intervenu tout à l'heure va leur
01:26:43 retirer ce logement social.
01:26:44 Parce que la République, la
01:26:46 République à gogo, la République
01:26:47 sociale, ce n'est pas que des
01:26:49 droits, c'est aussi des devoirs.
01:26:50 Voilà, je crois qu'il faut
01:26:52 responsabiliser, je crois qu'il
01:26:53 faut retrouver cet État qui
01:26:55 aujourd'hui est un État à mon
01:26:57 sens impuissant, un État fort
01:26:59 avec les faibles, avec ceux qui
01:27:00 travaillent dans les quartiers
01:27:01 populaires, avec les impôts,
01:27:03 avec plus de taxes, avec plus de
01:27:05 pression économique, mais faible
01:27:06 avec les forts, faible avec les
01:27:08 voyous, faible avec les caïds.
01:27:10 Donc il ne suffit pas seulement
01:27:11 aujourd'hui de répondre avec
01:27:14 cette image, cet effet de
01:27:16 communication, de dire il y a un
01:27:17 problème sécuritaire, pas de
01:27:18 souci, on va envoyer la police.
01:27:20 La police ne peut plus être le
01:27:23 seul service public qui intervient
01:27:25 dans les quartiers populaires.
01:27:26 Quand les policiers interviennent
01:27:27 dans ces quartiers, ils doivent
01:27:29 répondre pas seulement à un
01:27:30 problème sécuritaire, on leur
01:27:32 oppose toute la misère sociale.
01:27:34 Et ça, voyez-vous, on en a
01:27:36 assez. Moi, je crois qu'il faut
01:27:38 remettre dans ces quartiers
01:27:39 populaires de l'ordre. Il faut
01:27:41 également revoir la question des
01:27:43 logements sociaux et réfléchir,
01:27:45 et c'est la question que j'aimerais
01:27:46 poser au gouvernement, quel
01:27:48 projet d'assimilation on a à
01:27:50 proposer à ces jeunes plus qu'un
01:27:52 service national universel. Dans
01:27:55 ces quartiers populaires où il y a
01:27:57 plus de 30% de chômage contre 6%
01:27:59 en France. Je crois qu'on vit
01:28:01 finalement sur une autre planète
01:28:02 et je crois que très sincèrement,
01:28:04 depuis 30 ans, les dealers se
01:28:07 sont installés parce que l'État
01:28:09 n'a pas agi. Elle n'a pas agi
01:28:10 suffisamment sur l'ordre et sur
01:28:12 la sécurité. Par contre, sur la
01:28:14 politique de la ville, on a agi.
01:28:15 On a mis 90 milliards d'euros
01:28:17 depuis les années 1990, pendant
01:28:19 que les campagnes, le Cantal, la
01:28:20 Creuse et la Veyron, eux, crevaient
01:28:22 de faim.
01:28:23 Merci Aminel Bailly, vous êtes
01:28:25 juriste, merci d'avoir été avec
01:28:26 nous. Merci Erwann Barilho, essayiste
01:28:28 et écrivain. Merci Tanguy Hamon du
01:28:30 service Polyjustice de CNews.
01:28:32 On se quitte, c'est la fin de nos
01:28:34 débats. Dans quelques instants, vous
01:28:35 retrouvez Punchline avec
01:28:37 Florian Tardif.
01:28:38 tardif.
01:28:39 ♪ ♪ ♪

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