- il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Jean-Luc Bennahmias, Philippe Bouriachi, Corinne Tapiero et Dominique Pradalié, fédération internationale des journalistes.
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NewsTranscription
00:00 Les vraies voix de l'été Sud Radio, 17h-19h, Jean-Marie Bordry.
00:05 Avec Corinne Tapiro, avec Philippe Bourghiaki et avec Jean-Luc Benamias.
00:11 Nous sommes ensemble jusqu'à 19h.
00:12 Le tour de l'actualité, c'est aussi la presse avec le retour de ce journal,
00:16 le journal du dimanche, mais dans sa nouvelle version, avec son nouveau directeur
00:19 et sa nouvelle rédaction, bien que réduite à la portion congrue à la suite de 40 jours de grève.
00:24 On va parler du nouveau journal du dimanche.
00:25 Est-ce que vous allez le lire ?
00:27 Votez sur Twitter, commentez sur les réseaux sociaux
00:29 et puis appelez-nous au 0826 300 300.
00:31 On accueille tout de suite notre première invitée.
00:34 Les vraies voix Sud Radio, le grand débat du jour.
00:38 Plus d'un mois de grève et cinq week-ends sans journal du dimanche.
00:42 La rédaction de l'hebdomadaire se mobilise contre l'arrivée d'un journaliste d'extrême droite à la direction.
00:47 Geoffroy Lejeune, le nouveau directeur du journal du dimanche,
00:50 a pris ses fonctions dans une rédaction désertée.
00:52 La suite, ce sont des négociations qui vont s'ouvrir entre les journalistes de la rédaction
00:56 et la direction du journal du dimanche pour négocier de meilleures conditions de départ.
01:01 Le journal du dimanche ne peut que devenir un journal d'opinion et pas n'importe quelle opinion.
01:05 Reste à savoir maintenant avec qui Geoffroy Lejeune,
01:07 qui est en soutien d'Eric Zemmour et ancien patron de Valeurs Actuelles,
01:09 compte faire tourner son journal.
01:11 C'est le débat du jour, le nouveau journal du dimanche.
01:15 On en parle avec notre invitée Dominique Pradalier.
01:17 Bonjour à vous.
01:19 Bonjour à vous tous et à vous toutes.
01:21 Soyez la bienvenue sur Sud Radio.
01:23 Vous présidez la Fédération internationale des journalistes.
01:25 Combien de centaines de milliers de journalistes ?
01:28 Environ 600 000 dans 150 pays.
01:30 C'est plutôt pas mal. C'est un bon début, Dominique Pradalier.
01:33 De votre côté, vous avez soutenu la grève de 40 jours
01:38 des journalistes du journal du dimanche, ancienne version. Pourquoi ?
01:44 Eh bien parce que les journalistes devraient et doivent avoir le droit en France
01:48 de pouvoir travailler professionnellement en toute indépendance,
01:52 suivant la ligne éditoriale du journal qu'ils ont choisi de rejoindre.
01:57 Pourquoi ils n'auraient pas pu le faire avec le nouveau directeur ?
02:01 Parce que cette ligne éditoriale ne leur convient pas.
02:03 Ils l'ont dit au effort pendant 41 jours de grève.
02:08 Et la profession les soutient, bien sûr, en France.
02:11 Effectivement, c'est un changement de ligne éditoriale.
02:13 Quand vous avez découvert les premières pages de ce nouveau journal du dimanche,
02:18 qui est sorti un peu par surprise parce qu'on ne s'y attendait pas au terme de cette grève,
02:22 ce dimanche-ci, qu'est-ce que vous en avez pensé ?
02:25 Eh bien écoutez, j'ai eu tout de suite plusieurs coups de téléphone et textos
02:29 de mes confrères et consoeurs me disant "mais la photo c'est un fake news,
02:33 c'est pas la bonne photo, la page 3 c'est pareil, c'est pas la bonne photo".
02:38 Ils ont pris n'importe quelle photo pour illustrer n'importe quoi,
02:41 c'est-à-dire ce qu'ils voulaient illustrer ce jour-là.
02:43 Alors je vais revenir avec un petit peu de contexte sur la photo de Une.
02:47 La Une, c'était une lettre ouverte des familles de victimes de faits divers en d'autres termes.
02:51 En tout cas de drames, d'agressions, de meurtres.
02:54 Une lettre ouverte au président de la République.
02:56 "Nous ne sommes pas des faits divers", c'était le titre de la Une.
02:59 Et il y avait une photo avec le début d'une marche blanche pour Enzo.
03:03 Il se trouve que, depuis plusieurs semaines, on parle de la mort de ce jeune Enzo
03:08 qui a été poignardé dans un village de L'Heure.
03:11 La photo de la marche blanche, elle, qui était publiée en Une du journal du dimanche,
03:15 c'était pour un autre Enzo, un malheureux qui lui-même a été victime d'un chauffard.
03:20 On a accusé le journal du dimanche de cette trompée de marche blanche
03:23 et en d'autres termes, et c'est terrible, de cette trompée d'Enzo.
03:26 Geoffroy Lejeune, le directeur de la rédaction, s'en est défendu en disant que ce n'était pas du tout un choix,
03:29 bien qu'il n'ait pas vraiment convaincu, en tout cas sur les réseaux sociaux.
03:33 Qu'est-ce que vous avez pensé de cette Une de votre côté, Dominique Pradalier ?
03:37 C'est dommage que pour commencer, on montre une fake photo.
03:42 Et puis surtout, après qu'on ne dise pas "oui, on s'est trompé, ça peut arriver".
03:46 Qu'on dise "non, c'est symbolique".
03:49 Non, l'information n'est pas symbolique.
03:51 L'information doit être précise, claire, nette, fiable.
03:55 Alors juste avant de donner la parole à nos autres vrais voix,
03:57 parce que j'aimerais aussi qu'on avance un petit peu sur la suite de ce conflit social historique dans la presse écrite.
04:03 Il se trouve que finalement, les journalistes grévistes ont trouvé un accord avec la direction.
04:09 Alors cet accord, malheureusement pour eux, fait qu'ils vont partir,
04:12 dans certaines conditions qu'ils ont pu négocier, plus ou moins difficiles.
04:16 Maintenant que c'est fait, quelle est la suite pour vous, Dominique Pradalier ?
04:20 Écoutez, la suite devrait être qu'on ait enfin une loi qui permette aux rédactions
04:28 d'avoir une existence juridique, légale, puisqu'elles sont l'âme du Média,
04:34 que ce soit en print, en radio, en télé, etc. Elles sont l'âme.
04:40 C'est elles qui pourvivent le journal, c'est elles qui en sont la conscience.
04:45 Et elles devraient avoir une possibilité d'exister.
04:49 Si cette loi, que nous appelons de nos "veux", depuis longtemps avait existé,
04:56 d'une part, M. Lejeune aurait pu être conservé par sa rédaction d'origine,
05:02 la rédaction aurait pu voter qu'elle voulait le garder.
05:05 - Celle de Valeurs Actuelles, on le rappelle, il en a été renvoyé,
05:09 alors qu'il était soutenu par son ancienne rédaction, c'est vrai ?
05:11 - Absolument. Si cette loi avait existé, son ancienne rédaction aurait pu le garder déjà.
05:16 Et deuxièmement, les journalistes qui ont rejoint le journal du dimanche
05:20 à différentes époques de leur vie professionnelle ont une autre idée
05:25 de la ligne éditoriale qui existait avant, et ils ont raison d'avoir cette idée,
05:30 et donc ils ne veulent pas travailler.
05:31 Alors qu'est-ce qu'un accord qui consiste à vider une rédaction de ses journalistes ?
05:36 Ce n'est pas un accord, même s'il peut être respectable de penser
05:40 que les journalistes ne vivent pas simplement d'eau fraîche et d'amour,
05:44 mais doivent nourrir leur famille.
05:47 - Comme tout un chacun.
05:48 - Ce n'est pas un vrai accord.
05:50 Le vrai accord serait de dire "vous allez respecter notre charte d'éthique",
05:55 qui est très claire, il y en a une en France et trois sont reconnues,
06:00 la charte des journalistes de 1918, 1938, 1971,
06:05 la charte européenne et la charte mondiale,
06:08 toutes trois reconnues même devant les tribunaux,
06:12 et si la direction nouvelle s'engage sur cette charte,
06:17 il ne devrait pas y avoir de problème majeur.
06:19 Maintenant, la clause de conscience, c'est une très belle chose qui existe.
06:23 Un journaliste peut partir en disant "ma conscience m'interdit",
06:26 une rédaction peut partir en disant "ma conscience m'interdit",
06:30 mais les lecteurs ne vont pas s'y retrouver davantage,
06:34 et la rédaction nouvelle va faire quoi, comment et selon quel principe d'éthique ?
06:40 On n'en sait rien du tout.
06:41 - On verra, on va continuer à en parler.
06:44 - Cette bollorisation et la goutte d'eau qui fait déborder le vase de toutes les rédactions,
06:53 de toutes les rédactions en France.
06:55 Pourquoi ?
06:56 Parce qu'une très grande majorité d'entre elles voudrait pouvoir faire un travail professionnel
07:02 en toute indépendance.
07:04 - On va en reparler.
07:05 On va continuer à en débattre avec vous, Dominique Pradali, avec nos trois vrais voix,
07:08 avec Jean-Pierre aussi qui nous appelle au 0826-300-300 cette fois-ci,
07:12 depuis Marseille, dans les Bouches-du-Rhône.
07:14 Salut Jean-Pierre !
07:15 - Oui, bonjour !
07:16 - Bienvenue sur Sud Radio !
07:17 Il fait beau d'abord ?
07:18 - Il fait un vent infini depuis à peu près une dizaine de jours,
07:25 l'eau est à 16°, mais il fait beau.
07:27 - 16°, c'est presque une température bretonne, c'est pas très mais c'est un peu un mois d'août.
07:32 - Oui, oui, 16° de l'eau après l'extérieur, il fait entre 25 et 30 quand même.
07:36 - Bon, ça va, ça va, Marseille sera toujours Marseille.
07:39 Jean-Pierre, si vous nous avez appelé au 0826-300-300,
07:42 c'est pour débattre sur le nouveau journal du dimanche.
07:44 Est-ce que la nouvelle version, vous allez la lire ou pas ?
07:46 - Je l'ai achetée.
07:48 Je l'ai achetée et elle m'a beaucoup plu.
07:51 Je n'achetais plus ce journal que sporadiquement depuis quelques années,
07:56 parce que je trouvais qu'il était devenu tout simplement un journal,
07:59 le journal du gouvernement, presque la Pravda.
08:03 Et je suis absolument ravie de retrouver une presse libre,
08:07 des articles intéressants, bien rédigés,
08:10 qui parlent de tous les sujets, qui ne masquent aucun sujet,
08:15 qui n'a pas de tabou.
08:17 - Qui parle de l'insécurité en d'autres termes et en tout cas des drames.
08:21 - Qui parle de tout. J'ai lu aussi la critique du film Barbie, du film Oppenheimer.
08:26 J'ai lu des articles qui étaient plutôt orientés centre-gauche.
08:30 J'ai lu la réaction de Madame Méadel,
08:32 qui était dans le gouvernement de François Hollande.
08:34 Le pluralisme et la pluralité, ça fait du bien.
08:37 Ça fait beaucoup de bien.
08:38 Et entendre cette profession qui est manifestement vraiment à gauche gindre,
08:43 du fait qu'un journal se recentre, moi ça me fait plaisir, vous ne pouvez pas imaginer.
08:47 - Alors cela étant dit, vous disiez à l'instant, mon cher Jean-Pierre,
08:50 que pour vous, le journal du dimanche, ancienne version,
08:53 était trop proche du gouvernement. Il n'est pas spécialement à gauche, le gouvernement.
08:56 - Exactement, il était complètement macroniste.
08:58 Mais je vous signale que Macron, c'est en même temps.
09:01 Donc c'est à la fois à droite et à gauche.
09:03 Mais il y a des journaux qui sont plus en même temps à droite,
09:05 et certains autres qui sont plus en même temps à gauche.
09:08 Et je trouve que le JDD était un peu en même temps à gauche.
09:11 - Mais écoutez, en tout cas merci pour votre témoignage, Jean-Pierre, au 0826 300.
09:15 - C'est un pur bonheur que d'entendre que des journalistes se plaignent,
09:20 partent, parce qu'ils sont libres de partir.
09:22 Ils sont libres d'aller ailleurs, ils sont libres de chercher un autre employeur.
09:25 - C'est ce qu'ils sont en train de faire, ceci dit.
09:27 - C'est très bien qu'ils cherchent ailleurs, ça s'appelle la loi du marché,
09:30 puisque c'est une presse privée, même si elle est aidée par l'État.
09:33 Et puis j'aimerais que ce soit la même chose un peu chez France Inter,
09:36 et qu'on entende d'autres sons de cloche que ce gauchisme abrutissant
09:41 qu'on entend à longueur d'année.
09:43 Je le paye avec mes impôts le gauchisme, et ça me plaît pas.
09:46 - Bon, vous en aviez gros sur la patate, on a compris en tout cas mon cher Jean-Pierre.
09:49 Profitez bien de Marseille quand même.
09:51 En tout cas, et de cet été qui finira bien par arriver.
09:54 Peut-être un mot de Dominique Pradalier pour réagir à ce que disait Jean-Pierre à l'instant,
09:57 parce qu'il n'est pas le seul à réagir de la sorte.
10:00 - Je suis très contente que Jean-Pierre trouve sa vie dans ce journal, pourquoi pas, etc.
10:06 C'est pas ça le problème qui nous est posé aujourd'hui.
10:10 Le pluralisme effectivement consiste à avoir tous les courants de politique, etc.
10:16 tant que ça reste dans le cadre de la loi.
10:18 Donc ça ne nous pose aucun problème.
10:20 Encore une fois, je suis très heureuse.
10:22 Ce que je vois c'est qu'il y a un changement de ligne éditoriale.
10:24 Alors, à l'évidence, Jean-Pierre et la profession n'ont pas la même approche de l'indépendance journalistique.
10:30 Bon, c'est pas grave.
10:32 Ce combat de 41 jours qu'on a soutenu, qui est quand même historique,
10:37 est un combat pour les lecteurs, ce n'est pas un combat pour les journalistes.
10:41 C'est le droit d'informer en toute indépendance.
10:44 - Pour une réaction en tout cas.
10:46 La réaction de Corine Tapirot qui est avec nous.
10:48 - Alors écoutez, moi j'ai lu quelques pages de ce journal, bien sûr,
10:53 parce que c'était un événement, cette sortie à laquelle on ne s'attendait pas.
10:58 J'ai personnellement regretté qu'il démarre sur ce sujet de cette manière-là.
11:05 - Sur le sujet des familles, des victimes.
11:07 - Sur le sujet des familles, des victimes.
11:09 Ce sont des familles qui ont, à mon sens, le droit à une présentation de leur souffrance
11:14 qui ne soit pas entachée par cette petite erreur de photo.
11:18 - On peut parler de la photo de une.
11:20 - D'un autre côté, on a eu effectivement une grève de 41 jours,
11:23 parce qu'on n'allait pas être d'accord avec la ligne éditoriale.
11:25 Mais moi j'ai toujours beaucoup de mal avec les gens qui rejettent quelque chose
11:28 avant même que de n'avoir essayé,
11:30 de se dire pourquoi cette ligne n'aurait pas pu évoluer
11:33 en fonction de la personnalité de certaines plumes.
11:36 Parce que moi je n'ai jamais vu un journaliste dont on tenait la main
11:39 pour qu'il écrive un article.
11:41 Je vois assez difficilement comment, parce que la ligne éditoriale serait en mouvement,
11:46 il ne pourrait pas continuer à écrire avec la même liberté,
11:48 en tout cas peut-être pas toujours les mêmes articles.
11:51 Et ça me fait penser à un sujet qui me tient à cœur, c'est sur l'éducation.
11:55 On a, lors de la semaine de la presse, toute une éducation à la culture média.
12:00 Et j'ai l'impression qu'aujourd'hui il y a une doxa française
12:04 qui veut, d'une certaine manière, considérer ce qui est bon à lire.
12:08 Pour les lecteurs, le lecteur il choisit.
12:10 Mais il doit choisir en toute connaissance de cause, savoir à qui il a affaire.
12:13 Bien évidemment que s'il lit une signature,
12:16 je ne sais pas laquelle, je ne vais pas citer des noms pour ne pas me taxer de désigner,
12:21 par exemple Pascal Praud qui est un fervent défenseur d'une droite plus affirmée.
12:28 - On rappelle qu'il y a aussi un journaliste sur CNews, et que CNews fait partie du groupe Camel Plus.
12:32 - Voilà, ils savent qui il est.
12:34 Moi quand je lis des signatures, que ce soit dans Le Monde, dans Charlie Hebdo,
12:39 dans Le Canard Enchaîné, je sais qu'elle est la plume,
12:42 c'est parce que c'est le style qui m'intéresse,
12:44 parce que c'est la façon de relater l'information.
12:46 Après la déontologie journalistique, elle se situe, elle devrait exister dans tous les journaux.
12:52 Et le pluralisme paraît essentiel en France.
12:55 - La parole à Jean-Luc Benamias.
12:57 - Il faut appeler un chat un chat.
13:00 Ce qui s'est passé avec l'arrivée de M. Lejeune au Journal du Dimanche
13:06 fait que le Journal du Dimanche, qui était un canard relativement proche,
13:11 si ce n'est très proche de la majorité présidentielle,
13:17 la rédaction était extrêmement diversifiée.
13:20 Je salue là les 40 jours de grève d'une rédaction d'accord à 95%.
13:28 Quand on connaissait un peu la rédaction du Journal du Dimanche,
13:31 toutes les expressions étaient possibles, même des expressions très à droite.
13:35 Aujourd'hui, le Journal du Dimanche devient un journal d'extrême droite.
13:40 Ça existe en France l'extrême droite, mais ça devient un journal d'extrême droite.
13:44 D'ailleurs, c'est extrêmement clair quand une des premières photos qu'on voit sur les réseaux sociaux,
13:51 c'est Éric Zemmour qui s'en félicite.
13:53 Éric Zemmour existe, très bien, il a une place dans la politique française.
13:57 Mais il faut appeler un chat un chat.
13:59 Nous avons maintenant un nouveau journal hebdomadaire qui sort le dimanche,
14:03 mais qui est aussi sur les réseaux sociaux tout le reste de la semaine,
14:05 qui est géré par une personne d'extrême droite.
14:09 Très bien, c'est la liberté de la presse.
14:11 Sauf que la liberté de la presse par rapport à qui gouverne les différents médias,
14:17 aujourd'hui chacun le sait, et ce n'est pas le cas de Sud Radio,
14:20 M. Bolloré dirige une grande partie aujourd'hui de la presse française,
14:24 ce n'est pas le seul, mais très bien dans le cadre de la liberté d'expression.
14:28 Mais c'est quand même quelque chose sur lequel il faut faire extrêmement attention,
14:31 car avoir une presse qui était très ouverte,
14:36 et le journal du dimanche je le redis,
14:38 il y avait dans la rédaction des gens d'expression extrêmement diversifiés,
14:43 et bien là, vous ne l'aurez plus.
14:45 Alors ceux qui ont envie de lire une presse d'extrême droite, ils ont le droit de la lire,
14:49 mais il faut appeler un chat un chat.
14:51 Nous avons un nouveau journal d'extrême droite en France.
14:54 Et Robert Neussi trompe, c'était déjà le cas de Valeurs Actuelles,
14:58 Valeurs Actuelles existait très bien,
15:00 mais clairement, nous avions là un mensuel, un hebdomadaire, pardon, d'extrême droite.
15:06 Voilà, c'est la réalité, elle peut, on a le droit de lire tout ça,
15:10 mais la réalité est celle-là.
15:12 Donc je le redis, moi je pense que c'est quand même,
15:16 c'est courageux et à la fois il y a des grèves plus difficiles encore que celles-là,
15:21 des grèves dans le mouvement ouvrier, des grèves dans les entreprises privées,
15:25 on en a vu ces dernières semaines et ces derniers mois.
15:28 Mais c'était courageux quand même, parce que bien sûr qu'ils vont retrouver du travail,
15:32 l'ensemble de la rédaction, parce que c'est des bons et des bonnes journalistes,
15:35 mais c'est quand même courageux pendant 40 jours,
15:37 c'est pas si courant que ça, on avait vu ça à ITD, ça avait duré moins de temps,
15:41 mais c'est pas, voilà, je trouve que la profession journalistique d'ailleurs,
15:45 dans son ensemble, a soutenu la grève des journalistes,
15:48 mais pas uniquement, parce que je pense qu'à un moment donné,
15:51 l'extension du pouvoir de M. Bolloré par rapport à la presse française
15:56 n'est pas une bonne chose pour la diversité des rédactions et de la presse en France.
16:02 - Philippe Bouriaki.
16:03 - Je vais vous le dire, je suis un grand démocrate,
16:05 et en démocratie, toutes les opinions doivent s'exprimer, toutes.
16:09 Et moi, je me battrai pour que l'extrême droite, pour que l'extrême gauche
16:13 puissent exprimer son opinion, parce que pour moi, le juge de paix,
16:16 c'est le consommateur-lecteur.
16:18 Si un canard vous plaît pas, moi je suis l'esprit Charlie,
16:21 je n'ai jamais acheté Charlie, je n'achèterai jamais Charlie Hebdo,
16:24 parce que ça ne fait pas rire, mais absolument pas rire du tout.
16:27 Quand on se moque du prophète Mahomet, qu'on se moque de Jésus,
16:30 qu'on se moque de Moïse ou du Pape, ça me heurte, ça me touche,
16:34 et ça touche les gens autour de moi.
16:35 Donc moi, c'est une presse, par exemple, que je n'achèterai pas.
16:37 Mais par contre, je me battrai pour que Charlie Hebdo puisse se moquer des uns et des autres.
16:42 Ce que je veux dire par là, moi, la seule chose qui me dérange,
16:45 c'est la concentration des médias par 9 milliardaires
16:49 qui ont dans leurs écrancelles et dans leurs valises
16:53 quasiment 80 à 90% de la presse et des médias.
16:58 Là, on peut se poser une question, mais c'est un vrai débat qu'il faut qu'on ait tous ensemble.
17:02 - Mais pour vous, en tout cas, ce n'est pas un problème éditorial,
17:04 en tout cas d'orientation idéologique de la ligne éditoriale de tel ou tel jour ?
17:07 - Peut-être, mais dans ces cas-là, j'invite les journalistes...
17:09 Vous savez, moi, à chaque fois que j'étais mécontent de mon employeur, je suis parti.
17:13 - Et c'est ce qui vient de se passer au journal Vitech.
17:15 - Je félicite celles et ceux qui partent courageusement,
17:17 parce que ça ne doit pas être facile, moi, je ne pense pas que ça doit être facile
17:19 de trouver en tant que journaliste du boulot un petit peu partout.
17:22 - On va en parler dans un instant avec nos militants.
17:24 - On sait que ça se réduit, mais après, on peut faire aussi de l'acte de résistance de l'intérieur.
17:30 Et justement, si Geoffroy Lejeune est bien un militant
17:33 et un fervent défenseur de l'extrême droite et qu'il impose sa vision,
17:36 à ce moment-là, les choses doivent être dénoncées.
17:38 Mais il faut se battre de l'intérieur, il faut se battre pour ses idées,
17:41 il faut se battre pour le valeur.
17:42 Je pense que les journalistes sont protégés par une charte.
17:44 Et donc, par conséquent, on ne peut pas leur imposer,
17:47 et comme tu le disais tout à l'heure, les obliger à écrire des articles
17:50 dont ils n'ont pas envie d'écrire.
17:51 Par contre, ça ne choque personne que l'EB,
17:53 vente sa presse d'ultra gauche et d'extrême gauche,
17:58 ça, ça ne choque personne.
18:00 Donc moi, à un moment donné, les bons penseurs, ça me pose un problème.
18:03 Je suis un démocrate.
18:04 En démocratie, on se bat pour que toutes les opinions puissent être exprimées.
18:08 Et si on considère qu'il y a quelque chose d'extrême droite,
18:10 on y va et on les combat.
18:11 On va sur les plateaux.
18:12 Et quand on dénonce le JDD ou CNews,
18:14 que sont des propos d'extrême droite,
18:15 et que je vois mes ex-amis d'Europe Écologie Les Verts qui disent
18:18 "nous, on va déserter le pateau",
18:19 ils se désertent parce qu'ils sont incompétents.
18:21 Parce que quand vous allez là-bas, effectivement,
18:22 ce n'est pas un club de vacances, ce n'est pas le club med.
18:24 Vous avez intérêt d'être préparé parce qu'en face,
18:26 vous avez des pitbulls qui vont vous mettre en charpie.
18:28 Sauf qu'ils sont incompétents, et donc c'est plus facile de dire
18:31 "on n'y va pas parce que nous, on résiste de l'extérieur".
18:33 Non, on ne fait pas la politique de la chaise vide.
18:35 S'il y a les oranges d'extrême droite, soyez en face.
18:37 Combattez, non pas Saddam, et on débat avec des arguments, point par point.
18:41 Sauf que quand vous êtes incompétents, vous fuyez.
18:43 Voilà la réalité.
18:44 - Dominique Pradalier.
18:45 - Eh bien, je viens d'entendre ce que dit notre écriveur précédent.
18:53 Premièrement, c'est encourager aux journalistes de partir
18:57 parce que ce n'est pas sûr du tout qu'ils retrouvent du travail.
18:59 Pas sûr du tout.
19:00 La commission de la carte qui tient des comptes très nets
19:07 a vu ces dernières années plus de 10% de baisse des cartes attribuées aux journalistes.
19:13 Et c'est sans compter celles et ceux qui sont au chômage
19:16 ou dans des situations de précarité que l'on voit monter,
19:19 comme dans tous les autres secteurs d'ailleurs de ce pays, d'une façon alarmante.
19:23 - C'est clair qu'ils n'ont pas fait un choix de confort, c'est important de le souligner.
19:27 - Ça c'est important parce que c'est vrai pour les journalistes,
19:29 c'est vrai pour tout le monde.
19:30 Plus de 10% des journalistes ont disparu.
19:33 Combien de titres, qu'ils soient quotidiens, hebdomadaires, etc.,
19:36 ont disparu du fait des concentrations ?
19:38 Je vous le demande.
19:40 Dans maintenant 86 départements hexagonaux,
19:46 sur 89, il n'y a quasiment plus de pluralisme du tout.
19:50 Et ce fameux pluralisme auquel nos deux interlocuteurs,
19:53 même nos trois interlocuteurs de votre débat ont fait référence,
19:57 il existe où maintenant ce pluralisme ?
20:00 Grâce aux services publics dans certains départements,
20:02 mais il n'existe plus en presse print dans beaucoup de départements.
20:08 Et c'est un des problèmes que les autorités responsables en font accuter,
20:14 c'est-à-dire le problème de la concentration dans la presse.
20:16 - On parle effectivement de la presse quotidienne, notamment à Genève.
20:19 - Je vais vous dire, les états généraux qui s'annoncent,
20:23 voulus par le président Macron,
20:25 pour le moment ne comportent aucun journaliste pour les représenter.
20:32 Aucun !
20:32 - Et ça, évidemment, vous le dénoncez.
20:34 J'aimerais qu'on donne le mot de la fin à Gilles,
20:36 qui est notre vrai voix du jour,
20:37 qui est toujours avec nous depuis Nice, lecteur de Nice matin,
20:40 notamment et futur nouveau lecteur du journal du dimanche,
20:43 nouvelle version. On est d'accord Gilles ?
20:44 - Oui, certainement, ça donne envie de l'acheter,
20:47 parce que je voudrais découvrir cette nouvelle une du Parisien,
20:53 mais je crois que vous savez, un des auditeurs a parlé...
20:56 - Du JDD, vous avez dit le Parisien.
20:58 - Ah oui, le JDD, pardon.
21:00 Mais un des auditeurs a parlé que c'était un journal d'extrême droite,
21:04 parce qu'il y aurait le jeune.
21:06 Mais vous savez, la presse d'extrême droite, elle a disparu.
21:09 Minute a disparu, Présent a disparu.
21:12 Je crois qu'il y a une concentration des journaux.
21:15 Les gens lisent moins qu'avant.
21:18 Et moi, je suis pour une liberté de la presse
21:22 et qu'il y ait plusieurs courants dans un même journal.
21:25 Je pense que c'est possible.
21:27 - Écoutez, en tout cas, on en reparlera avec vous.
21:29 On va reparler aussi, tiens, aujourd'hui, de l'extrême droite.
21:31 Ce soir, de la vraie et la vieille extrême droite.
21:34 L'institut Civitas, dont le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin,
21:37 annonce il y a quelques minutes qu'il va demander la dissolution
21:40 après des énièmes propos antisémites tenus
21:43 lors d'un colloque de cet institut.
21:44 On va en reparler dans quelques minutes.
21:45 Quoi qu'il en soit, merci à vous tous d'avoir participé
21:48 à ce premier grand débat des vraies voix
21:49 pour parler du journal du dimanche.
21:51 Merci à vous, Dominique Pradalier.
21:53 - Merci à vous tous et à vous toutes et bonne journée.
21:55 - Et bonne journée à vous, présidente de la Fédération internationale des journalistes.
21:58 Restez avec nous, Gilles.
21:59 Vous nous accompagnez depuis le début de l'heure.
22:01 On va vous proposer de jouer.
22:02 On va tester votre connaissance de l'actualité dans quelques instants.
22:05 Un peu de détente et de culture générale avec nos vraies voix sur Sud Radio.