00:03Nous revenons sur cette troisième journée de manifestation à Paris et dans toute la France.
00:11Des gendarmes ont été visés par des engins incendiaires, des casseurs, des pilleurs ont provoqué et affronté l'effort de
00:17l'ordre.
00:18Bonjour à vous, Rudy Manin.
00:20Bonjour.
00:21Vous êtes délégué national communication du syndicat UNSA Police.
00:24Merci d'être debout sitôt, Rudy Manin. Je sais que votre journée a été particulièrement longue et particulièrement très tard
00:32cette nuit.
00:33Quel bilan tirez-vous de cette troisième journée de mobilisation ?
00:36Cette troisième journée, on se lève encore dimanche matin avec la gueule de bois.
00:41C'est le troisième samedi. On a eu un premier absolument apocalyptique le 17 octobre.
00:47Et puis on a eu le 24 octobre où tout le monde a considéré que ça ne s'était pas
00:52trop mal passé.
00:52Mais il y a quelques villes de France où ça s'est encore mal passé.
00:57Et puis hier, Paris, Marseille, une nouvelle fois, où les policiers ont fait des vacations allant jusqu'à 17 heures.
01:0417 heures de vacations sur la voie publique pour essayer de juguler les exactions, les pillages, les dégradations commises par
01:12des centaines de casseurs,
01:15de pilleurs, de barbares qui n'arrêtent pas tous les samedis d'essayer de semer le chaos.
01:22Il n'arrête pas ces barbares, vous le dites, et vous le dites haut et fort.
01:26Rudy Manin, vous êtes une des voix fortes qui s'exprime à ce sujet et très librement.
01:31Moi j'ai envie de vous poser une question ce matin. Jusqu'où on va dans cette histoire ? Jusqu
01:35'où ça va ?
01:36C'est difficile à évaluer. Évidemment que c'est extrêmement inquiétant. Beaucoup de policiers se disent, mais on attend quoi
01:44?
01:45Est-ce qu'on attend qu'il y ait un mort de notre côté ? C'est la question que
01:48se posent beaucoup de policiers.
01:49C'est aussi l'inquiétude qu'ont beaucoup de familles de policiers.
01:53Et je ne vous cache pas qu'on en parle entre nous, on se le dit.
01:57Parce que vous savez, 17 heures de vacation avec des matériels de 12 à 15, 16, 17 kilos sur le
02:05dos
02:05à courir après des individus qui voient celle toute la journée, qui créent des barricades, des feux un petit peu
02:12partout dans les centres-villes.
02:14C'est lourd, c'est pénible, c'est difficile. C'est difficile physiquement, mais c'est aussi difficile psychologiquement.
02:19Comment est-ce qu'on peut régler ce qui se passe et qui semble vouloir s'installer désormais toutes les
02:26semaines ?
02:27Alain Di Crescenzo, juste avant vous le rappelé, on s'achemine vers une répétition façon gilet jaune.
02:33Et c'est vrai, les forces de l'ordre sont, on va dire, à bout.
02:36Parce qu'au fond, vous êtes mobilisés plus qu'il en faut chaque week-end et tous les week-ends.
02:42Tout à fait, vous savez, ces crises sont souvent des crises provoquées par les non-réponses politiques.
02:49Et ensuite, qu'est-ce qui se passe ?
02:51Il y a des manifestations, des manifestations qui maintenant souvent en France dégénèrent
02:57et ensuite qui s'installent dans la crise, dans la casse, dans le pillage,
03:02récupérés évidemment par des mouvements d'extrême-gauche qui ne cherchent qu'une seule chose,
03:07c'est semer le chaos et renverser le pays.
03:09Puis ensuite, viennent s'agglomérer à ça des délinquants de toutes les villes
03:16qui essaient par opportunisme de piller des magasins.
03:19Et face à ça, quelle réponse on a ?
03:22On envoie les policiers et les gendarmes.
03:24Donc aujourd'hui, on a besoin d'avoir une réponse politique,
03:27mais la réponse politique aurait dû venir bien avant.
03:29Avant tout cela, parce que je crois que n'importe quelle réponse politique
03:32qui va être apportée aujourd'hui, de toute façon, ils sont dans un excès.
03:36Il est trop tard, dit madame.
03:38C'est l'inquiétude un peu que nous avons.
03:40C'est l'inquiétude que nous avons, parce que j'ai vu des propositions faites pour les lycéens
03:44et les lycéens annoncent que dès demain, ils vont rebloquer les lycées de toutes les villes de France
03:50et là encore, les policiers et les gendarmes vont être mis à contribution
03:54pour être devant les lycées demain matin.
03:57Donc ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de missions,
04:00en plus des missions que nous avons du quotidien,
04:03parce que le trafic de stupéfiants ne s'arrête pas,
04:05les cambriolages ne s'arrêtent pas, les vols de violence ne s'arrêtent pas
04:08et là aussi, les policiers doivent intervenir.
04:10Quelle solution immédiate pour essayer de mettre un couvercle là-dessus ?
04:14C'est quoi l'état d'urgence ? Il faut que le pays s'arrête ?
04:18Parce qu'il faudrait bien trouver, je sais bien que c'est une solution
04:22qui veut tout et rien dire à la fois.
04:24Rudimana, les policiers sont à bout de nerfs,
04:27ils sont au bord de la rupture, parce que vous êtes aussi des êtres humains,
04:30policiers et gendarmes, il y a eu cette image de cocktail Molotov
04:33hier, spectaculaire sur vos collègues de la gendarmerie,
04:37il y a bien un moment où il va falloir trouver une solution.
04:40Évidemment qu'il va falloir trouver une solution,
04:41et honnêtement, je ne vois qu'une solution politique,
04:45parce que ce n'est pas les policiers qui doivent trouver des solutions.
04:48Vous savez, nous, on est des urgentistes de la société,
04:50et aujourd'hui, on nous demande de tout faire.
04:52On nous demande de déceler les maladies, de les traiter,
04:55et si des fois, ça se passe mal de faire la rééducation.
04:58Ce n'est pas possible.
05:00La police ne peut pas tout faire.
05:02Chacun a son rôle.
05:03Nous, nous sommes là pour intervenir en cas d'urgence.
05:06Effectivement, des urgences, aujourd'hui,
05:07on en a à peu près tous les jours, dans toutes les rues des villes,
05:10et la difficulté que nous avons, c'est qu'en plus,
05:13nous avons une haine et une violence inouïe à notre rencontre.
05:16Merci Rudimana, d'être intervenu CITO sur l'antenne de Sud Radio.
05:19J'étais presque gêné de vous réveiller CITO, Rudimana,
05:22permettez-moi de vous le dire.
05:23Et je vous souhaite tout le courage,
05:25au nom de toute l'équipe de Sud Radio,
05:28tout le courage qui sera nécessaire pour ces journées
05:30qui s'annoncent encore très difficiles.
05:32Merci à vous.
05:32Je rappelle Rudimana, délégué national communication du syndicat UNSA Police.
05:37Tout de suite, la parole à Muriel Réussi.