00:02Bonjour Jérôme Ganard.
00:04Bonjour.
00:05Vous êtes proviseur de lycée, vous êtes membre du bureau national FSU, Père Dire,
00:10et avec vos collègues proviseurs, vous vous inquiétez d'être pris à partie dans ces violences en marge des blocus
00:16des lycées.
00:18Je le rappelle, hier c'était 1747 interpellations selon le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
00:24mais c'est du côté de l'éducation nationale, 225 blessés quand même, c'est considérable ce chiffre, dont 70
00:32lycéens.
00:33Je crois d'ailleurs que le syndicat SNES-FSU appelle à une mobilisation générale ce mardi 6 octobre.
00:39Oui c'est ça, en fait je vous remercie pour l'invitation.
00:42Les personnels de direction actuellement là sont en première ligne,
00:46mais en première ligne dans deux dimensions, d'abord dans une dimension de préserver la sécurité des biens et des
00:52personnes,
00:52que ce soit nos élèves ou que ce soit nos personnels,
00:56et en même temps, nous comprenons les revendications des lycéens,
01:00car nous constatons chaque jour le bien fondé de ces revendications.
01:04Alors les revendications, on les entend, en même temps on a quand même le sentiment que c'est pas toujours
01:10très clair.
01:12Moi je me rappelle de l'époque où j'étais moi-même lycéen, moi-même aussi manifestant,
01:19il me semblait qu'on était un peu plus clair sur nos revendications, je pense à l'époque de 2005
01:23et la loi Fillon.
01:27Alors là on est plus sur un modèle de mouvement social des années 90.
01:31En 1990, le mouvement est parti d'un lycée dans la région parisienne.
01:38Oui, là c'était à Créteil en l'occurrence.
01:40À Créteil, voilà.
01:41Là aussi où j'ai fait mes études.
01:44Voilà, il y a 15 jours.
01:46Et donc les revendications sont assez claires.
01:48D'abord, ils demandent un plan d'urgence pour le bâti scolaire.
01:51Je crois qu'on a un certain nombre d'exemples.
01:54Nous, les personnes de direction dans nos différentes académies,
01:57je rappelle par exemple au mois de mai dernier en Haute-Saône,
02:00il y a un établissement, un lycée qui a été fermé parce qu'il y avait une menace d'effondrement.
02:04On a eu Alfortville aussi au mois de juin dernier.
02:07Donc là, il y a un vrai dialogue à avoir avec les collectivités orientales et l'État
02:11pour un plan d'action sur le bâti scolaire.
02:13Justement, votre syndicat dit que les gouvernements successifs d'Emmanuel Macron
02:17n'ont pas été à la hauteur et n'ont pas finalement pris la question avec la mesure qui s
02:23'imposait.
02:23Mais c'est quand même la compétence de la région, les lycées me semble-t-il.
02:28Oui, vous avez parfaitement raison.
02:30Simplement, la région dispose de dotations globales de fonctionnement qui est donnée par l'État.
02:34C'est-à-dire que l'État verse une dotation à la région et ensuite la région organise les choses.
02:39Et nous avons dans nos conseils d'administration des représentants de la région,
02:43d'ailleurs qu'ils soient de gauche ou de droite, que ce soit dans les académies de gauche ou de
02:48droite,
02:48et que nous disent les représentants de région, nous n'avons pas suffisamment pour investir dans le bâti scolaire.
02:53notamment sur un plan d'isolement des locaux par rapport à la question de l'environnement
02:58et en même temps pour remettre un peu d'ordre sur des bâtis qui maintenant ont 50 ans voire 60
03:04ans.
03:05Jérôme Ganard, est-ce que coup comme Matignon, vous suspectez la France insoumise d'être à la manœuvre de ce
03:12mouvement lycéen ?
03:14Non parce que quand on regarde un peu comment c'est parti, ça part d'abord d'une assemblée générale
03:20d'enseignants dans un lycée à Créteil
03:22qui réclame d'avoir un personnel de direction en poste, puisque le personnel de direction était en arrêt de travail
03:28et ça dans de nombreux établissements, nos équipes de direction ne sont pas complètes.
03:32Soit il nous manque un personnel de direction, soit il nous manque un agent comptable, soit il nous manque un
03:36secrétaire.
03:37Bref, nous ne sommes pas au complet pour diriger les établissements.
03:40Ensuite, les lycéens, le lundi, vont la rue en disant nous on a besoin d'enseignants pour enseigner,
03:46pour avoir nos cours de français, pour avoir nos cours de maths, pour avoir nos cours d'histoire-géographie
03:50et ça partout en France, partout en France on le constate, il nous manque des enseignants.
03:55Merci Jérôme Gannard.
03:55Et donc de fait, on est vraiment sur des préoccupations concrètes.
03:58Oui, je l'entends, merci beaucoup. Je le rappelle, vous êtes membre du bureau national FSU Perdire
04:03et avec vos collègues, vous êtes inquiets en tout cas d'être pris à partie par ces lycéens et les
04:11violences lycéennes.
04:12On revient dans quelques minutes, on aura Laurent Permas qui parlera rénovation,
04:17on parlera aussi du moral de nos français à cette période d'automne.
04:22Et puis notre invité de 8h40 sera Nicolas Devilliers, président du Puy-du-Fou.
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