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  • il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Jean-Luc Bennahmias, Philippe Bouriachi, Corinne Tapiero et Bruno Bartocetti, Secrétaire National chargé de la Zone Sud pour le syndicat Unité SGP Police.

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Transcription
00:00 direction Limoges et Marseille où deux drames, un qui a mal fini, viennent de se produire et qui
00:06 concernent les policiers. Les vraies voix Sud Radio. On en parle avec notre invité Bruno
00:12 Bartocetti. Bonjour à vous Bruno. Bonjour. Soyez le bienvenu sur Sud Radio. Si jamais à un moment
00:20 il y a un problème de connexion comme on l'entend que ça flanche de temps à autre, on essaiera de
00:24 vous récupérer par portable. Vous êtes secrétaire nationale chargée de la zone sud pour le syndicat
00:29 unité SGP police force ouvrière. On revient sur ces deux actualités coup pour coup qui nous sont
00:35 parvenus. D'une part du côté de Limoges, une course poursuite entre des jeunes à scooter et des
00:40 policiers qui occasionnent un accident de la circulation avec la mort des deux jeunes qui
00:45 étaient sur le scooter. On va revenir aussi sur ce qui s'est passé un tout petit peu plus
00:49 récemment du côté de Marseille. J'aimerais que vous nous expliquiez ce qui s'est passé. Ça
00:52 commence par une altercation entre vos collègues policiers donc à Marseille et des passants. Ça
00:58 se termine par des coups de feu. Concrètement il s'est passé quoi Bruno Bartholdt-Chétien ?
01:02 Nous sommes à Marseille ce matin, dans le fin de matinée et on a une altercation comme vous venez de
01:07 le dire qui se produit boulevard des dames pour ceux qui connaissent Marseille. On n'est pas très
01:11 très loin, on est à 200 mètres de l'hôtel de police de l'Evêché dans le troisième arrondissement,
01:16 entre le troisième et le second arrondissement. Et cette altercation se finit de manière assez
01:22 difficile comme vous le soulignez. C'est-à-dire que des individus se sont pris à notre collègue en
01:28 le reconnaissant en tant que tel, en tant que policier en tout cas, ils avaient à leur connaissance
01:32 ses fonctions de policier et il a été roué de coups, à coups de pied dans le corps, sur le visage,
01:41 tentative à ma connaissance en tout cas, tentative d'étranglement. Le policier n'avait pas d'autre
01:47 solution que faire usage de son arme car il était menacé dans sa vie, bien sûr, comme on peut
01:52 l'imaginer, et il en a blessé un, blessé à l'épaule, qui a été conduit à l'hôpital. Le policier
01:58 également conduit à l'hôpital. Voilà ce que je peux vous dire sur l'Evêché avec une procédure
02:02 qui est en cours. Horlogiquement, l'IGPN a été saisi, c'est normal, c'est courant dans ce genre
02:09 de situation et aux premières constatations, d'après les retours que j'ai, il n'y a pas de
02:15 doute sur la proportion dans la défense de mon collègue sur cette attaque, sur cette agression.
02:23 Ce que vous êtes en train de dire, c'est qu'il est servi de son arme et qu'il a bien fait,
02:27 c'est ça que vous dites ? Il a bien fait dans la mesure... Vous savez, lorsqu'un policier sort son
02:33 arme, ce n'est pas toujours de guillotin de cœur, on préférerait ne pas utiliser notre arme de
02:38 service. Lorsqu'on exhibe notre arme de service, c'est qu'on est en danger. Simplement, après,
02:42 on peut toujours développer les enquêtes qui sont en cours. En tout cas, puisqu'on parle de
02:47 celle-là, heureusement, il a pu se défendre. De toute façon, ils étaient plusieurs contre lui
02:50 et il n'avait, à mon sens, pas d'autre solution. Et autre précision que vous nous donnez sur Sud
02:54 Radio, il n'y aurait à ce stade qu'un blessé, un des agresseurs du policier qui serait blessé à
02:59 l'épaule, c'est ça ? C'est bien ça. Allez, revenons aussi sur ce qui s'est passé beaucoup
03:03 plus mal, ce qui s'est terminé beaucoup plus mal en tout cas, du côté de Limoges. Deux jeunes en
03:08 scooter qui meurent en tentant d'échapper à un contrôle de police au terme d'une forme de
03:13 course-poursuite. Première question que j'aimerais vous poser, est-ce que c'est fréquent d'abord que
03:17 des jeunes essaient de se soustraire à un contrôle de police ? Des jeunes, des moins jeunes d'ailleurs.
03:21 Oui, ce qu'on appelle donc les refus de tempérer, on pourra élargir le sujet tout au long de l'émission
03:29 parce que ça peut aller au-delà des refus de tempérer. Dans le cadre des refus de tempérer,
03:32 nous en avons tous les jours en France, certains conducteurs dans le voile se mettent en danger,
03:39 certains nous mettent en danger et là dans ce cas de figure, d'après les éléments que j'ai,
03:43 bon ben voilà, ils ont refusé le contrôle et les policiers ont commencé à se diriger vers eux,
03:48 mais n'ont pas continué leur course-poursuite parce que justement on sait que l'on va continuer
03:53 se danger finalement et malheureusement eux, je parle des deux individus sur le cyclomoteur,
04:02 sur la moto en tout cas, se sont mis en danger et ont perdu la vie.
04:07 Ce qui est de toute façon, quel que soit ce qui a précédé l'événement dramatique. Revenons
04:12 d'ailleurs sur ce qui s'était passé avec la mort du jeune Nahel, c'était au terme d'une
04:16 forme de course-poursuite avec les deux policiers qui ont fini par le retrouver dans les bouchons,
04:20 qui s'était fait tirer dessus par un de vos collègues, qui est toujours en détention provisoire
04:25 à ce stade au moment où nous parlons. Revenons quand même sur tout ce qui se passe entre les
04:29 policiers et les avocats. J'aimerais en parler avec notre vrai voix du soir, Jean-Luc Benamias,
04:33 qui est membre de la Ligue des droits de l'homme. On parle beaucoup de problèmes,
04:38 tout simplement, entre des policiers, j'ai bien dit des policiers, et parfois des délinquants.
04:44 Est-ce que ce climat vous inquiète ou pas ?
04:47 Il y a tant, mais je ne veux pas tout mélanger, je viens de le dire à l'antenne. Il y a des
04:52 événements, celui que vient de raconter le policier, le dirigeant du syndicat FGPFO,
04:57 me paraît être dans un cadre de légitime défense complet par rapport à une agression physique
05:04 d'un policier sur le terrain. Nous vivons une période extrêmement délicate, on l'a vu pendant
05:10 l'ensemble des manifestations par rapport à cette fausse réforme des retraites, j'ai dit fausse
05:16 réforme parce que c'est de la réaction sociale, donc on a vu qu'effectivement il y avait un certain
05:20 nombre, je dis bien un certain nombre, pas toutes, de situations qui étaient des situations
05:24 extrêmement délicates entre une partie des forces de l'ordre et les gens qui manifestaient. On l'a
05:31 vu après malheureusement, par cette semaine, enfin ces quelques jours terribles en France,
05:35 qui ont été des jours d'émeute et d'une violence extrême, sur laquelle je me mets à la place des
05:42 policiers, on leur demande de réagir, ils réagissent, on s'aperçoit malheureusement que
05:47 pour un certain nombre de policiers, ils savent vraiment faire, et je pense que c'est d'ailleurs
05:52 une majorité, mais pour un certain nombre d'autres, ils se retrouvent dans des situations tellement
05:57 délicates qu'ils font des grosses erreurs, et le terme erreur est un terme faible de mon point
06:03 de vue. Je pense que c'est ce qu'essaye de faire la Ligue des droits de l'homme au niveau national
06:09 et au niveau local. Évidemment, il faut qu'il existe des forces de sécurité, il faut qu'il
06:15 existe des forces de l'ordre, c'est absolument indispensable. Il n'y a pas une société où il
06:20 n'y a pas de police ou de gendarmerie. Toutes les sociétés en ont besoin. Mais on doit avoir
06:25 une possibilité maintenant, et c'est ce que fait la LDH, d'observer, de regarder, et parfois,
06:31 dans un cadre d'histoire extrêmement malheureuse, et parfois très malheureuse, on l'a vu malheureusement
06:38 sur Marseille, avec ces deux ou trois personnes qui ont été grièvement blessées, et il semblerait,
06:43 je dis bien il semblerait, je pèse mes mots, qu'effectivement il y a eu réellement agression
06:48 policière par rapport à cela, en plus sur des personnes qui ne manifestaient pas et qui n'étaient
06:52 même pas dans un cadre d'émeute. Voilà, donc on essaye, la Ligue des droits de l'homme, de faire
06:58 qu'il y ait, entre la police et une grande partie de la population, un respect mutuel. Voilà,
07:04 vous voyez, je pèse mes mots, j'essaye vraiment d'aller au bout, de ne pas enfoncer le clou par
07:09 rapport à des événements qui sont extrêmement graves. Celui par exemple de Limoges, moi j'ai
07:14 vu la déclaration du maire de Limoges cet après-midi, en le lisant avant l'émission, le maire de Limoges
07:20 évidemment regrette totalement la mort des deux jeunes qui étaient sur une moto ou un scooter.
07:25 Mais globalement, d'après ce que j'ai lu, comme l'a dit le représentant syndical de SGP et Forces
07:31 Ouvrières, il semblerait que les policiers, dans ce cadre-là, dans ce qu'on peut lire et dans ce que
07:35 lui-même a dit, que les policiers aient arrêté la poursuite et que ces deux jeunes, malheureusement,
07:42 ont fait les cons et les cons, c'est arrivé jusqu'à leur mort et les deux sont morts. Voilà,
07:47 en accident de voiture parce qu'ils ont fait n'importe quoi. Ce sont des drames qui sont
07:54 d'ailleurs, je finis là-dessus, qui sont d'ailleurs pour les policiers dans ces cas-là extrêmement
07:59 durs à gérer. Extrêmement durs à gérer quand il s'agit de personnes qui partent, qui ont un refus
08:06 d'obtempérer. Et je l'ai dit tout à l'heure, ça n'a rien à voir avec l'histoire de Nahel. Strictement
08:10 rien à voir. Alors on va donner le mot de la fin à Bruno Bartocetti qui est toujours avec nous. Je
08:15 le rappelle, secrétaire pour la région sud du syndicat unité SGP-Police Forces Ouvrières. Est-ce
08:20 que ça veut dire que maintenant, quand il y a un refus d'obtempérer, il ne faut pas que vos
08:24 collègues poursuivent tout simplement l'auteur du refus d'obtempérer ? C'est ce qui se produit
08:29 en fait. On progresse au départ. Si la personne ne s'arrête pas, on arrête la progression. Il faut
08:34 se mettre dans un contexte bien précis, dans une situation bien précise. Et vous savez, lorsqu'on
08:38 parle de refus d'obtempérer, je prends l'exemple de ma collègue policière dans le Doups qui a été
08:43 heurtée, qui a été blessée très sérieusement. Qu'est-ce qu'on fait ? On parle de refus d'obtempérer
08:47 alors que c'est une tentative à mon sens. Tout simplement à le qualifier d'une tentative de
08:53 meurtre. On a foncé délibérément sur le policier. Vous comprenez ? Donc ça veut dire qu'aujourd'hui,
08:57 ce qui est important de retenir, c'est qu'on met tout dans les refus d'obtempérer. Je crois que
09:01 tous les cas sont à prendre en considération en fonction des situations, en fonction des
09:05 progressions. C'est vrai qu'on a tendance malheureusement à résumer avec cette qualification
09:12 de refus d'obtempérer. Ça va au-delà. J'aimerais juste ajouter que je viens d'entendre les propos.
09:17 Ne m'aveuillez pas, il y a une coupure. Je n'ai pas retenu le nom de celui qui parle.
09:19 Jean-Luc Benamolis, membre de la Ligue des droits de l'homme.
09:21 - Un Marseillais par ailleurs et membre de la Ligue des droits de l'homme à Marseille.
09:24 - Voilà. J'apprécie les propos que vous tenez parce que vous êtes mesuré. Vous parlez au
09:30 conditionnel. Et c'est très important parce que l'idée, comme vous le soulignez, quand un
09:34 policier prend son service, quand il rentre au Céli le soir et quand il a constaté malheureusement
09:40 les décès de ces deux jeunes sur un scooter, peu importe leur passé, peu importe leur situation,
09:46 c'est un drame. On vit mal la mort qu'on a en face de nous parce qu'on constate toujours
09:51 le sombre. Et le policier, bien sûr, quand il prend son service, sa volonté n'est pas de tuer.
09:55 Alors il peut y avoir un fêlé parmi nous, comme dans toute société ou dans toute profession,
10:00 mais très sincèrement, on prend notre service, c'est certainement pas pour qu'il y ait des morts
10:04 ou des blessés graves. - Merci Bruno Bartocetti. On sera amené à
10:07 reparler de toute façon de cette situation avec vous, notamment puisque l'affaire du jeune Hedi,
10:11 qui a été visée au flashball par l'un de vos collègues, qui est en détention prévisoire,
10:15 va continuer malheureusement pour lui, comme pour votre collègue, à faire l'actualité.

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