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  • il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Nicolas Corato, Fanta Bérété.
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Transcription
00:00 les vraies voix Sud Radio.
00:02 Trois mots dans l'actualité qu'on sélectionne chaque soir.
00:04 Il y a évidemment le terme canicule.
00:06 Alors vous allez nous dire, les médias en parlent trop,
00:08 il fait chaud, c'est l'été, il fait 40 degrés.
00:10 Oui, mais ça peut être dangereux pour la santé.
00:11 Et beaucoup de départements, je vais vous le dire dans un instant,
00:14 seront touchés encore plus demain.
00:15 On va en reparler.
00:16 Il y a aussi le terme rentrée avec le palmarès
00:19 des villes étudiantes les plus chères.
00:21 Ça a été publié par le syndicat des étudiants de France, l'UNEF.
00:24 Quelles sont les villes où ça coûte le plus cher ?
00:26 C'est en Ile-de-France que ça coûte le plus cher.
00:28 C'est important de le dire.
00:30 Et puis, troisième mot, c'est le mot "Arabie Saoudite".
00:32 C'est probablement l'information la plus glaçante qu'on ait vécue,
00:35 qu'on ait vue plutôt cette semaine.
00:37 Et je vous explique pourquoi tout de suite.
00:39 Les vraies voix Sud Radio.
00:43 On a beaucoup parlé du sort des migrants clandestins,
00:46 de ceux qui tentaient de quitter leur pays pour rejoindre un autre,
00:49 souvent en Europe, pas toujours,
00:50 mais en plus en traversant d'autres.
00:52 On a parlé notamment de ces migrants d'Afrique subsaharienne
00:55 qui étaient parfois largués.
00:57 Il n'y a pas d'autre mot.
00:57 En plein milieu du désert, par la police tunisienne,
00:59 il y a encore quelques semaines, sans vivre ni eau.
01:01 Parlons maintenant de ce rapport incroyable
01:04 publié par Human Rights Watch,
01:06 c'est une ONG internationale,
01:08 sur ce qui se passe à la frontière entre l'Arabie Saoudite et le Yémen.
01:12 Des centaines de migrants, plutôt d'Afrique de l'Est,
01:16 alors souvent des Érythréens, mais surtout des Éthiopiens,
01:19 qui se font tirer dessus par l'armée saoudienne.
01:22 On parle de plusieurs centaines de morts en deux ans.
01:25 Ils se font tirer dessus comme si c'était des soldats qui tentaient d'envahir l'armée,
01:28 le territoire saoudien,
01:30 reçus à l'arme lourde, à la kalachnikov,
01:33 parfois à l'artillerie pour certains.
01:35 Les témoignages qui étaient notamment publiés dans Le Monde sont absolument glaçants.
01:38 Comment la France doit réagir à ce genre d'informations ?
01:42 Peut-être vous d'abord, Fanta Bereté ?
01:44 - Écoutez, je pense qu'on est tous consternés
01:49 depuis qu'on a pris ces informations,
01:52 mais de toute manière, on l'était déjà,
01:54 il y a quelques jours, en voyant les images,
01:56 en plus, en flux tendu sur les différents réseaux sociaux.
02:00 Donc la position de la France, moi je ne suis pas là qu'à cet instant-là.
02:04 - Vous n'êtes pas ambassadrice du ministre ?
02:06 - Après, en tant que citoyenne,
02:08 et j'ai envie de vous dire par rapport à mes origines citoyennes du monde,
02:11 je me considère comme ça,
02:13 moi je suis complètement effondrée du sort qu'on réserve à ces migrants,
02:17 et je ne peux que me projeter aussi sur
02:21 ceux qui vont devenir des migrants climatiques prochainement.
02:24 Parce que vous en avez parlé, cette canicule qui s'abat sur nous,
02:28 en fait certains territoires atteignent déjà des températures
02:31 qui sont très difficiles, même en France,
02:34 on a un certain nombre de personnes qui remontent du côté de la Bretagne
02:38 ou d'autres territoires où il fait beaucoup plus frais,
02:41 notamment pendant ces mois d'été.
02:43 Nous avons les feux qui sont actuellement subis par les Canadiens
02:47 et qui font qu'on a des déplacements entiers de populations,
02:50 quasiment 20 000 personnes parfois,
02:53 qui sont transportées sur 1800 kilomètres.
02:56 Donc moi la grande question que je me pose,
02:58 c'est qu'au moment où on va être complètement submergé
03:01 par la question de la montée des eaux,
03:04 de fortes chaleurs qui font que les gens ne peuvent plus rester sur place,
03:09 comment allons-nous, sur chacun des continents,
03:12 accueillir ces exilés climatiques ?
03:15 - Et au-delà de l'accueil, d'abord il y a la réception, même le passage.
03:18 Là on parle de civils, des femmes avec des enfants encore,
03:21 qui sont accueillis à larmes lourdes par l'armée saoudienne.
03:24 Nicolas Corrato ?
03:25 - C'est un sujet qui n'est pas nouveau,
03:28 la manière dont les pays dits du Golfe ou d'Arabie Saoudite
03:32 traitent les réfugiés.
03:33 On se souvient qu'en 2014 on avait le même problème,
03:36 c'est le refus de ces pays d'accueillir,
03:38 et un refus violent d'accueillir notamment les réfugiés syriens sur leur territoire.
03:42 Vous posiez la question de savoir comment la France pourrait réagir.
03:46 Il y a un sujet diplomatique international,
03:48 ce sont des pays, notamment l'Arabie Saoudite, je pense ne pas me tromper,
03:51 qui ont toujours refusé de signer la Convention de Genève,
03:54 cette convention qui protège les réfugiés
03:56 et qui oblige les États à accueillir sur leur sol les réfugiés,
04:01 notamment de conflits armés,
04:03 puisque vous parlez de la frontière avec le Yémen,
04:06 on parle d'érythréens, c'est-à-dire de personnes qui fuient la guerre,
04:09 pour être tout à fait clair.
04:11 - On rappelle d'ailleurs qu'il y a une guerre déjà à cette frontière,
04:13 c'est important pour le contexte,
04:15 c'est pour ça qu'il y a l'armée saoudienne à cet endroit-là,
04:17 une guerre entre l'Arabie Saoudite d'une part,
04:19 d'autres pays arabes,
04:20 et les rebelles chiites, houthistes du nord du Yémen.
04:23 - Et donc je pense qu'il y a une offensive diplomatique
04:26 qui a toujours été en cours, notamment par la France,
04:29 pour influencer, voire même fortement sensibiliser ces pays
04:33 à rejoindre le rang des signataires de la Convention de Genève.
04:36 Voilà, ça c'est un premier sujet qui n'est pas nouveau.
04:39 Vous avez des rapports d'Amnesty International
04:41 sur la situation dans la péninsule arabique depuis des années.
04:44 Pour ça, il faut que la France continue ses efforts.
04:46 Deuxièmement, c'est l'occasion peut-être aussi de rappeler
04:48 que la plupart des flux migratoires
04:50 ne sont pas des flux nord-sud,
04:52 mais ce sont des flux qui sont cantonnés localement.
04:55 On parlait de la Tunisie avec la région subsaharienne,
04:58 mais là on voit bien qu'effectivement
05:00 ces flux migratoires très importants
05:02 proviennent de conflits armés
05:04 et ont lieu localement.
05:06 Et ça aussi, ça pose une question
05:08 sur notre vision des flux migratoires.
05:10 Je pense qu'il faut qu'on soit un peu moins concentré
05:12 sur notre propre nombril,
05:15 qu'on regarde un peu l'aspect des flux migratoires dans le monde
05:18 et qu'on établisse aussi peut-être une nouvelle vision
05:21 de ce qu'est la vie des réfugiés
05:24 et de ce que sont les solutions
05:26 et les décisions que peut prendre la communauté internationale.
05:28 Et manifestement, ça pose une grave problématique.
05:32 Il y a quand même une notion de crime contre l'humanité.
05:35 Moi, je pense que tirer à vue sur des réfugiés
05:38 qui passent une frontière, pour un État,
05:40 même s'il n'est pas signataire de la Convention de Genève,
05:42 ça devrait poser une difficulté
05:44 qui ferait que la communauté internationale devrait réagir.
05:46 On ne peut même pas parler de crime de guerre,
05:48 dans la mesure où il n'y a pas de guerre.
05:50 En tout cas, ceux qui essaient de passer ne sont pas concernés
05:52 par la guerre qui est sur place.
05:54 Mais il faut lire les témoignages qui sont incroyables
05:56 des quelques survivants qui expliquent
05:58 qu'ils ont continué à courir en échappant aux balles,
06:00 en laissant d'autres qui avaient perdu une jambe, deux jambes,
06:02 rampés comme ça, à côté de leurs enfants.
06:04 C'est absolument épouvantable.
06:06 Parlons maintenant, évidemment,
06:08 de la rentrée étudiante,
06:10 justement, la rentrée étudiante,
06:12 qui coûte de plus en plus cher.
06:14 C'est aussi dû à l'inflation, il faut bien le dire.
06:16 Le syndicat étudiant UNEF
06:18 qui publie ce mardi son classement
06:20 des 47 grandes villes universitaires
06:22 en fonction du coût de la vie étudiante.
06:24 Bon, pas de surprise,
06:26 la capitale est la plus chère,
06:28 c'est notamment dû au prix du logement.
06:30 On va peut-être s'arrêter déjà sur ce premier point.
06:32 Il y a des villes où c'est de plus en plus difficile
06:34 de vivre, qu'on soit étudiant ou pas,
06:36 le coût de la vie est énorme. Nicolas ?
06:38 - Bon.
06:40 Chaque année,
06:42 c'est la même litanie,
06:44 ça fait longtemps, là aussi,
06:46 que ça dure. Moi j'ai souvent dit à cette antenne
06:48 que je pensais que les étudiants
06:50 étaient, je dirais,
06:52 la population un peu sacrifiée
06:54 de la crise Covid. On a fait beaucoup d'efforts
06:56 pour les entreprises, beaucoup d'efforts
06:58 pour les salariés. Il y a
07:00 une forme d'oubli
07:02 sur la population étudiante
07:04 qui était déjà paupérisée,
07:06 qui a continué à se paupériser
07:08 largement pendant le Covid,
07:10 et qui n'arrive pas à reprendre
07:12 et à mettre la tête
07:14 au-dessus de l'eau.
07:16 Il faut parler, pardon Madame la députée,
07:18 mais il faut parler des APL, si vous parlez du logement.
07:20 Je pense que ce sujet
07:22 qui a été longuement débattu
07:24 reste et devient même, avec l'inflation,
07:26 un nouveau sujet.
07:28 Je ne reprends pas le débat sur
07:30 la diminution des APL au début du quinquennat
07:32 d'Emmanuel Macron.
07:34 À l'époque,
07:36 quoi qu'on en pense, il y avait beaucoup moins d'inflation
07:38 qu'aujourd'hui. Ce débat
07:40 qui a été arbitré tel qu'il a été arbitré à l'époque,
07:42 devrait être ouvert au regard
07:44 de l'inflation qui touche
07:46 principalement aujourd'hui les étudiants,
07:48 qui cherchent désespérément des logements. J'ajoute
07:50 à ce sujet, puisque vous parliez de l'île de France,
07:52 le sujet majeur des Jeux Olympiques
07:54 qui est en train de surenchérir,
07:56 on le voit d'ailleurs avec la coupe européenne,
07:58 la coupe mondiale de rugby,
08:00 c'est vraiment drôle, en 2024 ça sera prêt.
08:02 Il faut que là aussi, le gouvernement se soucie
08:04 du sort, et les collectivités locales,
08:06 se soucie du sort des étudiants. Mais manifestement,
08:08 si les étudiants n'arrivent plus à se loger,
08:10 ça veut dire que derrière, ceux qui arriveront à se loger
08:12 n'arriveront pas à se nourrir, et donc n'arriveront
08:14 pas à étudier, ou devront travailler deux fois plus
08:16 dans des petits jobs pour
08:18 pouvoir étudier. Il y a un risque
08:20 de rupture de l'égalité des chances
08:22 majeure. - Sachant que dans cette ville, ce sera
08:24 souvent dans 9 m², en plus il faut bien le dire.
08:26 Fantab.
08:28 - Je ne suis pas d'accord avec vous concernant la question des APL.
08:30 J'ai moi-même une fille qui a 19 ans,
08:32 qui habite chez moi à Paris,
08:34 et je sais que c'est difficile
08:36 pour de nombreux étudiants.
08:38 Je voudrais simplement rappeler
08:40 qu'à partir de la rentrée, effectivement,
08:42 certains pourraient dire que ce n'est pas énorme,
08:44 mais qu'il y a quand même la revalorisation
08:46 des bourses, qu'il y a tout le chantier qui concerne
08:48 aussi la rénovation des appartements Crous,
08:50 parce que ces appartements qui sont plébiscités
08:52 notamment par toutes les personnes qui viennent
08:54 de Paris, qui viennent de Paris,
08:56 notamment par toutes les personnes qui viennent
08:58 de provinces pour étudier
09:00 à Paris,
09:02 étaient dans un état lamentable
09:04 depuis des années, notamment sur
09:06 les plus gros bâtiments que nous avions,
09:08 je pense à celui de Port-Royal,
09:10 notamment. Je pense que sur le budget,
09:12 effectivement, ça a été annoncé,
09:14 donc il va falloir faire des économies, mais je pense,
09:16 comme vous, qu'il y a des sujets sur lesquels
09:18 on ne va pas pouvoir faire des économies,
09:20 et oui, pour moi, les jeunes
09:22 ont été quelque part, en tout cas,
09:24 se sont sacrifiés au moment
09:26 de la Covid, et
09:28 j'espère qu'avec un certain nombre de parlementaires,
09:30 nous pourrons donc faire aboutir
09:32 un certain nombre d'amendements
09:34 qui auront pour
09:36 objectif, en fait,
09:38 de les accompagner au mieux, surtout
09:40 dans cette période d'inflation.
09:42 - Effectivement, ça, ce sera toujours un sujet.
09:44 Dernier mot, je le disais, on le maintient
09:46 parce que c'est une problématique de santé publique,
09:48 c'est la canicule. Justement,
09:50 je le rappelle, vous aurez beaucoup d'autres départements
09:52 qui seront concernés, et c'est rare.
09:54 C'est pour ça qu'on en parle, par la Vigilance Rouge
09:56 de Météo France, ça va concerner demain
09:58 Lens, Lodes, Laveron,
10:00 Le Gard, le Gers, la Haute-Garonne,
10:02 l'Hérault, l'Isère, la Loire, le Lot,
10:04 le Lot-et-Garonne, la Lozère, le Tarn, le Tarn-et-Garonne,
10:06 et le Vaucluse.
10:08 Vous allez me dire, des départements où il faut souvent chaud,
10:10 oui, mais pas autant que ça, et surtout des départements
10:12 où Sud Radio est très écouté. C'est pour ça qu'on en reparle.
10:14 Sachez qu'on aura un témoignage, tiens, d'ailleurs,
10:16 à 18h07 dans cette émission,
10:18 du syndicat Sud Santé Sociaux
10:20 de l'hôpital de Bordeaux,
10:22 qui dénonce des températures excessives
10:24 dans certaines salles
10:26 de son hôpital, et notamment dans le
10:28 service de la pédiatrie de jour.
10:30 C'est pour ça qu'on voulait aussi prendre des nouvelles
10:32 des petits bouts de chou qui sont hospitalisés.
10:34 C'est difficile pour tout le monde en ce moment,
10:36 mais ils font partie en tout cas des catégories

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