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00:02 Julien Celié. RTL bonsoir jusqu'à 20h.
00:07 Allez bonne fin de journée RTL, bonsoir.
00:09 Continue place au deuxième invité maintenant de l'émission, l'invité pour tout comprendre.
00:14 Et ce soir vous allez comprendre comment travaillent les gendarmes qui, deux mois après sa disparition,
00:18 continuent de chercher le petit Emile. Emile, c'est ce petit garçon de deux ans et demi qui a disparu début juillet dans les Alpes-de-Haute-Provence.
00:25 Alors pour tout nous expliquer on accueille François Daoust, l'ancien directeur de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale.
00:31 Bonsoir. Bonsoir. Avec nous également Maxime Lévy du service Police Justice de RTL. Bonsoir Maxime.
00:37 Bonsoir. Alors je me tourne d'abord vers vous Maxime, vous êtes allé enquêter sur les lieux de la disparition au Auvergnay.
00:43 Elle en est où cette affaire ?
00:44 Bien ce qui est assez fou c'est que le mystère reste toujours entier, même deux mois après la disparition.
00:48 J'étais dans le village la semaine dernière et donc chaque habitant y va de son anecdote, de sa rumeur, de son hypothèse,
00:54 parfois plus ou moins farfelue. Reste que personne ne sait où est vraiment passé Emile.
00:59 Seuls deux témoins disent l'avoir vu pour la dernière fois jouer à 20 mètres de la maison de campagne familiale.
01:04 Et puis plus rien, disparu. Seuls restent donc les pistes envisagées comme l'accident maquillé,
01:09 un conducteur qui l'aurait renversé, qui aurait caché le corps, la piste du drame familial ou bien celle de l'enlèvement en toute discrétion.
01:15 Lors de votre enquête sur place Maxime, il y a quelque chose que vous avez découvert, en tout cas constaté.
01:19 Oui, alors je souhaitais entrer discrètement dans le hameau afin d'éviter au maximum de déranger.
01:24 Je me suis rendu compte qu'il y avait deux routes pour y aller.
01:26 Une qui part de la départementale, qui passe par le village et qui monte au hameau du Haut-Vernay.
01:31 Et une autre qui part toujours de la départementale mais qui est un chemin forestier qui monte directement au hameau.
01:37 Donc j'y vais avec ma petite citadine de location.
01:39 Et ce n'était pas simple, beaucoup de pierres, de trous, de troncs d'arbres, un ruisseau même.
01:43 Mais j'ai tout de même réussi à rallier le hameau en 5-10 minutes.
01:46 Elle est donc tout à fait empruntable si l'on veut fuir sans être vu.
01:50 Alors, attention aux fantasmes, prudence, l'existence de cette route n'indique pas qu'il y a eu un enlèvement.
01:55 Mais savoir qu'elle est empruntable est je trouve assez intéressant.
01:58 Et il y avait autre chose de notable que vous avez constaté Maxime ?
02:01 Oui, ce sont les habitants qui sont tous persuadés qu'Emile ne se trouve plus au Vernay.
02:06 C'est l'avis du maire également, même si le relief est très escarpé et boisé.
02:09 Tout le monde explique que la zone a été extrêmement biaratisée, plus de 96 hectares au total.
02:14 A l'époque d'ailleurs, le procureur de Digne-les-Bains expliquait qu'il s'agissait du plus grand ratissage judiciaire jamais mené.
02:20 Merci Maxime. François Daoust, on le disait, vous êtes l'ancien directeur de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie.
02:25 Vous connaissez parfaitement ce genre de situation.
02:28 Nous de l'extérieur, on a un peu l'impression qu'il ne se passe plus rien dans cette enquête.
02:32 Mais en fait, les gendarmes, eux, ils continuent de bosser. Concrètement, ils font quoi en ce moment ?
02:36 Là, il faut savoir qu'il y a en ce moment 25 enquêteurs qui travaillent sur les différentes hypothèses
02:41 parce qu'on ne peut pas toutes les clore d'entrée.
02:44 Et ils reprennent. Dans un premier temps, il y a eu des auditions libres pour essayer de voir si quelqu'un a vu quelque chose.
02:52 Et maintenant, toutes ces personnes repassent en interrogatoire, en audition.
02:58 Audition beaucoup plus construite parce qu'on a changé de niveau de procédure pénale.
03:03 Et c'est-à-dire que maintenant, nous sommes dans des investigations criminelles
03:07 puisqu'il y a enlèvement supposé, etc. Ça donne des moyens supplémentaires.
03:14 Puisqu'il y a des investigations dites "criminelles", comment travaillent les gendarmes concrètement ?
03:20 Est-ce qu'il y a des filatures ? Est-ce qu'il y a des écoutes téléphoniques ?
03:22 Alors même qu'il n'y a pas de suspect évident dans cette affaire ?
03:24 C'est ce que vous avez dit. On peut faire des écoutes, on peut suivre, on peut investiguer de manière beaucoup plus large.
03:31 Mais aussi, il faut savoir qu'il y a derrière le laboratoire ou le commandement du cyberespace de la gendarmerie
03:38 qui travaille aussi sur tout ce qui est numérique, tout ce qui est téléphonie.
03:44 Et il y a ces fameux 1600 bornages qui convient de vérifier les uns derrière les autres.
03:51 Et ces vérifications vont au-delà du simple bornage, c'est essayer de coupler ces bornages avec une géolocalisation.
04:00 Qui était sur place ? A quel endroit ? Est-ce qu'il était en mouvement ? Ou au contraire, est-ce qu'il y a eu des stations ?
04:06 Puisqu'il n'y a pas de suspect évident, tout le monde est un peu suspect.
04:09 Et ça, deux mois après, ils continuent de chercher et d'éplucher tout ça, à 25.
04:12 C'est ça.
04:13 Et justement, on ne se raccroche dans ce genre d'affaires-là qu'à des choses techniques ?
04:18 Ce sont les seules choses qui restent actuellement aux enquêteurs ?
04:22 Non, non, non. Il y a le renseignement humain. Et ça, le renseignement humain avec les témoignages,
04:27 les premières auditions et puis les auditions maintenant qui sont encadrées avec la procédure criminelle
04:35 font que toute variation dans une audition va intéresser.
04:40 Pourquoi il y a une incohérence ?
04:41 Est-ce que cette incohérence est due à un souvenir qui s'est transformé ?
04:46 Ça, ça arrive régulièrement.
04:47 Une personne qui est prise ou qui est de près ou de loin dans une affaire judiciaire d'importance
04:54 va écouter la télévision, va écouter la radio, etc.
04:58 Et son souvenir va se transformer au fur et à mesure.
05:01 Donc les enquêteurs vont devoir à la fois lutter contre la reconstruction de souvenirs,
05:06 c'est-à-dire un témoignage faux mais sincère,
05:08 de ce qui peut être un faux témoignage en vue de traverser la vérité.
05:13 Donc c'est tout ça qu'il va maintenant falloir corroborer.
05:17 Et c'est un travail de titan puisque toutes les personnes qui ont été déjà entendues
05:23 vont l'être à nouveau, plus celles, bien sûr, les 1600 qui ont borné
05:28 pour voir s'il y a des éléments concrets derrière.
05:31 - Donc toutes les pistes sont encore creusées très discrètement
05:35 par ces 25 enquêteurs, deux mois après la disparition du petit Emile
05:39 dans les Alpes de Haute-Provence.
05:40 Merci beaucoup François Daous pour vos explications.
05:42 Vous l'ancien directeur de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie.
05:45 Merci beaucoup Maxime Lévy pour votre enquête sur place là-bas au Vernet.
05:50 Petite pause, RTL Bonsoir continue.
05:52 On est ensemble jusqu'à 20h.
05:54 La bande toujours en studio, Cyprien, Marion, Alex
05:56 et maintenant Isabelle Choquet qui à son tour vient d'entrer en studio.
06:00 Bonsoir Isabelle. - Bonsoir à tous.
06:01 Pour le grand match des infos pour briller au dîner.
06:04 Isabelle, vous avez un petit point d'avance sur Marion.
06:07 Le duel se poursuit dans une poignée de secondes.
06:10 - Voilà quel suspense on a, t'en en peux plus.
06:13 Julien Célier, Marion Calais et Cyprien Séni.
06:16 R.T.
06:17 [SILENCE]