- il y a 3 ans
Avec Alexandre Langlois, ancien agent du renseignement et auteur de "L'ennemi de l'Intérieur, dérives et dysfonctionnements de la Police nationale" publié aux éditions Talma studios.
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##LE_FAIT_DU_JOUR-2023-09-13##
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00:00 presque devenu culte aujourd'hui.
00:02 J'ai embrassé un flic entre Nations-Républiques, mais aujourd'hui
00:06 ça se passe plus comme ça. Alors ça se passe vraiment une France on dirait divisée en deux en tout cas.
00:10 Peut-être pas toute la France mais c'est ceux qui disent politique
00:14 Certains, jeunes ou pas jeunes, la police tue, la police tue, la police tue !
00:20 Et puis d'autres
00:22 qui disent ben nous on tue la police. Faut tuer la police.
00:26 Vous savez, à cap, "All cops are bastards" etc etc etc.
00:31 On a vraiment l'impression de plus que d'une fracture. Ce n'est plus évidemment le côte à côte, ce n'est même plus le face à face.
00:37 C'est quand même quelque part, il faut le dire, un certain embrasement.
00:42 Même si heureusement elle ne touche pas tout le pays. Mais regardez ce qui s'est passé encore samedi, samedi après-midi.
00:48 Samedi après-midi, un centre commercial à Brittany.
00:53 Un homme d'une cinquantaine d'années était avec sa compagne, faisait les courses là, justement les courses au centre commercial.
00:59 Et puis il y avait deux jeunes qui étaient en train d'un petit rodéo. Vous savez, rodéo sur une roue. On monte avec la
01:06 machine et puis on s'amuse, on fait des cabrioles, on fait des acrobaties et puis
01:14 il s'est permis,
01:17 le
01:18 quinquagénaire, le monsieur s'est permis de faire une remarque en disant "écoutez, arrêtez".
01:23 Et qu'est ce qui s'est passé ? Eh bien il s'est passé "écoutez".
01:26 C'est à dire qu'ils sont arrivés à deux sur lui et ils l'ont non seulement tabassé, mais ils l'ont tabassé à pieds joints sur la tête.
01:39 Carrément, carrément, etc. Voilà, ils sont arrivés, ils se sont battus.
01:44 Alors,
01:46 l'homme chute,
01:47 attaqué au sol, coup de pied sur le torse et au visage, avant de prendre la tête en ses mains. Voilà.
01:52 Heureusement, il y avait des passants qui sont intervenus, qui ont arrêté le massacre.
01:55 Je signale que la victime a été conduite à l'hôpital d'Arpajon et elle a copié de 15 jours d'incapacité de travail.
02:02 Voilà.
02:04 Et puis, il se fait, il se fait que cette victime, on l'a su tout de suite après,
02:09 est à l'inspection générale de la police nationale, à l'IGPN, la fameuse police des polices. Oui, il n'était pas en service
02:15 au moment des faits, il était en civil.
02:17 Et voilà. Donc, ce n'est pas là,
02:20 effectivement, sur la police, c'est, mais ça veut dire, c'est exactement, je raconte ça parce qu'il y a eu autre chose.
02:25 Il y a eu autre chose lundi dernier, là, une femme de 53 ans, eh bien, il y a
02:31 quelqu'un qui est arrivé d'une trentaine d'années, un individu,
02:34 qui l'a fait chuter sa victime, l'a roué de coups, l'a tabassé, lui a sauté sur la tête à pieds joints à plusieurs reprises.
02:42 Elle est à l'hôpital.
02:43 Elle est là. Le pronostic vital n'est pas engagé, mais quand même, ça va très très très mal. Alors voilà, on se dit
02:51 police, pas police, etc.
02:53 On se dit, voilà, monsieur, vous savez, certains disent, ah oui, c'est un fait divers. Mais quel fait divers ? Ce n'est plus un fait divers,
03:01 c'est autre chose.
03:03 Alexandre Langlois, bonjour. - Bonjour. - Bonjour. On est heureux de vous revoir et de vous recevoir.
03:09 Vous êtes ancien agent du renseignement,
03:11 et vous êtes auteur, on vous a reçu à plusieurs reprises, pour parler de la police, des dysfonctionnements, des problèmes.
03:17 Mais vous avez écrit, voilà,
03:20 "L'ennemi de l'intérieur, dérive et dysfonctionnement de la police nationale". Alors, Alexandre Langlois, et ne parlons pas des suicides de policiers, etc.
03:27 Restons,
03:29 par rapport encore il y a quelques années,
03:31 on a l'impression aujourd'hui que ça y est, c'est, je dirais pas une guerre ouverte,
03:35 mais que voilà, on y va, et on y va dans l'intention quand même
03:39 d'en finir avec cette personne, parce que se précipiter sur une femme, sur un homme ou autre,
03:44 et la tabasser à coups de pied dans la tête, c'est pas seulement pour lui faire mal, c'est pour en finir.
03:50 Qu'est-ce qui se passe, à votre avis ?
03:52 - C'est un problème de société de façon plus générale,
03:55 parce que c'est la violence, la société de plus en plus violente, quoi qu'on dise les chiffres de la délinquance, on en rigolait encore
04:02 il y a quelques temps, il y a quelques années, quand à Marseille les chiffres de la délinquance
04:05 officiellement baissés, il y avait des règlements de compte, à la Kalachnikov, le lendemain.
04:08 Il y a la réalité des chiffres du ministère et la réalité
04:12 vécue par les gens sur le terrain qui sont contredits par les images et par
04:16 ce qui peut être vécu par chacun.
04:17 Et aujourd'hui, il y a des gens de plus en plus violents qui veulent en finir avec, quand il n'y a plus de bagarres de rue,
04:22 où il y a des blessés, là on veut forcément des fois achever la personne avec qui on est.
04:25 - C'est ça, achever, ouais.
04:27 - C'est le terme, et en fait, c'est, pour ce qui concerne les policiers,
04:31 le changement de paradigme a commencé avec l'attentat de Magnonville,
04:35 en 2015, où les policiers avaient été attaqués chez eux pour tuer des policiers à l'époque.
04:38 Et là, le changement avait été...
04:40 - Vous parlez du couple qui a été tué sous les yeux de leur enfant, c'est ça ?
04:45 - Exactement, exactement. Et c'est là où en fait, les agressions de policiers hors service,
04:50 là c'était un attentat et des meurtres, ont pris des choses où les gens étaient agressés parce que policiers.
04:55 Il y avait des repérages, etc.
04:58 Ce qui s'est passé par exemple à Bretigny, au centre commercial, ce week-end, est un peu différent.
05:03 La personne n'a pas été agressée parce qu'elle était policier, mais parce que justement,
05:06 elle a fait son travail de policier, y compris hors service, en disant "attendez, moi je suis policier,
05:10 il y a des choses que vous ne devez pas faire".
05:12 Et parce qu'elle a voulu faire son travail correctement et justement, permettre la tranquillité publique,
05:18 les gens ne se sont pas laissés faire et l'ont agressé.
05:20 C'est arrivé aussi il y a quelques mois d'août à Marseille, où un autre policier allait au commissariat,
05:25 a été pris à partie sur un passage piéton, pour un refus de priorité.
05:30 Et la dernière fois où des policiers ont été attaqués réellement,
05:33 alors qu'ils n'essaient pas de faire respecter l'ordre hors service,
05:37 ce qui est normalement aussi dans les missions des policiers,
05:39 les policiers 24h/24, c'est donc le contrat.
05:42 - Oui, on est policier même quand on est en civil, c'est bien ça.
05:45 - C'est ça. En civil, enfin c'est-à-dire en civil, il y a des policiers comme là-bas qui travaillent en civil,
05:49 il y a des policiers qui sont, en fait, qu'on doit intervenir, mais d'ailleurs de façon plus largement,
05:53 normalement quand des citoyens voient des infractions, normalement ils doivent intervenir,
05:57 c'est à un minima appeler la police ou la gendarmerie,
05:59 suivant le secteur où ils sont prêts à se mettre en danger, bien évidemment.
06:02 Et la dernière fois où des policiers ont été agressés hors service,
06:05 c'est-à-dire qu'ils n'étaient pas au travail, ils ont été repérés en tant que policiers,
06:08 c'était à Marseille, juste après la mort de Naël,
06:12 et il y avait des manifestations et des émeutes, deux policiers étaient dans leur voiture,
06:16 ils ont été repérés en tant que policiers, et là pareil, ils ont été roués de coups,
06:19 et ils ont été agressés à cause de leur qualité de policier,
06:22 parce qu'ils n'avaient pour le coup pas intervenu.
06:25 Donc il y a ce côté où les gens attaquent les policiers parce qu'ils n'en ont plus peur,
06:28 mais est-ce qu'on doit avoir peur des policiers ? Non.
06:30 On doit avoir un respect de cette fonction, normalement, il n'y a plus ce respect.
06:34 Je vais donner un exemple aussi, parce que quand on compare l'actualité à ce qui pouvait se passer avant,
06:39 j'ai eu la chance, quand j'étais à l'école de police,
06:42 d'avoir eu un formateur qui travaillait à la BAC d'Aulnay,
06:44 qui avait été à la BAC d'Aulnay dans les années 80.
06:47 Tout le monde savait où il habitait, il habitait à Aulnay même.
06:50 Il disait des fois qu'on faisait des interventions,
06:52 on devait faire l'usage de violence, etc.
06:54 Mais elles étaient toujours justifiées et justes.
06:57 Et il n'a jamais été embêté à son domicile.
07:00 Il pouvait croiser les délinquants qu'il avait interpellés dans la journée,
07:03 ou les jours avant, s'ils avaient été relâchés.
07:05 Il se croisait, il se disait "Bonjour monsieur, bonjour".
07:07 Et il n'y a jamais eu de difficulté.
07:09 Au contraire, même, c'est le paradoxe,
07:11 il y avait ce respect de, entre guillemets, du jeu du policier et du voleur.
07:15 C'est-à-dire que quand chacun est dans son rôle,
07:17 quand on est pris, on est pris, on dit, on affine.
07:20 Alors qu'aujourd'hui...
07:22 - Et ça c'était dans les années 80, Alexandre Andra.
07:25 - Tout à fait, dans les années 80, lui il a exercé jusque dans les débuts des années 90.
07:29 Et il est retourné après là-bas également.
07:32 Il a dit "Le contexte a changé, c'est plus la même chose en fait".
07:35 Et en fait, c'est là où ça va être intéressant sur la suite de votre émission,
07:37 et aussi de côté de l'éducation, de l'instruction des enfants.
07:40 Parce que ce qui se passe aussi derrière,
07:42 c'est ce que récoltent les forces de l'ordre de façon générale,
07:46 les gardiens de la paix, c'est justement ce manque d'éducation,
07:50 ce manque d'instruction, ce manque de respect qui n'est pas inculqué aux bons âges.
07:53 Et ce qui veut dire que par la suite, après on récolte ce qu'on a semé malheureusement.
07:57 Et c'est ce qui se passe.
07:58 C'est ce qu'on a pu voir, ce qui m'a marqué également sur cette agression à Bretigny,
08:02 c'est qu'il y a un militaire qui est impliqué.
08:03 C'est-à-dire que quelqu'un qui est dans les forces armées,
08:05 normalement comment ça se passe dans le recrutement ?
08:07 - Un jeune militaire. - Il devrait avoir des valeurs.
08:08 - Tout à fait. - Voilà.
08:10 Il devrait avoir des valeurs, il devrait savoir ce qu'il fait.
08:12 Et je veux dire là, qu'est-ce qu'il fait dans ce contexte ?
08:14 C'est-à-dire qu'on est en train de recruter aussi n'importe qui,
08:16 dans n'importe quelles conditions.
08:20 Et ce qui veut dire que même des institutions qui doivent montrer l'exemple
08:23 ne sont plus exemplaires.
08:24 Voilà, et avec une autre petite chose aussi qui est difficile
08:28 dans l'esprit de la population aussi,
08:30 et c'est un peu plus nouveau depuis qu'Emmanuel Macron est président,
08:34 c'est que quand on a un ministre de la Justice qui est mis en examen,
08:37 quand on a un ministre de l'Intérieur qui est nommé dans un contexte difficile
08:40 quand il avait été nommé monsieur Darmanin,
08:42 effectivement il y a ce contexte d'exemplarité.
08:44 Ils disent "mais attendez, on voit sa franchir de toutes les règles,
08:47 les gens qui nous dirigent ne sont pas exemplaires".
08:49 - Pourquoi ? Nous on n'est peut-être pas exemplaires,
08:51 on n'est sûrement pas exemplaires, mais eux devraient l'être.
08:53 - Voilà, et l'exemplarité devrait revenir d'en haut,
08:56 et ce qui n'est plus forcément le cas.
08:59 Donc c'est compliqué d'avoir des gens qui font des leçons de morale
09:01 en disant "il faut respecter les règles, il faut faire ci, il faut faire ça".
09:04 Et après, c'est ce que je prends comme exemple,
09:06 malheureusement pas l'exemple pour les policiers,
09:07 mais c'est quand quelqu'un s'en prend,
09:09 si la SNCF a des tracts hors-tard par exemple,
09:11 où il y a des difficultés,
09:12 les gens qui vont se faire agresser verbalement,
09:14 c'est les gens qui vont être sur le terrain,
09:16 et pas l'organisation en soi.
09:18 Et la même chose en fait, le fusible qui représente l'État sur le terrain,
09:21 et que les gens vont se dire "c'est à cause d'eux qu'on est comme ça",
09:24 ça va être les policiers, les gendarmes, les services publics,
09:26 de façon générale, parce que les pompiers se font aussi agresser,
09:29 il y a différents des fois les facteurs,
09:30 on est rendu sur quelque chose qui n'est que niquette.
09:34 - Oui, mais Alexandre Langlois, deux choses quand même,
09:36 ce qui est passionnant, vous l'avez dit à un moment donné,
09:38 mais tout, quand je reçois dans mon émission un certain nombre de pédagogues,
09:43 ou de gens qui s'occupent de centres fermés pour délinquants etc.,
09:47 on a l'impression qu'on est passé, vous l'avez évoqué déjà,
09:50 mais à un autre stade, quand je dis "c'était la guerre",
09:53 ça veut dire, il faut en finir, quand vous dites "HV",
09:56 ce que j'ai relevé, c'est HV au vrai sens du terme.
09:59 Ça veut dire que moi, que ce soit un policier, que ce soit quelqu'un,
10:02 cette personne qui est un délinquant,
10:05 il dit "moi j'en ai rien à faire, je vais aller jusqu'au bout",
10:09 même s'il ne s'est rien passé, mais c'est un regard.
10:12 Cette espèce d'instinct de mort, parce qu'il est un peu là,
10:16 heureusement c'est pas généralisé,
10:18 mais cet instinct de mort, j'ai l'impression qu'il n'existait pas,
10:21 à ce point en tout cas beaucoup moins avant,
10:23 qu'est-ce qui fait qu'il y a cette volonté vraiment de
10:26 "Allez, on est dans l'autre clan, il faut le supprimer l'autre clan".
10:30 - On est retourné à des instincts primaires et bestiaux.
10:33 Je vais redonner un autre exemple,
10:34 c'était quand j'ai commencé dans le renseignement,
10:36 j'ai eu une formation par des gens des renseignements généraux,
10:39 et qui avaient filmé une fin de manifestation CPE en 2005.
10:43 Et sur cette vidéo, on voyait un groupe de jeunes qui arrivaient,
10:47 quand on attrapait un autre qui semblait plus faible,
10:50 ils l'ont mis à terre, ils l'ont roué de coups,
10:52 ils l'ont tabassé, ils l'ont mis des coups de pied dans la tête.
10:54 Et finalement après, comme une nuée de sauterelles,
10:56 ce petit groupe est reparti vers une autre personne,
10:59 une autre personne qui semblait faible est arrivée et l'a massacrée,
11:01 mais ce qui est intéressant,
11:03 c'est qu'ils ont relevé la personne qui venait de tabasser,
11:05 et qui est venue les aider à tabasser encore une autre personne plus faible.
11:08 Et en fait, la conclusion des gens qui nous montraient cette vidéo,
11:11 nous disaient "en fait, il va y avoir des générations de perdus",
11:13 parce que c'est la bestialité qui va arriver,
11:15 personne qui réfléchit de façon logique et rationnelle
11:19 va venir aider ses agresseurs 5 minutes plus tard
11:21 pour exactement faire la même chose sur une prochaine victime.
11:24 Et en fait, c'est cet instinct bestial qui reprend le dessus,
11:27 qui fait que certains sont prêts jusqu'à tuer pour ça,
11:30 et la valeur aussi de la vie humaine.
11:31 On voit beaucoup de règlements de compte qui arrivent aussi dans la criminalité,
11:34 le grand banditisme est tombé, c'est une bonne chose,
11:36 mais on n'a pas su garder la délinquance, la petite délinquance qui est revenue.
11:39 Aujourd'hui, on a des règlements de compte qui...
11:41 On abat des gens en pleine rue,
11:42 et ça pose des difficultés à personne.
11:44 Cette valeur et ce respect de la vie humaine
11:46 a aussi chuté en même temps que cette augmentation de la bestialité.
11:48 - Tout à fait, et ça va encore plus loin, Alexandre Langlois,
11:51 vous avez vu, vous parlez de ces milieux...
11:53 Effectivement, le grand banditisme, ce n'est plus ça,
11:56 mais les dealers de drogue, ça marche.
11:58 À la Kalachiko, vous avez vu cette jeune femme
12:00 qui étudiait chez elle dans son appartement,
12:02 qui a été tuée d'une balle perdue de Kalachnikov.
12:04 Ce qui est incroyable, enfin,
12:07 on sait, on dit "ah oui, c'est la jungle",
12:09 mais il y a quelque chose quand même qui paraît étonnant,
12:13 non pas étonnant, mais enfin,
12:14 et on a l'impression que presque,
12:16 on laisse faire, comme vous disiez,
12:17 pas seulement par le manque d'exemplarité,
12:20 mais on a l'impression, vous savez, on l'entend des ministres, etc.,
12:22 pas seulement ceux d'aujourd'hui,
12:24 "Oh, on va arriver à une condamnation exemplaire,
12:26 tout ça va rentrer dans le cadre, il n'est pas question d'accepter ça."
12:30 Ils disent "il n'est pas question d'accepter ça",
12:32 ils rentrent chez eux dans leur palais,
12:33 et puis le lendemain, ça recommence.
12:35 - Effectivement, c'est-à-dire qu'en fait, on a les mots,
12:39 voilà, par exemple, tous les ministres,
12:41 par exemple, M. Darmanin a été relevé régulièrement
12:43 dans ses communications,
12:45 il condamne fermement.
12:46 - Oui. - C'est très bien de condamner fermement,
12:48 mais après, qu'est-ce qui se passe ?
12:49 On a vu, effectivement, parce qu'on peut remonter un peu plus
12:52 aussi dans le temps, Nicolas Sarkozy,
12:54 on dit "je vais vous nettoyer tout ça au karcher",
12:56 au final, il y a des mots très forts,
12:58 mais derrière, il n'y a rien du tout,
13:00 c'est-à-dire qu'en fait, ça n'a fait que finalement agiter
13:02 et faire de la provocation.
13:04 Soit on donne des mots et on agit,
13:05 soit le mieux, c'est de se taire,
13:06 parce que derrière, ce ne sont pas les personnes
13:08 qui prononcent ces mots
13:09 qui vont payer les conséquences de ces phrases.
13:12 Et c'est ce qu'on a aujourd'hui, en fait,
13:14 c'est que du coup, on a des ministres qui vont dire
13:16 "on condamne fermement, ce n'est pas bien,
13:17 on n'acceptera jamais".
13:19 Il y a encore deux ans, à Vannes,
13:21 c'était les Rivra, par exemple,
13:22 qui avaient fait des petites annonces en disant
13:24 "voilà, cherche dealer, coin tranquille,
13:26 n'est pas affecté par la police".
13:28 Voilà, ils avaient fait une annonce humoristique
13:30 qui avait été repliée dans la presse
13:32 pour justement attirer le problème sur les points de drogue.
13:34 Et en fait, ce qui a changé aussi,
13:35 c'est la physionomie de la criminalité.
13:38 Avant, il y avait le grand banditisme qui était tenu.
13:40 Et maintenant, c'est plus des communautés ethniques
13:43 qui viennent avec d'autres codes,
13:44 qui viennent de d'autres pays,
13:45 qui importent donc là, pour le coup,
13:48 de la drogue et différentes choses illégales.
13:50 Et eux, les règlements de compte,
13:51 ils les font, comme je vais dire,
13:53 dans leur pays d'origine.
13:54 Tout à fait, mais alors,
13:55 Alexandre Gondor,
13:57 tout à fait, juste une dernière question.
13:59 Vous avez vu que certains comités de quartier
14:01 appelaient les gens non pas à l'autodéfense,
14:03 mais en disant "écoutez, dites, signalez, etc."
14:07 Et puis quand même,
14:08 est-ce qu'il n'y risque pas d'avoir
14:10 une espèce de sentiment "ben écoutez, puisque
14:12 c'est comme ça, ben je vais essayer de me défendre moi-même,
14:14 moi, mon quartier, ma famille, etc."
14:17 Est-ce qu'on n'est pas sur la possibilité de cela ?
14:22 C'est toujours une possibilité,
14:23 ça ne fait que s'aggraver au fur et à mesure,
14:25 parce qu'en fait, il y a une espèce de faillite de l'État
14:27 dans sa mission d'assurer la sécurité,
14:29 la tranquillité publique.
14:31 Ce qu'on a pu voir, l'État a été très efficace
14:34 sur tout ce qui était mouvements sociaux
14:35 pour pouvoir réprimer tout ce qui était contraire
14:38 à ce que les gens voulaient dire.
14:40 Donc il y avait effectivement des fauteurs de troupes
14:41 qu'il fallait interpeller et maîtriser,
14:43 mais il y avait des gens qui n'avaient rien fait.
14:44 Pourtant, tous contestataires ont pu être interpellés,
14:46 réprimés, même largement.
14:48 C'est-à-dire qu'on dit "on est dans l'ordre public,
14:50 on a interpellé tout un tas de personnes,
14:51 on va faire le tri après."
14:53 Très bien.
14:54 Par contre, dans le quotidien des gens,
14:55 et c'est là où c'est dramatique et les gens ne le comprennent plus,
14:58 c'est que quand on va porter une plainte,
14:59 il y a quand même pour un vol, pour une agression,
15:01 dans combien de chances ça aboutisse ?
15:03 J'exclus le cas, par exemple, il y a quelques années,
15:07 du vol du scooter du fils de Nicolas Sarkozy
15:10 où il a fallu 48 heures.
15:11 Mais M. et Mme Lambdame faisant partie,
15:13 on n'aura jamais de truc, on va juste au commissariat
15:15 ou à la gendarmerie pour avoir...
15:17 - On dépose plainte et on verra.
15:18 - On dépose plainte pour l'assurance.
15:19 Voilà, tout simplement.
15:21 Donc si on donne les moyens à la police et au gendarme
15:23 de travailler, on sait que c'est possible,
15:24 comme on a pu le voir par exemple dans le cas du scooter
15:26 du enfant de Nicolas Sarkozy.
15:28 Encore faut-il qu'il y ait les moyens,
15:29 qu'on déploie la police aux bons endroits et au bon moment.
15:32 Et aujourd'hui, vu qu'il y a une défiance vis-à-vis de la population,
15:35 vis-à-vis de la police,
15:36 les policiers sont aussi désespérés de leur côté.
15:39 C'est ce qu'on a pu voir l'année dernière,
15:40 plus de 10% des effectifs qui ont démissionné,
15:43 police, gendarmerie, qui sont partis faire autre chose.
15:45 - Bien sûr.
15:45 - Donc il y a cette défaillance de l'État.
15:48 Donc certaines municipalités ont pris des polices municipales.
15:51 Mais après, le risque, c'est que les gens vont se faire justice eux-mêmes.
15:54 Et voilà, cet État est en faillite.
15:56 - Mais comme toujours, comme toujours,
15:57 c'est une question de volonté, c'est une question de courage,
15:59 c'est une question d'action.
16:01 Et comme disait vraiment, on a la marre d'entendre,
16:03 vous savez, ce très mauvais jeu de mots,
16:05 mais à Akiri, assez d'actes des mots.
16:08 Non, non, assez de mots, des actes.
16:10 Merci, monsieur le président de l'Anglois.
16:11 - Merci à vous.