00:00 - Il est 7h12, 7 à la une ce matin. La précarité étudiante. 14 présidents d'universités
00:05 réclament une allocation étudiante. Le gouvernement refuse pour l'instant. Nous sommes avec
00:10 Lionel Larrey qui est président de l'université de Bordeaux-Montagne. Bonjour !
00:15 - Bonjour. - Bordeaux-Montagne c'est 18-20 000 étudiants c'est ça ?
00:19 - Oui entre 17 et 18 000. - Bon alors quel type d'allocation réclamez-vous et pourquoi ?
00:26 - C'est un vieux sujet en fait. C'est une allocation qui serait donnée à tous les étudiants
00:33 tout simplement pour
00:35 leur permettre de vivre dignement tout en réussissant leurs études.
00:39 Aujourd'hui on constate que les difficultés financières dans lesquelles les étudiants se trouvent
00:44 les obligent à travailler ce qui ne favorise pas leur réussite et les oblige parfois à vivre dans des conditions
00:53 qu'on ne devrait pas connaître lorsqu'on a 20 ans et qu'on est étudiant. - C'est ça. Alors la ministre
00:57 Sylvie Retailleau estime pour l'instant qu'on ne peut pas donner à tous sans regarder les revenus.
01:01 Ça ne lui paraît pas être la solution la plus efficace.
01:04 Et elle dit en plus nous avons la responsabilité de former des citoyens responsables.
01:08 Qu'est-ce que vous comprenez dans sa première réponse ?
01:12 - Les universités ont le rôle effectivement de former des citoyens responsables
01:16 et pour cela il faut créer les bonnes conditions pour pouvoir les former et ça passe par effectivement
01:21 des conditions de vie dignes pour les étudiants.
01:25 Ensuite est-ce qu'il faut la donner à tous ou pas ?
01:28 On n'est pas à l'heure en fait de la mise en oeuvre. Il peut y avoir des ajustements.
01:33 On est à l'oeuvre de discuter le sujet, d'en faire un choix de société.
01:37 Aujourd'hui le constat est que trop peu d'étudiants bénéficient de bourses.
01:43 Quand ils en bénéficient les bourses ne sont de toute façon pas assez élevées
01:48 et qu'il y a toute une catégorie d'étudiants qui viennent d'une catégorie socio-économique
01:53 qui ne les rend pas éligibles aux bourses mais qui pourtant connaît les difficultés.
01:58 - Oui, c'est ça. Vous songez déjà à une somme précise ? Vous avez en tête
02:04 un revenu mensuel, cette allocution mensuelle ?
02:08 - Non, pas du tout. Là on rentre dans les détails. - Oui mais c'est important.
02:15 - Tout à fait. On n'a pas encore réfléchi à la question.
02:19 Je sais que les avis sont partagés sur le sujet.
02:22 Ce n'est pas forcément une aide qui serait très onéreuse.
02:29 - C'est quoi ? 200, 300, 400 euros ?
02:34 - Non, il faut que ce soit davantage. C'est très important.
02:38 Si les étudiants font le choix de travailler à côté quelques heures
02:44 parce que c'est un choix et ça leur permet d'avoir une expérience, c'est très bien.
02:48 Mais il faut leur permettre de ne pas devoir travailler plus de 20 heures par semaine
02:53 s'ils ne le veulent pas parce que c'est là que ça devient un véritable problème
02:57 pour la réussite des études. Donc il faut que ce soit une allocation
02:59 qui leur permette de payer leur loyer, de manger tous les jours
03:04 sans forcément vivre dans l'opulence, évidemment.
03:08 - Oui, c'est ça. Après, quand on compte le nombre d'étudiants,
03:12 ça va faire assez cher qui va payer, bien sûr. C'est l'État.
03:16 - Ça, ça se calcule. Le coût de cette mesure, il faut le calculer.
03:21 Mais en prenant en compte le coût du système des bourses aujourd'hui,
03:25 le coût des étudiants qui redoublent ou qui échouent
03:27 parce qu'ils doivent travailler à côté, ils ne peuvent pas réussir leurs études,
03:32 ça, ça a également un coût. Le coût des aides d'urgence
03:35 qu'on met en place parfois pendant la crise du Covid pour pallier les urgences.
03:40 Et puis, il faut aussi prendre en compte ce que rapporterait une telle mesure.
03:42 C'est-à-dire qu'elle aurait des retombées économiques aussi.
03:46 C'est-à-dire qu'on fait également de ces étudiants autonomes financièrement
03:50 des consommateurs qui font marcher l'économie locale où ils vivent.
03:55 - Oui, il y aurait une disparité en revanche parce que ça,
03:57 ce serait pour les étudiants d'université aussi
04:00 ou les étudiants des autres écoles, tous ceux qui sont en dehors
04:04 de ce système des universités. Et Dieu sait s'il y en a.
04:07 Et là, ça coûte beaucoup plus cher aussi.
04:10 - Alors là aussi, c'est encore une fois la mise en œuvre,
04:13 il faut en discuter, on ne peut pas.
04:16 Pour le moment, on vise les étudiants quels qu'ils soient.
04:20 Ensuite, il faudra certainement parler d'ajustement si le cas est échéant.
04:25 - Oui, c'est ça. Est-ce que vous êtes inspiré par l'exemple du Danemark ?
04:30 Au Danemark, tout étudiant qui quitte le foyer familial
04:34 reçoit un revenu mensuel d'environ 800 euros, je crois que c'est ça,
04:37 et la mesure est interrompue lorsque l'étudiant prend trop de retard dans son cursus.
04:42 - Le Danemark a en effet fait ce choix de société.
04:46 Ce n'est pas complètement aberrant de lier cette allocation
04:52 en effet à la garantie que les études se réalisent.
04:56 Mais en tout cas, oui, c'est un modèle intéressant
04:59 que d'autres pays ont choisi de faire,
05:02 et la discussion vaut le coup d'être mise sur la table.
05:06 - Bah écoutez, merci, on va voir.
05:10 Le gouvernement refuse pour l'instant, mais il peut y avoir des discussions.
05:15 Ce que vous nous dites, Lionel Larrey, président de Bordeaux-Montagnes.
05:19 Bah écoutez, on posera la question tout à l'heure à Olivier Dussopt,
05:22 c'est le ministre du Travail, du Plein Emploi et de l'Insertion.
05:24 Alors, il n'est plus ministre du Budget, mais il a peut-être son avis sur la question.
05:27 Ce sera l'invité à 8h30 de Sud Radio avec Jean-Jacques Bourdin.
05:31 Merci à vous d'avoir répondu à nos questions ce matin en direct.
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