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  • il y a 3 ans
Comment faire baisser le prix de l'essence après le refus des distributeurs de vendre à perte ? Richard Ramos, député Modem (Loiret) de la majorité, propose de modifier les taxes sur les carburants contre l'avis du gouvernement.
Regardez L'invité de RTL du 21 septembre 2023 avec Amandine Bégot.

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Transcription
00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 RTL Matin
00:06 Il est 7h44, excellente journée à vous tous qui écoutez RTL, Amandine Bégaud vous recevez donc ce matin le député modem du Loiret, Richard Ramos.
00:13 Richard Ramos, les enseignes de la grande distribution qui gère, on le rappelle, environ la moitié des stations services en France ont dit non
00:19 hier au projet de revente à perte du gouvernement, même chose pour Total, vous étiez d'ailleurs à la table ronde organisée hier en leur présence à l'Assemblée.
00:27 Pour faire baisser les prix du carburant, vous avez, vous, une autre piste, vous proposez d'agir sur la TICPE.
00:34 Avant de détailler tout ça, on va rappeler à nos auditeurs ce qu'est la TICPE.
00:39 C'est la taxe sur
00:42 les intérieurs de consommation sur les produits énergétiques, c'est ce qui a remplacé la TIPP, c'est ça ? C'est ça, c'est exactement ça.
00:48 Ça représente combien sur un litre d'essence ? On est à peu près à 60 centimes de taxe.
00:52 On peut le calculer différemment, allez-y. Moi j'ai pris le litre de sans plomb
00:56 95 à 1,97€ aujourd'hui, il y a 71 centimes de carburant pur,
01:01 24 centimes de coût de distribution, c'est-à-dire le fait de l'amener jusqu'à la station service, 19 centimes de TVA sur ce carburant,
01:08 la TICPE 69 centimes et il y a une TVA sur la TICPE, une taxe sur la TICPE,
01:15 14 centimes. Ce sont les chiffres de l'UFIP, l'Union française des énergies pétrolières, ça veut dire qu'elle représente
01:20 30% du prix de mon litre de carburant.
01:22 Vous proposez de la supprimer ? Non, je ne veux pas la supprimer.
01:25 Il y a un moment donné, on ne peut plus mettre de l'essence, c'est-à-dire que moi j'estime qu'au-dessus d'1,90€,
01:30 2€, on ne peut plus mettre de l'essence parce qu'on ne peut plus aller travailler.
01:34 Je veux l'arrêter cette surtaxe à partir du moment où chez le consommateur on est au-dessus d'1,90€.
01:41 On reste comme on est jusqu'à 1,90€ et quand on dépasse à la pompe les 1,90€,
01:47 on arrête de prendre de la taxe sur la taxe. Parce que pardon, ce n'est pas le budget de l'État, c'est des surbudgets.
01:53 Quand on a fait notre budget l'année dernière,
01:55 on avait notre budget de l'État avec un prix qui était à un certain seuil.
01:59 Quand on est au-dessus de ce seuil-là, on est sur le surbudget de l'État, et bien on le redonne aux Français.
02:04 Et ça me paraît vraiment la moindre des choses.
02:06 Est-ce que vous l'avez chiffré cette mesure ? Ça fait combien de manque à gagner pour l'État ?
02:11 Supprimer par exemple la TVA, pure et simple, sur les carburants, c'est 10 milliards d'euros nous dit Bercy.
02:16 Oui alors, là moi ma mesure elle serait aux alentours de 2 milliards d'euros.
02:20 2 milliards ?
02:21 Aux alentours de 2 milliards d'euros. Mais encore une fois, c'est du surbudget.
02:24 Oui, sauf que cet argent il a servi, c'est ce que vous disent vos collègues de la majorité,
02:30 il a été réemployé cet argent, par exemple pour financer le chèque énergie ou le bouclier fiscal.
02:36 La politique c'est des choix. Moi c'est très simple, quand il y a une dame dans ma circonscription qui me dit
02:41 "Monsieur Ramos, au 25 du mois je vais me mettre en congé maladie parce que je ne pourrai plus aller travailler",
02:47 je me dis qu'il y a un sujet. Ce pays tient grâce à ses hommes et ses femmes, notamment des classes moyennes
02:53 et des plus humbles, qui vont aller travailler. Et donc moi je fais de la politique, je suis fier de faire de la politique.
02:59 C'est-à-dire qu'à un moment donné, je dis "Ce surbudget-là, je le redonne aux Français et aux Françaises".
03:04 C'est simple, il faut arrêter qu'on nous tourne autour de ce...
03:07 Et pardon, quand le gouvernement fait une erreur, et je pense qu'il va s'entêter,
03:12 qu'il nous dit "On va vendre à perte dans le supermarché", c'est-à-dire "On va demander à la grande distribution de vendre à perte".
03:18 Hier ils nous ont dit "Non, c'est une bêtise". Moi je suis François Bayrou, je suis modem.
03:22 François Bayrou c'est l'orthodoxie d'un budget serré, c'est le premier qui l'a dit en France.
03:26 Donc je ne suis pas pour faire flamber, j'ai envie de dire, le budget de l'État.
03:30 Mais il y a un moment donné, il faut rendre l'argent aux Français.
03:33 Parce que pendant 5 ans, sur tous les plateaux télé, on nous a dit "Vous savez, on va faire le SRP+, c'est-à-dire sur les produits alimentaires, les pâtes, on va empêcher la grande distribution".
03:42 Non pas de vente à perte, non pas de vente au prix coûtant. On va mettre 10% en plus du prix coûtant.
03:46 Pendant 6 ans, moi qui suis avec M. Macron, on a dit pendant 6 ans sur tous les plateaux télé,
03:52 "On va empêcher la grande distribution", non pas de vente à perte, de vente à prix coûtant, on fait +10.
03:57 Et maintenant, un matin, il y a un mec dans un bureau qui décide qu'on va vendre à perte. Mais ils ont fumé la moquette !
04:02 - Mais c'est un mec dans un bureau ? Vraiment ? - Mais oui, c'est pas possible autrement !
04:05 Alors sinon, ça veut dire qu'il y avait beaucoup de cons dans les bureaux !
04:09 - Vous parlez d'erreur. Il faut que le gouvernement revienne là-dessus ? Parce que là, ils ont dit "OK, la grande distribution dit non, mais on fera voter ça".
04:17 - Il faut que le gouvernement revienne là-dessus ? Je pense qu'il ne veut pas revenir là-dessus.
04:21 - Et pourquoi ? Pour une histoire d'honneur ? - Je ne sais pas pourquoi. Il faut leur demander, il faut les inviter. Mais c'est une bêtise !
04:27 Vous savez, je reste pareil dans mon petit couloir modem avec Bayrou qui m'a appris que quand on pense tous la même chose, on ne pense plus rien.
04:36 Ils font une erreur, ils vont essayer de s'entêter. Mais il faut qu'ils se méfient.
04:39 Parce que dans l'hémicycle, que ce soit les gens de l'opposition ou les gens de la majorité qui vont être dans la ruralité et qui vont tuer leurs compistes ruraux,
04:47 ce n'est pas sûr que ça va passer dans l'hémicycle.
04:49 - Donc vous, vous ne voterez pas cette mesure. Il y en a d'autres dans la majorité qui ne la voteront pas.
04:53 - Je pense. Alors on va faire venir sur les plateaux ceux qui vont avoir les idées de langage qu'on leur a envoyées par texto.
04:59 Il n'y a pas de problème. Mais en attendant, il y en a qui ne voteront pas.
05:02 - Mais vous êtes nombreux à penser ça dans la majorité. Combien ? 10, 20, 30 ?
05:06 - J'en sais rien aujourd'hui. Mais je vois bien que quand je suis à la buvette de l'Assemblée nationale, on vient me voir depuis hier en me disant "Richard, c'est toi qui as raison".
05:12 - Bon, Richard Ramos, vous dites "c'est du surplus, du surbudget de l'État". Ça veut dire quoi concrètement pour nos auditeurs ?
05:19 Que l'État s'en met plein les poches avec l'augmentation de ses prix du carburant ?
05:22 - Pardon, on ne peut pas dire "l'État s'en met plein les poches" parce que l'État a tellement redonné aux Français.
05:27 On a tellement soutenu nos restaurateurs, on a tellement soutenu les chèques énergie.
05:33 - Le bouclier tarifaire c'est 27 milliards l'an dernier.
05:35 - On ne peut pas dire "l'État s'en met plein les poches". Je dis simplement qu'il faut avoir une vision globale.
05:40 Parce que c'est ça qui est compliqué. Ce qu'il faut bien comprendre ici sur les gens qui nous écoutent à RTL, qui sont également des gens populaires,
05:46 on est dans une période d'inflation qui va durer. On est dans un changement écologique nécessaire qui va coûter.
05:53 Donc on aura à accompagner les plus humbles et notamment les travailleurs pauvres dans une série de mesures.
06:00 Ça c'est un élément par rapport à ce qu'on va commenter tous les matins pendant à peu près deux ans.
06:06 Ce cycle d'inflation, on l'a pour deux ans. Il va entraîner des comportements très très très difficiles.
06:12 L'urgence écologique elle est là. Et donc conclusion, l'urgence écologique elle va coûter. Et donc elle va coûter à qui ?
06:19 A ceux qui en ont le moins le moyen.
06:20 - Mais vous dites quoi au gouvernement ? S'ils ne vous écoutent pas, il y a un vrai risque ? Un nouvel épisode Gilets jaunes ?
06:25 - Il y a deux risques. Un, il y a Gilets jaunes qui peuvent revenir et puis il y a des gens...
06:30 - Vous le sentez vous sur le terrain dans le Loiret ? Ils étaient très mobilisés les Gilets jaunes.
06:33 - Oui, on le sent parce qu'on a à la fois... On était passé de la colère avec les Gilets jaunes.
06:40 J'ai beaucoup, cet été, j'ai beaucoup vu de monde dans ma circonscription, beaucoup.
06:45 À une espèce de résignation. D'accord ? C'était... On était passé d'une forme de lassitude.
06:49 On avait besoin de retrouver de la joie, des éléments festifs, etc. Et là, je ressens quelque chose qui est de l'ordre de...
06:56 Peut-être de la jacquerie, de quelque chose... Après la colère, après la lassitude, qu'est-ce que c'est ?
07:03 Je ne voudrais pas qu'on revienne. On a besoin d'apaisement dans ce pays.
07:06 - Il nous reste moins d'une minute. Le RN vous appelle à voter l'amendement de son parti qui propose de réduire la TVA sur le carburant de 20% à 5,5%.
07:15 Vous seriez prêt à voter cet amendement ? - Non, non. D'abord...
07:18 - Parce que c'est le RN ? - Non. Pas parce que c'est le RN.
07:21 Le RN a été élu démocratiquement. Parce que je ne suis pas pour qu'on touche à la TVA.
07:26 Pour moi, on sacralise la TVA. On a d'autres mécanismes. Donc je les invite plutôt à venir me suivre.
07:30 - Dernière question. Certains vous accusent, au sein de la majorité, de vous faire un coup de pub.
07:34 - Non mais... Pardon, vous savez, c'est à la fois désolant.
07:38 Si je me trompe, si ce que je dis n'était pas juste, vous ne m'inviteriez pas, pardon.
07:42 Vous êtes une grande chaîne de radio. C'est toujours comme ça, de toute façon.
07:46 Vous savez, d'abord, je vais vous dire, il y a toujours trois méthodes pour discréditer les gens.
07:50 On essaie de fabriquer du cognitif faux avec des calculettes et des tableaux Excel.
07:54 Ensuite, on essaie de faire marcher ces réseaux. Et puis après, on discrédite celui qui porte quelque chose qui est juste.
08:00 - Merci beaucoup, Richard Ramos.
08:01 La politique c'est des choix.
08:03 [SILENCE]
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