00:00 - Ça reste un des meilleurs systèmes de santé au monde.
00:02 - Exactement.
00:03 - Réaliste, on regarde trop peu souvent ce qui existe et ce qui se fait à côté,
00:07 et très souvent en France, on est très auto-centré sur soi,
00:09 mais on voit pas ce qui se fait à côté.
00:10 Et la réalité, c'est que le bonheur est aussi comparatif.
00:13 La difficulté du système de santé, c'est qu'on a globalement tous
00:17 un sentiment de dégradation du système de santé depuis une trentaine d'années.
00:22 On a un système qui tient, avec des moyens qui ont été mis,
00:25 peut-être insuffisamment, mais qui tient souvent grâce aux soignants,
00:29 grâce à la conscience professionnelle, à l'engagement de personnes,
00:33 d'infirmières, d'aides-soignants, de médecins,
00:35 qui vont au-delà de ce qu'ils devraient faire.
00:38 En hôpital, on a vu l'usure, la fatigue, l'épuisement d'un certain nombre de soignants.
00:43 Donc il y a ce phénomène-là.
00:44 Et puis, au-delà de la question des moyens,
00:46 parce qu'il y a des moyens qui ont été remis,
00:48 des moyens, c'est de l'investissement sur du temps long.
00:50 C'est-à-dire, c'est comme quand vous décidez d'acheter un train,
00:54 de lancer un programme de recherche,
00:56 entre le moment où vous mettez l'argent et où vous envoyez les effets,
00:59 c'est 3, 5, 10 ans.
01:00 Donc il y a un temps long, mais on a aussi un sujet d'organisation.
01:04 Je vais vous donner un exemple tout bête.
01:06 On renvoie systématiquement sur les médecins ou sur les urgences.
01:11 Aujourd'hui, par exemple, faites-vous une entaille sur le cuir chevelu,
01:15 vous avez besoin de deux points de suture.
01:17 Une infirmière ne peut pas vous prendre.
01:19 Soit il faut que vous alliez chez le généraliste,
01:21 soit il faut que vous alliez aux urgences.
01:22 C'est un acte qu'une infirmière sait faire,
01:24 elle peut vous enlever les points de suture,
01:25 mais elle n'a pas le droit de suturer,
01:26 donc on vous envoie saturer les urgences,
01:28 puisque un généraliste n'aura pas forcément le temps de vous prendre,
01:31 vous irez saturer le généraliste.
01:33 Sur un renouvellement d'ordonnances simple,
01:36 la réalité, c'est qu'encore, il y a quelques ouvertures qui ont été faites,
01:40 mais la possibilité pour des infirmières ou des pharmaciens
01:43 de procéder à des renouvellements courants
01:45 sont encore très limités, donc on va saturer des généralistes.
01:48 Il y a beaucoup de choses sur lesquelles,
01:50 organisationnellement, on pourrait essayer de faire des progrès,
01:53 parce que la réalité, c'est que le déficit de médecins,
01:56 on en a encore pour une dizaine d'années.
01:57 Et donc le sujet, au-delà de la production de médecins,
02:00 c'est comment est-ce qu'on arrive à tenir cette période ?
02:03 Il faudrait que l'ordre des médecins ait l'esprit un peu plus ouvert,
02:06 notamment pour autoriser, l'exemple que vous donnez est excellent,
02:09 l'infirmière de pouvoir suturer.
02:11 Là-dessus, il y a une question des ordres,
02:12 des médecins, des pharmaciens, etc.,
02:14 mais il n'y a pas que les ordres,
02:15 il y a aussi une question de portage, de volonté politique,
02:18 de discussion à avoir, parce que la réalité,
02:21 c'est que vous ne décidez pas de manière autocratique depuis le haut,
02:24 c'est aussi une discussion à avoir,
02:26 mais il y a beaucoup de petites choses qui pourraient être faites
02:28 pour essayer de mettre un peu d'huile dans des rouages qui se grippent.
02:31 [Musique]
02:35 Merci à tous !