- il y a 3 ans
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00:07 -20h21, France Info, Les Informés, Benjamin Sportouche.
00:13 -Bonsoir à tous et à toutes.
00:15 Bienvenue dans Les Informés.
00:16 On va consacrer une large place au 1er pas
00:19 du nouveau gouvernement Attal.
00:20 Des débuts ont séparasité par une première polémique
00:23 les déclarations sur l'école publique
00:25 de la ministre de l'Education nationale.
00:28 La ministre de l'Education nationale,
00:30 Marie-Louise Oudéa Castera, a présenté ses excuses
00:32 cet après-midi.
00:34 Mais est-ce suffisant pour renouer le fil
00:36 avec les enseignants?
00:37 Pas sûr.
00:38 Et puis, gouvernement resserré, nombreux déplacements
00:41 sur le terrain, volonté de résultats rapides.
00:43 Y a-t-il déjà un style Attal ou est-ce d'abord et avant tout
00:47 de la com?
00:48 On va en parler ce soir avec nos informés.
00:50 4 journalistes de la presse internationale de notre pays.
00:53 J'ai nommé Anna Navarro-Pedro.
00:55 Bonsoir Anna.
00:56 Vous êtes journaliste portugaise.
00:58 Anna Kowalska, une autre Anna.
00:59 Vous travaillez pour la télévision polonaise.
01:02 Alberto Toscano est avec nous et son écharpe journaliste italien
01:05 mais aussi éditorialiste et écrivain.
01:07 Et puis Philippe Turl qui vient d'arriver
01:10 tout juste sur ce plateau.
01:11 Merci à vous d'être parmi nous.
01:13 Vous êtes chroniqueur international à France 24
01:16 et vous nous menez directement d'outre-Manche.
01:18 Merci à vous 4.
01:19 Dans la 2e partie de l'émission, nous reviendrons également
01:22 sur la guerre en Ukraine qui ne fait plus vraiment
01:25 partie de l'actualité mais qui se poursuit avec un premier
01:28 déplacement à Kiev du nouveau ministre des Affaires étrangères
01:31 français.
01:32 Autre sujet d'actualité à l'étranger.
01:35 Taïwan, une élection présidentielle aujourd'hui
01:37 sur cette île modeste.
01:39 24 millions d'habitants seulement mais des enjeux mondiaux.
01:43 Voilà, vous avez le programme.
01:45 Les informés, c'est parti.
01:47 C'était hier le premier conseil des ministres du gouvernement
01:53 de Gabriel Attal.
01:54 Premier jour et première polémique.
01:57 Un record peut-être en la matière.
01:59 Une polémique déclenchée par les propos de la nouvelle
02:02 ministre de l'Éducation, Amélie Oudé Kastéra.
02:04 Je vous rappelle, ses trois enfants sont scolarisés
02:07 dans le privé à Paris.
02:08 Elle a été interrogée hier à ce sujet.
02:09 La ministre a totalement assumé la raison,
02:12 dit-elle, trop d'absence dans le public.
02:14 Alors, tollée dans l'opposition et chez les enseignants.
02:18 Et bien, cet après-midi, aujourd'hui,
02:20 la ministre a tenté d'éteindre l'incendie dans une déclaration
02:24 écrite à l'agence France Presse.
02:26 Elle a dit, je cite, "regretter d'avoir pu blesser
02:30 certains enseignants du public".
02:33 Alors, Anna Navarro-Pedro, est-ce que le mal est fait
02:36 ou est-ce que ça peut suffire, justement,
02:38 à retisser le lien, à réparer les dégâts qui ont été
02:40 causés par ces premières déclarations ?
02:41 On dit toujours que les premières impressions,
02:43 c'est celles qui durent.
02:45 C'est probablement celle qui va durer.
02:46 Surtout, c'est un manque de sens politique total.
02:49 C'est un manque d'intelligence.
02:50 C'est un manque de courtoisie.
02:52 Elle aurait pu utiliser, tourner la situation en disant,
02:55 "Vous voyez, j'étais obligée de le faire parce qu'il y a eu
02:57 quand même des problèmes que je vais prendre à bras le corps,
03:01 etc. avec les professeurs, trouver des solutions".
03:03 Rien du tout.
03:04 Bah, écoutez, c'est un manque total de sens,
03:08 de sensibilité politique et de sensibilité tout court.
03:10 Oui, mais Anna Kovacska, est-ce qu'elle a pas en même temps,
03:12 la ministre, parlé vrai, dit tout haut ce que beaucoup pensent aussi,
03:17 c'est qu'il y a des carences dans l'école publique
03:18 et que beaucoup de Français sont obligés,
03:20 eh bien, d'y parer en mettant leurs enfants à l'école privée.
03:23 Dans cette situation, il y a sûrement deux problèmes.
03:25 Le problème sérieux de fait à l'école, qu'il manque de profs.
03:30 Beaucoup, apparemment, 15 milliardaires perdus en 2023.
03:34 J'en ai parlé aujourd'hui avec ma mère, qui est à Paris
03:36 et que je salue cordialement,
03:40 mais qui a été proviseure de l'école en Pologne pendant toute sa vie.
03:44 Elle m'a dit que jamais dans sa vie, pendant sa carrière,
03:47 ça ait arrivé qu'une fois, il manquait une prof,
03:49 il était toujours remplacé.
03:50 Donc, c'est quelque chose de notre point de vue, inimaginable.
03:53 Donc, en fait, il y a un problème,
03:54 mais il y a un énorme problème aussi de communication.
03:57 Je pense que le ministre qui porte le propos contre 100,
03:59 en plus, services publics, c'est inimaginable.
04:02 Donc, je comprends absolument ici l'énervement,
04:06 la colère de profs, de tout l'environnement éducatif.
04:13 - Alors, un peu plus tôt dans l'après-midi,
04:14 Gabriel Attal était en déplacement dans un hôpital à Dijon.
04:18 Il a été interrogé, bien sûr, sur cette polémique.
04:20 Il a préféré s'attarder sur le fond.
04:22 Écoutez le Premier ministre.
04:23 - La ministre s'est exprimée en transparence
04:27 sur les choix qui ont été les siens dans sa famille et sur sa vie.
04:33 Pour ce qui est de la question des absences non remplacées,
04:36 là, je trouve aussi qu'il y a beaucoup d'hypocrisie
04:38 chez certains commentateurs ou chez certains politiques.
04:41 Il suffit d'échanger avec des Français,
04:43 avec des parents d'élèves pour mesurer que cette question-là
04:46 est un enjeu important.
04:48 Est-ce que ça veut dire que c'est la faute de nos enseignants,
04:53 de nos équipes pédagogiques, de nos chefs d'établissement ?
04:55 Évidemment que non.
04:56 - Alberto Toscano, bon, il parle d'hypocrisie.
05:00 En même temps, il fallait voir sa tête hier
05:01 quand il y a eu les déclarations de la ministre.
05:02 Il était vraiment gêné aux entournures tout de même.
05:04 - Oui, parce que ce gouvernement,
05:06 le point de force de ce gouvernement est la communication.
05:10 Si le premier acte d'un ministre fondamental
05:14 dans la stratégie de ce gouvernement
05:16 est de faire une gaffe, un couac de cette nature,
05:22 évidemment, tous les mécanismes de la communication sont en panne.
05:28 Or, je crois que le but de ce gouvernement,
05:30 évidemment, est de préparer les élections européennes.
05:33 Ça, c'est le vrai but.
05:34 De faire en sorte que la coalition macroniste
05:37 ne sorte pas un morceau des résultats,
05:41 des urnes des Européennes.
05:43 Et dans cette perspective, toute faute,
05:48 toute gaffe, tout couac peut avoir des retombées très négatives.
05:54 - Philippe Turl, elle dit, la ministre, hier,
05:55 "ben voilà, j'ai parlé avec mon cœur,
05:57 vous me posez une question sur ma vie."
06:00 Elle a cru bon d'y répondre sincèrement.
06:02 - La seule bonne nouvelle, c'est qu'elle a eu l'honnêteté de le dire.
06:06 Parce que de toute manière, un jour ou l'autre, on l'a reçu.
06:08 Et ça aurait été plus grave pour elle que ça sorte dans la presse
06:11 en disant qu'elle a caché le fait que ses enfants sont au Stadislas,
06:17 ça paraît, dans le 6e, qui est quand même une école hyper privilégiée.
06:22 Donc, elle a eu l'honnêteté de le dire.
06:24 Mais je me pose la question, les politiques,
06:27 qu'est-ce qu'ils ont dans la tête ?
06:28 Parce que ça allait arriver à un moment ou à un autre.
06:31 On savait, on nomme une ministre de l'éducation
06:34 et on sait déjà que ses enfants sont dans le privé.
06:37 - Mais ça fait le cas d'autres ministres de l'éducation nationale.
06:40 - Le problème, la liberté aussi de choix.
06:42 - Mais le problème, il faut pas le dire.
06:44 - Le problème est plus profond que ça.
06:46 Ça coûte 2500 euros par an pour envoyer ses enfants à Stadislas.
06:50 Donc, ça creuse encore le fossé entre ceux qui ont
06:55 les moyens d'envoyer leurs enfants dans le privé et ceux qui n'ont pas.
06:58 Eh bien, vous faites avec, vous avez peut-être des profs au moins.
07:01 Eh bien, c'est pas mon problème.
07:02 De toute manière, moi, mes enfants, ils sont dans le privé
07:04 parce que j'ai les moyens de les envoyer là.
07:07 Et ça donne un très, très, très, très mauvais signal de l'équipe Gorina-Montel
07:12 et en plus d'Emmanuel Macron qui aurait dû savoir ça
07:14 avant de nommer le ministre.
07:15 Eh bien, voilà le résultat.
07:17 - Alors, on en reparlera dans quelques instants,
07:18 mais il est 20h10 sur France Info.
07:19 C'est l'heure du Fil-Info avec Stéphane Milhomme.
07:22 - Les 100 jours de la guerre à Gaza, c'est demain.
07:25 Pour l'ONU, c'est une tâche sur notre humanité commune.
07:28 Déclaration du patron de l'agence d'aide aux réfugiés palestiniens.
07:32 Ce conflit entre le Hamas et Israël a été 100 jours d'épreuve et d'angoisse
07:36 pour les otages et leurs familles, dit-il,
07:38 mais aussi pour les populations déplacées.
07:40 "Personne ne nous arrêtera", répond le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
07:45 Gabriel Attal promet 32 milliards d'euros supplémentaires pour la santé.
07:49 Une annonce en sortant de l'hôpital de Dijon.
07:52 Et cette interrogation sur France Info de Patrick Pelou,
07:54 le président de l'Association des médecins urgentistes de France.
07:58 Où le gouvernement va-t-il trouver cet argent
08:00 alors que le dernier projet de loi de financement a nécessité des économies ?
08:04 Et pour lui, à l'hôpital, on a les murs.
08:06 On a les lits.
08:07 Le matériel, c'est bien le personnel qui manque aujourd'hui.
08:10 Une marche au flambeau de l'ultra-droite à Paris,
08:12 finalement autorisée par le tribunal administratif.
08:15 La préfecture de police redoutait un trouble à l'ordre public.
08:18 Cette marche de l'association Paris Fierté se déroule donc ce soir.
08:22 Mais aussi la contre-manifestation prévue par l'action antifasciste Paris-Banlieue.
08:27 La Ligue 1 de football et Monaco s'est fait surprendre à domicile par Reims.
08:32 Victoire des Champenois 3 à 1,
08:33 ce qui leur permet de grimper à la 5e place.
08:36 À 21h, Nice jouera à Rennes.
08:39 - Alors on continue à parler de la polémique
08:52 créée par la ministre de l'Éducation nationale.
08:54 Elle s'est donc excusée auprès de certains enseignants cet après-midi.
08:58 Mais ça n'a pas suffi pour convaincre Sophie Vénétité,
09:01 la secrétaire générale du SNES FSU.
09:05 On l'écoute.
09:05 - Ce sont des déclarations qui sont très poussives.
09:08 Et vraisemblablement, ce n'est pas ça qui va décoller son étiquette
09:12 de ministre de l'Enseignement privé et des Jeux olympiques.
09:15 Parce qu'elle emploie finalement des mots qui ne sont pas à la hauteur.
09:17 Elle dit qu'elle regrette, mais elle ne s'excuse pas.
09:19 Et surtout, il y a cette formulation très révélatrice.
09:22 Elle parle du fait d'avoir blessé certains enseignants.
09:25 Cette formulation laisse à penser qu'elle n'a peut-être pas complètement pris la mesure
09:29 de la colère que ses propos ont suscité.
09:32 Et toujours est-il que, même si ses propos ont peut-être été soufflés
09:35 par Matignon et Lélysée, il faudra bien plus que des mots, il faudra des actes.
09:39 - Anna Kowalska, en même temps, on peut faire une gaffe et tenter de s'excuser.
09:43 Nous, on a le droit aussi de se planter, j'allais vous dire.
09:45 - Oui, bien sûr. Mais c'est vrai que ça, ce ne sont pas vraiment des excuses.
09:49 Je pense que c'est plus une tentative de blanchir son RR, blanchir son image.
09:54 Moi, ce que je trouve aussi énormément drôle, c'est qu'elle porte ses propos
09:57 à côté de son premier ministre, franchement nommé, ex-ministre de l'Education nationale.
10:02 Moi, si j'étais Gabriella Tall, je le regarderais de façon "mais de quoi tu parles ?"
10:05 - C'est ce qu'il a fait, mais en tout cas, je crois qu'elle n'a pas croisé son regard à ce moment-là.
10:09 - Mais ça pose la question de savoir comment cette personne a été choisie
10:14 pour diriger l'Education nationale.
10:15 - Elle était ministre des Sports et jusque-là, elle avait fait ses preuves.
10:18 - Oui, mais est-ce que le ministère des Sports a quelque chose d'équivalent ?
10:23 On appelait quoi ça, le mammouth de l'Education nationale ?
10:26 - Ce n'est pas exactement la même chose.
10:28 - Il est juste le prédécesseur.
10:29 - Ça exige quand même peut-être d'autres qualités ou peut-être d'autres compétences, je n'en sais rien.
10:33 - Et en même temps, c'est la société civile, Alberto, quelque part.
10:36 - Et le point le plus grave, peut-être, de cette gaffe,
10:41 est qu'on ne prend pas en compte le rôle des enseignants de la société actuelle.
10:47 Aujourd'hui, les enseignants sont en première ligne contre tous les problèmes,
10:52 contre toutes les incivilités, contre tous les dangers pour la société.
10:56 C'est eux qui sont en première ligne et parfois, ils le payent personnellement.
11:01 Ils sont objets, comme on sait bien, de la violence.
11:05 - Mais pourquoi vous faites le lien ? Vous avez l'impression qu'elle a relancé la guerre scolaire dans le pays ?
11:08 - Non, il y a aussi beaucoup de...
11:10 - Elle a sous-estimé le rôle fondamental de cette catégorie fondamentale.
11:16 - Vous savez, je dirais que c'est aussi mauvais que si on a une ministre de la Santé qui dit
11:21 "ben, tu te niais à moi, je vais pas à l'hôpital public, moi je vais payer pour aller au privé".
11:26 Ça a le même effet, donc le mal est fait et malheureusement, je pense que ça va lui coller au pot
11:32 pendant tout son mandat en tant que ministre de l'Éducation.
11:38 Donc, c'est juste...
11:41 Comme je disais tout à l'heure, je n'arrive pas à comprendre comment on peut faire des choses sans y réfléchir bien avant.
11:47 Vous savez, en Angleterre, on avait un ministre de l'Intérieur qui s'appelait Suella Braverman,
11:52 qu'on appelait Cruella parce qu'elle était tellement dure.
11:54 Et elle était gérée parce qu'elle avait écrit une tribune dans le Daily Telegraph où elle critiquait la police.
12:00 Donc, elle a été changée de gérer la police.
12:02 Et donc, elle a dit "c'est pas possible, on peut pas faire ça", et ben dehors.
12:05 Et on est un peu dans le même cas de figure, elle vient d'être nommée en plus,
12:08 c'est le lendemain de sa nomination qu'on est en plein dans cette polémique.
12:12 Deuxième mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron,
12:15 à sa voix, on parle pas vraiment du gouvernement, on parle pas de ce qu'ils vont faire, on parle des couacs.
12:19 On parle des gens, mais ils ont dit ça, et ben c'est pas possible.
12:22 On sait même pas ce que le gouvernement va faire encore.
12:24 - De toute façon, Philippe... - Ça donne une très mauvaise impression, c'est le seul.
12:28 - C'est la vraie, mais on ne sait vraiment pas ce qu'il va faire.
12:30 De toute façon, même s'il n'y avait pas le scandale, c'est la même chose.
12:32 On ne sait pas ce qu'il va faire.
12:34 - Peut-être que c'est le Premier ministre qui a dit qu'il prenait en charge l'éducation nationale, c'est une de ses priorités.
12:38 Alors justement, les amis, on va commenter maintenant, plus globalement,
12:42 ce style peut-être, atalia-t-il, un style atalia-t-il, un style du Premier ministre qui vient de prendre ses fonctions,
12:48 parce que dès son arrivée, il a dévoilé son credo, je le cite,
12:51 de l'action, des résultats, du terrain, en quatre jours, quatre déplacements.
12:55 Le jour de sa nomination auprès des sinistrés du Pas-de-Calais,
12:58 et puis mercredi dans un commissariat avec Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur,
13:02 et hier dans un collège, et aujourd'hui donc dans un hôpital.
13:05 Et il a d'ailleurs annoncé, Gabriel Attal, 32 milliards d'euros pour le système de santé dans les cinq ans à venir.
13:10 Alors pour vous, justement, Anna Kowalska, est-ce qu'il y a un style, déjà, pour vous,
13:14 ou est-ce que, comme le disent certains, c'est d'abord de la com?
13:17 Il s'inspire, je le rappelle, de Castex, vous savez, dont il est très proche, l'ancien Premier ministre Jean Castex,
13:21 qui allait beaucoup sur le terrain.
13:23 - Faire de la com, ça fait partie de style, ça me fait penser beaucoup au début d'Emmanuel Macron,
13:28 je me rappelle en 2017, quand j'étais le jour de son investiture à l'Elysée,
13:32 je pense que la première ou la dernière chose qu'il a dit, que je me mets au travail, tout de suite.
13:35 C'est exactement la même chose que fait aujourd'hui Gabriel Attal, action, action, action, résultat, résultat, résultat.
13:42 Mais il a certaines positions un peu sarkezistes, j'ai l'impression, aussi, en étant à Calais.
13:47 Il parlait de la France qui se lève tôt, la même chose pendant 100 ans, une vestiture en tant que Premier ministre.
13:53 Donc, je ne sais pas, il y a un peu des deux entre Sarkozy et Emmanuel Macron.
13:58 Est-ce que c'est la communication ? Je pense qu'il n'était pas choisi vraiment pour faire les résultats,
14:02 mais effectivement, on en a parlé tout à l'heure, plus pour fermenter les opinions, redonner l'énergie au gouvernement
14:09 avant les élections européennes, et c'est très important.
14:12 En face de lui, Jordan Barlella, 28 ans, on a un duel.
14:15 La politique, c'est du savoir-faire et aussi du faire savoir. Donc, quelque part, il fait les deux, non ?
14:21 Oui, il fait savoir, probablement l'une des personnes plus douées de la Macronie.
14:29 Qui plus est, il est jeune, sincère. Moi, je pense à Manuel Valls.
14:34 Je pense que son style...
14:35 Alors, Nicolas Sarkozy, un côté de Manuel Valls pour vous ?
14:38 Clairement, au premier, Manuel Valls, tout d'abord ministre de l'Intérieur et ensuite Premier ministre.
14:44 Voilà, c'est une vie de montrer du dynamisme.
14:47 Je suis là, moi, j'arrive et j'arrange tout. Ça peut marcher, comme...
14:54 Ça n'a pas marché pour Valls.
14:55 Mais, mais, mais, mais, mais, si, ça n'a pas marché pour Valls, bien sûr, parce qu'ensuite, on dit "j'arrange tout",
15:01 et si on n'arrange pas tout...
15:02 Si on n'a pas les résultats, vous voulez dire, derrière.
15:04 Mais cette sensation, cette dynamique peut être portée dans la courte période.
15:12 Sinon, dans la longue période, il faut résoudre le problème.
15:15 Ça ne suffit pas de dire "je vais résoudre le problème".
15:18 Comment ça se passe en Angleterre, Philippe ?
15:19 Est-ce qu'il y a autant de déplacements sur le terrain ?
15:22 Est-ce que là, ce qu'a dit Gabriel Attal, c'est un déplacement par jour ?
15:25 C'est énorme.
15:26 Alors, de lui et aussi de ses ministres.
15:28 La différence, pour la France, c'est que le Premier ministre, c'est un peu le président,
15:32 donc le Premier ministre doit gérer le pays.
15:34 Ce n'est pas le roi Charles qui fait ça.
15:36 Donc, il fait des déplacements.
15:40 Ou elle, quand c'était une Première ministre femme, faisait des déplacements.
15:43 Mais c'est plutôt les ministres qui vont sur le terrain.
15:46 Ce qui est un peu...
15:49 C'est moins le Premier ministre qui est en première ligne, comme en France,
15:53 parce qu'il n'est pas un garde-fou pour protéger le roi.
15:56 Parce que le roi, il ne fait rien. Il est juste là pour être chef d'État.
16:00 Et vous, vous trouvez qu'en France, quand vous voyez Gabriel Attal, vous vous dites "bon,
16:03 en même temps, les Français veulent de la présence, ils veulent de l'incarnation".
16:05 Non, mais il est dynamique, il est jeune, il est plutôt beau gars,
16:10 il plaît à tout le monde, il a quand même un grand
16:15 niveau d'opinion publique favorable.
16:19 La question que je me pose, il y en a deux.
16:21 La première, c'est est-ce que cette Speedy González qui va partout,
16:25 pour être sur tous les fronts, va maintenir le rythme ?
16:28 - Les Speedy Sarkozy. - Voilà, un peu comme Sarkozy faisait.
16:32 Ou est-ce que, bon, il va quand même à un moment ou à un autre,
16:35 et malheureusement, c'est inévitable, il va rencontrer des problèmes qu'il ne peut pas régler.
16:38 Et la deuxième chose, c'est que la popularité qu'il a,
16:40 à savoir à 40%, si je ne me trompe pas, dans l'opinion publique,
16:44 est-ce que ça va avoir un effet positif sur Macron,
16:47 qui va en augmenter, lui, dans les sondages,
16:49 ou est-ce que ça va avoir un effet négatif sur Attal,
16:52 qui va souffrir de l'impopularité de Macron,
16:57 il va voir sa cote de popularité baisser.
16:59 Donc tout ça, c'est des inconnus.
17:00 Bon, on verra ça d'ici, je pense, à moins ou deux.
17:02 - Et on va continuer à en parler dans quelques instants.
17:04 Il est 20h20 sur France Info.
17:06 C'est l'heure du Fin Info avec Stéphane Milam.
17:08 L'île de la Réunion se prépare au passage du cyclone Bélal,
17:12 potentiellement très dangereux.
17:14 La météo France émet une alerte orange.
17:17 Ces prochaines 24h, les prévisionnistes redoutent
17:20 sur les côtes des vagues de 2 à 5 m de haut.
17:23 Stéphane Séjourné est aujourd'hui à Kiev pour sa première sortie
17:26 en tant que ministre des Affaires étrangères.
17:28 Son credo, l'Ukraine reste la priorité de la France,
17:31 malgré la crise au Proche-Orient.
17:33 Une déclaration au moment où le régime ukrainien
17:35 réclame une aide accrue en armement
17:37 aux Américains comme aux Européens.
17:39 Après l'élection de William Lai à la présidence de Taïwan,
17:42 félicitations des Etats-Unis.
17:44 La France rappelle que les USA ne soutiennent pas l'indépendance.
17:47 La Chine, qui convoie toujours ce territoire, répète
17:50 qu'elle ne tenera pas d'activités séparatistes
17:53 et s'oppose à toute ingérence étrangère.
17:55 Des milliers de personnes défilent à nouveau
17:57 dans les rues de Londres ce soir pour soutenir les Palestiniens.
18:00 Alors que le conflit entre Israël et le Hamas
18:03 s'approche les 100 jours, ils réclament un cessez-le-feu immédiat
18:06 et fustigent le gouvernement britannique qui soutient Israël.
18:09 Destin divers pour les clubs français.
18:11 En challenge cup de rugby, Castres s'impose à domicile
18:14 face aux Géorgiens de Black Lion.
18:16 28 à 6, Toulon s'incline face à Munster.
18:19 29 à 18, Lyon l'emporte 34 à 20 face à Connect.
18:22 Deux équipes irlandaises.
18:24 Avec le regard de nos quatre journalistes
18:38 de la presse étrangère basée en France.
18:41 Votre regard est intéressant sur ce nouveau gouvernement
18:44 dont on dit qu'il penche très à droite.
18:47 Même si le Premier ministre est ici des rangs de la gauche.
18:50 Certains dans l'opposition disent que c'est la fin du "en même temps" macronia.
18:54 Écoutez Jérôme Guedge, député socialiste de l'Essonne.
18:59 C'est un gouvernement qui aurait pu être un gouvernement Sarkozy.
19:03 On retrouve l'ancienne porte-parole de la primaire de Nicolas Sarkozy,
19:07 Catherine Vautrin, dont on avait failli, je crois,
19:10 hériter comme Premier ministre à la place d'Elisabeth Borne.
19:14 On a là la fin de l'illusion du macronisme.
19:18 Si tant est qu'elle puisse encore subsister depuis 2022.
19:22 C'est la fin du "en même temps", du dépassement ?
19:24 C'est assurément la fin de cette fumisterie.
19:28 Alain Lavarou-Pedro pour la presse portugaise.
19:30 C'est marrant parce qu'effectivement Sarkozy s'était fait connaître.
19:33 On avait remarqué du fait qu'il avait débauché des gens de gauche
19:36 pour son gouvernement très à droite.
19:38 Pourquoi pas ?
19:39 Il continue d'inspirer Macron et ses ministres.
19:43 Mais par rapport à Gabriel Attal, on va voir si son style,
19:47 pour l'instant très présent, très rarement,
19:50 a aussi de la substance derrière.
19:52 Parce que cela ne suffit pas, ça ne répond pas à la question
19:54 "pourquoi faire" non plus.
19:56 Attendons sa déclaration de politique générale.
19:58 Et puis attendons de voir s'il a vraiment un rôle à jouer
20:01 ou s'il est simplement le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron.
20:06 Souvenez-vous, c'était Fabius qui disait "lui c'est lui, moi c'est moi".
20:10 Ça n'existe pas sous le règne de Macron.
20:13 Oui, mais Alberto Toscano, en même temps,
20:15 est-ce que ce n'est pas la nature réelle des institutions de notre République ?
20:18 Nicolas Sarkozy, rappelez-vous, disait de François Fillon
20:20 "il est mon collaborateur".
20:22 Est-ce que ce n'est pas ça aujourd'hui ?
20:24 Le problème c'est si Gabriel Attal se met en tête d'être Premier ministre.
20:29 Non, je pense que Gabriel Attal peut bénéficier d'une certaine autonomie.
20:35 Et d'ailleurs, il est évident que c'est l'un des meilleurs personnages
20:41 pour ce type de casting, pour ce rôle.
20:44 Mais une fois qu'on a dit ça, on oublie qu'il y a un problème structurel.
20:48 Gabriel Attal dirige un gouvernement qui n'a pas de majorité au Parlement.
20:52 Et qui n'a même pas la possibilité de trouver une majorité au Parlement.
20:56 Donc toute cette dynamique risque de devenir une dynamique
21:01 pour mettre le Parlement de côté, pour humilier le Parlement.
21:05 Le danger politique et quelque part structurel derrière cette opération
21:11 est à mon avis ça.
21:13 Philippe Torl, on en a parlé dans la presse britannique
21:15 de notre nouveau gouvernement, de l'âge de celui qui vient d'être Premier ministre.
21:19 Un peu à la surprise générale, ce n'était pas son nom qui apparaissait
21:23 il y a à peine deux semaines.
21:25 Oui on en a parlé.
21:27 Vous savez qu'en Angleterre on a passé une période quand même assez tumultueuse
21:31 avec le Brexit, avec de nombreux premiers ministres,
21:33 avec les conservateurs qui sont au bout du chemin,
21:36 au bout du rouleau, même pour un an des élections
21:39 qu'ils vont probablement perdre face au Labour.
21:41 Donc on a plutôt tendance à regarder la France avec des lunettes un peu...
21:45 avec des lunettes roses.
21:47 - Ah bon ?
21:48 - Pour dire que tout va bien là-bas, il y a des Macron,
21:50 il y a des moments où il y a quelqu'un comme lui.
21:52 Le courage de nommer un premier ministre qui est tout jeune,
21:55 qui a que 34 ans.
21:57 - Donc c'est une popularité plus grande chez vous que chez nous, si je comprends bien.
22:00 - Oui voilà, donc c'est bien vu.
22:03 On a dit "voilà c'est quelqu'un qui veut être homosexuel,
22:07 on n'a jamais eu ça en Grande-Bretagne".
22:09 Donc tout ça c'est très positif, et pour Macron, et pour Gabriel Attal.
22:14 La seule chose dont on commence à parler dans la presse,
22:17 c'est de... alors est-ce qu'il n'y a pas un peu de copinage qui se passe là-dedans ?
22:22 Parce qu'on voit l'ex-ami qui est maintenant... de Gabriel Attal,
22:27 qui est maintenant ministre des Affaires étrangères en France.
22:29 - C'est la fin de ses journées.
22:30 - C'est la fin de ses journées.
22:31 Je pense que si ça se passait en Grande-Bretagne de cette manière,
22:35 je n'ai rien contre ça.
22:37 Mais si ça se passait en Grande-Bretagne de cette manière,
22:39 comme pour le cas d'Amélie Oudea Castellar,
22:44 ça aurait fait la une de toute la presse.
22:46 - Je rappelle que Ségolène Royal a été la ministre de François Hollande,
22:50 on s'en souvient, elle était son ex-compagne.
22:52 - Ça aurait été à la une de toute la presse, et je ne pense pas d'une façon très gentille.
22:55 - Anna Kowalska, comment ça a réagi dans la presse polonaise ?
22:58 - On parle beaucoup de toutes ces choses dont Philippe a parlé,
23:01 le plus jeune homosexuel, si le fait qu'il n'y a pas de ligne politique claire,
23:05 parce qu'il vient de gauche à la base, mais il a avec certaines mesures conservateur,
23:10 on pense que c'est peut-être la raison pour laquelle il a été choisi,
23:12 pour faire la courtoisie envers les républicains au Parlement notamment.
23:16 Mais j'ai trouvé quelques citations que je trouvais très drôles,
23:19 en brut avec le visage d'ange qui pourrait être le fils d'Elisabeth Bonne,
23:23 loyal soldat de président Macron, avec une tâche très difficile justement
23:27 de rafraîchir le visage de l'image du gouvernement.
23:31 Mais ce qui est intéressant, c'est que les polonais voient,
23:33 aujourd'hui les experts en Pologne voient,
23:36 Gabriel Attal un peu comme celui qui peut sauver l'Europe,
23:39 notamment justement vis-à-vis les élections européennes.
23:42 Certains ont écrit qu'il est important pour l'Europe,
23:46 s'il permet à Marine Le Pen de prendre le pouvoir,
23:49 les jours de l'Union seront comptés, c'est une citation que je trouvais aujourd'hui,
23:52 je ne sais pas si Gabriel Attal se rend compte qu'il a autant de poids aujourd'hui en Europe,
23:56 visiblement selon les Européennes c'est le cas, les Polonais c'est le cas.
23:59 C'est vraiment important dans le contexte des élections européennes,
24:03 parce que la France avec l'extrême droite, c'est probablement aujourd'hui
24:07 le pays en Europe qui peut créer la plus grande surprise.
24:11 L'Allemagne aussi.
24:13 Oui, sauf que le RN est de loin devant tous les autres partis en France,
24:19 ce n'est pas le cas en Allemagne.
24:21 C'est vrai qu'on parlait aussi de la nécessité d'avoir une majorité pour Gabriel Attal,
24:25 on ne sait pas s'il va engager la responsabilité de son gouvernement.
24:28 Il a été très flou là-dessus, on dirait qu'il a été questionné.
24:31 C'est cette semaine qu'il doit faire son discours de politique générale.
24:33 Et puis il y a Emmanuel Macron qui va s'exprimer, peut-être avant lui,
24:36 donc il va peut-être lui faire le même coup qu'il avait déjà fait à Edouard Philippe,
24:40 quand on nomme Edouard Philippe, et qu'il s'exprime en donnant pratiquement le programme,
24:45 et que le Premier ministre l'être dans un petit coin tout ratatiné.
24:49 Mais pour la presse portugaise, on a beaucoup parlé de la jeunesse de Gabriel Attal.
24:55 On dit aussi que son programme pour la France ne semble pas ni très clair ni très intéressant.
25:01 Ce qui nous semble intéressant, c'est la mission éventuellement de plaire suffisamment en France,
25:05 pour que les élections européennes ne soient pas un désastre.
25:09 - Alberto, vous avez 30 secondes sur l'État, on en a parlé ou pas ?
25:12 - On en a parlé, l'âge, la jeunesse de Gabriel Attal, et on a parlé aussi de l'homosexualité.
25:21 Et on a dit, c'est un révélateur de plus du fait qu'aujourd'hui en Europe, il y a une nouvelle génération.
25:29 - Il y a un vivier.
25:31 - Il y a un vivier, une nouvelle génération qui est au pouvoir ou qui marche vers le pouvoir.
25:38 - La jeunesse fait commettre des erreurs. Il annonce qu'il ne mentira jamais aux Français.
25:44 La véracité ne fait pas partie de la politique.
25:47 - On dit forcément de la jeunesse, et on dit que quand on additionne l'âge de Macron et de Gabriel Attal,
25:53 ça fait moins que le président Biden. Voilà aussi ce qu'on a pu lire sur les réseaux sociaux récemment.
25:58 On se retrouve dans quelques instants pour la suite des informés.
26:01 - Bonsoir à tous. Dans l'actualité ce soir, à Taïwan, l'élection présidentielle a été remportée par William Lai.
26:21 C'est donc la victoire du camp indépendantiste dans ce territoire que Pékin considère comme l'une de ses provinces.
26:27 La réaction de la Chine n'a pas tardé. La réunification est inévitable, dit Pékin,
26:31 qui ne tolérera pas d'activités séparatistes dans les mois qui viennent.
26:37 L'actualité en France, c'est un Premier ministre qui occupe le terrain.
26:41 Un nouveau déplacement cet après-midi pour Gabriel Attal, cette fois sur le thème de la santé,
26:46 dans un hôpital de Dijon, vivement interpellé par des soignants.
26:49 Le Premier ministre, premier, 32 milliards d'euros supplémentaires pour le secteur des hôpitaux dans les 5 ans à venir.
26:55 C'est un budget historique, dit-il, florence-t-il.
26:58 Les mêmes mots pour l'hôpital et pour l'école. Un trésor national à préserver.
27:04 Gabriel Attal répète sa formule. Face à lui et à la nouvelle ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités,
27:10 des personnels soignants moins lyriques et beaucoup plus inquiets.
27:14 L'hôpital est à 30 mourir. Je ne sais pas si vous en avez conscience.
27:19 Manque de moyens, de personnel, d'attractivité ou d'investissement. Autant de problèmes qui rongent l'hôpital public depuis des années.
27:28 Face à ce constat, le Premier ministre annonce un chiffre.
27:31 32 milliards d'investissements dans la santé pour les 5 ans à venir.
27:35 La poursuite, selon lui, de l'action du gouvernement depuis des années.
27:39 Avec le Ségur de la Santé, on a eu une revalorisation salariale historique.
27:43 On a eu des investissements aussi sur la question des bâtiments et on a pu visiter une unité d'urgence pédiatrique qui est toute neuve, qui a quelques mois seulement, qui est magnifique.
27:54 Un discours qui scandalise certains professionnels de santé.
27:57 La situation, elle est pire qu'il y a 4 ans. Donc en fait, c'est extrêmement inquiétant en 2024 d'entendre un Premier ministre tout fraîchement nommé
28:04 dire que le Ségur de la Santé 2020 était quelque chose de bien. Je pense que c'est une faute de communication. Il ne maîtrise pas encore bien le dossier.
28:12 La situation des urgences inquiète particulièrement les professionnels du secteur.
28:17 Selon un bilan dressé en septembre dernier par la Fédération hospitalière de France, 41% des établissements ont vu la situation se dégrader aux urgences par rapport à 2022.
28:28 Dans l'actualité également, le mea culpa d'Amélie Oudéa Castera, la ministre de l'Éducation nationale, critiquée au sujet de la scolarisation de ses enfants dans le privé,
28:37 regrette d'avoir pu blesser certains enseignants de l'enseignement public et assure qu'elle sera toujours à leur côté.
28:44 A l'étranger, 99e jour de guerre entre Israël et le Hamas. Selon le Hamas, les bombardements israéliens ont fait aujourd'hui des dizaines de morts dans la bande de Gaza.
28:53 Des manifestations de soutien aux Palestiniens ont eu lieu cet après-midi à Londres et à Paris pour réclamer un cessez-le-feu. On écoute.
29:01 Nous nous sommes mobilisés pour les Ukrainiens. Il n'y a pas de raison de ne pas se mobiliser pour les Palestiniens.
29:07 Chaque Français devrait manifester en ce moment pour les droits des Palestiniens.
29:12 On manifeste comme depuis plusieurs semaines, depuis plusieurs mois, parce que la Palestine subit des bombardements régulièrement,
29:18 parce que la bande de Gaza est régulièrement menacée de nettoyage ethnique par Israël.
29:25 En fait, ils sont coupables de rester chez nous, de rien faire, d'avoir les images, d'avoir ces massacres passés.
29:36 C'est pour ça qu'on est là aujourd'hui.
29:39 On est là tous les week-ends et on sera là tous les week-ends. Et on est là tous les jours pour exiger que ce cessez-le-feu se fasse.
29:46 Voilà pour l'essentiel de l'actualité. Vous restez avec nous à suivre les informés.
29:52 J'aurai le plaisir de vous retrouver demain pour un nouveau 19-20 week-end.
29:56 Très belle soirée sur France Info.
29:58 (Générique)
30:11 Avec à mes côtés quatre éminents correspondants de la presse étrangère en France.
30:15 Anna Navarro-Pedro pour la presse portugaise.
30:17 Anna Kowalska pour la télévision polonaise.
30:19 Alberto Toscano pour l'Italie.
30:21 Et Philippe Teur qui nous vient de Grande-Bretagne, chroniqueur international à France 24.
30:26 Anna Kowalska, vous aviez envie de nous dire un mot sur la composition du gouvernement et sur les mises en examen.
30:32 C'est vrai qu'on a parlé de Rachida Dati, qui a été nommée, alors là, la surprise générale ministre de la Culture,
30:37 mais qui est impliquée dans une affaire judiciaire.
30:41 Oui, on en parle énormément en Pologne. Gabriel Attal, c'est une chose, premier ministre très jeune.
30:45 Mais Rachida Dati et le fait d'avoir des gens mis en examen au gouvernement, c'est quelque chose d'absolument impensable en Pologne.
30:53 Même le gouvernement, loi et justice d'extrême droite, qui n'était pas tout à fait d'accord avec les règles démocratiques, ne le faisait pas.
31:00 Quelqu'un qui est mis en examen en Pologne ne pourrait jamais faire partie du gouvernement.
31:03 Donc en Pologne, il n'y a pas de présomption d'innocence.
31:07 Si on est mis en examen, on est coupable.
31:10 Non, non, ce n'est pas ça. Mais on sort du principe que l'homme, une femme politique, doit avoir au moins une apparence d'honnêteté, d'exemplarité, de clarté.
31:18 Tout le monde peut être mis en examen. Ça dépendra, j'imagine, si il y a une situation comme ça, aussi de contexte.
31:24 Mais le fait qu'Emmanuel Macron a changé l'avis sur ces sujets, parce qu'on se rappelle qu'il s'accompagne en 2017,
31:31 elle était aussi basée sur ça, de moralisation de l'avis public.
31:34 Au début, il y avait François Bayraud, François de Rugy, qui ont dû dimissionner à cause de leurs problèmes.
31:40 Maintenant, ce n'est plus le cas.
31:41 - Alberto Toscano, pour vous, ce qui prime, c'est la présomption d'innocence. - Ah oui, ah oui.
31:45 - Et en Italie, c'est aussi ça. - C'est un droit constitutionnel.
31:47 - On pourrait le faire aussi. - En Italie, il y a, je crois, ce principe,
31:51 si quelqu'un est condamné, il est coupable. Mais si quelqu'un n'est pas condamné, il est tout simplement mis en examen, il n'est pas coupable.
32:00 Ensuite, je suis d'accord, il y a une question de sensibilité. Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron a changé.
32:06 Je suis tout à fait d'accord sur ça. Mais quand même, on ne peut pas entrer dans une logique
32:12 dans laquelle la magistrature a le droit, en mettant en examen n'importe qui, de décider, elle, la conséquence d'une démission.
32:22 - C'est quand même tordre un peu, déformer un peu la situation. - Oui, alors...
32:25 - Parce que s'il y a effectivement quelqu'un qui est mis en examen, c'est parce qu'il y a des preuves, il y a des éléments, des indices qui amènent à cela.
32:33 Et puis ce n'est pas seulement une question constitutionnelle, c'est une question de décence pour les politiciens.
32:37 - Mais trafiquer de la violence, corruption, pourquoi ce n'est pas important quand même ?
32:40 - Même si n'importe quel citoyen a le droit d'être considéré innocent jusqu'à preuve du contraire,
32:45 - Et c'est fondamental. - Et bien, le Portugal en ce moment, va avoir des élections anticipées,
32:50 parce qu'il y a un cas d'accusation de corruption contre deux ministres. Même le Premier ministre a démissionné.
32:55 - Il a dû démissionner. - Et on voit des élections anticipées.
32:57 - Mais chez nous, on a... - Enfin, c'est une question de décence.
32:59 - Et là, il y a eu une situation définitive qui a provoqué la démission du gouvernement.
33:04 Mais le fait que chaque ministre qui a mis en examen doit démissionner, on a vu le cas de Bayrou,
33:11 on a vu le cas de Strauss-Kahn qui a été acquitté après des années.
33:14 - Monsieur Streitner, ce n'est pas un bon exemple.
33:16 - On ne peut pas violer le principe du droit de la présention d'un innocence qui vaut pour tout le monde,
33:22 qu'on soit ministre ou qu'on soit simple citoyen.
33:25 - Alors, vous parlez pour Strauss-Kahn de l'affaire du Carlton. Il y a plusieurs affaires.
33:29 - Oui, je suis complètement d'accord qu'il faut respecter la présomption d'un innocence.
33:33 Mais chez nous, en Angleterre, on a un Premier ministre qui est actuellement au pouvoir,
33:37 à savoir Richie Sunak, qui a été trouvé coupable, qui a eu une amende pour le Portigate avec Boris Johnson,
33:44 à savoir les fêtes à Dease Downing Street pendant le Covid.
33:47 Et il était aussi trouvé coupable l'année dernière d'avoir fait un vidéo dans une voiture
33:51 sans porter une ceinture de sécurité, pour lequel il a encore eu une amende
33:54 pendant qu'il était déjà Premier ministre.
33:56 Et bien, il est toujours Premier ministre et il n'est pas parti.
33:58 - Alors voilà, ce sont des... Il y a eu ces coutumes différentes en fonction des pays.
34:02 Alors, on parle de nombreux baïstes. Eh bien, on va venir à un autre ministre.
34:06 C'est Stéphane Séjourné, le nouveau ministre des Affaires étrangères.
34:09 Il était donc aujourd'hui même à Kiev. Il respecte la consigne de son Premier ministre d'aller sur le terrain.
34:16 Il a donc décidé de maintenir le déplacement prévu en Ukraine par sa prédécesseur Catherine Colonna.
34:22 Il est arrivé à Kiev aujourd'hui pour rencontrer le président ukrainien
34:25 et réaffirmer le soutien de la France à l'Ukraine. On écoute Stéphane Séjourné.
34:30 - La Russie espère que l'Ukraine et ses soutiens se lasseront avant elle.
34:37 Nous ne faiblirons pas. C'est le message que je viens apporter ici aux Ukrainiens.
34:41 Notre détermination est intacte, tout comme notre admiration pour le courage
34:45 et la résilience du peuple ukrainien dans cette période qui est très difficile.
34:50 - Alain Varepédro, le soutien de la France qui arrive à un moment où le bloc occidental semble se fissurer.
34:55 Les nouvelles promesses d'aide ont fortement ralenti.
34:58 Elles sont tombées à leur plus bas niveau depuis le début de la guerre.
35:00 Il y a une enveloppe européenne de 50 milliards d'euros qui est bloquée,
35:03 au moins jusqu'à début février et le prochain sommet de l'Union européenne.
35:06 - Et l'aide des États-Unis.
35:09 - Exactement. Est-ce que la lassitude est en train de gagner les Occidentaux ?
35:13 Et est-ce que finalement, ce qu'on entend là de la part du nouveau ministre des Affaires étrangères français
35:17 à l'égard de l'Ukraine, va suffire à la rassurer ?
35:20 - Non, ça ne va pas suffire à rassurer l'Ukraine.
35:23 Il va se rassurer à partir du moment où il recevra des armes et de l'argent,
35:26 ce qui n'est pas près d'arriver.
35:28 Oui, il y a... Qu'est-ce qu'il disait, qui singeait par rapport aux États-Unis ?
35:32 Il disait que l'ennemi des États-Unis est dangereux, mais être son ami, c'est fatal.
35:39 Les États-Unis sont les premiers à se désintéresser de l'Ukraine en ce moment.
35:44 Et tout le reste suit, évidemment.
35:46 Mais n'oubliez pas une chose. En fait, on parle du monde occidental,
35:49 parce que les deux tiers du monde, le reste des deux tiers du monde,
35:52 sont restés soit indifférents, soit en retrait par rapport à ce conflit jusqu'à présent.
35:58 Et la France, oui, elle est allée apporter un soutien oral,
36:02 mais les gestes derrière, ça me rappelle quand Corona est allée en Arménie
36:07 et apportait un soutien aux Arméniens qui souffraient de l'attaque d'Azerbaïdjan contre le Haut-Karabakh.
36:13 Une attaque horrible, mais dont on n'a pas encore connu tous les tenants et aboutissants.
36:19 Et toutes les horreurs qui ont été faites,
36:21 elle savait bien qu'elle allait apporter un soutien moral, mais que ça n'irait pas plus loin que cela.
36:25 Anna Kowalska, est-ce que Poutine est en train de se frotter les mains
36:28 justement face à ces incertitudes du côté des Occidentaux ?
36:32 Je pense que la Russie avance doucement, mais sûrement sur le terrain.
36:36 L'Ukraine a désespérément besoin d'aide.
36:38 La raison pour laquelle l'Ukraine n'avance plus, ou quasiment pas,
36:42 c'est justement parce que personne n'a vraiment remplacé la manque d'armes des États-Unis qui venaient avant.
36:49 Je pense que l'espoir est dans ce paquet d'aides européennes qui va peut-être arriver le 1er février,
36:56 parce que c'est l'encertant source. Bruxelles a trouvé une solution pour convaincre les Anglois.
37:01 Et on remercie ici aussi nos amis britanniques, parce que Richard Sunak a lancé 2,5 milliards d'aides.
37:07 Et on a reçu sa promesse.
37:09 Vendredi, c'est important, les promesses faites aujourd'hui, comme la France l'a fait à Kiev,
37:16 certes c'est important de donner le soutien, mais soutien oral.
37:20 Est-ce que ça change quelque chose sur le terrain ? Non. Ils ont vraiment besoin des armes, l'Ukraine.
37:24 Vous pensez que le ministre des Affaires étrangères, ces journées, a le poids nécessaire pour vous, Philippe Thurle ?
37:28 Je l'espère. En tout cas, on n'a rien à perdre.
37:31 Et que le fait que, à la fin de ces journées, il soit parti là-bas,
37:35 c'est une visite qui était déjà prévue pour Catherine Colonna et l'Italie, parce qu'il vient de prendre sa place.
37:39 Mais c'est quand même important pour la France d'être vue, d'être visible, de faire des promesses vis-à-vis de l'Ukraine,
37:45 parce que l'Ukraine, on en a sacrément besoin.
37:47 Et je dirais que malheureusement, notre plus grand souci en Europe, c'est pas vraiment la guerre contre Hamas.
37:55 C'est quand même très important.
37:57 Mais nous, on est beaucoup plus proche de la guerre en Ukraine que les Etats-Unis.
38:00 Et le problème aussi, c'est que l'argent vient moins, donc la guerre avance moins vite contre la Russie.
38:09 Et donc, les gens commencent à fatiguer en disant que l'Ukraine ne va jamais gagner,
38:12 donc on va leur donner moins d'argent.
38:14 Et petit à petit, ça joue en faveur de Poutine.
38:16 Poutine. 21h41 sur France Info, l'heure du Fil Info avec Stéphane Milhomme.
38:20 À la veille des 100 jours du conflit meurtrier dans la bande de Gaza,
38:25 Emmanuel Macron appelle ce soir à reprendre encore et encore les négociations pour la libération des otages.
38:31 Il le dit sur le réseau social X, l'ONU déplore à travers cette guerre une tâche sur notre humanité commune.
38:38 Dans le même temps, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, assure que personne n'arrêtera Israël dans sa guerre pour anéantir le Hamas.
38:46 Après les sinistrés du Pas-de-Calais, la sécurité, l'éducation,
38:50 Gabriel Attal met l'accent sur la santé depuis l'hôpital de Dijon.
38:54 Le chef du gouvernement promet 32 milliards de plus sur 5 ans pour la santé.
38:58 À ses côtés, sa nouvelle ministre, Catherine Vautrin.
39:01 Plus de 500 personnes participent ce soir à la marche aux flambeaux de l'ultra-droite à Paris.
39:06 Après son autorisation in extremis par la justice administrative, la préfecture de police redoutait des incidents.
39:12 300 participants d'ultra-gauche sont également rassemblés, tenus à bonne distance par les forces de l'ordre.
39:18 Rennes face à Nice, c'est dans 20 minutes le second match du jour de cette 18ème journée de Ligue 1 de football.
39:23 Avant cela, Monaco s'est fait corriger par Reims 3 à 1, ce qui menace maintenant sa capacité à rester sur le podium.
39:30 Et puis Marco Odermatt s'offre la descente Rennes de Wengen en Suisse devant Cyprien Sarrazin.
39:36 Le skieur des Hautes-Alpes est satisfait de sa journée, mais se considère complètement cuit après sa victoire hier en Super-G.
39:45 France Info
39:47 France Info, les informés, Benjamin Sportouche
39:53 On continue à passer en revue l'actualité française et internationale avec nos 4 informés correspondants de la presse internationale à Paris.
40:02 On votait aujourd'hui à Taïwan pour l'élection du président et c'est le candidat le plus indépendantiste vis-à-vis de la Chine qui l'a remporté,
40:10 Lai Ching-teh, devant un autre candidat du principal parti d'opposition, le Kuomintang, qui était favorable, lui, à un rapprochement avec Pékin.
40:18 Écoutez le nouveau président taïwanais parce que tout ce qu'il dit peut avoir des implications mondiales avec, dit-on à chaque fois, la possibilité qu'il y ait un conflit avec la Chine.
40:28 Dans cette élection suivie de près sur toute la planète, Taïwan dit au monde entier qu'entre la démocratie et l'autoritarisme, nous avons choisi de nous ranger du côté de la démocratie.
40:41 Telle est la signification de cette élection pour le monde entier.
40:48 Voilà, Philippe Terle, nous nous rangerons du côté de la démocratie. C'est un message qui est en direction de la Chine. La Chine qui n'est prête à aucun compromis, qui a très mal réagi à ce résultat.
40:58 Pékin, je le rappelle, considère Taïwan comme un territoire chinois. Peu importe ce vote, la réunification avec Taïwan est inévitable.
41:04 A réaffirmer Pékin aussitôt l'élection terminée, aussitôt l'élection de ce président démocratiquement élu et en faveur d'une indépendance, ou en tous les cas d'une autonomie de Taïwan, qualifiant le nouveau président de séparatiste.
41:20 Philippe Terle. - Alors moi, j'ai eu l'occasion de voyager au Taïwan et de parler un peu avec les gens sur place. Et c'est vrai qu'il y a une soif de démocratie.
41:31 C'est, je crois, le pays qui est le sixième pays sur l'échelle des pays le plus démocratique au monde, ce qui était quand même un énorme réussite quand on considère que c'était un pays qui était sous l'emprise de Tchangkaï Tchèque pendant longtemps.
41:46 - Qui était un dictateur avec beaucoup d'exactions. - Un dictateur qui est incroyable. Donc c'est vrai que c'est un pays où il y a une soif de liberté.
41:54 Et aussi on se rend compte qu'il y a cette peur toujours de la Chine qui est omniprésente et c'est comme si on se regardait toujours au-dessus de son épaule gauche pour voir si quelqu'un arrive pour prendre les libertés que les Taïwanais ont.
42:12 Donc je ne suis pas étonné par ce résultat aujourd'hui. Je pense qu'il y a une soif de liberté et de démocratie. La question que je me pose c'est quelle sera la réaction du président chinois Xi Jinping ?
42:24 - C'est-à-dire une intervention militaire, on a dit, des exercices militaires à proximité de Taïwan comme ça a été le cas de nombreuses reprises ces derniers mois ?
42:32 - C'est possible que de toute manière il y aura un signe. Parce que ça c'est vraiment un pied de nez à lui. Parce que je pense que peut-être qu'il aurait espéré que les Taïwanais viennent un peu plus vers la Chine, que le KMT soit majoritaire dans cette élection.
42:50 Et bien ce n'est pas le cas. Et donc est-ce qu'il va être extrêmement vexé par ce résultat ? Est-ce que ça va le pousser à faire des démarches plus compliquées et plus dures vers le Taïwan ?
43:04 - Ils feront les opérations militaires qu'ils ont tout fait, le survol de l'île et tout ça. Mais il y a une grande hypocrisie derrière la question de Taïwan.
43:14 - C'est-à-dire ?
43:15 - C'est-à-dire qu'on sait très bien que la Chine considère Taïwan comme partie du territoire chinois. Et d'ailleurs Chiang Kai-shek a toujours dit qu'il considérait la Chine partie intégrante de cet ensemble dont il voulait reprendre le contrôle après sa défaite de 49. Il y a une hypocrisie derrière tout ça.
43:37 - C'est vrai que Taïwan n'est pas reconnu comme un pays par la communauté internationale ?
43:40 - C'est une hypocrisie.
43:41 - Il y a six pays seulement.
43:42 - Et à la base de la réconciliation, cet accord hypocrite a été à la base de la réconciliation, de la reprise des relations diplomatiques avec des pays occidentaux, avec Pékin dans les années 70.
43:55 - C'est ça. Nixon qui a reconnu officiellement la Chine.
43:58 - Évidemment la Chine ne peut pas intervenir militairement, sauf que Taïwan déclare ouvertement son indépendance, mettant fin à cette non-dit hypocrite qui permet de trouver un équilibre entre ambition chinoise et...
44:16 - C'est vrai.
44:17 - Mais le résultat...
44:18 - Les États-Unis disent "on défend Taïwan" mais en même temps veulent maintenir des liens étroits avec Pékin et ne pas se fâcher avec la Chine.
44:25 - On a encore rappelé récemment que Taïwan fait partie intégrante de la Chine, de la République populaire de Chine. C'est la position officielle des États-Unis.
44:33 Mais il y a quelque chose dans ce résultat des élections qu'il faut nuancer quand même et je pense que Pékin, enfin Beijing, doit le faire en ce moment même.
44:41 C'est-à-dire le président du parti indépendant pour les autonomies a gagné, certes, 40%, mais le Kuomintang, qui pour le rapprochement est à 33%, ça fait un tiers de l'île quand même.
44:54 Et puis il y a les législatives qui sont liées en même temps. Et là, c'est très intéressant parce que le parti du président a perdu des sièges et il n'a plus la majorité.
45:03 Il a 51 sièges. Le Kuomintang, on a gagné, il est à 52. Et il y a un petit parti du peuple de Taïwan qui a remonté.
45:10 Alors il s'en est complètement lavé les mains et de Chine et des États-Unis et de tout le reste.
45:16 Il a fait campagne sur les loyers très élevés, les difficultés de l'emploi pour les jeunes et des salaires très bas et du chômage.
45:23 Et je vais vous dire, il a eu un succès faudroyant puisqu'il a eu 26%. Donc c'est très subtil. C'est beaucoup plus subtil et beaucoup plus nuancé qu'on ne le pense.
45:32 Mais c'est vrai qu'on regarde de près cette situation depuis l'Ukraine parce que certains se disent voilà, on ne pensait pas que Poutine allait envahir l'Ukraine.
45:40 Je me rappelle, on était nombreux et beaucoup d'experts à ne pas le penser. Ça s'est fait. Et là, on se dit oui, la Chine ne va pas s'y aventurer.
45:46 Elle a des liens commerciaux très étroits avec Taïwan. Elle dépend beaucoup des microprocesseurs qui sont faits à Taïwan. En même temps, est-ce qu'on n'est pas un peu naïf ?
45:53 En Pologne, justement, dans cet exemple, dans le contexte de la Chine, on ne peut pas permettre la Russie de gagner une Ukraine parce que sinon,
45:59 tout le monde, la Chine en premier avec Taïwan, va pouvoir déclarer la guerre à tout le monde.
46:05 Je pense que c'est dans le intérêt de tout le monde, mais aussi de la Chine et de Taïwan, justement, de ne pas entrer en guerre économiquement.
46:10 Taïwan exporte pas seulement vers la Chine, mais de plus en plus et surtout aux États-Unis et à l'étranger.
46:16 C'est la raison pour laquelle je pense que William Lai voudra maintenir certains status quo en Taïwan.
46:22 Certes, renforcement militaire, mais il parlait déjà de coopération avec la Chine. Malgré cette tendance, parce qu'il faut parler de la tendance,
46:31 de la volonté d'indépendance de Taïwan, c'est la troisième fois que la partie démocrate gagne à Taïwan.
46:38 Mais il y a un expansionniste qui est victoire quand même de la Chine. On l'a vu avec les routes de la soie, présence en Afrique.
46:44 L'espatialiste chinois est le point vraiment sensible et la situation dans la mer chinoise méridionale.
46:54 Avec les Philippines, avec les États-Unis et avec le Vietnam.
46:58 Très rapidement.
46:59 Je reviens sur ce que disait Herbert tout à l'heure quand on parlait de Gabriel Attal.
47:02 En disant que ça marque le renouvellement d'une population.
47:05 Je pense que cette victoire aujourd'hui pro-démocratique marque aussi la victoire d'une jeunesse à Taïwan qui vote pour la première fois,
47:14 qui visiblement n'a pas envie d'avoir ces liens étroits avec la Chine.
47:17 Et qui ne veut pas forcément faire le service militaire qui a été rallongé à un quéta à 12 mois à Taïwan dorénavant.
47:22 Gabriel Attal, président à Taïwan.
47:24 Oui, ça peut-être qu'il a suffisamment à faire déjà en France. 20h50 sur France Info, le Fil d'Info.
47:29 Stéphane Willom.
47:31 À la veille du centième jour de conflit entre le Hamas et Israël, Emmanuel Macron pense aux otages.
47:36 Il appelle à reprendre encore et encore les négociations pour leur libération.
47:40 Une vidéo du président français diffusée sur les réseaux sociaux.
47:44 Mais aussi lors d'un rassemblement à Tel Aviv en soutien aux otages.
47:47 Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou l'assure,
47:50 personne ne nous arrêtera dans sa riposte engagée après l'attaque du mouvement terroriste palestinien début octobre.
47:57 L'Ukraine restera la priorité de la France en dépit de la multiplication des crises.
48:02 Le credo du nouveau ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, face à la Russie.
48:06 "Nous ne flébillerons pas et notre détermination est intacte".
48:09 Le régime de Kiev réclame aux occidentaux de nouvelles livraisons d'armes.
48:13 Amélie Oudéa Castera regrette d'avoir pu blesser certains enseignants du public.
48:17 La nouvelle ministre de l'éducation nationale assure qu'elle sera toujours aux côtés de l'école publique et de ses professeurs.
48:24 Elle déclarait hier qu'elle avait mis ses enfants dans une école privée car tous les enseignants du public n'étaient pas remplacés.
48:30 Alerte orange au cyclone à La Réunion.
48:32 Météo France met en garde contre cet épisode très dangereux.
48:36 Sur les côtes, des vagues pourraient atteindre les 5 mètres de haut.
48:39 Pendant cette nuit, de la pointe des Égrettes en passant par Saint-Denis jusqu'à la pointe au Sel.
48:44 Et puis le début d'ici 10 minutes de la Coupe d'Afrique des Nations.
48:47 C'est la 34e édition de ce grand rendez-vous de football suivi par 800 millions de supporters.
48:52 Le pays organisateur, la Côte d'Ivoire, reçoit la Guinée-Bissau pour le premier match.
48:57 24 équipes sont en compétition.
48:59 Stéphane Milam nous disait dans le Fil info que c'est demain le 100e jour de la guerre au Proche-Orient entre Israël et le Hamas.
49:15 Deux déclarations ont marqué cette journée de samedi.
49:18 La première, c'est celle du patron de l'agence d'aide aux réfugiés palestiniens de l'ONU.
49:23 La mort à grande échelle, la destruction, a-t-il dit, sont une tâche sur notre humanité commune.
49:29 Autre déclaration marquante, c'est celle du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou,
49:34 qui a dit que personne n'arrêtera son pays dans la guerre engagée dans la bande de Gaza,
49:39 en représentant à l'attaque sanglante menée par le Hamas le 7 octobre.
49:44 Anna Navarro-Pedro, on a l'impression que la situation est vraiment bloquée.
49:48 Même Anthony Blinken est allé au Proche-Orient. Il vient de terminer sa quatrième tournée.
49:52 On ne voit pas de résultat.
49:54 Il semble de plus en plus évident ce que disent beaucoup d'Israéliens,
49:58 c'est que ce gouvernement et ce Premier ministre Netanyahou sont le principal obstacle à une évolution de cette situation.
50:06 Cet homme-là s'accroche au pouvoir aussi à cause de ses problèmes, je pense, d'un égo surdimensionné,
50:14 disent beaucoup d'Israéliens politiques, mais aussi à cause de ses problèmes avec le droit commun en Israël.
50:21 Et il sait que s'il quitte le pouvoir, il aura à payer pour cela, mais il aura à payer aussi pour ses agissements le 7 octobre.
50:28 Les Israéliens vont lui demander des comptes.
50:30 Et donc il veut retarder le maximum. Comme ce gouvernement, ils en sont venus presque en main lors d'un Conseil ministre la semaine dernière avec les militaires.
50:38 Il y a des accords fondamentaux entre...
50:41 Mais quelle responsabilité aussi, alors, sers de Netanyahou, mais des autorités palestiniennes aussi ?
50:45 On sait que là, le président français Emmanuel Macron, sur les otages, appelle à reprendre encore et encore les négociations pour la libération des otages du Hamas.
50:52 Est-ce que la clé n'est pas aussi la libération ?
50:54 On ne sait pas. On a eu des négociations à Beyrouth récemment et on ne sait pas pourquoi ça a échoué.
51:01 Liebthar ?
51:02 C'est une situation complètement effroyable. Je suis très pessimiste sur une débouchée favorable dans court terme, dans tous les sens du terme.
51:13 Je ne sais pas du tout comment ça va se terminer.
51:16 Et à mon avis, le seul pays qui peut intervenir pour mettre fin à tout ça, pour mettre la pression sur Benjamin Netanyahou, c'est les Etats-Unis.
51:27 Parce qu'ils ont le pouvoir de le faire.
51:29 Mais Benjamin Netanyahou ne veut pas écouter les Etats-Unis, ne veut pas écouter Antony Blinken, parce que lui, chez lui, il a besoin d'une victoire.
51:35 Il a besoin de ramener quelque chose pour dire "Bon voilà, j'ai réussi".
51:39 Et le mauvais calcul, c'est que Hamas, peut-être qu'on croyait en Israël que Hamas allait être détruit beaucoup plus rapidement,
51:45 que les otages allaient être libérés beaucoup plus rapidement. Ce n'est pas le cas.
51:49 Et ça continue, et ça continue. Il y a de plus en plus de civils qui meurent.
51:53 Mais plus inquiétant encore que cela, c'est que la situation en général dans la région pourrait exploser à n'importe quel moment.
52:00 D'abord Hezbollah au Liban, ensuite on a Hamas dans le Banque de Gaza, et ensuite maintenant on a les Houthis dans le Yémen.
52:10 - Alors c'est ça, c'est la nouvelle donne.
52:12 - Et les trois qui sont soutenus par qui ? Par Iran.
52:15 Donc ce qu'on a maintenant, c'est une guerre avec l'Iran contre Israël.
52:20 Et là, on doit poser la question "Qu'est-ce qu'on veut obtenir à la fin de tout ça ?"
52:25 Et là, pour le moment, je pense que c'est la question à laquelle personne ne peut vraiment trouver la réponse.
52:32 - Juste pour rebondir sur ce que vous disiez, l'armée américaine a mené aujourd'hui même une nouvelle frappe contre des sites et des rebelles Houthis au Yémen,
52:39 après que ces derniers eussent ranchéri dans leur menace contre le trafic maritime international.
52:43 On sait qu'ils s'en prennent à de nombreux bateaux pour protester contre la guerre entre Israël et Hamas et prendre parti pour le Hamas à Nakovalska.
52:54 Oui, c'est vrai que quelque part, le conflit est en train de s'étendre par-ci, par-là, sans que ce soit un conflit généralisé à la région comme on le craignait.
53:04 - Oui, on a la même discussion depuis quasiment fin octobre.
53:10 Jusqu'à maintenant, on a l'impression qu'à la fois le Hezbollah, l'Iran étaient assez raisonnables dans ces actions,
53:16 malgré plusieurs provocations, malgré certaines situations qui auraient pu s'avérer dangereuses.
53:23 Donc moi, je pense qu'il y a, on l'espère, que ça ne va pas dégénérer dans toute la région, peut-être dans le monde entier.
53:29 Et on sait qu'il concerne Gaza, dégénérer jusqu'à ce que la guerre avec le Hamas ne finit pas.
53:35 Et je pense qu'elle ne va pas se finir pacifiquement. Je suis aussi pessimiste que Philippe,
53:41 parce que l'armée israélienne a déjà dit qu'ils ont un plan de quatre mois de comment finir avec Hamas à Gaza.
53:48 Ça prendra encore quatre mois, probablement un mois de batailles fortes et ensuite deux mois de nettoyage.
53:54 - C'est vraiment incroyable comme 100 jours après la tragédie de l'agression terroriste du Hamas en Israël,
54:03 ces massacres d'enfants horribles qui ont été décidés d'une façon, d'un cynisme épouvantable.
54:11 Aujourd'hui, on essaie de mettre Israël sur le banc des accusés.
54:17 Je crois qu'on est devant une tragédie indiscutable. Il y a une tragédie humaine à Gaza indiscutable.
54:25 Il y a des risques indiscutables d'enchaînement et d'escalade de la tension dans tous les Moyens-Orient.
54:32 Mais aujourd'hui, on sait que l'Iran a été derrière le début de cette action le 7 octobre, il y a 100 jours.
54:42 Et on sait le danger que l'Iran représente pour toute cette région.
54:47 - Il y a juste une chose qu'il faut rajouter à cela. Tout le monde sait que l'Iran pose une menace et un danger.
54:54 La question qu'on se pose c'est est-ce qu'on veut faire face à l'Iran maintenant ou est-ce qu'on veut faire face à l'Iran le jour où ils sont dotés de la bombe nucléaire ?
55:02 Ça c'est vraiment une question très importante.
55:04 - Juste Anna Averro-Pedro, pour rebondir sur ce que vous dites, est-ce qu'il peut y avoir une élection interne en Israël maintenant ?
55:09 Ça paraît impensable en même temps.
55:12 - On avait parlé très vite après le 7 octobre, on avait parlé d'un gouvernement d'union nationale et de l'inclusion d'autres membres du gouvernement.
55:20 - C'est le cas, il y en a d'autres.
55:22 - Non mais de toute la sphère politique et une mise à l'écart de Netanyahou.
55:29 Évidemment on ne change pas de cheval au milieu du fleuve.
55:32 Mais là dans ce cas-là c'est vraiment une situation extrêmement compliquée et les américains eux-mêmes le pensent.
55:39 Pour l'Iran on ne sait pas si vraiment l'Iran est derrière tout cela ou non.
55:46 Il peut y avoir dans un monde qui change avec des données géopolitiques très différentes, il peut y avoir beaucoup d'interférences que nous ne connaissons même pas.
55:53 - Merci à tous les quatre, Anna Averro-Pedro pour la presse portugaise, Anna Kowalska pour la télévision polonaise, Alberto Toscano, journaliste italien, historiste et écrivain,
56:00 Philippe Teurre chroniqueur international à France 24, il est 20h59 sur France Info.
56:06 !