00:00 Le Grand Matin Sud Radio, 7h-8h30, Patrick Roger.
00:04 Lévis sans interdit, Elisabeth Lévy, bonjour.
00:07 Bonjour Patrick, bonjour à tous.
00:10 Bonjour Amine.
00:11 Bonjour Amine qui vous entend.
00:13 Aurore Berger veut couper les vivres aux associations féministes qui n'ont pas condamné le 7 octobre.
00:21 C'est ce qu'elle a dit ce week-end et ça fait beaucoup réagir.
00:24 Oui, la ministre demande donc au gouvernement de passer au crible leur déclaration sur le sujet
00:29 parce qu'elle refuse que l'État soutienne celles qui, à telle vie, ne sauraient pas caractériser ce qui s'est passé.
00:35 Alors elle faisait allusion au silence d'une partie des féministes sur les atrocités sexuelles commises par le ramas
00:42 et sur l'exclusion du 7... elle faisait allusion à l'exclusion, pardon, du collectif du 7 octobre
00:47 de la manifestation contre les violences faites aux femmes du 25 novembre,
00:52 manifestation qui était organisée autour du collectif Nous Toutes.
00:55 Alors il y a eu des protestations outragées de ce collectif, l'Humanité dénonce une chasse aux sorcières,
01:01 une décision pathétique selon Manuel Bompard et certains, même comme Régis de Castelnau,
01:08 hurlent à la censure et au totalitarisme.
01:10 Alors d'abord c'est le devoir d'une collectivité publique de vérifier que les associations qu'elle subventionne
01:16 sont conformes à l'intérêt général ou à certains consensus républicains.
01:20 Par exemple pour lutter d'ailleurs contre le séparatisme, un Jean-Pierre Chevènement avait proposé un audit de toutes les associations.
01:27 Pour l'instant c'est ce que fait Horreur Berger.
01:29 Et puis oui on pourrait parler de censure, de censure d'Etat d'ailleurs, s'il y avait dix solutions, mais ça n'est pas le cas.
01:36 - Mais est-ce qu'il n'y a pas un risque de favoriser du coup Elisabeth Lévy des associations pro-gouvernementales ?
01:44 - Alors en l'espèce il ne s'agit pas de pénaliser des associations qui critiqueraient la politique israélienne,
01:50 mais si certaines ne voient pas en quoi le Hamas est une organisation terroriste,
01:54 cela ne me dérange pas outre mesure qu'on leur coupe les vivres.
01:57 Et d'ailleurs une enquête de Libération hier nous révélait la complaisance de nombre de militants de nous toutes avec le Hamas.
02:04 Ils ont eu accès à des groupes WhatsApp.
02:06 Je veux dire une militante racontait dans cette enquête que dans ces groupes WhatsApp l'appel à la reconnaissance d'un féminicide de masse en Israël
02:12 qui avait été signé par plusieurs artistes a suscité dans ces groupes chez les militants beaucoup de protestations.
02:19 Alors moi je suis libéral, c'est leur droit.
02:22 C'est leur droit comme c'est le droit de certaines associations de promouvoir le port du voile, pas avec mon argent s'il vous plaît.
02:28 Et je dirais la même chose par exemple pour SOS Méditerranée qui encourage l'immigration clandestine.
02:34 Est-ce qu'on doit vraiment aider des associations qui poussent à transgresser la loi ?
02:38 Et dans ces cas-là pourquoi pas financer les écolos crétins qui dégradent des tableaux ?
02:42 D'ailleurs je suis persuadé que certaines mairies le font.
02:45 Alors attention bien sûr il y a un équilibre à trouver entre la préservation du pluralisme et la défense de certains principes.
02:52 Moi je suis évidemment attaché au pluralisme et je me réjouis par exemple de financer l'humanité
02:58 comme je suis sûr que des communistes sont absolument enchantés de financer Cosaire pour le pluralisme.
03:05 Alors un financement, mais un financement public Patrick ce n'est pas un droit.
03:09 La collectivité a le droit de choisir et moi j'en ai ras le bol de ces militants
03:13 qui passent leur temps à traiter leurs concitoyens, le gouvernement et tout le monde de fachos
03:17 et exigent ensuite que ces fachos passent à la caisse.
03:20 Un peu d'honneur, que diable ! La révolution ne demande pas de subvention.
03:24 Merci Elisabeth Lévy.
03:26 Amine Elkatmi, est-ce qu'on ne va pas un peu trop loin du côté d'Aurore Berger
03:34 avec cette menace qui veut couper Lévy donc aux associations féministes
03:39 qui n'ont pas condamné le 7 octobre ? C'est particulièrement important de le dire.
03:43 Non mais je suis d'accord avec Elisabeth.
03:47 Il ne s'agit pas là de censurer des gens qui critiquent le gouvernement israélien par exemple.
03:53 On a parfaitement le droit de critiquer le gouvernement israélien,
03:57 de critiquer sa politique, de critiquer Netanyahou, bref on a le droit de faire ça.
04:04 Là on est quasiment dans du... Dans certains cas il y a eu de l'apologie du terrorisme
04:12 puisque des gens se sont réjouis et il y a eu des procédures ont été lancées,
04:18 soit dans une forme de négationnisme puisque lorsque vous refusez de considérer
04:23 que ce qui a été... C'est un peu ce qu'ont fait les Insoumis
04:27 lorsqu'ils ont qualifié ces actes d'actes de guerre,
04:31 lorsqu'ils ont parlé du Hamas comme d'un mouvement de résistance,
04:34 on est à mon avis... Je suis moins libéral qu'Elisabeth,
04:38 mais je suis un farouche partisan de la liberté d'expression.
04:42 On est à mon avis plus complètement dans le champ de la liberté d'expression
04:46 lorsqu'on refuse de qualifier des actes terroristes de terroristes.
04:51 Ou lorsque l'on refuse, comme dans ces groupes WhatsApp,
04:55 ces féministes qui refusent de soutenir ces femmes au prétexte qu'elles sont israéliennes.
05:02 Et à mon avis d'ailleurs, je vais pousser le bouchon un peu plus loin,
05:06 le problème n'est pas tant que ces femmes soient israéliennes qu'elles soient juives.
05:10 Oui, à mon avis c'est pas une question d'israélienne,
05:13 c'est davantage une question du fait qu'elles soient juives.
05:16 Est-ce qu'il faudrait aller jusqu'à la dissolution d'associations comme ça ?
05:20 Parce qu'il y a des dissolutions de certaines associations qui ne...
05:24 C'est différent, ce qui normalement ne respecte pas les principes républicains.
05:28 À mon avis, il faut manier l'arme de la dissolution avec beaucoup de lourdeur.
05:33 Parce que quand on commence à ouvrir la porte à ce genre de choses,
05:37 on peut aller très vite.
05:39 Et puis qui décide que telle association doit être dissoute ?
05:42 Non, je pense qu'il y a une différence entre dissoudre, qui est un acte grave,
05:46 c'est-à-dire que vous empêchez l'association de fonctionner,
05:49 et simplement de lui dire "vous pouvez continuer à raconter n'importe quoi,
05:52 mais pas avec l'argent des français".
05:54 C'est pas pareil.
05:56 - Élisabeth Lévy ?
05:57 - Ça, je soustrais complètement, il faut tout de même préciser,
06:01 malgré le peu de sympathie que je porte à ces collectifs par ailleurs,
06:05 que nous toutes, par exemple, a mis fort longtemps,
06:08 et je crois qu'ils ne l'ont fait qu'après leur manifestation,
06:11 à condamner ou à parler du 7 octobre,
06:14 mais ils n'ont pas fait, dans leur communiqué,
06:17 l'apologie ou ils n'ont pas applaudi.
06:19 Ce sont des militants sur des groupes WhatsApp,
06:22 c'est pas des assos...
06:25 Parce que si nous toutes avions fait un communiqué disant "bravo Hamas",
06:31 là on pouvait éventuellement envisager la dissolution.
06:34 Maintenant, moi je crois qu'il faut faire attention,
06:36 il n'y a pas de censure, on dirait que l'argent public c'est un droit dans ce pays.
06:39 - Oui, c'est ça.
06:40 - D'accord ? "Mais c'est extraordinaire !"
06:42 D'accord ? Faites-le, moi je ne les empêche pas de rien faire,
06:45 donc hurler à la censure c'est un peu exagéré.
06:47 Maintenant, vous savez qu'il y a des gens qui ont demandé la dissolution des insoumis,
06:50 là on est chez les cinglés.
06:52 - Oui, oui. A propos justement de subventions,
06:54 alors que pensez-vous aussi de la justice qui a confirmé l'arrêt des subventions
06:57 pour le lycée AVEROS ?
06:59 C'est le principal établissement secondaire musulman de France.
07:02 L'établissement qui fait d'ailleurs appel,
07:04 qui va saisir le Conseil d'État.
07:06 Abinel Katmi.
07:07 - Pour moi, là, pour le coup, c'est complètement justifié.
07:10 - Pourquoi ?
07:11 - Parce qu'il y avait manifestement,
07:14 dans cet établissement,
07:17 moi j'ai regardé un peu les rapports d'inspection qui ont été faits,
07:20 il y avait manifestement dans cet établissement
07:23 des enseignements, des procédés, des rituels
07:28 qui n'étaient pas conformes à ce qu'on peut attendre
07:32 d'un établissement sur le sol de la République française.
07:35 Lorsque vous enseignez un certain nombre de principes,
07:38 notamment sur la question par exemple du rapport femme/homme,
07:41 sur la place de la femme dans la société
07:44 qui est reléguée au rang de...
07:47 qui est complètement invisibilisée,
07:50 je pense que là on a...
07:51 - Alors c'est comme dans certains établissements catholiques,
07:54 alors, bien sûr, on peut...
07:55 - Oui mais attention, attention,
07:57 attention, pardon Amine,
07:58 il y a deux choses.
08:00 Alors d'ailleurs, on pourrait en discuter.
08:02 Si AVEROS n'était pas un établissement sous contrat,
08:05 à vrai dire, je pense qu'on a assez peu de contrôle
08:08 sur les établissements hors contrat
08:10 où on peut raconter probablement un peu n'importe quoi.
08:13 Et c'est peut-être un problème.
08:15 Là, il se trouve qu'il y a un contrat d'association
08:18 avec la République qui paye les profs, je vous le rappelle.
08:22 Les professeurs sont payés par les impôts des Français
08:25 et il y a un certain nombre d'obligations.
08:28 Alors, évidemment, je veux dire,
08:30 on ne doit pas fermer ou refuser les subventions
08:33 parce qu'il y aurait une petite obligation.
08:36 Là, à ce moment-là, on fait comme à Stannes,
08:38 on demande à l'établissement de se mettre en conformité
08:41 parce que, sur certains points,
08:43 Stannes aussi avait des problèmes dans le contrat d'association.
08:47 Donc, Stannes a dit qu'il allait se mettre en conformité.
08:50 Ce que vous dites sur AVEROS, vous avez lu le rapport,
08:52 ça a l'air beaucoup plus grave, c'est le contenu de l'enseignement.
08:55 Maintenant, il faut aussi faire attention.
08:57 Moi, je vais vous dire quelque chose Patrick,
08:59 s'agissant de ce genre de sujet,
09:01 je pense que la justice hésite plutôt à condamner,
09:05 hésite à stigmatiser.
09:07 Donc, si les juges ont validé le retrait de la subvention,
09:11 c'est qu'il doit y avoir quand même de gros loups.
09:13 Maintenant, il va y avoir un appel.
09:14 Attendons, il est aussi possible qu'AVEROS,
09:17 qui je crois n'était pas un mauvais lycée,
09:19 il faut quand même aussi le prendre en compte,
09:20 je crois que c'est un bon établissement du point de vue de son niveau,
09:24 il est possible aussi qu'AVEROS se mette en conformité
09:28 avec ses obligations.
09:30 Je veux dire, il ne faut pas non plus...
09:32 Maintenant, ce que dit Amine est vrai.
09:33 Je crois que, pour l'instant, c'est pas tout à fait le cas.
09:35 - Allez, on va continuer de débattre entre vous.
09:38 - Ah oui, parce que je dois encore disputer Amine.
09:41 - Oui, parce que...
09:42 On va parler de ça, tiens, un peu.
09:45 Écoutez.
09:46 - Je vais mettre mon short.
09:47 Ce matin, je n'y comprends rien.
09:49 C'est la fête, c'est la fête.
09:53 - C'est la fête des Jeux Olympiques.
09:55 Amine El Khatmi nous a dit cela tout à l'heure,
09:57 avec les JO qui arrivent.
09:59 Est-ce que vous êtes d'accord ou pas ?
10:01 Dites-le franchement, Elisabeth Lévy, Amine El Khatmi,
10:03 et puis vous, vous pouvez réagir d'ailleurs.
10:05 0 826 300 300.
10:06 - Le premier match des JO.
10:08 - Et tout à l'heure, c'est Julien Normandie,
10:10 l'ancien ministre de l'Agriculture,
10:12 qui sera l'invité de Jean-Jacques Bourdin à 8h30.