- il y a 3 ans
Mettez vous d'accord avec Lucas Jakubowicz, journaliste politique. Rédacteur en chef de Décideurs Magazine et auteur de “Un animal pour les gouverner tous” (Arkhe editions), Cedric Nouvelot, conseiller régional de Normandie, Samuel Lafont, porte parole de Reconquête et Kevin Bossuet, professeur d'histoire en Seine Saint Denis
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NewsTranscription
00:00 Sud Radio, le 10h midi, mettez-vous d'accord, Valérie Exper.
00:06 Et nous allons tenter de nous mettre d'accord avec Lucas Jakubowicz, journaliste politique,
00:11 rédacteur en chef de Décideur Magazine, et je rappelle votre livre,
00:14 "Un animal pour les gouverner tous" chez Arke-Édition. Il a quoi comme animal, Trump ?
00:19 Il n'en avait pas, c'est le seul président américain qui n'a pas d'animal.
00:22 Il a fait campagne en étant anti-système.
00:24 Le propre du système aux États-Unis, c'est d'avoir un chien.
00:27 Donc lui, il a fait exprès de ne pas en avoir. Et une de ses phrases favorites en campagne,
00:31 c'était "De quoi j'aurais l'air en promenant un chien sur la pelouse de la Maison Blanche ?
00:35 Franchement, ce serait ridicule."
00:37 Génial, génial. Et vous savez qu'il y a deux nouveaux chiens qui sont arrivés à l'Élysée.
00:40 Oui, il y en a même un à Matignon.
00:42 Oui, absolument. On a vu les photos de Raphaël, de Gabriel Attal, effectivement,
00:47 qui ont fait beaucoup réagir. Comme quoi, on n'a pas grand-chose à débattre.
00:54 Mais les deux chiens, c'est une information pour votre tome 2 de De Lévrier.
00:59 Je pense qu'il n'y aura pas de tome 2. Je vais passer à un autre sujet, quand même.
01:04 Cédric Nouvelot, conseiller régional de Normandie, bonjour.
01:07 Bonjour.
01:08 Samuel Lafon, porte-parole de Reconquête, bonjour.
01:10 Bonjour à tous.
01:11 Et Kevin Bossuet, professeur d'histoire en Seine-Saint-Denis.
01:14 Bonjour Valérie.
01:15 En majesté, vous êtes là ce matin. Merci d'être avec nous.
01:19 65% des Français veulent la fin du droit du sol partout, pas seulement à Mayotte.
01:25 La Une de l'Humanité hier, qui a beaucoup fait réagir, la moitié des ministres de ce gouvernement,
01:30 est millionnaire. Alors, est-ce que ça vous dérange ? Est-ce que ça vous choque ?
01:35 On va parler de la consultation à 30 euros, de la grève de la SNCF.
01:39 Oui, plein de sujets qu'on n'aura pas le temps de traiter, mais on va quand même essayer.
01:42 Et on commence avec vos coups de cœur et vos coups de gueule.
01:45 Lucas, on va commencer avec vous.
01:47 Pour une fois, je vais faire un coup de cœur.
01:49 Un coup de cœur ?
01:50 Même sur Edwin Plenel, qui est le journaliste, fondateur et boss de Mediapart.
01:55 Hier, il a annoncé sur France Inter qu'il quitterait la direction de Mediapart mi-mars.
02:00 Et j'ai envie de saluer cette initiative.
02:02 Ce départ.
02:03 Non, mais non, non, c'est pas dans ce sens-là. C'est dans un autre sens, vous allez voir.
02:06 En fait, si vous regardez, dans le monde politique, dans le monde économique, dans le monde médiatique,
02:12 il y a énormément de personnes âgées qui s'accrochent à leur poste,
02:15 qui ne veulent pas partir, qui sont comme des moules à leur rocher.
02:18 Et là, Edwin Plenel avait dit qu'il partirait à 70 ans.
02:22 Bon, il part à 71.
02:23 Il tient sa promesse et il dit lui-même qu'il était peut-être en décalage
02:26 avec sa rédaction qui est entre 25 et 45 ans.
02:29 Donc ça, c'est quelque chose qu'on peut saluer.
02:32 J'aimerais aussi profiter de ce coup de cœur pour saluer son travail à Mediapart, si vous voulez.
02:38 Et ça, c'est en tant que journaliste.
02:40 Quand Mediapart a été lancé en 2008, le Paris était hyper audacieux à l'époque.
02:44 C'est un journal 100% sur le web, sans annonceur, avec uniquement des abonnés payants.
02:49 On est en 2024, le journal a 70 cartes de presse, ce qui est quand même énorme.
02:54 Il est prospère, il a une grosse trésorerie, alors que la presse a vraiment du mal à dégager de l'argent.
03:00 Et ça, c'est quand même grâce à Edwin Plenel.
03:02 Et puis, il faut aussi dire que sur le fond, c'est quand même, là je mets des guillemets
03:06 parce que c'est une expression imagée, mais en termes de journalisme d'investigation,
03:09 Mediapart siège à la table des seigneurs. C'est quand même un média qui a révélé pas mal de scoops.
03:14 L'affaire Kelsak, qui a fait quelques erreurs, mais tous les médias, globalement, ont fait des erreurs.
03:20 - Toulouse, j'ai un truc, Baudis, c'est quand même un truc...
03:28 - Oui, mais si on prend tous les journaux, on peut dire qu'aussi le point s'est foiré avec l'affaire Corbière.
03:32 Enfin, il y en a plein. Le média avec l'élade de Tolbiac, mais globalement, ils sont quand même assez carrés.
03:38 Du reste, il y a peu d'attaques en diffamation contre eux.
03:41 C'est aussi un journal... - Non, mais c'est vrai.
03:43 - Et ce que j'ai envie de dire aussi, c'est qu'il y a tout un fantasme qui dit qu'en France,
03:46 la presse est noyautée par la gauche, le monde de la culture est noyauté par la gauche.
03:50 Moi, je trouve que c'est plutôt équilibré, globalement.
03:53 Mediapart, ça représente... - Ça l'est devenu, ça ne l'était pas il y a quelques années.
03:58 - En tout cas, Mediapart est de gauche, reste de gauche.
04:01 Donc, ce n'est pas super objectif, on est d'accord.
04:04 Mais ils ont tout à fait le droit, enfin, ils participent, je trouve, à la démocratie, au débat d'idées.
04:09 Et tout ça, c'est grâce à Edwi Plenel.
04:11 Donc, moi, en tant que journaliste, j'ai envie de lui tirer mon chapeau.
04:15 C'est un journal qui est essentiel à la démocratie, comme du reste, CNews, de l'autre côté.
04:19 Et si je devais faire quand même une petite demande à la rédaction de Mediapart,
04:24 c'est un journal de référence.
04:25 Vous avez plupart des gens de gauche, du centre, de droite.
04:28 Pitié, arrêtez l'écriture inclusive, parce que vraiment, ça rend la lecture de plus en plus ardue.
04:34 Il y en a de plus en plus.
04:35 Quand on dit 45% des Français, on comprend qu'il y a des Français et des Françaises.
04:39 On n'est pas obligé d'écrire "les Françaises et les Français" ou "lesfrançais.s.e.s".
04:44 - Oui, j'ai vu des visages un peu détachés.
04:47 - Comment ça s'est terminé, l'histoire de TVA, d'ailleurs ?
04:49 Vous avez une question de TVA sur qui faisait payer, sous-payé.
04:52 Au départ, c'était une longue affaire de tue.
04:53 - Oui, une grosse histoire, oui.
04:54 - Je comprends cet hommage, parce que Mediapart a su faire un coup.
04:58 Edwin Pénelle a su faire un coup.
04:59 Après, ce que je reproche à Mediapart et à Edwin Pénelle,
05:02 c'est que dans leur aspect militant en général,
05:05 ils essaient de laisser le moins de place possible aux autres.
05:07 Ils ont sorti des affaires, mais ils essaient surtout d'opprimer,
05:12 je ne sais pas si c'est le terme valeur-plaire,
05:13 mais de faire en sorte de faire taire leurs opposants.
05:18 Je ne crois pas que ce soit les meilleurs représentants de l'esprit démocratique.
05:22 On peut pas dire autre chose ?
05:23 - Non, et puis des choix parfois, effectivement, des angles de sujets,
05:27 des choses qui n'ont pas voulu être traitées à une époque.
05:30 Je me souviens de l'affaire Hulot et de ce qu'en avait dit Edwin Pénelle.
05:37 On ne parlait pas de ces histoires-là.
05:39 Aujourd'hui, force est de constater que les choses ont bien changé.
05:41 - Je vais faire l'avocat de Mediapart.
05:42 On va leur reconnaître un mérite.
05:43 Oui, ils sont de gauche.
05:44 Oui, ils sont engagés, mais au moins, ils jouent carte sur table.
05:46 Si vous prenez, par exemple, le service public,
05:48 ils ont à peu près la même ligne éditoriale,
05:50 mais ils sont payés par nos impôts.
05:52 - Oui, Kevin.
05:53 - On ne fait pas hommage à Edwin Pénelle,
05:55 mais sa propension comme ça, à ériger des cibles et à demander des têtes,
06:00 moi, ça m'indispose profondément.
06:02 On l'a vu récemment avec Amélie Oudéa Castera.
06:05 On a été fuiné dans sa vie privée.
06:07 On s'en est pris à ses enfants pour des raisons que je trouve parfaitement ridicules.
06:12 Donc, certes, ils font un travail.
06:13 C'est vrai qu'ils jouent carte sur table.
06:15 Je n'ai rien à dire.
06:16 C'est un vrai travail d'enquête.
06:17 C'est un vrai travail journalistique.
06:19 Mais parfois, on voit bien que le militantisme,
06:23 franchement, est trop surpuissant.
06:25 Et je crois que, parfois, certains journalistes devraient rester à leur place.
06:29 - Oui, Mediapart me dit, un auditeur n'arrive pas à la cheville du canard enchaîné.
06:32 On ne va pas faire le...
06:35 Mais bon, vous avez raison, il y a eu un modèle qui a été lancé.
06:37 - Ils sont moins drôles que le canard enchaîné.
06:39 Mais c'est aussi parce que la gauche manque cruellement de monde.
06:41 - C'est sûr qu'ils sont moins drôles.
06:42 C'est assez sûr.
06:43 - Un avis ?
06:44 - Bonne retraite.
06:45 - Bonne retraite.
06:46 - Ce sera le...
06:49 Kevin, c'est un coup de cœur ?
06:52 - Oui, un coup de cœur pour Aurore Berger,
06:54 qui a décidé de faire une forme d'audite
06:56 par rapport à toutes ces associations féministes
06:59 qui n'ont pas forcément défendu les femmes lors du 7 octobre,
07:03 voire qui ont eu des propos extrêmement ambiguës.
07:06 Moi, je suis parfaitement d'accord avec elle,
07:08 parce que les subventions publiques, ce sont le fruit de nos impôts.
07:11 Et j'estime que quand je paye quelque chose,
07:13 cet argent doit être attribué à des associations
07:16 qui respectent les valeurs de la République,
07:18 qui respectent les valeurs de la démocratie.
07:20 Ce qui s'est passé le 7 octobre est juste une honte.
07:22 On a retrouvé notamment des femmes avec des seins coupés,
07:25 des bassins complètement fracturés,
07:28 des objets tranchants dans les parties intimes.
07:30 Et surtout, on sait maintenant que c'était complètement prémédité
07:33 et que le viol est une arme de guerre.
07:35 D'ailleurs, il y a les commandants du Hamas
07:37 qui avaient donné aux combattants du Hamas
07:40 des traductions en hébreu,
07:43 par exemple "enlève ton pantalon pour humilier notamment ces femmes".
07:47 Et je trouve que certaines associations féministes de gauche
07:50 choisissent leurs victimes, choisissent leurs coupables.
07:52 On l'a vu avec l'affaire Mila,
07:54 que certaines associations n'ont absolument pas défendu
07:58 parce qu'elle aurait été islamophobe, ce qui est complètement ridicule.
08:01 On l'a vu récemment également avec Claire,
08:03 qui a témoigné sur CNews, qui a été violée
08:05 par quelqu'un sous OQTF.
08:07 Donc à un moment, quand on défend toutes les femmes,
08:09 on va vraiment défendre toutes les femmes.
08:11 Et moi, je trouve que le féminisme à géométrie variable
08:14 est juste une honte.
08:15 Et on voit la même chose sur les associations LGBT.
08:17 Quand il s'agit évidemment d'incriminer l'extrême droite homophobe,
08:20 ils sont là et à raison.
08:22 Par contre, quand l'homophobie vient des quartiers islamisés,
08:25 là, il n'y a plus personne.
08:26 Donc à un moment, cette chose à géométrie variable,
08:30 moi, j'en ai ras le bol.
08:31 Et voilà, le féminisme est très important.
08:34 Et il ne faut pas que ce féminisme soit dévoyé
08:36 à des associations qui sont dans une idéologie mortifère.
08:39 - Une grande enquête dans Libération, d'ailleurs,
08:41 sur ces associations.
08:42 Ce matin, il y a quatre pages qui reviennent
08:44 sur ces ambiguïtés et ces non-réactions.
08:48 - Oui, il y a deux sujets.
08:49 On a parlé déjà du Hamas.
08:50 J'ai envie de rappeler que le 9 juin,
08:53 il y a les élections européennes.
08:54 Et j'ai envie de voir le parti de Mélenchon
08:56 s'expliquer sur ses positions vis-à-vis du Hamas.
08:58 Il va falloir qu'il s'explique.
08:59 Premier point.
09:00 Deuxième point, ce sont les subventions.
09:01 Effectivement, on a une multiplication des subventions en France.
09:04 À un moment, on met tout sur la table.
09:06 Et d'ailleurs, c'est ce qu'a proposé Éric Zemmour
09:08 à tous les 16 du mois,
09:10 de discuter des gaspillages à l'argent public,
09:12 des dépenses, de la sur-bureaucratisation du pays,
09:15 et notamment des subventions publiques
09:17 qui sont distribuées.
09:18 Moi, ce que j'ai envie de vous dire, c'est simple.
09:20 Soit un élément, une action, doit être tenu par l'État,
09:23 c'est un service public,
09:24 et donc c'est géré par l'État ou par un organisme lié à l'État.
09:27 Soit ça ne l'est pas.
09:28 Et si vous montez une association,
09:29 on monte un club de foot maintenant,
09:31 notre premier réflexe, tout ensemble,
09:33 ça ne devrait pas être d'aller chercher des subventions.
09:35 Il peut y avoir des subventions pour des activités culturelles comme ça,
09:37 mais le premier réflexe, ça ne doit pas être ça.
09:39 Or, ce qui se passe, c'est que dans le milieu militant,
09:41 il y a plein de structures, et ça a encore été prouvé récemment
09:43 pour une association de gauche,
09:45 ces structures ne vivent que parce qu'il y a des subventions.
09:48 Que parce qu'il y a des subventions.
09:49 Donc en fait, les Français paient des impôts
09:51 pour subventionner, faire vivre des mouvements
09:53 et des militants qui militent contre la France
09:55 et contre la raison de l'intérêt.
09:56 On va y revenir dans un instant.
09:58 Il est l'heure de faire une petite pause pour le journal.
10:01 Et on continue dans un instant avec vous.
10:03 Et nous sommes ensemble pour commenter l'actualité
10:20 avec Lucas Jakubowicz, journaliste politique,
10:22 rédacteur en chef de Décideur Magazine.
10:24 Vous avez publié "Un animal pour les gouverner tous"
10:27 aux éditions Arke et Cédric Nouvelot,
10:29 conseiller régional de Normandie.
10:31 Samuel Lafond, porte-parole de Reconquête.
10:33 Et Kevin Besuet, professeur d'histoire en Seine-Saint-Denis.
10:35 On va évidemment reparler du droit du sol.
10:38 C'était à prévoir.
10:39 Les Français sont majoritairement favorables
10:42 à la suppression du droit du sol,
10:44 non seulement à Mayotte, mais partout en France.
10:46 La Une de l'Humanité,
10:48 hier, la moitié des ministres est millionnaire.
10:52 Visiblement, ça dérange beaucoup de monde.
10:54 Vers une consultation à 30 euros avec des contreparties,
10:57 puis les grèves à la SNCF.
10:58 Mais on continue.
10:59 Notre tour de table, je voulais qu'on continue sur les subventions.
11:02 Vous n'avez pas pu vous exprimer, Cédric Nouvelot,
11:05 puisque vous êtes concerné dans les conseils.
11:08 Dans les collectivités, oui.
11:09 Moi, je suis à la région de Normandie.
11:10 Je suis également vice-président du département du Calvados.
11:12 On a dû nous encadrer, effectivement, les subventions.
11:15 Par exemple, au département du Calvados,
11:17 on vient de voter la charte sur la laïcité.
11:19 Et chaque association qui veut, ou qui prétend à une subvention,
11:23 doit adhérer à cette charte à la laïcité.
11:25 Donc, on met des règles pour permettre...
11:26 C'est possible ? C'est légal ?
11:28 Oui, bien sûr.
11:29 Ils doivent signer la charte,
11:30 ils doivent s'engager sur les principes que l'on a mis.
11:32 Ça a été voté, c'est passé.
11:34 Et c'est une façon d'encadrer, si vous voulez, le versement de subventions.
11:38 Parce qu'effectivement, vous êtes sollicité pour beaucoup de choses.
11:40 Il y a des choses très légitimes,
11:41 puis il y a des choses qui sont plus discutables.
11:42 Donc, il est important d'avoir des commissions
11:44 qui puissent discuter de la légitimité ou pas d'une subvention,
11:47 et puis d'encadrer ces subventions.
11:48 En tout cas, c'est ce que nous, on a décidé de faire.
11:50 La charte, elle ne s'applique pas qu'aux associations, d'ailleurs.
11:52 Elle s'applique, nous, à tous nos services publics au niveau du département.
11:55 Ça a été un engagement qu'on avait pris et qu'on a appliqué au niveau du département du Calvados.
11:59 Mais il n'y a pas de recours si une association ne reçoit pas de subvention pour discrimination ou autre ?
12:05 On le verra. Pour l'instant, on n'a pas eu de retour là-dessus.
12:08 Écoutez, en tout cas, ça a fait une certaine unanimité au niveau du Conseil départemental,
12:13 quand on l'a voté, et tout le monde a reconnu que c'était bien de pouvoir mettre en place une charte de légitimité.
12:16 Mais surtout, est-ce qu'il y a des contrôles ?
12:18 Parce qu'on peut signer une charte et qu'il n'y ait aucun contrôle derrière.
12:20 Oui, donc nous, on a des contrôles, effectivement.
12:22 On a les services qui demandent, on voit les activités d'associations.
12:26 Et puis, la chance, quand on est au niveau local, c'est que tous les élus locaux, vous savez,
12:30 on les connaît ces associations, on les déplace, on les voit.
12:32 On voit si une association fait quelque chose ou si elle ne le fait pas.
12:34 Ce qui est un petit peu différent quand vous êtes au niveau étatique,
12:36 quand vous avez des très grosses associations où le contrôle peut être effectivement discutable.
12:40 Mais quand vous êtes élu local, vous savez ce qui se passe sur le terrain.
12:43 Ou alors, c'est que vous n'y allez pas, et à ce moment-là, vous n'avez rien à faire comme élu local.
12:45 Mais le boulot, il est là, c'est de se rendre sur place, de suivre ces associations.
12:50 Oui, juste une réaction par rapport à ce que disait tout à l'heure Cédric, pardon, Kevin, une auditrice,
12:55 qui nous dit que les associations doivent s'indigner de tout ce qui est fait de toutes les femmes dans le monde.
13:01 Bah ouais, j'ai envie de vous répondre, bah ouais, quand on est féministe, on l'est partout et pour tout le monde.
13:08 Et ne pas dire que ce sont des femmes juives, donc on ne les soutient pas.
13:12 Parce que c'est quand même la raison principale, parce qu'elle nous dit "punie pour un délit de silence".
13:19 C'est nouveau, celles qui ont eu des mots délicieux doivent être condamnées.
13:22 Mais celles qui n'ont rien dit, on invente le délit de ce qui n'a pas été dit.
13:25 Bah non, non, on peut aussi juger...
13:29 Elles choisissent objectivement leur combat, et on voit très bien ce qui a été dit sur Mila également.
13:32 Mila n'a pas du tout été soutenue, alors qu'elle a dû changer d'établissement scolaire,
13:35 qu'elle a été menacée de mort, nombre de fois incalculable.
13:38 On voit très bien qu'elle a un objectif militant.
13:40 Sur les subventions, je crois que vous y êtes intéressé de près.
13:43 Je voulais juste lire la mairie de Paris, je crois que c'est Jonas Adda de la semaine dernière,
13:47 où je ne sais plus qui nous avait lu un certain nombre des subventions pour le moins étonnantes.
13:53 Il y en a une, alors je vous lis l'intitulé.
13:56 "Il s'agit d'essaimer le modèle de développement alternatif durable avec une perspective de genre de la mesa unzauna,
14:02 qui consiste à renforcer la gestion collective de ressources naturelles via une approche écoféministe
14:07 autour d'activités d'agriculture urbaine, de gestion des déchets et la création d'espaces de dialogue
14:12 sur le changement climatique et le genre à Suba en Colombie."
14:15 Et vice et versa.
14:16 Et vice et versa, comme auraient chanté les inconnus.
14:19 J'en profiter pour faire un peu de retape pour Décider en magazine.
14:23 On a une de notre site, justement, un article qu'on a publié ce matin,
14:26 sur les subventions les plus folkloriques qui ont été distribuées lors du fameux Conseil de Paris.
14:31 Donc il y a effectivement l'écoféminisme en Colombie, il y a des plantations de manioc,
14:36 il y a des ruchés pour femmes leaders au Togo pour 8000 euros,
14:40 il y a des formations de professeurs de karaté inclusifs à Madagascar.
14:45 Et peut-être aussi pour rebondir sur le contrôle de la laïcité des associations,
14:50 il y a 37000 euros qui a été distribué à la FASTI,
14:53 qui est une association d'aide aux immigrés,
14:55 qui, objectivement, a des problèmes avec les valeurs républicaines, par exemple,
14:59 à la païenté Charlie, elle a dit que les manifestations pro-Charlie,
15:02 c'était une représentation de l'ordre dominant blanc, enfin, toute cette logoréla.
15:07 N'empêche qu'ils ont eu des subventions, pourquoi ?
15:09 Parce que l'opposition de la mairie de Paris a dit "quand même, c'est pas très laïc tout ça".
15:14 Il y a une instance à la mairie de Paris qui est chargée de vérifier la laïcité,
15:18 sauf que cette instance est représentative de la majorité en place.
15:22 Donc comme la majorité est plutôt à gauche et plutôt hidalgo,
15:25 ils ont dit "mais non, il n'y a pas de problème avec la laïcité".
15:28 C'est-à-dire que si on a des comités de contrôle dans une mairie, disons, de gauche,
15:34 forcément, ils vont dire que des associations de gauche intersectionnale
15:37 respectent les règles républicaines, donc c'est plus à l'État de fixer des cadres, pour le coup.
15:41 - Oui, en tout cas, c'est un vrai sujet.
15:44 - Et du reste, pour vous donner une idée, en 2015,
15:47 quand l'association n'avait pas fait parler d'elle,
15:49 elle avait à peu près 16 000 euros de subvention,
15:51 aujourd'hui, on sait ce qu'il en est, elle a 37 000 euros.
15:54 - Ah, super.
15:55 On continue notre tour de table avec vous, Cédric Nouvelot.
16:01 Donc vous, c'est un coup de gueule ?
16:03 - Oui, c'est un coup de gueule contre l'État qui décide, mais qui ne paye pas,
16:07 et l'État qui décide sans prendre en compte les conséquences des décisions.
16:10 Je vais parler de la suppression de l'allocation solidarité spécifique,
16:13 qui peut sembler être une bonne idée,
16:15 sauf qu'en ne payant plus cette ASS, qu'on appelle l'ASS,
16:20 cette allocation, et la transférant en ESA,
16:23 l'État transfère 2 milliards de dépenses aux départements,
16:26 sans les avoir, sans se concerter, sans avoir discuté avec les départements,
16:29 qui ne savent pas d'ailleurs comment ils vont prendre en compte cette charge supplémentaire,
16:32 parce que ce sont les départements qui payent l'ERSA,
16:34 mais plus grave, c'est que l'État ne s'est pas aperçu
16:36 qu'ils allaient toucher près de 15 000 personnes handicapées,
16:40 qui pour l'instant, quand on ne peut pas travailler,
16:42 quand on est un adulte handicapé,
16:44 on peut cumuler une allocation d'adultes handicapés,
16:47 et on pouvait cumuler cette allocation solidarité spécifique,
16:49 ce qui faisait à peu près 1 500 euros pour vivre quand on ne peut pas travailler.
16:52 Sauf que l'ERSA n'est pas cumulable avec les aides pour handicapés,
16:56 donc l'État ne s'est pas rendu compte de ça,
16:58 plus de 15 000 handicapés vont le subir,
17:00 les associations de handicap sont en train un peu partout en France de réagir en disant
17:02 "mais attendez, ça va être une catastrophe pour ces personnes handicapées",
17:05 évidemment l'État a décidé ça,
17:07 encore une fois c'est un coup de com',
17:09 il fallait aller à la va vite, sans décider des conséquences,
17:11 ni du côté financement, ni du côté de l'impact,
17:13 concernant des populations qui sont quand même objectivement déjà en difficulté,
17:16 on ne peut pas dire que les personnes handicapées soient forcément les mieux accompagnées au monde.
17:20 - Oui, c'est le cas, et je rappelle effectivement aussi ce que nous avait expliqué la semaine dernière
17:27 un de nos débatteurs conseillers de l'heure,
17:30 qui a été confronté à ce qu'avait annoncé Emmanuel Macron,
17:36 c'est-à-dire le remboursement des fauteuils handicapés pour 2 800 euros,
17:41 sauf que si vous avez un fauteuil à 3 200 euros, vous ne touchez rien.
17:45 C'est-à-dire que c'est 2 800 euros, c'est pas 3 200,
17:48 et 3 200, vous ne touchez pas cette subvention.
17:50 Et que la complexité du handicap et des fauteuils
17:53 fait que quand vous avez un enfant, vous êtes obligé d'en changer,
17:56 quand vous êtes actif, vous n'avez pas le même fauteuil,
17:58 enfin bref, ça a été une annonce qui n'a servi strictement à rien,
18:01 c'est-à-dire qu'aujourd'hui, oui, vous achetez un fauteuil à 2 800,
18:04 vous êtes remboursé, 3 200, vous ne l'êtes pas.
18:06 - Emmanuel Macron lance en avril une grande conférence sur le handicap,
18:09 avec des tonnes de mesures, et quelques mois après,
18:11 vous avez 15 000 personnes handicapées qui vont subir les décisions négatives qui ont été prises.
18:16 J'aimerais bien rappeler à la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées
18:19 qui parle de ces chakras régulièrement,
18:22 je lui conseille la lecture du dossier sur les médecines alternatives
18:26 dans Libération, dans Le Parisien ce matin,
18:28 bon, voilà, chakras, c'est pas forcément, ça ouvre peut-être ces chakras,
18:33 mais ça aussi implique parfois certaines dérives sectaires
18:36 avec de plus en plus de gourous.
18:38 - Ce qui est scandaleux sur le handicap, c'est qu'il y a beaucoup d'effets d'annonce,
18:41 mais quand on regarde concrètement les choses, il n'y a pas grand-chose.
18:43 Chirconquête, on a un pôle handicap qui est assez développé,
18:46 parce qu'on a des personnes qui s'intéressent particulièrement au sujet
18:48 et qui sont handicapées avec différents handicaps aussi,
18:50 et on voit notamment qu'il y a eu une polémique pendant la campagne présidentielle
18:53 sur les écoles dites inclusives, alors que maintenant on voit très bien
18:55 qu'il y a des gens qui s'en plaignent et qu'il y a des AESH
18:57 qui disent la difficulté qu'elles ont à être accompagnées des enfants au quotidien,
19:01 elles parlent de sujets très concrets,
19:03 et malheureusement, le handicap, souvent, on en parle de manière très abstraite,
19:06 mais quand on va dans le concret, on parle des fauteuils pour ces personnes handicapées,
19:09 on parle des enfants qui sont à l'école, on parle des personnes qui les encadrent,
19:11 et bien derrière, il n'y a rien.
19:13 - Oui, c'est très compliqué. Alors, votre coup de gueule, Samuel ?
19:16 - Oui, 74%.
19:18 74%, c'est le pourcentage de Français qui font peu confiance à l'État
19:23 pour assurer leur sécurité.
19:25 On a appris ce chiffre grâce à Stéphane Kovacs,
19:28 qui a fait un très bon article dans le Figaro il y a peu, il y a une semaine.
19:32 Alors, dans son article, elle parle notamment des gens
19:34 qui commencent à vouloir se défendre eux-mêmes,
19:36 acheter des armes, faire des cours de défense personnelle.
19:38 Je pense qu'il faut voir ce qu'il y a en amont,
19:41 comme je l'ai répondu d'ailleurs sur X Twitter.
19:44 C'est-à-dire que ce qui est grave derrière tout ça,
19:46 c'est qu'il y a un risque de destruction du contrat social tacite qui nous lie.
19:52 Je m'explique.
19:54 Vous avez, nous avons tous, abandonné une part de notre liberté
19:57 en considérant que c'est l'État qui doit assurer la sécurité et faire régner la justice.
20:02 Or, si vous doutez, si chacun de nous doute,
20:05 si de plus en plus de Français doutent que l'État est en capacité
20:08 de faire régner la justice et d'assurer la sécurité,
20:11 eh bien, vous vous faites arnaquer.
20:13 Moi, j'ai envie de dire à chaque auditeur de Sud Radio,
20:15 est-ce que vous aimez vous faire arnaquer ?
20:17 Personnellement, non.
20:19 La réalité, c'est qu'aujourd'hui, il y a des gens qui se posent la question de plus en plus.
20:22 Moi, je pense que c'est pas le sujet.
20:24 C'est que l'État doit faire en sorte d'assurer la justice.
20:26 C'est ça le plus important.
20:28 Et il est normal que les gens se disent,
20:29 "Attendez, je ne fais pas de justice personnelle,
20:31 mais l'État n'assure pas la justice derrière."
20:33 Donc là, il y a vraiment un moment
20:35 où on a eu beaucoup d'annonces qui ont été faites,
20:37 notamment par Dupond-Moreti, avant Belloubet,
20:39 on a Darmanin qui fait ses annonces.
20:41 Il faut de toute urgence rétablir la sécurité.
20:43 En plus, vous le savez comme moi,
20:45 pendant des années, le sujet de la sécurité a été nié.
20:47 On disait que c'était qu'un sentiment, que les gens exagéraient.
20:49 Là, on voit que ça touche de plus en plus,
20:51 et pas seulement avec les émeutes, mais dans le quotidien,
20:53 de plus en plus de communes en France.
20:55 L'État doit agir. C'est un sujet régalien
20:57 qui est ultra prioritaire.
20:59 C'est la sécurité et la justice.
21:01 Les deux sont liés.
21:03 On va y revenir dans un instant. On marque une pause.
21:05 Je vois que Kevin a envie de réagir. Donc, à tout de suite.
21:07 Sud Radio, votre attention
21:09 est notre plus belle récompense.
21:11 Merci Sud Radio de donner la parole aux cinq voix.
21:13 Grâce à vous, on avance, on avance.
21:15 Sud Radio, parlons vrai.
21:17 Sud Radio, le 10h midi,
21:19 mettez-vous d'accord, Valérie Exper.
21:21 Et on va parler
21:23 dans un instant du droit du seul
21:25 et puis de ces ministres millionnaires.
21:27 Mais avant, peut-être réagir,
21:29 Kevin Bossuet, à ce que disait
21:31 Samuel Laffont, à propos
21:33 de cette rupture du contrat de l'État
21:35 sur la sécurité et la justice.
21:37 Bien sûr. On a perdu un droit
21:39 qui est essentiel. C'est le droit
21:41 à la tranquillité, mais aussi le droit
21:43 à l'insouciance. C'est-à-dire que
21:45 quand on va dans les transports en commun,
21:47 quand on va dans des lieux publics,
21:49 on se demande si on va être agressé
21:51 ou pas, verbalement ou physiquement.
21:53 Prenez le métro. Moi, je le prends
21:55 tous les jours. Je peux vous dire que
21:57 quand il y a quelqu'un d'un peu suspect,
21:59 entre guillemets, qui rentre dans la rame,
22:01 mais les gens ont évidemment peur.
22:03 Et cette démission de l'État
22:05 est évidemment inacceptable.
22:07 Regardez ce qui se passe à Stalingrad,
22:09 où il y a des craqueux qui gangrènent
22:11 ce quartier. Vous avez des habitants
22:13 qui ont créé une milice, des habitants
22:15 qui ont créé un groupe WhatsApp pour s'échanger
22:17 des informations, pour voir s'ils peuvent sortir
22:19 à tel ou tel endroit, après 22h.
22:21 Regardez ce qui s'est passé à Saint-Ouad,
22:23 dans la cité de Charles Schmitt, où vous avez
22:25 des habitants qui ont négocié
22:27 directement avec les dealers
22:29 pour être tranquilles après 22h.
22:31 On en est là, c'est-à-dire qu'on en est
22:33 à négocier notre sécurité
22:35 puisqu'on n'a absolument plus confiance
22:37 en l'État. Et moi,
22:39 l'été, quand je vais dans certains pays de l'Est,
22:41 en Pologne, en Hongrie, en République
22:43 tchèque, mais tout est normal, je retrouve
22:45 cette tranquillité. Cette tranquillité
22:47 que moi j'ai connue quand j'avais
22:49 10 ans, dans mes Ardennes profondes.
22:51 Mais qu'est-ce qu'on n'a pas fait entre-temps ?
22:53 Pourquoi la justice est aussi laxiste ?
22:55 Pourquoi, finalement, il y a ces verrous
22:57 idéologiques qui ne sautent pas ?
22:59 Et quand j'entends certaines
23:01 bonnes âmes de gauche nous raconter
23:03 qu'on est trop extrêmes, qu'il ne faut pas
23:05 remettre en cause le droit du sol,
23:07 que c'est faire le jeu de Marine Le Pen,
23:09 mais c'est le reniement, c'est cet aveuglement
23:11 qui crée du vote.
23:13 Marine Le Pen, regardez ce qui se passe à Mayotte.
23:15 Au premier tour, Marine Le Pen fait plus de 40%.
23:17 Au second tour, elle fait plus de 60%.
23:19 La vérité, c'est que
23:21 la montée de la droite dans notre pays,
23:23 c'est le fait de la gauche,
23:25 c'est le fait du renoncement, et c'est le fait
23:27 de ces politiques qui refusent d'agir
23:29 pour plaire à une certaine gauche
23:31 bien-pensante.
23:33 - C'est très subtil.
23:35 C'est un discours qu'on entend tout le temps.
23:37 - Lucas Jacobonique.
23:39 - Si on parle
23:41 de soi-même et du témoignage personnel,
23:43 moi, par exemple, ça fait 10-15 ans que je prends le métro
23:45 pratiquement tous les jours, je ne me suis jamais
23:47 senti en institution. - Vous prenez le métro où, monsieur ?
23:49 - Je le prends sur la ligne 9, la ligne 13,
23:51 la ligne 2. - Est-ce que vous allez parfois en Seine-Saint-Denis ?
23:53 Est-ce que vous allez prendre le tramway T3B ?
23:55 Parce que le manque de subtilité,
23:57 c'est aussi cet aveuglement
23:59 mortifère qui confine les gens chez eux
24:01 et qui ne peuvent plus en sortir. - Non, mais ça n'était pas un aveuglement
24:03 mortifère. Je pense que si on fait un sondage
24:05 sur tous les Français qui prennent le métro,
24:07 je ne pense pas que tout le monde le prenne avec
24:09 la peur au ventre, honnêtement.
24:11 - Mais moi, j'entends des gens autour de moi me dire "j'ai peur
24:13 dans la rue d'un dingue avec un couteau à main".
24:15 - Là où c'est vrai,
24:17 là où je rejoins ce qui a été dit,
24:19 c'est que si jamais
24:21 il y a agression, effectivement
24:23 le coupable n'est jamais puni.
24:25 Oui, s'il est puni, c'est 5 ans après.
24:27 Et là où je rejoins ce qui a été dit,
24:29 c'est sur le cours 1ère année de Sciences Po,
24:31 je pense qu'on l'a tous suivi, sur
24:33 "l'homme n'est naturellement bon", etc.
24:35 Effectivement,
24:37 si l'État
24:39 ne fait pas son travail de protection,
24:41 effectivement, les gens s'auto-organisent
24:43 eux-mêmes en milices, etc.
24:45 Et juste si on fait une petite perspective
24:47 historique, tous les empires,
24:49 toutes les civilisations qui ont été décadentes,
24:51 un des points qui a marqué
24:53 la décadence, c'est à partir du moment
24:55 où les citoyens se sont auto-organisés
24:57 en milices. Quand on prend
24:59 le moment le plus sombre de l'histoire de France,
25:01 c'est-à-dire la guerre de Cent Ans, c'était le moment
25:03 où justement la royauté et la noblesse étaient
25:05 incapables d'assurer le pouvoir
25:07 et la protection, c'était pas des citoyens mais au sujet,
25:09 donc qu'ont fait les "sujets",
25:11 ils ont eux-mêmes
25:13 créé leur propre milice, c'est par exemple
25:15 les Jacqueries, c'était la même chose en Gaule
25:17 quand l'Empire Romain était décadent
25:19 avec ce qu'on appelait les Bagaudes.
25:21 Les Bagaudes, c'était les citoyens gaulois qui se sont dit
25:23 "l'Empire est impuissant pour
25:25 nous protéger des barbares et donc
25:27 on va s'organiser nous-mêmes". - Vous êtes d'accord avec Kevin ?
25:29 - Sur ce point-là, oui, et avec
25:31 Samuel aussi. Et un autre point
25:33 aussi qu'il faut dire, c'est que... - Vous vous extrémisez, là !
25:35 - Non, on a fait une perspective.
25:37 Non, mais je veux dire, j'essaye d'être
25:39 un peu subtil, mais... - Ah mais je n'en doute pas.
25:41 - Ça vaut votre subtilité. - En tout cas,
25:43 ce qui est aussi important, ce qu'il faut dire,
25:45 c'est qu'un État qui est décadent, ça passe
25:47 effectivement par une impuissance
25:49 régalienne et aussi par une bureaucratie.
25:51 - On y est, non ? - Plus un État est impuissant,
25:53 plus il est bureaucratique. - On y est ?
25:55 - Du reste, les Bagaudes s'auto-organisaient aussi
25:57 parce qu'il y avait trop d'impôts à payer et qu'ils se protégeaient
25:59 aussi contre le contrôle fiscal
26:01 de ce qui restait de l'Empire. - Alors,
26:03 Cédric ? - Je sais qu'on aime bien
26:05 avoir un débat et une confrontation
26:07 idéologiques, mais je pense que là, on est sur une problématique
26:09 de moyens, parce que les lois, elles existent,
26:11 elles ne sont juste pas appliquées.
26:13 Les moyens, l'État ne les met pas.
26:15 L'impuissance de l'État,
26:17 cette défaillance, comme David Lysnard
26:19 parle de défaillance de l'État sur les domaines régaliens.
26:21 C'est vrai, on le voit dans la santé, on le voit sur la sécurité,
26:23 on le voit sur le contrôle migratoire.
26:25 Tout ça, effectivement, génère
26:27 de l'inquiétude, génère une poussée des extrêmes
26:29 qui est la conséquence presque logique de ça.
26:31 Simplement, l'État devrait se recentrer
26:33 sur ses missions régaliennes et laisser quand même
26:35 aux collectivités, laisser aux structures
26:37 qui sont plus locales, leurs prérogatives,
26:39 parce que l'État aime bien s'occuper de tout,
26:41 mais ne fait pas ce qui est normalement son rôle
26:43 premier. Et le rôle d'assurer la sécurité,
26:45 c'est le rôle premier d'un État,
26:47 c'est même le rôle même d'une nation. C'est déjà ça
26:49 qu'il doit effectuer, il ne le fait pas.
26:51 Et on a besoin de moyens. Donc moi, j'aimerais bien que l'État, à un moment,
26:53 arrête de s'occuper de tout, s'occupe de ses missions
26:55 régaliennes, applique les lois, mette les moyens
26:57 là où il faut. Ce qu'on voit en Mayotte, c'est aussi
26:59 la défaillance du nombre de policiers,
27:01 de gens capables
27:03 de maintenir l'ordre. Donc on a un vrai sujet
27:05 sur les moyens. Alors il y a toujours des grandes
27:07 envolées de l'État pour dire "Ah, ça serait bien,
27:09 on va rétablir ceci", mais ils n'y mettent pas les moyens
27:11 en face. Donc évidemment, ça ne peut pas marcher.
27:13 Et on le voit bien, encore une fois, santé,
27:15 sécurité, même défaillance de l'État sur ses
27:17 domaines régaliens, même conséquence.
27:19 Et vous parlez beaucoup du métro, mais je peux vous dire que
27:21 tout le monde ne vit pas à Paris,
27:23 quand on est effectivement dans les régions,
27:25 on a aussi ce sentiment. Alors, avec
27:27 des inquiétudes qui sont différentes,
27:29 mais on peut avoir ce même sentiment de voir
27:31 qu'il n'y a plus de services publics,
27:33 que les gens se sentent un peu délaissés. Et ça, c'est un vrai sujet.
27:35 Et on a de cesse de dire "Donnez-nous
27:37 les moyens au niveau département, région, commune,
27:39 laissez-nous faire nos boulots". On sait le faire, et souvent
27:41 bien mieux que l'État, et par contre que l'État
27:43 se ressemble sur ses fonctions réaliennes et les assume.
27:45 - C'est important ce que vient de dire
27:47 Lucas Jakubowicz.
27:49 Pourquoi c'est important ? Parce qu'en fait, il montre
27:51 qu'on a des exemples historiques qui devraient
27:53 nous faire éviter certains écueils.
27:55 Et malheureusement, on risque de répéter une erreur
27:57 avec cet État qui refuse d'assurer
27:59 d'abord ce qu'il doit assurer, c'est-à-dire la sécurité
28:01 d'histoires. Ensuite, en ce qui concerne
28:03 les lois, on sait que par exemple, on a un code pénal
28:05 qui théoriquement, théoriquement
28:07 est assez dur. Mais
28:09 derrière, on a un code de procédure pénale
28:11 qui est loin d'être dur. On sait également
28:13 que les magistrats ne sont pas tenus à un certain nombre
28:15 de peines, donc il n'y a pas de peines planchées, il n'y a plus de peines planchées
28:17 en France. Et on sait également que la justice
28:19 a été sous-financée pendant de très nombreuses
28:21 années. Vraiment, on avait une des justices
28:23 les moins financées de toute l'Europe.
28:25 - Mais là, ça a changé. Pour le coup, ça a changé.
28:27 - De l'argent a été mis en plus, heureusement.
28:29 Ça, c'est une bonne chose, heureusement.
28:31 Après, on sait qu'à des délais, on parlait des délais tout à l'heure,
28:33 le problème, c'est que
28:35 quelqu'un qui se fait arrêter, on le sait, ça a été prouvé par les personnes
28:37 qui travaillent sur le sujet, on sait que
28:39 ce qui compte pour quelqu'un qui est
28:41 pas un délinquant, un criminel, dans son
28:43 calcul vis-à-vis de son acte,
28:45 c'est la lourdeur de la peine,
28:47 le pourcentage de chances de se faire
28:49 attraper, et également à quelle vitesse
28:51 arrive la peine. Et le problème, c'est quand
28:53 vous avez des gens qui, au bout de 5 ans,
28:55 pour le moindre délit, ne sont toujours pas jugés,
28:57 je pense 5 ans, 4 ans, 3 ans, enfin c'est un peu moins,
28:59 mais c'est extrêmement long, et bien ces personnes
29:01 ne se sentent pas du tout menacées
29:03 par la loi, elles ne se sentent pas obligées
29:05 de respecter la justice. - Effectivement, la condamnation
29:07 est tellement éloignée du
29:09 fait du délit que ça n'a plus
29:11 de sens. - Ça n'a plus aucun sens. - Il y a une part
29:13 d'idéologie, évidemment, de certains juges
29:15 qu'on voit que 35% des magistrats
29:17 sont au syndicat de la magistrature
29:19 qui est un syndicat totalement gauchiste
29:21 qui érige le fameux
29:23 mur des cons contre des personnalités
29:25 de droite, on s'interroge. Le problème, c'est que
29:27 chez certains juges, quand
29:29 ils jugent, en fait, pour eux, c'est un acte
29:31 politique. L'idéologie
29:33 rentre dans le prétoire. Et là, c'est problématique.
29:35 Et moi, je suis désolé, les juges doivent
29:37 rendre des comptes. C'est la seule profession
29:39 où on ne rend pas des comptes.
29:41 Moi, si je fais mal mon travail dans ma salle de classe,
29:43 il y a une plainte, et je dois rendre des comptes
29:45 au rectorat. Pourquoi les juges ne le font jamais ?
29:47 - Parce que vous avez un dossier, et
29:49 quand vous écoutez les magistrats,
29:51 et même le ministre de la Justice,
29:53 ils vous disent que la France est l'un des pays les plus
29:55 sévères, même si on n'a pas ce
29:57 ressenti-là, mais que les condamnations
29:59 sont souvent
30:01 plus dures qu'ailleurs.
30:03 - Deux sujets. - Donc on a un petit peu de mal à,
30:05 effectivement, ce principe de réalité. - Premièrement,
30:07 j'entends souvent l'argument suivant,
30:09 c'est qu'il y a de plus en plus de condamnations,
30:11 donc ça veut dire que l'État est plus dur. Non, ça veut dire qu'il y a
30:13 de plus en plus de délits et de crimes. Et on sait qu'il y a une explosion
30:15 de l'insécurité. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point...
30:17 - C'est la peine en elle-même. - Oui. On parlait d'actes,
30:19 malheureusement, de plus en plus de crimes
30:21 et de violences, notamment contre les personnes,
30:23 aussi de cambriolages. Sur
30:25 le fait qu'une partie des juges soient militants,
30:27 c'est un vrai problème, parce que les personnes qui
30:29 vous parlent sans arrêt de la séparation des pouvoirs
30:31 oublient aussi
30:33 l'équilibre des pouvoirs. Et quand un juge
30:35 refuse
30:37 de condamner sévèrement une personne
30:39 par acte militant, parce que vous avez une partie de ces juges,
30:41 on parlait du syndicat de la magistrature, qui considère
30:43 même qu'ils ne devraient pas avoir de prison, que la
30:45 prison entraîne le crime, etc., qui sont dans un délire
30:47 idéologique. Il n'y a pas d'autre expression, c'est un délire idéologique.
30:49 Ça va contre le bon sens, mais contre
30:51 les éthiques qui ont été faites sur le sujet. Eh bien, ces gens-là,
30:53 ils n'outrent pas sur fonction.
30:55 Et donc, moi, ce que je dis, c'est simple. Si les juges
30:57 ne veulent pas redevenir simplement la bouche de la loi,
30:59 c'est-à-dire appliquer bêtement le code pénal,
31:01 eh bien, s'ils ne veulent pas faire ça,
31:03 s'ils ne veulent pas rentrer dans cette condition-là,
31:05 eh bien, il faut qu'ils se rappellent
31:07 qu'ils jugent au nom des Français,
31:09 dans l'intérêt de la France,
31:11 pour la sécurité de tous, et pour que les gens
31:13 puissent croire collectivement à une justice.
31:15 - On va marquer une pause
31:17 et on se retrouve dans un instant. On va
31:19 parler du droit du sol et puis
31:21 de nos ministres
31:23 millionnaires. A tout de suite.
31:25 - Alors, on va
31:39 traiter de ce sujet
31:41 qui vous passionne. J'ai vu des réactions d'auditeurs.
31:43 La moitié des ministres du gouvernement
31:45 seraient millionnaires.
31:47 Possèderaient donc,
31:49 auraient un patrimoine
31:51 supérieur à 1 million d'euros.
31:53 Alors, vous avez les chiffres, pardon,
31:55 Cédric Nouvelot.
31:57 - Je les ai lus ce matin.
31:59 - Vous les avez notés. - Madame Ouéda, oui,
32:01 qui était à 7 millions. Monsieur Dupont-Moretti
32:03 à 5 de mémoire. Et Gabriel Attal
32:05 à 1 million. Mais, moi, ce qui...
32:07 Franchement, je ne pense pas que ce soit
32:09 la chose la plus importante.
32:11 Moi, je ne m'occupe pas tant de leur compte en banque
32:13 que de la façon dont ils gèrent le compte en banque de la France.
32:15 C'est plus ça qui m'inquiète que leur compte en banque.
32:17 Leur compte en banque en soi, bon, écoutez, tant mieux,
32:19 ils ont réussi. Ou alors, ils ont des familles qui ont réussi.
32:21 Tant mieux pour eux. On ne juge
32:23 pas sur le compte en banque les gens. Bienheureusement,
32:25 on juge sur leurs compétences, leurs capacités. Surtout quand
32:27 ils sont au sommet de l'État. C'est plus ça qui m'inquiète que le reste.
32:29 Et, encore une fois, je pense que c'est sur ça
32:31 qu'on doit les juger et pas sur le reste. - Oui.
32:33 Lucas, Jacques Hubovitch. - Donc, moi, j'ai lu
32:35 l'article de l'Humanité et, en filigrane,
32:37 il y a quelque chose qui me dérange. C'est le ton. C'est-à-dire
32:39 que si on est millionnaire
32:41 ou millionnaire, enfin, si on est riche,
32:43 forcément, on agit au service des riches
32:45 et on s'en fiche des catégories
32:47 les plus modestes. Donc, déjà,
32:49 c'est un biais. Qu'est-ce qui nous
32:51 dit vraiment que plus on est riche, moins on s'intéresse
32:53 aux plus démunis ? Il n'y a aucune source
32:55 qui le montre. Et même si on part du principe
32:57 qu'un millionnaire est rationnel
32:59 économiquement,
33:01 dans un pays, quand les classes moyennes vont bien,
33:03 les plus riches s'enrichissent plus vite
33:05 que dans un pays qui est inégalitaire.
33:07 Donc, on pourrait penser qu'un millionnaire,
33:09 s'il veut s'enrichir, va faire des politiques
33:11 en faveur des classes moyennes.
33:13 Et ce qui me dérange aussi, c'est d'avoir
33:15 l'opposition qui critique,
33:17 entre guillemets, ce gouvernement de millionnaire, alors que
33:19 quand on regarde tous les chefs de file
33:21 de l'opposition, ils sont tous
33:23 millionnaires. Jean-Luc Mélenchon
33:25 est millionnaire, il me semble qu'Éric Zemmour
33:27 doit l'être, Marine Le Pen
33:29 l'est. Voilà, c'est comme ça.
33:31 Et rien ne nous dit non plus
33:33 qu'un candidat qui serait au SMIC
33:35 serait meilleur, et du reste
33:37 il serait peut-être même plus sensible à la corruption.
33:39 Sabrina nous dit
33:41 que cette indécence n'était pas le cas de De Gaulle
33:43 et Pompidou. Alors, Pompidou, je pense
33:45 qu'il avait un appartement
33:47 sur l'île Saint-Louis
33:49 qui ne devait pas être donné, même
33:51 à l'époque. Et
33:53 ce qui est gênant, effectivement, c'est le
33:55 "je suis pauvre, mais je ne veux pas que
33:57 les autres soient riches". C'est un peu
33:59 ça qui est gênant.
34:01 Et c'est toujours
34:03 suspect. Dupond-Moretti
34:05 a été un des plus grands avocats
34:07 de France. 5 millions
34:09 de patrimoine, évidemment que c'était
34:11 énorme, mais je pense qu'il aurait
34:13 été aux États-Unis, il aurait eu
34:15 beaucoup plus d'argent
34:17 que ça. C'est des carrières, c'est des gens qui
34:19 ont 60 ans
34:21 et qui ont fait leur vie avant.
34:23 C'est insupportable, c'est la haine du possédant,
34:25 c'est la haine de l'héritage,
34:27 et c'est la haine de la méritocratie. Si les gens
34:29 ont hérité, si les gens ont réussi,
34:31 mais tant mieux pour eux. Moi, je ne comprends
34:33 pas cette mentalité française de
34:35 toujours observer ce que gagne le voisin
34:37 et au lieu d'essayer de l'égaler,
34:39 voire de le dépasser, on le jalouse.
34:41 C'est une mentalité qui est quand même
34:43 très française. Et concernant
34:45 les hommes politiques, moi, je m'en claque
34:47 complètement de leur patrimoine. Je trouve
34:49 qu'on fait beaucoup de papiers
34:51 où on parle beaucoup de choses
34:53 dont on se fout complètement. Je pense au chien de Gabriel Attal,
34:55 à l'homosexualité de Gabriel Attal,
34:57 ou encore à toutes ces polémiques
34:59 complètement stupides. Moi, je juge
35:01 un homme politique à ses
35:03 actes et moi, ce que je souhaite pour la France,
35:05 c'est que ce pays soit extrêmement
35:07 bien dirigé. Le reste, je pense, je laisse ça
35:09 à l'extrême gauche la plus haineuse ou à l'extrême droite
35:11 la plus bête. Moi, ça ne m'intéresse pas trop.
35:13 - Oui, alors effectivement, De Gaulle payait
35:15 ses factures d'électricité.
35:17 Certes, c'était il y a
35:19 combien ? 60 ans maintenant.
35:21 Quasiment 60 ans. Donc, les choses
35:23 peuvent aussi
35:25 changer. - En fait, le vrai
35:27 sujet derrière tout ça, c'est
35:29 d'abord la question
35:31 d'exemplarité
35:33 où on parlait de De Gaulle sur les factures d'électricité.
35:35 En fait, ce qu'attendent les gens, c'est une exemplarité de leurs élus
35:37 et de leurs responsables politiques
35:39 et également une déconnexion.
35:41 Parce qu'effectivement, vous allez voir quelqu'un de très riche,
35:43 je prends l'exemple des Etats-Unis, il y a une partie
35:45 de la gauche en France, des gens de la gauche
35:47 n'ont pas compris pourquoi
35:49 des Américains
35:51 pauvres votaient pour Donald Trump.
35:53 Ils n'ont pas compris véritablement. Ils ont essayé d'expliquer
35:55 en prenant plein de sujets différents, plein d'explications différentes,
35:57 délirantes. Simplement, pourquoi
35:59 une partie des Américains pauvres ont voté pour Donald Trump ?
36:01 On le sait maintenant. C'est parce qu'ils avaient
36:03 le sentiment que Donald Trump les comprenait et qu'ils allaient à chaud pour lui.
36:05 Tout simplement. Ils s'en fichaient que Donald Trump
36:07 soit milliardaire. - Multi-milliardaire. - Et donc,
36:09 beaucoup plus riche qu'eux. Ils se sentaient produits d'une certaine
36:11 manière. Et donc, le problème en France, c'est surtout
36:13 qu'il y a une déconnexion entre ce que vivent
36:15 les Français au quotidien. - Bien sûr. - Alors, je rappelle
36:17 pas toutes les questions qui sont posées à des politiques
36:19 sur le prix d'une maguette de pain, sur un ticket de
36:21 métro, un ticket de bus, sur ce que vivent
36:23 les Français au quotidien.
36:25 Il y a une déconnexion entre ce que vivent les Français qui s'appauvrissent
36:27 malheureusement de plus en plus,
36:29 qui doivent souffrir de la baisse des services publics,
36:31 de la disparition des services publics dans de nombreuses
36:33 communes, notamment dans les villages, mais aussi dans les
36:35 villes moyennes et les petites villes,
36:37 qui voient la désertification médicale prendre
36:39 de plus en plus de place en France, qui voient tous
36:41 les gens qui sont élus du quotidien et en face
36:43 des politiques qui se sentent déconnectés.
36:45 Ce n'est pas parce qu'ils ont beaucoup d'argent
36:47 qu'ils se font déconnectés, mais il faut que ces gens-là
36:49 se rendent compte de ce qui se passe réellement dans le pays.
36:51 - Il faut faire aussi attention quand même que ça ne jette pas
36:53 quand même une mauvaise image
36:55 des élus, parce que là, on parle des élus
36:57 ministres qui ont réussi très bien, qui sont millionnaires,
36:59 très bien pour eux, mais
37:01 vous avez quand même 90% des élus
37:03 en France qui sont bien loin
37:05 d'être riches, qui ne font pas ça
37:07 pour des revenus, je le dis, parce que c'est pas avec une indemnité
37:09 de maire adjoint, de maire,
37:11 que vous faites fortune. - C'est certain.
37:13 - Vous dépensez beaucoup plus que ça ne vous rapporte,
37:15 et ils le font plus par conviction, par amour
37:17 de leur territoire que pour le reste. Donc, il faut faire attention
37:19 parce qu'il y a toujours une espèce de campagne en disant en gros
37:21 les élus s'enrichissent, les élus font ça pour...
37:23 Non, bien souvent, et encore une fois
37:25 dans la quasi-totalité, vous avez des élus
37:27 qui le font par conviction, par envie, et qui le font
37:29 pas du tout pour des raisons financières, bien au contraire.
37:31 Donc, il faut faire attention parce qu'ils ne sont pas millionnaires.
37:33 La plupart des élus, je dis, ils passent beaucoup de temps.
37:35 - Mais si vous prenez le cas du pont Moretti,
37:37 je pense qu'ils gagnent beaucoup moins en étant
37:39 ministre de la justice qu'en étant
37:41 avocat. Là où je rejoins
37:43 Samuel, c'est sur la déconnexion.
37:45 C'est-à-dire qu'effectivement, on vit
37:47 dans une sphère, mais qui est le cas
37:49 d'un certain nombre de personnes qui ne
37:51 prennent pas le train, qui n'ont pas besoin...
37:53 Enfin, qui ne prennent pas leur billet de train, qui n'ont pas besoin
37:55 de trouver un médecin. C'est
37:57 cette "élite" où c'est
37:59 privilégié, plus par leur
38:01 relation que par l'argent
38:03 qui peut être critiqué. - Moi, j'aurais tendance
38:05 à dire qu'en politique, la déconnexion,
38:07 elle n'est pas forcément liée au patrimoine
38:09 du responsable, mais je dirais plutôt à sa provenance
38:11 géographique. Ce qui devrait plus nous
38:13 inquiéter, par exemple, dans l'actuel gouvernement,
38:15 c'est que 50% des ministres en exercice
38:17 sont nés à Paris ou en
38:19 Petite-Couronne. Ce qui pourrait inquiéter aussi
38:21 sur la déconnexion, c'est quand on regarde
38:23 les députés de l'ANUPS, vous en avez un tiers
38:25 qui sont élus en Ile-de-France,
38:27 40% ici à Lafayette. Ce qui peut
38:29 inquiéter sur la déconnexion, c'est regarder par exemple
38:31 la composition du groupe parlementaire Europe
38:33 Ecologie Les Verts, l'Assemblée nationale.
38:35 Ils sont 23, d'accord ?
38:37 Sur les 23, vous en avez 2 qui sont élus
38:39 dans le centre de Lyon, 3 qui sont élus
38:41 dans le centre de Paris. Et vous en avez,
38:43 j'avais calculé, plus de la moitié qui sont élus
38:45 dans le centre de villes de plus de 100 000 habitants.
38:47 Donc pour moi, c'est une déconnexion qui est
38:49 plus problématique que l'argent.
38:51 Par exemple, on parle de Dupont-Moretti
38:53 qui est millionnaire. D'accord, mais Dupont-Moretti,
38:55 il est fils de femme de ménage. Il sait ce que c'est
38:57 la pauvreté, il s'en est tiré. Et je pense
38:59 qu'il comprend davantage les classes populaires
39:01 que quelqu'un qui n'est pas millionnaire
39:03 mais qui travaille par exemple dans le milieu associatif
39:05 dans une grande ville et qui n'en est jamais
39:07 sorti. Oui, oui, et puis on ne connaît
39:09 pas le passé de chacun
39:11 d'entre eux. Enfin bref.
39:13 Mais c'est vrai que, voilà, ça...
39:15 Alors Sabrina me dit
39:17 "on ne jalouse pas les députés,
39:19 pas le temps, on bosse". Non mais Sabrina, j'ai pas
39:21 dit que vous étiez jalouse. Elle m'insulte,
39:23 enfin elle m'insulte, elle me dit que je l'insulte.
39:25 J'ai pas dit que vous étiez jalouse. Je parle du papier
39:27 de l'humain
39:29 qui insinue ça. Il y a ce côté-là
39:31 sous-jacent dans cet article.
39:33 J'ai juste aussi un autre bienfait
39:35 entre guillemets des riches en politique.
39:37 On va prendre l'Assemblée Nationale.
39:39 Dans le groupe La République En Marche,
39:41 donc la législature 2017-2022,
39:43 il n'y avait jamais eu autant de députés
39:45 riches. Alors ils n'étaient pas millionnaires
39:47 mais ils étaient riches. Alors on les a
39:49 beaucoup traités de "playmobiles" mais en réalité
39:51 ce n'était pas forcément le cas. Quand vous regardez
39:53 entre 2017 et 2022, vous avez
39:55 beaucoup de députés qui se sont dit en fait
39:57 "moi je ne me reconnais pas dans la ligne politique".
39:59 Je retourne dans le privé. Après tout
40:01 je gagnais moins en étant député.
40:03 Donc en fait, quelque part, c'est aussi
40:05 une soupape démocratique parce que
40:07 quand on a des responsables politiques qui ne vivent
40:09 que pour leur argent, que pour leur gamelle,
40:11 ils sont prêts à accepter n'importe quel coup l'œuvre
40:13 et pour moi ce n'est pas des bons dirigeants politiques.
40:15 - Non mais ce qui est insupportable en fait c'est
40:17 l'essentialisation. C'est mettre les gens
40:19 dans des cases et ne les mettre que là-dedans.
40:21 C'est ce qu'a fait d'ailleurs Guillaume Pelletier chez Sonia
40:23 Mabrouk sur CNews quand il a dit que
40:25 le fait d'être homosexuel ou du moins
40:27 de ne pas avoir d'enfant ne nous permettait pas
40:29 de comprendre ce qu'étaient les problématiques
40:31 de l'enfance qui était à mon avis totalement
40:33 stupide. Et quand on prend l'histoire de la gauche
40:35 vous prenez Jean Jaurès, vous prenez Léon Blum, ils ont
40:37 beaucoup fait pour les classes ouvrières et je
40:39 ne pense pas qu'ils étaient pauvres. Donc à un moment il faut
40:41 prendre un peu de hauteur et arrêter de mettre des gens
40:43 dans des cases. On juge des gens
40:45 à leurs actes et non pas à ce qu'ils sont.
40:47 C'est ça un jugement démocratique.
40:49 - Mais il peut y avoir le ressenti de se dire "ils sont
40:51 déconnectés, ils vivent, ils n'ont pas de
40:53 problème de fin de mois, donc ils ne peuvent pas
40:55 comprendre ce que vivent les Français".
40:57 - Cette question se poserait pas
40:59 si encore une fois les Français étaient satisfaits
41:01 de la politique qui était menée.
41:03 On revient sur
41:05 la défaillance de l'Etat.
41:07 Les gens se posent des questions, effectivement cette déconnexion
41:09 on le voit bien. Et puis après il revient quand même
41:11 au Premier ministre, au Président, quand il
41:13 constitue un gouvernement, d'avoir une certaine représentativité.
41:15 On parle du manque de représentativité
41:17 géographique, on peut en parler
41:19 au niveau économique. Je pense que
41:21 c'est pas bon quand c'est pas fait comme ça.
41:23 On a du mal d'entraîner toute une nation
41:25 quand on a l'impression qu'on n'est pas suffisamment représenté.
41:27 - Quand c'est Paris et les métropoles.
41:29 On parlait de Zardin tout à l'heure,
41:31 je vous parlais de Lugar, chez moi, à Nîmes.
41:33 La réalité c'est que franchement un grand
41:35 nombre de Français ont l'impression que la France
41:37 est dirigée que par Paris et par des métropoles.
41:39 Et quand on parle, alors tout à l'heure on parlait
41:41 de l'exemple du ticket de métro, mais on en discute
41:43 depuis tout à l'heure qu'il y a également les transports,
41:45 les trains, les desertifications médicales.
41:47 On en parle souvent sur ceux de radio. Il y a beaucoup
41:49 d'endroits où malheureusement dans les médias, on a l'impression
41:51 que les gens ne vivent qu'à Paris, qu'ils ont
41:53 que personnel permis de conduire parce qu'en fait ils habitent à Paris
41:55 et qu'ils sont totalement déconnectés de la grande majorité
41:57 des Français. - Et oui,
41:59 juste je dirais encore un truc sur la déconnexion.
42:01 Je crois qu'il y a 70% des salariés
42:03 français qui travaillent dans le secteur privé.
42:05 Il y en a 30% qui est fonctionnaire.
42:07 Qu'est-ce qui est le mieux ?
42:09 C'est un parti politique dans lequel on a 70%
42:11 des responsables
42:13 qui ont travaillé dans le privé et qui parfois ont fait fortune
42:15 ou un parti politique
42:17 dans lequel 70% des élus sont fonctionnaires,
42:19 sont dans des associations publiques
42:21 ou des ONG, mais sans être millionnaire.
42:23 Moi, franchement, en tant qu'électeur,
42:25 je ferais plus confiance au premier parti.
42:27 - On va parler
42:29 du droit du sol. C'est évidemment
42:31 l'un des sujets aujourd'hui
42:33 qui revient dans l'actualité.
42:35 On marque une toute petite pause et on se retrouve
42:37 dans un instant.
42:39 - Sud Radio, le 10h midi,
42:41 mettez-vous d'accord.
42:43 Valérie...
42:45 - Après, la question, c'est
42:47 est-ce qu'on a besoin de tous les ministres qui sont là ?
42:49 Ça, c'est ce qu'on se racontait en off.
42:51 65% des Français
42:53 souhaitent la fin du droit du sol
42:55 sur l'ensemble du territoire.
42:57 C'est un sondage CSA
42:59 pour CNews Europe 1, le JDD.
43:01 Certains y verront peut-être
43:03 un parti pris,
43:05 mais non, ça correspond
43:07 à d'autres consultations
43:09 qui ont pu être faites
43:11 après l'annonce de la fin du droit du sol.
43:13 On a aussi eu l'occasion
43:15 de parler de la question
43:17 de la France.
43:19 C'est la question qui se pose
43:21 aujourd'hui.
43:23 - Vous avez eu la chance
43:25 sur Sud Radio d'entendre Anne-Marie Lepourriette
43:27 expliquer le droit du sol
43:29 et parler du comportement
43:31 de Gérald Darmanin.
43:33 Je vous résume sa pensée
43:35 que je partage totalement.
43:37 On ne comprend pas trop
43:39 ce que veut faire le gouvernement
43:41 quand Darmanin annonce
43:43 qu'il faudrait supprimer le droit du sol à Mayotte.
43:45 Pourquoi ne pas le faire partout ?
43:47 - Est-ce que constitutionnellement
43:49 c'est possible ?
43:51 - Elle parle d'un article 73 de la Constitution
43:53 qui permet aux départements d'outre-mer
43:55 de prendre certaines dispositions.
43:57 Mais on voit le manque du courage
43:59 du gouvernement alors que les Français sont
44:01 très largement, le sondage que vous avez cité
44:03 le rappelle, à 65%, très largement
44:05 pour la suppression du droit du sol.
44:07 C'est un élément parmi tant d'autres.
44:09 Le problème dans ce pays,
44:11 depuis des années, c'est qu'on a distribué
44:13 la nationalité française.
44:15 Or, est-ce que vous considérez qu'une nationalité française
44:17 a de la valeur ? Oui, elle a de la valeur.
44:19 Donc, une chose qui a de la valeur,
44:21 on ne la distribue pas au monde entier.
44:23 On a vécu dans un délire qui est entretenu
44:25 par des idéologues qui nous expliquent que le droit du sol
44:27 serait à la fondation de la nation
44:29 et que ça n'est plus le droit du sol,
44:31 on ne serait plus en démocratie,
44:33 qu'on en serait dans un pays horriblement fasciste.
44:35 Enfin, des délires complets.
44:37 La réalité, c'est que le droit du sol,
44:39 c'était rappelé par Mme Le Pourrière,
44:41 temporaire, à un moment, on va faire de la chair à canon.
44:43 J'ai envie de dire à tous les bonnes âmes de gauche
44:45 est-ce que vous voulez faire de la chair à canon
44:47 pour des armées actuellement ? Non, ce n'est pas véritablement ça.
44:49 Donc, le droit du sol, aujourd'hui tel qu'il est,
44:51 il entraîne
44:53 des conséquences
44:55 qu'il faut regarder en face.
44:57 Quand ces bonnes âmes de gauche nous disent
44:59 il y a l'expression français de papier qui monte,
45:01 elle est insupportable.
45:03 Mais la réalité, c'est que
45:05 toutes les décisions,
45:07 tout ce qui soutiennent en termes de
45:09 politique d'acquisition de nationalité
45:11 est délirant, parce qu'en fait, aujourd'hui,
45:13 on peut devenir trop facilement français,
45:15 automatiquement, et on arrive à des choses
45:17 complètement ubuesques qu'on ne voit pas dans d'autres pays.
45:19 Vous avez des Français qui vous disent,
45:21 des personnes qui ont la nationalité française
45:23 qui disent "vous les Français" ou qui disent "mais je ne sens pas français"
45:25 et ça n'a aucun sens.
45:27 Donc, on peut le faire facilement,
45:29 comme le rappelait ce professeur émérite de droit public,
45:31 on n'a pas besoin de passer par la Constitution.
45:33 On peut le faire par la loi, très simplement,
45:35 par le Parlement, par les représentants des Français.
45:37 Il faut, d'urgence, supprimer le droit du sol
45:39 partout en France et revenir sur tout ce qui permet
45:41 d'acquérir la nationalité française trop facilement.
45:43 - Laurence, une auditrice me dit
45:45 "je suis française, mon mari aussi, nos enfants sont nés en Belgique,
45:47 on a dû demander au procureur du Roi
45:49 pour qu'il soit belge".
45:51 Moi j'ai une amie dont les parents sont portugais,
45:53 elle est née en France,
45:55 ses parents n'ont pas voulu qu'elle ait la nationalité française,
45:57 ils l'ont demandé plus tard,
45:59 mais pendant un moment,
46:01 elle n'avait pas la nationalité française.
46:03 Notre auditeur me dit "Mayotte n'a pas d'eau, pas de services publics,
46:05 c'est le tiers monde" et vous parlez du droit du sol,
46:07 ben justement, c'est peut-être là.
46:09 - Ça n'aide pas.
46:11 - Allez à Mayotte voir ce qui se passe.
46:13 Hier on en parlait avec Estelle Youssoupha,
46:15 qui était invitée, députée de Mayotte,
46:17 de Philippe David, j'ai discuté avec elle avant.
46:19 Moi j'étais très dubitatif sur l'impact du droit du sol.
46:21 Elle me dit "mais c'est essentiel,
46:23 c'est un appel d'air".
46:25 Alors il y en a d'autres, mais celui-ci
46:27 est indispensable,
46:29 c'est indispensable de le réformer.
46:31 Cédric ?
46:33 - Alors moi sur ce sujet,
46:35 je pense qu'effectivement il faut qu'il y ait un vrai débat.
46:37 Je ne voudrais pas non plus que le gouvernement nous rejoue
46:39 la loi sur l'immigration, c'est-à-dire qu'on fait
46:41 un effet d'annonce et puis ensuite le Conseil
46:43 constitutionnel nous réécrit la loi.
46:45 Parce que vous savez que c'est pour ça que
46:47 les LR ont décidé de lancer
46:49 un référendum d'initiative populaire pour essayer justement
46:51 de remettre les clauses
46:53 et les conditions parce que
46:55 le droit du sol c'est une question,
46:57 c'est pas le tout. Si on continue
46:59 à ne pas encadrer
47:01 les allocations, ce que l'on peut verser en mettant
47:03 des conditions qui sont claires, qui ne sont pas
47:05 les LR demandent par exemple une durée de résidence
47:07 de 30 mois pour bénéficier des prestations familiales,
47:09 c'est pas quelque chose de complètement farfelu.
47:11 Donc vous voyez il y a des choses qu'on peut mettre en place
47:13 façon encadrée. Et puis
47:15 on a la difficulté
47:17 quand même de l'immigration choisie.
47:19 Moi je me souviens que c'était quelque chose que
47:21 portait Nicolas Sarkozy à l'époque et tout le monde
47:23 à l'époque était contre. Mais on a
47:25 besoin à la fois de limiter et de contrôler
47:27 cette immigration mais aussi d'avoir une immigration choisie.
47:29 Moi je pense qu'on en a besoin. Moi je travaille dans l'industrie
47:31 donc quelles que soient les filières, on manque de personnes
47:33 en ce moment. Qu'on ait cette possibilité
47:35 donnée au Parlement de voter à un moment
47:37 un certain nombre de droits d'entrée ne serait pas complètement
47:39 fou. Moi je pense qu'on en a besoin au contraire pour notre
47:41 économie parce que sinon c'est toute une économie qu'on met en panne.
47:43 Hier j'étais sur un Hara
47:45 en pleine Normandie, ils ne trouvent plus
47:47 de personnes pour encadrer les choses. Vous voyez, on a
47:49 des sujets mais quels que soient les filières. Vous prenez l'hôtellerie,
47:51 vous prenez la restauration, vous prenez l'industrie. Donc on a quand même
47:53 ces sujets. Donc oui effectivement,
47:55 revenir sur ce droit-là
47:57 si ce n'est pas encore une fois un effet d'annonce
47:59 qui derrière sera retransformé
48:01 comme ils savent le faire, oui.
48:03 Mais en n'oubliant pas qu'il y a derrière d'autres problématiques
48:05 l'encadrement d'un certain nombre de choses
48:07 concernant l'immigration et la possibilité aussi
48:09 de pouvoir avoir une immigration qui soit
48:11 bénéfique au pays et évidemment sans revenir
48:13 sur le droit d'asile. C'est quand même quelque chose aussi
48:15 sur lequel il faut rester ferme. Il y a des pays
48:17 objectivement où il y a besoin d'avoir la possibilité
48:19 d'accueillir les personnes chez nous
48:21 quand on a des guerres, quand il y a des difficultés, etc.
48:23 Et puis un dernier point, moi je suis de Normandie,
48:25 on a la problématique à Ouistreham
48:27 d'un certain nombre de migrants.
48:29 Pour le coup, je ne suis pas sûr que si vous voulez
48:31 la suppression du droit du sol change quoi que ce soit
48:33 pour ce type de migrants-là parce qu'ils viennent
48:35 en France souvent pour passer en Angleterre.
48:37 Donc encore une fois, ça ne sera pas l'alpha et l'oméga
48:39 de la politique qui permettra de résoudre
48:41 l'ensemble des problèmes. C'est un point,
48:43 c'est un point important mais derrière,
48:45 ça ne doit pas cacher tout le reste. Et je me méfie toujours
48:47 des gens qui sont dans le gouvernement qui ont l'habitude
48:49 de cacher un petit peu la forêt avec l'arbre.
48:51 Ils font des effets d'annonce qui ne sont pas suivis
48:53 des faits ou qui sont encore une fois redétricotés
48:55 et ça c'est le plus problématique.
48:57 - Lucas, Jacobovich ? - Sur l'effet d'annonce,
48:59 non suivi des faits, c'est typiquement le cas.
49:01 D'ailleurs j'ai même eu de la peine pour Gérald Darmanin
49:03 parce que s'il n'annonce pas
49:05 la fin du droit du sol à Mayotte,
49:07 il se fait taper dessus. Donc il l'annonce
49:09 mais en réalité tout le monde sait, même lui,
49:11 ce qui va se passer. Ils vont faire une proposition de loi.
49:13 La proposition de loi va être censurée.
49:15 Enfin même le projet de loi va être censuré
49:17 par le conseil constitutionnel parce que
49:19 Mayotte est un département français et c'est une inégalité
49:21 entre tous les citoyens.
49:23 Donc de toute façon c'est impossible et on rejoint
49:25 ce qu'on disait en milieu d'émission, c'est-à-dire qu'en fait
49:27 il y a une...
49:29 Les citoyens finalement ne font plus confiance
49:31 donc on va dire à l'État pour leur sécurité,
49:33 c'est ce que vous disiez, mais c'est aussi
49:35 pour les promesses. Parce que si
49:37 on fait des tonnes de promesses qu'on est
49:39 incapable de tenir, évidemment les citoyens
49:41 ne vont plus croire en l'État et c'est dramatique.
49:43 - Oui, bien sûr.
49:45 - En plus ça paraît tellement simple,
49:47 il faut se mettre à la place des Français. On dit "il y a un problème
49:49 à régler", tout le monde voit qu'il y a un problème à régler,
49:51 réglons-le. Je rappelle quand même qu'il y a 500 000
49:53 personnes, 500 000 personnes
49:55 qui entrent en France, immigrées, chaque année.
49:57 500 000. Vous imaginez
49:59 les villes autour de chez vous ? La taille
50:01 d'une ville, d'une grande ville chaque année,
50:03 c'est juste délirant. Ça n'a jamais
50:05 été le cas auparavant dans l'histoire de France.
50:07 Il n'y a aucun autre pays
50:09 qui fonctionne dans ce délire. Donc il faut...
50:11 - Il y a l'Allemagne actuellement.
50:13 - Il y a l'Allemagne qui commence, malheureusement. Mais j'ai envie de dire
50:15 à tous les auditeurs de Sud Radio, quand on vous dit
50:17 "regardez, ça a toujours été le cas, c'est comme ça
50:19 que ça se passe, c'est normal, ça doit durer",
50:21 non, c'est faux. Vous le savez et tous les Français,
50:23 70 à 90%
50:25 des Français sont d'accord avec vous.
50:27 Quand vous êtes dans la rue, je dis tout le temps la même chose,
50:29 quand vous êtes dans la rue, vous regardez autour de vous, vous avez
50:31 7 personnes sur 10, 9 personnes sur 10 qui sont
50:33 d'accord avec vous, qui se rendent compte
50:35 du problème du délire migratoire, qui savent
50:37 qu'il y a des liens avec l'insécurité, qu'ils en ont assez,
50:39 il faut mettre en stop, on attend du gouvernement qu'il le fasse le plus vite
50:41 possible. - Non mais je crois qu'il faut se remettre
50:43 dans le contexte de Mayotte, c'est 50%
50:45 d'étrangers, un cercle
50:47 de clandestins, des gens
50:49 qui ont peur continuellement,
50:51 des bus
50:53 qui sont caillassés, des écoles
50:55 qui se protègent avec
50:57 des barbelés, des murs qui sont
50:59 remontés, le fait de porter une montre
51:01 ou d'avoir un scooter, c'est un signe de provocation,
51:03 et là-bas, c'est à la machette,
51:05 c'est la culture de la machette qui a été
51:07 importée, donc évidemment
51:09 qu'il faut en finir avec le droit du sol,
51:11 mais ce ne sera pas suffisant,
51:13 parce que ce qui attire aussi
51:15 les étrangers à Mayotte,
51:17 c'est évidemment les aides sociales, et il faut aussi
51:19 supprimer les aides sociales pour
51:21 les étrangers, et enfin quelque chose qu'on ne
51:23 dit pas assez. Derrière cette
51:25 submersion migratoire,
51:27 il y a aussi un vrai projet politique,
51:29 parce que le président du Comore
51:31 a toujours considéré
51:33 que Mayotte était comorienne,
51:35 et il utilise l'arme
51:37 de la submersion migratoire,
51:39 en effet pour faire en sorte qu'à terme,
51:41 que le Mayotte
51:43 devienne comorienne, et quand on sait
51:45 qu'on verse 150 millions d'euros
51:47 pour que les Comores récupèrent
51:49 leur ressortissant sous OQTF,
51:51 et qu'ils ne le récupèrent pas,
51:53 et que le président comorien
51:55 n'a de cesse de taper sur la France,
51:57 n'a de cesse de dire que la France
51:59 est en dessous de tout, ça pose quand même
52:01 une question, et dernière chose que je voudrais dire aussi,
52:03 parce qu'on a l'impression que la remise en cause du droit
52:05 du sol, c'est, on ouvre l'air
52:07 du fascisme tonitruant,
52:09 regardez ce qui se passe ailleurs en Europe,
52:11 que ce soit en Pologne, que ce soit en Italie,
52:13 que ce soit en Suisse, par exemple,
52:15 eux, ils appliquent le droit
52:17 du sang, et même si on fait l'histoire
52:19 de France, par exemple à la Révolution française,
52:21 puisque les gauchistes adorent se référer
52:23 à cet événement historique, ce qui était mis en avant
52:25 c'est le droit du sang,
52:27 c'est simplement en XIXe siècle, on a préféré
52:29 le droit du sol pour des raisons
52:31 de conscription, pour faire en sorte
52:33 que les étrangers puissent entrer dans l'armée,
52:35 donc à un moment c'est un choix, il n'y a rien
52:37 de fascisant à faire ce choix,
52:39 c'est simplement, il faut faire preuve de pragmatisme,
52:41 et les Français l'ont compris, puisqu'ils sont à 65%
52:43 pour la fin du droit du sol
52:45 à l'échelle nationale.
52:47 - Donc Kévin, tu parlais de la Révolution française,
52:49 moi je vais revenir sur l'Empire romain, là je suis en mode
52:51 Empire romain ce matin, vous savez quand l'Empire romain
52:53 était en train de s'effondrer, en fait ce qui s'était passé
52:55 c'est qu'au début il y avait donc des tribus barbares,
52:57 les premières étaient les Gauls et les Francs,
52:59 qui ont été intégrés à l'Empire romain et
53:01 conservés entre guillemets d'alliés aux Romains.
53:03 Ensuite d'autres entre guillemets
53:05 tribus ou peuples sont arrivés, on peut parler des
53:07 Huns notamment, et là après les derniers
53:09 Romains jouaient une tribu contre
53:11 l'autre pour essayer un peu de se maintenir.
53:13 Et quand on regarde ce qui se passe à Mayotte actuellement,
53:15 ça me fait vraiment penser à ça, dans le sens
53:17 où le premier corps étranger qui est
53:19 arrivé, c'est effectivement les Comoriens,
53:21 aujourd'hui on a...
53:23 - Et les autres immigration...
53:25 - On a des Soudanais, on a des Congolais
53:27 qui viennent, et là on voit que l'Etat se dit
53:29 "en fait finalement on va s'allier avec
53:31 peut-être les migrants Comoriens pour faire
53:33 obstacle aux Somaliens,
53:35 aux Congolais, etc." et ça fait vraiment penser
53:37 à l'Empire romain en déliquescence
53:39 avec quand même une nuance importante, c'est que
53:41 on parle beaucoup d'invasions barbares, mais en réalité
53:43 quand il y a eu des invasions barbares,
53:45 les tribus germaniques étaient une minorité dans
53:47 l'Empire, ce qui n'est pas le cas à Mayotte
53:49 où là les Mahorais, on va dire
53:51 originelles, sont devenus une minorité.
53:53 Je crois que c'est seulement 10% des naissances
53:55 dans la maternité de Mamoudzou,
53:57 qui sont des Mahorais...
53:59 - Oui, d'origine de l'île.
54:01 - Mais vous savez,
54:03 je suis toujours un peu...
54:05 je ne suis pas historien, mais je vais être très pragmatique.
54:07 Ce qui avait
54:09 bien fonctionné pendant un moment à Mayotte, c'est quand
54:11 on avait pu envoyer des moyens, des forces
54:13 de police, qui ont pu pendant un moment
54:15 effectivement arrêter certains
54:17 groupes, qui ont pu contrôler un peu mieux
54:19 l'immigration qui est telle qu'elle était,
54:21 et quand il a fallu les renvoyer
54:23 en France parce qu'il y a eu les émeutes,
54:25 le problème à Mayotte est revenu.
54:27 Je reviens sur mes histoires de moyens,
54:29 c'est qu'à un moment vous pouvez décider de changer
54:31 et d'aller vers le droit du sol si vous ne mettez pas les moyens
54:33 pour appliquer. D'ailleurs le gouvernement avait
54:35 promis un grand plan de renfort, de sécurité
54:37 là-bas sur place, qui a été inefficace,
54:39 il faut le dire, qui a marché un petit peu
54:41 à la marge, tant qu'ils ont pu laisser les moyens
54:43 de police là-bas sur place. Moi ça m'a un peu amusé
54:45 quand on a vu débarquer de l'avion
54:47 15 personnes du GGN, sans blague,
54:49 c'est pas ces moyens-là.
54:51 Encore une fois on est dans la politique spectacle,
54:53 on n'est pas dans l'efficacité.
54:55 Ce que demande la plupart des gens de Mayotte
54:57 c'est qu'on envoie des forces de police,
54:59 des personnes capables de faire appliquer la loi,
55:01 de pouvoir les laisser en sécurité.
55:03 Encore une fois, on va encore débattre
55:05 du droit du sol, si derrière ça passe
55:07 mais sans moyens, ça sera d'une totale
55:09 inefficacité. Donc attention à exiger
55:11 au niveau du gouvernement des moyens
55:13 et pas simplement rester sur le fond idéologique
55:15 qui est important en débat, mais qui n'est pas
55:17 suffisant pour être efficace.
55:19 Il faut mettre fin à la pompe aspirante.
55:21 On parlait tout à l'heure de la suppression des aides,
55:23 on distribue un pognon de dingue
55:25 pour prendre une expression bien connue,
55:27 au monde entier. Alors, il y a aussi
55:29 les 150 millions qu'on envoie aux comores pour se faire insulter.
55:31 Au bout d'un moment les Français en ont assez, ils ont l'impression
55:33 que l'État les fait pas respecter.
55:35 Mais simplement il faut supprimer la pompe aspirante
55:37 et derrière on peut faire des choix budgétaires,
55:39 on peut avoir des moyens pour faire respecter la sécurité
55:41 sur l'île. - La 6ème puissance du monde
55:43 se fait quand même humilier par les comores.
55:45 - Il y a quand même des gens qui viennent
55:47 nous aider à bosser. - C'est fini pour aujourd'hui.
55:49 Merci à tous les 4. Dans un instant
55:51 c'est Philippe David qui sera avec vous. Bonne journée.
55:53 Sud Radio. Parlons vrai.
55:55 Parlons vrai.
55:57 Parlons vrai.