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  • il y a 3 ans

Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités reviennent sur les menaces d'attentats reçues par plusieurs lycées en France.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline

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00:00 Il est 18h02, vous êtes en direct sur Europe 1 et sur CNews. Louis de Ragnel est avec nous, journaliste politique à Europe 1.
00:06 Maître Sarah Salman est aussi présente. Génie Bastier, grand reporter. Jean-Sébastien Ferjou de Cite Atlantico.
00:12 Nous a rejoint François Puponi, ancien député. Bonsoir à vous. Et Céline Pina, politologue et journaliste.
00:17 On va commencer par ces menaces évidemment dirigées contre des lycées, à la fois en région parisienne, mais aussi à Saint-Malo.
00:23 D'abord la région parisienne avec des messages extrêmement inquiétants, une vidéo de décapitation à la clé.
00:30 Ça s'est passé notamment à Sèvres où le lycée Jean-Pierre Vernon a ouvert ses portes ce matin dans une ambiance très tendue.
00:35 Explication de Marie-Victoire Dudonné.
00:38 Principe de précaution oblige. La police était là ce matin devant le lycée.
00:43 La veille au soir, une menace d'attentat et une vidéo de décapitation ont été envoyées à une cinquantaine de lycées franciliens,
00:50 dont celui-ci à Sèvres. Pour la plupart des élèves, la nuit a été difficile.
00:54 Alors ce matin, la présence policière est particulièrement appréciée.
00:58 Rassurant de voir que la police est là et qu'il nous entoure pour veiller à notre protection.
01:03 Ça rassure encore plus et ça nous prouve que les lieux sont sûrs un peu.
01:08 Il y a aussi les équipes de démineurs qui sont venues cette nuit pour chercher les bombes avec des chiens
01:13 et pour chercher toute trace éventuelle de bombes et donc c'est vrai que ça rassure.
01:17 Dans cette classe de 35 élèves, il n'était que 13 ce matin à l'appel.
01:21 D'abord hésitant, ils ont été rassurés par les mails de la direction.
01:25 J'ai hésité parce que comme on le sait, ça peut être un canular comme ça ne peut pas en être un.
01:31 Je pensais aussi que c'était un canular mais il y avait quand même cette petite part de doute
01:34 qui pensait que c'était possible quand même et que je pensais ne pas aller au lycée même du coup.
01:39 La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, s'est exprimée sur le sujet.
01:43 Les brigades régionales de sécurité sont sur site pour aider à la levée de doutes et à la sécurisation des sites.
01:49 Je souhaite que les auteurs soient rapidement identifiés et sévèrement sanctionnés.
01:53 C'est l'ENT, l'espace numérique de travail, qui a été piraté.
01:57 La région Île-de-France a annoncé avoir déposé plainte.
02:00 En attendant, la plateforme a été suspendue.
02:03 Voilà pour ce qui s'est passé à Sèvres, Louis de Ragnel.
02:05 Le Premier ministre, Gabriel Attal, a pris la parole il y a quelques instants pour rappeler la fermeté de l'État
02:10 et surtout dire que ceux qui menacent ces établissements scolaires sont traqués et punis quand ils sont attrapés.
02:15 Absolument, il a rappelé l'importance aussi des réponses pénales, expliqué qu'un certain nombre d'enquêtes en cours
02:21 vont donner lieu à des sanctions pénales et puis il a expliqué le travail de la justice
02:27 qui enquête systématiquement dès lors qu'il y a un signalement, dès lors qu'il y a un canular
02:31 et qu'en fait ces canulars ne sont pas drôles.
02:34 Et puis il a terminé en rappelant que 150 à 200 établissements particulièrement vulnérables
02:41 faisaient l'objet de la tension de l'Education nationale, notamment pour renforcer la sécurité.
02:46 Alors est-ce que c'est la cybersécurité ou est-ce que c'est la sécurité physique ?
02:50 On va réécouter Gabriel Attal précisément sur la sécurisation de ces établissements ciblés comme dangereux.
02:56 500 établissements qui avaient été identifiés, dans lesquels il y a ce qu'on peut appeler des trous dans la raquette.
03:01 Un très gros travail a été réalisé ces derniers mois en lien avec les collectivités locales.
03:06 150 établissements ont d'ores et déjà vu leur sécurité renforcée et réponse à ces trous dans la raquette.
03:13 Il en reste donc 350.
03:15 La réunion d'aujourd'hui nous a permis de faire un point, évidemment, de mobiliser l'ensemble des services
03:20 pour que sur ces 350 établissements qui restent assécurisés de manière prioritaire,
03:24 l'action puisse continuer à se dérouler et puisse être engagée dans les toutes prochaines semaines, les tous prochains mois.
03:32 François Puponi, on voit que l'État prend très au sérieux ses menaces, même si elles peuvent émaner peut-être de plaisantins.
03:39 Le message qui a été envoyé sur ces messages écrits et réptés est assez inquiétant.
03:44 Jeudi 21 mars, je ferai exploser l'établissement tout entier, je décapiterai tous vos corps de couffards
03:49 pour servir à l'âme de tout puissant qui règne sur le monde.
03:51 C'est vraiment, je dirais, les mots employés par l'État islamique.
03:55 Par Daesh, l'État islamique, donc on fait peur, on terrorise.
03:58 Et tous les services de renseignement sont sur les dents parce qu'ils savent très bien que la pression des cyberattaques
04:05 va monter en puissant jusqu'au JO.
04:07 Le risque principal pour les JO, il peut y avoir des attentats, bien sûr, mais c'est les cyberattaques.
04:11 Et on voit bien que la semaine dernière, c'était tous les ministères qui étaient attaqués,
04:15 qui ont bloqué une partie du fonctionnement de certains ministères.
04:18 Après, c'était France Travail qui a été attaqué aussi.
04:20 Là, ce sont des lycées, imaginez un lycéen ou un étudiant, un élève qui reçoit un message comme ça chez lui le soir.
04:26 Ce matin, ça circulait partout, décapitations.
04:29 Donc, est-ce qu'on va à l'école ?
04:30 Des images qui sont anciennes, mais qui sans doute viennent de Syrie, du moment où Daesh a fait face à ces attaques.
04:35 Donc, il y a une montée en puissance, on le sent.
04:37 J'ai du mal à croire quand même que ce soit des petits plaisantins.
04:39 Je pense que tout est organisé, structuré.
04:41 Aussi plaisantins ne prend pas entendre.
04:43 Pas tous en même temps.
04:44 L'énigmation que je me pose, c'est qu'est-ce qui va se passer pendant les JO,
04:47 si des gens appellent en disant "nous allons faire un attaque terroriste pendant les JO à tel ou tel endroit pour enlever les barrières ?"
04:53 Il y aura des vérifications.
04:54 Quels seront les barrières ?
04:55 Systématiquement, tout est vérifié.
04:57 Pour les épreuves ?
04:58 Tout sera vérifié systématiquement.
05:00 Donc, il y aura des équipes de police et de gendarmerie qui seront envoyées systématiquement.
05:04 Puisque là, c'est important, au ministère de l'Intérieur, à aucun moment, on se dit "tiens, c'est un canular, on ne va pas intervenir".
05:11 Donc, ça mobilise énormément de forces.
05:14 Et en plus, parfois, des forces très spécialisées.
05:17 Ça désorganise, c'est le but.
05:18 Absolument. Faire peur et désorganiser.
05:20 Pas tous en même temps.
05:21 Dans ce type de dossier, la difficulté qu'on peut aussi trouver, c'est le problème d'extranéité.
05:25 On peut aussi avoir des personnes qui ne sont pas sur le sol français, qui sont au bout du monde.
05:29 Et pour que la réponse pénale soit adaptée, si on est avec des pays qui ne coopèrent pas, ça va être beaucoup plus difficile.
05:34 Donc, quand Gabriel Attal dit que la réponse pénale sera ferme, il est de bonne foi, c'est évident.
05:38 Mais s'ils sont à l'autre bout du monde, ça va être un peu plus compliqué.
05:41 Céline Pina.
05:42 Oui, la question, c'est aussi l'éparpillement des forces.
05:45 C'est-à-dire qu'à partir du moment, comme je vous disais, ce genre de panique est facile à mettre en place.
05:51 Elle va vous demander peu de moyens logistiques.
05:54 Vous n'avez pas besoin d'hommes.
05:55 En revanche, vous mobilisez tout le monde sur place.
05:58 Si vous multipliez ça, et à des moments où on a les 80 ans, par exemple, du débarquement, etc.,
06:05 à ce moment-là, vous mettez en place un désordre réel,
06:09 un sentiment de déstabilisation politique très fort avec une économie de moyens totale.
06:13 C'est extrêmement efficace. C'est bien pensé.
06:16 Vous la cérémoniez, Gio ?
06:17 Je le récite là. C'est la cérémonie des Gio.
06:19 Il y a des bombes partout, on évacue tout le monde.
06:22 Et c'est vraiment le risque aujourd'hui.
06:23 Et on sent bien que les attaques montent en puissance.
06:26 Il y a aussi autre chose que cet aspect sécuritaire qui est massif, évidemment.
06:31 C'est l'aspect politique.
06:32 C'est-à-dire que tous ces faits-là ne cessent de déstabiliser la société française, en quelque sorte.
06:38 Un critère fondamental de la démocratie, c'est la confiance.
06:41 C'est le fait de vivre dans des sociétés où la confiance entre individus est élevée.
06:45 Plus ça va et plus les études en sciences politiques montrent que, précisément,
06:49 nous vivons désormais dans des sociétés où la confiance entre les individus est de moins en moins élevée.
06:54 Et donc, c'est bien de la démocratie même qu'il en va,
06:57 parce que, bien sûr, on peut comprendre l'inquiétude des parents,
07:01 que nous sommes pour beaucoup, qu'on peut tous avoir de l'inquiétude,
07:05 parfois en se rendant dans X ou X lieux de rassemblement.
07:10 Mais il y a aussi cet aspect-là qui est majeur,
07:12 et dont certaines puissances étrangères, rappelons-le quand même,
07:14 se font un plaisir de les instrumentaliser, et pas seulement la Russie.
07:18 D'autres le font aussi à travers les réseaux sociaux.
07:21 On peut le voir avec Agi+ financé par le Qatar.
07:23 Les Chinois aussi instrumentalisent un certain nombre d'algorithmes.
07:27 Souvenons-nous-en, parce que malgré tout, il faut résister et tenir bon,
07:30 parce que la démocratie reste quand même notre bien politique le plus précieux.
07:33 On est d'accord, Louis Dragnel.
07:35 Donc la sécurisation de ces 150 à 200 établissements à haut risque
07:39 va faire l'objet d'une réunion avec les préfets, c'est bien ça ?
07:42 Absolument.
07:43 Et avec quoi ? Des décisions de portique à l'entrée ?
07:47 Oui. La difficulté, c'est que ça coûte quand même très cher,
07:50 donc il faut mobiliser des ressources.
07:53 Aujourd'hui, on le sait bien, l'État est quand même très limité,
07:57 n'a plus du tout de gras dans son budget.
08:00 Et puis ensuite, je pense qu'il y a une vraie réflexion philosophique à avoir
08:03 sur la société qu'on souhaite avoir.
08:05 Est-ce qu'on souhaite avoir des écoles devant lesquelles
08:08 il y a des policiers systématiquement, avec des vitres blindées,
08:11 avec des alertes anti-intrusion partout ?
08:13 Ou est-ce qu'enfin, on se pose la question des racines du mal,
08:16 des racines du problème ?
08:18 C'est quoi, les racines du problème ?
08:20 Ça va être sur l'éducation, s'intéresser vraiment aux causes du mal.
08:24 Parce que sinon, si vous élargissez cette solution
08:29 à tous les champs de la société,
08:31 vous mettez un policier derrière chaque habitant,
08:34 dès qu'il y a des femmes dans le métro, dans le train, dans les transports en commun,
08:37 il faut systématiquement une escorte policière.
08:39 C'est pas ça, la solution.
08:41 - Un dernier mot sur le champ de compagnie.
08:43 - Les commissaires et les préfets à qui j'en parle, en offre,
08:45 me disent que tous les jours, on nous sort une priorité.
08:49 Les lieux de culte, les transports, demain les écoles,
08:52 ils n'ont pas les moyens.
08:54 Donc ils font des rondes.
08:56 Ils ne pourront pas faire de statiques.
08:58 - Ils ont plus de dynamique.
09:00 Ils passent de temps en temps, ils tapent à la porte pour dire "on est passé".
09:03 Donc on a un vrai sujet aussi, à force de multiplier les priorités,
09:07 on n'est plus capable de les assurer.
09:09 - Je vous propose d'écouter notre envoyé spécial Audrey Perteau et Florian Paume.
09:13 Ils se trouvaient devant les lycées de Sèvres, il y a quelques instants,
09:17 où il y avait beaucoup d'inquiétude du côté des lycéens.
09:19 Ils nous expliquent cela.
09:21 - Ici, dans ce lycée, Jean-Pierre Vernon à Sèvres,
09:25 c'était une journée très particulière.
09:27 La moitié des élèves ne sont pas venus en cours ce matin.
09:31 Entre 11h et 15h, c'est même les trois quarts qui ne se sont pas rendus en classe.
09:36 Pourquoi ? Parce qu'entre 11h et 15h, c'était le moment où l'auteur du mail devait passer à l'atte.
09:44 Ce mail a vraiment semé la terreur dans ce lycée de Sèvres.
09:49 Surtout la vidéo qui est accompagnée de ce mail,
09:52 puisque c'est une vidéo où l'on voit deux hommes en train de se faire décapiter.
09:56 C'est une vidéo qui a particulièrement choqué les élèves.
10:00 On a quand même pu échanger avec certains d'entre eux,
10:03 notamment Mohamed, je vous propose de l'écouter.
10:06 Ses parents n'ont pas voulu qu'il se rende à l'école.
10:09 - J'ai montré ce mail à mes parents.
10:11 On a eu un peu peur au cas où ce qui a été écrit dans le mail était véridique.
10:18 Du coup, je n'ai pas décidé de venir le matin.
10:20 Ma mère a appelé quelques amis à elle.
10:22 Elle avait envoyé ses fils au lycée.
10:25 Elle a dit que pour l'instant, tout était sous contrôle.
10:28 Du coup, je pouvais venir tranquillement.
10:30 - La nuit dernière, une équipe de démineurs est venue
10:33 pour s'assurer qu'il n'y avait pas de bombes, pas d'explosifs,
10:37 pour que les cours puissent tout de même avoir lieu aujourd'hui.
10:41 Depuis ce matin, il y a également une présence policière autour de l'établissement
10:46 avec une voiture qui vient s'installer juste devant le lycée à chaque sortie de classe
10:52 pour s'assurer que tout se passe bien.
10:54 - Merci beaucoup Audrey et Bertho pour ces précisions avec Florian Pau.
10:57 On va faire une petite pause et je vous précise que Marc Trévillique,
10:59 ancien juge anti-terroriste, sera notre invité à 18h40 sur CNews et sur Europe 1.
11:03 On va parler dans un instant des revues optempérées.
11:05 Il y a en ce moment même une marche blanche sur la Courneuve
11:08 en mémoire du jeune qui est mort la semaine dernière.
11:11 Et puis, on parlera aussi des menaces russes
11:13 et de l'escalade dans les termes entre l'Europe et la Russie.
11:17 Tout de suite.
11:18 - 18h19h sur CNews et Europe 1.
11:21 Punchline. Laurence Ferrari.
11:24 [Musique]

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