- il y a 2 ans
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour de Salhia Brakhlia et Renaud Dély.
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00:00Et ravie de vous retrouver pour Les Informer, on est ensemble en direct jusqu'à 9h30 sur France Info avec évidemment Renaud Delis.
00:14Bonjour Renaud.
00:14Bonjour Célia.
00:15Et autour de la table ce matin, nos informés. Sophie Dravinel, grand reporter au service politique du Figaro.
00:20Bonjour Célia.
00:20Bonjour Sophie.
00:21Bonjour Renaud.
00:21Sylvain Courage, directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Obs.
00:25Bonjour Sylvain.
00:25Bonjour.
00:26Renaud Delis, on commence tout de suite par ce mardi noir dans les transports aujourd'hui.
00:30Et oui, en tout cas en région parisienne, en Ile-de-France, des grèves en série, à la SNCF d'une part, qui perturbe le trafic des trains de banlieue et des RER.
00:39Mais aussi d'ailleurs une grève chez les personnels des aéroports de Paris.
00:43À un peu plus de deux mois des Jeux Olympiques, ces mouvements de grève sont en quelque sorte une façon de faire monter la pression de la part de ces personnels sur leur direction
00:53pour obtenir davantage de compensations ou de primes au regard du surcroît d'activité qui va être généré par les Jeux Olympiques.
01:00Il y a d'ailleurs eu ces dernières semaines, ces derniers mois, une succession de mouvements, une succession de négociations,
01:06qui ont en de nombreux cas d'ailleurs abouti à un certain nombre d'accords.
01:11Que penser de ce climat social bien particulier à l'approche des Jeux Olympiques ?
01:16Voici ce qu'en disait hier sur l'antenne de France Info Bernard Vivier, qui est directeur de l'Institut National du Travail.
01:23Dans une entreprise, qu'elle soit publique ou privée, quand un salarié pose un effort supplémentaire par rapport à son travail, il est normal qu'il y ait une prime.
01:33Mais nous vivons une absence de prise de responsabilité par les directions des entreprises et de la fonction publique.
01:40Aujourd'hui, nous avons des organisations syndicales qui engagent un bras de fer avec le gouvernement et ne respectent pas, disons-le aussi, la trêve olympique.
01:49Alors rappelons qu'il y a un certain nombre de préavis de grève qui ont été déposés et qui visent toute ou partie d'ailleurs de la durée des Jeux Olympiques.
01:56Des préavis à la RATP, chez les éboueurs de la ville de Paris, qui ont déjà obtenu un certain nombre de primes.
02:03Un syndicat de pilotes d'Air France a aussi déposé un préavis de grève juste à la veille de la cérémonie d'ouverture.
02:09Et puis il y a un autre préavis de la CGT fonction publique qui concerne l'ensemble des fonctionnaires et qui dure jusqu'au 15 septembre.
02:17Est-ce qu'il y a une forme de surenchère de la part de certaines organisations ?
02:21Et à qui la faute ? Est-ce que c'est aussi à cause de la direction de ces entreprises publiques, voire de l'exécutif ?
02:27Sophie Dravinel ?
02:28Ce qu'on peut constater déjà, c'est que chacune de ces organisations fonctionne en sillon.
02:34Quand on les voyait l'année dernière manifester tous ensemble de cœur contre la réforme des retraites,
02:39chacun ici, en tout cas c'est l'impression que cela peut donner, fonctionne un peu pour son organisation, pour son syndicat,
02:46j'allais dire un peu pour sa pomme.
02:48Chacun ses intérêts ?
02:49Chacun ses intérêts, évidemment, avec en arrière-plan les négociations qui ont été menées par M. Farando à la SNCF
02:56et qui ont d'ailleurs été reprises par Bruno Le Maire assez durement, qui a parlé d'un dysfonctionnement,
03:01parce que je le rappelle, la SNCF a obtenu des conditions de départ en retraite qui reviennent à ce qu'il y avait précédemment,
03:10avant la réforme des retraites, ce qui a beaucoup agacé le gouvernement.
03:15Et donc Bruno Le Maire qui a parlé de dysfonctionnement et que c'était très provoquant pour ceux qui ont accepté la réforme des retraites.
03:21Et on le voit chacune, un peu, des institutions, chacun des groupes,
03:26que ce soit les pilotes, que ce soit les cheminots, que ce soit...
03:31Et même toutes sortes de professionnels qui essayent, en tout cas, de mettre la pression,
03:38en deux raisons, évidemment, profitant des JO, mais aussi un peu en mesure de rétorsion, justement,
03:44par rapport à toutes ces manifestations, me semble-t-il, qu'il y a eu l'année dernière,
03:48et ils ont eu le sentiment que l'exécutif ne les écoutait pas,
03:51n'avait pas pris, n'avait pas tenu compte de ce que la rue pouvait dire, en nombre,
03:58parce qu'il y a eu, je vous le rappelle, des manifestations pendant des mois
04:01qui ont occupé toutes les rues parisiennes et pas seulement.
04:04Et là, on a le sentiment qu'évidemment, tout le monde profite des JO, mais aussi en vœu à l'exécutif.
04:10Mouvement de grève dans les transports franciliens, comment le gouvernement peut-il réagir ?
04:16Sylvain Courage, vous nous direz tout à l'heure ce que vous en pensez, tout comme Renaud Delis.
04:19Mais d'abord, c'est le Fil Info à 9h10. Mathilde Romagnan.
04:23La France soutient la Cour pénale internationale.
04:26Le procureur de la CPI réclame des mandats d'arrêt contre des dirigeants du Hamas
04:30et des dirigeants israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahou,
04:34pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis dans la bande de Gaza et en Israël.
04:40Les locations meublées touristiques dans le viseur des sénateurs.
04:44Ils examinent aujourd'hui une proposition de loi pour réguler le marché du logement courte durée,
04:49comme Airbnb, avec par exemple un taux d'abattement fiscal moins avantageux pour les propriétaires.
04:55Fortes perturbations du trafic des RER et des Transiliens aujourd'hui en Ile-de-France.
04:59Les agents SNCF sont en grève à la veille de négociations sur les primes accordées pendant les JO.
05:05Pour l'instant, la direction prévoit une indemnité de 50 euros brut par jour travaillé pour les cheminots.
05:11Vous avez jusqu'à minuit ce soir pour envoyer votre déclaration de revenu au format papier.
05:1713% de foyers fiscaux utilisent encore uniquement la version matérialisée.
05:22Pour la version en ligne, la date limite est fixée un peu plus tard en fonction du département dans lequel vous résidez.
05:29France Info
05:33Les informés, Renaud Dely, Saliha Brakia
05:39De retour sur le plateau des informés avec Sophie Dravinel, grand reporter au service politique du Figaro,
05:43avec Renaud Dely aussi, et Sylvain Courage, directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Obs.
05:47On parlait de la mobilisation aujourd'hui dans les transports franciliens,
05:51les syndicats qui se mobilisent sur le timing choisi, deux mois avant les JO.
05:56Est-ce qu'on peut dire que les entreprises qui font face à ces salariés, qui se mobilisent,
06:00vont devoir à un moment plier face aux exigences, face aux revendications ?
06:04Il est évident que le temps joue pour les grévistes et les syndicats,
06:08puisqu'au fur et à mesure qu'on se rapproche des JO, il faut trouver un arrangement.
06:14On ne va pas compromettre un événement de cette importance pour des questions d'intendance.
06:19Les entreprises qui ont anticipé, à mon avis, ont bien fait,
06:22parce qu'elles ont négocié dans des conditions plus sereines.
06:26Celles qui tardent, ça risque d'être douloureux, particulièrement à la SNCF.
06:30Comme l'a rappelé Sophie tout à l'heure, le PDG, M. Farandou, a été remercié
06:35parce qu'il avait été trop accommodant avec les syndicats concernant les fins de carrière des cheminots.
06:42Maintenant, que doit-il faire ? Il est face à la revendication d'une prime JO,
06:48qui, je crois, a été proposée à 50 euros par jour.
06:51Les syndicats estiment que c'est insuffisant.
06:53Je pense que M. Farandou va se faire un plaisir de se tourner vers son ministre de tutelle
06:57pour lui dire « Monsieur, débrouillez-vous ».
06:59Et donc, c'est effectivement le gouvernement qui est en première ligne.
07:01Et ça, ça peut être vraiment douloureux, politiquement et financièrement pour l'État.
07:07Oui, rappelons qu'en l'occurrence, le PDG Farandou est toujours en poste.
07:11Oui, mais il s'en va après les JO.
07:13Après les JO, il ne sera pas renouvelé.
07:16On le sait déjà, effectivement, c'est lié à cet accord.
07:18Et d'ailleurs, les cheminots franciliens qui se mettent en grève aujourd'hui
07:24le font à la veille d'une réunion qui est supposée être conclusive quant à la définition de ces primes.
07:30Donc, très clairement, l'objectif est là.
07:32Et ce à quoi on assiste, depuis déjà plusieurs semaines ou plusieurs mois,
07:34c'est vrai qu'il y a une forme d'effet d'entraînement, un effet boule de neige.
07:36Une des toutes premières corporations à avoir obtenu une prime, c'était les forces de l'ordre,
07:40les gendarmes et les policiers.
07:42Ça, Gérard Manin l'avait annoncé dès la fin du mois de janvier.
07:45La prime n'a pas encore été versée.
07:47Mais en l'occurrence de l'ordre qui peut aller jusqu'à 1900 euros bruts.
07:51Mais ça n'est pas lié.
07:53Ça dépend de la mobilisation.
07:55On le sait, évidemment, c'est une corporation qui va être sur-sollicitée pendant la période des JO.
07:58Et depuis, il y a eu une forme d'effet d'entraînement.
08:00Ce qui veut dire que les contrôleurs aériens ont obtenu des augmentations de salaire assez conséquentes.
08:05D'autres catégories ont d'ores et déjà obtenu des primes.
08:10Les soignants, les hôpitaux.
08:13Il est légitime que des corporations qui font face à un surcroît d'activité pendant une période,
08:21qui parfois même doivent repousser, voire annuler leurs vacances,
08:25bénéficient de compensations, de primes, etc.
08:28Tout ça est parfaitement légitime.
08:30Effectivement, tout le monde pouvait s'y attendre.
08:32Ce qui est frappant, me semble-t-il, dans ce phénomène,
08:34et notamment dans ce phénomène de boules de neige,
08:36c'est que ça illustre d'une part une forme de dégradation du climat social
08:41qui fait que pour certains syndicats, pas tous,
08:44d'ailleurs ils ont parfois des positions différentes,
08:46mais le préavis de grève est un préalable à toute ouverture de discussion, de négociation.
08:53Il y a des branches dans lesquelles ça a été le cas.
08:56C'est-à-dire qu'on dépose d'abord un préavis de grève
08:58et ensuite on voit si la direction a quelque chose à proposer.
09:00Parfois même on rentre dans le mouvement.
09:02Et ça c'est quand même une manifestation, c'est assez typiquement français en tout cas,
09:06qui n'est pas forcément très efficace en termes de négociation sociale.
09:11Voilà, c'est pas très sain.
09:13Après on peut dire que c'est aussi de la faute des directions,
09:15mais en l'occurrence ce sont certaines organisations qui font ça.
09:18Et puis de l'autre côté, on voit effectivement un affaiblissement d'un gouvernement
09:22plutôt sur la défensive et qui semble gérer un peu à la petite semaine,
09:28au cas par cas, un certain nombre de grilles salariales,
09:32selon la pression qu'il subit.
09:34Donc ça ne donne pas l'impression d'une grande politique globale.
09:36Et d'ailleurs ce qui est intéressant c'est que,
09:38si vous tournez aujourd'hui du côté de Bercy pour avoir le montant de l'addition,
09:41la facture totale de toutes les primes, compensations et autres
09:44qui ont été annoncées depuis le début de l'année à la perspective des JO,
09:47Bercy est incapable aujourd'hui de vous préciser une addition vraiment très claire.
09:52Peut-être d'ailleurs parce que les caisses sont encore ouvertes.
09:55Mais d'ailleurs ce que disait Sylvain Courage tout à l'heure
09:57est intéressant parce que vous disiez
09:58ceux qui ont anticipé ont bien fait.
10:00Du côté des syndicats on dit
10:01ce qu'ils n'ont pas anticipé.
10:02En fait c'est presque une faute professionnelle du côté des chefs d'entreprise.
10:06Certainement du côté des directions des ressources humaines
10:09de ne pas avoir anticipé ça.
10:10Ensuite les syndicats jouent quand même un rapport de force.
10:13Donc c'est vrai que les usagers aujourd'hui des transports
10:18se disent que les JO, nous on va être embêtés pour circuler
10:23et on n'aura pas de primes.
10:24Et pas seulement les syndicats d'ailleurs.
10:26Et cette grogne, cette fatigue ne touche pas que l'Île-de-France
10:29parce que je voulais quand même signaler que demain,
10:31mercredi à Bergerac, les 18 agents municipaux de la police seront en grève.
10:36Alors évidemment sans gêner le passage de la flamme
10:38parce qu'il s'agit bien là aussi de toute la traînée de la flamme
10:42qui traverse la France et qui provoque des grèves
10:45ici ou là, à Toulon avant, à Toulouse aussi.
10:48Et aujourd'hui donc demain à Bergerac
10:50où les 18 agents municipaux seront en grève
10:52pour demander que les primes dont nous parlions précédemment
10:56soient inclus dans le calcul de leur retraite.
10:59Merci Sophie de nous amener en dehors de Paris et de Bergerac.
11:03Effectivement ce qui est intéressant, en plus que vous avez raison,
11:05c'est qu'un certain nombre de ces revendications et de ces mouvements
11:07se font entendre le long du parcours de la flamme olympique bien sûr.
11:10D'ailleurs là aussi, l'exécutif s'y attendait.
11:12On savait à partir du 8 mai de l'arrivée à Marseille de la flamme olympique
11:15qu'un certain nombre de revendications allaient suivre la flamme.
11:19Renaud, l'autre sujet d'actualité qui domine ce matin
11:22c'est la Cour pénale internationale
11:23qui doit se positionner sur des mandats d'arrêt
11:25à l'encontre de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien
11:28mais aussi des dirigeants du Hamas.
11:30Voilà, le procureur de la Cour pénale internationale
11:32qui a requis donc hier des mandats d'arrêt pour crimes de guerre
11:34et crimes contre l'humanité
11:35contre trois des principaux dirigeants du Hamas.
11:38Ismail Haniyeh qui est le chef politique,
11:41Mohamed Deuf qui est le commandant des brigades Al-Aqsam,
11:45la branche armée du Hamas,
11:46mais aussi le chef du Hamas dans la bande de Gaza
11:49accusé donc de porter la responsabilité évidemment
11:53des crimes contre l'humanité liés au massacre antisémite du 7 octobre
11:58mais aussi donc des réquisitions du même ordre
12:01contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou
12:03et son ministre de la Défense Yoav Galand
12:06donc au regard de la réplique israélienne dans la bande de Gaza.
12:10Cette requête a déclenché évidemment la colère
12:12de Benyamin Netanyahou et d'Israël
12:13mais aussi des États-Unis
12:14par la voix de Joe Biden en particulier.
12:17L'Allemagne, elle a regretté une décision
12:19qui donne, dit-elle, une impression fausse d'équivalence
12:22mais la France, elle, a fait savoir
12:24qu'elle soutient la Cour pénale internationale
12:26et son indépendance
12:28et certains élus,
12:29comme le député européen Renaissance Bernard Guetta
12:32qui était l'invité de France Info hier,
12:34trouvent d'ailleurs légitime
12:36que la CPI envisage des poursuites
12:39à la fois contre les dirigeants du Hamas d'une part
12:42et contre le Premier ministre israélien d'autre part.
12:45Il y a bien assez, hélas,
12:49de suspicions de crimes de guerre
12:52depuis la fin octobre.
12:54Ce gouvernement bombarde
12:56sans aucune pitié,
12:58sans aucun respect de quoi que ce soit
13:00la population de Gaza.
13:02Et il faudrait s'étonner,
13:04moi je ne m'en étonne pas,
13:06que le procureur de la Cour pénale
13:08veuille engager des poursuites
13:10contre les hommes responsables
13:12de ces deux crimes.
13:14Alors, pourquoi ces réquisitions
13:16de la part du procureur de la CPI ?
13:18Est-ce que c'est une façon de renvoyer dos à dos
13:20un État démocratique israélien
13:22et une organisation terroriste le Hamas ?
13:24C'est un des objets de la polémique.
13:25Et puis s'agit-il de réquisitions juridiques
13:27ou politiques ?
13:28Et quelles peuvent être les conséquences
13:30en particulier des réquisitions
13:32qui visent Benyamin Netanyahou ?
13:34Je vous propose d'en parler juste
13:36après le fil info de 9h20.
13:37Mathilde Romagnin.
13:39L'Australie et la Nouvelle-Zélande
13:41ont affrété deux vols d'évacuation
13:43de leurs ressortissants bloqués en Nouvelle-Calédonie
13:45après une semaine d'émeute.
13:47Des militaires vont être sollicités
13:49pour protéger les bâtiments publics
13:51de l'archipel.
13:52Sur place, la Chambre de Commerce et d'Industrie
13:54chiffre les dégâts à au moins
13:561 milliard d'euros pour les entreprises locales.
13:58Grève aujourd'hui des agents SNCF
14:00dans les transports en commun
14:02d'Île-de-France à la veille de négociations
14:04sur les primes pendant les Jeux Olympiques.
14:06Forte perturbation donc
14:08à prévoir aujourd'hui sur la circulation
14:10des RER et des trains de banlieue francilien
14:12avec par exemple
14:141 RERD sur 5
14:16et uniquement aux heures de pointe.
14:18EDF et son ancien PDG
14:20sont jugés à partir d'aujourd'hui
14:22à Paris pour des soupçons de favoritisme.
14:24Avec 12 autres personnes,
14:26ils sont accusés d'avoir conclu
14:28des contrats de consultants
14:30sans aucune mise en concurrence
14:32entre 2010 et 2016.
14:34C'est l'acteur belge Matthias Schönaerts
14:36qui incarnera Johnny Hallyday
14:38dans le biopic consacré aux chanteurs.
14:40On l'apprend ce matin.
14:42Le film s'appellera « Que je t'aime »
14:44réalisé par Jalil Lespert,
14:46sorti au cinéma prévu en 2026.
15:00Les informer continue avec Sophie Dravinel,
15:02grand reporter au service politique du Figaro,
15:04Sylvain Courage, directeur adjoint
15:06de la rédaction du Nouvel Obs et Renaud Dely.
15:08Sylvain, sur la demande du procureur
15:10de la CPI, la Cour pénale internationale,
15:12de demander des mandats d'arrêt
15:14à l'encontre de Benjamin Netanyahou,
15:16de son ministre de la Défense
15:18et de trois dirigeants du Hamas,
15:20on a vu que les réactions étaient différentes
15:22d'un pays à l'autre.
15:24Les Américains considèrent que c'est une décision scandaleuse,
15:26une réquisition scandaleuse,
15:28alors que du côté français,
15:30on soutient la Cour pénale internationale,
15:32son indépendance et la lutte contre l'impunité
15:34dans toutes les situations.
15:36Comment expliquer la réaction de ces deux pays
15:38qui sont amis d'Israël ?
15:40Formellement, on peut l'expliquer par le fait que la France
15:42respecte la séparation des pouvoirs.
15:44C'est une Cour pénale internationale, soutenue par la France,
15:46un magistrat. En principe,
15:48l'exécutif n'a pas à commenter
15:50les décisions du procureur.
15:52Dans le cas des Etats-Unis,
15:54au contraire, c'est un commentaire très politique.
15:56C'est-à-dire que la séparation des pouvoirs,
15:58on s'en fiche, on s'aligne
16:00en soutien d'Israël,
16:02parce qu'évidemment, c'est une mise en cause très grave
16:04du gouvernement israélien
16:06à travers son Premier ministre
16:08et son ministre de l'Intérieur.
16:10On peut remarquer, au passage, que l'administration de Joe Biden
16:12avait approuvé la même requête
16:14concernant Vladimir Poutine,
16:16mais qu'elle condamne quand il s'agit d'Israël.
16:18Ça, ça va alimenter
16:20chez tous ceux qui contestent
16:22l'action israélienne
16:24à Gaza.
16:26Qui parle de deux poids, deux mesures aussi.
16:28Dans l'idée du deux poids, deux mesures, à la fois les opinions,
16:30l'opinion américaine, on sait que Joe Biden
16:32est quand même très menacé par ce mouvement
16:34de contestation de son alignement
16:36avec Israël, et puis aussi
16:38ce qu'on appelle le sud global, c'est-à-dire tous les pays
16:40qui vont soutenir la CPI, parce que
16:42justement, ils veulent que
16:44le crime
16:46et les atteintes aux conventions
16:48internationales soient poursuivies
16:50tous azimuts, quels que soient
16:52les pays qui les ont perpétrées.
16:54Si je peux me permettre, une toute petite nuance,
16:56puisque nous sommes là pour débattre,
16:58aussi, ce que
17:00vous appelez le sud global,
17:02et je pense qu'il va y avoir, de la part
17:04de la Russie, puisque vous parliez très justement
17:06du mandat
17:08d'arrêt déposé contre Vladimir
17:10Poutine l'an dernier,
17:12en mars 2023,
17:14et que ce mandat d'arrêt contre Vladimir
17:16Poutine va quand même,
17:18à mon avis, susciter une vague de
17:20réactions contre la Cour pénale internationale.
17:22Aujourd'hui, ils vont profiter
17:24pour les affaiblir aussi, une campagne
17:26de déstabilisation, dans laquelle
17:28pourrait s'engouffrer aussi, d'ailleurs, l'Iran,
17:30vu la déstabilisation actuelle
17:32du pays, avec la mort du président,
17:34et l'ambiance
17:36d'obsèques en ce moment.
17:38Ce qui se passe, c'est que
17:40cette CPI est fragile. Elle est fragile
17:42parce que, d'ailleurs, le communiqué de la France,
17:44France Diplomatie, est assez
17:46mi-figue, mi-raisin pour moi. C'est-à-dire qu'ils disent,
17:48très bien, nous respectons ce qui a été dit,
17:50mais nous attendons que
17:52la Chambre préliminaire, c'est-à-dire que les juges
17:54qui vont être saisis, parce qu'aujourd'hui, il ne s'agit
17:56que d'une demande
17:58qui a été faite par le procureur
18:00Karim Khan, et qu'il avait
18:02cette demande, elle ne vient pas
18:04de nulle part, ce n'est pas une surprise, ça fait plusieurs
18:06mois, ça fait longtemps,
18:08depuis 2014, que les choses sont engagées,
18:10d'ailleurs, pas seulement depuis le 7 octobre,
18:12que la CPI a reconnu,
18:14a accepté de prendre
18:16la question de la Palestine sous sa responsabilité,
18:18et là, aujourd'hui, il va y avoir des
18:20fortes déstabilisations, évidemment, venant d'Israël,
18:22mais la France,
18:24dans son communiqué, selon moi,
18:26pousse vers une situation, vers une
18:28résolution politique, comme d'ailleurs,
18:30certains qui avaient critiqué le mandat
18:32d'arrêt contre Vladimir Poutine l'an dernier,
18:34l'avaient souhaité, en disant, c'est pas
18:36par des jugements de cette façon qu'on va
18:38réussir, mais il faut
18:40une solution politique, etc.
18:42Et donc là, évidemment, on va vers
18:44ça, on va voir ce que vont dire les trois juges,
18:46d'ici, les trois juges, trois femmes, d'ailleurs,
18:48qui ont été... – D'ici trois semaines, à peu près.
18:50– D'ici deux, trois semaines, on va voir ce qui va se passer,
18:52mais on peut se poser deux questions,
18:54est-ce que oui ou non, si jamais
18:56cette chambre devait donner,
18:58confirmer la demande,
19:00est-ce que ça aura un effet sur le
19:02gouvernement Netanyahou,
19:04ou est-ce que ça ne va pas risquer,
19:06d'ailleurs, ce qu'on a vu depuis 24 heures,
19:08de renforcer la coalition
19:10politique autour de Benjamin Netanyahou,
19:12puisque Israël est un pays
19:14qui a le sentiment, qui a un sentiment, une réalité
19:16d'être assiégé, et donc
19:18de renforcer, au contraire,
19:20le pouvoir politique autour
19:22de Benjamin Netanyahou dans la coalition,
19:24rappelons-le, est assez fragile avec Nesset.
19:26– Renan. – Je crois que
19:28la réaction de la France, moi,
19:30elle me semble, au contraire, extrêmement précise
19:32et extrêmement judicieuse, parce que, quand on regarde
19:34le communiqué à la préservation de la France, elle distingue
19:36précisément
19:38la dimension juridique et la dimension politique
19:40de cette affaire. La France, donc, soutient
19:42ces pays, son indépendance, la lutte contre
19:44l'impunité dans toutes les situations, vous l'avez dit,
19:46et puis la France rappelle dans ce communiqué
19:48qu'elle a condamné, dès le 7 octobre, les massacres
19:50antisémites perpétrés par le Hamas
19:52qui a revendiqué des attaques
19:54barbares dirigées contre des civils,
19:56et concernant Israël,
19:58la France, effectivement,
20:00juge qu'il reviendra à la chambre préliminaire
20:02de la CPI de se prononcer sur la délivrance
20:04de ce mandat qui vise Benjamin Netanyahou.
20:06Juridiquement, ça me semble
20:08impeccable, et sur le plan politique, ça ne renvoie
20:10pas dos à dos, justement, ça c'est l'autre
20:12objet de la polémique, un État
20:14démocratique et une organisation terroriste.
20:16Ensuite, nul n'est au-dessus des lois,
20:18et évidemment que Benjamin Netanyahou
20:20devra lui aussi répondre
20:22de ses actes devant la justice, y compris
20:24devant la justice internationale, le moment venu, et c'est bien
20:26la position de la France, qui me semble-t-il
20:28à raison de la rappeler. Ensuite,
20:30comme on le disait, ce sont des réquisitions,
20:32donc maintenant, on va voir ce que décideront
20:34les juges de la CPI. Sur la
20:36différence de réaction entre la France et les Etats-Unis,
20:38c'est clair, la France a une réaction
20:40juridique, elle défend l'indépendance de la CPI,
20:42ça tient aussi au fait que la France
20:44a signé et ratifié le statut de Rome qui
20:46crée la CPI, ce que n'a pas fait les Etats-Unis.
20:48Les Etats-Unis ne l'ont pas ratifié.
20:50Donc sur le fond, il me semble d'ailleurs
20:52que ces réquisitions, elles sont d'un point de vue
20:54juridique, ouvertes à débat, et c'est
20:56sain, c'est très sain aujourd'hui
20:58que ce débat existe d'un point de vue
21:00juridique devant la CPI. Il me semble
21:02quand même que ces réquisitions hier posent
21:04deux petits problèmes.
21:06Alors l'un, c'est une coïncidence
21:08malheureuse, mais c'est qu'elle s'est
21:10survenue le jour où le Conseil de sécurité de l'ONU
21:12a observé une minute de silence à la mémoire
21:14du président iranien Raïssi, lequel...
21:16... mort accidentellement dans un crash d'hélicoptère.
21:18... lequel, président Raïssi,
21:20a notamment déclenché une attaque inédite
21:22contre Israël il y a quelques semaines
21:24avec des centaines de drones et de missiles.
21:26Et rappelons que le régime des Mollahs
21:28préconise toujours la destruction de l'Etat d'Israël.
21:30Donc on peut comprendre l'émotion de cette
21:32coïncidence dans le temps que ça a pu provoquer
21:34du côté israélien, bien sûr.
21:36L'autre souci, me semble-t-il,
21:38ce n'est pas le fond de ces deux réquisitions,
21:40c'est le fait de les avoir prises le même jour.
21:42Pour éviter, justement, cette polémique sur
21:44un éventuel renvoi dos à dos
21:46du Hamas et d'Israël, pourquoi ne pas avoir
21:48déclenché des réquisitions à l'endroit du Hamas
21:50il y a déjà plusieurs mois ? Pourquoi pas il y a deux ou trois mois ?
21:52Les massacres remontent au 7 octobre.
21:54Pourquoi est-ce que le procureur de la CPI
21:56a attendu hier ? Et ce qui ne l'empêchait pas,
21:58si ces réquisitions avaient été déposées envers le Hamas
22:00il y a trois ou quatre mois, de prendre
22:02ensuite des réquisitions à peu près du même ordre
22:04contre Benyamin Netanyahou, au vu de
22:06l'ampleur et du caractère sanguinaire
22:08de la riposte israélienne. Le problème, c'est
22:10d'annoncer cette décision
22:12le même jour, ce qui
22:14nourrit, justement, cette polémique politique.
22:16Et justement, en réaction, Benyamin Netanyahou
22:18parle de décisions scandaleuses,
22:20il parle même d'un nouvel antisémitisme
22:22étendu des campus occidentaux
22:24vers la cour de la haie, dit-il.
22:26Il met de l'antisémitisme là-dedans.
22:28Oui, ça c'est une réaction très
22:30polémique, mais effectivement
22:32le fait de joindre les deux affaires
22:34qui sont différentes,
22:36les deux états sont différents,
22:38les dirigeants sont pas les mêmes,
22:40les reproches qu'on pourra leur faire doivent être spécifiques
22:42et donc effectivement, il faut dissocier les deux.
22:44Là, Netanyahou fait
22:46plutôt de la grande confusion. Sachant que
22:48Karim
22:50le procureur
22:52Karim Khan souhaite que
22:54toutes les victimes, il l'a dit dans son réquisitoire,
22:56soient mises au même niveau, et je pense
22:58ce qui justifie son souhait
23:00d'un jugement, sachant
23:02que d'autres viendront ailleurs
23:04et que cet exemple-là
23:06est assez emblématique à l'international.
23:08Merci beaucoup, merci à tous les trois. Sophie Dravinel,
23:10grand reporter au service politique du Figaro.
23:12Votre quotidien qui titre aujourd'hui
23:14sur la loi Fin de Vie.
23:16Les députés qui font tomber les gardes fous.
23:18Article à lire
23:20dans le Figaro ce matin.
23:22Sylvain Courage, directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Obs.
23:24Le piège Bardella, c'est la une
23:26de la semaine. Une qu'a agacée
23:28Jordan Bardella, puisqu'il en a même fait une.
23:30On peut pas faire plaisir à tout le monde.
23:32Il a dit que vous avez sorti la photo qui fait peur.
23:34Merci beaucoup, merci Renaud.
23:36Les informations de retour
23:38ce soir à 20h avec Bérangère Bonte.