00:00En tout cas, je parie la messe sur le feu qu'ils ne pourront aller loin.
00:04Le Gabon est au ras des patrètes, il faut le redresser et ce n'est pas les militaires qui pourront le redresser.
00:10Ando Ossa a-t-il eu tort d'avoir raison trop tôt ?
00:13C'est la question qui se pose à l'analyse des récentes prévisions du FMI.
00:18Il faut dire qu'en annonçant quelques mois après l'adoption de la loi de finances 2023,
00:23que celle-ci était une catastrophe, l'économiste avait suscité la polémique.
00:28Mais à y regarder de plus près, avec des déséquilibres budgétaires qui se sont considérablement aggravés
00:33du fait des importants déficits hors pétrole en 2022-2023,
00:38qui ont conduit à une accumulation rapide d'arriérés et ont porté la dette publique
00:42à environ 70,5% du PIB au-dessus du plafond de la CEMAC, pesant sur l'accumulation des réserves,
00:49comme l'affirment les administrateurs du Fonds.
00:52Il semblerait que l'ancien candidat consensuel de l'opposition avait bien raison
00:56en évoquant cette catastrophe.
00:58En effet, toujours sur la base des conclusions du Fonds au titre de l'article 4 des consultations,
01:03dans l'avenir, les perspectives seront confrontées à des risques majeurs.
01:07Mieux, la diminution progressive de la richesse pétrolière pesant sur les prévisions de croissance à long terme
01:13et sur la position extérieure du pays accentue les risques de surendettement,
01:17voire, dans un scénario catastrophe, les risques de cessation de paiement.
01:21Un aspect d'ailleurs renforcé à l'heure actuelle par l'usage excessif des fonds de souveraineté
01:26par nos actuels dirigeants qui, sur fonds de populisme,
01:29multiplient les promesses qu'ils financent à coups de milliards de francs CFA,
01:33à l'image des 7 milliards de francs CFA par province décaissés à chaque tournée,
01:38ou du retour inopportun des bourses au secondaire qui devraient engloutir 12 milliards de francs CFA par an,
01:45sans tenir compte des réalités économiques.
01:47Une catastrophe !
01:49Si l'on y ajoute la diversification au ralenti de notre économie,
01:52des subventions mal ciblées qui n'entretiennent que le train de vie des plus nantis,
01:56à l'image des subventions au carburant, comme le soulignait d'ailleurs la Banque mondiale il y a un an,
02:01le maintien sous oxygène financier de ces structures publiques à la fois inefficaces,
02:06improductives et budgétivores pour servir de variable d'ajustement,
02:11la hausse conséquente et déjà actée de la masse salariale,
02:14le rachat impulsif des actifs d'Assala Energy,
02:17c'est toute notre économie qui devrait ressentir le contre-coup de ces dérapages budgétaires,
02:22substantiels, entretenus depuis des décennies.
02:25Des dérapages qui sont d'ailleurs toujours autant entretenus,
02:28vu que le ratio dette-PIB devrait se situer autour de 70,9% en 2025,
02:33dans un contexte où la croissance ne devrait être que de 2,7%,
02:37une autre catastrophe en perspective.
02:40A deux multiples égards donc, en tirant la sonnette d'alarme dès 2023
02:44sur le caractère erroné du budget de l'État,
02:46Albert Ondossa avait semble-t-il anticipé toutes ces difficultés
02:50auxquelles devra faire face notre économie dans un avenir proche.
02:54Entre risques de défaut de paiement de la dette,
02:56comme le souligne la Beste,
02:5788% du montant déboursé sur ce poste en avril,
03:01comparativement au mois précédent, absence de réelle stratégie de développement,
03:05gouvernance toujours aussi problématique,
03:07avec plusieurs interférences de l'exécutif,
03:10difficile pour l'heure de statuer sur la réelle trajectoire de notre économie.
03:15Encore une catastrophe !