00:00— Qui prend la parole au G7. — Sur l'aide qui a été décidée ici, sur les instructeurs, sur les mirages. Un gouvernement, dans quelques semaines,
00:07pourrait prendre le pouvoir en France, qui serait moins allant sur l'Ukraine. En quoi vous convainquez vos homologues que la parole engage la France ?
00:17— Parce qu'ils connaissent notre Constitution. Et ils savent quelles sont les compétences et le rôle d'un président en France sur les sujets internationaux
00:24de défense, d'une part. Et donc il n'y a pas de doute. Et personne, d'ailleurs, ne m'a posé cette question. Et ensuite, parce que nous sommes au début
00:32d'un processus électoral. Et comme je le rappelais à vous et vos collègues hier, c'est étrange en quelque sorte d'en tirer les conséquences tout de suite.
00:42— Ce sont des questions légitimes à partir du moment où il y a un jeu électoral. — Mais c'est vrai. Mais j'ai eu l'occasion de faire plusieurs sommets
00:48au moment où il y a des législatives. Sinon, ce ne serait pas le président qui serait à ces sommets. Ce sont les systèmes constitutionnels qui décident
00:55de qui est à ces sommets. C'est pas un hasard si c'est le président de la République et pas le Premier ministre qui est au G7, qui est dans ces sommets internationaux.
01:01C'est que la parole de la France est engagée par le président de la République. Et je vous rassure, le président de la République ne changera pas jusqu'à l'été 2027.
01:08— Est-ce que vous avez reparlé avec M. Zelensky, justement, de l'envoi d'instructeurs français ou européens, d'ailleurs ? Et puis la question des Mirages,
01:14parce que lui, il doit commencer à douter un petit peu. — Non, pas du tout. — Est-ce que la France peut faire... Vous continuez à travailler dessus ?
01:18— Bien sûr. Mais c'est-à-dire que les choses qui ont été engagées... Mais je vous invite vraiment juste à suivre ce que je viens de dire. Il n'y a rien qui est remis en cause du tout.
01:26Et donc les choses avancent comme elles ont été décidées. Sur le premier point, j'ai été clair aussi sur ce qui était décidé, ce qui ne l'était pas
01:33dans la conférence de presse longue que nous avons donnée avec le président Zelensky. — M. le président... — Et concrètement, comment le grand emprunt va fonctionner ?
01:39Est-ce que c'est la France qui va prendre un emprunt, l'UE, les États-Unis ? — Alors là, c'est un engagement qu'a pris le G7 de manière solidaire.
01:46Donc ça va être réparti par cote-part de chacun. D'ailleurs, ça vient en plus de ce que les Européens ont déjà fait en début d'année.
01:53Et donc maintenant, les mécanismes sont travaillés par nos ministres des Finances, qui auront à définir comment le faire.
01:59Ce sont en fait des sociétés qui vont aller chercher de la dette sur les marchés. Et il y aura des mécanismes de garantie de cette dette qui seront décidés.
02:08Et il y aura une décision à prendre en Européens, les Américains de leur côté, les Canadiens, les Japonais. C'est un effort de l'ensemble des membres du G7.
02:16— M. le président, vous avez rappelé à l'instant qu'on était au début en France d'un processus électoral. Et vous avez dit vous-même hier qu'il fallait de la co-construction
02:24et que par exemple sur l'exemple de l'assurance-chômage, elle n'était pas intangible. Et pourtant, quelques heures après, votre Premier ministre
02:31vous a démenti en disant que le décret serait pris le 1er juillet, c'est-à-dire pendant la campagne. Donc est-ce que cela est vraiment un signal d'ouverture
02:38pour ceux qui doutent de voter pour vos convictions ? — Alors oui. Les deux sont compatibles. Simplement, il y a une articulation des temps.
02:44Le 1er juillet, sinon, il n'y a plus rien. Et donc le gouvernement a eu raison, responsabilité, puisque comme je le disais hier, cette réforme est assumée,
02:52de juste dire en cohérence le gouvernement étant en charge. Eh bien en cohérence, il prend la décision. Par contre, j'ai évoqué hier les éléments d'ouverture,
03:04de discussion qui pouvaient y avoir, enfin en fonction de qui sera prêt à discuter. Mais c'est donc cohérent, parce que sinon, vous n'aviez plus de système
03:12en vigueur au 1er juillet, compte tenu de l'échec. — Donc vous pourriez revenir, c'est ça ? — Je vais pas ici faire ni le travail du gouvernement
03:19ni le travail de ceux qui ont amené cette campagne. — M. le Président, une question sur la manière dont vous avez pris cette décision de dissoudre
03:25l'Assemblée nationale. Notamment, une photographie a été beaucoup commentée aujourd'hui, postée par votre photographe officielle, sur laquelle on voit
03:31les visages du Premier ministre, de la présidente de l'Assemblée nationale, de plusieurs ministres importants de votre gouvernement, graves,
03:38au moment où vous leur annoncez cette décision dimanche soir, 1 h ou 2 h avant votre allocution. Vous ne les consultez pas. En fait, vous les prévenez,
03:48puisque vous avez pris cette décision avec quelques conseillers. Est-ce que c'est sain, démocratiquement ? Vous avez dit que cette décision était importante
03:55pour redonner de la vitalité démocratique au pays. Est-ce que c'est sain, démocratiquement, qu'elle soit prise dans un Sénacle aussi restreint ?
04:01— Écoutez, j'ai pas l'habitude... Normalement, on commande pas les affaires nationales ici, mais alors encore moins les cuisines, surtout quand elles font l'objet
04:08de narrations des plus farfelues. La Constitution éclaire. Le président de la République, sur la base de l'article 12, consulte, ce que j'ai fait
04:17premier ministre, président de l'Assemblée, président du Sénat, et prend la décision. Il n'y a pas plus sain et plus démocratique que de demander
04:25au peuple de voter. Donc la décision que j'ai prise est la plus démocratique qui soit, je dirais, en elle-même. Et c'est cette confiance dans le peuple français.
04:35Et maintenant, ce qu'il faut, c'est plutôt... Je suis surpris, moi, de vos questions qui parlent de cuisine, de position, de perception.
04:42— C'est pas des cuisines. Ça concerne aussi les Français, la manière dont cette décision qui a des conséquences...
04:46— Non, ce qui concerne les Français, maintenant... Mais elle a été prise conformément à la Constitution, avec beaucoup de gravité de ma part,
04:52avec, vous l'imaginez bien, le sens du moment historique que nous vivons. Mais maintenant, à 17 jours du premier tour, vous croyez pas qu'il faut parler
04:59plutôt des programmes ? Vous croyez pas qu'il faut dire que ce qui affaiblirait la France, c'est d'avoir un gouvernement, en effet, qui n'a pas de programme
05:06de finances publiques, une incapacité à gouverner et beaucoup d'incohérence sur ces sujets ? C'est dans ce détail des questions qu'il faut rentrer.
05:13Quelle est votre politique sur le Proche-Orient ? Et je pense que le débat ne doit pas se poser sur savoir comment ça a été décidé, par qui et comment,
05:19avec des gens qui se poussent du col, des autres qui racontent n'importe quoi, etc., ce qui n'a aucun intérêt. Si on dit c'est historique, et ça l'est,
05:27à ce moment-là, de quoi s'agit-il ? Et quelles sont les propositions politiques qui sont sur la table ? Qui propose quoi pour la France, pour gouverner ?
05:36C'est ça la seule question qui vaille sur les 17 jours qui viennent, et dans laquelle tout le monde doit s'engager. Et c'est la seule qui doit faire l'objet de débats,
05:43pas des questions de cuisine, de positionnement. — Justement, vous faites assez régulièrement, de votre stature à l'international, un argument de campagne.
05:49Est-ce qu'aujourd'hui, vous n'êtes pas affaibli vis-à-vis de vos interlocuteurs ? — Non. Ben, je crois pas. Mes interlocuteurs sont tous des élus démocratiques.
05:55Ils ont tous dit c'est courageux. Ils disent tous c'est courageux. Et c'est à nous, après, d'avancer et de convaincre. Mais là aussi, je vous dis très sincèrement,
06:04si je n'avais pas fait, je n'avais pas pris cette décision, c'est en quelque sorte ne pas dire qu'on voit qu'il y a une colère qui s'exprime dans le peuple
06:12et lui demander simplement de pouvoir trancher par le vote les questions qui sont devant lui. Donc je ne considère pas du tout – et je suis surpris, là aussi,
06:20de la manière dont on l'approche, parce que demander au peuple de voter, c'est ça, la démocratie ? Mais maintenant, il faut que ce vote s'exprime en clarté.
06:31Et je pense que c'est pas moi qui ai de la force internationale, c'est la France. Et pourquoi la France a de la force internationale ? Parce qu'elle a une politique économique
06:40qui fonctionne, parce qu'on a créé 2 millions d'emplois depuis 7 ans, parce qu'on a réindustrialisé le pays, parce que là où il y avait eu 600 usines
06:49qui avaient fermé les 10 années qui passaient, on en a déjà ouvertes en net plus de 300. C'est-à-dire qu'on en a créé plusieurs centaines.
06:56Et donc cette force économique retrouvée... Parce que depuis maintenant 5 ans, on est le pays le plus attractif d'Europe, parce qu'on est le pays qui crée
07:04le plus de start-up, qui les fait le plus grandir. Donc tout ça, c'est une force. C'est le fruit de quoi ? De réformes et de politique économique.
07:11Ça tombe pas du ciel tout seul. Et donc ça, évidemment, c'est aussi au cœur du débat. Et je pense que tous nos compatriotes qui ont à cœur
07:19que la France soit forte à l'international doivent être cohérents dans leur choix et pouvoir assumer, soit de soutenir, soit de ressoutenir une politique économique
07:27qui permet à la France de créer des emplois, de créer de l'activité, d'être crédible à l'international. Et non pas une politique qui aura pour conséquence
07:34de faire monter les taux, qui aura pour conséquence de revenir en arrière sur des réformes qui nous ont renforcées, même quand elles étaient impopulaires.
07:42Parce qu'on est fort à l'international quand on assume aussi de faire des choses impopulaires. Mais à chaque fois, en étant transparent...
07:48Vous savez, j'ai fait des choses impopulaires. J'ai fait le grand débat au moment des Gilets jaunes. J'ai fait des choses impopulaires. Je me suis resoumis au vote
07:53des Françaises et des Français. On a fait des réformes impopulaires. Je pense qu'il était sain que les Françaises et les Français puissent se réexprimer.
07:59Mais moi, je n'ai jamais pris nos compatriotes pour des imbéciles. Et j'ai l'impression, dans le débat médiatico-politique qu'il y a aujourd'hui, qu'on dit au fond
08:07« Les gens vont faire quelque chose de terrible parce qu'ils sont fous ». Non. Les gens, ils vivent leur colère. Moi, je dis « Ça m'a pas fait plaisir, dimanche ».
08:15Ça fait 7 ans que je travaille comme un fou pour que le pays aille mieux, que les réformes avancent. Donc je l'ai pris pour moi, pour cette majorité.
08:24Ça m'a pas fait plaisir. Évidemment que ça m'a touché. Et j'ai dit « On doit absolument redemander aux Françaises et aux Français de clarifier ».
08:31Et leur dire aussi qu'on a compris. Il y a des choses qui vont changer. On a compris ce qu'ils disaient sur le ras-le-bol des questions d'insécurité,
08:37d'immigration. Il faut aller plus vite, plus fort. Il faut des choses, maintenant, massives. Ça doit changer plus fort sur le pouvoir d'achat dans certaines catégories,
08:44certaines régions, sur les difficultés de la ruralité, sur aussi le sentiment que la lutte contre les discriminations, le sentiment d'assignation résidente,
08:52ça bouge pas assez vite. Donc il y aura un jour d'après de ces élections. Et j'ai entendu le message. Mais je pense que c'est pas sain si j'avais juste dit
08:59« J'ai entendu le message », puis on continue comme avant. C'est pas ce que je veux faire. Mais en même temps, je veux qu'ils s'expriment dans ces élections législatives.
09:06— Mais est-ce que cette colère ne va pas gâcher un peu les Jeux olympiques ? Vous avez souvent dit...
09:10— Mais pourquoi voulez-vous que les Français les gâchent ? Parce que les Français, je pense qu'ils ont pas envie d'avoir des Jeux olympiques, justement,
09:17qui se présentent mal. Donc ils vont intégrer les Jeux olympiques dans leur choix. Moi, je pense que...
09:22— En juillet, on sera en pleine instabilité politique. — Mais pourquoi voulez-vous... On serait en instabilité politique si on n'avait pas tranché les choses.
09:28Les Françaises et les Français, ils vont voter le 30 juin et le 7 juillet. Les choses seront claires derrière. Et moi, je pense que les Françaises et les Français,
09:36en allant voter, ils vont se dire comment avoir une France plus forte. Est-ce qu'ils ont compris qu'on avait quand même une colère ? Le message est oui.
09:42C'est pour ça qu'on a fait la dissolution, pour vous dire ça va changer. Faites-nous confiance. J'ai pas juste dit on continue. On prend ce risque.
09:51On vous dit on va changer les choses. Il y aura un jour d'après. Et troisième chose, les Françaises et les Français, ils sont attachés à l'image de la France,
09:58sa capacité à recevoir le monde. Donc je pense qu'aussi, ils seront attachés à ce qu'il y ait une continuité des femmes et des hommes d'expérience qui sont là,
10:05qui ont préparé ces jeux depuis 7 ans, qui sont prêts à recevoir le monde, et pas des gens qui ne seront pas prêts du tout. Donc moi, je pense que les Françaises et les Français
10:15raisonnent comme vous. Mais ils se disent pas ça va être terrible parce que je vais choisir quelque chose qui est mauvais. Ils se disent justement il y a ces échéances,
10:21je vais les intégrer à mon choix et on va faire attention.
10:25– Mais pardon, quand vous dites que ça va changer, que ça va être différent, vous aviez dit exactement la même chose après votre réélection en 2022,
10:33après les législatives, vous aviez dit que votre slogan de campagne c'était avec vous, vous aviez dit on va faire différent avant, mieux consulter,
10:39les Français n'ont pas eu ce sentiment-là. Qu'est-ce que vous pouvez leur dire aujourd'hui sur le sentiment que ça va vraiment changer ?
10:43– Parce que les engagements que j'ai pris avec vous, je les ai tenus. Sur la fin de vie, une convention citoyenne qui a travaillé d'arrache-pied,
10:51qui a rendu ses travaux, qui les a intégrés, le lancement du Conseil national de la refondation et des conseils locaux, il y a eu des dizaines de milliers de projets
10:59qui ont été lancés sur la santé et l'éducation, partout, les rencontres de Saint-Denis, où j'ai intégré justement l'ensemble des formations politiques,
11:06donc le travail a profondément changé et il a changé à l'Assemblée, parce que la majorité, et je veux ici rendre hommage aux députés sortant de la majorité,
11:15a fait un travail remarquable avec les premiers ministres et gouvernements successifs, il n'y a jamais eu autant de propositions venant des oppositions
11:21qui ont été adoptées dans l'histoire de la 5ème, donc les choses ont profondément changé, mais ça ne suffit pas,
11:28c'est-à-dire que les engagements que j'ai pris en 2022, cette méthode nouvelle ne suffit pas, parce qu'on le voit bien, il y a une colère qui est là,
11:34parce que nos compatriotes, c'est le message que je reçois 5 sur 5, ils disent « ça ne va pas assez vite, ça ne va pas assez fort »,
11:40sur l'insécurité, l'impunité, les sujets migratoires, sur le pouvoir d'achat, et puis des autres aussi nous disent « ça ne va pas assez vite, ça ne va pas assez fort »,
11:48sur la lutte contre les discriminations, sur l'émancipation dans notre société, l'égalité des droits.
11:54Bon ben voilà, il faut faire ça, il faut aller beaucoup plus ambitieux sur un programme de lutte contre les assignations en résidence,
12:00parce que c'est ce que nous ont dit une partie aussi de nos compatriotes dans les quartiers, et aller plus vite sur ces questions très simples
12:06qui ont touché la ruralité, des villes périphériques, des villes moyennes.
12:10— Sur la méthode, pardon, qu'est-ce qui concrètement a changé ?
12:12— Sur la méthode, je continuerai ce qui a été fait, mais ce n'est pas la méthode dont je vous parle, c'est le fond, là.
12:15— Qu'est-ce que vous en pensez de la constitution du G7 sans l'ément avortement ?
12:21— Moi, je le regrette, vous connaissez la position de la France, mais c'est aussi ça qui dit, pour nos compatriotes qui se posent des questions en ce moment,
12:27parce que votre confrère Kellyanne soulève un point qui est important, on n'a pas les mêmes choix.
12:34La France, elle a intégré ce droit des femmes à l'avortement, la liberté de disposer de son corps dans sa constitution.
12:41Ce n'est pas les mêmes sensibilités qu'il y a dans votre pays aujourd'hui. La France, elle partage cette vision de l'égalité entre les femmes et les hommes.
12:49Ce n'est pas une vision qui est partagée dans tout le spectre politique. Je le regrette, mais je le respecte, parce que ça a été le choix souverain de votre peuple.
12:55Mais c'est celui qu'on continuera, nous, de défendre avec force.
12:59— Sur l'Europe, vous avez rencontré Ursula von der Leyen. Est-ce que vous avez discuté des postes clés à Bruxelles et des orientations futures ?
13:05— Alors, on a discuté en profondeur des orientations futures, avec vraiment... Je remercie d'ailleurs le président de von der Leyen d'avoir beaucoup nourri de notre travail, tout cela.
13:14Je vais la retrouver du coup d'ailleurs maintenant avec le chancelier Scholz, parce que je vois le protocole qui s'impatiente.
13:19— Oui. — On va discuter de tout ça en bon ordre.