00:00 que la gauche serait devenue raisonnable.
00:02 Et je regarde Etienne, j'adore son regard, on vous pose la question à tous les trois ce soir.
00:05 En 72 heures, socialistes, insoumis, écolos, communistes,
00:09 ont réussi à mettre sous le tapis les rancœurs.
00:11 Un accord pourrait être annoncé ce soir, devrait être annoncé ce soir,
00:16 à 17 jours des élections législatives.
00:17 Même Jean-Luc Mélenchon appelle à l'unité.
00:19 Quand on lui demande s'il veut débattre avec Gabriel Attal, avec Jordan Bardella,
00:23 il dit "Attendez, on verra qui sera le leader de cette nouvelle union,
00:27 pas moi, pas moi, terminez le bruit et la fureur".
00:30 La gauche raisonnable, réconciliée, c'est quand même un pari qu'on n'aurait pas tous osé prendre
00:33 au moment où Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l'Assemblée dimanche.
00:37 Est-ce qu'il pariait sur une gauche désunie d'ailleurs le président ?
00:40 Bruno Jeudy, quand il a annoncé la dissolution.
00:41 - Oui, bien sûr qu'il pariait sur une gauche désunie.
00:43 En fait, tous les paris qu'il a fait pratiquement lundi soir, ils étaient perdus déjà.
00:48 - Mais pour le coup, le seul pari rationnel, c'était celui-là.
00:51 - Oui, c'est-à-dire qu'il a espéré jusqu'au bout pouvoir décrocher des socialistes de cette nupes.
00:56 Et là, il y en a même plus qu'il y en avait en 2022.
01:00 C'est-à-dire que même Carole Delga ou Nicolas Ayrault-Lillard,
01:04 ils vont soutenir les candidats du Front Populaire.
01:06 Donc on voit bien.
01:07 Alors après, Front Populaire...
01:09 Comment ?
01:09 - Plus ou moins. Il y en a qui disent qu'ils vont faire un droit d'inventaire.
01:12 - Non mais plus ou moins.
01:13 Plus ou moins, mais on voit bien qu'il y a la reconstitution de deux blocs
01:19 et que Renaissance et ses alliés sont bien partis pour en faire les frais.
01:22 - Rocaille à la gauche qui arrive à se mettre d'accord, y compris sur Gaza, visiblement.
01:27 On a entendu Manon Aubry parler d'attaque terroriste du Hamas
01:30 il y a une heure sur cette antenne.
01:32 Ce n'est pas forcément le terme qui était employé lors des dernières semaines.
01:36 J'imagine que vous vous en félicitez, mais nos auditeurs,
01:39 ils doivent se dire, quand même, ils se tapaient dessus il y a encore quelques jours.
01:42 Comment c'est possible ?
01:43 - Oui, sauf qu'il y a des moments où il faut savoir dépasser les clivages de chapelle
01:48 pour vraiment faire face à une menace qui est évidente
01:50 du point de vue d'une personne de gauche, l'extrême droite.
01:53 Le Rassemblement National est issu du Front National qui a été fondé par des anciens nazis,
01:58 qui a été fondé par une personne qui est Jean-Marie Le Pen
02:00 qui s'est vantée d'avoir commis des tortures en Algérie.
02:03 Donc la matrice idéologique du Rassemblement National, c'est le racisme,
02:07 c'est le colonialisme et c'est l'antisémitisme.
02:09 Et c'est structurel, c'est un héritage qui n'a jamais été renié
02:13 ni par Jordane Bardella, ni par Marine Le Pen
02:17 et qui structure encore en grande partie les idées qui sont celles du Rassemblement National
02:20 dont le programme est quand même articulé autour de la préférence nationale
02:23 et du racisme, enfin de l'islamophobie aujourd'hui, et du rejet des immigrés.
02:28 Donc quand on est de gauche, une menace aussi forte sur nos libertés publiques,
02:32 évidemment intime le fait de mettre de côté des querelles de chapelle
02:36 parce qu'il sera toujours temps effectivement de se confronter
02:39 dans les différentes convictions qu'il peut y avoir à gauche
02:42 mais aujourd'hui l'urgence c'est vraiment de battre l'extrême droite.
02:44 - Etienne Gernel, "Alliance contre nature" disait Emmanuel Macron hier,
02:47 je sais que vous partagez ce point de vue mais stratégiquement parlant,
02:51 on va parler du fond mais d'abord sur la forme, stratégiquement parlant,
02:54 c'est quand même fort non de réussir à aller de Carole Delga à Philippe Poutou
02:58 pour sceller un accord en 72 heures ?
03:00 - C'est pas fort, c'est honteux, c'est scandaleux, c'est déshonorant.
03:04 Je pense que c'est un moment qu'il faudra garder dans l'histoire de France
03:07 de compromission, de honte.
03:10 On a un parti LFI qui a fait campagne sur Israël et sur les juifs,
03:14 et j'insiste sur les juifs parce qu'il y a des références permanentes
03:17 aux griffes, etc.
03:18 C'est en utilisant de manière extrêmement régulière la rhétorique antisémite
03:24 et de manière trop régulière pour que ce ne soit pas une stratégie.
03:27 La réalité c'est que s'allier, je trouve ça scandaleux qu'Eric Sothie s'allie avec Marine Le Pen,
03:33 la réalité c'est que s'allier aujourd'hui avec le LFI de Jean-Luc Mélenchon
03:36 c'est s'allier à Jean-Marie Le Pen.
03:38 Et puisque sur l'antisémitisme, ils ont sorti des choses qui sont comparables
03:42 à ce que disait Jean-Marie Le Pen à l'époque, vous vous souvenez du rafourc crématoire,
03:45 le détail, etc.
03:46 C'est une alliance avec Jean-Marie Le Pen.
03:48 Alors à l'intérieur de la gauche, je ne condamne pas tout le monde de la même manière.
03:51 Pourquoi ? Parce que d'abord, 1) dans LFI il y a des gens qui n'ont pas trempé là-dedans,
03:55 je cite Ruffin, Guérido, Corbière par exemple,
03:58 et puis parce qu'il y en a qui disent "on va faire un droit d'inventaire",
04:00 donc on va soutenir certains à qui on peut parler et d'autres pas.
04:05 Je ne sais pas, c'est très étrange comme truc, mais à la rigueur ça peut s'entendre.
04:08 Mais globalement, quand on écoute Olivier Faure,
04:10 c'est la soumission de la honte au parti du pire,
04:15 et je dis, la comparaison, je le dis, je le redis,
04:17 aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon sur la question de l'antisémitisme,
04:20 c'est l'équivalent non pas de Marine, de Jean-Marie Le Pen.
04:23 Donc c'est déshonorant.
04:24 - Puisque vous évoquez Jean-Luc Mélenchon, il ne s'élimine pas,
04:28 alors il ne se propose pas non plus, dit-il,
04:31 on a retrouvé un peu le Mélenchon rassembleur souriant,
04:34 comme c'est toujours le cas avant les campagnes électorales.
04:36 C'est un peu Dr Jekyll et Mr Hyde, disaient hier les débatteurs,
04:39 à votre place dans ce studio.
04:40 Bruno, je dis, il est plus utile au sein du Front Populaire
04:42 ou en dehors du Front Populaire, pour apporter des voix, j'entends ?
04:46 - Je pense qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon
04:49 est un épouvantail parfait pour les lecteurs de gauche modérés,
04:53 qui pensaient, avec Raphaël Guxman, avoir trouvé un nouveau leader,
04:56 une nouvelle façon de relancer la social-démocratie
05:02 ou la gauche progressiste, peu importe comment on l'appelle.
05:05 Et que sans doute, beaucoup de ces électeurs-là vont,
05:09 je ne sais pas s'ils feront un tri, comme l'a dit Étienne,
05:11 c'est-à-dire parmi les candidats du Front Populaire,
05:15 il y aura 170 socialistes,
05:19 on nous dit une cinquantaine de communistes, des écolos,
05:22 des gens qui ont été quand même plutôt très opposés
05:26 et en frontal avec Mélenchon pendant la campagne européenne,
05:29 et même avant.
05:31 Donc c'est un vrai problème ce bloc Front Populaire,
05:36 et Emmanuel Macron a raison, c'est une alliance contre nature,
05:39 on ne peut pas dire moins.
05:40 Donc il a parfaitement décrit la mécanique des deux blocs,
05:44 des deux blocs extrêmes qui se sont constitués avec des alliés
05:47 qui viennent là pour des raisons électorales, globalement.
05:51 Ils viennent sauver leur siège, Siotis c'est quand même ce qu'il vient faire,
05:53 et Olivier Faure depuis 2022, il a sauvé le PS avec l'attelage NUPS,
05:58 et aujourd'hui l'attelage Front Populaire.
06:00 C'est allé très très vite.
06:01 Alors après il faut juste leur accorder que la campagne étant tellement courte,
06:05 que c'est compliqué d'aller chacun sous leur propre couleur.
06:08 Alors ils avaient une solution, c'était de rejoindre éventuellement Emmanuel Macron plus tôt,
06:13 c'est là où Emmanuel Macron n'a pas tendu les mains franchement comme il aurait dû le faire.
06:17 Ni à droite, ni à gauche.
06:19 - Il y a une faute de Macron de ne pas avoir tendu la main.
06:21 - En 2022 quand il n'y a pas de majorité, il fallait...
06:23 - Voilà, correctement à une gauche qui était compatible sur les principes de laïcité.
06:25 - Et pas aujourd'hui.
06:26 - C'est vrai pour moi.
06:27 - Roquet, Dialo ?
06:28 - Moi je trouve que cette rhétorique des droits extrêmes est extrêmement dangereuse.
06:31 Parce que d'une part, factuellement, le seul parti qui est considéré comme étant extrême par le Conseil d'État,
06:36 c'est le Rassemblement National, qui a été classifié comme tel à deux reprises en septembre et en mars.
06:41 Les partis LFI sont considérés comme des partis de gauche,
06:44 les partis qui sont considérés comme étant d'extrême gauche sont le NPA et Lutte Ouvrière.
06:50 Par ailleurs, l'extrême droite est structurée autour de la haine et du rejet.
06:54 La gauche, l'extrême gauche est structurée autour des droits humains et de la promotion de la justice sociale.
06:59 Et je suis désolée que vous n'aimiez ou pas...
07:01 Je veux bien entendre le fait qu'à gauche il y a des problèmes par rapport à l'antisémitisme, par rapport au sexisme, tout.
07:07 Je veux dire, la gauche comme le reste de la société est traversée par des problèmes qu'il faut régler.
07:13 Mais l'idéologie matrice de l'extrême droite, c'est le racisme, c'est l'antisémitisme, c'est la haine des LGBTQIA, c'est le sexisme.
07:22 Oui mais sauf que c'est matricial chez eux.
07:24 C'est-à-dire que l'intégralité des personnes qui composent l'extrême droite porte cette idéologie, alors qu'on ne peut pas en dire autant, de la gauche.
07:31 Depuis le 7 octobre, Elefi a eu une rhétorique à l'endroit du conflit en Palestine qui est absolument pas du tout supportable.
07:40 En plus, pendant la campagne, ils en ont abusé, abusé, abusé encore.
07:46 Moi je fais une différence entre tout ça là.
07:48 D'ailleurs, on voit bien qu'une partie d'Elefi était très gênée depuis le 7 octobre.
07:51 Donc ça montre bien qu'il ne parle pas d'une voix.
07:54 Donc on ne peut pas disqualifier l'intégralité du parti parce que certains ont peut-être une rhétorique qu'on peut critiquer.
08:00 - Je pense que si. - Bah non, je ne suis pas d'accord avec ça.
08:02 - Je pense que quand la voix est portée... - Et c'était important de soutenir la Palestine pendant cette campagne aussi.
08:06 - ...et qu'encore une fois est comparable à celui de Jean-Marie Le Pen.
08:08 - Non, c'est abs... Jean-Marie Le Pen possédait un couteau des jeunesses iftériennes qu'il a laissé à côté des Algériens qu'il a torturés.
08:13 - Excusez-moi, vous retrouvez Chirina Hassan et Jean-Luc Mélenchon.
08:16 - Une rhétorique qui est comparable au protocole des âges de Sion.
08:19 - Mirama Hassan n'a torturé personne dans une guerre coloniale.
08:23 Voilà, bah oui, mais c'est pas pareil, je suis désolée.
08:25 - Ok, il y a Diallo, Bruno Jeudy, Etienne, Gernel. On vous garde tous les trois.
08:29 L'édition spéciale c'est jusqu'à 21h. Je le précise et je le reprécise parce qu'on va refaire le film de cette journée encore pleine de rebondissements
08:35 avec Anaïs Bouton qui va venir d'enjoindre en studio et qui va prendre le relais à partir de 20h avec toute son équipe et d'autres débatteurs.
08:41 En attendant, on va essayer de se détendre.
08:43 - Alors là je sais que là, comme ça, après ce débat, la transition n'est pas simple, elle n'est pas aisée.
08:50 Mais la parenthèse grand quiz de RTL Bonsoir arrive et pour un auditeur ou une auditrice, il y a une semaine de vacances sans famille à gagner.
08:56 Donc on va lui donner un petit coup de main.
08:58 Julien Célier, Cyprien Cini, RTL Bonsoi.