- il y a 1 an
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00:00Vous êtes bien sur Europe 1, il est 8h12, la grande interview européen nous recevons ce matin.
00:07Violette Spilbou, bonjour !
00:09Bonjour !
00:10Députée ensemble pour la République du Nord.
00:13Violette Spilbou, la France traverse une nouvelle vague de canicules, la deuxième de l'été.
00:17Celle-ci est quand même exceptionnelle, elle est durable, oui, mais nous ne la subissons pas tous de la même manière.
00:23Notamment ceux qui ne sont pas proches de la mer et qui cherchent à tout prix à se rafraîchir
00:27et qui sont prêts pour cela à braver certains dangers, à aller se baigner dans des cours d'eau, dans des lacs
00:34qui ne sont pas surveillés par des maîtres nageurs.
00:37Je pense notamment à l'ouest de l'île où vous êtes candidate, dans la Deul,
00:41où on voit ces jeunes qui vont se baigner dans des zones dangereuses.
00:45Or, nous sommes en train de traverser l'été avec un nombre de noyades exceptionnel,
00:50193 noyées depuis le début de l'été.
00:53Violette Spilbou, comment vous vous expliquez qu'il y ait autant de jeunes en particulier
00:58qui meurent noyés dans des cours d'eau ?
01:03Eh bien, c'est vrai qu'en été et toute l'année d'ailleurs, le risque de noyade,
01:08c'est la première cause de mortalité chez des jeunes.
01:11C'est vraiment quelque chose qu'il faut absolument contrôler.
01:15Il faut que tous les endroits où on a des ponts, où des jeunes ont envie de braver les risques,
01:20eh bien, il y ait une surveillance régulière de la police municipale.
01:24Vous parlez de la Deul à l'île, oui, malheureusement,
01:27et on voit ces jeunes qui se jettent dans la Deul avec beaucoup de joie
01:31parce que ça rafraîchit et on peut comprendre cet élan.
01:35Et en même temps, c'est interdit et ce n'est pas pour rien parce que c'est dangereux.
01:38Il peut y avoir le choc thermique, il peut y avoir parfois l'alcoolisation,
01:41parfois l'incapacité à s'en sortir physiquement.
01:46Et donc, je crois que c'est la responsabilité de chacun des parents
01:49et de tous les systèmes de vigilance dans nos villes pour éviter ça.
01:53Et puis, il faut aussi peut-être qu'il y ait d'autres endroits de baignade largement ouverts.
01:58À l'île, il y a déjà aujourd'hui le tarif réduit des piscines pendant la période canicule.
02:02Moi, je pense qu'il faut une gratuité des piscines pendant les périodes canicule.
02:06Il faut que toutes nos piscines et que des bassins temporaires puissent être mis en place.
02:11On le voit dans certaines villes.
02:12Et puis, ces miroirs d'eau, vous savez, comme à Bordeaux, comme à Nice,
02:16qui permettent notamment aux tout-petits, sans aucun risque de noyade,
02:20finalement, d'aller mettre les pieds dans l'eau, d'être rafraîchis par des brumisateurs.
02:23Il faut qu'on offre ces nouveaux espaces pour toutes ces périodes de canicule qui se multiplient.
02:28Il faudrait peut-être ouvrir plus de piscines, en construire de nouvelles ?
02:32C'est envisageable ?
02:33Il y a dans beaucoup de villes des projets de piscines et de centres aquatiques.
02:38Après, il faut faire attention aux finances publiques.
02:40Vous savez qu'on est dans une période extrêmement difficile budgétairement pour les collectivités territoriales.
02:47Une piscine, c'est entre 30 et 50 millions d'euros quand on veut construire quelque chose qui soit aux normes
02:52et qui ne soit pas énergivore.
02:55Mais oui, à Lille, on est en pénurie de piscines historiques depuis une vingtaine d'années.
03:00On a même une piscine Max Dormois, qui est celle dans laquelle j'ai appris à nager dans mon enfance,
03:04qui n'est plus aux normes et qui va fermer.
03:06Et on n'a pas la solution au remplacement immédiate.
03:09Heureusement, il y a eu les Jeux Olympiques.
03:10Donc, il y a eu trois grands bassins en France qui sont maintenant recyclés sur les territoires.
03:14Et on va en bénéficier d'un.
03:16Donc, dans deux ans, on aura une piscine qui fonctionne en plus.
03:20Mais il faut surtout que ces piscines soient accessibles, par exemple, en horaire élargi,
03:24le dimanche, en nocturne.
03:26On voit que nos parcs, dans la plupart des villes, sont ouverts en nocturne
03:30parce que c'est des îlots de fraîcheur, avec beaucoup d'arbres.
03:32Nos cimetières aussi, qui ont beaucoup de grands arbres et qui permettent d'aller s'abriter.
03:37Et puis, des jardins publics dans tous les coins de rue,
03:40qu'il faut pouvoir rendre accessibles et sûrs,
03:43pour que même le soir, on puisse aller pique-niquer tranquillement en famille,
03:47avec un tout petit peu de rafraîchissement.
03:48Et pour permettre ces ouvertures d'horaires élargies de ces piscines,
03:53il faut des maîtres nageurs.
03:55On a beaucoup de difficultés aujourd'hui à en trouver.
03:59Est-ce qu'il faudrait mieux les rémunérer
04:00pour essayer d'attirer une nouvelle génération vers ce métier-là ?
04:04Moi, je pense que c'est tout un plan d'action.
04:05Alors là, au niveau national, avec l'aide du ministère des Sports,
04:08il faut absolument que le gouvernement se bouge sur ce sujet
04:11d'aider à la formation de maîtres nageurs.
04:15Et il faut aussi que, dans les territoires, avec la région,
04:18le département, la ville, tous les plans d'insertion vers l'emploi
04:21poussent vers ces métiers.
04:23D'abord, c'est des métiers sportifs.
04:25Et on est une grande nation sportive.
04:27Il faut donc valoriser ça et permettre à des jeunes
04:29qui ont des capacités et de l'envie de réaliser un rêve.
04:32Et puis, effectivement, il faut des bonnes conditions de rémunération,
04:36des bonnes conditions de travail aussi.
04:38Ça veut dire avoir un accueil dans les centres de vacances,
04:42dans les centres de loisirs,
04:44dans tous ceux qui peuvent embaucher de façon temporaire des jeunes.
04:46Un accueil avec un logement, par exemple,
04:48on voit beaucoup de jeunes qui pourraient aller travailler dans le sud
04:51ou sur les plages et qui ont beaucoup de mal à se loger.
04:53Et ça, au niveau d'une ville, on peut proposer une offre globale,
04:57un petit boulot d'été pendant trois ou quatre mois
04:59et un logement pour que ce soit accessible.
05:02Parce que si on gagne le SMIC et qu'on dépense 600, 700 euros
05:05dans un logement d'été, c'est inabordable et ça ne vaut pas le coup.
05:08Alors, nous parlons là de créer des emplois.
05:11Violette Spilbou, ce n'est pourtant pas la mesure qui semble prioritaire pour le gouvernement,
05:16puisque François Bayrou, à la recherche de ses économies,
05:19prévoit une mesure qui retient particulièrement l'attention.
05:24C'est la suppression de deux jours fériés.
05:27Pourtant, cette mesure-là, ce serait avant toute chose
05:30pour finalement demander aux gens qui travaillent déjà de travailler plus
05:35plutôt que de faire travailler davantage de monde.
05:38Il a été calculé que ces deux jours fériés travaillés,
05:41c'est l'équivalent de 150 à 180 000 emplois qui ne seront pas créés.
05:45Donc, il y a un petit problème technique,
05:47il y a aussi un petit problème économique.
05:49Ça peut faire beaucoup pour des Français qui sont contre,
05:52des syndicats qui sont contre,
05:54des partis politiques qui sont contre.
05:56Violette Spilbou fait partie du socle commun.
05:58Ce n'est pas facile de défendre une telle mesure.
06:01Je ne défends pas une mesure de suppression de jours fériés.
06:05Je suis contre cette suppression de jours fériés.
06:08C'est extrêmement clair parce que c'est contraire à mes valeurs.
06:10Mes valeurs, c'est le travail, l'effort.
06:13C'est faire en sorte que ceux qui travaillent,
06:15qui se sont formés, qui font des horaires difficiles,
06:18qui font de l'effort,
06:20puissent être non seulement justement rémunérés,
06:22mais qui puissent avoir aussi des droits
06:25et être reconnus en France.
06:26Et je crois qu'aujourd'hui,
06:28ce n'est pas sur les travailleurs qu'il faut faire peser l'effort national.
06:31Oui, on a besoin de faire rentrer de l'argent dans les caisses,
06:34mais ça veut dire qu'il faut remettre plus de personnes à l'emploi.
06:38Il y a déjà eu une première réforme de l'assurance chômage.
06:41Nous, dans notre groupe, avec Gabriel Attal,
06:43on a proposé une seconde réforme de l'assurance chômage
06:46qui rend encore plus contraignante l'accès aux indemnités chômage
06:52et qui accompagne encore plus fortement les personnes,
06:55notamment les personnes au RSA depuis de nombreuses années,
06:58vers le retour à l'emploi.
06:59Donc moi, je crois que c'est là-dessus qu'il faut agir.
07:01Il faut peut-être demander un effort supplémentaire
07:03aussi à ceux qui ne travaillent pas, je pense, aux retraités.
07:06Tant horaires, certains qui sont très aisés sont prêts à faire l'effort,
07:10ils le disent eux-mêmes.
07:12Je crois donc que ces jours fériés,
07:14c'est un très mauvais signe du gouvernement
07:16parce que c'est comme une marque de défiance
07:18envers ceux qui payent le plus aujourd'hui.
07:20Enfin moi, c'est vrai que ça me révolte.
07:22Vous redoutez qu'on dégoûte les Français de travailler ?
07:27En tout cas, quand vous voyez que les salaires
07:29ne sont pas suffisants pour rendre certains métiers attractifs,
07:32vous parliez tout à l'heure de maître nageur,
07:35qu'il est difficile pour aller travailler de se loger,
07:38que certains n'ont pas le permis
07:39et ne peuvent pas faire une heure de route
07:41avec des TER qui parfois sont défaillants
07:45dans des régions comme moi ou de France.
07:47On sait que l'emploi,
07:48ce n'est pas seulement une question de volonté et de travail,
07:50c'est une question de coût.
07:52Si on dépense plus pour se loger,
07:53pour se déplacer,
07:54pour aller travailler de l'île à Dunkerque,
07:56par exemple, quand on est agent de maintenance,
07:58on ne prend pas cet emploi.
07:59On ne prend pas cet emploi.
08:01Donc tout ce qui doit être fait par le gouvernement
08:03et par nous tous à l'Assemblée nationale comme députés,
08:06c'est de favoriser ceux qui travaillent
08:08et de leur faciliter la vie.
08:09Moi, c'est ça qui me tient à cœur avant tout.
08:11Alors justement, parlons de votre travail de parlementaire,
08:14puisqu'il y a une loi récemment
08:16qui avait pourtant été validée,
08:18dans des conditions contestées,
08:19par le Parlement,
08:21la loi Duplomb, bien sûr.
08:23Elle est passée entre les mains
08:23des membres du Conseil constitutionnel
08:25qui ont retiré une autorisation,
08:27une réautorisation d'un pesticide,
08:29l'acétamipride.
08:30Emmanuel Macron a promulgué la loi en l'État,
08:34donc sans la réautorisation
08:35de ce pesticide controversé.
08:38Est-ce que le débat est clos,
08:39Violette Spilbou,
08:40sur la loi Duplomb ?
08:42Le débat sur l'écologie punitive,
08:45il est loin d'être clos.
08:46Il est loin d'être clos, d'abord,
08:47parce que c'est un vrai sujet de survie
08:49pour nos agriculteurs.
08:50Et moi, je retiens une bonne chose,
08:52finalement, dans la promulgation de cette loi.
08:54C'est que 80% des articles ont été validés
08:56par le Conseil constitutionnel
08:58et que c'est une loi qui est largement favorable
09:01à simplifier la vie des agriculteurs
09:03sur le stockage de l'eau,
09:04sur les élevages,
09:05en enlevant, finalement,
09:08des surtranspositions,
09:09des surnormes.
09:10C'était une promesse qu'on avait faite
09:11et on était nombreux,
09:13les députés de tous bords,
09:14il y a un an, en 2024,
09:15quand il y avait la crise des agriculteurs.
09:17On aimait tous nos agriculteurs,
09:19la souveraineté française,
09:20on ne voulait pas de produits importés.
09:22Et puis, quand il faut faire le geste,
09:23par exemple,
09:24de leur permettre,
09:25à nos bétraviers des Hauts-de-France,
09:27d'utiliser exceptionnellement
09:30l'acétamipride
09:31s'il y a une invasion de pucerons,
09:32comme le font les 27 autres pays européens,
09:35pour leur permettre ça exceptionnellement,
09:38là, il n'y a plus personne
09:39parce qu'on se défausse
09:41derrière la surinformation,
09:43derrière les menaces,
09:45la pression.
09:45Vous verriez ce que nous,
09:46on a vécu en tant que députés,
09:48alors qu'on prend nos responsabilités.
09:50Moi, je suis révoltée par tout ça.
09:53C'est beaucoup de perte de temps
09:54et je pense que, oui,
09:56à l'Assemblée, il va y avoir
09:57de nouveaux débats sur ce sujet.
09:59Il faudra que chacun soit courageux.
10:00On défend nos agriculteurs,
10:02on les soutient,
10:03et ça passe aussi par arrêter
10:05la distorsion de concurrence
10:06avec les pays européens.
10:07Est-ce qu'il faudrait que le Parlement
10:08ait un droit de contrôle
10:10sur le Conseil constitutionnel ?
10:12Je crois que, malheureusement,
10:13notre État n'est pas fait comme ça
10:15et dans ce sens-là.
10:15En tout cas,
10:16ce qui pose question
10:17dans la décision du Conseil constitutionnel
10:19de supprimer l'article 8
10:21sur ce médicament de traitement des plantes,
10:25c'est que, finalement,
10:26il juge après même le vote large,
10:31plus de 300 voix,
10:33à l'Assemblée nationale.
10:34Et donc, ça veut dire
10:35que notre système démocratique,
10:37aujourd'hui, ne fonctionne pas.
10:39On a une loi qui a été votée au Sénat,
10:41qui a été votée largement à l'Assemblée.
10:43Moi, je crois qu'il y a une erreur aussi
10:44du gouvernement
10:45qui aurait dû, avant de...
10:47Il est peut-être là, le manque de courage ?
10:49Il aurait dû faire passer au Conseil d'État,
10:51faire vérifier les articles de cette loi.
10:54Là, le Conseil constitutionnel dit
10:55ce n'est pas suffisamment encadré.
10:57L'usage de ce pesticide,
10:58il faut faire mieux.
10:59Peut-être que ça aurait pu être vu avant.
11:01Ça aurait évité tous ces débats,
11:02tout ce temps que nous passons, nous,
11:03dans l'hémicycle
11:04pour être utiles aux Français
11:05avec quelque chose
11:06qui est censuré derrière.
11:08Vous voyez là que...
11:09Et c'est la même chose
11:10sur certains articles
11:11de la loi immigration
11:12qui est censurée bien après
11:14par le Conseil constitutionnel.
11:16Ça ne fonctionne pas.
11:16il faut remettre les choses dans l'ordre.
11:18Il faut un gouvernement
11:19qui mette des projets de loi
11:20qui sont examinés avant
11:22par le Conseil d'État
11:23et qui passeront ensuite
11:24la barre du Conseil constitutionnel.
11:26Merci Violette Spilbou.
11:28Merci à vous.
11:29Bonne journée.
11:30Très bonne journée à vous,
11:31députés ensemble pour la République du Nord
11:33et candidates à la mairie de Lille.
11:34Merci d'être venus sur Europe 1.
11:36Et merci à vous,
11:37chers auditeurs,
11:37d'avoir choisi Europe 1.