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00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04Victor Hérault de Valeurs Actuelles, Joseph Massescaron sont là pour commenter l'actualité
00:08avant d'accueillir Adrien Clouet, député LFI de Haute-Garonne sur ce vote.
00:12Je rappelle quand même, 364 comptes, c'est très élevé, 194 pour 15 abstentions.
00:19On sait qu'il y a eu des abstentions dans le groupe LR, des contres dans le groupe LR également.
00:24On va écouter François Bayrou qui, après toutes les prises de parole des chefs de parti, a tenu à remercier son gouvernement.
00:31Je n'ai pas cité à la tribune les membres du gouvernement, mais je veux simplement leur dire à chacune et chacun d'entre eux
00:38que ces neuf mois ont été des mois de profond bonheur parce que nous avons réussi, contre tous les pronostics,
00:49a formé une équipe dans laquelle il y avait beaucoup de poids lourds, beaucoup de solidarité, beaucoup d'amitié
00:55et qui n'a pas eu une seule crise, une seule tension pendant les neuf mois que nous avons vécu ensemble.
01:03Voilà donc François Bayrou qui démissionnera demain à 8h.
01:07Emmanuel Macron prend acte, on l'apprend à l'instant, de la chute du Premier ministre
01:11et nommera son successeur, ouvrez les guillemets, dans les tout prochains jours, Joseph Massescaron.
01:16Oui, je peux poser une question à Mme Priscate-Evneau si elle est...
01:20Elle n'est plus là.
01:20Elle n'est plus là, mais vous pourrez lui poser la question demain, elle sera chez Christine Kelly à midi et demi.
01:27Je lui aurais volontiers poser la question si pour elle ces neuf mois avaient été des neuf mois de profond bonheur.
01:32Parce que le moins que l'on puisse dire, malheureusement elle ne peut pas répondre,
01:37mais le moins que l'on puisse dire c'est que cette majorité, ce socle commun, était en train d'exploser en vol.
01:42C'est-à-dire que plus on avançait, plus elle explosait en vol.
01:44Rappelez-vous, la semaine dernière, à ce même micro,
01:48Mme Pannier-Runacher avait déclaré, d'ailleurs surpris de but en blanc,
01:53qu'elle était vent debout contre l'hypothèse des deux jours fériés présentées par François Bayrou,
02:01alors qu'elle est quand même ministre de son gouvernement.
02:04Donc tout partait vraiment en quenouille.
02:08Et avec une vitesse, la quenouille se dévidait de plus en plus.
02:12Donc c'est quand même quelque chose qui est étonnant.
02:13Et d'ailleurs, 194, c'est quelque chose qui n'est pas un bon résultat du tout.
02:22C'est même un mauvais résultat.
02:24Et ça signifie quoi ?
02:26Ça signifie l'impossibilité évidemment de bâtir quelque chose sur ce socle commun.
02:31Je ne vois pas ce qu'on peut bâtir.
02:32Alors on peut évidemment partir dans la stratosphère,
02:34comme M. Attal est déclaré.
02:36On veut, je ne sais pas moi, une sorte d'union républicaine.
02:40J'espère que son union républicaine sera moins catastrophique que ne l'a été son franc républicain.
02:45Parce que la situation dans laquelle on se trouve aujourd'hui,
02:48on parle beaucoup à la fois de François Bayrou, de Michel Barnier ou d'Emmanuel Macron,
02:53sa responsabilité pour la dissolution.
02:55Mais quand même, la vraie responsabilité d'abord, elle tient à celle de Gabriel Attal.
03:00Un score de 364 contre, c'est, comment dire, faramineux.
03:06C'est beaucoup plus, enfin c'est en tous les cas plus,
03:09que le vote pour la censure en défaveur de Michel Barnier en décembre dernier,
03:17le 4 décembre dernier.
03:19Il faut savoir que parmi ces votes contre, il y a donc, puisque j'ai là le compte sous les yeux,
03:2313 LR, 13 républicains qui ont voté contre,
03:269 LR qui se sont abstenus parmi les 49 députés républicains.
03:30Ça fait beaucoup alors qu'ils sont combien, 60 ?
03:31Ils sont 49 en tout, et il y en a 13 qui se sont abstenus,
03:35plus 9, non, pardon, 13 qui ont voté contre,
03:37et 9 qui se sont abstenus, exactement.
03:39C'est beaucoup sur 40.
03:40Et il y a également le groupe Liotte.
03:42Le groupe Liotte, il y en a 15 sur les 23.
03:43Et c'est Charles de Courson de Liotte qui sera l'invité de Sonia Mabrouk demain à 8h10.
03:47Et bien 15 députés du groupe Liotte sur les 23 ont voté contre,
03:52et 4 se sont abstenus.
03:54Ce sont ces deux groupes-là qui ont servi de pivot.
03:56Nous accueillons Adrien Clouet, bonsoir.
03:59Bonsoir.
04:00Député LFI de Haute-Garonne.
04:03Alors, je n'avais jamais remarqué, Adrien Clouet,
04:05mais vous avez un numéro qui commence par 0666.
04:08Dis donc, c'est le numéro du diable.
04:10C'est assez dur à porter ça, non ?
04:12Eh ben non, je veux dire que ça porte chance.
04:15La preuve, Bayrou est parti.
04:18Donc ça a apporté chance.
04:18Ah, il n'y avait pas grand risque.
04:20Belle retournée de situation, Adrien Clouet.
04:24Ce vote, évidemment, ne vous étonne pas.
04:28Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que vous rajoutez du chaos au chaos ?
04:32D'abord, la situation aujourd'hui, elle est chaotique pour des millions de gens qui n'arrivent pas à finir le mois.
04:38Les entreprises qui ont subi la hausse du prix de l'énergie et des services publics qui s'effondrent.
04:42Tout ça, c'est un nom.
04:43Ce sont les budgets de messieurs Macron et Bayrou qui les ont provoqués.
04:46Donc, il fallait empêcher la future saignée.
04:49Parce qu'on n'aurait pas renversé aujourd'hui.
04:51C'était 44 milliards d'euros qu'il allait essayer de prendre dans les poches des retraités, des salariés, des allocataires et des contribuables.
04:58Donc, il fallait empêcher la récession économique.
05:01Il y avait des contributions aussi de grandes entreprises, de... pas que.
05:05Mais c'était quasiment rien.
05:06Vous avez bien vu.
05:06Vous connaissez comme moi.
05:07Sur les 44 milliards, c'était 3-4...
05:08C'est sûr qu'il n'a pas mis la taxe Zuckman.
05:10Non, c'est sûr.
05:10Voilà.
05:11Mais c'était 3-4 milliards à même pas 10% de tous les forts qui étaient sur les grandes boîtes.
05:15Donc, il y avait un vrai risque de récession.
05:16Il fallait empêcher la récession parce que tout le monde l'aurait payée.
05:18Maintenant, comment on sort de la crise de manière tranquille et pacifique ?
05:21Moi, je pense que c'est par le départ de M. Macron que ce soit une démission, on fait une rupture conventionnelle, ou une destitution, on le licencie directement.
05:30Mais c'est là que va se jouer le nerf de la guerre.
05:33C'est le président le plus impopulaire de la Ve République.
05:35Et c'est lui qui nomme des macronistes tout le temps à Matignon, alors que les Françaises et les Français, depuis juin 2022, lui mettent, j'étais désolé de le dire, des taux à chaque élection.
05:44Joseph Masses-Carron, pour vous, Adrien Coet.
05:48Bonjour tout d'abord.
05:50Cette destitution ou ce jet d'éponge d'Emmanuel Macron, comment est-ce qu'elle peut être obtenue ?
05:57Est-ce que vous pensez que la rue peut être en mesure, justement, de peser énormément sur ce remerciement d'Emmanuel Macron ?
06:06Oui, tout à fait, je le pense, et même je vais vous le confier, je l'espère.
06:11Le mouvement du 10 septembre, qui est en préparation, en réponse directe aux annonces de M. Bayrou le 15 juillet dernier, lorsqu'il avait annoncé son grand plan d'austérité,
06:19je pense que ce mouvement du 10 septembre est en capacité de mettre en échec, enfin, définitivement, M. Macron.
06:24Soit le convaincre de partir parce qu'il se rend compte que le pays est bloqué par sa politique,
06:30soit parce qu'il veut sortir par la grande porte et accepte qu'il y ait une élection présidentielle
06:35et qu'on tranche démocratiquement, tranquillement, l'orientation du pays.
06:39Donc ça doit être, pardonnez-moi, on se met bien d'accord, ça doit être le mot d'ordre de la journée du 10 septembre.
06:45Ah, moi, je ne suis pas là pour dire quel doit être le mot d'ordre d'un mouvement qui s'organise, un grand mouvement populaire.
06:51Ah ben si, parce que, Jean-Luc Mélenchon compte beaucoup sur cette journée, donc j'imagine qu'il y a un mot d'ordre.
06:59Ah, mais il y en a beaucoup. D'ailleurs, le mot d'ordre initial, c'était d'empêcher le budget Bayrou-Macron.
07:03Aujourd'hui, on ne sait pas quelle conclusion M. Macron va tirer de la chute de M. Bayrou,
07:08parce que, quand même la dernière fois qu'on avait renvoyé M. Barnier chez lui, il avait continué la même politique.
07:12Donc, je souhaite, j'espère, que le moment du 10 septembre portera la revendication, effectivement, du départ de M. Macron.
07:18Victor est voué de la crise.
07:20Ah, non, et celui du 18 septembre ?
07:21Ah, Joseph.
07:22Pas lui par les syndicats.
07:24Et celui du 18 septembre ?
07:24Et celui du 18 qui arrive juste après.
07:26Bien sûr, de toute façon, le 10 est la première étape de grande leçon populaire, de blocage.
07:29Ma question, pardon, après je ne vous poserai plus de questions, c'est promis,
07:33mais simplement, est-ce que vous pensez faire tenir la pression du 10 septembre jusqu'au 18 septembre ?
07:39Sur la longueur.
07:39Sur la longueur.
07:40Je pense que oui, ça sera un mouvement, effectivement, perlé,
07:44mais aussi parce que plein de gens sont pris à la gorge,
07:46ils n'arrivent pas financièrement à assumer une séquence très longue de lutte.
07:50Mais c'est des effets d'entraînement.
07:51Si le 10 est un succès, ça donnera de l'énergie pour le 18,
07:54qui lui-même appellera une réponse, etc., etc.,
07:57jusqu'à ce qu'évidemment, je le souhaite, au départ du pouvoir en place.
08:00Pendant que vous parlez, Marine Tondelier est invitée d'une chaîne concurrente.
08:04Elle demande qu'Emmanuel Macron reçoive les chefs de partis de gauche
08:08avant de nommer un premier ministre. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
08:12Il me semble que M. Macron reçoit souvent beaucoup de monde,
08:15mais décide toujours seul.
08:16Donc, se mettre dans sa main, c'est jamais une très bonne chose, à mon avis.
08:20Et puis, on a eu l'expérience.
08:21Vous vous souvenez bien qu'année dernière, la gauche était arrivée en tête des élections législatives.
08:24M. Macron, à la fin, a nommé un de ses amis, M. Barnier.
08:28Donc, je n'ai aucune confiance dans le respect des urnes et des processus démocratiques par M. Macron.
08:32C'est pour ça que je souhaite son départ.
08:33J'ai deux dernières questions à vous poser, Adrien Chloé,
08:35puisque le temps presse sur l'affaire Thomas Legrand-Patrick Cohen.
08:40Quelle est votre opinion là-dessus ?
08:42Je pense que ça a malheureusement révélé des proximités partisanes très fortes,
08:49qui ne sont pas graves.
08:50Tout le monde a des opinions politiques, vous comme moi.
08:52Ce n'est pas un souci, c'est normal.
08:54Vous êtes citoyen, moi aussi.
08:55Mais je pense que se rendre compte que certaines personnes dans le service public d'information
09:00annoncent qu'ils veulent faire la campagne de Raphaël Buxman,
09:03c'est quand même un peu étonnant.
09:04Ils ont le droit de le faire sur leur temps libre.
09:06Ils peuvent être actés sur le marché, c'est normal.
09:07C'est un droit fondamental de s'engager.
09:09Mais on ne doit pas le faire au titre de responsable de l'information.
09:13Ça, c'est vraiment anormal.
09:14Au titre de responsable de l'information du service public ?
09:17Tout à fait, exactement, à ce titre-là.
09:20Même si, par ailleurs, on aura beaucoup de critiques pour ceux qui font campagne,
09:25pour la droite aussi.
09:25Ça n'isole pas leur situation de plein d'autres.
09:28J'ai une dernière question pour vous, Adrien Chloé.
09:30Vous aviez fait un tweet qui avait beaucoup choqué Jérôme Guedj
09:33lorsque je l'ai reçu au grand rendez-vous Europe 1 CNews les échos la semaine dernière.
09:37Vous aviez tweeté après qu'il ait pris une voiture du service d'ordre de Bruno Retailleau
09:43parce que un de ses trains a été annulé.
09:45Vous avez tweeté, j'ai pris une voiture de l'OAS plus pratique que le taxi.
09:48Est-ce que vous regrettez ce tweet ?
09:49Non, je ne regrette pas.
09:50Je pense que M. Retailleau incarne tout à fait cette ligne politique-là.
09:54Et moi, je ne veux jamais rien avoir à faire avec M. Retailleau.
09:57M. Retailleau, c'est celui qui parlait des belles heures de la colonisation.
10:00C'est celui qui parlait des Français de papier.
10:02C'est celui qui parlait du retour aux origines ethniques.
10:05M. Retailleau est l'homme qui emploie le vocabulaire de l'extrême droite
10:08et notamment de l'extrême droite pro-Algérie française au niveau du gouvernement.
10:11Et je pense que la lutte démocratique nécessite de ne pas s'amuser
10:17en tout cas de toute complaisance ou tout travail collectif avec ce monsieur.
10:21Vous parlez du ministre de l'Intérieur, M. Clouet ?
10:23Bien sûr, tout à fait.
10:24Et vous assumez ?
10:26Bien sûr. C'est-à-dire que ce n'est pas la première fois que j'ai dit
10:28que M. Retailleau avait des positions d'extrême droite
10:31sur la question post-coloniale et notamment les relations franco-algériennes.
10:35Je remarque que vous dites M. Retailleau et non pas le ministre de l'Intérieur.
10:40Oui, je peux dire le ministre de l'Intérieur.
10:41Il n'y a pas de problème tant qu'il est en fonction.
10:43C'est sa fonction et la fonction est indépendante de l'homme qui l'occupe.
10:47Merci beaucoup Adrien Clouet d'avoir été avec nous pour cette spéciale politique 19h40.

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