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  • il y a 1 an
Economie : Crises des subprimes et de l'immobilier 2007-2008 Que s’est il réellement passé par Marc Touati

Chaine youtube de Marc Touati : https://www.youtube.com/@MarcTouatiTV

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Transcription
00:00Bonjour à toutes et à tous, c'est ravi de vous retrouver.
00:04Comme promis, j'ai pris quelques jours de vrais congés, va-t-on dire,
00:07mais je garde le contact avec vous pendant deux semaines.
00:10Je vais répondre à une de vos demandes, faites depuis déjà pas mal de mois,
00:14qui était justement de me demander, peut-on faire une vidéo sur ce qui s'est vraiment passé
00:19pendant les deux grandes crises financières, les deux dernières grandes crises financières,
00:23d'abord la crise des subprimes et la récession qui en a suivi en 2008-2009,
00:27et ensuite la crise grecque.
00:28Donc cette semaine, nous allons consacrer justement cette vidéo à la crise des subprimes.
00:32Je vais tout vous dire, je l'ai vécu évidemment de l'intérieur.
00:35J'étais pendant une partie le chef économiste de la Banque Populaire et de la Texas,
00:38donc j'étais aux prémices effectivement de cette crise.
00:41Et ensuite, évidemment, j'ai continué, j'étais à l'époque chez Global Equity,
00:44donc en salle des marchés chez un broker français,
00:47qui justement m'a permis de vivre en direct, j'ai envie de dire, cette crise.
00:51Et parfois, on a vraiment frôlé la catastrophe.
00:54Et puis globalement, on s'en est sorti, on verra tout de suite pourquoi.
00:56Et d'ailleurs, pour ceux qui me trouvent souvent pessimiste, j'ai envie de dire,
00:59je dirais qu'à l'époque, j'étais l'un des rares à dire en 2008-2009,
01:03que ça allait redémarrer pour la fin 2009 et 2010.
01:06On prenait pour un fou et c'est pourtant ce qui s'est passé.
01:07Donc voilà, il y a énormément de choses à dire,
01:11de petits secrets que je vais vous dévoiler, je dirais aujourd'hui,
01:13alors des grands secrets que beaucoup ne connaissent pas malheureusement.
01:16Donc on est là, comme d'habitude, pour dire la vérité.
01:18Donc on va commencer tout de suite avec, donc voilà,
01:21crise d'essai prime et crise de 2008-2009.
01:24Que s'est-il vraiment passé ?
01:26Alors, je commence bien sûr avec notre phrase maintenant,
01:29désormais fétiche et, j'ai envie de dire, obligatoire.
01:31À une époque de supercherie universelle,
01:34dire la vérité est un acte révolutionnaire.
01:36Et c'est vrai que c'est exactement le cas.
01:38C'était déjà le cas à l'époque,
01:39parce qu'évidemment, on nous a masqué la réalité.
01:42Et donc, lorsqu'on disait à l'époque,
01:44la réalité économique et financière,
01:46là aussi, on essayait de nous faire taire.
01:48Mais là, on peut évidemment le dire davantage aujourd'hui.
01:50Puis bien sûr, je rappelle que je ne suis toujours pas suicidaire.
01:53On ne sait jamais.
01:54Mais il vaut plusieurs précautions que pas du tout.
01:56Mais c'est encore une fois pour vous dire que nous devons dire la vérité.
02:00Et personne ne nous empêchera de dire la vérité grâce à vous.
02:03Merci encore votre fidélité pour vos likes, pour vos abonnements.
02:07C'est vraiment formidable.
02:08Merci à vous.
02:08Malgré l'été, vous êtes là.
02:10C'est vraiment formidable.
02:11Alors, on commence tout de suite avec, effectivement,
02:13un graphique assez simple.
02:15On voit le CAC 40.
02:16Donc, la bourse française.
02:17Parce que, normalement, la bourse représente une réalité économique.
02:21J'ai bien dit normalement.
02:23Et donc, pour vous rappeler qu'en fait,
02:24les crises font partie de la vie économique et financière.
02:28Voilà.
02:29Donc, si quelqu'un, un jour, vous dit qu'il a la recette
02:30pour supprimer les crises,
02:32ne l'écoutez pas.
02:33C'est un menteur.
02:34On ne peut pas faire sans.
02:35Les crises sont là, justement,
02:36pour nous faire prendre conscience des dangers
02:38et pour que nous puissions réagir, justement,
02:40en évitant de refaire les mêmes erreurs
02:43qu'avant les crises.
02:44Et malheureusement, l'être humain est ainsi fait
02:46que, parfois, il oublie, justement,
02:47et il refait les mêmes erreurs.
02:48On est en train, d'ailleurs, de l'ouvre aujourd'hui
02:49avec cette crise française qui est en train de s'installer,
02:53cette crise de la dette publique qui est en train de revenir.
02:55D'ailleurs, l'une des premières crises de la dette,
02:56à l'époque, ce n'était pas publique,
02:57mais c'était de la dette privée.
02:58C'était, bien sûr, la crise des surprises.
02:59Pareil, donc là, voilà.
03:00Je vous ai mis toutes les catastrophes
03:01qu'on a traversées, donc juste depuis 2000.
03:03Et à chaque fois, on a entendu le même discours.
03:05C'est la fin du système.
03:06On ne s'en remettra pas.
03:08Et finalement, nous sommes toujours là.
03:09Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.
03:12Vous voyez, j'en bafouille.
03:13C'est la phrase de Nietzsche, bien entendu.
03:15Et ça nous rappelle que, encore une fois,
03:16il faut réussir à tirer les leçons des erreurs du passé.
03:20Ça nous rend plus forts, justement,
03:21si on comprend ce qui s'est passé,
03:22qu'on réagit en conséquence.
03:24Par contre, si on réédite les mêmes erreurs,
03:26et bien là, ça nous plonge de plus en plus
03:28et ça pourrait nous faire extrêmement mal.
03:29C'est exactement le cas de la France aujourd'hui.
03:31Mais je vais quand même rester sur cette crise des subprimes.
03:34Donc là, évidemment, on voit le krach Internet,
03:36la guerre en Irak, donc la crise des subprimes,
03:38et ainsi de suite.
03:39On parlera également de la crise de la semaine prochaine.
03:41Donc on voit cet effondrement, évidemment,
03:43pendant cette crise des subprimes,
03:44et surtout la faillite de Lehman Brothers en 2008.
03:48Donc, que s'est-il vraiment passé ?
03:49Donc déjà, il faut se rappeler ce qu'est la crise des subprimes.
03:52Parce que j'entends parfois, on me dit
03:53« Oui, les subprimes, ça a été créé par des méchants spéculateurs, etc. »
03:57Non, à la base, les subprimes, c'est un programme politique.
04:01Le programme politique de Bill Clinton.
04:04Oui, oui, Bill Clinton, dans les années 90,
04:06qui disait, il voulait à l'époque que tous les ménages américains
04:10deviennent propriétaires de leur logement.
04:12C'est plutôt une belle intention, bien entendu.
04:14Sauf qu'il y a un petit problème,
04:15c'est que comment faire pour les ménages qui ne sont pas solvables ?
04:18Parce que là, évidemment, les banques n'ont pas le droit
04:20d'octroyer des crédits à des ménages non solvables.
04:23Elles ont des ratios à respecter, et ça ne colle pas.
04:25Donc là, Bill Clinton a dit, justement,
04:27je vais réformer ça en créant justement des organes ad hoc,
04:30donc voilà, des fameuses subprimes,
04:32qui vont octroyer des crédits à des agents économiques,
04:35donc des ménages y compris non solvables.
04:37Et ces crédits étaient à l'époque garantis
04:40par l'État fédéral américain,
04:42Freddie Mac et Fannie Mae à l'époque,
04:44on ne va pas rentrer dans le détail,
04:44ils ont des agences créées exprès, justement, ad hoc,
04:47pour justement financer l'hypothèque,
04:49assurer l'hypothèque de ces ménages non solvables.
04:53Donc c'était, évidemment, formidable.
04:55Et c'est vrai que ça a très, très bien marché,
04:57puisque là, on est dans les années 90-2000,
04:59et la crise des subprimes, évidemment, explose en 2007.
05:02Donc évidemment, tout se passe bien,
05:04tant que les taux d'intérêt sont bas,
05:05parce qu'à l'époque, évidemment,
05:06les dettes subprimes, ces dettes très dangereuses,
05:08sont à taux variable.
05:10Donc évidemment, au début, on dit aux ménages américains,
05:12ne vous inquiétez pas, le taux d'intérêt,
05:13c'est le plus bas possible,
05:15sans qu'on oublie de dire qu'il est variable.
05:16Et donc, ce taux, évidemment, est indexé sur le taux de marché,
05:19et à partir de là, plus le taux d'intérêt augmente,
05:22plus le taux d'intérêt que payent les ménages non solvables augmente.
05:25Plus la prime de risque, la fameuse subprime, justement,
05:28parce que comme c'est des ménages non solvables,
05:29il faut bien, là aussi, assurer une certaine prime de risque,
05:31le fameux couple rendement risque.
05:33Et donc, c'est ce qui fait qu'au début, ça fonctionne très bien,
05:35sauf que ça fonctionne tellement bien
05:37que la réserve fédérale américaine est obligée
05:39d'augmenter les taux d'intérêt pour calmer le jeu,
05:42parce qu'effectivement, il y a un risque de surchauffe,
05:44les prix sont en train de flamber,
05:45l'inflation est en train d'augmenter,
05:47et donc, à partir de là, évidemment,
05:50la réserve fédérale monte les taux d'intérêt.
05:52Sauf que, bien entendu,
05:53les taux d'intérêt de marché également augmentent,
05:56et donc, ça veut dire que les taux d'intérêt des crédits
05:57de tous ces ménages augmentent.
06:00Donc, au début, les taux d'intérêt qui étaient à 3%,
06:02ça passait encore, après, ils passent à 7, 8, 9, 10, 15,
06:05plus la subprime, on monte parfois à des taux d'intérêt de 20%.
06:08Donc, évidemment, ce n'est pas possible de payer,
06:11notamment pour des ménages non solvables.
06:12Donc, là, à ce moment-là, on passe au plan B,
06:14c'est-à-dire qu'on dit, je vends la maison,
06:16et puis, avec ça, je vais essayer de me refaire une santé.
06:18Sauf que, comme tout le monde fait la même chose
06:19et que les maisons, souvent, sont de très mauvaise qualité,
06:22bien évidemment, on n'arrive pas à vendre sa maison,
06:23les prix s'effondrent.
06:25Et donc, à partir de là, le ménage, malheureusement,
06:27qui était non solvable et qui, parfois, s'est endetté plusieurs fois,
06:30même a mis en hypothèque son premier bien qu'il avait acheté.
06:33Donc, c'était une sorte de fuite en avant,
06:35d'effet boule de neige dramatique.
06:37Évidemment, le ménage ne peut pas rembourser,
06:39donc il fait faillite.
06:40Donc, au début, évidemment,
06:42Freddie Mac Fennimay assure, justement, l'hypothèque.
06:44Donc, le gouvernement américain paye, évidemment,
06:46sauf que, là aussi, les subprimes, également,
06:48finissent aussi par faire faillite.
06:50Le gouvernement américain ne peut plus.
06:51Il y a tellement, je dirais, de dérapas,
06:54il y a tellement de pertes que le gouvernement américain dit stop.
06:56Et donc, les organes de subprimes font également faillite.
06:59Donc, on a les ménages non solvables qui font faillite,
07:01les subprimes qui font faillite,
07:03et parallèlement, on a donc une crise immobilière,
07:05les prix s'effondrent.
07:06Donc, voilà, c'est ça, à la base, la crise des subprimes.
07:08Sauf que là, on a une crise immobilière, va-t-on dire.
07:10Donc, comment cette crise immobilière va rejaillir
07:13et va générer une crise mondiale ?
07:15Eh bien, justement, c'est là qu'est le problème.
07:17C'est que cette dette subprime, elle a été transformée.
07:21Ce qu'on appelle la titrisation.
07:23Ça veut dire que cette dette subprime est devenue un titre.
07:25Et c'est là où, évidemment, on doit rappeler en permanence,
07:28justement, les règles de bon sens de l'économie.
07:30Vous savez, l'économie, ce n'est pas une science exacte,
07:32c'est une science humaine.
07:33Donc, ce qui veut dire que ce qui était vrai il y a dix ans
07:35n'est pas forcément aujourd'hui,
07:37elle ne sera pas encore dans dix ans.
07:37Mais, il y a quand même des règles qui ne changent jamais.
07:40Ça nous permet justement de nous accrocher aux branches
07:42quand il y a des tempêtes.
07:43Et parmi ces règles est la suivante,
07:46qui est d'ailleurs, c'est une règle de vie, j'ai envie de dire,
07:48qui est que plus le rendement augmente,
07:50plus le risque augmente.
07:52C'est-à-dire que si je veux un rendement élevé,
07:54si je veux effectivement gagner de l'argent,
07:55eh bien, je dois prendre des risques.
07:57Si je ne veux pas prendre de risques,
07:59ce qui peut se justifier, bien entendu,
08:01je dois me contenter de rendements faibles.
08:03Voilà.
08:04Si on raisonne comme ça dans sa vie,
08:05on n'aura pas trop de surprises.
08:08Le problème, c'est que l'être humain est ainsi fait,
08:09qu'il veut constamment changer cette règle.
08:11Moi, ça m'arrive tous les jours,
08:12que ce soit des messages, voire dans la rue, etc.,
08:14on m'accoste, et on me dit,
08:15c'est-à-dire que j'ai un petit peu d'épargne,
08:16vous n'avez pas un placement sympathique
08:17là où je peux gagner beaucoup,
08:18mais attention, sans risque.
08:20Eh bien, non, ça n'existe pas, évidemment.
08:21Donc, ne comptez pas sur moi
08:22pour vous faire croire mon zémerveille.
08:24D'ailleurs, tous les faux sites
08:25qui ont été créés avec mon nom, etc.,
08:26c'est ce qu'ils promettent.
08:27Donc, évidemment, vous savez que ce n'est pas moi,
08:28bien entendu, je le répète à chaque fois.
08:31Sauf que voilà, encore une fois,
08:32il y a cette tentation
08:34de vouloir essayer de contourner cette règle,
08:36de essayer de faire croire
08:37qu'on peut augmenter le rendement
08:39sans augmenter le risque.
08:41Eh bien, la crise des subprimes,
08:42c'est exactement ça.
08:44C'est-à-dire que cette dette subprime,
08:45donc, elle a été titrisée,
08:47elle s'est devenue donc des titres,
08:48donc, avec des modèles mathématiques
08:50extrêmement complexes,
08:51je ne rentre pas dans le détail,
08:53et ces titres, tenez-vous bien,
08:56étaient notés par les agences de notation AAA.
09:00D'ailleurs, c'était la vertu de la crise,
09:01parce qu'à l'époque, AAA,
09:02on ne savait pas ce que ça voulait dire.
09:03Certains croyaient que c'était l'andouillette.
09:05D'ailleurs, l'andouillette, c'est 5A,
09:06pour les connaisseurs, je le précise, bien entendu.
09:08Donc, voilà, AAA, comme vous le savez maintenant,
09:10ça veut dire sans risque.
09:12Rendez-vous compte,
09:12on avait des produits extrêmement dangereux,
09:14basés sur des subprimes,
09:16donc des produits, des bombes à retardement,
09:18qui étaient notés par les agences de notation AAA.
09:21De quoi rappeler que, évidemment,
09:22ces agences ne sont pas très crédibles,
09:24déjà, à l'époque,
09:24et quand elles notent encore aujourd'hui
09:26AA moins la note de la France,
09:28on voit bien qu'il y a un petit problème.
09:29Mais bon, ça, c'est évidemment une parenthèse,
09:31mais pour bien comprendre
09:32que ces agences, évidemment,
09:33ne sont pas crédibles.
09:34À l'époque, moi, j'ai posé la question
09:35après la crise,
09:36j'ai été aller voir ces agences,
09:37je leur ai dit,
09:37mais comment vous avez pu faire une telle erreur ?
09:39Qu'est-ce qu'ils m'ont répondu ?
09:40Incroyable.
09:40On dit, ben voilà, vous savez,
09:41on avait des notices d'explications
09:42avec des modèles mathématiques
09:44extrêmement complexes,
09:45donc finalement,
09:46on a eu une sorte d'abus de confiance, etc.
09:48Bon, ben, c'est incroyable,
09:49mais on les paye pour ça, justement,
09:51pour qu'elles nous disent la vérité.
09:52Ce qui est fou,
09:52c'est que quelques semaines
09:53avant que la crise des subprimes explose,
09:56ces dettes étaient encore notées triple A.
09:58Il y avait effectivement à l'époque
09:59des banques qui avaient,
10:02voilà ce que j'écris là,
10:03qui avaient créé des produits assez incroyables
10:05qu'on appelait des six caves monétaires dynamiques.
10:07Vous voyez, rien que le nom,
10:08il y a un problème.
10:09Six caves monétaires,
10:10ça veut dire sans risque,
10:12dynamiques à rendement élevé.
10:13D'où vient le rendement ?
10:15D'où vient le rendement, effectivement,
10:16c'est assez incroyable.
10:18Ben, il vient d'un risque, évidemment,
10:20donc il fallait simplement le voir.
10:21Et moi, je me souviens,
10:22quand j'ai quitté à l'époque,
10:22justement en ATEXIS,
10:23parce que quelques années plus tard,
10:24je l'ai quitté,
10:25évidemment,
10:26donc quelques mois plus tard même.
10:28Et ça, je voudrais aller dans une autre condition,
10:32dans une autre vidéo, certainement.
10:33Et donc, à ce moment-là, évidemment,
10:35bon, là, j'ai eu un petit chèque sympathique,
10:36donc il fallait que je le place.
10:37Et mon banquier d'affaires m'appelle,
10:40une très grande banque française,
10:42elle ne va pas donner de nom,
10:43il m'appelle, elle me dit,
10:43voilà, écoutez,
10:44j'ai des six caves monétaires dynamiques
10:45à vous proposer,
10:46c'est formidable, etc.
10:47Et donc, je lui pose la question,
10:48mais vous savez ce qu'il y a derrière ?
10:49Il ne savait pas.
10:50Donc, c'est ça qui est complètement fou.
10:52Donc, il y avait cette frénésie,
10:54on vendait des produits
10:55que les banques qui eux-mêmes
10:56ne maîtrisaient pas,
10:57et donc qui étaient extrêmement dangereux.
11:00Je me rappelle également l'anecdote,
11:01il y avait un trader, justement,
11:03à l'époque de la banque
11:03pour laquelle je travaillais,
11:04donc pour l'ATEXIS,
11:05qui venait me voir
11:06pour prendre mes prévisions économiques,
11:07pour les mettre dans ses modèles,
11:08il était sympathique.
11:10Et donc, un jour, je lui demande,
11:11mais il faudrait que tu m'expliques quand même
11:12comment tu arrives à faire ces produits, etc.
11:14Mais écoute, Marc,
11:15ne t'inquiète pas,
11:16de toute façon,
11:16tu ne peux pas comprendre.
11:20Il y a un petit problème,
11:21et tout à l'heure, on verra
11:22qu'on a ressorti la même phrase,
11:24mais là, à un très haut niveau
11:25de dirigeant européen,
11:27mais tout ça pour dire que,
11:28voilà, on était dans une bulle dramatique,
11:30et malheureusement,
11:31ça s'est effondré.
11:32Sauf que le problème,
11:32c'est que quand les subprimes ont disparu,
11:35les titres qui étaient notés AAA,
11:37ce n'est pas qu'ils ont perdu 10 ou 15%,
11:38ils ne valaient plus rien.
11:40Donc, c'est là où ça a commencé.
11:41Donc, à l'été 2007,
11:43certaines banques,
11:44notamment françaises,
11:45mais pas seulement,
11:46ont dû arrêter la cotation,
11:47ont dû dire, voilà,
11:48ben là, ça vaut zéro,
11:49ça ne vaut plus rien.
11:50Donc, elles ont dû, je dirais,
11:52prendre leur perte, tout simplement.
11:55Et c'est là où on a frôlé la catastrophe
11:56une première fois.
11:58Mais, ça qui est très intéressant,
12:00c'est que la réserve fédérale américaine
12:02a tout de suite réagi.
12:03Elle a compris,
12:04elle a pris conscience
12:05de la gravité de la situation.
12:07Donc, tout de suite,
12:08dès l'été, automne 2007,
12:11elle a commencé à baisser les taux d'intérêt,
12:14justement, pour relancer la machine,
12:16en espérant que, finalement,
12:17on allait éviter le pire.
12:20Mais, malheureusement,
12:20ben, voilà, c'est encore une fois,
12:22quand on a une crise pareille,
12:23ce n'est pas qu'une seule erreur,
12:24ce n'est pas que les subprimes,
12:26c'est une multiplicité d'erreurs,
12:28vous voyez, qui vont s'accumuler,
12:29on va les voir dans le détail.
12:30Mais là, juste pour vous montrer,
12:31vous voyez, la réserve fédérale américaine
12:32qui avait donc énormément augmenté
12:34ses taux d'intérêt,
12:35c'est la courbe bleue ici,
12:36la courbe rouge,
12:37les taux d'intérêt des obligations
12:38de l'État américain,
12:39qui avait également augmenté,
12:40vous voyez, cette tendance haussière.
12:41Donc, c'est là qu'ensuite,
12:47évidemment, à l'automne,
12:49vous voyez, elle a commencé à réagir,
12:50à baisser les taux d'intérêt.
12:51Et ensuite, c'est ça qui était complètement,
12:53vous, c'est le cas,
12:53elle s'est arrêtée au printemps.
12:55Printemps 2008,
12:56et à l'époque,
12:56beaucoup d'économistes,
12:57qui ne ont pas donné de nom par charité,
12:59disaient, ah ben, ça y est,
13:00la crise est finie,
13:01c'est bon, il n'y aura plus de problème,
13:03donc on peut continuer comme ça.
13:05Et donc, évidemment,
13:06c'est ce qui s'est produit,
13:08c'est-à-dire que les banques,
13:08finalement, ont repris des activités
13:10un petit peu, parfois, je dirais,
13:12pas forcément très claires
13:13au niveau de ces subprimes,
13:14elles mettaient les pertes sous le tapis,
13:16notamment les Man Brothers,
13:17bien entendu,
13:17on en parle tout à l'heure,
13:18et donc, on a laissé continuer,
13:20évidemment, finalement,
13:21cette crise qui s'est installée.
13:22Mais en plus de cela,
13:23il y a eu énormément d'erreurs
13:25qui ont été faites à travers le monde,
13:27puisque là, on parle des États-Unis,
13:28mais au même moment,
13:30en Europe,
13:30on fait une erreur dramatique,
13:32la Banque Centrale Européenne
13:34se met à augmenter
13:35très fortement les taux d'intérêt,
13:36c'est-à-dire que,
13:37alors que, justement,
13:38la Réserve fédérale les baisse,
13:41nous, qu'est-ce qu'on fait ?
13:41On augmente les taux d'intérêt,
13:43sachant qu'évidemment,
13:45donc, ça génère une augmentation
13:46de l'euro,
13:47le pétrole également flambe,
13:49donc le dollar baisse,
13:50le pétrole flambe,
13:51et donc,
13:52la Banque Centrale Européenne dit,
13:53regardez,
13:53il y a de l'inflation,
13:54donc il faut que je monte
13:55mes taux d'intérêt.
13:56Je dis, attention, attention,
13:56l'inflation est due au pétrole,
13:58donc elle n'est pas due,
13:59effectivement,
14:00à la demande.
14:01Donc, si vous montez
14:01les taux d'intérêt,
14:02ça n'aura pas d'impact
14:03sur l'activité économique.
14:05Et malheureusement,
14:05c'est là où je reviens
14:06sur la phrase de tout à l'heure,
14:07les dirigeants
14:08de la Banque Centrale Européenne
14:09de l'époque
14:09m'ont dit tout simplement
14:10« vous êtes bien gentils,
14:12mais ne vous inquiétez pas,
14:14de toute façon,
14:15nous avons raison ».
14:16Et donc là, évidemment,
14:17beaucoup de gens pensent comme ça,
14:19malheureusement,
14:19beaucoup de hauts fonctionnaires,
14:20notamment pas que,
14:21pas tous,
14:22bien entendu,
14:23mais souvent,
14:23ils ont tellement haut d'eux-mêmes
14:25qu'ils se disent
14:25« je ne peux qu'avoir raison ».
14:27Et donc, ils vous disent
14:27« quoi que vous fassiez,
14:29ça n'a pas de sens ».
14:30Et donc,
14:30Jean-Claude Trichet,
14:31le président de la Banque Centrale Européenne,
14:32annonce une augmentation
14:33des taux d'intérêt au mois de juillet.
14:34Et là, évidemment,
14:35l'euro flambe,
14:36le dollar baisse,
14:37le pétrole également flambe.
14:38Donc, il alimente l'inflation,
14:39finalement.
14:40Et donc, à ce moment-là,
14:41je crée justement un site,
14:44une sorte de pétition
14:45qui s'appelle
14:45« stoptricher.com »
14:47et qui fait un carton à l'époque.
14:49Et évidemment,
14:49on en a beaucoup voulu.
14:50Et là, déjà,
14:51j'ai eu énormément de pression.
14:52À l'époque,
14:53j'étais chez Global Equity.
14:54Et effectivement,
14:55au début,
14:55j'ai lancé ma pétition
14:56en mon nom.
14:57Et puis finalement,
14:58Global Equity,
14:58j'ai dit « non, mais il faut
14:59effectivement faire quelque chose. »
15:00Et cette pétition était européenne.
15:02Elle a été signée
15:02par des centaines
15:03de milliers de personnes.
15:05Ça n'a pas suffi
15:05puisque, effectivement,
15:06Jean-Claude Trichet
15:06a quand même augmenté
15:07les taux d'intérêt de la BCE
15:08en juillet 2008,
15:10alors que nous étions
15:11déjà en récession.
15:13Nous étions déjà en récession.
15:15Donc, en Europe,
15:15ça qui est complètement fou.
15:17Le baril également,
15:18donc on est à 1,60 dollars
15:19pour 1 euro.
15:21Le baril monte à 150 dollars
15:23pour 1 euro.
15:24Évidemment,
15:25150 dollars le baril,
15:26donc évidemment,
15:271,60 dollars pour 1 euro,
15:29150 dollars le baril.
15:30Évidemment,
15:30donc la récession s'aggrave.
15:32La récession explose.
15:34Et là aussi,
15:35à l'époque,
15:35certains me disaient
15:35« oui, mais c'est normal,
15:37le pétrole monte,
15:38mais c'est ce qu'ils appelaient
15:38le picoï à l'époque. »
15:39On nous dit « oui,
15:41dans quelques mois,
15:41il n'y aura plus de pétrole
15:42dans le monde. »
15:43Ce qui, évidemment,
15:43était une arnaque.
15:44C'était complètement faux.
15:45Moi, beaucoup de mes clients
15:45m'appelaient en me disant
15:46« mais que fait-on ? »
15:47Est-ce qu'il y avait
15:48beaucoup de banques à l'époque,
15:49notamment américaines
15:50qui lançaient des produits à terme
15:51en disant « voilà,
15:52achetez le baril à 150 dollars
15:54à 6 mois. »
15:55Ça veut dire
15:56« vous figez le prix,
15:57comme ça,
15:58si ça augmente à 250 dollars,
15:59vous le paierez à 150 dollars. »
16:01Et moi,
16:01pas mal de clients m'appellent
16:02et je leur dis « non,
16:02ça n'a pas de sens. »
16:03Parce qu'avec 150 dollars le baril,
16:04ça va générer une récession mondiale
16:06bien avant les Man Brothers,
16:08évidemment.
16:08Et donc,
16:09ça va générer,
16:10évidemment,
16:11une baisse des prix du pétrole.
16:12Et heureusement
16:13que certains m'ont écouté
16:14parce que 6 mois plus tard,
16:15le baril était à 32 dollars.
16:17Donc là,
16:17c'est attention quand on fait justement,
16:18quand on écoute le consensus,
16:20souvent,
16:20beaucoup ont tort.
16:22Et donc,
16:23le problème,
16:23c'est qu'on avait donc cette récession.
16:25On fait le petit film,
16:27« Chris the South Prime »,
16:28donc l'économie américaine
16:29commençait à aller mal.
16:30Nous,
16:30dans la zone euro,
16:31on monte les taux,
16:31on a une récession dramatique
16:32et arrive l'impensable,
16:35la faillite de les Man Brothers
16:37qui est donc la quatrième banque
16:41d'affaires dans le monde,
16:42globalement.
16:43Et donc,
16:43à ce moment-là,
16:44à l'époque,
16:45on n'y croit pas
16:46pour tout vous dire.
16:48je me rappelle,
16:49c'était le vendredi 12 septembre,
16:53si je me souviens bien.
16:53Oui,
16:54oui,
16:54tout à fait,
16:5412 septembre,
16:54donc 2008,
16:56où globalement,
16:57on lui dit,
16:57voilà,
16:57c'est bon,
16:57les Man Brothers,
16:58ça a été racheté,
16:58tout s'est bien passé.
17:00Et là,
17:00pendant le week-end,
17:01se passe l'impensable.
17:02Et c'est vrai que,
17:03souvent,
17:04voilà,
17:05malheureusement,
17:06on a des situations difficiles
17:08parce qu'il y a un enchaînement
17:11de circonstances.
17:12Et à ce moment-là,
17:12et c'est ce qui est complètement fou,
17:14le secrétaire d'État au Trésor américain,
17:16c'est-à-dire le ministre de l'Économie aux États-Unis,
17:18c'est le fameux Henry Paulson,
17:20qui est l'ancien patron de Goldman Sachs.
17:23Et comme vous le savez,
17:23aux États-Unis,
17:24du moins à l'époque,
17:24il y avait une grande concurrence historique
17:26entre Goldman Sachs et les Man Brothers.
17:29Et donc là,
17:29quand il s'agit justement
17:30d'essayer de sauver les Man Brothers,
17:32parce qu'on aurait pu,
17:33effectivement,
17:34la sauver,
17:35eh bien là,
17:35Henry Paulson dit non,
17:37on la laisse tomber.
17:38On la laisse faire faillite.
17:40Sauf qu'évidemment,
17:41quand on arrive le lundi,
17:42pensant qu'on voit cette news,
17:44les Man Brothers en faillite,
17:46on se dit,
17:46mais attendez,
17:47peut-être que le gouvernement américain
17:48a prévu quelque chose.
17:49En fait, rien.
17:50C'était à la cow-boy,
17:51j'ai envie de dire.
17:52À l'époque,
17:53George Bush était la fin de son mandat.
17:55Donc George Bush,
17:55le fils, bien entendu,
17:56c'était la fin de son deuxième mandat.
17:58Et donc,
17:59rien n'a été fait.
18:00Et c'est ça qui est évidemment dramatique,
18:01c'est qu'on laisse faire cette faillite.
18:03Donc on arrive le lundi matin au travail,
18:04on se dit,
18:04bon,
18:05ça va,
18:06il y a quelque chose de prévu.
18:07En fait,
18:07il n'y a rien de prévu.
18:08Et donc,
18:08on reçoit des mails,
18:10ce qui me concerne notamment,
18:11en disant,
18:11voilà,
18:12who's next ?
18:13C'est qui le prochain ?
18:14Parce que maintenant,
18:14que les Man Brothers a fait faillite,
18:16quand les Man Brothers,
18:17c'est la banque d'affaires
18:18de quasiment toutes les banques
18:19dans le monde occidental,
18:21dans le monde développé,
18:22évidemment,
18:22on se dit,
18:22toutes les autres banques
18:23sont menacées.
18:24Et donc,
18:25on vous envoie une liste,
18:26moi je rappelle cette liste
18:26assez incroyable,
18:27on voit tous les clients
18:29de les Man Brothers.
18:30Et à l'époque,
18:31il y avait des banques françaises,
18:32je me rappelle,
18:32il y avait la Banque Postale,
18:33par exemple,
18:34qui n'est pas une banque,
18:35on va dire,
18:35qui fait de la spéculation.
18:37Alors,
18:37tout le monde était concerné.
18:38Et c'est là où on a frôlé
18:40la catastrophe,
18:41parce qu'évidemment,
18:41rien n'a été prévu.
18:42Après,
18:43effectivement,
18:44on a donc l'effondrement boursier,
18:46et encore plus impensable,
18:47on fait un plan de sauvetage
18:48des banques aux Etats-Unis,
18:50et le Congrès américain,
18:51qui pourtant est la majorité républicaine,
18:53comme Bush à l'époque,
18:54décide de voter contre.
18:56Alors là,
18:56évidemment,
18:57c'est fini,
18:57c'est la fin,
18:58là on pense évidemment
18:59que c'est la fin du système.
19:00Donc,
19:00on le voit bien ici,
19:02donc là,
19:02vous avez en rouge le CAC 40,
19:05en bleu le Dow Jones,
19:06donc on voit,
19:07évidemment,
19:07l'explosion,
19:08donc la crise des subprimes,
19:08donc à l'été,
19:09en 2007,
19:10après ça se stabilise,
19:11on a la faillite de la banque d'affaires
19:12Berch-Terns,
19:13justement,
19:13qui a été dépecée par quartier,
19:15donc il n'y a pas eu de clash,
19:17et donc certains disent,
19:17dans ça,
19:18il s'est fini,
19:18vous voyez,
19:18ça remonte un petit peu d'ailleurs,
19:19et puis non,
19:20bam,
19:20ensuite,
19:20faillite de Lehman Brothers,
19:22ça s'effondre complètement,
19:23et évidemment,
19:24là,
19:24il y a une situation assez incroyable,
19:25parce que les banques
19:26n'ont plus confiance entre elles,
19:27donc elles refusent de se prêter
19:29sur le marché interbancaire.
19:30C'est assez incroyable,
19:31parce que vous savez que les banques,
19:32tous les jours,
19:32se prêtent de l'argent,
19:33et là,
19:33elles refusent de se prêter.
19:35Et donc,
19:35les taux d'intérêt
19:36sur le marché interbancaire
19:38explosent,
19:45au sens large,
19:46et donc là,
19:46on n'est vraiment pas loin
19:47de la fin,
19:48entre guillemets,
19:48de notre modèle habituel,
19:49si vous voulez,
19:50notre modèle capitaliste,
19:51comme on le dit,
19:52et c'est vrai que ce sont les Anglais
19:54qui ont eu la bonne idée à l'époque
19:55de se dire,
19:55écoutez,
19:56c'est les États qui vont prêter aux banques,
19:58parce qu'il y a une crise de liquidité,
19:59mais pas de solvabilité,
20:00parce que les banques ont quand même des actifs,
20:02donc on va leur prêter,
20:04et ensuite,
20:04elles nous rembourseront
20:05quand elles pourront.
20:06Donc c'est ce qu'ont fait les États.
20:08Alors les États ont gagné de l'argent,
20:09parce qu'elles leur ont prêté
20:09à un taux plus élevé
20:11que ce que les États s'endettaient.
20:12À l'époque,
20:13justement,
20:13ils n'avaient pas une dette publique énorme
20:14comme aujourd'hui,
20:15donc ils ont prêté aux banques,
20:16c'est ce qui a permis aux banques,
20:17effectivement,
20:17de redémarrer.
20:19Mais malheureusement,
20:19le mal est là,
20:20c'est-à-dire qu'on a effectivement
20:21cette récession dramatique
20:22qui arrive au niveau mondial,
20:23et donc la bourse continue de chuter,
20:25et c'est là où on a le fameux sommet
20:27du G20 de Londres,
20:28en avril 2009,
20:30et c'est là où justement
20:31je retrouve l'optimisme,
20:32puisque là,
20:33on va avoir pas mal de mesures
20:35qui vont être prises
20:35justement pour relancer
20:36l'économie mondiale,
20:38et c'est vrai qu'à partir de là,
20:40il y a eu deux choses,
20:41c'est que quand effectivement
20:42il y a eu cette faille
20:43de Lehman Brothers,
20:44à qui profite le crime,
20:45Obama,
20:45qui à l'époque justement
20:46avait très peu de chance
20:48de l'emporter,
20:48finalement,
20:49a commencé à monter
20:51dans les sondages,
20:51et finalement,
20:52il a été élu président,
20:52comme vous le savez,
20:53parce qu'on dit,
20:53voilà,
20:53les républicains
20:54ont fait n'importe quoi,
20:55il a été élu président,
20:57bon,
20:57après,
20:57que s'est-il passé,
20:58ça c'est un autre débat,
20:59mais toujours est-il que,
21:00donc voilà,
21:01il a battu son rival
21:01John McCain,
21:02et donc ce qui fait
21:03que si Apple a fait
21:04de Lehman Brothers,
21:04évidemment,
21:05il n'aurait certainement pas
21:06emporté les élections,
21:08donc une récession mondiale
21:09qui s'installe,
21:10et donc il prend fin
21:11avec le G20 de Londres,
21:12pourquoi il prend fin
21:13avec le G20 de Londres ?
21:15Parce que tout simplement,
21:16on a une relance budgétaire
21:18pharaonique,
21:19regardez bien,
21:205000 milliards de dollars
21:22de relance budgétaire,
21:24donc ça veut dire,
21:24à l'époque,
21:25c'était 9% du PIB mondial,
21:26et donc moi je dis tout simplement,
21:28je vais sortir un livre
21:28qui s'appelait
21:28Crack Boom et Demain,
21:29et j'avais mis
21:30resté optimiste,
21:31mais comme quoi ça chance
21:32parfois de ce qu'on veut
21:33m'associer comme qualificatif,
21:36et toujours dire que,
21:37pourquoi j'avais dit ça ?
21:38Parce qu'évidemment,
21:38avec une telle relance mondiale,
21:40ça ne pouvait que redémarrer,
21:41et c'est effectivement
21:42ce qui s'est produit,
21:43on a eu un redémarrage
21:44assez incroyable
21:46dès la fin 2009,
21:48sachant qu'en plus,
21:48cette relance budgétaire
21:49dans beaucoup de pays,
21:50et notamment aux Etats-Unis,
21:51a été financée
21:52par la planche à billets,
21:54alors on va y revenir bien entendu,
21:55parce que ça c'est la clé,
21:56ce qui va nous amener
21:57aux crises suivantes,
21:58notamment à la crise grecque,
21:59et puis également aux crises
22:00que nous vivons aujourd'hui,
22:02aux crises de la dette publique,
22:03parce qu'on est passé
22:03d'une crise de la dette privée
22:05à une crise de la dette publique,
22:07c'est ça qui est extrêmement dangereux,
22:09donc là,
22:09on voit très bien,
22:10je vous ai mis ici,
22:10la croissance mondiale
22:11depuis 1980,
22:12vous voyez,
22:13donc en 2009,
22:14on a fait
22:15moins 0,1%
22:16de baisse
22:17du PIB mondial,
22:18bon,
22:19c'est beaucoup
22:20et ce n'est pas non plus énorme,
22:21vous voyez qu'en 2020,
22:22on a fait moins de 8,
22:23si on regarde,
22:24par exemple,
22:25lors du deuxième choc pétrolier
22:26en 82,
22:27on avait fait 0,5%
22:28de croissance,
22:30pas de baisse du PIB,
22:31là seulement moins 0,1%,
22:32en gros,
22:33on a limité les dégâts,
22:34et puis surtout,
22:34regardez bien,
22:35on a mis une telle relance
22:36qu'en 2010,
22:37on a fait 5,4%
22:39de croissance mondiale,
22:40on a mis trop,
22:41j'irais,
22:42d'essence dans le moteur,
22:43mais toujours est-il
22:43que globalement,
22:44ça a permis
22:45de redémarrer,
22:46d'autant que cette relance budgétaire
22:49a été financée,
22:50notamment aux Etats-Unis,
22:51par la planche à billets,
22:53et ça,
22:53c'est énorme,
22:53parce que justement,
22:54qu'est-ce que la planche à billets,
22:55alors évidemment,
22:56on imagine une planche à billets,
22:57vous voyez,
22:58on en veut une pour Noël,
22:59bien entendu,
22:59mais bon,
23:00en quoi ça consiste ?
23:01Pour vous,
23:01simplement,
23:02vous expliquez ce qu'est
23:03la planche à billets,
23:03parce qu'on entend souvent,
23:04mais on ne sait pas trop
23:05ce que ça veut dire,
23:06là je vous ai mis
23:06le processus normal
23:07de création monétaire,
23:09évidemment,
23:10en schématisant,
23:11donc là vous avez
23:11le bilan d'une banque centrale,
23:12donc la monnaie créée,
23:14la monnaie en circulation,
23:15est au passif
23:16de la banque centrale,
23:17et donc normalement,
23:18lors d'une phase
23:18de création monétaire normale,
23:20pour avoir le droit
23:21de créer cette monnaie,
23:22il faut avoir préalablement
23:23ce qu'on appelle
23:24les contreparties
23:25de la masse monétaire,
23:26donc il y en a trois,
23:27d'abord de l'or,
23:28ça c'est historique,
23:29je vous rappelle qu'à la base,
23:30toutes les monnaies
23:31étaient basées sur l'or,
23:32alors maintenant,
23:32ce n'est plus le cas,
23:33mais pendant longtemps,
23:34ça a été le cas,
23:35ensuite des devises,
23:36ce qu'on appelle
23:36les réserves de change,
23:37et donc des titres,
23:38notamment des obligations d'État,
23:40pourquoi a-t-on ça ?
23:41Pour qu'il y ait justement
23:41une correspondance
23:42entre la création monétaire
23:44et la création de richesses.
23:46C'est quoi la planche à billets ?
23:47C'est que je n'ai pas
23:48de contrepartie monétaire,
23:50mais ce n'est pas grave,
23:51on crée quand même
23:52de la monnaie,
23:53donc à partir de rien,
23:54ex-minio comme on dit,
23:55et donc cette monnaie
23:56artificiellement créée,
23:58comme un bilan
23:59est toujours à l'équilibre,
24:00eh bien elle vient financer
24:01automatiquement
24:02le déficit public
24:03en achetant des bons du trésor,
24:05en achetant des obligations d'État.
24:07Et c'est là le piège,
24:07c'est là l'argent magique
24:08que nous évidemment
24:09on va retrouver en 2015
24:10et en 2020,
24:11parce que là,
24:12à l'époque l'Europe
24:12ne l'a pas fait,
24:13cette planche à billets,
24:14par contre on l'a fait
24:15évidemment à partir de 2015
24:16et surtout en 2020,
24:17c'est le même processus
24:18qui a généré effectivement
24:20cette création militaire.
24:21La grande différence
24:22c'est qu'en 2008,
24:26encore en 2009,
24:27il n'y avait pas
24:27une dette publique énorme
24:28comme elle l'est aujourd'hui.
24:30Donc on avait encore
24:30les moyens de relancer
24:32la machine,
24:33ce que nous n'avons plus
24:34évidemment aujourd'hui,
24:35mais que nous continuons
24:35de faire,
24:36notamment que nous avons fait
24:36en 2020,
24:37et c'est ça qui nous a mis
24:38évidemment dans l'ornière.
24:39Donc voilà cette planche à billets
24:41qui va évidemment certes
24:42relancer la machine
24:43mais également générer
24:45ce fameux argent magique,
24:46c'est-à-dire que finalement
24:47ça va inciter les États
24:48à continuer d'augmenter
24:50leur dette publique
24:51et c'est ça qui va nous amener
24:52à la dette,
24:53à la crise grecque
24:54et ensuite évidemment
24:55à la crise que nous allons vivre
24:56dans les prochaines semaines,
24:57notamment en France.
24:58Donc je vous ai mis pour terminer
24:59évidemment cette dette publique française.
25:01Donc là on voit bien
25:022008-2009,
25:03vous voyez ça a commencé,
25:04on a dépassé les 1200 milliards
25:05d'euros de dette publique
25:07et après ça a continué.
25:08Vous voyez on ne s'est pas arrêté,
25:09c'est ça le problème.
25:09C'est qu'une fois qu'on a commencé,
25:11on ne s'est pas arrêté,
25:12même quand il y a eu
25:13le redémarrage 2010,
25:14on a continué d'augmenter
25:15cette dette publique,
25:16évidemment après 2020
25:17et là ça devient évidemment
25:18complètement dramatique,
25:19complètement hors de contrôle
25:21et c'est pourquoi
25:22en fait la crise des subprimes,
25:24on a réussi à s'en sortir à l'époque.
25:26Ensuite on aurait dû justement
25:27tirer les leçons
25:28des erreurs du passé
25:29pour ne pas les commettre de nouveau.
25:31Donc il fallait limiter
25:32l'augmentation de la dette publique.
25:34Mais non malheureusement,
25:35on a continué de l'augmenter,
25:36d'où la crise grecque
25:37et puis après l'appareil,
25:38maintenant la crise grecque,
25:39on a continué de le faire,
25:40évidemment avec 2020,
25:41voici ce saut.
25:42Et ensuite,
25:43après la fin du Covid,
25:44on a continué notamment,
25:45nous les Français,
25:46à le faire
25:46avec cette planche à billets
25:48qui génère également
25:49de l'inflation
25:49et donc qui nous coûte
25:51tellement cher
25:52et à tel point
25:52qu'on est aujourd'hui,
25:53c'est aux Français de payer.
25:54Non, c'est aux dirigeants évidemment.
25:56Il faut réduire la volure,
25:57réduire la dépense publique.
25:58C'est là effectivement
25:59cette crise des seuils prime
26:00qui a donc été jugulée.
26:02Il fallait le faire,
26:03tant mieux bien entendu,
26:04même si évidemment
26:04on aurait pu l'éviter,
26:05on aurait pu éviter
26:06la faillite de Lehman Brothers,
26:07on aurait pu la découper en partie.
26:09D'ailleurs,
26:09on a vendu une partie
26:11des activités de Lehman Brothers
26:11qui était ensuite rentable.
26:13Donc ça qui est complètement fou.
26:14Donc il y a eu là aussi
26:15des arrangements entre amis.
26:16Donc vous voyez,
26:16tout ça nous échappe malheureusement
26:18mais ensuite,
26:19eh bien qui paye ?
26:20On le voit aujourd'hui,
26:21c'est le contribuable,
26:22c'est la PME,
26:23c'est la classe moyenne,
26:24c'est ça qui est extrêmement dangereux.
26:26Donc tout ça,
26:26évidemment,
26:27c'est lié au fait
26:28que les dirigeants,
26:29souvent de la planète,
26:30pas seulement en France,
26:31ne sont pas à la hauteur
26:33de la situation
26:33et donc ils font une sorte
26:34de fuite en avant
26:35en disant,
26:35après moi le déluge,
26:37sauf que le déluge
26:37il finit par arriver.
26:38C'est ce que malheureusement
26:39nous allons bientôt connaître
26:40en France.
26:41D'où effectivement,
26:42on continue pendant cet été,
26:44le t-shirt,
26:45la France,
26:45ce n'est pas sérieux,
26:46c'est de moins en moins sérieux,
26:48ça devient une quatre astrophes.
26:49On se prépare pour la rentrée
26:50qui sera évidemment
26:50particulièrement chaude.
26:52Donc encore une fois,
26:52merci pour vos likes.
26:54Voilà,
26:54merci,
26:54j'espère que cette vidéo vous a plu.
26:56Ça vous permet justement
26:57de bien comprendre
26:59ce qui nous est arrivé
26:59et malheureusement,
27:00normalement on aurait dû
27:01en tirer les leçons.
27:02Les dirigeants ne l'ont pas fait.
27:04C'est pourquoi nous payons
27:05aujourd'hui cette triste situation.
27:07Donc merci encore
27:08pour vos likes,
27:10pour vos pouces vers le haut,
27:11pour vos soutiens,
27:12pour vos messages.
27:13Vous êtes vraiment formidables.
27:14Encore une fois,
27:15je vous le dis,
27:16je vous aime.
27:17Merci beaucoup,
27:17passez un bel été
27:18et on se retrouve donc
27:19la semaine prochaine
27:20pour la crise grecque.
27:21Merci encore
27:22et donc n'hésitez pas évidemment
27:22à diffuser,
27:23à vous abonner,
27:24à vous abonner premium.
27:25Je vous enverrai également
27:25évidemment les slides
27:26pour tous les abonnés premium
27:27en passant par le site
27:29marctwati.com
27:30Pour le tee-shirt pareil,
27:31c'est sur marctwati.com
27:32Donc voilà.
27:33Merci encore pour tout.
27:34Vous êtes formidables.
27:36Portez-vous bien
27:36et à très bientôt.

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