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  • il y a 1 an
L'ancien Premier ministre était interrogé par Olivier Bost (RTL), Perrine Tarneaud (Public Sénat) et Jim Jarrassé (Le Figaro).
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 28 septembre 2025.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury. Nous sommes en direct sur RTL et en direct sur Public Sénat.
00:19Bonjour Dominique de Villepin.
00:21Bonjour.
00:21Vous êtes ancien Premier ministre. Votre dernier livre est Le Pouvoir de dire non aux éditions Flammarion.
00:27Nicolas Sarkozy en prison. Vous allez nous livrer votre toute première réaction sur cette décision de justice rendue cette semaine.
00:37Vous avez bien connu l'ancien président. Toutes les limites de l'état de droit ont été violées, dit Nicolas Sarkozy. Qu'en pensez-vous ?
00:46Dans l'actualité internationale, la France, par la voix d'Emmanuel Macron, a reconnu l'état palestinien cette semaine devant l'ONU.
00:52Qu'est-ce que cela change ? La Russie frappe l'Ukraine et survole des pays européens avec des drones. Est-ce une vraie menace ?
01:00Et pendant ce temps-là, Donald Trump est plus imprévisible et illibéral que jamais. Bienvenue dans ce Grand Jury, Dominique de Villepin.
01:10À mes côtés pour vous interroger ce dimanche, Périne Tarnot de Public Sénat et Jim Jarassé du Figaro.
01:16Dans ce Grand Jury, Dominique de Villepin, nous aurons plusieurs séquences, notamment en 2027, c'est demain, puisque vous y pensez aussi.
01:23Et vous répondrez également à nos questions express.
01:26Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
01:30Nicolas Sarkozy a donc été condamné cette semaine à 5 ans de prison dans l'affaire du financement présumé de sa campagne par la Libye en 2007.
01:38Pensez-vous tout d'abord, Dominique de Villepin, que Nicolas Sarkozy est un malfaiteur ? C'est le qualificatif de la justice.
01:44Vous ne me ferez pas commenter ce matin une décision de justice.
01:50Et si je veux être tout à fait franc, si j'avais imaginé, il y a quelques semaines, quand j'ai accepté votre invitation,
01:57que nous serions confrontés à cette actualité-là, j'aurais sans doute décliné.
02:03Et donc je veux commencer par ce que je crois être le premier principe qui doit nous animer, c'est un principe d'humanité.
02:10Et je connais bien Nicolas Sarkozy, je connais sa famille, je connais ses enfants, et donc je mesure l'épreuve qu'il traverse aujourd'hui.
02:20Et je mesure et je n'oublie pas ce qu'il a apporté à notre pays, comme ministre, comme président de la République, et en particulier dans la crise financière de 2008.
02:30Et je mesure également le choc que cette décision représente pour les Français et représente pour la France.
02:39Mais je crois qu'il est important de rappeler, au-delà de cette exigence d'humanité, le principe de justice.
02:49Le principe de justice, c'est d'abord la reconnaissance et le respect de l'indépendance de la justice.
02:56C'est la prise en compte du cadre dans lequel s'exerce cette justice.
03:01Et ce cadre, c'est le respect de l'état de droit.
03:04C'est enfin l'égalité de chacun devant la loi.
03:08Ces principes peuvent amener les uns et les autres à dire ce qu'ils pensent de cette décision,
03:15voire à critiquer cette décision, mais pas à porter atteinte à cette exigence, ce principe d'indépendance de la justice.
03:24Et c'est pour cela que je suis profondément choqué quand je vois les menaces
03:27qui ont été dirigées vers la présidente du tribunal.
03:32Rappelons d'abord que c'est une décision collégiale, et cette collégialité, c'est la règle.
03:38Le questionnement Dominique de Villepin, pour résumer,
03:41la justice estime que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas ne pas savoir
03:44que deux de ses collaborateurs préparaient un financement illégal de sa campagne de 2007
03:49avec un dictateur à l'époque sanguinaire,
03:52et financement d'ailleurs aujourd'hui introuvable de cette campagne.
03:55Est-ce qu'il y a quand même une condamnation sur une suspicion d'intention ?
03:59Est-ce que les preuves manquent ?
04:01Je ne me prononcerai pas, je vous l'ai dit, je ne veux pas évoquer le fond du dossier.
04:08Il y a des questions qui peuvent légitimement être posées dans notre état de droit.
04:12La question de l'exécution provisoire, la question du mandat de dépôt.
04:20Mais il faut rappeler le cadre dans lequel ces mesures ont été décidées par le tribunal.
04:26Le cadre, c'est un cadre qui est imposé par la loi, par le législateur.
04:31Et en droit français, l'autorité judiciaire, elle applique la loi.
04:38C'est ce qui fait la caractéristique, l'originalité de notre système judiciaire.
04:43Et dans ce contexte-là, je crois qu'il ne faut pas reprocher à la justice ce qui ne lui appartient pas.
04:51Mais sur l'exécution immédiate de la peine de prison, effectivement, pour vous, il y a des questionnements ?
04:57Il peut y avoir un questionnement légitime.
04:59Ce questionnement, c'est un questionnement qui a été réglé par le législateur.
05:05Et dans le cadre de la législation française, il y a un certain nombre de cas qui sont prévus,
05:11dont la gravité des faits, l'exemplarité.
05:14Et c'est dans ce cadre-là que la décision a été prise, une fois de plus.
05:18Vos interrogations, c'est sur la loi ou c'est sur l'application de Nicolas Sarkozy ?
05:21Moi, je n'ai pas d'interrogation. Je comprends qu'il puisse y avoir des interrogations.
05:25Je comprends qu'il puisse y avoir des critiques.
05:27Mais une fois de plus, mesurons la différence.
05:30Que l'on s'interroge sur la décision, c'est une chose.
05:34Que l'on remet en cause l'indépendance de la justice.
05:37Que l'on critique la justice en tant qu'autorité judiciaire.
05:41Cela me paraît, dans notre pays, inacceptable.
05:43Il faut rappeler dans quel contexte tout ceci se déroule et c'est important.
05:48Nous sommes dans une crise politique, on le voit avec l'instabilité gouvernementale.
05:52Nous sommes dans une crise sociale.
05:53Il n'est que regarder les revendications de nos compatriotes et la souffrance qui est celle de beaucoup d'entre eux.
05:59Et nous sommes aussi dans un moment de crise internationale.
06:03où la menace contre l'état de droit, elle frappe tous les pays européens.
06:07Elle frappe les Etats-Unis avec des mises en cause qui s'adressent non seulement au système judiciaire,
06:14mais également au système médiatique.
06:15Ce sont les contre-pouvoirs qui sont aujourd'hui visés avec cette menace qui est très pressante sur notre pays.
06:22qui est celle de savoir si nous allons encore longtemps rester une démocratie libérale
06:28ou si nous allons glisser de contestation en contestation, de façon insidieuse,
06:34vers une démocratie illibérale.
06:36Périne Tarnot.
06:37Alors justement, concernant les menaces contre l'état de droit,
06:40Nicolas Sarkozy, dans son interview au JDD ce matin,
06:43il estime que son jugement est d'une gravité extrême pour l'état de droit.
06:47Il dit que toutes les limites de l'état de droit ont été violées.
06:51Est-ce que vous êtes d'accord avec son analyse ?
06:54Est-ce que nous avons basculé déjà dans une république des juges ?
06:57Mesurons.
06:59Une fois de plus, je ne rentrerai pas dans le fond du dossier.
07:02Mesurons.
07:03Non mais ces mots sont forts.
07:05Mesurons.
07:06Mesurons.
07:07La situation qui est celle aujourd'hui de Nicolas Sarkozy,
07:11il se défend sur un terrain politique.
07:14Et il invoque, et c'est son droit, la défense de son honneur,
07:19la vision qu'il a du dossier.
07:22Tout ceci appartient...
07:24Il va plus loin là quand même Nicolas Sarkozy.
07:26Tout ceci appartient à la procédure qui continuera quoi qu'il arrive,
07:30qui est la procédure d'appel, un deuxième procès qui permettra de revoir les choses.
07:37Aujourd'hui, nous sommes dans un cadre qui est fixé par le droit et par la loi.
07:43Et c'est dans ce cadre-là que la décision a été rendue.
07:48Et je ne crois pas qu'il soit sain dans notre démocratie de contester ce cadre qui constitue l'état de droit.
07:56En tout cas, ce n'est jamais la voie dans laquelle je m'engagerais.
07:59Je m'engagerais.
08:00Pour être clair, ce que vous êtes en train de dire, c'est que les propos de Nicolas Sarkozy sur l'état de droit violé
08:04attaquent justement ces principes-là.
08:06Ce que je vous dis, c'est que sa défense est une défense légitime.
08:10Elle est politique.
08:11Et je ne crois pas qu'il faille...
08:12Ça ne vous choque pas quand il dit que l'état de droit est violé ?
08:15C'est une défense politique.
08:16C'est un jugement politique qu'il porte.
08:19Je crois que le risque dans notre pays...
08:22Précisément, ça n'affaiblit pas la justice.
08:23Ça n'affaiblit pas notre démocratie.
08:25Écoutez, la situation de Nicolas Sarkozy est suffisamment difficile
08:29pour que j'évite de porter des jugements qui soient à l'emporte-pièce.
08:33Donc, ce que je vous dis, et je pèse mes mots,
08:37c'est que la responsabilité de tous,
08:40anciens responsables politiques,
08:41responsables politiques,
08:44législateurs,
08:45partis politiques,
08:47c'est de ne pas faire
08:49ce qui est aujourd'hui le plus grand risque pour nous.
08:53C'est le risque d'une critique de notre système de la démocratie libérale
08:56qui repose sur l'état de droit
08:58et ce risque de basculer.
09:01Je pense que tous les reproches qui sont adressés aujourd'hui à la justice,
09:05gouvernement des juges,
09:06tout ceci est dangereux pour notre démocratie.
09:11pour sortir du débat juridique,
09:14en préambule, vous avez évoqué le choc des Français.
09:17C'est vrai que c'est une décision qui est très commentée
09:19et qui touche nos concitoyens.
09:22Qu'est-ce qui est abîmé dans cette condamnation ?
09:25Est-ce que c'est l'image de Nicolas Sarkozy ?
09:27Est-ce que c'est l'institution présidentielle ?
09:29Ou est-ce que c'est l'image de la France à l'étranger ?
09:32J'ai parlé d'un choc.
09:33Je pense que le choc, il concerne les uns et les autres.
09:36Nous ne sommes pas devant quelque chose qui est banal.
09:39Nous sommes devant quelque chose qui constitue une épreuve
09:41pour notre démocratie même.
09:44Et c'est là où il faut que nous soyons responsables.
09:47C'est là où il faut que nous soyons exigeants
09:49pour éviter que les critiques puissent ouvrir la voie
09:56à une remise en cause de notre système institutionnel,
09:59de notre système d'État de droit.
10:02Nous savons à quel point les attaques sont violentes
10:05depuis déjà plusieurs années dans notre pays.
10:08Elles existent aussi aux États-Unis, on voit bien.
10:11Et on voit à quoi ça nous mène.
10:13La contestation aujourd'hui aux États-Unis du système judiciaire,
10:18le choix du président Trump de nommer un certain nombre de responsables
10:23qui défèrent aujourd'hui devant la justice,
10:25on le voit avec l'ancien responsable du FBI,
10:27conduit à une justice personnelle.
10:30Je pense que tout ça est extraordinairement dangereux.
10:33Respectons donc l'institution judiciaire.
10:36Il y a des voies de droit, celles-ci s'appliqueront dans les prochains mois.
10:40La Cour, le tribunal, de façon collégiale a pris une décision.
10:45Il faut la respecter pour ce qu'elle est.
10:47Elle s'impose à tous, même si d'aucuns peuvent émettre des critiques
10:52sur tel et tel élément du dispositif.
10:53Pour élargir un tout petit peu le sujet, est-ce que vous vous dites que...
10:56Monsieur Bosque, vous pouvez élargir tout ce que vous voulez.
10:59Je vous ai dit sur ce sujet ce que j'avais à vous dire et je n'ajouterai rien.
11:03Je ne vais pas vous reparler de Nicolas Sarkozy,
11:05mais est-ce que vous vous dites que les politiques qui votent des lois de plus en plus sévères,
11:09est-ce que c'est quand cette sévérité finalement s'applique à eux
11:12qu'ils découvrent et dénoncent la justice ?
11:15Ce deux poids de mesure, on le voit dans tous les domaines,
11:17de la vie nationale et de la vie internationale.
11:20Vous avez raison, ceux-là même qui ont été pronds à toujours vouloir durcir les textes,
11:25toujours vouloir davantage de résultats dans ce domaine,
11:32aujourd'hui ils sont obligés de changer de discours, de changer de langage.
11:37Eh bien là, ils sont devant l'épreuve qui est celle de la responsabilité.
11:41Une fois de plus, la justice doit être la même pour tous.
11:45Et il n'y a pas d'un côté les puissants, de l'autre les misérables,
11:49qui devraient avoir droit à une justice beaucoup plus sévère et beaucoup plus exigeante.
11:58Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
12:02Sébastien Lecornu a dévoilé un peu, on peut dire, dans le Parisien,
12:06les grandes orientations de son budget.
12:08Pas de taxes Zuckman, pas de retour de l'ISF.
12:126 milliards pour les retraites, 5 milliards pour la santé.
12:14Sébastien Lecornu a-t-il, Dominique de Villepin,
12:17renoncé aux ruptures qu'il avait promises ?
12:19Nous allons le voir.
12:20Attendons qu'il prononce son discours de politique générale,
12:23qu'il forme son gouvernement, nous en saurons un peu plus.
12:26Ce qui est vrai...
12:27Mais sa feuille de route qui avait été fixée par le président de la République
12:30était d'abord de trouver des voies de passage, des compromis
12:33avec les autres groupes politiques.
12:34Donc ce qui est vrai, c'est que l'on voit aujourd'hui très clairement
12:37les portes qu'il ferme.
12:39Il va bien falloir voir maintenant la porte ou les portes qu'il ouvre,
12:45sans quoi il passera à la trappe comme ses deux prédécesseurs.
12:48Donc il y a là maintenant un besoin de clarification.
12:51Nous avons attendu, à juste titre je crois,
12:54le Premier ministre a pris son temps,
12:56parce qu'il est important de créer les conditions,
12:59peut-être pas d'une majorité, mais au moins d'un accord de non-censure
13:03avec les différents partis à l'Assemblée nationale.
13:07Donc nous sommes dans l'attente aujourd'hui
13:10de voir quelle sera l'équation qu'il a retenue.
13:12Mais nous sommes dans un pays,
13:14je l'ai dit tout à l'heure en commençant,
13:17qui est en grande souffrance.
13:19Nous sommes dans un pays où il y a un sentiment
13:22et une réalité d'injustice sociale depuis des années,
13:27depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron.
13:29Il faut prendre en compte ce sentiment
13:33et cette réalité de l'injustice sociale.
13:36Et donc, la première attente des Français,
13:39et c'est pour cela qu'ils ont voté comme ils ont voté aux Européennes,
13:42c'est pour cela qu'ils ont voté après la dissolution aux législatives,
13:47c'est une exigence, un souci de rupture,
13:51de changement de la politique macroniste.
13:52Le Premier ministre reconnaît cette exigence,
13:54cette volonté des Français.
13:55Il lui appartient de la mettre en musique.
13:57Voilà, mais pour l'instant il reste flou.
13:59Est-ce que vous avez été déçu par cette interview dans Le Parisien ce vendredi,
14:04où pour l'instant son jeu de cartes ne semble pas très lisible ?
14:08Il consulte.
14:09Il a consulté les partis politiques,
14:11il consulte les partenaires sociaux,
14:13il se donne le temps et personne ne peut lui faire ce reproche.
14:17La tâche qui est la sienne est effroyablement difficile.
14:20Donc il n'y a pas de recette miracle.
14:21Mais vous diriez qu'il y a du mal à sortir de la ligne d'Emmanuel Macron ?
14:24C'est la difficulté, c'est celle depuis le départ que je lui ai conseillé de changer.
14:32Je suis bien conscient depuis le début de ce risque d'enfermement.
14:37Vous avez échangé avec lui en tête à tête ?
14:39Nous avons échangé par texto.
14:41Et je l'ai alerté sur le fait qu'il avait besoin de s'émanciper.
14:46Nous avons besoin d'un Premier ministre qui puisse prendre sur lui la défense de l'intérêt général des Français.
14:52Le Président de la République, depuis 8, 9 ans,
14:56ayant choisi une autre politique dont nous voyons qu'elle n'a pas donné des résultats espérés.
15:02Vous l'aviez qualifié de gentil toutou du Président Sébastien Le Président ?
15:06Vous démentez ses propos ou vous les regrettez ?
15:08Non, j'ai dit qu'il risquerait.
15:12Il faut être précis.
15:13En France, on a la chance d'avoir une langue française assez riche.
15:17Ce n'est pas pareil de parler au conditionnel que de parler au présent.
15:21J'ai dit qu'il risquerait de devenir quelqu'un qui n'aurait pas la capacité.
15:30La formule que j'ai employée, vous venez de la donner.
15:33Et donc, qu'il fallait qu'il s'émancipe.
15:35Et c'est le conseil que je lui ai donné.
15:37Plus il s'émancipera, plus il se tiendra à distance de l'Élysée,
15:42plus il aura la capacité à s'affirmer.
15:45Il faut qu'il s'émancipe vers qui ? Vers quelle force politique ?
15:49Vers les forces.
15:50Il ne semble pas tendre vraiment la main vers la gauche.
15:52On voit bien que depuis des semaines,
15:54et on voit bien qu'avant, c'était la tentation du Président de la République à l'Élysée,
15:58c'est vers le Parti Socialiste que se dirigeaient les négociations.
16:02Alors, le Président de la République a choisi finalement de prendre l'un des siens,
16:06ce qui est, à mon avis, accroît la difficulté de la tâche,
16:09parce que c'est toujours plus difficile quand vous avez à l'Élysée et à Matignon
16:14des personnes si proches,
16:16alors même que les Français attendraient une cohabitation,
16:19c'est-à-dire deux responsables politiques,
16:22qui chacun prennent en compte l'intérêt général,
16:24le Président pour ce qui concerne les affaires internationales,
16:26domaine dits réservés,
16:28et le Premier ministre prenant en compte la colère et l'inquiétude des Français
16:32depuis les législatives.
16:34Ce jeu institutionnel n'a pas été respecté,
16:37je pense, depuis le départ,
16:38qu'il y a un problème de méthode concernant Emmanuel Macron,
16:41il y a un problème d'écoute des Français.
16:43Et à partir du moment où le Président de la République n'écoute pas les Français,
16:46eh bien, il faut que le Premier ministre en fasse davantage,
16:48soit encore plus soucieux de créer les conditions
16:51qui vont permettre la stabilité d'un gouvernement.
16:54Et la lecture que vous faites du résultat de la dissolution,
16:57c'est qu'il faut une politique plus à gauche.
17:00Parce que la gauche n'a pas gagné actuellement les élections.
17:05Le bloc de gauche est arrivé en tête.
17:08Et à partir de là, la logique aurait été, dans les consultations,
17:12au départ, de tendre la main à ce bloc
17:15pour voir s'il était capable de constituer une majorité.
17:18Et puis, à partir de là, d'en tirer les leçons.
17:20Contrairement à ce qu'on dit,
17:22mon choix n'est pas un choix idéologique.
17:24Mon choix, c'est un choix de méthode,
17:25c'est un choix de démocratie.
17:26Il faut écouter, procéder dans l'ordre,
17:30d'abord avec le bloc qui est arrivé en tête,
17:32et puis d'autres forces politiques,
17:36si ce bloc n'est pas capable de le constituer.
17:39Et je pense qu'en ayant choisi une méthode
17:41qui a conduit le Président de la République
17:43à s'adresser à l'un des plus petits partis
17:45de l'Assemblée nationale,
17:46avec Michel Barnier dans un premier temps,
17:48puis après avec l'un des siens, François Bayrou,
17:51eh bien, le Président de la République
17:52a donné le sentiment de ne pas écouter les Français.
17:55Et nous savons que dans le moment démocratique
17:58que nous vivons,
17:59qui est un moment de tension,
18:00qui est un moment d'inquiétude,
18:02eh bien, ce défaut d'écoute,
18:04il est dangereux,
18:05parce que la colère, alors,
18:06elle s'exprime où ?
18:07Elle s'exprime dans la rue.
18:08Si Sébastien Lecornu tombe,
18:10doit-il...
18:12Est-ce qu'Emmanuel Macron doit nommer
18:13un nouveau Premier ministre,
18:14en l'occurrence un Premier ministre de gauche,
18:16puisque c'est la seule voie
18:17qui n'a pas encore été explorée,
18:18ou bien doit-il se résoudre
18:20à dissoudre l'Assemblée nationale ?
18:21Alors, dans quelle situation sommes-nous ?
18:23Nous avons une crise politique,
18:25on le voit bien,
18:26avec l'instabilité successive
18:27qui se déroule depuis plusieurs mois.
18:32Nous sommes devant une crise sociale,
18:34nous sommes devant une crise budgétaire.
18:36Nous n'avons toujours pas de budget,
18:38et le temps presse,
18:39les échéances,
18:401er octobre s'approche,
18:4115 octobre,
18:43nous avons besoin d'un budget,
18:44et nous avons besoin d'adresser
18:46aux Français,
18:48et à l'Union Européenne et au marché,
18:50un signal très fort
18:51de notre sérieux en matière budgétaire.
18:54Donc, nous devons,
18:56nous devons agir,
18:58et ma conviction,
18:59c'est qu'il faut le faire vite,
19:01mais en évitant la politique du pire.
19:04Une nouvelle dissolution,
19:06c'est à peu près la certitude
19:09de voir cette politique du pire se produire.
19:13Aujourd'hui, nous le voyons bien dans notre pays,
19:15c'est la colère qui monte,
19:16c'est donc le Rassemblement National
19:18qui devrait sortir,
19:19gagnant des urnes.
19:20Est-ce que c'est véritablement cette aventure
19:23que nous voulons vivre,
19:24à un moment où,
19:26en Europe,
19:27aux États-Unis,
19:28nous voyons monter les droites radicales,
19:31et nous voyons à la fois le double risque,
19:33le risque pour l'État de droit,
19:35le risque de vassalisation
19:36vis-à-vis de pays de puissance étrangère,
19:39qu'il s'agisse de la Russie,
19:40qu'il s'agisse des États-Unis.
19:42– Mais si c'est parce que Lecornu ne réussit pas,
19:44est-ce qu'il y a d'autres alternatives possibles,
19:46à part la dissolution ?
19:46– Eh bien, c'est pour cela
19:47que M. Lecornu,
19:51en liaison avec l'ensemble
19:53des forces politiques
19:54et des forces sociales
19:56de notre pays,
19:57doit, après consultation,
19:59placer chacun devant ses responsabilités.
20:01Permettez-moi de prendre un exemple
20:03– C'est ce qu'il dit
20:03quand il dit que ça va être au Parlement
20:05de faire le budget.
20:06– Dans le domaine économique et social,
20:08afin, justement, de réaliser le budget.
20:11Lors du conclave,
20:12qui avait été très justement choisi
20:15par François Bayrou
20:17pour essayer de tourner la page
20:19des retraites
20:20dans un accord social
20:21le plus large possible,
20:23il restait deux grands sujets pendant.
20:25La question de la pénibilité
20:26et la question concernant
20:27la situation des femmes.
20:30Nous n'étions pas très loin d'un accord.
20:32Et je pense que,
20:34de ce point de vue-là,
20:34le MEDEF, le patronat,
20:36n'a peut-être pas mesuré
20:37la responsabilité qui était la sienne
20:39et qu'il aurait dû,
20:40dans les circonstances présentes,
20:41faire les gestes nécessaires
20:43pour qu'un accord
20:44sur cette réforme des retraites
20:46qui est toujours mis en compte…
20:47– Vous voyez bien que le MEDEF lui-même
20:48durcit le ton
20:48en appelant à une grande manifestation
20:49des patrons à la mi-octobre.
20:52C'est irresponsable, selon vous ?
20:53– C'est pour cela que je vous dis
20:55qu'il faut que le MEDEF mesure
20:56et arbitre.
20:58Que vaut-il mieux ?
21:01Une situation d'instabilité chronique.
21:03Rappelons que les agences de notation,
21:05les marchés sanctionnent d'abord
21:07l'instabilité et l'imprévisibilité
21:09politiques françaises,
21:10beaucoup plus que la situation
21:12de notre dette.
21:12Nous avons toujours une capacité
21:14à nous endetter
21:14et, de ce point de vue-là,
21:16une politique qui est saine.
21:19Deuxièmement,
21:20au-delà de la question
21:22du geste possible
21:25en matière sociale,
21:26il y a un certain nombre
21:28de réflexions et de débats
21:29autour taxes Zuckmann,
21:31reprise de l'impôt sous la fortune.
21:33Quel que soit le schéma
21:35que retienne M. Lecornu,
21:39il est important
21:39que du côté du patronat,
21:41du côté des entreprises,
21:42du côté des plus riches,
21:44on arbitre également.
21:46Vaut-il mieux l'aventure
21:47avec le Rassemblement National
21:49au pouvoir ?
21:50Vaut-il mieux l'instabilité continue
21:52pendant deux ans
21:52et le risque de disruption
21:55dans notre pays ?
21:56Ou, au contraire,
21:58faire les gestes nécessaires
21:59qui permettent d'apaiser ?
22:00Je crois que les deux mots d'ordre
22:01aujourd'hui pour la politique française
22:03c'est à la fois apaiser,
22:05apaiser la colère sociale,
22:07apaiser l'inquiétude des Français
22:08et c'est en même temps
22:09gouverner, diriger.
22:11Et c'est pour cela
22:12que nous arrivons au moment
22:13difficile pour le Premier ministre.
22:15Nous arrivons à un moment
22:16où M. Lecornu
22:18doit prendre sa responsabilité
22:20après consultation.
22:21sur la responsabilité de Sébastien Lecornu
22:23et du MEDEF,
22:25vous ne parlez pas de la responsabilité
22:26du Parti Socialiste.
22:28Est-ce que, selon vous,
22:28le PS doit aussi
22:29prendre ses responsabilités
22:31pour éviter cette politique
22:32du pire dont vous parlez
22:34et aller vers une forme
22:35de compromis
22:36avec l'actuel gouvernement
22:37pour obtenir un budget ?
22:39Votre question me rappelle
22:41la situation dans laquelle
22:42nous étions avec l'Allemagne
22:44en 2002
22:45quand j'ai été
22:45le ministre des Affaires étrangères.
22:47Et je me rappelle
22:47la phrase
22:48qu'a sorti
22:50Jacques Chirac
22:51à Gerhard Schröder
22:52après
22:53toutes les difficultés
22:54et les malentendus
22:55que nous avons eus
22:56avec l'Allemagne
22:56sur le traité de Nice.
22:58Sa phrase, c'est
22:59nous devons
22:59chacun
23:00faire
23:01la moitié
23:02du chemin.
23:03Il serait temps
23:04qu'en France,
23:05le principe de réalité
23:06et le principe
23:07de responsabilité
23:08se conjuguent
23:08en même temps.
23:09La classe politique
23:10voit bien
23:11la multiplication
23:12de ces fronts
23:13qui vulnérabilisent,
23:15fragilisent
23:16la démocratie.
23:17On le voit
23:17sur la question judiciaire.
23:19On le voit
23:20sur la question sociale.
23:21On le voit
23:22sur la question budgétaire.
23:23On le voit
23:24sur la situation internationale.
23:26À un moment donné,
23:26la politique,
23:27l'honneur de la politique,
23:29de tous
23:29les responsables politiques
23:30et je sais
23:31qu'ils ont tous en tête
23:32les municipales
23:33et les présidentielles.
23:35Vous savez,
23:35à un moment donné,
23:36les Français,
23:37ils regarderont
23:39les positions
23:39comprises
23:40les uns
23:40et les autres
23:41et ils sanctionneront
23:42dans les urnes
23:43des comportements
23:44qui ne sont pas
23:45à la mesure
23:46de l'intérêt national.
23:47Ce qui doit nous guider,
23:49c'est l'intérêt général.
23:50Ce n'est pas l'intérêt
23:51de telle et telle partie,
23:52ce n'est pas tel et tel
23:53calcul politique.
23:54C'est l'intérêt général
23:56de notre pays
23:57car oui,
23:58nous sommes
23:59en grande difficulté.
24:01La solution pour vous,
24:02Dominique de Villepin,
24:03c'est de taxer les riches
24:04pour répondre.
24:06aux Français.
24:07Est-ce qu'il y a
24:08une bonne solution,
24:09une bonne formule
24:10pour taxer les riches ?
24:11Non, ce n'est pas ça.
24:12Je vous l'ai dit.
24:13Quand je dis que chacun...
24:15Un sentiment d'injustice.
24:16Pour répondre à un sentiment
24:16d'injustice,
24:17il faut taxer les riches.
24:18Est-ce qu'il y a
24:18une bonne solution,
24:19une bonne formule
24:20pour taxer les riches ?
24:20nous sommes dans une situation
24:21où chacun veut avoir
24:23ses boucs émissaires.
24:25La gauche,
24:26c'est taxer les riches.
24:29Le Rassemblement National,
24:31c'est mettre dehors
24:32les immigrés.
24:33La droite,
24:34c'est les immigrés
24:35et les fonctionnaires.
24:36chacun a ses boucs émissaires.
24:38Vous avez bien parlé
24:38de taxer les riches quand même,
24:39j'ai bien compris.
24:40Oui,
24:41mais ce n'est pas
24:41un choix idéologique.
24:44Il faut,
24:45dans le budget,
24:47prendre en compte
24:47tous ces éléments.
24:49Et il faut le faire
24:50avec équilibre,
24:51avec mesure.
24:51Ça répond à une idéologie
24:53de taxer les riches.
24:54Mais non,
24:55ce n'est pas une idéologie.
24:56C'est un outil,
24:57c'est un moyen.
24:58Et il appartient
24:59à tous ceux
24:59qui sont les plus aisés,
25:00les plus favorisés
25:01dans notre pays
25:01de comprendre
25:02dès lors qu'il faut
25:04faire un effort.
25:05Quelle est la situation
25:06dans notre pays ?
25:07Quel est le revenu
25:08médian dans notre pays ?
25:10C'est 2200 euros.
25:13La moitié
25:14de ceux qui nous écoutent
25:16aujourd'hui
25:16sont dans cette situation-là.
25:20Deux tiers
25:21des Français
25:22sont entre
25:23un SMIC
25:23et deux SMIC.
25:24Donc,
25:25la taxe Zuckmann,
25:25ils ne la paieront jamais.
25:27L'impôt sur la fortune,
25:28ils ne le paieront jamais.
25:29Ils ne sont pas concernés
25:30par les modifications
25:31du barème de l'impôt
25:32sur le revenu.
25:33Donc,
25:34revenons sur Terre.
25:35Les deux sont légitimes.
25:36Que chacun,
25:37que chacun
25:37fasse l'effort
25:39qu'il doit faire.
25:40Et quand vous êtes
25:41dans la situation
25:42de plus grande richesse,
25:44et c'est pour cela
25:45que je le dis,
25:46vous avez un devoir.
25:47Je ne dis pas
25:48qu'il faut casser
25:49les entreprises en croissance.
25:51on a tous compris
25:52qu'il y avait
25:52un problème
25:53mistral
25:54et aïe.
25:55Il fallait donc
25:56prendre en compte
25:58les situations spécifiques.
26:01Mais il n'empêche
26:01qu'à la fin,
26:02quand il y a un effort
26:03à faire,
26:04c'est d'abord
26:05à ceux qui sont
26:06les mieux placés
26:07de donner l'exemple.
26:08C'est un principe
26:09que je pose.
26:10Je ne dis pas
26:10taxer les riches.
26:11je dis
26:12que chacun
26:13fasse sa part
26:15à la mesure
26:16de sa capacité.
26:17Est-ce que vous avez
26:17une proposition précise
26:19d'assiette,
26:19de taxation
26:20déposée en France ?
26:21Je ne souhaite pas
26:22aujourd'hui
26:23mettre sur la table
26:25une nouvelle proposition.
26:26Pourquoi ?
26:27Parce que la proposition précise,
26:29elle doit être déterminée
26:30par le Premier ministre
26:31avec les forces politiques
26:33et avec les partenaires sociaux.
26:35Et c'est ça
26:35qui doit changer
26:36dans notre pays.
26:37On a vu
26:37les dégâts
26:38qui ont été causés
26:39par une réforme
26:40des retraites,
26:41d'abord qui a changé
26:42de nature en cours de route
26:43et ensuite qui a été imposée
26:45sans même
26:46véritable débat
26:47au Parlement.
26:48Ça, c'est dramatique.
26:50Nous ne pouvons plus
26:51continuer comme cela.
26:52Et si notre pays
26:52est paralysé,
26:53c'est parce que
26:54des gilets jaunes
26:55à la réforme des retraites,
26:57le dialogue social
26:57a été totalement interrompu.
27:00Donc, tirons les leçons
27:01de cette situation
27:02et faisons en sorte
27:04de tailler
27:05de façon réaliste,
27:07de façon pragmatique,
27:09les meilleures propositions
27:10concernant
27:12la contribution
27:13des plus aisés
27:14et des plus riches,
27:15la contribution
27:15des entreprises
27:17qui ont réalisé
27:18des profits exceptionnels
27:20au cours des dernières années,
27:21sans pour autant
27:22remettre en cause,
27:23parce que ça,
27:24j'y suis très attaché,
27:26remettre en cause
27:26le développement
27:28de notre économie.
27:28Et c'est en ça
27:29que je dis
27:29qu'il y a trois paramètres
27:31à défendre.
27:32Il y a un paramètre
27:33de justice sociale,
27:35il y a un paramètre
27:35d'ordre républicain,
27:37chacun doit apporter
27:38sa contribution,
27:38et il y a aussi
27:39un paramètre
27:39d'efficacité économique.
27:42Nous ne nous tirons pas
27:42une balle dans le pied
27:43en mettant en cause
27:44le peu de croissance
27:45que nous avons,
27:460,6, 0,7.
27:47Il faut au contraire
27:48développer la croissance.
27:49Ça veut dire
27:50qu'il faut préserver
27:51les investissements
27:52d'avenir.
27:53Notre pays a des atouts
27:54exceptionnels
27:55à travers la formation,
27:57la qualité des hommes.
27:58Nous avons des atouts
27:59exceptionnels
27:59dans des secteurs
28:00d'excellence.
28:01Eh bien,
28:02faisons en sorte
28:02de mettre à profit
28:03cela
28:04et ne l'oublions pas,
28:06c'est une condition
28:07aussi de la défense
28:08de notre souveraineté,
28:10souveraineté économique,
28:11souveraineté technologique,
28:13souveraineté dans le domaine
28:14de la sécurité.
28:14Juste une dernière question
28:16avant la pause,
28:16d'ordre symbolique,
28:18mais tout de même,
28:19vous avez approuvé
28:20le fait qu'on enlève
28:20les avantages
28:21des anciens premiers ministres.
28:23Question très simple,
28:24vous avez aujourd'hui
28:25une secrétaire,
28:26des bureaux,
28:27une protection.
28:29Non.
28:29Quand est-ce que tout cela
28:29sera...
28:31Non, monsieur Bosque,
28:32non.
28:32Non, je n'ai pas de bureau.
28:33Vous n'avez pas de bureau,
28:34bon.
28:34Vous avez une secrétaire.
28:35J'ai une sécurité
28:35et une collaboratrice.
28:38Quand est-ce que tout cela
28:38sera supprimé ?
28:39Écoutez,
28:40nous sommes en attente
28:41du décret
28:42qui est annoncé
28:42dans les prochaines semaines
28:44il y a déjà une partie
28:46des dispositifs
28:46qui seront supprimés
28:47au 1er janvier.
28:49Est-ce que vous vous sentez menacé ?
28:51Est-ce qu'il faut toujours
28:52une protection pour vous ?
28:53Alors,
28:53c'est une très bonne question
28:55que vous posez.
28:55J'ai reçu de très nombreuses menaces
28:57au cours des dernières années
28:58et des derniers mois,
29:00mais nous avons des organes
29:02qui sont chargés
29:03d'apprécier la situation
29:04de chacun des premiers ministres.
29:05Nous ne sommes pas exposés
29:07les uns et les autres
29:07de la même façon.
29:09Moi, je m'en remets à l'État.
29:10Ce que je souhaite,
29:11c'est que l'État puisse
29:12établir la pleine transparence
29:14sur ce dont bénéficie chacun.
29:16Aujourd'hui,
29:17les analyses
29:18qui ont été livrées
29:19en pâture à l'opinion publique
29:20ne traduisent pas
29:21la réalité des chiffres
29:23et des avantages de chacun.
29:25Vous n'êtes pas
29:25l'ancien Premier ministre
29:26qui coûte un jour.
29:26Vous n'êtes pas
29:27l'ancien Premier ministre
29:27qui coûte un jour.
29:28Renons en compte
29:28la réalité de cette situation
29:30et à partir de là,
29:31prenons des décisions sérieuses.
29:33Et la démarche
29:34que je propose,
29:35elle est essentielle.
29:36Pourquoi ?
29:37Quand j'étais Premier ministre,
29:39j'ai mis en place
29:40les audits budgétaires.
29:41C'est-à-dire que
29:42fonction budgétaire
29:43par fonction budgétaire,
29:44j'ai demandé
29:45à Jean-François Copé
29:46avec Thierry Breton
29:47d'analyser
29:48la réalité
29:49et la nécessité
29:50de chaque dépense.
29:51Parce qu'aujourd'hui,
29:52nous le voyons bien,
29:53le premier effort
29:54qu'il faut faire
29:54au-delà
29:55d'une augmentation
29:56des impôts
29:58à des fins de justice sociale,
29:59le premier effort
30:00qu'il faut faire,
30:01c'est la baisse
30:01de la dépense publique.
30:03La Cour des comptes
30:04nous l'indique,
30:05plus de deux tiers
30:05de cet effort
30:06doit relever
30:08d'une diminution
30:09de la dépense publique.
30:10Et je rappelle
30:12que dans le gouvernement
30:13qui a été le mien
30:14pendant les deux années
30:152005-2007,
30:17c'est dans les 25 dernières années
30:19la seule période
30:20où nous avons diminué
30:21la dette
30:21et diminué le déficit.
30:23Donc,
30:23de ce point de vue-là,
30:24je parle d'expérience.
30:25Dominique de Villepin,
30:26on va se retrouver
30:26pour la seconde partie
30:27de ce Grand Jury
30:28dans un instant.
30:28A tout de suite.
30:29Suite du Grand Jury
30:40présenté par Olivier Bost.
30:43Dominique de Villepin,
30:44ancien Premier ministre
30:45et notre invitée
30:46ce dimanche du Grand Jury.
30:48Perrine Tarnot
30:48de Public Sénat
30:49et Jim Jarassé
30:50du Fidiaro
30:51sont à mes côtés.
30:52Le Grand Jury,
30:54l'actualité de la semaine.
30:56Dominique de Villepin,
30:57la France,
30:58par la voix du président
30:59de la République,
31:00Emmanuel Macron,
31:00a reconnu cette semaine
31:02l'État palestinien.
31:03Tout d'abord,
31:04est-ce que vous l'avez vécu
31:04comme un moment historique ?
31:06Oui,
31:06c'est une décision historique
31:08puisque nous affirmons
31:10pour la première fois
31:11la reconnaissance
31:12d'un principe
31:13qui est un principe
31:15du droit international
31:16et en même temps
31:17un principe de justice,
31:19la reconnaissance
31:20de l'État palestinien.
31:21Mais c'est aussi
31:22un cadre politique
31:24que nous posons
31:24dans la région
31:25de façon à ce
31:27que la sécurité d'Israël
31:29puisse se trouver
31:30renforcée
31:31avec deux États
31:32capables de vivre
31:33côte à côte
31:35alors que nous voyons
31:36à quel point
31:37le refus de création
31:39de cet État palestinien
31:40a pu nourrir
31:41le ressentiment,
31:43l'action terroriste.
31:45Je crois que nous tournons,
31:46nous devons aujourd'hui
31:47tourner une page
31:48et la communauté internationale
31:50prend donc
31:51ses responsabilités
31:52dans ce domaine
31:53et la France a réussi
31:54à entraîner avec elle
31:55un certain nombre d'États.
31:56La page n'est pas du tout tournée,
31:58on a vu à la réaction
31:58notamment de Benyamin Netanyahou,
32:00le Premier ministre israélien
32:02qui a dit
32:02qu'il fallait pour lui
32:03finir le travail
32:04aussi vite que possible
32:06à Gaza
32:06sans aucun cynisme
32:08parce que ce n'est pas
32:09déjà trop tard
32:09quand on voit
32:10la destruction de Gaza,
32:12le grignotage
32:13de la Cisjordanie
32:14pour un État palestinien.
32:16Quand on regarde
32:17le bilan
32:18de ces presque
32:19deux années,
32:21à la fois
32:22la catastrophe
32:23du 7 octobre,
32:23le drame,
32:24la barbarie
32:25qui s'est exprimée
32:26contre Israël
32:28et en même temps
32:29les 65 000 morts
32:32qui aujourd'hui
32:34se situent
32:38à Gaza,
32:39eh bien,
32:40on voit bien
32:40qu'il est temps
32:41que tout cela
32:42s'arrête.
32:43Donc,
32:43il n'est pas trop tard,
32:45c'est même notre devoir.
32:47La position
32:47de Benjamin Netanyahou,
32:48c'est une position historique,
32:50c'est la position
32:51qu'il a toujours eue,
32:52le refus
32:53de la création
32:54de deux États.
32:55Et toute la politique
32:56qu'il met en œuvre
32:56dans les dernières années,
32:58c'est une politique
32:58qui va marquer
33:00l'impossibilité
33:01de la création
33:02de cet État.
33:03D'où le jusqu'au boutisme
33:04d'un soutien
33:05au Hamas
33:06depuis déjà
33:07un grand nombre
33:08d'années,
33:08jusqu'au boutisme
33:09dans la politique
33:10de destruction
33:11qui est menée
33:12à Gaza,
33:13jusqu'au boutisme
33:14dans la politique
33:14d'annexion
33:15avec un certain nombre
33:17des ministres extrémistes
33:18de son gouvernement
33:19pour créer
33:20la politique
33:20du fait accompli
33:21en Cisjordanie.
33:22Mais il y a
33:23la communauté internationale
33:24et puis il y a
33:26Donald Trump
33:26que Benjamin Netanyahou
33:27va rencontrer
33:28demain.
33:29Alors une question
33:29sur le sujet
33:30de Villepin.
33:31En effet,
33:32Donald Trump
33:33reçoit le Premier ministre
33:34israélien demain.
33:36En jeu,
33:36un accord potentiel
33:37de libération
33:39des otages
33:40en échange
33:41d'un retrait
33:42israélien,
33:43est-ce que vous pensez
33:43que cet accord
33:44est crédible ?
33:45D'abord,
33:46cet accord,
33:46il est le fruit
33:47d'un long travail.
33:48D'abord,
33:49cet accord
33:51a été nourri
33:52par le plan
33:52du CAIR
33:53d'il y a maintenant
33:54plusieurs mois.
33:55Puis,
33:56le plan
33:57entre la France
33:58et l'Arabie Saoudite
33:59qui a rallié
33:59un grand nombre
34:00aussi de pays arabes
34:02et d'autres pays
34:03de la communauté internationale.
34:04Et aujourd'hui,
34:05ce que fait
34:06Donald Trump,
34:07c'est reprendre
34:08le travail fait
34:09par ces deux plans
34:10dans le cadre
34:10d'un plan
34:11en 21 points
34:12qui prévoit
34:13comme première
34:14décision
34:16la libération
34:18des otages
34:19et il est temps
34:20compte tenu
34:21de la véritable torture
34:23que vivent
34:23ces otages
34:24depuis maintenant
34:25presque deux ans
34:26et en même temps
34:27le cessez-le-feu
34:28à Gaza
34:28et l'entrée massive
34:30de l'aide humanitaire.
34:31Donc,
34:32ce plan est susceptible
34:33de débloquer les choses.
34:34Tout dépend
34:35de la capacité
34:36de Donald Trump
34:36à peser
34:37dans le rapport
34:38de force
34:39avec Benjamin Netanyahou.
34:40Il est aujourd'hui
34:43celui qui est
34:43le mieux placé
34:44pour faire comprendre
34:45à Benjamin Netanyahou
34:46la nécessité
34:48de changer
34:49de politique
34:50et d'amener
34:52Benjamin Netanyahou
34:53à renoncer
34:54à la politique
34:55extrémiste
34:55de son gouvernement.
34:57Nous ne sommes pas
34:58nous,
34:58les Européens,
34:59sans moyens
34:59et c'est pour cela
35:00que depuis des mois,
35:01nombre de voix
35:02plaident pour que
35:03l'Europe,
35:03prenant la mesure
35:04de la situation
35:05à Gaza,
35:06utilise tous les moyens
35:07à sa disposition
35:08dans le cadre
35:09y compris
35:09d'une politique
35:10de sanctions
35:11pour qu'Israël
35:12économique également
35:13selon vous ?
35:14Bien sûr,
35:14pour qu'Israël
35:15ouvre les yeux.
35:17C'est un devoir.
35:18Nous avons
35:18la responsabilité
35:19de protéger
35:20des vies.
35:21Il y a aujourd'hui,
35:22nous le savons,
35:2383%
35:25de ceux
35:26qui sont tués
35:27à Gaza
35:27sont des civils,
35:28des femmes,
35:29des enfants.
35:29Donc,
35:30nous pouvons empêcher ça
35:31et il faut souhaiter
35:32qu'avec Donald Trump,
35:33nous puissions
35:34diplomatiquement
35:35ouvrir une voie
35:37qui
35:37préparera l'avenir
35:39pour ce territoire.
35:40Est-ce qu'on peut
35:40affaiblir économiquement
35:41aujourd'hui Israël ?
35:43Est-ce que c'est un message
35:44de la part de l'Europe
35:45qui peut être envoyé
35:45au monde ?
35:46Mais affaiblir
35:47la capacité d'Israël
35:48de poursuivre la politique
35:50qui est la sienne
35:50à Gaza.
35:51À un moment donné,
35:52quand vous êtes lancé
35:53dans une telle surenchère...
35:54Très concrètement,
35:54avec des sanctions économiques.
35:55Mais aujourd'hui,
35:56c'est aider Israël
35:58que de sanctionner
35:59la politique
36:00de Benjamin Netanyahou.
36:01Aujourd'hui,
36:02c'est en ami d'Israël
36:03que je vous parle
36:04à ce micro.
36:05c'est ouvrir les yeux
36:07devant une réalité.
36:09Nous voyons bien
36:09partout,
36:11au fil des mois,
36:12chacun mesure
36:13ce qui se passe
36:14à Gaza.
36:15Et les premiers
36:16à en avoir parlé,
36:17ce sont
36:18les organisations
36:19israéliennes,
36:20Betselem,
36:20l'Association des médecins
36:21israéliens,
36:22les grandes voix
36:23d'Israël,
36:24écrivains,
36:25historiens,
36:27le comité d'enquête
36:28des Nations Unies,
36:29la commission d'enquête
36:30des Nations Unies,
36:31reconnaissant un fait
36:32de génocide,
36:34à partir du risque
36:35plausible de génocide
36:36qu'avait reconnu
36:37en début 2024
36:39la Cour internationale
36:40Est-ce que vous avez
36:40l'impression que dans
36:41cette séquence
36:42reconnaissance de la Palestine,
36:43l'accord effectivement
36:44avec l'Arabie saoudite,
36:45la France retrouve
36:46une voix
36:47au sein des pays arabes ?
36:50Elle a retrouvé
36:51une voix
36:51dans la mesure
36:53où avec les pays arabes,
36:54avec les pays arabes,
36:56et le coparrainage
36:57avec l'Arabie saoudite
36:59porte aujourd'hui
37:00ses fruits,
37:01et je souhaite que ça
37:01puisse aboutir
37:02dans la recherche
37:04d'un juste compromis,
37:05d'une juste solution
37:07négociée.
37:08Et c'est vrai
37:09qu'on a pu constater
37:10la très grande passivité
37:12des pays arabes
37:14depuis le début
37:15de ce drame,
37:16on a pu regretter
37:17la très grande passivité
37:18de trop de pays européens,
37:20mais c'est vrai
37:20que nous assistons
37:21à un sursaut.
37:22Ce qu'il faut maintenant,
37:23c'est aboutir.
37:24Et on voit
37:25que pour la communauté internationale,
37:27il y a un degré
37:28de souffrance
37:29devant l'impuissance
37:30des États.
37:31Quand on voit
37:32les flottilles
37:32qui se mobilisent actuellement
37:34en Méditerranée
37:34et qui vont vers Gaza
37:35avec la décision
37:37de l'Espagne
37:37de protéger la flottille,
37:39et c'est notre devoir
37:40et responsabilité
37:41que de le faire,
37:42on voit bien
37:42que du côté
37:43des citoyens,
37:45du côté des opinions publiques,
37:46il y a quelque chose
37:47d'inacceptable
37:48qui se déroule.
37:49Nous ne pouvons pas
37:50rester sans réagir
37:51devant de tels drames.
37:53Dominique de Villepin,
37:54une question quand même
37:55sur les conditions
37:56de sécurité,
37:57puisque une des conditions
37:58de la réussite
37:58de ce plan de paix,
37:59c'est la démilitarisation
38:00du Hamas.
38:02Comment on fait aujourd'hui
38:03concrètement
38:03pour être sûr
38:04d'obtenir des garanties
38:06sur ce sujet
38:06et qui peut les obtenir ?
38:08Alors,
38:08c'est une vraie question
38:10parce qu'on comprend bien
38:11que du côté israélien,
38:14la grande préoccupation,
38:15c'est que va-t-il
38:16advenir
38:16du Hamas ?
38:18Emmanuel Macron
38:19avait envisagé
38:20comme préalable
38:21la démilitarisation
38:22et la marginalisation
38:23du Hamas.
38:24On voit bien
38:25que dans le plan de paix,
38:27on réussit à rallier
38:28tous les pays arabes
38:29de la région,
38:30ce qui n'est pas
38:30quelque chose de facile,
38:32pour accepter le fait
38:33d'exfiltrer
38:35les membres du Hamas.
38:37Faut-il parler
38:38d'amnistie ?
38:39Ça, c'est à voir
38:40avec les pays arabes
38:41qui accepteront
38:41de recevoir
38:43ces membres du Hamas,
38:45mais il faut
38:45que le Hamas
38:46soit hors-jeu.
38:48Il n'y a aucun compromis
38:49possible
38:50avec le Hamas
38:51et donc l'exigence
38:52de départ
38:53des membres du Hamas
38:55et l'exigence
38:56de démilitarisation
38:57du Hamas,
38:58c'est le début
38:59d'une possible
39:00pacification
39:01de ce territoire,
39:02redonner un avenir
39:04à ce territoire.
39:04Je crois que c'est
39:05une exigence absolue.
39:06Dominique de Villepin,
39:07vous aviez dit,
39:08je vous confronte
39:08à des propos précédents,
39:10mais vous aviez dit
39:11qu'Emmanuel Macron
39:11allait devoir rendre
39:12des comptes
39:13pour son inaction
39:14au Proche-Orient.
39:16Vous ne le dites plus
39:17aujourd'hui ?
39:18Je me félicite
39:19qu'aujourd'hui,
39:20Emmanuel Macron
39:21ait entendu
39:22les différents messages
39:24et surtout pris la mesure
39:26de ce qui se passe
39:27et donc je ne peux
39:28que me réjouir
39:28de voir la mobilisation
39:29de la diplomatie française
39:31avec les pays arabes
39:34et souhaitons-le
39:35avec la capacité
39:36de Donald Trump
39:38de transformer
39:39tout cela
39:40en un plan de paix.
39:42Tout n'est pas encore fait
39:44et nous sommes devant
39:46ce devoir de responsabilité
39:48et c'est pour cela
39:49que la France
39:50ne doit se priver
39:50d'aucun moyen
39:51pour obtenir
39:53le résultat
39:54qui s'impose
39:54par exigence humanitaire,
39:57par exigence diplomatique.
39:59L'Ukraine a été frappée
40:00cette nuit
40:01par des centaines
40:01de missiles et de drones,
40:03au moins 4 personnes
40:04dont une fillette
40:05ont été tuées.
40:06Volodymyr Zelensky
40:07menace de répliquer
40:09avec des missiles
40:11longue portée
40:11qui pourraient atteindre
40:12Moscou.
40:13Est-ce que nous sommes
40:14dans une escalade ?
40:15Il y a le risque
40:17d'une escalade
40:17et nous voyons bien
40:18que Vladimir Poutine
40:21joue avec le feu.
40:23Les attaques de drones
40:25en direction de la Pologne,
40:27en direction...
40:28Survol.
40:29C'est du survol,
40:29pour l'instant.
40:30Pour l'instant,
40:31ce ne sont que des survols
40:32du Danemark,
40:32de la Pologne,
40:33mais pas des attaques.
40:34C'est tout à fait juste.
40:35C'est tout à fait juste,
40:36même si la simple
40:37présence d'un drone
40:38peut augurer
40:39de sa capacité
40:40à frapper.
40:41Donc, c'est malgré tout
40:42une attaque,
40:43même si cette attaque
40:44effectivement ne se vérifie
40:45pas sur le terrain.
40:46En tout cas,
40:46c'est une menace grave,
40:48inacceptable.
40:48Il s'agit des avions...
40:50A laquelle il faut répliquer ?
40:51Est-ce qu'il faut détruire
40:52ou pas ces drones ?
40:52Il y a,
40:53de ce point de vue
40:54des procédures,
40:55les armées
40:56ont une habitude
40:57de ce genre de choses.
40:58Il y a donc
40:59un certain nombre
41:00de systèmes
41:01qui sont mis en place
41:02dans ces cas-là.
41:03Demi, ne l'évépin,
41:03ce n'est pas une procédure,
41:04là, c'est un choix politique.
41:05Est-ce qu'on n'a pas
41:06des drones ?
41:07L'Allemagne, par exemple,
41:08dit, nous, on va tirer.
41:09Le choix politique,
41:10s'il y a effectivement
41:12présence de drones
41:15ou d'avions,
41:17et qu'après les procédures
41:18d'identification
41:19et vérification
41:20de la menace,
41:22il apparaît
41:23que le risque est réel,
41:25eh bien,
41:26il faut prendre
41:27nos responsabilités
41:28et donc frapper.
41:29Ça, je pense que c'est
41:31le devoir que l'on a
41:33d'être respecté.
41:34Ne pas le faire,
41:35c'est inciter
41:36la Russie
41:37à aller encore plus loin.
41:38Et quel est le risque ?
41:40Nous avons deux grandes faiblesses,
41:41nous, Européens,
41:42en matière de défense.
41:43La première,
41:44c'est celle
41:44des missiles intermédiaires,
41:46ce qui est important
41:46parce que la Russie,
41:48aujourd'hui,
41:48a, elle,
41:49cette capacité
41:49de frapper des villes
41:51en Europe.
41:53Nous sommes relativement,
41:54malheureusement,
41:54démunis dans ce domaine.
41:56Il faut compléter d'urgence
41:57cette faiblesse.
41:58Et puis, en matière de drones,
41:59on voit des attaques
42:00avec plusieurs centaines
42:01de drones.
42:02Il y a un différentiel
42:03dans cette capacité
42:04et il n'y a guère que l'Ukraine
42:05qui est la capacité
42:06de riposte
42:07dans ce domaine.
42:09Donc, nous avons
42:09un effort considérable
42:10à faire.
42:11Nous ne pouvons pas
42:12nous laisser tester
42:13avec le risque,
42:14demain,
42:15d'avoir 5000
42:16drones ukrainiens,
42:18drones russes,
42:19franchissant
42:20les frontières
42:21de l'OTAN
42:21et venant...
42:23C'est d'ailleurs le risque
42:23que souligne
42:24le président ukrainien
42:25Zelensky
42:26quand il dit
42:27que Vladimir Putin
42:27s'apprête à attaquer
42:29une ligne rouge
42:31qui doit être
42:32clairement définie.
42:34L'Europe,
42:35l'OTAN
42:35doit se faire respecter.
42:37Et ça commence évidemment...
42:39Est-ce que Vladimir Poutine
42:40a en ligne de mire
42:41un pays européen ?
42:42C'est ce que
42:43Volodymyr Zelensky
42:44dit ?
42:46Il a peut-être
42:47des informations
42:47que je n'ai pas.
42:48Je pense que
42:49l'intérêt aujourd'hui
42:50de Vladimir Poutine
42:51c'est de créer
42:52une disruption
42:54suffisamment forte
42:55pour créer une panique
42:56dans les opinions publiques
42:57et une énorme inquiétude
42:59chez les dirigeants
43:00européens.
43:01Donc il appartient
43:01aux dirigeants européens
43:02d'affirmer une résolution,
43:05de tirer les leçons
43:06pour mettre en œuvre
43:07les programmes
43:07qui s'imposent
43:08et de déterminer
43:09les procédures
43:10qui nous permettront
43:11d'agir
43:12d'une seule voie
43:13pour marquer
43:16la dissuasion
43:16vis-à-vis
43:17de la Russie.
43:17Tim Terassé.
43:18Les Français s'interrogent.
43:20Est-ce qu'on peut aller
43:21jusqu'à une frappe
43:23sur le territoire russe
43:24qui serait orchestrée
43:25par l'OTAN
43:26et les Occidentaux ?
43:27Vous le savez comme moi,
43:28la clé dans ce domaine
43:30c'est l'ambiguïté stratégique.
43:31On ne va pas aller
43:32révéler à Vladimir Poutine
43:33ce que sont les plans
43:35des différents pays européens.
43:37Ce qui compte,
43:38c'est la résolution.
43:40Nous devons avoir
43:40face à des intimidations,
43:43voire face
43:44à des agressions,
43:45nous devons avoir
43:46des réponses
43:48qui soient proportionnées
43:49et qui permettent
43:50de faire respecter
43:51le territoire
43:52et les intérêts européens.
43:53Est-ce que Donald Trump
43:54peut-être une aide ?
43:55On a vu qu'à la tribune
43:56de l'ONU cette semaine,
43:57il a opéré
43:58un revirement complet
44:00sur l'Ukraine.
44:01Est-ce que vous pensez
44:02qu'il va aider l'Ukraine ?
44:04Malheureusement,
44:04les revirements
44:05ont été nombreux
44:06concernant la position
44:07de Donald Trump
44:08sur l'Ukraine.
44:09Donc,
44:09de ce point de vue-là,
44:10attendons les gestes,
44:13les décisions réelles.
44:14Mais,
44:15il est important
44:16que les Européens
44:16sachent par eux-mêmes
44:18ce qu'ils veulent faire.
44:19Nous n'avons pas besoin
44:20dans ce domaine
44:20des Américains
44:21pour agir.
44:22Le prix Nobel
44:23de la paix
44:24pour Donald Trump,
44:25ça serait possible
44:26un jour ?
44:28Ou ça vous semble
44:28complètement...
44:30Très franchement,
44:31je vous posez la question,
44:33mais l'idée
44:34ne me serait pas venue.
44:36Je ne crois pas
44:36qu'un homme politique
44:38responsable,
44:39à la fois
44:40à la tête
44:40d'un pays européen
44:41et y compris
44:42à la tête
44:43des États-Unis,
44:44puisse se déterminer
44:45en fonction d'un prix.
44:46On se fonctionne,
44:47on se détermine
44:47en fonction d'un devoir
44:48que l'on a
44:49d'humanité,
44:51de responsabilité politique
44:52vis-à-vis du monde
44:53et quand on est
44:54président des États-Unis,
44:55cette responsabilité
44:56est d'autant plus grande
44:58qu'on est la première
44:58puissance mondiale.
44:59Donc,
45:00ce n'est pas
45:00avec une récompense
45:01que l'on doit agir.
45:03Donc,
45:03j'en appelle
45:03à l'esprit
45:04de responsabilité
45:04de Donald Trump
45:05et puis je laisse
45:06à d'autres
45:06le soin
45:07de mesurer
45:08et d'apprécier
45:08les récompenses
45:09qui peuvent venir
45:10ou les colifichés
45:11qui peuvent venir
45:11à l'appui.
45:12Vous inquiétiez
45:13en début d'émission
45:14de la dérive illibérale
45:15de Donald Trump.
45:16C'est vrai
45:18qu'il a demandé
45:18la tête
45:19de plusieurs humoristes
45:20ou présentateurs
45:21télévisés.
45:22Surtout,
45:23il demande
45:23la tête
45:24de l'ancien directeur
45:25du FBI.
45:27Est-ce que
45:27Donald Trump
45:28est une menace
45:28finalement aujourd'hui
45:29pour la démocratie
45:30américaine ?
45:32Vous avez raison
45:33de poser la question
45:33parce que je me la pose
45:34moi-même
45:35et elle se pose
45:36aujourd'hui.
45:36Il y a le risque
45:37que les États-Unis
45:38sortent du cadre
45:39de la démocratie libérale
45:41et dans les offensives
45:43qui sont lancées,
45:44on l'a vu,
45:44y compris aux Nations Unies
45:45contre l'écologie,
45:47niant le réchauffement climatique,
45:50contre la science,
45:51contre l'éducation,
45:52contre les contre-pouvoirs,
45:54qu'il s'agisse des médias,
45:56qu'il s'agisse de la justice.
45:58On voit bien
45:58que c'est une offensive
45:59en règle.
46:00Il y a une véritable stratégie
46:02et on ne peut pas
46:03ne pas faire le parallèle
46:04avec un certain nombre
46:05des mouvements
46:06de la droite radicale
46:07en Europe
46:08parce que c'est
46:08la même offensive.
46:09Et cette offensive,
46:10elle a été très clairement
46:11explicité
46:12par le vice-président américain
46:14quand il est venu
46:14à Munich l'année dernière.
46:16C'est véritablement
46:18une conception
46:19de la démocratie
46:20qui n'est pas la nôtre.
46:22C'est une conception
46:22qui nie
46:23les contre-pouvoirs,
46:24qui nie
46:25les exigences d'équilibre
46:27et qui,
46:27au bout du compte,
46:29installe
46:29un pouvoir
46:30à la fois
46:31identitaire
46:32et autoritaire.
46:34Ce pouvoir identitaire,
46:35on le voit
46:36tous les jours
46:36dans les débats
46:37dans notre pays,
46:38la tentation,
46:39c'est la recherche
46:40de boucs émissaires,
46:41mettre dehors
46:42un certain nombre
46:42de gens,
46:43distinguer selon
46:44les Français,
46:45mettre en place
46:45des principes
46:46qui établissent
46:47cette distinction
46:47alors que nous sommes
46:48un pays fondé
46:49à la fois
46:50sur l'universalisme
46:52et l'humanisme.
46:55Le Grand Jury
46:56Question Express
46:57Alors,
46:59il faut vraiment
46:59respecter le principe
47:00Dominique de Villepin,
47:01c'est oui ou non
47:02pour ou contre.
47:03Les flottilles
47:04pour Gaza,
47:05est-ce que ça sert
47:05à quelque chose ?
47:06Oui ou non ?
47:07Oui,
47:07ça sert à quelque chose
47:09dans l'impuissance
47:10que nous ressentons
47:11tous face à ce drame,
47:13c'est le témoignage
47:14de conscience
47:15qui se mobilise.
47:16Il faut limiter
47:17l'aide médicale d'État,
47:19l'AME pour les étrangers
47:20en situation irrégulière.
47:23Je suis très réticent
47:25à rentrer
47:26dans un débat de plateau
47:27sur cette question.
47:28Cette aide médicale d'État
47:30doit être
47:30la plus rationnelle,
47:32la plus justifiée possible
47:34mais attention
47:34de ne pas distinguer
47:36notre humanité,
47:37s'exerce aussi
47:38vis-à-vis de ceux
47:38qui sont notre territoire
47:39et c'est notre intérêt
47:40compte tenu des impératifs
47:42de santé publique.
47:43Donc,
47:43la responsabilité
47:44ne doit pas conduire
47:45à agir avec démagogie
47:46dans ce domaine.
47:47Faut-il inclure
47:48les œuvres d'art
47:49dans le calcul
47:50de la taxation
47:51des plus fortunés ?
47:53ce serait la meilleure façon
47:55de ruiner tout esprit
47:58de collection
47:58dans notre pays.
48:00Nous avons un patrimoine
48:01qui s'est constitué
48:01grâce à des collectionneurs.
48:02Les collectionneurs
48:03sont des gens en général
48:04qui pensent à l'avenir
48:05de leurs collections
48:06et qui souhaitent
48:07que ces collections
48:07soient souvent mises
48:09au service
48:09des collections d'État.
48:10Le Grand Jury
48:132027
48:14c'est demain.
48:16Dominique de Villepin
48:17vous avez plusieurs fois
48:18envisagé
48:19ou tenté
48:20d'être candidat
48:20à l'élection présidentielle.
48:22Pourquoi ?
48:23Une fois.
48:24Une fois.
48:25En 2007 et en...
48:26Non, vous avez été candidat
48:27une fois
48:28et il y a une deuxième fois
48:29vous n'avez pas...
48:292007 c'est une invention
48:31c'est une écriture
48:32qui a été faite
48:33mais qui ne correspond pas
48:34à la réalité.
48:35Vous ne trouverez pas
48:35une déclaration de moi
48:36pas une réunion de moi
48:38qui témoigne
48:39d'une volonté
48:40d'être candidat
48:40en 2007.
48:41Alors, pourquoi en 2027
48:43pourriez-vous être candidat ?
48:45Je l'ai dit
48:45notre pays
48:46et nous en avons
48:47longuement parlé
48:48est devant
48:49de grands combats
48:50et à commencer
48:51par des combats
48:52pour défendre
48:52notre république
48:53et pour défendre
48:55notre démocratie.
48:56C'est ce qui est en cause.
48:57Ça concerne
48:57tous les citoyens
48:59et ça concerne
49:00tous les responsables publics
49:01anciens,
49:02nouveaux et à venir.
49:03Dans ce combat-là
49:04je l'ai dit
49:05je serai aux avant-postes
49:06parce qu'il faut
49:07des gens
49:08qui puissent partager
49:09et c'est mon devoir
49:10leur expérience
49:11et leur conviction.
49:12Le sens d'une candidature
49:13ça serait d'empêcher
49:13le Rassemblement National
49:14d'accéder au pouvoir ?
49:17Ce serait d'abord
49:17de défendre la démocratie
49:19et tous ceux
49:19qui la menacent
49:20et bien sûr
49:21à commencer par
49:22la droite radicale
49:24et identitaire.
49:24Le Rassemblement National
49:25menace la démocratie ?
49:27Elle peut constituer
49:28une menace
49:29pour la démocratie
49:30si elle est en situation
49:33de pleinement appliquer
49:35sans contre-pouvoir
49:38sans équilibre
49:39et comme sa stratégie
49:41c'est de s'installer
49:41au pouvoir
49:42en supprimant
49:43les contre-pouvoirs
49:44oui on peut craindre
49:44qu'elle ne s'installe
49:45pour longtemps.
49:46Vous avez commencé
49:46à chercher
49:47les 500 signatures ?
49:49C'est une préoccupation
49:50qui effectivement
49:51concerne directement
49:52la France humaniste
49:53dans 2012
49:54vous n'aviez pas réussi
49:56à mobiliser
49:57ces 500 signatures.
49:58Absolument.
49:58Il faut avoir
49:59le sens pratique
50:00aussi en politique.
50:01Vous défendez
50:01depuis plusieurs mois
50:03une forme de tempérance
50:04dans la vie politique
50:05est-ce que finalement
50:06ce n'est pas aussi
50:07le crédo d'Emmanuel Macron
50:08une forme d'en même temps
50:09qu'on connaît déjà
50:11au moment où les Français
50:12peut-être recherchent
50:14un retour
50:14des clivages politiques ?
50:16Oui,
50:17l'esprit de mesure
50:18ne veut pas dire
50:19le refus
50:20de se prononcer
50:21de façon extraordinairement claire
50:23sur un certain nombre
50:24de sujets.
50:24Je crains que le macronisme
50:26n'ait pas en tout cas
50:27évolué
50:27comme vous le dites
50:28vers la mesure.
50:30Est-ce que vous luttez
50:31autant contre la France insoumise
50:32que contre le rassemblement national ?
50:34Je ne mets pas
50:34je l'ai souvent dit
50:36je ne mets pas
50:36la droite identitaire
50:38au même niveau
50:40que la gauche
50:41ou la gauche radicale.
50:43Pourquoi ?
50:44Parce que je ne crois pas
50:45que la tradition
50:47dans laquelle s'inscrit
50:48cette gauche
50:49qui a un certain nombre
50:51d'appétits
50:51peut-être même
50:52à certains égards
50:53révolutionnaires
50:54se situe
50:55par rapport
50:56à la République
50:57et par rapport
50:57à la démocratie
50:58dans le même sillon.
51:01Il y a
51:01une histoire
51:03de la droite radicale
51:04et on le voit
51:05aujourd'hui
51:06en Hongrie
51:06on le voit
51:07aux Etats-Unis
51:08on sait
51:10où ça commence
51:10on ne sait pas
51:11où ça se termine
51:12ou plus exactement
51:13malheureusement
51:14on est en train
51:15de voir
51:15où cela progresse.
51:16Merci beaucoup
51:17Dominique
51:18pour ce grand jury
51:19donc peut-être candidat
51:20en 2027
51:22on aura l'occasion
51:22de vous réinviter.
51:24Merci beaucoup
51:24bon dimanche à tous
51:25et à la semaine prochaine.
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