00:00Alors disons qu'à la fin de ma première convalescence, j'ai eu la chance de pouvoir retrouver une vie plutôt agréable, proche, au niveau de mes hobbies, vraiment de pouvoir savourer à nouveau la vie.
00:12Donc j'ai considéré aussi avec la sortie de mon livre que finalement c'était une forme d'accomplissement, d'exutoire qui m'a permis vraiment de boucler à bouc, si je puis dire.
00:22Et j'avais vraiment l'impression d'avoir retrouvé une vie quasiment normale, même si évidemment tout était basé sur cet événement.
00:32Disons que je voulais ma nouvelle vie au travers de cet événement, et la rechute m'a beaucoup marqué, m'a beaucoup affecté.
00:39Et aujourd'hui, physiquement, d'un point de vue médical, tout va bien, mais en revanche, psychologiquement, je sens que j'ai encore besoin de récupérer,
00:47car finalement c'est quelque chose qui nous rattrapait et qui n'est jamais vraiment terminé.
00:53Et c'est le cas également des victimes du Bataclan ?
00:56En même temps que le temps passe, il y a peut-être plusieurs phases, dans un premier temps on revient à la vie,
01:03et plus l'événement s'éloigne, et plus il y a une forme de mélancolie qui peut s'installer, ou pourquoi pas même de dépression ?
01:11Alors à titre personnel, oui évidemment, aujourd'hui c'est assez difficile, tous ces souvenirs reviennent.
01:18Je considère malgré tout que j'ai eu de la chance, et donc j'essaie de me focaliser vraiment sur ma vie personnelle,
01:24sur ce que la vie peut apporter de magnifique.
01:27En revanche, pour avoir assisté plusieurs fois à plusieurs audences du procès,
01:32j'ai pu constater, et ça concerne des personnes plus jeunes que moi,
01:37que ce chemin de la reconstruction est très sinueux, et parfois presque impossible,
01:43puisque des jeunes gens témoignaient et racontaient que, par exemple, j'utilise leur mot,
01:50qu'ils respiraient encore, mais qu'ils étaient morts ce soir-là.