00:00Depuis le jour où le sol s'est dérobé sous mes pieds, je ne me sens plus aussi solide.
00:06Le corps a parlé sans prévenir et j'ai écouté, enfin.
00:11Avant tout pesait lourd, les retards, les courriels, les mots de trop.
00:15Je portais le tout comme si c'était vital.
00:18Maintenant beaucoup de choses glissent, elles tombent à terre
00:21et je ne me baisse pas toujours pour les ramasser.
00:25Un contre-temps n'est plus une urgence, un souci n'est plus une menace.
00:30Mon cœur a frôlé la catastrophe pour m'apprendre le mouvement juste.
00:35Ralentir, respirer, choisir, écouter.
00:40Je ne suis plus un rock et c'est étrange, mais je me sens plus léger.
00:46Ma fausse solidité d'avant est étendue, celle d'aujourd'hui devient souple.
00:52Il me reste des peurs, des fragilités, des silences plus longs où je me dis
00:57et si tout s'arrêtait.
01:00Mais il y a aussi cette distance nouvelle face à la fureur du monde.
01:06Je m'attache maintenant au matin qui arrive,
01:09au pas que je fais sans douleur,
01:11au battement régulier de mon cœur qui me rappelle
01:14que vivre n'est pas tout tenir,
01:17mais laisser passer et voir venir avec sérénité.
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