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  • il y a 6 semaines
Stéphane Boujnah, président du directoire d'Euronext, était l'invité de Sandra Gandoin dans Good Morning Business, ce mercredi 15 juillet. Ils sont revenus sur le lancement par Euronext de l'outil IPOgo dans le but de faciliter les introductions en Bourse des petites et moyennes entreprises, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Je suis avec Nicolas Pagnézé, nous recevons Stéphane Bougenal, président du directoire de Renex.
00:04Bonjour, merci d'être avec nous en cette semaine.
00:07On va parler tout de suite de l'IPO du slip français.
00:10C'était hier, jour de fête nationale, une entreprise française.
00:14Voilà, c'est symbolique justement par rapport à cette action que vous lancez sur les PME.
00:19C'était une belle journée.
00:21Oui, c'était une belle journée.
00:22C'est toujours satisfaisant pour nous tous qu'à l'occasion de la fête nationale,
00:28une entreprise qui essaye de se battre sur le terrain des marques,
00:33de la chaîne de valeur du textile et de la mode en Europe
00:37et qui essaye de proposer quelque chose d'alternatif à la fast fashion,
00:42réussissent à rencontrer l'adhésion des investisseurs, des petits porteurs en particulier.
00:47Donc c'était une très belle opération.
00:49Ils ont fait une opération extrêmement équilibrée entre lever du nouveau capital pour la croissance
00:54et permettre aux investisseurs de sortir un peu une partie de leur investissement.
00:58Donc c'est vraiment une très belle opération,
01:00une très belle journée pour une entreprise très très iconique, comme disent les Anglais.
01:04On avait notamment le fondateur et la directrice exécutive du slip français
01:07sur le plateau de BFM Business il y a deux jours,
01:10qui nous disait qu'ils avaient réussi à boucler cet IPO en trois à quatre mois.
01:14Ça fait le lien avec ce que vous lancez chez Euronext, IPO Go, si je le prononce bien,
01:20qui vise à faciliter les processus d'introduction en bourse sur Euronext Gross,
01:25notamment pour tout ce qui est PME et ETI,
01:28avec notamment cette idée de réduire les délais, mais aussi de faciliter les processus.
01:32Absolument, l'idée est assez simple.
01:34Si on veut que les entreprises puissent lever des fonds propres pour financer du risque,
01:38pour faire de la croissance, pour se lancer dans des projets
01:41sur lesquels la génération de cash flow n'est pas nécessairement très visible immédiatement,
01:45il faut des délais très courts, il faut une procédure très allégée
01:49et il faut des coûts très réduits.
01:51Et c'est ce que nous avons fait avec ce nouveau chemin,
01:55plus rapide, à des coûts plus faibles et avec une procédure très allégée.
02:00C'est le sens de cette IPO Go.
02:02Et ça leur simplifiera la vie aussi pour passer ensuite sur Euronext, c'est ça ?
02:05Le chemin sera plus facile derrière.
02:07Absolument, c'est un parcours fast track.
02:11Pour entrer en bourse, pour lever du capital, pour accélérer la croissance.
02:14Je crois que c'est ce que tout le monde souhaite faire
02:17pour que les entreprises en Europe, et en particulier en France,
02:21puissent lever des fonds propres beaucoup plus rapidement.
02:23Et pourquoi ? Parce qu'il y avait une complexité qui pouvait freiner
02:26les petites entreprises à aller chercher des capitaux sur les marchés financiers ?
02:29Il y a toujours un équilibre.
02:32Vous savez, quand vous levez du capital entre la réglementation
02:35et les attentes des investisseurs,
02:37il y a toujours un équilibre entre « je te donne du capital,
02:40donne-moi de l'information ».
02:41Donc, tu me donnes beaucoup d'informations,
02:43je te donne beaucoup de capital.
02:44Tu ne me donnes pas beaucoup d'informations,
02:45je ne te donne pas beaucoup de capital.
02:47Et donc, il faut trouver la juste mesure
02:49en réduisant les demandes de formalisation de l'information
02:53pour continuer à lever du capital.
02:55C'est cet équilibre qu'on a essayé de faire en réduisant les délais,
02:59en réduisant la complexité, en réduisant les coûts
03:01pour pouvoir lever du capital plus rapidement.
03:03En bourse aussi, on a entendu parler,
03:05et là je vais parler du secteur de la défense,
03:07de KNDS, le fabricant franco-allemand de Charles Léopard
03:11et du Canon César, qui avait annoncé le 24 juin
03:13son introduction en bourse, finalement,
03:14et freine des cas de fer.
03:15On sent que la défense tous un peu en bourse.
03:19Est-ce que c'est votre avis aussi ?
03:20Non, écoutez, KNDS est une magnifique entreprise franco-allemande
03:24extrêmement bien positionnée, avec des produits
03:26aussi bien du côté français que du côté allemand
03:29qui sont absolument leaders sur leur marché.
03:31Vous avez cité le char Léopard et le Canon César,
03:34mais on pourrait citer beaucoup d'autres produits extraordinaires
03:37dans les munitions et autres.
03:38Non, c'est une entreprise qui devait se coter
03:41une semaine particulière, sauf que le gouvernement allemand
03:44a annoncé qu'il mettait fin à un projet de quatre grosses frégates.
03:48Ça a eu un impact sur un des comparables de KNDS en Allemagne,
03:51immédiatement sur son cours de bourse.
03:54On parle de Raymétal.
03:55Voilà, exactement.
03:56Et donc, les investisseurs de KNDS,
03:59notamment les investisseurs familiaux du côté allemand,
04:00ont dit, attention, la valorisation du comparable,
04:02c'est pas la bonne semaine pour faire cette opération.
04:05Mais il était évident que c'est une très belle histoire
04:08du secteur de la défense,
04:10c'est une très belle histoire franco-allemande.
04:12Il y a des projets franco-allemands qui réussissent,
04:14comme le Fu Airbus et comme le Sora KNDS.
04:17Et donc, cette entreprise,
04:18c'est en tout cas la volonté de ses dirigeants,
04:20va entrer en bourse dès que les conditions de marché
04:24seront stabilisées dans ce secteur.
04:25Et il n'y a pas de raison qu'elle se détériore.
04:28Donc, ça n'est qu'un report et ça n'est pas,
04:31j'ai envie de dire,
04:32ça n'est pas un symbole de la défense en bourse aujourd'hui.
04:34C'est une histoire particulière, KNDS ?
04:36C'est une histoire absolument particulière
04:37et c'est un concours de circonstances.
04:40Le gouvernement allemand,
04:41pour des raisons qui tiennent à l'équilibre de sa coalition
04:43et à un agenda plus vaste lié à des annonces
04:45qu'il voulait faire en matière de programme de réforme
04:48la même semaine,
04:49a décidé cette semaine-là d'annoncer
04:51qu'il mettait fin à un programme de frégate lourde.
04:55Ça a eu un impact sur le cours de Rheinmetall.
04:59Rheinmetall étant le comparable de KNDS,
05:01ça a eu un impact sur les préférences de la famille des actionnaires allemands.
05:05Et donc, tout ça, ce sont des évolutions absolument normales.
05:09Ça ne change rien au caractère exceptionnel de cette entreprise,
05:12à la fois dans le secteur de la défense,
05:15dans le secteur terrestre
05:16et dans un segment franco-allemand
05:19qui fait apparaître des magnifiques succès des deux côtés du Rhin.
05:24On est dans une période d'incertitude économique, diplomatique.
05:28Moi, j'aimerais savoir comment vous voyez cet été sur les marchés.
05:30On parlait juste avant de partir en vacances.
05:34Le mois d'août peut être un petit peu sensible sur ce sujet.
05:36Qu'est-ce que vous redoutez, Stéphane Bougenard ?
05:38Non, il y a un thème récurrent, enfin annuel,
05:42qui est l'incertitude du mois d'août.
05:44Un certain nombre de corrections importantes
05:45se produisent au mois d'août,
05:47tout simplement parce qu'il y a un peu plus de volatilité.
05:49Il y a un peu moins d'opérateurs derrière les écrans.
05:54Honnêtement, je ne suis pas particulièrement inquiet.
05:57Mais le paradoxe, c'est qu'avec la multiplication du trading algorithmique,
06:02la multiplication de l'utilisation des outils d'intelligence artificielle,
06:07en réalité, les émotions des humains sont un peu diluées
06:09par la lucidité froide des algorithmes.
06:16Ça stabilise les marchés ?
06:17Ça stabilise les marchés, absolument.
06:19Ça stabilise les marchés.
06:20Vous avez pu voir d'ailleurs depuis quelques mois
06:22qu'il y a certes beaucoup de volatilité,
06:25mais quand vous regardez les indices,
06:28le CAC 40 est à 8300, 8400.
06:32Je rappelle qu'en janvier 2020, il y a 5 ans, 6-6 ans,
06:37il était à 6000 points.
06:39Donc on était à 6000 points avant le Covid,
06:41avant la guerre en Ukraine,
06:43avant la crise de l'inflation,
06:44avant la crise de l'énergie, avant l'Iran.
06:47Donc les marchés considèrent que les événements géopolitiques sont importants,
06:51mais que leur impact sur la performance des entreprises,
06:54en moyenne, pour celles qui sont représentées dans les indices.
06:57C'est très important de garder à l'esprit que l'indice CAC 40
07:01est du 000, 2 000, 3 000, 4 000, 4 000,
07:03tout simplement parce que les petites entreprises
07:06qui sont très sensibles auprès des hydrocarbures,
07:07qui sont très sensibles à la réduction de la consommation,
07:11elles ne sont pas dans le CAC 40.
07:13Donc l'économie de l'Europe, l'économie de la France,
07:17ce n'est pas uniquement les grands indices.
07:19Mais s'agissant des grands indices,
07:20c'est-à-dire essentiellement les entreprises les plus globalisées,
07:23elles ont des perspectives de croissance
07:25et une perspective de performance qui est extrêmement forte.
07:29Donc je ne suis pas particulièrement inquiet pour le mois d'août.
07:30Dernière question Nicolas.
07:32Moi je voulais revenir très rapidement sur IPO Go.
07:34Dans les volontés, il y a également l'idée
07:36d'ouvrir aux investisseurs particuliers.
07:39Pourquoi ?
07:39Alors ça, ça change un petit peu par rapport aux IPO classiques,
07:41puisque d'habitude on va voir les family office, les institutionnels d'abord
07:43et les particuliers ensuite.
07:44Pourquoi ouvrir aux particuliers pour les PME
07:47qui voudraient aller en bourse sur Euronex Gross ?
07:50Parce qu'il y a une très forte demande des particuliers,
07:54aussi bien le segment traditionnel qui sont les gens plus âgés,
07:58mais de plus en plus des gens très jeunes
07:59qui ont commencé à acheter des actifs crypto
08:03et qui progressivement souhaitent diversifier leur portefeuille vers des actions.
08:08Enfin, ils se rendent compte que les cryptos actifs c'est bien,
08:11mais enfin le dividende c'est mieux.
08:13Et que donc, dès qu'ils sont en attente de rendement,
08:17ils entrent sur cette classe d'actifs, sur les actions.
08:19Il y a un intérêt particulier pour les IPO en direct.
08:23On observe que plus les investisseurs peuvent investir en direct,
08:28plus ils choisissent les PME, plus ils choisissent la tech,
08:31plus ils choisissent les IPO.
08:32Et plus ils sont dans des relations intermédiaires avec les marchés,
08:36plus ça se dilue dans les indices et les ETF.
08:39Les investisseurs particuliers sont le principal gisement de croissance
08:43de la gestion active dans un monde où il y a beaucoup plus de gestion
08:47qui devient passive sur des fonds.
08:49Donc, je crois que c'est très important,
08:50et pour les entreprises qui cherchent à lever des fonds propres,
08:53et pour les particuliers qui cherchent à diversifier leur épargne,
08:56de pouvoir faciliter cette connexion avec les introductions en bourse,
09:00et en particulier des PME, et en particulier des PME technologiques.
09:03Merci beaucoup Stéphane Bougenat, président du directoire d'Euronext,
09:06d'être revenu ce matin dans la matinale de l'économie.
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