00:00Je suis avec Nicolas Pagnézé, nous recevons Stéphane Bougenal, président du directoire de Renex.
00:04Bonjour, merci d'être avec nous en cette semaine.
00:07On va parler tout de suite de l'IPO du slip français.
00:10C'était hier, jour de fête nationale, une entreprise française.
00:14Voilà, c'est symbolique justement par rapport à cette action que vous lancez sur les PME.
00:19C'était une belle journée.
00:21Oui, c'était une belle journée.
00:22C'est toujours satisfaisant pour nous tous qu'à l'occasion de la fête nationale,
00:28une entreprise qui essaye de se battre sur le terrain des marques,
00:33de la chaîne de valeur du textile et de la mode en Europe
00:37et qui essaye de proposer quelque chose d'alternatif à la fast fashion,
00:42réussissent à rencontrer l'adhésion des investisseurs, des petits porteurs en particulier.
00:47Donc c'était une très belle opération.
00:49Ils ont fait une opération extrêmement équilibrée entre lever du nouveau capital pour la croissance
00:54et permettre aux investisseurs de sortir un peu une partie de leur investissement.
00:58Donc c'est vraiment une très belle opération,
01:00une très belle journée pour une entreprise très très iconique, comme disent les Anglais.
01:04On avait notamment le fondateur et la directrice exécutive du slip français
01:07sur le plateau de BFM Business il y a deux jours,
01:10qui nous disait qu'ils avaient réussi à boucler cet IPO en trois à quatre mois.
01:14Ça fait le lien avec ce que vous lancez chez Euronext, IPO Go, si je le prononce bien,
01:20qui vise à faciliter les processus d'introduction en bourse sur Euronext Gross,
01:25notamment pour tout ce qui est PME et ETI,
01:28avec notamment cette idée de réduire les délais, mais aussi de faciliter les processus.
01:32Absolument, l'idée est assez simple.
01:34Si on veut que les entreprises puissent lever des fonds propres pour financer du risque,
01:38pour faire de la croissance, pour se lancer dans des projets
01:41sur lesquels la génération de cash flow n'est pas nécessairement très visible immédiatement,
01:45il faut des délais très courts, il faut une procédure très allégée
01:49et il faut des coûts très réduits.
01:51Et c'est ce que nous avons fait avec ce nouveau chemin,
01:55plus rapide, à des coûts plus faibles et avec une procédure très allégée.
02:00C'est le sens de cette IPO Go.
02:02Et ça leur simplifiera la vie aussi pour passer ensuite sur Euronext, c'est ça ?
02:05Le chemin sera plus facile derrière.
02:07Absolument, c'est un parcours fast track.
02:11Pour entrer en bourse, pour lever du capital, pour accélérer la croissance.
02:14Je crois que c'est ce que tout le monde souhaite faire
02:17pour que les entreprises en Europe, et en particulier en France,
02:21puissent lever des fonds propres beaucoup plus rapidement.
02:23Et pourquoi ? Parce qu'il y avait une complexité qui pouvait freiner
02:26les petites entreprises à aller chercher des capitaux sur les marchés financiers ?
02:29Il y a toujours un équilibre.
02:32Vous savez, quand vous levez du capital entre la réglementation
02:35et les attentes des investisseurs,
02:37il y a toujours un équilibre entre « je te donne du capital,
02:40donne-moi de l'information ».
02:41Donc, tu me donnes beaucoup d'informations,
02:43je te donne beaucoup de capital.
02:44Tu ne me donnes pas beaucoup d'informations,
02:45je ne te donne pas beaucoup de capital.
02:47Et donc, il faut trouver la juste mesure
02:49en réduisant les demandes de formalisation de l'information
02:53pour continuer à lever du capital.
02:55C'est cet équilibre qu'on a essayé de faire en réduisant les délais,
02:59en réduisant la complexité, en réduisant les coûts
03:01pour pouvoir lever du capital plus rapidement.
03:03En bourse aussi, on a entendu parler,
03:05et là je vais parler du secteur de la défense,
03:07de KNDS, le fabricant franco-allemand de Charles Léopard
03:11et du Canon César, qui avait annoncé le 24 juin
03:13son introduction en bourse, finalement,
03:14et freine des cas de fer.
03:15On sent que la défense tous un peu en bourse.
03:19Est-ce que c'est votre avis aussi ?
03:20Non, écoutez, KNDS est une magnifique entreprise franco-allemande
03:24extrêmement bien positionnée, avec des produits
03:26aussi bien du côté français que du côté allemand
03:29qui sont absolument leaders sur leur marché.
03:31Vous avez cité le char Léopard et le Canon César,
03:34mais on pourrait citer beaucoup d'autres produits extraordinaires
03:37dans les munitions et autres.
03:38Non, c'est une entreprise qui devait se coter
03:41une semaine particulière, sauf que le gouvernement allemand
03:44a annoncé qu'il mettait fin à un projet de quatre grosses frégates.
03:48Ça a eu un impact sur un des comparables de KNDS en Allemagne,
03:51immédiatement sur son cours de bourse.
03:54On parle de Raymétal.
03:55Voilà, exactement.
03:56Et donc, les investisseurs de KNDS,
03:59notamment les investisseurs familiaux du côté allemand,
04:00ont dit, attention, la valorisation du comparable,
04:02c'est pas la bonne semaine pour faire cette opération.
04:05Mais il était évident que c'est une très belle histoire
04:08du secteur de la défense,
04:10c'est une très belle histoire franco-allemande.
04:12Il y a des projets franco-allemands qui réussissent,
04:14comme le Fu Airbus et comme le Sora KNDS.
04:17Et donc, cette entreprise,
04:18c'est en tout cas la volonté de ses dirigeants,
04:20va entrer en bourse dès que les conditions de marché
04:24seront stabilisées dans ce secteur.
04:25Et il n'y a pas de raison qu'elle se détériore.
04:28Donc, ça n'est qu'un report et ça n'est pas,
04:31j'ai envie de dire,
04:32ça n'est pas un symbole de la défense en bourse aujourd'hui.
04:34C'est une histoire particulière, KNDS ?
04:36C'est une histoire absolument particulière
04:37et c'est un concours de circonstances.
04:40Le gouvernement allemand,
04:41pour des raisons qui tiennent à l'équilibre de sa coalition
04:43et à un agenda plus vaste lié à des annonces
04:45qu'il voulait faire en matière de programme de réforme
04:48la même semaine,
04:49a décidé cette semaine-là d'annoncer
04:51qu'il mettait fin à un programme de frégate lourde.
04:55Ça a eu un impact sur le cours de Rheinmetall.
04:59Rheinmetall étant le comparable de KNDS,
05:01ça a eu un impact sur les préférences de la famille des actionnaires allemands.
05:05Et donc, tout ça, ce sont des évolutions absolument normales.
05:09Ça ne change rien au caractère exceptionnel de cette entreprise,
05:12à la fois dans le secteur de la défense,
05:15dans le secteur terrestre
05:16et dans un segment franco-allemand
05:19qui fait apparaître des magnifiques succès des deux côtés du Rhin.
05:24On est dans une période d'incertitude économique, diplomatique.
05:28Moi, j'aimerais savoir comment vous voyez cet été sur les marchés.
05:30On parlait juste avant de partir en vacances.
05:34Le mois d'août peut être un petit peu sensible sur ce sujet.
05:36Qu'est-ce que vous redoutez, Stéphane Bougenard ?
05:38Non, il y a un thème récurrent, enfin annuel,
05:42qui est l'incertitude du mois d'août.
05:44Un certain nombre de corrections importantes
05:45se produisent au mois d'août,
05:47tout simplement parce qu'il y a un peu plus de volatilité.
05:49Il y a un peu moins d'opérateurs derrière les écrans.
05:54Honnêtement, je ne suis pas particulièrement inquiet.
05:57Mais le paradoxe, c'est qu'avec la multiplication du trading algorithmique,
06:02la multiplication de l'utilisation des outils d'intelligence artificielle,
06:07en réalité, les émotions des humains sont un peu diluées
06:09par la lucidité froide des algorithmes.
06:16Ça stabilise les marchés ?
06:17Ça stabilise les marchés, absolument.
06:19Ça stabilise les marchés.
06:20Vous avez pu voir d'ailleurs depuis quelques mois
06:22qu'il y a certes beaucoup de volatilité,
06:25mais quand vous regardez les indices,
06:28le CAC 40 est à 8300, 8400.
06:32Je rappelle qu'en janvier 2020, il y a 5 ans, 6-6 ans,
06:37il était à 6000 points.
06:39Donc on était à 6000 points avant le Covid,
06:41avant la guerre en Ukraine,
06:43avant la crise de l'inflation,
06:44avant la crise de l'énergie, avant l'Iran.
06:47Donc les marchés considèrent que les événements géopolitiques sont importants,
06:51mais que leur impact sur la performance des entreprises,
06:54en moyenne, pour celles qui sont représentées dans les indices.
06:57C'est très important de garder à l'esprit que l'indice CAC 40
07:01est du 000, 2 000, 3 000, 4 000, 4 000,
07:03tout simplement parce que les petites entreprises
07:06qui sont très sensibles auprès des hydrocarbures,
07:07qui sont très sensibles à la réduction de la consommation,
07:11elles ne sont pas dans le CAC 40.
07:13Donc l'économie de l'Europe, l'économie de la France,
07:17ce n'est pas uniquement les grands indices.
07:19Mais s'agissant des grands indices,
07:20c'est-à-dire essentiellement les entreprises les plus globalisées,
07:23elles ont des perspectives de croissance
07:25et une perspective de performance qui est extrêmement forte.
07:29Donc je ne suis pas particulièrement inquiet pour le mois d'août.
07:30Dernière question Nicolas.
07:32Moi je voulais revenir très rapidement sur IPO Go.
07:34Dans les volontés, il y a également l'idée
07:36d'ouvrir aux investisseurs particuliers.
07:39Pourquoi ?
07:39Alors ça, ça change un petit peu par rapport aux IPO classiques,
07:41puisque d'habitude on va voir les family office, les institutionnels d'abord
07:43et les particuliers ensuite.
07:44Pourquoi ouvrir aux particuliers pour les PME
07:47qui voudraient aller en bourse sur Euronex Gross ?
07:50Parce qu'il y a une très forte demande des particuliers,
07:54aussi bien le segment traditionnel qui sont les gens plus âgés,
07:58mais de plus en plus des gens très jeunes
07:59qui ont commencé à acheter des actifs crypto
08:03et qui progressivement souhaitent diversifier leur portefeuille vers des actions.
08:08Enfin, ils se rendent compte que les cryptos actifs c'est bien,
08:11mais enfin le dividende c'est mieux.
08:13Et que donc, dès qu'ils sont en attente de rendement,
08:17ils entrent sur cette classe d'actifs, sur les actions.
08:19Il y a un intérêt particulier pour les IPO en direct.
08:23On observe que plus les investisseurs peuvent investir en direct,
08:28plus ils choisissent les PME, plus ils choisissent la tech,
08:31plus ils choisissent les IPO.
08:32Et plus ils sont dans des relations intermédiaires avec les marchés,
08:36plus ça se dilue dans les indices et les ETF.
08:39Les investisseurs particuliers sont le principal gisement de croissance
08:43de la gestion active dans un monde où il y a beaucoup plus de gestion
08:47qui devient passive sur des fonds.
08:49Donc, je crois que c'est très important,
08:50et pour les entreprises qui cherchent à lever des fonds propres,
08:53et pour les particuliers qui cherchent à diversifier leur épargne,
08:56de pouvoir faciliter cette connexion avec les introductions en bourse,
09:00et en particulier des PME, et en particulier des PME technologiques.
09:03Merci beaucoup Stéphane Bougenat, président du directoire d'Euronext,
09:06d'être revenu ce matin dans la matinale de l'économie.
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